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LUMIERE DE L' ISLAM

GLOIRE A DIEU

GLOIRE A DIEU
OU
LES MILLE VERITES
SCIENTIFIQUES DU CORAN
Les révélations à caractère scientifique dans le Livre Sacré et l’évolution de la pensée universelle de l’Antiquité à nos jours
MOHAMMED YACINE KASSAB
PUBLIÉ PAR
LE BUREAU DE PRÊCHE DE RABWAH (RIYADH)
www.islamhouse.com
L’islam à la portée de tous !
2010/1431 ÉDITION REVUE ET CORRIGÉE
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QUE CE LIVRE SOIT UN HOMMAGE A LA GLOIRE ÉTERNELLE D’ALLAH, LE SEIGNEUR ET LE CRÉATEUR DE L'UNIVERS.
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Cet ouvrage, fruit de plusieurs années de recherches est offert gratuitement par l’auteur, aux musulmans et aux non-musulmans, afin que nul ne puisse évoquer le jour venu sa méconnaissance de la Véritable et l’Ultime Parole de Dieu à l’adresse de l’humanité
Mohammed Yacine KASSAB
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Au Nom d’Allah, Clément et Miséricordieux
NOTE DE PRÉSENTATION
Le Coran Sacré est le seul livre au monde, totalement d’origine divine à n’avoir jamais été altéré, ni par les hommes, ni pas les événements, ni par le temps. Il ne convient pas, qu’un ouvrage aussi sublime que prestigieux, qui émane d’Allah, le Créateur et le Seigneur de l’univers, puisse subir la moindre atteinte. Quand, toutes les forces auraient à se liguer contre lui, et ce n’est pas faute d’avoir essayé, sa destinée était de demeurer inaltérable dans son authenticité. Contrairement aux croyances répandues ça et là pour lui porter atteinte, le Livre Sacré des musulmans n’a pas été rédigé par le Prophète Mohammed, que le Salut et la Bénédiction d’Allah, soient sur lui, puisque celui-ci était illettré, comme tant d’hommes de son temps.
Un tel chef d’œuvre, dans tout le sens du terme, ne pouvait émaner d’un être humain, car la science qui y est contenue transcende le savoir de l’humanité. Le Coran est en effet, un concentré de vérité contre lequel viennent buter toutes les fausses certitudes du monde. Il a été communiqué par l’Archange Djibril au Prophète Mohammed, pour être révélé à l’ensemble de l’humanité, contrairement à tous les livres sacrés apparus avant lui, qui étaient destinés à des communautés bien distinctes. Les livres bibliques apparus avant lui ont tous été oubliés ou altérés, puis recomposés à partir de manuscrits de seconde ou de troisième main, avec les déperditions et les déformations que cela induit, à l’image du Pentateuque, de la Torah et de l’Évangile entre autres. Sans parler des livres sacrés qui les précédèrent.
Le recensement et le développement des dizaines de sujets scientifiques que comporte cet ouvrage, qui ont été confrontés aux données coraniques, ont nécessité l'exploitation et la synthèse de milliers d'articles et d’ouvrages à caractère scientifique. Un tel travail n'a pas pour vocation de détruire une tradition séculaire qui attribue à la société occidentale la maîtrise scientifique. Il s'arroge seulement le droit de rétablir des réalités longtemps occultées, en restituant au Coran Sacré une vérité méconnue : celle de la primauté absolue de son enseignement sur toutes les connaissances humaines.
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Les preuves évidentes présentées dans cet ouvrage, ne constituent qu’une infime partie des données coraniques à caractère scientifique ; pourtant elles démontrent, sans contestation possible, que des connaissances aussi éminentes, ne pouvaient émaner d’un être humain. Fut-ce du Prophète Mohammed, que le Salut et la Bénédiction d’Allah, soient sur lui. Et, qu’il s’agit bien de révélations divines dans toute leur authenticité. Les connaissances de l’époque, étaient en effet, loin d’appréhender l’existence de phénomènes physiques aussi élaborés, quand bien même l’ensemble du genre humain, aurait été mis à contribution. Ce qui constitue une marque éclatante de l’origine divine absolue du Coran Sacré, et une preuve de son inestimable valeur pour l’humanité.
Mohammed Yacine KASSAB
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INTRODUCTION
La nécessité d'explorer le trésor scientifique que renferme le Coran, répond à un besoin de plus en plus pressant, exprimé par les générations nouvelles. L'histoire des religions démontre que les anciens peuples exigeaient de leurs Prophètes d’accomplir des miracles et des prodiges pour emporter leur adhésion. Les deux dernières religions précédant l'Islam, le Judaïsme et le Christianisme, ont recouru abondamment aux manifestations extraordinaires afin de gagner des adeptes.
En l'absence d'arguments plus probants, la méthode avait l'avantage de démontrer que les prédicateurs étaient dotés de pouvoirs tellement étonnants qu'ils ne pouvaient émaner que d'une divinité. Maniés avec dextérité, des dons aussi précieux contribuèrent à convertir des foules qui cherchaient de leur côté des signes manifestes pour se rallier. Moïse et Jésus, à l'instar d'autres Prophètes, furent de grands faiseurs de miracles. Cela est attesté aussi bien par l'Ancien Testament que par les Évangiles et confirmé par le Coran.
Il serait pourtant faux de croire que l'engouement des fidèles doive être attribué aux seules qualités des thaumaturges inspirés, quels que soient les dons qu’ils s’attribuent. Car la communication du Message divin authentique a permis de façon décisive à gagner les hommes et les femmes aux religions monothéistes, qui prônent l'existence d’un Dieu Unique et Tout-puissant. Le Coran Sacré n’a été révélé que lorsque le Message divin, fut oublié, perdu ou altéré par le temps et les hommes. Le Prophète Mohammed, l’ultime Messager de Dieu, que le Salut et la Bénédiction d’Allah soient sur lui, avait pour mission de rétablir la pureté originelle de la Parole divine et de lui assurer le triple sceau de l’authenticité, de l'inaltérabilité et de la pérennité.
Ce but a été parfaitement atteint. Quatorze siècles plus tard, le Texte du Coran Sacré, est demeuré inchangé, tel qu’il a été révélé à l’origine, rigoureusement et à jamais immuable. Il ne sied pas en effet, que les Commandements ultimes d’Allah, le Seigneur de l’univers, à
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destination de l’humanité qui ont été révélés au dernier des Messagers, puissent être corrompus ou égarés. Dans Son immense Miséricorde, Allah a tenu à faire parvenir aux générations futures l'intégralité du Texte Sacré, dans toute sa vérité, même si nombre d’hommes emportés par leur passion, s'ingénient à lui dénier son authenticité. A la différence de la Bible, tant juive que chrétienne, dont le contenu a été largement modifié ou égaré, le Coran Sacré est demeuré identique à lui-même, sans altération. Il reste le seul texte d'origine divine à avoir été reproduit intégralement sur des supports divers au moment même de sa Révélation, au Prophète Mohammed, échappant ainsi aux altérations subies par les autres religions, tant durant leur transmission que pendant leur expansion. La fixation par écrit du Coran Sacré, immédiatement après sa communication, constitue un exemple sans pareil de transmission spirituelle et constitue une preuve manifeste de son authenticité absolue.
Le Livre Sacré des Musulmans allait se démarquer des prodiges et des miracles extraordinaires qui étaient accomplis par les Prophètes antérieurs, pour convaincre leurs communautés du bien-fondé de leurs sources et de leurs origines. Il allait prendre en compte la tendance à l'évolution de l'humanité, et son scepticisme de plus en plus marqué à l’égard des manifestations inexpliquées, qui laissaient les gens médusés certes, mais aussi insatisfaits intérieurement. Il introduisit à un degré inégalé, la rationalité, la logique, la raison et le savoir, dans un environnement qui s'avéra des plus féconds, puisqu’il propulsa les Musulmans au zénith de la civilisation mondiale, alors que l’Europe sombrait dans un moyen âge, marqué par les ténèbres et la barbarie. Il exalta les mérites de la science et de la connaissance, les hissant au niveau des vertus morales les plus nobles. Et par dessus tout, il proclama l'Unicité et l'Omnipotence d’Allah, le Seigneur de l’univers, qui a créé et régit l'ensemble de la création selon des Lois rigoureuses.
Le Coran se présente ainsi comme un ouvrage d'une densité et d'une richesse remarquables. Il codifie les obligations de l'homme vis-à-vis de son Créateur, et aussi, relativement à son entourage. Il détermine le cadre de vie qui permet au croyant de s'épanouir dans la piété et la dignité. Il donne un sens profond à la vie à travers les marques de gravité et de majesté entourant l'acte solennel de création. Il instruit également sur la réalité intangible de la vie future, rétribuée selon le cas, par la magnificence et la splendeur ou le malheur et la détresse.
Ce sont là, les traits marquants du Livre Sacré des Musulmans, qui ont été le plus souvent portés à la connaissance des gens. Il existe
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pourtant un autre domaine, longtemps resté en friche. Il s’agit de son contenu scientifique. L'étude approfondie du Coran a en effet permis de révéler que de nombreux versets qui traitent de phénomènes scientifiques, avaient été négligés, car les orientaliste ne possédaient pas le niveau de connaissance exigé pour en saisir le sens. La science humaine était dans l’incapacité de décrire correctement les phénomènes coraniques qui ont longtemps échappé à la compréhension humaine.
Avec l’éclairage scientifique moderne qui lui convient, le Coran Sacré acquiert une dimension nouvelle et extraordinaire qui ne manquera pas d'étonner ceux qui prenaient cet ouvrage pour un récit forgé par le Prophète Mohammed, ou pour des contes anciens ressassés par des illuminés ou des devins. Des sujets aussi divers que l'atome primitif, le Big bang, l'expansion de l'univers, la vitesse de la lumière, la hiérarchisation du cosmos, la formation de la terre, le cycle de l'eau, la reproduction humaine, et tant d'autres encore, ont été exposés, répertoriés et explicités par le Coran, quatorze siècles avant que les savants occidentaux ne les inventent ou ne les découvrent, à leur tour.
D'autres domaines font encore l'objet de recherches poussées en laboratoire ou sur le terrain, alors que les données existent dans le Coran et qu’ils répondent aux interrogations et même aux angoisses des scientifiques. Les dizaines d'articles regroupés dans ce livre touchent les sujets les plus divers. Ils démontrent que l'Auteur du Coran Sacré, ne peut être qu’Allah, le Seigneur et le Créateur de l'univers, Tout-puissant, Unique dans Sa Gloire et Son Règne. Car aucun être humain, quel que soit son savoir ou ses compétences, n’était en mesure de rédiger une œuvre aussi monumentale, dont le contenu dévalorise les livres Sacrés des autres religions qui ont été altérés, perdant de leur authenticité. Ainsi, se trouve confirmé le verset coranique qui dit : « Nous leur ferons si bien apparaître Nos Signes (Nos Preuves), dans l'univers et en eux-mêmes, qu'il leur sera démontré que ceci (le Coran) est la Vérité. » (Coran 41. 53).
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LES ATTRIBUTS DIVINS
« Dis : Allah est Unique ! Allah l’Absolu ! Il n'engendre pas et n'a pas été engendré. Nul n'est égal à Lui. » (Coran 112)
De tous les livres révélés, le Coran possède la particularité d'être le seul ouvrage sacré à reproduire exclusivement la Parole de Dieu. A l'inverse de la Bible dont les auteurs sont innombrables, et qui donne l'occasion aux prophètes, aux rois, aux prêtres, aux juges, aux apôtres et à d'autres personnes souvent inconnues, le soin de s'exprimer à côté de Dieu, le Livre Sacré des Musulmans n'accorde ce privilège à aucun être humain, qu'il soit Prophète ou Roi. Même Mohammed, le Prophète de l’Islam, que le Salut et la Bénédiction d’Allah soient sur lui, n'interfère pas dans ce domaine. Ainsi, le Seigneur de l’univers s’exprime et se manifeste en toute souveraineté et sans aucune entrave. On ne trouve pas, à l'image de l'Ancien Testament, Dieu engagé dans des dialogues interminables avec les hommes car Son Verbe est transcendant.
Durant sa mission, le Prophète de l’Islam a été chargé de recueillir et de divulguer les Révélations divines sans chercher à changer ou à modifier quoi que ce soit de leur contenu. Aussi, le Coran Sacré est-il resté inchangé, depuis sa révélation. Aucun mot n’a été ajouté, retranché ou déplacé de son contexte. Une telle différence trouve son origine dans la conception que chacune des religions se faisait de Dieu.
Pour les Juifs, Dieu était avant tout le Dieu d'Israël chargé de protéger la communauté, de la diriger, de satisfaire ses désirs. Il se manifestait continuellement à ses nombreux représentants, sous les formes les plus diverses. Il pouvait être vu et entendu. Il accompagnait les Israélites dans leurs déplacements, avait une apparence humaine et ne dédaignait pas se prêter à des arrangements lorsque les circonstances l'exigeaient. On le considérait aussi comme le Dieu de l'univers, mais cet univers était minuscule, réduit à la planète Terre et à son environnement, sans commune mesure avec la réalité. En dépit de ses attaches célestes, Dieu semblait surtout préoccupé par les affaires terrestres. Il s'employait à utiliser son temps pour la convenance exclusive des Israélites,
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négligeant ou reniant le reste de l'humanité.
Après la venue de Jésus, les Chrétiens accordèrent une place plus importante au ciel. Le Pater débute ainsi : « Notre Père (Dieu) qui êtes aux cieux... ». Dieu commence à acquérir des dimensions et des pouvoirs nouveaux. Il devient le Dieu de tous les hommes, qui acceptent le Nouveau message, et non plus celui des seuls Israélites. Cependant, Il garde toujours son côté terrestre. Il délègue son Fils unique Jésus, afin de sauver l'humanité au prix d'une crucifixion purificatrice, pour les Chrétiens, mais qui n’apparaît pas moins comme infamante pour les Musulmans. L’idée même de l’existence d’un supposé Fils de Dieu bouleverse les croyances du monde entier ; sa crucifixion pour racheter les fautes d’une humanité pécheresse, est intolérable. Aucun Dieu ne saurait se sacrifier pour des causes perdues. Puisque depuis, l’humanité s’est engagée dans les voies de la perversion et du reniement, plus intensément qu’elle ne l’a jamais fait auparavant. Le Fils de Dieu aurait-il fait don de sa vie, pour racheter des crapules, alors que précisément, la tendance actuelle de l’humanité va vers l’irréligiosité et l’abandon des pratiques sacrées ? Les Chrétiens sont seuls à parler du mystère de Dieu Unique en trois personnes (le Père, le Fils et le Saint-Esprit). Les autres religions monothéistes, le Judaïsme et l’Islam, rejette également la notion de Trinité qui s’apparente à une famille dominée par un Père, fut-ce divin, dont les membres partagent d'une certaine façon son règne et ses prérogatives.
Dans tous les cas, chez les Israélites ainsi que chez les Chrétiens, Dieu apparaît sous les extérieurs d'un superman, un homme supérieur dont la force essentielle réside dans l'accomplissement des miracles les plus surprenants. Ce rapprochement entre Dieu et l'homme peut être parfaitement perçu à travers la Bible tant juive que chrétienne : « Dieu dit enfin : Faisons des êtres humains, qu'ils nous ressemblent vraiment.... Dieu créa les êtres humains à sa propre image, il les créa homme et femme. ». (Genèse 1. 26-27)
Avec des traits humains, Dieu se devait d'avoir un comportement qui concordait avec ce qu'on était en droit d'attendre d'une telle entité même douée de pouvoirs supérieurs. L’univers créé était forcément en rapport et en harmonie avec son Créateur, minuscule et limité. Le monde avait la forme d'un disque plat, avec pour centre géographique et spirituel, la ville de Jérusalem. A l’emplacement du Pole Nord actuel, ses concepteurs y avaient implanté le Paradis. D’autre fois, le Paradis était situé à l’est de Jérusalem. Sa superficie était à quelque chose près, 11
identique à la commune de Jérusalem, qui comportait selon les historiens, une population de quelque 17 000 âmes à l’époque. C’est dire que la création universelle, telle qu’imaginée alors, ne nécessitait qu’une puissance toute relative, tant pour la créer que pour la diriger. Quelques territoires existaient et étaient affectés aux régions connues à l'époque (Europe-Moyen Orient-Afrique du Nord). Le ciel formait une coupole qui venait se poser sur cet univers miniaturisé, fixe et stable, autour duquel, venaient tourner le soleil, la lune, les planètes et les étoiles. Le fonctionnement d'un si petit univers se contentait de l'action d'un dieu à son échelle. En l'affectant d'une apparence humaine, et d'un comportement en conséquence, ses adeptes n’avaient plus de difficultés à imaginer une divinité bien proche des préoccupations quotidiennes, toujours prête à intervenir pour mettre de l'ordre dans la création. La Bible décrit un Dieu qui était sollicité de jour comme de nuit et qui répondait à cela par une grande disponibilité.
Le Coran est venu bouleverser cette vision étriquée de la création, que les Juifs et les Chrétiens, tenaient pour correspondre à la réalité et pour être immuable. Au niveau de l'univers d'abord, qui n'était plus cantonné aux limites du globe et qui voyait son horizon s'élargir d’une façon extraordinaire en devenant incommensurable, insondable, peuplé de myriades d’étoiles et de planètes habitées et non habitées. La Terre, aussi importante par elle-même pour ses occupants, ne devenait plus qu’une simple planète, négligeable, perdue dans les immensités cosmiques : L’homme qui s'était assimilé à l'image de Dieu, par une sorte d’autopromotion gratifiante pour lui, mais pour le moins déplacée pour la raison, perdait son auréole prestigieuse, destinée à revigorer les chefs et attirer les foules crédules. La création divine devenait une Œuvre extraordinairement grandiose et complexe, régie par des Lois universelles, qui devaient lui assurer son développement dans un cadre harmonieux, maîtrisé et équilibré. « La création des cieux et de la terre est quelque chose de plus grand que la création des hommes. Mais la plupart d’entre eux ne savent pas. » (Coran 40. 57)
Le Livre Sacré des Musulmans, introduisit une véritable révolution spirituelle et scientifique qui devait façonner les consciences à un niveau supérieur et inconnu. Pour la première fois de son histoire, l’homme apprenait avec stupéfaction, qu'il n'était pas le seul être humain créé à travers l’univers, que d’autres formes de vie, parfois plus éminentes, existaient ailleurs dans le cosmos. Il ne bénéficiait plus de cette attention exclusive et égoïste, qui faisait de lui, le sosie d’un Dieu, que jamais nul n’est en mesure de percer le mystère. D'autres planètes habitées 12
gravitaient loin de lui, peuplées de créatures inconnues. Le Dieu du Coran, Allah le Seigneur et Créateur de l'univers, prenait une dimension exceptionnelle, prodigieuse, inimaginable, qu’aucune norme ne pouvait concevoir et que les Judéo-chrétiens, étaient loin de Lui reconnaître. Il redevint le Dieu qu’Il n'a jamais cessé d'être, Unique, Glorieux, Tout-puissant, Incréé et Éternel, en dehors de qui, aucune divinité, ni aucune entité ne saurait prévaloir autrement que par son insignifiance. « Votre Dieu est un Dieu Unique. Il n'y a d’Allah que Lui. Le Clément, le Miséricordieux. » (Coran 2.163). « 1l n’engendre pas et n'a pas été engendré. » (Coran 112.3). Il n’a pas de Fils : « Ils (les Chrétiens) disent : Dieu s'est donné un Fils: Gloire à Lui. Tout ce qui est dans les cieux et sur terre Lui appartient et s’incline devant Sa Toute-puissance. » (Coran 2. 116) Il n’a pas de filles : « Ils (les idolâtres), attribuent des filles à Dieu. Gloire à Lui ! Alors qu’ils n’en veulent pas pour eux-mêmes ! » (Coran 16. 57). Il n’a pas de compagne : « Créateur des cieux et de la terre, comment aurait-Il un enfant alors qu’Il n'a pas de compagne ? » (Coran 6. 101).
Il n’a pas d'associé : « Dis : Louange à Allah...ll n’a pas d'associé au Royaume. Il n’a pas besoin de protecteur contre l’offense. Proclame hautement Sa Grandeur. » (Coran 17. 111). Il ne participe pas à une Trinité qui ne saurait exister car c’est une atteinte à Sa Toute-puissance que de l’insérer dans un contexte et des limites restreintes, car Il est Infini, Incommensurable, Insondable : « Ô gens du Livre (Chrétiens) ! Ne soyez pas excessifs dans votre religion. Ne dites que la vérité à propos de Dieu. Le Messie, Jésus, fils de Marie n’est que le Messager d’Allah, Sa Parole qu’Il envoya à Marie et un souffle de vie émanant de Lui. Croyez en Dieu et en ses Prophètes. Ne parlez pas de Trinité. Cessez de le faire. Cela vaut mieux pour vous. Dieu est Unique. Gloire à Lui ! » (Coran 4. 171). « Ceux qui disent : Dieu est le Messie, fils de Marie, sont des impies. Dis-leur : « Qui aurait pu empêcher Dieu s’Il avait voulu anéantir le Messie, fils de Marie, sa mère et l’humanité toute entière ? » (Coran 5. 17). « Rien ne lui est égal. » (Coran 112.4).
« Contrairement à ce que pensent les Israélites et les Chrétiens, rien ne saurait Lui ressembler (Coran 42. 11). Il est Indescriptible, Sublime et Absolu. Rien n’a de prise sur Lui ; ni les spéculations, ni la pensée ni la raison. Il est hors norme. « Il est le Créateur Universel par excellence » (Coran 7.185). Il n’existe aucun autre créateur en dehors de Lui. « Il a créé les cieux et la terre. » (Coran 55.22), « la vie et la mort » (Coran 67.2). « Il a créé l'homme » (Coran 6.2) « et tous les hommes » (Coran 7. 21), « les dotant de facultés appropriées » (Coran 23. 78). « A
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partir de l’eau, Il a conçu tout ce qui vit (dans l’univers)» (Coran 21. 30). « Il est Illimité, Il crée ce qu’Il veut. Il est Puissant sur toute chose. » (Coran 5. 17).
Sa Puissance est infinie, incomparablement supérieure à tout ce que l'homme ne saurait jamais imaginer : « Les hommes n’ont pas estimé Dieu à Sa vraie Puissance. La Terre entière tiendra dans Sa Main au Jour du Jugement et l'ensemble de l'univers sera ployé dans Sa Droite. Gloire à Lui, comme Il est élevé au-dessus de tout ce qu’on Lui associe ! » (Coran 39. 67). « L’univers a été créé par un Acte de Sa Toute-puissance, à partir d'un noyau initial : « Les infidèles ne voient-ils pas que les cieux et la terre formaient à l'origine une masse compacte que Nous avons fait rompre ? (pour donner naissance à l’univers). Et qu’au moyen de l'eau, Nous créons tout ce qui vit ? Ne croient-ils pas ? » (Coran 21.30).
L’expansion de l'univers est un autre Acte de Sa Toute-puissance illimitée : « Nous avons conçu le ciel par l’effet de Notre Puissance et Nous l’étendons dans l'espace. » (Coran 51. 47). C'est grâce à Son Omniscience et à Sa Toute-puissance que l'univers, évolue dans un ordre parfait : « C’est Dieu qui maintient en équilibre les cieux et la terre (l’univers) pour qu’ils ne s’effondrent pas (sur eux-mêmes). (Ce qui ne manquera de se produire à la fin des temps, lorsque l’univers cessera d’exister). « Si un tel événement devait se produire, qui donc pourrait l’empêcher ? » (Coran 35.41).
Dieu est Omniscient ; Sa Science s'étend à tous les domaines et qui connaît tous les secrets, mêmes ceux qui sont absolument inconnus de l’être humain : « Ce qui est dans les cieux et ce qui est sur Terre appartient à Dieu. La Science de Dieu s’étend à toute chose. » (Coran 4.126). « Le poids d’un atome ne saurait échapper à ton Seigneur, ni sur terre ni dans les cieux. Il n’y a rien de plus petit (que l'atome) ni rien de plus grand, qui ne soit porté dans le Livre de l’Évidence. » (Coran 10. 61). « Il connaît les pensées intimes de l'homme. » (Coran 5.7) « Ses actes cachés » (Coran 10.37). De même que les secrets insondables tels que le terme de la vie : »… « Il a décrété un terme à chaque vie et un autre terme connu de Lui Seul, qui est celui de la Résurrection... » (Coran 6. 2).
« Il est le Très-Grand, le Plus Grand (Coran 69. 34). Le Maître absolu. « Dis: Je ne suis qu’un avertisseur. Il n’y a pas de divinités en dehors de Dieu, l'Unique, le Dominateur Suprême... » (Coran 38. 65). Il est le Seigneur de toute chose, le Seigneur de l'univers : « C’est Dieu qui
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a établi pour vous la terre comme une demeure stable et le ciel comme un immense édifice. Il vous a modelés en vous donnant des formes harmonieuses. Il vous a accordé des nourritures excellentes. Tel est Dieu, Votre Seigneur. Béni soit Allah, le Seigneur de l’univers. Il est le Vivant, Il n’y a de Dieu que Lui. Vouez-Lui un culte exclusif. Louange à Dieu le Seigneur de l'univers. » (Coran 40. 64-65)
« Il est Le Clément, le Miséricordieux. Ces deux mots sont employés plus de trois cents fois dans le Coran. « Ton Seigneur est Celui qui pardonne. Il est le détenteur de la Miséricorde. » (Coran 18.58). « Dis : A qui appartient ce que renferment les cieux et la terre ? Réponds : A Allah. Dieu s'est prescrit à Lui-même la Miséricorde. » (Coran 6. 12). « Cependant Il ne pardonne pas le polythéisme qui est le crime le plus grave qui puisse être commis : « Dieu ne saurait pardonner qu’on Lui associe d'autres divinités. Hormis cela, Il pardonne à qui Il veut. Celui qui donne des associés à Dieu commet un crime immense. » (Coran 4.48). Mais, Il peut agréer la contrition des gens sincères : « C’est Lui qui accepte le repentir de ses serviteurs. Il efface les mauvaises actions. » (Coran 42. 25).
« Dieu est Celui qui peut se passer de l’univers. Il existe par Lui-même. Il n’y a de Dieu que Lui, Le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même. » (Coran 2. 255). Il est Eternel : « Tout ce qui est sur terre disparaîtra. Seule demeurera la Face de ton Seigneur auréolée de Gloire et de Majesté. » (Coran 55. 27). Il est le Seul digne de Louanges : « Les sept cieux et la terre et tout ce qu'ils renferment (l’ensemble de l’univers) glorifient Son Nom. Il n'existe rien qui ne célèbre Sa Gloire, mais vous ne comprenez pas leur façon de Le glorifier. Dieu est plein de mansuétude et Indulgent. » (Coran 17.44). Il est glorifié par les anges : « Tu verras les anges se presser autour du Trône en célébrant la Gloire du Seigneur. Un arrêt universel sera rendu en toute équité et l'on s'écriera : Louanges à Dieu, Souverain de l'univers. » (Coran 39. 75). Il est aussi glorifié par les croyants. » (Coran 52. 49).
« Il est très éloigné de toutes les descriptions qu’on se fait de Lui » (Coran 43. 82). « Il est le Vivant, sur Lequel ni l’assoupissement ni le sommeil n’ont de prise. » (Coran 2. 255). « Il n’a pas été fatigué par la création, mais les gens (ignorants) sont dans la confusion d’une création nouvelle. » (Coran 50. 15). « La science des hommes ne peut l'atteindre » (Coran 20. 110). De même que leur vision (ou leur perception) : « Les regards des hommes ne peuvent l'atteindre, alors que leur vue ne Lui échappe pas. Il est le Subtil; Il est parfaitement informé. » (Coran 6.
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103). « Il est présent en tous lieux de l’univers et plus proche des hommes qu’ils ne le sont de leur propre personne : « Nous avons créé l'homme et Nous savons ce que son âme lui suggère. Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire. » (Coran 50.16). Il est le Protecteur absolu en dehors de qui il n’y a pas de défenseur : « La Royauté des cieux et de la terre appartient à Dieu. Il fait vivre et Il fait mourir. Vous n’'avez en dehors de Lui, ni maître ni défenseur. » (Coran 9. 116). C'est Lui qui dispose de la vie, de la mort, de la résurrection et du Jugement Dernier : « Comment pouvez-vous renier Allah, alors qu’Il vous a tiré du néant, qu'Il vous a donné la vie, ensuite Il vous fera mourir, puis Il vous ressuscitera et près Duquel vous retournerez un jour ? » (Coran 2. 29)
« Il est le Roi, détenteur de la Souveraineté absolue, Roi des hommes. » (Coran 114.2), « Roi de l'univers. » (Coran 2.107). « Roi au Jour du Jugement Dernier » (Coran 1.4). « Il est Celui qui possède la Sagesse Suprême. » (Coran 24. 58). « Il est le Sublime, l’Auguste, le Maître souverain des cieux et de la terre. » (Coran 42.4). « Il est Omnipotent, Sa Puissance n'a pas de limite. » (Coran 10.65). « Dieu est Véridique et confirme la vérité par Sa Parole. » (Coran 10. 82). « Il est le Bienfaiteur et comble de Ses Bienfaits. » (Coran 55.12). Il est le Juste qui ne lèse personne : « Quiconque fait le bien le fait pour soi, quiconque agit mal le fait à son propre détriment. Ton Seigneur n'est pas injuste envers Ses Serviteurs. » (Coran 41.46). « Il est le Meilleur des juges : « Conforme-toi à ce qui t’est révélé; sois patient jusqu’à ce que Dieu juge. Il est le Meilleur des juges. » (Coran 21. 109).
« Il est le Législateur qui régit par Ses Lois et Ses Ordonnances l’architecture et le fonctionnement de l’univers. » (Coran 13.2). « Rien n’est caché à Ses Yeux, Il est le Clairvoyant Suprême : Il possède les clés du mystère que Lui Seul connaît parfaitement. Il sait ce qui est sur terre et dans la mer. Nulle feuille ne tombe sans qu’Il le sache. Il n’existe pas un grain dans les profondeurs de la terre ni de brindille verte ou desséchée qui ne soient dénombrés dans le Livre de l’Evidence. » (Coran 6.59). « Il fixe d'une manière irrévocable le destin des hommes que nul ne saurait jamais reculer. » (Coran 6.2). « ll est l’Auteur de la Révélation coranique (Coran 2.99) qui confirme les autres Livres Sacrés divulgués auparavant (Thora (Pentateuque) Psaumes-Evangile) (Coran 2. 41) et rétablit la vérité après que ceux-ci aient été altérés. » (Coran 2. 75).
« Il est l’Innovateur, Celui qui crée sans se référer à quoi que ce soit, Il crée sans modèle préétabli. » (Coran 6. 102). « Dieu est la Lumière de l'univers. Il est Lumière sur Lumière. Il guide vers Sa
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Lumière qui II veut. » (Coran 24.35). « Il est Dieu, 1l n'y a d’autre Dieu que Lui. Il est Celui qui connaît ce qui est caché et ce qui est apparent. Il est le Clément, le Miséricordieux. Il est Dieu en dehors de qui Il n’y a pas d’autre Dieu. Il est le Souverain, l’Apaisant, le Rassurant, le Prédominant le Témoin Intègre qui témoigne de Sa propre Véridicité, le Vigilant, le Tout-Puissant, le Très-Fort, le Très-Grand, Gloire à Dieu. Il transcende tout ce qu'ils Lui associent. Il est Dieu, le Créateur, Celui qui donne un commencement à toute chose, le Formateur. A Lui les plus beaux Noms. Tout ce qui est dans les cieux et la Terre, le glorifie. Il est le Tout-Puissant, le Sage. » (Coran 59.22-24)
Ce sont quelques-uns des Noms et des Attributs de Gloire et de Majesté, d’Allah, le Seigneur et le Créateur de l’univers, Tout-puissant et Unique dans Son Règne. Ils sont loin d’épuiser les sublimes qualificatifs propres à décrire Dieu, qui est très éloigné de tout ce que les hommes peuvent imaginer (Coran 43.83). L’érudit Dhou Noun al Masri a dit : « Quoi que tu puisses imaginer dans ton esprit, Dieu est différent de cela. » Le Seigneur de l’univers est Inexprimable, hors de toute représentation et de toute figuration. Il ne peut être appréhendé par aucune des facultés humaines, ni par d’autres moyens scientifiques, aussi sophistiqués soient-ils.
Il reste hors des limites intellectuelles de toutes les espèces créées, et en premier lieu de l’homme qui s’attribue le pouvoir de tout connaître, alors qu’il est dans une ignorance profonde, qui l’avilit, mais dont il ne se rend pas compte. De par Son Essence, le Créateur de l’univers est Indéfinissable, Indescriptible et Ineffable. Cependant, comme les citations précédentes ont été puisées dans le Coran et qu'elles émanent par conséquent du Seigneur de l’univers, Lui-même, elles reflètent réellement, mais sans aucunement être limitatives, la Toute-puissance, la Magnificence et la Gloire d’Allah, le Seigneur de l'univers.
Cela permet de mesurer tout l’abîme séparant les conceptions musulmanes des conceptions judéo-chrétiennes qui décrivent un Dieu, dont l’homme serait une sorte de clone terrestre, lui-même partageant en commun 99 pour cent des gènes du chimpanzé ! Un Dieu qui descend sur terre, se promène et entreprend des actions diverses, parfois loufoques et dignes de figurer dans un panthéon dédié aux élucubrations spirituelles les plus dérisoires, ne peut être le Seigneur de l’univers. Si le Dieu biblique présente des similitudes physiques, dont l’homme pourrait s’identifier et se reconnaître comme dans un miroir, il pourrait être tout ce que ses fidèles en feront dans leur esprit, mais ne saurait jamais être
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Allah le Dieu créateur, Unique dans Sa Gloire et Son Règne.
Cependant, malgré les différences d’appréciation, il ne convient pas de penser que le Dieu des Israélites et des Chrétiens puisse être diminué en quoi que ce soit par rapport à Celui des Musulmans ou l’inverse, car les parties en cause adorent un Seul et même Dieu créateur. Le monothéisme, en effet, se fonde sur l’existence d’un Dieu Unique et Tout-puissant. Néanmoins, le jugement émis à son encontre, par les écrits bibliques et par l’ensemble des clergés de ces religions, notamment les prêtres, les scribes et des docteurs de la Loi, qui n’avaient aucune connaissance de la réalité, et qui versaient souvent dans l’imaginaire et le fabuleux, a fait basculer la raison dans le gouffre des spéculations tortueuses et sans fondement.
Les tendances naturelles amplifiées des trois grandes religions monothéistes, font ressortir que les Israélites s'accommodent volontiers d'un Dieu partisan qui ne dédaigne nullement se mêler avec condescendance au peuple élu, dont Il était le porte-parole, jusqu’à finir par devenir leur affilié et leur obligé. Les Chrétiens voyaient en Lui, un Etre, tout aussi limité, dans tous les domaines, mais dont l'influence s'étendait dorénavant à l’ensemble de l'humanité...chrétienne. Situation renforcée par la divinisation de Son Fils unique, le Christ Jésus, qui avait tourné le dos à un Judaïsme, qui ne voulait ni s’amender ni se réformer.
La filiation divine du Christ est rejetée par les Israélites et les Musulmans. Hormis le Christianisme, aucune autre religion ou croyance au monde n’a pris le risque de diviniser le Christ ou de l’apparenter à un Fils de Dieu, car il s’agit d’un blasphème énorme, dont la conception même relève du sacrilège et le l’irrévérence. Que le Seigneur et le Créateur de l’univers, soit comparé à un mammifère qui engendre une descendance, dépasse tout entendement. De fait, selon l’Eglise chrétienne, le Christ est bien engendré et non créé ; celui qui professe le contraire est déclaré comme hérétique. Une telle forme de reproduction divine, quand bien même, elle serait présentée comme un cas unique et exceptionnel, dans l’univers, est non seulement inimaginable, mais également avilissante pour ceux qui l’enseignent.
En dépit de l’aversion des Juifs pour la divinisation du Christ, ils se retrouvent au même diapason avec les Chrétiens pour voir en Dieu, un Etre limité dans tous les domaines, dont le pouvoir est restreint, ridiculement faible. Des exemples édifiants sont donnés plus loin, qui ne correspondent nullement à ce qu’une conscience humaine, dans son discernement et sa ferveur, est en droit d’attendre d’un Créateur
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Universel, dont le Pouvoir est en réalité illimité et dont les Attributs ne peuvent être appréhendés, par aucune créature. Ce serait réduire le Seigneur de l’univers à peu de choses, que de le rendre accessible aux spéculations humaines et à leurs déviations. C'est aussi faire peu de cas d'une frontière absolument infranchissable qui existe entre le Créateur et sa créature, qui incite les Musulmans à penser que tout en étant proche de Sa création et notamment des croyants, Dieu reste simultanément inaccessible à toute forme de supputations.
Les Bibles juive et chrétienne, n’ont pu entretenir une telle confusion, qu’en raison de leur éloignement de la vérité. Les scribes, les prêtres et les docteurs de la Loi, qui étaient en charge simultanément de récupérer les textes anciens, souvent de seconde ou de troisième main, de revivifier des mémoires défaillantes et de faire l’apologie de leurs clans et de leurs tribus, devaient infailliblement déboucher sur ce genre de résultats lamentables. La confusion engendrée était telle, qu’il n’était plus possible de prendre pour argent comptant les récits, les chroniques et les témoignages qui ont été reconstitués sans nuire gravement à la vérité. Quand le Dieu biblique est déprécié jusqu’à affronter l’épée à la main, les poils de la barbe d’Ezekiel en plein centre de Jérusalem, l’indignation éprouvée est à la mesure de l’affront commis. De pseudo révélations, qui confondent des acteurs pitoyables avec le Seigneur de l’univers, ne sont pas pour rassurer les fidèles ou pour les conforter dans leur foi. Un tel niveau de corruption textuelle, rarement atteint ailleurs, même dans les récits mythologiques, ne peut être que le produit d’une psychologie gravement affectée par le syndrome de la déraison. Les Prophètes authentiques de l’Ancien Testament qui vouent aux gémonies, les scribes et les prêtres faussaires qui tordent le sens des mots, ne sont que des rappels salutaires, qui dénotent la corruption des textes bibliques, et en premier l’Ancien Testament.
Malgré tout, les Gens du Livre, les Juifs et les Chrétiens, selon l'appellation consacrée par le Coran, de par leur croyance en un Dieu Unique Créateur, sont relativement plus proches de la réalité absolue que les athées, les païens et les idolâtres. Fourvoyés dans un matérialisme d'apparat, qui constitue leur source nourricière, et revêtus de dialectisme et d'historisme qui leur tiennent lieu de philosophie et de psychologie, ceux-ci vouent un véritable culte à la nature, à la pensée, au temps, à l’évolution - et même au chaos - toutes choses créées par Dieu, et qui ne sont que les instruments de Sa Toute-puissance, pour régir la Création, à travers les Lois Universelles. De sorte et plutôt que de s'élever au niveau spirituel requis pour adorer le Seigneur et le Créateur de l'Univers, en
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célébrant Sa Gloire et Sa Grandeur, ils se sont appliqués à idéaliser leurs fantasmes et à diviniser des concepts forgés de toutes pièces et à en faire l'apologie d'une façon inconsidérée. Il s’agit d’une variation d'un thème bien connu chez les peuplades primitives, que la superstition pousse à vénérer l’objet de leur peur et de leur angoisse, tels les animaux, les monstres, le soleil, la lune, les orages, les éclipses, les idoles, plutôt que le Créateur de ces phénomènes. Ils adorent les effets visibles qui imprègnent leur conscience et non la cause des causes, qui leur est cachée et de qui tout découle.
Cette forme de pensée rabaisse ses partisans et porte atteinte à la conscience humaine, car elle ravale l'homme, créature privilégiée de Dieu sur terre, au profit d’une pensée délétère et perverse. Alors que précisément le Coran Sacré proclame le contraire : « Ne voyez-vous pas que Dieu vous a soumis tout ce qui est dans les cieux et sur terre ? Il vous a prodigué Ses bienfaits apparents et cachés. Certains hommes cependant discutent au sujet de Dieu sans aucune science, ni direction, ni Livre lumineux. » (Coran 31. 20) « Gloire à Celui qui a révélé la Distinction à son serviteur (le Prophète Mohammed) afin qu’il avertisse l'humanité. Lui (Allah, le Seigneur de l’univers) qui détient la Royauté des cieux et de la terre, qui n'a pas de fils et qui ne partage Son Pouvoir avec personne. Il a créé toute chose en lui fixant son destin d’une façon immuable. Certains, cependant lui préfèrent d’autres divinités qui n’ont rien créé, qui ne peuvent rien pour elles-mêmes, ni en mal ni en bien et n’ont aucun pouvoir de faire vivre, d’empêcher la mort ou la résurrection... Le jour où Il les réunira avec ceux qu’ils adoraient en dehors de Dieu, Il leur dira : Est-ce vous qui avez égaré mes serviteurs ou bien, sont-ils égarés eux-mêmes ? Gloire à Toi ! répondront-ils, comment pourrions-nous prétendre être adorés, quand Toi Seul est digne de l’être ? Mais Tu leur as accordé des jouissances éphémères à eux et à leurs pères, si bien qu’ils ont oublié Tes Enseignements, ils ne sont plus qu'un peuple perdu.» (Coran 25. 1- 3 et 17-18).
Ainsi va vers le néant, la croyance, de ceux qui pensaient être bien dirigés, qui se sont appropriés indument la planète et qui imposent leur diktat au reste du monde en essayant de moraliser des discours délétères et d’idéaliser des pratiques réprouvables. Mais le monde ne saurait trop marcher sur la tête, sans qu’à la fin la Vérité rétablisse ses droits.
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LES PROPHETES A TRAVERS LE CORAN
« Nous n’avons envoyé les Prophètes que comme annonciateurs de la bonne nouvelle et comme avertisseurs. Ceux qui croient et qui s’amendent n’éprouveront plus aucune crainte, ils ne seront pas affligés. Le châtiment atteindra ceux qui traitent Nos Signes de mensonges, à cause de leur perversité.» (Coran 6. 48-49).
Pour saisir la portée du Message coranique, il est indispensable de le situer par rapport aux révélations antérieures. Si le Livre Sacré des Musulmans est l'héritier des religions monothéistes, il est avant tout, le prototype, le modèle primordial de la Parole divine destinée aux êtres humains créés dans l’ensemble de l’univers. Le Coran n’est propre ni à un peuple, ni à une région, ni à une culture, ni aux seuls habitants de la terre. Il est la source de la Foi et de la Pureté et le dogme fondamental de vie de l’ensemble des créatures douées de raison, qui peuplent tant le monde connu, que les milliards d’autres civilisations éparpillées dans les immensités cosmiques.
Il est le seul ouvrage sacré à enseigner que l’univers ne se cantonne pas à la planète terre mais qu’il est peuplé de myriades d’autres humanités qui sont inconnues. Allah, le Dieu de l’Islam, ne saurait être à l’image erronée du Dieu biblique, un être minuscule, soumis aux aléas de la nature et peinant pour se faire respecter par ses sujets, allant jusqu’à combattre corps à corps avec ses représentants. La mission de reformuler le Message divin dans son authenticité est intervenue après l’altération des textes sacrés qui sont apparus avant lui. Le Coran reste ainsi le seul ouvrage d’origine divine à n’avoir jamais été falsifié, remanié ou oublié et il gardera ces éminentes et précieuses qualités, jusqu’à la fin des temps. Au Jour du Jugement Dernier, le Coran Sacré sera comparé à son prototype divin gardé, dans le Royaume céleste par les anges, afin de corroborer son origine primordiale et de témoigner que nul être humain, ni nul génie n’a été en mesure de le déprécier. La Parole de Dieu doit rester immuable et éternelle ; il est malvenu que quiconque puisse la détourner de la voie de la Vérité, car elle est elle-même Vérité.
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Si le Coran Sacré est universel par vocation et par définition, il n’en demeure pas moins qu’il doit être adapté à son contexte géographique et historique. En effet, bien que le dogme, l’idéologie et la philosophie, restent communs à l’ensemble des créatures de Dieu, où qu’elles soient dans l’univers l’intégration particulière de l’Enseignement divin, dans un contexte donné, doit tenir compte de spécificités propres de chaque environnement local et du groupement humain concerné. Le Coran ne saurait être décalé relativement à son milieu ni par rapport au temps. Ainsi, quand l’Enseignement révélé par le Prophète Mohammed, que le Salut et la Bénédiction d’Allah soient sur lui, évoque des événements célestes, qui concernent l’univers en général, il n’en consacre pas moins l’essentiel du Message aux problèmes qui se posent à l’humanité terrienne, se référant même aux données régionales, car il ne saurait séparer le fond spirituel du contexte historique.
Cela est particulièrement vrai pour la longue lignée des Annonciateurs et des Messagers, qui se sont succédé sur terre, pour faire parvenir aux hommes la Parole Divine authentique, et dont le dernier d'entre eux, précisément le Prophète Mohammed, que le Salut et la Bénédiction d’Allah, soient sur lui, parachève le cycle des Envoyés de Dieu, jusqu’à extinction de l’humanité. Si, avant lui, de nombreux Prophètes furent délégués à leurs peuples respectifs, par contre, le Prophète Mohammed, reste l’unique Messager à avoir été délégué à l’ensemble de l’humanité et pour les temps des temps. Au Jour du Jugement Dernier, c’est le Coran Sacré qui servira de référence et prononcera entre les hommes. Il ne sera tenu compte ni de la Bible juive, ni de la Bible chrétienne, ni d’autres ouvrages sacrés, qui ont tous été altérés par des mains corruptrices ou dégradés par le temps.
S’il est important de faire le recensement des Prophètes nommément cités par le Coran, il s’avère encore plus important de mettre en parallèle leur comportement à travers les écrits bibliques. En dépit de nombreuses similitudes entre les Livres Sacrés, il existe néanmoins des différences étonnantes qu’il est indispensable de mettre en relief pour marquer l'écart pouvant exister entre deux ou plusieurs récits d'un même événement.
ADAM ET EVE : (ADEM ET HAOUA)
Le Coran possède cette particularité d'être le seul Livre Sacré, à remonter le temps jusqu'à la création de l'univers, qu’il ne faut pas confondre avec la Genèse biblique, consacrée essentiellement à la formation de la Terre et de son ciel. Il décrit les phénomènes grandioses,
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qui ont présidé à la création de cet univers illimité, que les savants commencent à peine à découvrir, éprouvant d’immenses difficultés à en comprendre aussi bien la genèse que le fonctionnement. La création de l’univers et de la terre est rapportée avec précision par le Coran ; l’aménagement de la planète Terre et son habitabilité précédèrent l'apparition de la vie, et notamment celle de l’homme, ce qui est conforme à la logique. Nombre d’autres phénomènes sont traités dans la seconde partie de cet ouvrage réservée à ce sujet. La création du premier homme Adam, puis de sa femme Eve, constitue l’acte fondamental à partir duquel l’humanité allait voir le jour. Après une période de vie indéterminée, Adam et Eve succombèrent conjointement à la tentation incarnée par Satan (Iblis).
Le Coran s'écarte ici de la Bible qui accuse Eve d'avoir été tentée par le serpent avant d’entraîner Adam à manger le fruit défendu. En conséquence, il ne culpabilise pas outre mesure la compagne d’Adam et reconnaît en elle, un être soumis aux mêmes penchants que les autres humains dans leur essence primordiale. En outre, le Livre Sacré des Musulmans ne considère pas le « péché originel » comme un crime dont l’ensemble de l’humanité aurait à en assumer la charge indigne. La faute incombe personnellement à Adam et Eve, qui sont tenus d’en supporter les conséquences sans aucune répercussion sur leurs descendants. Dieu agréa le repentir d’Adam et d’Eve, ainsi qu’il est précisé dans la sourate suivante : « Ils dirent (Adam et Eve) : Seigneur, nous nous sommes lésés nous-mêmes ; si Tu ne nous pardonnes pas et si Tu ne nous fais pas miséricorde, nous serons au nombre des perdants. » (Coran 7. 23). « Nous leur dîmes : Descendez de ces lieux, ennemis les uns des autres (Satan et l’homme). Vous trouverez sur terre un lieu de séjour et de jouissance éphémère. Adam accueillit les Paroles de Son Seigneur et revint à Lui repentant. Dieu est en vérité, celui qui revient sans cesse vers le pécheur repentant. Il est Miséricordieux. » (Coran 2. 36. 37).
Ainsi, point de péché originel en Islam. Le Seigneur de l’univers n’allait pas entacher Son OEuvre créatrice, par une fausse disposition, aussi malencontreuse que mal venue et déplacée. Un Dieu de Justice allait-il déjà faire endosser à une humanité qui n’avait même pas été créée, une transgression commise par d’autres ? Allah est un Dieu de Justice et non un Dieu d’iniquité. Ceux qui ne l’ont pas compris, ont surchargé la descendance d’Adam et d’Eve, d’un poids avilissant qu’elle n’avait pas à supporter. L’Islam ne culpabilise pas les gens avant leur naissance, comme s’ils avaient été maudits d’avance par Dieu. C’est méconnaître La Miséricorde, l’Indulgence, la et Mansuétude du Seigneur
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de l’univers que de croire qu’Il puisse damner les gens sans raison et avant même leur création.
Si le cas était avéré, Il n’avait pas besoin d’invoquer le péché originel, Il aurait agi librement, sans contrainte et sans motif. Aussi, les Musulmans n’ont pas à assumer la responsabilité du péché originel, ils en laissent la charge à ceux qui ont été « choyés » par leurs propres religions. Si la Bible cautionne un tel comportement, elle le fait à ses risques et périls et dans le cas où les fidèles juifs et chrétiens sont enchantés d’avoir été condamnés rétroactivement par le Dieu biblique, alors qu’ils sont innocents, grand bien leur fasse. Il est vrai cependant, que les Chrétiens ont été rachetés par le « sacrifice du Christ », mais tout cela s’est fait verbalement et sans l’accord de l’intéressé, puisqu’une fois sur la croix, il s’écria : « Eli, Eli, lema sabachtani ? (« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? L’Evangile selon Matthieu. 27. 46). Aussi, il ne reste plus que les Juifs pour se faire du mauvais sang sur le sort qui les attend. A moins qu’eux aussi, ne disposent d’une botte secrète qu’ils sortiraient au dernier moment, pour tout remettre en cause.
Adam avait été doté de facultés appropriées, comme l'intelligence, la raison, la ferveur. Dieu lui inculqua la compréhension des secrets-de la création qu’Il lui plut de porter à sa connaissance, et en fit un être supérieur à l’ensemble des autres créatures vivant sur Terre. Le Coran dit : « Nous (Allah) avons honoré les fils d'Adam, Nous les avons portés sur la terre ferme et sur la mer; Nous leur avons accordé d'excellentes nourritures et leur avons donné la préférence sur un grand nombre (d’êtres) que Nous avons créés. » (Coran 17. 20). Relativement à ce sujet, il faut souligner la différence effectuée par le Coran, entre les créatures terrestres (animales et végétales), qui ont été soumises en totalité et sans exception à l’homme, et les créatures extraterrestres ou cosmiques, sur lesquelles, les fils d’Adam ne disposent que d’une ascendance relative, signifiant par là, que d’autres êtres créés dans l’univers sont plus éminents que l’être humains. Ainsi, l’homme n’est plus la seule créature de l’univers, selon les croyances judéo-chrétiennes et d’autres religions, mais bien un être perdu, dans les immenses espaces intersidéraux qui comportent d’autres créations parfois supérieures à l’homme. C’est le sens de cette sourate, qui sera explicitée plus loin et qui porte en elle, les germes d’une remise en cause d’un Fils unique de Dieu, envoyé à une humanité unique existant de par l’univers !
En parlant de secrets de la création, il s’agit de toute évidence, des phénomènes dont Dieu a bien voulu instruire Adam, et non des mystères 24
de la Création qui relèvent de la seule Omniscience divine. De même qu’un animal ou un végétal possède son propre capital génétique, qui le fait agir de telle ou telle façon, en général dans le sens de la préservation et même de l’évolution de l’espèce considérée, sans jamais faillir à son programme, l’être humain a été doté des connaissances nécessaires, infiniment plus vastes et plus complexes, qui lui permettent d’évoluer dans la vie, dans le sens qui lui est profitable et ce, conformément à la prédétermination divine. Quand Dieu chassa Adam et Eve, Il ne voulut pas les laisser errer dans le désespoir, et c’est là une nouvelle preuve de Sa Mansuétude infinie : « Nous leur dîmes : - Descendez, d’ici. Toutes les fois que Je vous enverrais un guide (un Prophète ou un Enseignement) ceux qui le suivront seront exempts de toute crainte et n'auront point à s'affliger. Quant aux incrédules qui traitent Nos Signes de mensonges, ils auront l’enfer pour séjour éternel. » (Coran 2. 39-40). Ainsi l’homme aura été averti à l’avance des conséquences de ses actes ; celui qui est raisonnable s’activera à les embellir, conformément aux prescriptions divines. Tandis les criminels et les gens négligents et irréfléchis, se laisseront entraîner par les mondanités de la vie et oublieront ou renieront volontairement, jusqu’à leur comparution devant le Tribunal divin.
Adam et Eve eurent des enfants. Leurs noms ne sont pas mentionnés par le Coran. Selon la Bible, l'aîné s'appelait Caïn (Qabil en arabe) et le deuxième fils Abel (Babil). Ils offrirent des sacrifices au Seigneur. Celui de Babil fut agréé, alors que celui de Qabil fut rejeté. Qabil tua son frère, par jalousie et devint le premier meurtrier parmi la descendance d'Adam.
Le Seigneur reprocha son crime à Caïn. Il lui dit selon l’Ancien Testament : « Désormais, le sol te maudit, lui qui s'est ouvert pour recueillir le sang de ton frère, ta victime. C’est pourquoi tu auras beau le cultiver, il ne te donnera plus ses fruits. Tu seras un déraciné, toujours vagabond sur la terre. Caïn se plaignit au Seigneur :- Seigneur, Ma peine est trop lourde à porter. Tu me chasses aujourd’hui du sol cultivable et je vais devoir me cacher loin de Toi. Je serai un déraciné toujours vagabond sur terre. Quiconque me trouvera pourra me tuer. » (Genèse 4. 10 à 14). Les appréhensions de Caïn, ne sont pas justifiées, puisqu'en dehors de ses parents, il était le seul être existant sur une terre vide et le Coran ne reprend pas à son compte l'inquiétude infondée du meurtrier. Ce genre de méprise et courant dans la Bible, démontrant son altération, car si Dieu en avait été vraiment l’Auteur, une telle bévue n’aurait pu trouver un terrain favorable pour germer. Le Livre Sacré est
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exemplaire à ce sujet, il est dépourvu de contradiction, car il émane véritablement et entièrement d’Allah, le Seigneur et Créateur de l’univers. D’autres aberrations bibliques seront relevées, sans qu’il s’agisse d’établir un acte d’accusation à l’égard de ce Livre Sacré, car une grande partie de son contenu est véritablement d’origine divine. De nombreuses générations se succédèrent par la suite jusqu'à Noé (Nouh).
NOE (NOUH)
Le temps écoulé entre Adam et Noé reste un mystère. La Bible mentionne une généalogie de dix générations s'étendant sur 1056 ans. Toutefois, ces données sont à prendre non seulement avec précaution, mais aussi avec circonspection. Parce que d’autres sources religieuses ne donnent pas la même liste généalogique. Ainsi, Luc l’évangéliste, qui confirme les 10 générations, en ajoute une onzième de son cru et qui n’est pas du goût des Juifs, puisqu’il fait descendre Adam, du Fils de Dieu ! (Luc. 3. 38) Cependant, il est avéré que l’authenticité des filiations, reste une gageure, car du point de vue historique, aucune information exacte n’existe, c’est la bouteille à encre. D’ailleurs, c’est à partir de ce décompte biblique, que les religieux ont établi l’âge de la terre, aurait été créée, il y a un peu plus de 6 700 ans ! Seulement à cette époque, la civilisation égyptienne existait déjà et ce pays était partagé en deux royaumes, celui de Bouto au nord et celui de Nekhen, au sud !
Le Coran ne fait pas cas de ces estimations, pour le moins fantaisistes, qui ne reposent sur aucune source fiable. Tout n’est que spéculation et supputation. Toutefois, comme les fidèles avaient besoin de repères pour se situer, les spécialistes en la matière leur ont donné tellement de preuves contradictoires, qu’ils sont maintenant plus désorientés qu’auparavant. Ainsi, selon la Bible, la durée moyenne des générations était de 105 ans, tandis qu’elle n’est plus que de 30 ans actuellement. Cette évaluation est remise en cause par les scientifiques, qui ont entrepris des recherches sur le terrain et professent exactement la tendance inverse ; les générations actuelles seraient moins rapprochées que celles du passé.
Noé fut envoyé comme avertisseur auprès de son peuple qui adorait des divinités nommées : Wadd, Souwa, Yaghout, Ya'ouq et Nasr. (Coran 71. 23-24). Seules, quelques personnes de condition modeste prêtèrent attention à ses paroles. Les notables eux, furent exaspérés et se rebellèrent contre lui. II lui demandèrent de chasser les croyants et le défièrent de faire tomber sur eux le châtiment dont il les menaçait. En désespoir de cause et après avoir vainement essayé de les amener à
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résipiscence, Noé implora Dieu de l'assister dans son destin. Sous son inspiration, il construisit une embarcation, pour échapper au déluge que le Seigneur allait provoquer et l’exhorta d'embarquer sa famille, les croyants et un couple de chaque espèce (animale).
Le déluge eut lieu conformément au Décret divin, noyant le peuple idolâtre, tandis que Noé et les siens survécurent à la catastrophe. Le Coran s'écarte de la Bible sur plusieurs points. Dans le récit de la Genèse biblique, Noé construit un immense bateau, sur les indications très détaillées, du Seigneur. Ainsi, Il lui ordonna de construire une arche, un grand bateau en bois de cyprès, dont les dimensions sont les suivantes d’après la Genèse : «Elle (l’arche) aura cent cinquante mètres de long, vingt-cinq de large et quinze mètres de haut ; elle comportera trois étages et sera enduite de poix à l’extérieur et l’intérieur. » (Genèse – 6. 14 à 16). A titre de comparaison, un bateau de cette taille, jaugerait au moins 20 000 tonnes et nécessiterait le concours de 250 ouvriers durant deux ans en moyenne. Mais, Noé réussit le tour de force de tout bâcler en un tour de main.
Le Seigneur ordonna à Noé d’embarquer sa famille, ainsi que des animaux parmi lesquels sept couples de chaque sorte d'animaux purs et un couple seulement de chaque sorte d'animaux impurs. Tous les animaux existant sur terre, ce qui représente plusieurs millions d’espèces différentes, avaient été réunis à bord de l'arche et le déluge se serait étendu à l'ensemble du globe. Le Seigneur en effet était attristé par le comportement malfaisant des hommes ; il regretta de les avoir créés (!) et dit : « Il faut que je balaye la terre les hommes que j’ai créés et même les animaux grands et petits. Je regrette vivement de les avoir faits. Mais Noé bénéficiait de la bienveillance du Seigneur. » (Genèse 6. 5 à 8)
Le Coran ne confirme pas cette version, qui est d’ailleurs aussi réfutée par les sources historiques et géologiques. Il est invraisemblable de penser que de tous les habitants du monde, seuls Noé et sa famille avaient été fidèles à Dieu. Il est vrai que la Bible précise que ces hommes étaient nés de l’union des habitants du ciel avec les filles des hommes. Aussi, forcément les enfants qui naissaient de ces unions, n’étaient pas conformes au catalogue ; ils échappaient à tout contrôle et étaient portés à faire le mal. Alors Dieu décida de les éliminer. Puis c’est à partir des enfants Noé, que l’espèce humaine fut reconstituée. La précédente qui, compte tenu de sa longévité, ne devait pas comprendre plus d’un millier de membres aurait été définitivement balayée de la scène terrestre. Contrairement à la Bible, le Coran ne précise pas que l’ensemble de
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l’humanité fut anéantie, ni que tout le règne animal fut embarqué pour échapper au désastre, pas plus que celui-ci n’avait une portée planétaire. Car ce serait contrevenir aux lois de la création initiale, que d’y ajouter une création de substitution, comme si le modèle initial avait échoué. Depuis son origine l'humanité n'a jamais été décimée par un cataclysme quelconque, au point de se reconstituer, à partir d’un nouveau couple unique. Ces contradictions ont fait l'objet de recherches scientifiques qui sont venues conforter les données coraniques et sont développées dans l’article consacré au déluge.
ABRAHAM (IBRAHIM), ISMAEL ET ISAAC
Abraham était un patriarche biblique. Son nom Abram, fut changé par Iahvé, et depuis il s’appelle Abraham. (Genèse 16. 5). Originaire d’Ur, en Chaldée (Irak), il décide de s’installer au pays de Canaan, (Palestine) et reçoit la bénédiction divine. Il est le père d’Ismaël, qu’il a eu d’Agar (Hadjer) et d’Isaac, que lui donnera Sara. Ils seront les ancêtres fondateurs successivement des Arabes et des Juifs. Le signe de l’Alliance entre Dieu et Abraham est constitué par la circoncision, qui sera perpétuée par les Israélites et les Musulmans. Quant aux Chrétiens, ils abandonnèrent cette pratique non pour des raisons religieuses, puisqu’elle constituait un rituel sacré, mais pour se conformer à certaines tendances déviatrices qui s’exercèrent, notamment sous l’influence de l’apôtre Saint Paul, en éloignant le Christianisme de ses origines juives et en le professant aux Gentils (aux Païens) alors le Christ s’adressait à ses compatriotes israélites et visait surtout à amender et à restaurer le Judaïsme, qui avait été altéré.
Les Arabes connaissent Abraham, sous le nom d’Ibrahim et en font non seulement un Prophète, mais aussi le premier Messager de Dieu, porteur d’un Enseignement Sacré. Après Noé, il fut le Prophète le plus marquant. Son père s’appelait Azar (Téra pour la Bible) et vivait au milieu d’un peuple qui vénérait des idoles. Lui-même n’était pas attiré par ces croyances et se mit à chercher une forme d'adoration supérieure. Il prit respectivement une étoile, puis la lune et ensuite le soleil comme objet de son culte, mais lorsque ces astres disparurent, il se rendit compte qu’il s'était attaché à vénérer des objets soumis aux Lois d’un Etre infiniment supérieur à toute la création. Il se tourna alors vers l'adoration du Dieu Unique et prêcha auprès de son peuple, le monothéisme, selon les révélations qu’il recevait, puisqu’il avait doté du don de prophétie.
Les gens de son peuple tentèrent de le dissuader de se soumettre à un Dieu Unique, en magnifiant le rôle de leurs idoles. Il leur répondit 28
selon le Coran Sacré : « Vous disputerez- vous avec moi au sujet de Dieu, alors qu’Il m’a dirigé ? leur répondit-il, je ne crains rien de ce que vous lui associez, à moins qu’Allah ne le veuille. La Science de Mon Seigneur s'étend à toute chose. Ne réfléchissez-vous pas ? Comment pourrais-je redouter ce que vous Lui associez alors que vous ne craignez pas de Lui adjoindre ce qu'aucune révélation n’est venue accréditer ? Quel est des deux partis, celui qui est le plus sûr ? Si vous compreniez ! Ceux qui croient et n’altèrent point leur foi d'injustice, se trouvent en sécurité, car ils sont bien dirigés. Tel est l'argument décisif que Nous avons donné à Abraham contre son peuple. C’est ainsi que Nous élevons le rang de celui qu’Il Nous plait d'élire. Ton Seigneur est le Détenteur de toute sagesse, Sa Science est infinie. » (Coran 6. 80 à 83)
Abraham dut faire face à l’hostilité des siens qui persistaient dans l'idolâtrie. Ils décidèrent de le jeter dans un brasier, mais il fut préservé des flammes par la Toute-puissance Divine : « Nous dîmes :- Ô feu, sois fraîcheur et paix pour Abraham. » (Coran 21. 69).
Abraham avait brisé les idoles qui étaient vénérées par son peuple, pour démontrer leur inanité, aussi il dut s'expatrier pour échapper à la vindicte de sa communauté encore subjuguée par le polythéisme et l’idolâtrie. Il était accompagné de sa femme, de son neveu Loth et d'autres personnages qui avaient cru en son message. Sa femme, Sarah, étant stérile, Abraham eut un enfant d'une seconde épouse, Hagar (Hadjer) d'origine égyptienne. Ce fils s'appelait Ismaël ; il est considéré comme l'ancêtre des Arabes. Abraham installa la mère et le fils dans une vallée, près de la Maison Sacrée de la Kaâba (La Mecque), qu’il devait édifier plus tard, avec l’aide de son fils. « Rappelle-toi quand Nous établîmes Abraham sur l’emplacement du Sanctuaire, précise le Coran, Nous lui prescrivîmes : Ne me donne point d’associés, et veille à purifier Ma Maison pour ceux qui viennent effectuer des circuits rituels ou s’acquitter des exercices pieux, debout, agenouillés ou prosternés. » (Coran 22. 26).
Par la suite, sa première femme Sarah devait donner naissance, d’une façon miraculeuse à un fils, qui fut nommé Isaac. Pour éprouver Abraham, Dieu le soumit à une épreuve pénible et cet épisode est resté célèbre tant chez les Musulmans que dans la tradition judéo-chrétienne. Selon les Israélites, Dieu demanda à Moïse, le sacrifice de son fils unique et ce fils, ne pouvait être qu’Isaac, leur ancêtre. Ils s'appuient sur la Genèse biblique pour fonder leur opinion et confirmer leurs croyances. Voici ce que dit la Bible à ce sujet : « Quand Isaac eut grandi, Dieu mit 29
Abraham à l’épreuve. Il l’appela et Abraham répondit :- Oui, je t’écoute. Dieu reprit : - Prends ton fils Isaac, ton fils unique que tu aimes tant, va dans le pays de Moria, sur une montagne que Je t’indiquerai et là, offre-le-moi en sacrifice. Le lendemain, Abraham se leva tôt. Il fendit le bois pour le sacrifice, équipa son âne et se mit en route vers le lieu indiqué. Il emmenait avec lui deux serviteurs ainsi que son fils Isaac. Arrivé sur les lieux, il dit aux serviteurs :- Restez ici avec l’âne ; l’enfant et moi irons là-haut pour adorer Dieu, puis nous reviendrons ici. »
« Abraham chargea sur son fils le bois du sacrifice. Lui-même portait des braises pour le feu et un couteau. Tandis qu’ils marchaient tous deux ensemble, Isaac s’adressa à son père, Abraham. Celui-ci répondit :- Oui, je t’écoute mon fils.- Nous avons le feu et le bois, mais où est l’agneau pour le sacrifice ? Abraham répondit :- Mon fils, Dieu veillera Lui-même à procurer l’agneau. Ils continuèrent d’avancer ensemble. Quand ils arrivèrent au lieu indiqué, Abraham construisit un autel et y déposa le bois. Il lia son fils Isaac et le plaça sur l’autel, par-dessus le bois. Il saisit alors le couteau pour égorger son fils, mais l’ange du Seigneur l’appela du ciel. -- Abraham ! Abraham ! - Oui, répondit Abraham, je t’écoute. Le Seigneur reprit :- Epargne l’enfant, ne lui fait aucun mal. Je sais maintenant que tu respectes mon autorité ; tu ne m’as pas refusé ton fils unique. Abraham aperçut alors un bélier retenu par les cornes dans un buisson. Il alla le prendre et l’offrit en sacrifice à la place de son fils…» (Genèse 22. 1 à 13)
La première remarque porte sur la discontinuité du discours biblique ; ainsi c’est l’Ange qui appelle Abraham et lorsque celui-ci lui répondit : « - Oui, je t’écoute. », le Seigneur se substitua à lui, pour poursuivre : « Epargne l’enfant, ne lui fait aucun mal. Je sais maintenant que tu respectes mon autorité. » Nul doute ici comme de nombreuses fois ailleurs, que le texte a été travaillé et cette manipulation est la cause de l’incompréhension qui en résulte. De plus, et contrairement à ce qu’exige l’éthique, Abraham a menti une première fois à ses serviteurs, puisqu’il promit de revenir vers eux avec son fils, alors qu’il savait pertinemment qu’il allait retourner tout seul. Il manqua à sa parole et à l’honneur, une deuxième fois, quand il dissimula à son fils, qu’il se préparait à l’immoler, pour faire plaisir à Dieu.
Nonobstant ces impostures qui sont indignes d’un personnage distingué par Dieu, les Musulmans sont convaincus, et bien que le Coran ne le précise pas explicitement, que le garçon en question ne pouvait être qu’Ismaël, l’ancêtre des Arabes, et non Isaac qui a été ajouté par la suite.
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Leurs arguments sont nombreux et bien étayés. Ils citent volontiers le passage suivant du Coran, après le supplice du feu où Abraham cherche refuge auprès de Dieu en disant : « - Je vais aller auprès de Mon Seigneur. Il me guidera dans Sa Voie : - Seigneur, accorde-moi un fils qui soit juste. Nous lui avons alors annoncé la bonne nouvelle, la naissance d’un fils doué de sagesse (Ismaël). »
« Lorsque l’enfant fut en âge d’accompagner son père, celui-ci lui dit : - Ô mon fils, je me suis vu en songe en train de t’immoler (en sacrifice à Dieu), vois ce que tu en penses ?- Ô Père, lui répondit son fils, fais ce qui t'est ordonné, tu me trouveras patient si Dieu le veut. Le père et le fils étaient soumis à la Volonté de Dieu. Abraham tenait son fils, front contre terre prêt à l’immoler. Nous l’appelâmes :- Ô Abraham, tu as cru en ta vision et tu l’as réalisée. C'est ainsi que Nous récompensons ceux qui font le bien. » Ce fut une bien rude épreuve. Nous avons racheté son fils par un sacrifice solennel et Nous perpétuâmes son souvenir dans la postérité. Paix sur Abraham. Ainsi, Nous récompensons les vertueux. Il était du nombre de nos fidèles serviteurs et Nous lui annonçâmes une bonne nouvelle, la naissance d’Isaac, un Prophète parmi les justes. » (Coran 37.99 à 112).
Ainsi, selon le Coran, c'est pour récompenser la soumission d’Abraham et sa détermination à immoler son fils unique Ismaël, que Dieu lui annonça la naissance d’un second fils, Isaac. On trouve en effet dans la Bible une tradition coutumière, qui consistait à consacrer au Seigneur les premiers-nés humains ainsi que les premiers-nés des animaux purs, ce qui tend à conforter la position du Coran. Puisqu’Ismaël était le premier fils d’Abraham. Voici quelques exemples de ces pratiques rituelles puisés dans l'Ancien Testament :
« Le Seigneur adressa la parole à Moïse et lui dit :- Consacre-Moi tout premier-né en Israël, car le premier garçon d’une femme et le premier petit d’un animal m'appartiennent. » (Exode 13.1-2). Et encore : « Tout premier-né M’appartient, y compris ceux de vos bêtes. »
Même les prémices des végétaux (les premières productions), étaient consacrées au Seigneur. « La première gerbe récoltée était présentée solennellement le lendemain du Sabbat, puis au cours des moissons on offrait deux pains préparés avec la farine des premières céréales récoltées. » (Lévitique 23. 9-17)
C'est donc traditionnellement que les prêtres et les fidèles, consacraient au Seigneur les premiers-nés humains et Ismaël a été le
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premier enfant d’Abraham, il était destiné à servir d’offrande spirituelle. Cette consécration n’implique pas un sacrifice humain ou l’immolation, mais peut être seulement symbolique et allégorique, une offrande votive pour commémorer l’action d’un voeu qui a été exaucé par la divinité. Ceux qui tentent de substituer les personnages et d’inverser les rôles, afin de tirer profit de la situation, en niant qu’Ismaël a été un véritable fils pour Abraham seraient bien inspirés de consulter minutieusement la Bible qui donne des précisions bien utiles sur l'authenticité de cette filiation et la prédestination d’Ismaël, pour le sacrifice. Notamment les citations suivantes : « Agar mit au monde un fils que son père Abram (Abraham) nomma Ismaël. » (Genèse 16. 15) Egalement : « Quand Dieu eut fini de parler avec Abraham, Il le quitta. Abraham prit alors son fils Ismaël ...Abraham avait quatre-vingt-dix-neuf ans et son fils Ismaël treize, quand ils furent circoncis le même jour comme Dieu L'avait ordonné (alors qu'Isaac n'était pas encore né » (Genèse 17. 18 à 26). Et aussi : « Lorsqu’il mourut à l'âge de 175 ans, ses fils Isaac et Ismaël l'enterrèrent dans la grotte de Maképa. » (Genèse 25. 9)
La Bible reconnaît qu’Isaac est né lorsque Ismaël avait quatorze ans, aussi il y a de quoi être légitimement étonné de lire ce commandement : « Prends ton fils Isaac, ton fils unique que tu aimes tant... et là, offre-le Moi en sacrifice. » (Genèse 22. 2).
La contradiction est manifeste entre les trois citations bibliques qui sont en harmonie entre elles et la quatrième, qui vient déranger l’ordonnancement et perturber l’harmonie. L’analyse de la phrase contestée, fait apparaître que le nom d'Isaac a été sciemment ajouté pour modifier le sens de la révélation. En effet, la Bible n’a pas été transcrite sur des supports au moment de sa révélation, à l’image du Coran et fut recomposée, des siècles plus tard, par des scribes, des prêtres et des docteurs de la Loi israélites qui avaient tendance à lui donner un contenu apologétique, qui faisait la part belle à leur communauté. Ainsi, l'expression « Ton fils unique », est incompatible avec le nom d’Isaac, du moment qu’il n'était pas unique, puisqu’Ismaël l'avait précédé de quatorze ans. Par ailleurs, même dans le cas où l'injonction visait Ismaël, en occultant le nom d’Isaac, il aurait été mal venu de préciser qu’il était unique, puisque les deux parties (l’orateur et le sujet) étaient conscientes de cela. Il ne viendrait à l’idée de personne de dire : « Prends ton véhicule unique », à quelqu'un qui ne dispose que d'une seule voiture. Le mot « unique » a été lui aussi introduit après coup, pour introduite Isaac, dans une scène où il ne figurait pas et tirer profit de cette situation qui valorise l’ancêtre des Juifs au détriment de l’ancêtre des Arabes.
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L'annulation des deux mots litigieux permettra de remodeler la phrase, en lui donnant un sens plus conforme aux exigences et de la libeller ainsi : « Prends ton fils, ton fils que tu aimes tant. » En supprimant les répétitions (« Ton fils » est mentionné deux fois), qui ne se justifiaient que dans le cas d’une lecture « officielle et sacrée » incluant Isaac au détriment d’Ismaël, l’expression devient : « Prends ton fils que tu aimes tant », qui correspond parfaitement à la réalité. Ainsi se confirme l’évidence que la formule « Le fils unique », est une addition ultérieure au Texte d'origine, et que le nom d’Isaac n’est apparu que pour éliminer l’allusion faite à Ismaël. Il ne convenait pas, en effet, aux docteurs et aux prêtres juifs, qui ont eu à reconstituer les textes sacrés, qu’Ismaël, l’ancêtre des Arabes, qui pratiquaient l’idolâtrie à l’époque, et qui étaient considérés comme un peuple barbare, bénéficie d’une telle considération divine, alors qu’Isaac, leur propre ascendant soit écarté, d’une distinction aussi prestigieuse. Il fallait retravailler le texte et inverser les données pour tirer profit d’une situation, qui devait, dans tous les cas, être éminemment favorable à ses auteurs.
Le passage relatif au sacrifice, qui était censé refléter la minutie et la concision à l’origine : « Prends ton fils que tu aimes tant », est devenu par suite de ces manipulations, verbeux et diffus : « Prends ton fils Isaac, ton fils unique que tu aimes tant... » Les ajouts destinés à inverser les rôles et à glorifier Isaac, sont venus au contraire confirmer la réalité de l’éminence d’Ismaël. Car malgré l’addition « fils unique », qui ressemble plus à une cautère sur une jambe de bois, qu’à la réalité historique, Isaac n'a jamais été le premier-né ni le fils unique d'Abraham, alors qu'Ismaël au contraire, a été le premier-né et le fils unique durant une grande partie de sa jeunesse. Les docteurs juifs et les scribes ont manqué de subtilité. Ils ont eu la main lourde dans leur tentative de recomposition, si bien qu'à force de trop vouloir prouver, ils sont arrivés à intervertir la réalité, et à rendre le texte sujet à caution. Trop c'est trop, dit un dicton. Il s'applique bien à cet exemple, qui de toute façon est loin d'être isolé.
Pour justifier cette pratique, certains exégètes ont prétendu que le sacrifice des premiers-nés était une coutume imposée par Moïse, six siècles après Abraham. Par conséquent, à l'époque de ce dernier, les intéressés n’étaient pas tenus d'observer une tradition qui n'existait pas. Seul le sort pouvait désigner la victime de l'offrande et Isaac a été choisi par le destin. Des arguments qui sont contredits par le texte biblique lui-même puisque la coutume du premier-né remontait non pas à Moïse mais selon la Bible, à Adam, le père de l’humanité. L'Ancien Testament enseigne en effet, que parmi les fils d'Adam, Caïn était cultivateur et
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Abel, berger. Le premier offrit au Seigneur les produits de la terre (sans préciser qu’il s’agissait des premiers produits), Dieu refusa l'offrande. Lorsqu’Abel à son tour, apporta en sacrifice des agneaux premiers-nés de son troupeau, son présent fut accepté. (Genèse 4. 3-4). Caïn en conçut du dépit et assassina son frère. La tradition de l’offrande des premiers-nés remonterait en conséquence à Adam et non à Moïse. Abraham devait s'en inspirer fidèlement et ne pas transgresser une pratique consacrée.
Mais, la Bible renferme une autre argumentation de choix en faveur de la thèse du sacrifice d’Ismaël ! Il s’agit toujours du fameux Commandement « Prends ton fils ... que tu aimes tant. » Ce fils qu'Abraham chérissait n'était autre qu’Ismaël. Lorsque Dieu Lui annonça la venue d’Isaac, il répondit, selon la Bible : « Pourvu qu’Ismaël vive et que Tu t’intéresses à lui, je n'en demande pas plus. » (Genèse 17.18). Il ne fut pas enchanté outre mesure par l'annonce de la naissance d’Isaac. Il montra son amour et son affection pour Ismaël et pria pour que Dieu le bénisse. Il ajouta qu’il ne demandait rien de plus et ne désirait pas un autre enfant, puisque Ismaël avait comblé ses espérances. Cette attitude correspond à la formule biblique « Ton fils que tu aimes tant. » Dieu répondit : « Je le bénirais (Ismaël) Je le rendrai fécond et Lui donnerai une nombreuse descendance. Il sera le père de douze princes et l'ancêtre d'un grand peuple. » (Genèse 17. 18 à 20).
Le nom même d’Ismaël vient confirmer cette version, puisqu’en hébreu, il signifie : « Dieu a entendu. » Il lui a été donné à la suite d'une prière d’Abraham qui, après s’être expatrié de sa région corrompue par l'idolâtrie, invoqua Dieu. Le Coran rapporte ceci : « Il dit (Abraham): Je vais aller vers Mon Seigneur, Il me guidera. - Seigneur accorde-moi un fils qui soit juste. » (Coran 37. 99-100). Dieu a entendu cette prière (traduit en hébreu par : Il (Dieu) à entendu. » Le Coran précise : « Nous (Dieu) lui avons annoncé une bonne nouvelle, la naissance d’un garçon, doux de caractère. Lorsqu’Ismaël grandit, son père lui dit :- Ô mon fils je me suis vu moi-même en songe en train de t’immoler, qu’en penses-tu ? » (Coran 37. 101-102). Aucun doute n'est donc permis sur l'identité d’Ismaël. Le Coran le confirme clairement et la Bible implicitement, en essayant d’inverser les données pour faire croire qu’il s’agissait d’Isaac. Mais l’opération n’était pas simple, trop de preuves contraires se trouvaient sur le chemin des manipulateurs, pour leur permettre de faire avaler la pilule aux gens doués d’un minimum d’exigence.
Pourquoi Ismaël était-il tellement cher à Abraham ? Le Coran lui attribue un caractère doux et il était juste. La Bible en écho en fait un fils 34
aimé de son père. En outre et, en dehors de son caractère agréable, Ismaël avait été ardemment souhaité par Abraham. Selon le Coran, ce dernier adressa des prières à Dieu pour avoir un fils et ses suppliques furent entendues. La Bible abonde également en ce sens, mais reconnaît en plus qu'Abraham ne s'unit à Agar, (Hadjer), que dans le but d'avoir un fils. Lorsque Ismaël naquit, c'était un voeu, combien cher qui était exaucé.
Quant à Isaac, Dieu en fit l'annonce à Abraham sans que celui-ci ne lui demande rien et ne l’invoque en quoi que ce soit. La réaction de ce dernier se fit du reste durement ressentir, et elle n’avait rien d’une manifestation de joie débordante, puisqu’il dit en substance, selon la Bible : « Ismaël me suffit, je n’ai pas besoin d'un autre enfant. » Ainsi se trouve confirmé le choix d’Ismaël pour la consécration rituelle. Car, non seulement il avait été le premier fils et le fils unique d’Abraham, mais également très cher à son père et Dieu voulait éprouver celui-ci en lui demandant de lui offrir en sacrifice ce qu'il avait de plus précieux. C'était évidemment Ismaël, qui a été sans aucun doute choisi par le Seigneur, offert par Abraham et racheté par une offrande. Une noble distinction pour un non moins noble Prophète.
Ceci dit, il ne saurait être question de réduire en quoi que ce soit l’importance de la mission d’Isaac qui a été un Prophète de Dieu, parmi les justes. Le Coran refuse d'accorder une distinction quelconque à un Prophète au détriment d'un autre, conformément au verset suivant : (C’est Dieu qui parle) : « Dites : Nous croyons en Dieu, à ce qui nous a été révélé, à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob et aux Tribus, à ce qui a été donné à Moïse et à Jésus ; à ce qui a été donné aux Prophètes de la part de leur Seigneur. Nous n'avons de préférence pour aucun d'entre eux, nous sommes soumis à Dieu. » (Coran 2. 136)
Abraham est désigné dans le Coran comme l'Ami de Dieu : Khalil, selon le verset suivant : « Qui donc professe une meilleure religion, que celui qui se soumet à Allah, tout en se conformant à la Loi révélée, en suivant la religion d’Abraham, qui est un vrai croyant ? Allah a pris Abraham pour ami privilégié. » (Coran 4. 125). Abraham est un exemple pour les croyants en raison de la pureté de sa foi. Il pratiquait un monothéisme authentique, il a été le fondateur de la Maison Sacrée de La Mecque (la Kaâba), le plus ancien temple sur terre consacré à Allah, le Seigneur de l’univers, bien avant celui qui a été érigé par Salomon à Jérusalem. Il était un guide vertueux pour les hommes. A ceux qui se réclamaient spirituellement de son héritage en excluant les autres communautés, à l'image des Judéo-chrétiens face aux Musulmans, le
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Coran remet les pendules à l'heure et ce n'est que justice : «Ô vous qui avez reçu les Ecritures (Juifs et Chrétiens), pourquoi vous disputez-vous au sujet d’Abraham, alors que la Torah et l’Évangile n'ont été révélés qu’après lui ? Etes-vous dépourvus de jugement ? Abraham n’était ni Juif ni Chrétien, mais un vrai croyant soumis à Dieu (Musulman). Il n’était pas du nombre des polythéistes. » (Coran 3. 65 à 67). De fait, Abraham n’était ni Juif ni Chrétien, il avait vécu avant la fondation du Judaïsme et du Christianisme et a été le Messager de la religion abrahamique qui est la source d’inspiration du Judéo-christianisme et dont l’Islam revendique l’authenticité ! Aussi toute tentative de récupération par les factions qui se revendiquent de lui, en altérant son enseignement, est vouée à l’échec. D’autant qu’il a été le fondateur du Temple de la Kaâba, à La Mecque, l’oratoire sacré (la Qibla) vers lequel s’orientent les Musulmans du monde entier, pour leurs prières quotidiennes. Et, ce n’est pas peu que d’être le centre de la terre pour les dizaines de milliards de Musulmans qui se sont succédé jusqu’à ce jour.
D’autres contradictions existent entre la Bible et le Coran relativement au récit d’Abraham. Ainsi dans la Bible, ce dernier ne révèle pas à son fils, l’objet de leur déplacement, il le laisse moisir dans un secret teinté d’hypocrisie. Une fois arrivé sur les lieux du sacrifice, il le ligote, le place sur le bûcher et s’apprête à l’égorger avant d’allumer le feu et le brûler en sacrifice consumé. Une démarche effroyable, pour un père qui chérissait son enfant, même si les injonctions divines, devaient être exécutées dans toute leur rigueur, car sous les apparences visibles se cachent les mystères qui ne sont pas accessibles à la raison.
Le Coran professe un humanisme, qui est absent dans la Bible. Abraham n’a été destinataire d’aucune prescription relative au sacrifice de son fils, cette scène lui est seulement apparue en songe. Il en avait fait l’interprétation en concluant que Dieu lui demandait d’immoler Ismaël, pensant ainsi accomplir une oeuvre sacrificielle, qui serait une preuve de sa ferveur et de sa soumission. Il en informa son fils, et celui était consentant, comme cela a été rappelé plus haut. Cependant, au moment de concrétiser son rêve, Dieu dans Son immense mansuétude, suggéra à Abraham d’immoler un bélier compensatoire à la place d’Ismaël. La Bible précise qu’Abraham s’était muni de braises, afin de consumer la dépouille de son fils par le feu, comme si l’immolation n’était pas suffisante à elle seule pour satisfaire les exigences d’un Dieu biblique implacable. Cette version n’est pas corroborée par le Coran, qui ne souscrit pas à l’extrémisme professé par l’Ancien Testament. Ce sujet réapparaîtra plusieurs fois par la suite
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LOT - (LOTH)
Loth est le neveu d'Abraham. Il suivit son oncle jusqu'en Palestine où il s'installa à Sodome et épousa une femme du pays. Il fut un Prophète digne de foi et désavoua les Sodomites qui vivaient dans la turpitude, se livrant à l'homosexualité et pratiquant d'autres actes abominables et contre nature. Il les convia au culte de Dieu Unique mais sans résultat : Voici ce que rapporte le Coran : « Le peuple de Loth accusa à son tour les Prophètes d'imposture. Loth, leur frère, leur dit :- Ne craindrez-vous pas Allah ? Je viens vers vous comme Apôtre digne de foi. Craignez Dieu et obéissez-moi. Je ne vous demande aucun salaire pour prix de ma mission, ma seule rétribution est à la charge de Dieu Souverain de l'univers. Auriez-vous commerce avec des hommes parmi toutes les créatures, délaissant vos femmes que Dieu a créées pour vous ? Vous êtes assurément un peuple pervers. Ils lui répondirent :- Si tu ne cesses pas tes exhortations, nous te chasserons de la ville.- Je fuis l'abomination pour ce que vous faites. Seigneur, préserve-moi ainsi que les miens de leurs actions infâmes. Nous les sauvâmes, lui et les siens, jusqu'au dernier, exceptée une vieille (femme) qui était restée en arrière, puis Nous exterminâmes les autres. » (Coran 26. 160 à 172)
Le nom de la ville de Sodome est cité avec Gomorrhe par la Bible, mais le Coran ne fait pas mention de cette dernière. Les commentateurs musulmans précisent que cette ville se trouve sur la route qui mène de La Mecque vers la Syrie. Le Coran mentionne « qu'elle était située sur un chemin connu de tous. » (Coran 15. 76) Ce qui est parfaitement fondé, puisque la voie reliant La Mecque à la Syrie était une route commerciale, très fréquentée par les caravaniers.
La version biblique correspond avec quelques variantes au récit coranique, mais selon l’Ancien Testament, la femme de Loth (qui est considéré comme un personnage biblique et non comme un Prophète, contrairement au Coran) fut transformée en statue de sel pour avoir regardé en arrière (vers Sodome et Gomorrhe. Genèse 19. 23). Voici la version biblique : « Vers le soir, deux anges arrivèrent à Sodome…Lot les invita chez lui ; il leur prépara un repas et fit cuire des galettes, puis ils mangèrent. Ils n’étaient pas encore couchés lorsque les hommes de Sodome encerclèrent la maison…Ils appelaient Lot et lui dirent :- Où sont les gens qui sont venus chez toi, fais-les sortir. Nous voulons prendre notre plaisir avec eux. Lot sortit sur le seuil de sa maison et leur dit :- Non, mes amis, ne commettez pas ce crime. J’ai deux filles vierges, je vais vous les amener et vous les traiterez comme vous voudrez. Mais
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ne faites rien à ces gens, ce sont mes hôtes… Ils bousculèrent Lot avec violence et s’approchèrent de la porte pour l’enfoncer. Alors, les deux anges empoignèrent Lot, le ramenèrent à l’intérieur et refermèrent la porte. Ils frappèrent d’aveuglement tous les hommes, si bien qu’ils ne purent retrouver la porte. » (Genèse 19. 1 à 11). Puis les anges pressèrent Lot, sa femme et ses deux filles de quitter la ville, car le Seigneur avait décrété sa destruction ainsi que celle de Gomorrhe. Il fit tomber du ciel, une pluie de souffre enflammé et soumit à un total bouleversement les deux cités et leurs habitants, de même que toute la région et sa végétation. La femme de Lot qui regarda en arrière, fut changée en statue de sel.
Cependant, et contre toute attente, la Bible attribue un comportement édifiant et immoral aux deux filles de Loth qui enivrèrent leur père afin de passer la nuit avec lui. De ces relations incestueuses, seraient nés Moab, l'ancêtre des Moabites et Ben Ammi, l'ancêtre des Ammonites (Genèse 19. 31 à 35). Le Coran rejette complètement ce genre de divagations absurdes, qui font d'un Prophète de Dieu, un inceste maudit par les conventions et les pratiques et de ses filles des dépravées et des débauchées. Une triste image, d’une famille distinguée par Dieu, qui prône précisément des vertus absolument opposées à la déchéance dont la Bible affuble Loth et ses filles.
JACOB (YAÂQOUB)
Jacob est un patriarche selon la Bible. Il est le fils d’Isaac et de Rebecca et le frère d’Esaü, à qui il rachète son droit d’aînesse pour un plat de lentilles. La Bible développe abondamment ce récit, qui peine pour s’imposer comme une chronique historique. (Genèse 25. 39). D’après l’Ancien Testament, alors qu’il préparait un plat de lentilles, Jacob reçut la visite de son frère ainé Esaü, qui revenait de la chasse, très fatigué et lui dit : «Je n’en peux plus, laisse-moi vite avaler ce potage roux. » Jacob répondit : « Cède-moi d’abord tes droits de fils aîné. » Esaü déclara : « Je vais mourir de faim. A quoi me serviront mes droits de fils aîné ?... Alors Esaü jura qu’il lui cédait ses droits de fils aîné et Jacob lui donna du pain et du potage aux lentilles. Esaü mangea et but, puis s’en alla. Il n’accorda aucune importance à ses droits de fils aîné. » (Genèse 25. 30 à 34). A l’époque, l’aîné de la famille héritait des droits et des biens laissés par les parents. Ce sont précisément toutes ces attributions dont se dessaisit Esaü en échange d’un plat de lentilles. Une fois la transaction accomplie, ou plutôt le piège refermé, il restait à Jacob de convaincre son père de lui céder ces droits qui étaient promis à
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Esaü, car il n’était pas au courant de ce marché et ne pouvait l’approuver sans contrevenir à toutes les conventions en usage à l’époque.
Sur les conseils de sa mère, qui imagina le stratagème, Jacob devait user d’artifices, pour tromper son père et arriver à réaliser son rêve. Elle apprêta deux chevreaux et en fit un de ces plats appétissants dont raffolait Isaac, puis recouvrit les bras et les parties lisses du cou de Jacob, avec les peaux de chevreaux, car Esaü avait un système pileux particulièrement développé. Puis, ainsi accoutré Jacob prit le plat et du pain et alla trouver son père qui était pratiquement aveugle. « Mon père, lui dit-il, je suis Esaü, ton fils aîné, viens donc t’asseoir pour manger ce que je te rapporte, ensuite tu me donneras ta bénédiction. » « Approche, je veux te toucher pour m’assurer que tu es bien mon fils Esaü, répondit Isaac. » Il le toucha au bras, mais ne s’aperçut pas du stratagème, car Jacob était couvert de poils, comme ceux d’Esaü. Isaac demanda : « Tu es bien mon fils Esaü ? » « Oui, répondit Jacob. » « Sers-moi mon fils, pour que je mange et que je te donne ma bénédiction. » Isaac mangea puis donna sa bénédiction à Jacob, alors qu’elle était destinée à Esaü. Lorsque ce dernier revint de la chasse, il prépara un plat appétissant avec le gibier et le rapporta à son père. « Qui es-tu demanda Isaac ? » « Je suis Esaü, ton fils aîné, répondit-il » « Mais alors qui est celui qui a chassé du gibier, me l’a apporté et m’a fait manger de tout avant ton arrivée ? C’est à lui que j’ai donné ma bénédiction, et elle lui restera acquise. »
Quand Esaü entendit les paroles de son père, son coeur déborda d’amertume et il se mit à pousser de grands cris. Il supplia son père : « Donne-moi aussi une bénédiction, père ! » « Ton frère est venu et m’a trompé. Il a emporté la bénédiction qui te revenait…Je ne peux rien faire pour toi mon fils. » « Il porte bien son nom de Jacob (qui signifie celui qui dupe), répondit Esaü. Puisqu’il m’a dupé deux fois. Il s’est emparé de mes droits de fils aîné et maintenant voilà qu’il s’empare de la bénédiction qui me revenait ! » (Genèse. 27.1 à 40). Dès lors, Esaü promit de tuer Jacob qui l’avait berné aussi perfidement. Cependant, malgré sa détermination, il n’arriva pas à ses fins et Jacob, le fourbe et l’hypocrite, put savourer les fruits de son escroquerie.
Jacob était l’époux de Léa et de Rachel, filles de Laban, mais il est connu surtout pour être le père des douze fils, qui ont donné naissance aux douze tribus d’Israël. Il a été surnommé « Israël », par les siens, après son « combat contre Dieu » et de ce fait il est considéré comme l’ancêtre éponyme des Israélites qu’il fait descendre en Egypte à l’appel 39
de son fils Joseph (Youssef), alors intendant de Putiphar, un personnage égyptien, puis ministre de Pharaon. Il meurt dans ce pays. Jacob n’est pas considéré comme un Prophète par la Bible, mais seulement le dernier des patriarches qui vécurent avant lui, et dont la longévité était légendaire.
Le Coran au contraire, en fait un Prophète de Dieu, éminent. « Lorsque Abraham abandonna son père et ceux qui adoraient des faux dieux, Nous lui donnâmes pour fils Isaac et Jacob et firent d'eux des Prophètes. » (Coran 19. 49). Jacob était le fils d’Isaac et le petit-fils d’Abraham et allait fonder la lignée israélite. II est présenté sous les traits d'un homme possédant la science (Coran 12. 68), et soumis à Dieu (« soumis » est la traduction de mouslim ou musulman). Il recommanda à ses enfants la soumission au Créateur de l’univers, au même titre qu'Abraham l'avait préconisée avant lui. Le Coran rappelle : « Lorsque Dieu dit à Abraham : « Résigne-toi à Ma Volonté. » Il répondit : « Je me soumets au Seigneur de l’univers. » Abraham engagea ses enfants à suivre cette voie et Jacob en fit autant. Il leur dit : « Ô mes enfants, Dieu vous a choisi une religion, ne mourrez pas sans l’avoir embrassée. Lorsque la mort se présenta à lui, il dit à ses enfants : « Qu’allez-vous adorer après moi ? » Ils répondirent : « Nous adorons ton Dieu, le Dieu de tes pères : Abraham, Ismaël et Isaac, le Dieu Unique et nous nous soumettons à Lui. » (Coran 2. 131-133)
Plus tard, Jacob reçut le nom d’Israël après son combat de nuit contre Dieu ! (Genèse 32). En hébreu le terme Israël évoque effectivement l’expression de « lutter contre Dieu ».Voici comment l’Ancien Testament présente cet épisode capital pour les Judéo-chrétiens, mais invraisemblable pour les Musulmans : « Au cours de la nuit, Jacob se leva, prit ses deux femmes, ses deux servantes et ses onze enfants et leur fit traverser le gué du Yabboq avec tout ce qu’il possédait. Il resta seul et quelqu’un lutta avec lui jusqu’à l’aurore. Quand l’adversaire vit qu’il ne pouvait le vaincre dans cette lutte, il le frappa à l’articulation de la hanche qui se déboîta. Il dit alors : « Laisse-moi partir, car voici l’aurore. » « Je ne te laisserai pas partir si tu ne me bénis pas » répliqua Jacob. L’autre demanda : « Comment t’appelles-tu ? » « Jacob », répondit-il. L’autre reprit : « On ne t’appellera plus Jacob mais Israël, car tu as lutté contre Dieu et contre les hommes et tu as été le plus fort ! » « Jacob demanda : « Dis-moi donc quel est ton nom ? » « Pourquoi me demandes-tu mon nom ? » répondit-il. Alors, il bénit Jacob. Celui-ci déclara : « J’ai vu Dieu face à face et je suis encore en vie. » C’est pourquoi il nomma cet endroit Penouel, qui signifie Face de Dieu. Quand le soleil se leva, Jacob avait passé le gué de Penouel. Il 40
boitait à cause de sa hanche. Aujourd’hui encore les Israélites ne mangent pas le muscle de la cuisse à l’articulation de la hanche, parce que Jacob a été blessé (par Dieu) à ce muscle. » Genèse 32. 23 à 33)
Les Musulmans rejettent nombre de ces données qu'ils considèrent comme une offense à la Gloire du Seigneur de l’univers et une altération flagrante du Texte biblique originel. D’après Tabari, spécialiste en islamologie, le nom d’Israël serait issu de la formule « asra ila Allah », dont le sens est : « Il s'est réfugié de nuit vers Dieu », et ce, afin de fuir son frère Saül, qui voulait le tuer. La contraction de la phrase aurait formé le mot de « Asraël » (Israël). D’une façon générale, le Coran réprouve la version biblique qui présente souvent les Prophètes sous des apparences d'hommes perfides, trompeurs, vindicatifs et dévoyés.
Dans le cas présent, qui se passe de tout commentaire, Jacob lui-même, lutte corps à corps contre Dieu, et n’a pu être vaincu par ce dernier après un duel qui dura toute une nuit ! Même si les limites de la bienséance semblent exploser, il n’en s’est rien dans la réalité, puisque les scribes, les prêtres et les docteurs de la Loi qui ont rédigé ou approuvé ce passage, avaient déjà décrit le Dieu biblique, comme un être imité dans tous les domaines. Aussi, le fait de lui résister dans un combat, n’était pas vu comme un exploit extraordinaire. Cela se situait juste à la limite de l’acceptable, même si Jacob au début, puis les Israélites par la suite en retirèrent une fierté déplacée.
Cette narration biblique qui s’apparente plus à un conte fantastique, dépourvu de réalisme avait pour but de démontrer, que sous la conduite de Jacob leur chef, désormais, les Juifs étaient à l’abri de tout ; même d’un éventuel coup fourré concocté par un Dieu biblique qui n’était plus en mesure de s’opposer à lui. Les peuples d’alors étaient subjugués par les récits mythologiques où l’invraisemblance se mêle à l’héroïsme ; les prêtres et les scribes, ont usé de ce stratagème rodé et éprouvé pour acquérir à leurs causes des fidèles, qui faute d’activités culturelles, avaient toujours le loisir de tomber sous le charme de légendes invraisemblables, qui pour être efficaces, devaient sortir de l’ordinaire quotidien et de la grisaille régnante.
JOSEPH - (YOUSSEF)
Joseph est le fils de Jacob (Ya’aqoub) ; A l’image de son père, et contrairement au Coran, il n’est pas considéré comme un Prophète par la Bible, mais seulement comme un personnage biblique. Joseph a fait l'objet d'un récit détaillé dans le Coran qui lui consacre une grande partie 41
de la sourate 12. Il est l'un des douze fils de Jacob et eut une vision qui le prédestinait à être le Prophète de Dieu. En apprenant l'interprétation du songe, son père le mit en garde, contre la jalousie qui ne manquerait pas de s’emparer de ses frères. Effectivement, ceux-ci décidèrent de l'éliminer en raison de la grande affection de Jacob à son égard ; ils rusèrent puis le jetèrent au fond d'un puits. Il fut heureusement sauvé par des caravaniers en route pour l’Egypte qui le vendirent à Putiphar, le grand intendant d’Egypte. La femme de ce dernier essaya de le séduire, mais il résista à la tentation de tromper son maître. Il connut diverses péripéties dans ce pays, avant d'entrer au service du Pharaon en raison de ses dons particuliers à interpréter les rêves (notamment celui des sept vaches grasses et des sept vaches maigres), et se vit confier l'intendance des réserves alimentaires, poste de première importance en raison de rôle l'alimentation dans la vie de tous les jours. Une fois établit dans ses fonctions, Joseph, fit venir son père Jacob et toute sa famille en Egypte ; ce fut l’embryon de la communauté juive dans ce pays, de laquelle allait naître plus tard Moïse, son frère Aaron et les autres Israélites.
Joseph accomplit sa tâche en homme avisé. Il est décrit par le Coran comme un homme juste et vertueux. « Lorsqu’il eut atteint l'âge adulte, Nous le pourvûmes de science et de sagesse, digne récompense des vertueux. » (Coran 12. 22). La Bible reproduit un texte avec beaucoup de similitudes et quelques écarts. Dans l’Ancien Testament, Joseph fait deux rêves au lieu d'un seul, qu’il raconte à ses frères et à son père et ceux-ci lui reprochent de vouloir s'élever au-dessus d'eux, pour prendre le destin de la communauté après la mort de leur père.
Le Coran aborde le problème différemment. Il voit au contraire dans la vision de Joseph la continuité de la Faveur Divine accordée déjà aux ancêtres : Abraham, Isaac, Jacob lui-même et Joseph à la suite. Le Coran commente ainsi cet événement : « Joseph dit à son père : « J’ai vu en songe onze astres, ainsi que le soleil et la lune qui étaient prosternés devant moi. » « Mon cher enfant, lui dit son père, prends garde de raconter ton rêve à tes frères de peur qu’ils ne trament un complot contre toi (par jalousie). Satan est l’ennemi juré de l’homme. Ton Seigneur te choisira. Il t’apprendra l’interprétation des songes. Il parachèvera Sa Grâce en toi, en faveur de la famille de Jacob, comme Il l’a parachevé en faveur de tes ancêtres : Abraham et Isaac. Ton Seigneur est Omniscient et Sage. » (Coran 12. 4 à 6)
Cette version est plus plausible que celle qui consiste à voir en Jacob, un père outré par la Grâce divine accordée à son fils. 42
Néanmoins, comme ce dernier avait été présenté par la Bible sous les traits d’une homme rusé et d’un escroc, il était de bon temps, pour rester dans le même registre, de l’affecter de caractères avilissants qui n’entachaient pas sa réputation. Dans la réalité, Jacob ne pouvait prendre ombrage d'un privilège aussi insigne, honorant sa descendance, jusqu’à tramer avec l’aide de ses autres fils un complot contre son fils cadet. Ce ne sont guère des pratiques dont pourraient se gratifier des hommes qui ont été distingués par le Seigneur de l’univers.
Les autres divergences avec le Coran, portent sur le sort réservé à Joseph. La Bible admet qu'il a été vendu par ses frères. Cependant, elle l'affecte d'un caractère dur et cynique. En Egypte, il aurait accusé ses frères d’avoir espionné les points faibles du pays (Genèse 42). Il aurait aussi affamé les paysans égyptiens (Genèse 47), en les dépouillant de leurs troupeaux et de leurs terres et en les assujettissant totalement au pharaon. Comme pour Jacob et d’autres Prophètes bibliques, ces traits d’infamie sont désavoués par le Coran qui oppose les attributs insignes dont sont dotés les Elus de Dieu et Joseph était l’un deux. Il était doux, juste, patient et indulgent. Il pardonna à ses frères leurs intrigues et leur complot et les honora outre mesure. Il hissa son père Jacob, qu’il chérissait, contrairement aux assertions de la Bible, sur un piédestal pour lui rendre hommage. Un tel comportement sied parfaitement à un homme qui a été promu par Dieu, au rang insigne de Prophète. Sans quoi, les générations postérieures ne se seraient pas réclamées d’une ascendance aussi éminente, si elle ne s’était distinguée par ses qualités et son dévouement à la l’Autorité divine.
MOÏSE (MOUSSA) ET AARON (HAROUN)
Moïse, en français, Moshé en hébreu et Moussa en arabe, est un Juif, d’origine égyptienne, l’un des lointains descendants de Jacob, que Joseph avait introduit dans ce pays. Les sources historiques à son sujet ne sont pas établies, aussi les judéo-chrétiens s’en tiennent à la tradition biblique. Selon cette dernière et notamment le Pentateuque, Moïse serait né dans la tribu des Lévi, qui contrairement aux autres, ne possédait pas de territoire propre, mais c’est parmi ses membres que se recrutaient les prêtres ou lévites. Après sa naissance, Moïse est confié au Nil, pour échapper à la répression des Egyptiens et est recueilli par une fille du Pharaon. Plus tard, ayant tué un Egyptien, il décide de fuir au pays de Madian ; la vision du « Buisson ardent » sur l’Horeb (Sinaï), où Dieu lui serait apparu sous la forme d’un feu, lui révèle sa mission de sauveur des Israélites. Il en prend le commandement pour les faire sortir d’Egypte
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(Exode) et les guide durant quarante ans dans le désert. Il leur impose la Loi (Décalogue) que lui dicte Iahvé (Dieu) sur le mont Sinaï. Il n’atteint pas la Terre promise, et meurt sans y avoir pénétré lui-même.
Dans ses grandes lignes, le Coran souscrit à la première partie du récit, notamment que Moïse fut confié au Nil et qu’il fut élevé par la femme de Pharaon qui ignorait son identité. Devenu adulte, il prit part à une altercation au cours de laquelle il tua un Egyptien. Aussi, craignant pour sa sécurité, il s'enfuit en pays de Madian, en Palestine où il épousa une jeune fille de la région. Le nom du père de la jeune fille n’est pas dévoilé, mais certains commentateurs à l’image de Tabari, pensent qu’il s'agit de Cho’âib, Prophète des Madianites, que la Bible identifie au prêtre de Madian, Jethro (Exode 2. 24) connu également sous le nom de Réouel, Ragüel ou Hobab.
Après avoir accompli sa période d'engagement au service de son beau-père, Moïse quitta avec sa famille et le pays de Madian pour retourner en Egypte. En cours de route, il aperçut un feu du côté du mont Sinaï et voulut ramener quelques tisons ou glaner des informations utiles. Le Coran mentionne cet événement capital de la façon suivante : « Lorsqu’il s'approcha (du feu), il s'entendit appeler du flanc droit de la vallée dans le site béni de Dieu, et du sein de l’arbre :- Ô Moïse, Je suis Allah, le Seigneur de l'univers » ... (Coran 28. 30) Dieu le chargea de prêcher le monothéisme auprès de Pharaon et de son peuple et de délivrer les Israélites réduits en esclavage. Il agréa aussi sa requête d’adjoindre le concours de son frère Aaron (Haroun).
La Bible relate ainsi cet événement extraordinaire : « Moïse s’occupait des moutons et des chèvres de Jéthro, son beau-père, le prêtre de Madian. Un jour après avoir conduit le troupeau au-delà du désert, il arriva à l’Horeb (autre nom du mont Sinaï), la montagne de Dieu. C’est là que l’ange du Seigneur lui apparut dans une flamme au milieu d’un buisson. Moïse aperçut en effet un buisson d’où sortaient des flammes, mais sans que le buisson lui-même brûle. Il décida d’aller faire un tour pour aller voir ce phénomène étonnant et découvrir pourquoi le buisson ne brûlait pas. Lorsque le Seigneur le vit faire ce détour, il l’appela du milieu du buisson : - Moïse, Moïse ! » (Exode. 3. 1 à 3). Alors, Dieu se manifesta à Lui en l’exhortant de faire sortir d’Egypte les Juifs qui étaient opprimés par le Pharaon.
Mais Pharaon s'endurcit dans son aveuglement, ne cédant ni aux exhortations de Moïse ni aux miracles qu'il accomplit pour le convaincre. II resta intraitable, même après les fléaux qui s'abattirent sur son pays,
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allant jusqu'à accentuer une répression déjà féroce. Dieu ordonna alors à Moïse de les ramener les Israélites, en Palestine, la Terre promise. Quand le départ fut donné, Pharaon se lança à leur poursuite, à la tête de son armée. Il était sur le point de les rejoindre, lorsque Moïse frappa avec son bâton la mer qui se trouvait devant eux, ouvrant une brèche par laquelle ils engouffrèrent afin de passer de l’autre côté. Pharaon et ses troupes, s’engagèrent à leur tour, mais les flots se rabattirent avec violence sur eux, anéantissant l'armée égyptienne et leur chef.
Le Coran dit : « Nous avons fait traverser la mer aux fils d’Israël. Pharaon et ses armées les poursuivirent avec acharnement et hostilité, jusqu’au moment où Pharaon, sur le point d’être englouti dit : « Je crois qu’il n’y a d’autre divinité que Celui en qui ont cru les fils d’Israël et je suis du nombre des soumis. » Allah dit : « (Seulement) maintenant ? Alors qu’auparavant tu as désobéi et que tu étais au nombre des corrupteurs. Aujourd’hui, Nous allons sauvegarder ton corps, afin de constituer un Signe pour ceux qui viendront après toi ; Cependant beaucoup de gens ne prêtent aucune attention à Nos avertissements.» (Coran. 10. 90-92)
La préservation du corps de Pharaon à laquelle le Coran fait référence, est une révélation extraordinaire. A l’époque, au début du 7ième siècle de l’ère chrétienne, les gens n’avaient aucune notion de l’existence de cadavres de Pharaons. Or le Coran souligne que son corps a été conservé, pour être une preuve de la véracité du récit coranique, et de l’authenticité fondamentale de ce Livre Sacré. Comment pourrait se manifester cette démonstration ? Nécessairement, par la découverte du corps en question et son exposition publique, ce qui permettrait de corroborer d’une façon magistrale, ainsi qu’il sera démontré plus loin, que le Coran est bien l’OEuvre de Dieu. Effectivement, ainsi qu’il sera démontré ci-dessous, le corps du Pharaon en question, qui s’est montré hostile à Moïse, a bien été retrouvé et conservé pour être une démonstration de la véracité du texte coranique. Comme les incrédules, exigent des preuves irréfutables, le Coran a tenu présenter ces démonstrations, dans toute leur rigueur scientifique.
Selon les sources historiques, Moïse aurait vécu aux alentours du treizième siècle, avant l’ère chrétienne. A l’époque, l’Egypte dominait le monde, par sa culture et son haut degré civilisation. Les Pharaons qui régnaient sur ce pays, exploitaient les Egyptiens de rang inférieur, pour la réalisation de leurs grands travaux, mais ils exerçaient surtout une répression féroce à l’égard des Juifs, qui depuis l’arrivée de Joseph et des 45
siens, ne cessaient de s’accroître en nombre et en puissance, jusqu’à faire de l’ombre aux institutions de ce pays. Aussi, cette communauté ne cessait de subir les injustices et les provocations des Pharaons, au point que Dieu décida de mettre un terme aux souffrances qu’elle endurait, en lui faisant quitter l’Egypte sous l’égide de Moïse et de son frère Aaron. Cette décision provoqua la colère de Pharaon qui se lança avec ses guerriers à la poursuite des fugitifs. Mais, qui est donc ce mystérieux Pharaon, dont le Coran, avait prédit qu’il préserverait le corps afin de constituer un témoignage pour les hommes et une démonstration destinée à confirmer l’origine divine du Livre Sacré, puisque qu’aucun historien n’était présent pour relater le déroulement des faits ?
Un peu d’histoire permettrait de mieux comprendre la situation. La période faste de l’Egypte pharaonique, débuta 33 siècles avant l’ère chrétienne pour se terminer en l’an 323 avant le Christ avec le début de la dynastie des Ptolémée. Pendant pratiquement 3 000 ans, ce ne furent pas moins de 31 dynasties, qui se sont succédé, durant lesquelles 232 Pharaons, se sont relayés, sans interruption. Soit une moyenne de 13 ans de règne par Pharaon. Effectivement certains d’entre eux occupèrent le trône brièvement, alors que Ramsès II, fils de Sethi 1er dirigea l’Egypte durant 67 ans ! Le plus long règne connu. Précisément, Ramsès II fut sacré au 13ème siècle avant l’ère chrétienne ; il était donc le contemporain de Moïse. Ils vécurent en même temps dans un même pays l’Egypte. En raison de ces coïncidences troublantes, nombre de chercheurs ont vu en Ramsès II, le Pharaon qui se lança à la poursuite des Hébreux. D’autant que son corps a été découvert en 1881 par l’égyptologue Gaston Maspero dans la cachette de Deir el Bahri, où il reposait dans le sarcophage de Ramsès 1er. Mais, cette hypothèse doit être écartée, pour les raisons qui sont démontrées ci-dessous.
Ramsès II fut le plus imposant des Pharaons, tant par sa stature physique que par l’immensité de son oeuvre, qui s’étale tout au long de la vallée du Nil, et dont le temple le plus célèbre reste celui d’Abou Simbel. Surnommé le roi des rois, il serait né en 1304 avant le Christ et mourut à moins 1213, à l’âge plus que vénérable, pour l’époque de 91 ans. Son grand âge, fait qu’il doit être automatiquement éliminé de la liste des postulants, car personne ne saurait imaginer un tel vieillard, enfourcher ses chevaux ou monter sur son char pour se lancer à bride abattue, dans une course folle de plusieurs jours, pour rejoindre les Israélites dans leur fuite. Ramsès II, éliminé, une autre piste reste à explorer. C’est celle de son successeur, Meremptah, qui vécut lui aussi à l’époque de Moïse et précisément, au moment de l’exil des Juifs d’Egypte.
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Meremptah, connu aussi sous le nom de Mineptah, était le 13ème fils de Ramsès II et d’Isis Neferet. Son règne fut très court, et ne dura que 9 ans, (- 1213 à - 1204 av. J.-C.). Il accéda au trône faute de prétendants, tous ses aînés avaient disparu avant lui. Après sa mort, qui n’est pas rapportée par les historiens ou les égyptologues, ses successeurs lui élevèrent une stèle sur laquelle sont consignés ses faits d’armes et ses victoires. Et, pour la première fois de l’histoire, figure le nom d’Israël, parmi les nombreuses tribus sémitiques qu’il eut à affronter. De même que sont mentionnées d’autres villes et d’autres régions de Syrie et de Palestine. En raison de ces inscriptions, les premières du genre, dans le règne pourtant si long des Pharaons, nombre d’historiens ont suggéré que Mineptah, pouvait être le Pharaon de l’Exode.
Une hypothèse, mieux étayée que celle de Ramsès II, d’autant qu’il mourut jeune et son âge pouvait le conduire à se lancer à la poursuite des Israélites, sans déroger à la crédibilité du récit, contrairement à celle de son prédécesseur, qui était devenu un fossile vivant. En outre, et si plus de 90 pour cent des corps des Pharaons, n’ont pas été retrouvés, celui de Mineptah a été également découvert en 1898, par Loret à Thèbes, dans la Vallée des Rois en Egypte. Selon le Docteur Bucaille, auteur du livre « La Bible, le Coran et la science », cette momie est conservée au Musée du Caire. Elliot Smith qui lui enleva ses bandelettes le 8 juillet 1907, expose dans son livre « The Royal Mummies », paru en 1912, le protocole de cette opération et de l’examen du corps. L’état de conservation de la momie était satisfaisant, en dépit des dégradations sur plusieurs points.
« En Juin 1975, rapporte Maurice Bucaille, les hautes autorités égyptiennes voulurent bien me permettre d’examiner les parties du corps de Pharaon et d’en prendre des photographies… Au cours de cet examen, des investigations particulières furent entreprises sur mon initiative. Une excellente étude radiographique fut effectuée par les docteurs El Meligy et Ramsiys, tandis que le docteur Mustapha Manialawiy pratiquait par une perte de substance au niveau de la paroi du thorax, l’examen de l’intérieur de la cage thoracique et de l’abdomen, réalisant la première endoscopie réalisée sur une momie. On put ainsi voir et photographier certains détails très importants de l’intérieur du corps. Avec l’examen au microscope de certains petits fragments tombés spontanément du corps de la momie, examen qui sera effectué à Paris par le professeur Mignot et le docteur Durigon, sera complétée une étude générale médico-légale effectuée avec le professeur Ceccaldi…Ce qui peut d’ores et déjà être arrêté de cette étude est le constatation de
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lésions osseuses multiples avec des pertes de substances importantes (dont partie aurait pu être mortelle), sans qu’il soit encore possible d’affirmer si certaines se sont produites avant ou après la mort du Pharaon. Celui-ci dut le plus vraisemblablement mourir ou de noyade, d’après les récits des Ecritures, ou de traumatismes très violents, ayant précédé son engloutissement dans la mer, ou les deux simultanément. »
«…Il est toujours souhaitable que l’homme s’applique à préserver des témoins de son histoire, mais il s’agit ici de quelque chose de plus : c’est la matérialisation dans un corps momifié, de celui qui connut Moïse, résista à ses suppliques, se mit à sa poursuite et y laissa la vie, sa dépouille étant, par la Volonté de Dieu, sauvée de l’anéantissement, pour devenir un signe pour les hommes, comme il est écrit dans le Coran. Quelle illustration magnifique des versets coraniques concernant le corps de Pharaon est offerte en la salle des momies royales du musée du Caire, pour qui recherche dans les découvertes modernes, les preuves de la véracité des Ecritures saintes ! »
Toutes les raisons objectives plaident, pour voir en Mineptah, le Pharaon qui défia Moïse et qui se lança à la poursuite des Israélites, en y laissant la vie. Si la Bible et le Coran se rejoignent, pour évoquer la mort par noyade, par contre seul le Livre Sacré des Musulmans, ajoute cette précision : (C’est Dieu qui parle) : « Aujourd’hui, Nous allons sauvegarder ton corps, afin de constituer un Signe pour ceux qui viendront après toi ; Cependant beaucoup de gens ne prêtent aucune attention à nos avertissements.» (Coran. 10. 92). Le Coran décrit la mort du Pharaon, en prédisant que son corps serait retrouvé plus tard. Ce n’était pas une évidence à l’époque, puisqu’ainsi qu’il a été précisé, la plupart des corps des Pharaons n’ont pas été découverts, perdus peut-être à jamais. Sans compter qu’il a été le seul des 232 autres Pharaons, à être mort noyé et à avoir été repêché pour être exposé dans un musée, à la vue de tout le monde ! Si le Coran n’avait pas été d’origine divine, il n’aurait jamais pris le risque de dévoiler un secret, qui aurait pu s’avérer être un échec patent, ce qui aurait mis en cause sa crédibilité. Comme ce n’est pas le cas, chacun doit tirer les conséquences qui s’imposent.
Dans le désert du Sinaï, les Israélites furent partagés en douze tribus et ne cessèrent d'importuner Moïse par leurs exigences déplacées. C'est sur le mont du Sinaï que Dieu Lui transmit Ses Commandements. Voici la version coranique : « Allah dit : Ô Moïse, Je t’ai préféré à tous les hommes, pour que tu transmettes Mes Messages et Ma Parole. Prends donc ce que Je te donne, et sois du nombre des reconnaissants.
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Nous écrivîmes pour lui sur les tablettes, une exhortation sur tous les sujets et une explication de toute chose : Prends-les avec une ferme résolution et commande à ton peuple d'en observer ce qu’elles ont de meilleur. » (Coran 7. 144-145).
Avant son absence de trente jours, qui se prolongea dix jours de plus, Moïse désigna son frère Aaron pour le remplacer, en lui faisant cette recommandation : « Remplace-moi auprès de mon peuple, agis en bien et ne suis pas le chemin des pervers. » (Coran. 20.142). Durant la rencontre, Dieu lui communiqua les Tables de la Loi et l’informa que son peuple avait été égaré par le Samaritain qui avait fabriqué un veau d'or avec les ornements de ses concitoyens en disant : « Ceci est votre Dieu et le Dieu de Moïse. » (Coran 20. 88). Malgré les remontrances d’Aaron qui leur dit : « Ô mon peuple, ceci n’est pour vous qu’une tentation. Votre Seigneur est le Miséricordieux. Suivez-moi et obéissez à mon ordre. Ils lui répondirent : « Nous ne cesserons pas de nous attacher à adorer cela tant que Moïse ne sera pas revenu parmi nous. » (Coran 20. 90). A son retour précipité, Moïse entra dans une violente colère. Il reprocha à Aaron sa passivité. Celui-ci se justifia en prétextant qu'il avait en vue l'unité du peuple qui a failli le tuer dans son égarement.
L'histoire des Israélites a été mouvementée. Leurs Prophètes furent constamment en butte à leur désobéissance et à leur insubordination. Aaron a été accusé par la Bible d’avoir précipité les Israélites dans l’adoration du veau d’or en leur édifiant la statue, alors que le Coran, au contraire met en relief ses efforts pour s’opposer au reniement du culte divin. En effet, la Bible dit : « Lorsque les Israélites constatèrent que Moïse tardait à revenir de la montagne, ils se réunirent autour d’Aaron et lui dirent : « Fabrique-nous un dieu.. » Aaron leur répondit : « Prenez les boucles d’or qui ornent les oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles et apportez-les moi. » Tous les Israélites ôtèrent leurs boucles d’oreilles en or et les remirent à Aaron, qui les fit fondre, puis versa l'or dans un moule et fabriqua une statue de veau. Les Israélites s'écrièrent alors : « Ceci est notre Dieu qui nous a fait sortir d’Egypte. Aaron construisit un autel devant la statue et proclama : Demain, il y aura une fête en l’honneur du Seigneur. » (Exode 32. 1 à 5).
Une nouvelle fois, les traces des manipulations apparaissent clairement, car il est tout à fait inconcevable de croire qu'un Prophète puisse accomplir le crime le plus monstrueux qui consiste à renier le Seigneur de l’univers et à adorer une idole à la place, tout en entraînant son peuple dans l’impiété. Le Coran est très explicite à ce sujet : (C’est
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Dieu qui parle) : « Nous avons comblé de faveurs Moïse et Aaron. Nous les avons délivrés tous deux et leur peuple d’une grande détresse. Nous les avons secourus et ils furent vainqueurs. Nous leur avons donné le Livre parfaitement clair (la Torah), Nous les avons guidés sur la voie droite et perpétué leur souvenir dans la postérité : Paix sur Moïse et sur Aaron. C'est ainsi que Nous récompensons ceux qui font le bien, ils étaient tous deux du nombre de Nos Serviteurs croyants. » (Coran 17. 114 à 122). Aaron n'était pas un Prophète pervers, dévoyé ou incrédule ; à aucun moment il n’a pu renier son Seigneur, sans quoi il aurait été maudit irrémédiablement. Il n’est pas donné à un Elu de Dieu, de se rebeller contre Son Créateur, il s’agit d’une ignominie inimaginable. Il avait été comblé de faveurs divines au même titre que Moïse et la vérité éclatante du Coran ne saurait être démentie, elle qui proclame : « Paix sur Moïse, Paix sur Aaron ! » Ils furent tous deux fidèles à Dieu.
SAÜL (TALÛT)
Selon la Bible Saül (- 1020 à - 1000), serait chronologiquement, le premier roi des Israélites. Il a été proclamé par le Prophète Samuel et a combattu les Philistins et les Amalécites, sur lesquels il a remporté la victoire. Devenu vieux, il appelle David (Prophète Daoud), pour le distraire de sa neurasthénie avec sa musique. Mais, il devient jaloux de ses succès, le persécute et se donne la mort (ou se laisse mourir).
Le Coran évoque aussi la royauté accordée à Saül (Talût). Lorsque les anciens du peuple israélite après Moïse, demandèrent à leur Prophète un roi afin de combattre dans le chemin de Dieu et que celui-ci leur dit : « Dieu vous a envoyé Talût comme roi, ils furent irrités : « Comment aurait-il de l'autorité sur nous ? Nous avons plus de droit que lui à la royauté et il n’a même pas l’avantage de la richesse. » (Coran 2. 247). Le nom du Prophète dont il est question n'est pas mentionné dans le Coran, mais la Bible l’associe à Samuel. Selon l’Ancien Testament, Saül serait le fils de Quich, un Benjaminite de condition aisée. Il avait belle allure et dépassait tout le monde d’une tête. Son père l’envoya avec d’autres serviteurs pour ramener des ânesses égarées. Arrivé dans la région de Souf, il apprit que Samuel, un Prophète et un voyant y résidait et il décida de le consulter. Celui-ci lui dit : « Maintenant, il faut que tu saches vers qui se porte l’attente du peuple d’Israël. Elle se porte vers toi, vers la famille de ton père. – Comment, répondit Saül, je ne suis qu’un Benjaminite, un membre de la plus petite tribu d’Israël ? Comment peux-tu me dire une telle chose ? » (1. Samuel. 9. 1 à 21). Samuel prit alors le flacon d’huile qu’il avait emporté et le versa sur la tête de Saül.
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Puis il l’embrassa et lui dit : « Le Seigneur Lui-même t’a consacré comme chef du peuple qui lui appartient. » (1. Samuel. 10.1)
La Coran abonde dans le même sens, sans divulguer la pléthore de détails qui caractérise la Bible. Selon le Livre Sacré des Musulmans, les Anciens du peuple d’Israël dirent à leur Prophète, de leur envoyer un roi pour combattre dans le chemin de Dieu. Celui-ci répondit : « S’il est vous est prescrit de combattre, il se pourrait que vous refusiez. Ils répondirent : - Comment refuserions-nous de combattre dans le chemin de Dieu, alors que nous avons été chassés de nos maisons et séparés de nos enfants ? » Mais lorsque le combat leur fut prescrit, ils tournèrent le dos, à l’exception d’un petit nombre.
Leur Prophète leur dit alors : « Dieu vous a envoyé Talut (Saül), comme roi. Ils dirent : - Comment aurait-il de l’autorité sur nous. Nous avons plus de droit que lui à la royauté et il n’a même pas l’avantage de la richesse. » Le Prophète répondit : « Dieu l’a choisi de préférence à vous, Il lui a octroyé une supériorité sur vous grâce à la science et à la stature dont il a été doté. Allah donne Sa Royauté à qui Il veut. Il a la Grâce immense et Il est l’Omniscient. Leur Prophète ajouta : Le signe de son investiture sera que le Coffre (de l’Alliance) va vous revenir porté par les anges, objet de quiétude inspiré par votre Seigneur et contenant les reliques laissés par la famille de Moïse et la famille d’Aaron.» (Coran : 2. 246-247).
Dieu lui donna effectivement les signes de la royauté. Lorsque Talût se mit en route à la tête de son armée pour combattre, le Seigneur les éprouva par la soif. Beaucoup parmi les Israélites succombèrent à la tentation et seule une minorité s'en tînt aux recommandations de Talût, de ne pas s’abreuver. Quand ils rencontrèrent Jallout (Goliath) et son armée, c’est ce petit nombre qui marcha contre l'ennemi. « Ils dirent : - Seigneur, arme-nous de patience, affermis nos pas, donne-nous la victoire sur le peuple incrédule. Ils le mirent en fuite avec la permission de Dieu. Daoud (David) tua Goliath. Dieu Lui accorda la royauté et la sagesse et lui enseigna ce qu’il voulut. » (Coran 2. 249 à 251). (Notamment le Zabour (Les Psaumes). (Coran 4. 163 et 17. 55)
DAVID (DAOUD)
David (- 1 000 à - 972), est considéré par la Bible comme le roi d’Israël et non comme un Prophète. Il apaise le roi Saül par sa musique et abat d’un coup de fronde, le géant Goliath (Jallout). Il épouse Michol, la fille de Saül, puis une fois tombé en disgrâce, il mène une vie errante
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marquée par de nombreux exploits guerriers. A la mort de Saül, il est élu roi de la tribu de Juda, puis accepté par l’ensemble des Israélites. A sa mort, son fils Salomon lui succède. Son règne fut avec celui de Salomon, celui de la grande puissance d’Israël. Musicien et poète, il passe pour être l’initiateur des 73 Psaumes que la Bible lui attribue et est considéré comme une figure messianique.
L’Ancien Testament développe en détail les péripéties de David et le complot tramé contre lui par Saül pour le tuer. Il était connu pour être un grand guerrier, au point que lorsqu’il voulut construire le Temple, Dieu l’arrêta et lui dit : « Ce n’est pas toi qui me construiras un temple, tu as fait couler trop de sang. ». Sa vie a été très mouvementée. Il envoya à la mort un de ses officiers Urie, pour s'attribuer sa femme Bethsabée. Sa fille Thamar est violée par son fils Amnon, qui est tué par son autre fils Absalon, lequel commet l'adultère avec les femmes de son père, avant d'être abattu par Joab, qui est à son tour exécuté par Salomon, etc. Les récits bibliques sont très profus et prenants, mais souvent il n’existe pas de démarcation entre la légende et la réalité.
Pour les Musulmans, le Prophète Daoud (David) est l'un des cinq Messagers mentionnés dans le Coran à avoir communiqué un Enseignement émanant de Dieu, connu sous le nom de Zabour (Les Psaumes), les autres étant : Abraham (qui révéla les Feuillets), Moïse (la Torah), Jésus (l’Evangile) et Mohammed (le Coran). Il est important de signaler que le Coran n’emploie jamais le pluriel, pour désigner l’Evangile. Car seul l’Evangile authentique communiqué par Jésus en langue hébraïque, reste le prototype originel, reconnu par l’Islam. Tous les autres Evangiles, qu’ils soient canoniques ou apocryphes, qu’ils aient été rédigés en grec, en latin ou en d’autres langues, ne sont que des reproductions altérées et déformées de l’Evangile de Jésus. …
Pour les Musulmans, David était simultanément Prophète et roi. Dieu Lui avait accordé la sagesse et la science (Coran 21. 79). Il arbitrait entre les hommes après que Dieu lui eût révélé « l'art de bien juger ». Le Coran dit à ce sujet : « Rappelle-toi David (Daoud), Notre serviteur, doué de force (dans l’adoration) et plein de repentir… Nous avons affermi sa royauté, Nous lui avons donné la faculté de bien juger. L’histoire des plaideurs t’est-elle parvenue ? Ils montèrent jusqu’au sanctuaire (où priait Daoud) et parvinrent à lui ; il en fut effrayé, ils lui dirent : - N’aie pas peur ! Nous sommes tous deux en dispute. L’un de nous a fait du tort à l’autre. Juge entre nous en toute équité, ne sois pas injuste, guide-nous vers le droit chemin. Celui-ci est mon frère, il
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possède quatre-vingt-dix-neuf brebis, tandis que je n’en ai qu’une seule. Il m’a dit : - Confie-la-moi, et dans la conversation il a fait beaucoup de pression sur moi. Il (David) dit :- Il t’a lésé en te demandant de joindre ta brebis à ses brebis. Beaucoup de gens transgressent les droits de leurs associés, sauf qui croient et accomplissent de bonnes oeuvres. Cependant, ils sont bien rares. » David comprit que Nous l’avions mis à l’épreuve. Il demanda pardon à Son Seigneur, se prosterna et se repentit. Nous lui pardonnâmes. Il aura une place proche de Nous et un beau lieu de retour : - Ô David, Nous avons fait de toi, un lieutenant sur terre. Juge donc en toute équité parmi les hommes. Ne suis pas ta passion, elle t’égarerait loin du chemin de Dieu. Car ceux qui s’égarent du chemin d’Allah, auront un dur châtiment pour avoir oublié le Jour des Comptes. » (Coran 38. 17 à 26).
SALOMON (SULEYMAN)
Salomon (Suleyman), - 972 à - 932, est le fils de David et de Bethsabée, selon la Bible. A l’image de son père, il est considéré comme le roi d’Israël, et non comme un Prophète. C’est sous son règne que furent édifiés le Temple, le Palais Royal, les places fortes et que furent constituées la flotte et l’armée. Salomon se dota aussi d’un immense harem composé de milles femmes, parmi lesquelles sept cents épouses de rang princier et trois cents de second rang. (Son père David « possédait » déjà cent femmes). « Beaucoup de ses épouses étaient étrangères, des Moabites, des Ammonites, des Edomites, des Sidoniennes et des Hittites. Salomon épousa aussi la fille de Pharaon, dont le nom n’est pas mentionné. Pourtant le Seigneur avait mis en garde au sujet de ces nations païennes. Mais par amour, Salomon s’attacha à ses femmes étrangères qui toutes l’influencèrent. Si bien qu’une fois devenu vieux, ses épouses l’entraînèrent à adorer d’autres dieux, de sorte qu’il cessa d’aimer le Seigneur, son Dieu. Il adora Astarté, la déesse des Sidoniens et Milkom, l’ignoble dieu des Ammonites. Il aménagea un lieu face à Jérusalem pour Kemoch, l’ignoble dieu des Moabites et un autre pour Milkom, l’ignoble dieu des Ammonites. Le Seigneur Dieu lui apparut à deux reprises, pour lui ordonner de ne pas adorer d’autres dieux que lui, mais Salomon ne l’avait pas obéi et s’était détaché de lui. Alors le Seigneur se mit en colère contre Salomon. » (1. Rois. 11. 1 à 11)
La Bible souligne la sagesse de Salomon et son Jugement qui est resté célèbre. « Deux femmes vinrent se plaindre auprès de lui, chacune prétendant être la mère d’un enfant qu’elles se disputaient. Salomon demanda une épée et ordonna de le couper en deux, pour satisfaire les 53
revendications de chacune. Mais la vraie mère renonce à ses exigences, pour éviter la mort de l’enfant alors que l’autre femme accepte le jugement. Salomon ordonne alors de remettre l’enfant à sa vraie mère, qui avait été épouvantée à l’idée que son fils puisse être tué. » (1. Rois. 3). L’histoire de Salomon ne saurait être complète sans l’évocation de son aventure avec la Reine de Saba, qui fut éblouie par son faste et ses richesses, et qui avant de retourner en son pays, que l’on situe dans le Yémen d’aujourd’hui, lui laisse de somptueux présents. (1. Rois. 10)
D’après la Bible, les richesses fabuleuses de Salomon, seraient dues en partie aux impôts qu’il avait levés et qui grevaient lourdement la population entraînant le schisme des tribus du nord. Ainsi, pour inaugurer le Temple dédié au Seigneur, il aurait offert en sacrifice vingt-deux mille boeufs et cent vingt mille moutons et chèvres. (1. Rois. 8. 62-63). Encore une fois, il y a de quoi rester rêveur face à la version biblique qui attribue à Salomon (comme à Aaron et à d’autres Prophètes), le pire crime qui puisse être commis : l'adoration de faux dieux et le rejet du monothéisme. Ce n'est pas la première accusation lancée par la Bible, contre un Prophète de Dieu ou un roi d’Israël, ce ne sera pas non plus la dernière. Triste image que cette dévalorisation des éminentes qualités des Elus de Dieu, au point de ne plus être en mesure de distinguer les criminels et les bandits de grands chemins, des Prophètes, des rois et des figures messianiques !
Le Coran n’a pas eu à subir les altérations du temps et des hommes, au point d’assimiler les actes des Prophètes aux pratiques du grand banditisme. Ce genre de débordements est inimaginable, car les Elus de Dieu sont censés incarner le modèle de ferveur, de justice et de vérité. Ils se sont toujours appliqués à détruire, à l'instar d'Abraham, et du Prophète Mohammed plus tard, tout ce qui ressemblait de près ou de loin, aux pratiques idolâtres et au paganisme. Salomon succéda à son père David. Comme lui, il fut simultanément Prophète et roi d’Israël : « A David, Nous avons donné Salomon. Quel excellent serviteur, il était plein de repentir. » (Coran 38. 30). Salomon était réputé pour sa sagesse et son sens de l'équité et gouvernait avec justice. On connaît de lui l’épisode de la reine de Saba, dont le Coran donne une version assez différente de celle de la Bible. Cette reine, (que les Arabes appellent Bâlqîs), adorait le soleil. Salomon lui fit reconnaître l'égarement dans lequel elle était plongée. Elle se repentit et dit : « Seigneur, je me suis fait tort à moi-même. Me voici pleinement soumise aux côtés de Salomon, à Dieu, Souverain de l'univers. » (Coran 27. 44). Après sa conversion, Salomon l'épousa.
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Aaron, David, Salomon et autres Prophètes ont été accusés injustement par l’Ancien Testament, de renier le Seigneur de l’univers, de s'être livrés au polythéisme et de s’adonner aux pratiques immorales. Leurs calomniateurs ont eu tendance à oublier qu'ils étaient inspirés par Dieu et qu'en conséquence, ils n'ont pu agir avec la monstruosité qu'on leur prête. Il n’est pas dans les pratiques des Prophètes et des Elus de Dieu, de se livrer à la criminalité, sans quoi vers quels sinistres destins l’humanité n’aurait-elle pas été propulsée ? Ni Aaron, ni David, ni Salomon, ni les autres Prophètes, ne se sont jamais détournés du Seigneur et du Créateur de l’univers. Satan lui-même n’a pas renié son état diabolique, comment les Prophètes de Dieu désavoueraient-ils l’Honneur la Distinction et la Grâce, dont ils furent gratifiés par leur Seigneur ? Seraient-ils plus dévoyés que Lucifer en personne ? Ou bien ne faudrait-il pas voir plutôt, dans ces accusations mensongères, les graves altérations dont ont été victimes tant les Textes de l’Ancien Testament que ceux du Nouveau Testament, jusqu’à reproduire des schémas indignes de la nature humaine et de la distinction prophétique.
Le Coran dit : « Nous t’avons inspiré (ô Prophète Mohammed !), de même que Nous avons inspiré Noé et les Prophètes venus après lui. Nous avons inspiré Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob, les Tribus, Jésus, Job, Jonas, Aaron, Salomon et Nous avons donné les Psaumes (Ez-Zabour) à David. Nous avons inspiré les Prophètes dont Nous t’avons déjà raconté l’histoire et les Prophètes dont Nous ne t’avons pas raconté l’histoire. Dieu a réellement parlé à Moïse. Nous avons dirigé les Prophètes ; ils annoncent la bonne nouvelle et avertissent les hommes, afin qu’après leur venue, ils n’aient aucun argument à opposer à Dieu. Dieu est Tout-Puissant et Juste. Dieu témoigne qu’Il a révélé avec Sa Science, tout ce qu’Il t’a révélé. Les Anges en témoignent. Et Allah suffit comme témoin. » (Coran. 4. 163 à 166) Ceci est plus conforme à la raison et à ce que la nature humaine est en droit d’attendre de ses plus prestigieux représentants de l’humanité, qui ont été touchés par la Grâce divine et qui ont assumé leur mission avec abnégation et en toute soumission.
ELIE (ELYAS)
Elie (- 873 à - 853) est un Prophète biblique. Son nom en hébreu est « Eliyahû » signifiant « Yahweh est mon Dieu » ; il est proche de l’expression arabe « Houa Allah » qui veut dire « C’est Lui Dieu », car aussi bien l’hébreu que l’arabe sont des langues sémitiques. Il prophétise au temps du roi d’Israël, Achab au 9ième siècle, contre le culte des divinités Baals et accomplit de nombreux miracles. Elie possédait des
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pouvoirs face auxquels le commun des mortels restait médusé. Selon la Bible, Il arrêta la pluie durant trois ans sur le pays d’Israël et dit au roi Achab : « Ces prochaines années, il n’y aura ni rosée, ni pluie, sauf si je le demande. » Le roi était saisi de frayeur. « Qui est donc cet homme qui fait pleuvoir sur commande et selon sa volonté ? » (1. Rois. 17)
Le Seigneur enjoignit alors à Elie d’aller se cacher près du torrent de Kerrit, à l’est du fleuve Jourdain. Là, des corbeaux lui apportaient du pain et de la viande matin et soir, il buvait l’eau du torrent et était satisfait de son sort. Une fois le torrent asséché, le Seigneur lui ordonna d’aller dans la ville de Sarepta et de se restaurer chez une veuve de condition modeste qui avait un fils. Celui-ci tomba malade et mourut. Elie s’étendit sur lui par trois fois et adressa et dit : « Seigneur, mon Dieu, je t’en supplie, rends la vie à cet enfant !» Le voeu fut exaucé, l’enfant ressuscita ! C’était le prélude à la résurrection des morts, une sorte de répétition générale, avant celle de Jésus qui allait intervenir plus tard et servir d’apothéose. En ces temps-là, la pratique était à la portée de beaucoup de gens inspirés. La femme regarda Elie et lui déclara : « Je conviens que tu es un Prophète de Dieu !» Un certificat de reconnaissance en bonne et due forme.
Durant la troisième année de sécheresse, le Seigneur dit à Elie : « Va auprès du roi Achab et annonce-lui que Je vais faire tomber la pluie ! » Informé de cela, le roi vint de lui-même à la rencontre d’Elie et lui dit : - Te voilà, toi qui amènes le malheur sur le peuple d’Israël ! » Mais ce dernier réagit vivement et accuse le roi et sa famille d’adorer les dieux Baals, provoquant la colère de Dieu. Il lui enjoint de réunir tous les Israélites sur le mont Carmel, ainsi que les quatre cent cinquante prophètes du dieu Baal et les quatre cents prophètes de la déesse Achéra, protégés de la reine Jézabel. Et là, Elie soutenu par son Dieu, se mesurerait aux prophètes soutenus par leur dieu Baal et on verrait qui serait le plus fort. Achab accepta le défi, avec le secret espoir que le dieu Baal remporterait l’épreuve, ce qui le grandirait aux yeux de ses fidèles.
Le peuple fut convoqué et Elie provoqua les prophètes du dieu Baal, tout en s’adressant aux Juifs : « Moi, je suis seul comme Prophète de Dieu, alors que de l’autre côté se trouvent les prophètes de Baal, qui sont au nombre de quatre cent cinquante. Qu’on nous amène deux taureaux, les prophètes de Baal en choisiront un qu’ils couperont en morceaux et qu’ils placeront sur du bois pour l’offrir en sacrifice, mais sans allumer de feu. Moi, je ferai de même avec mon taureau, puis 56
chaque groupe invoquera son Dieu et nous verrons lequel des deux sera en mesure d’allumer le feu ! »
Le public répondit : - « Nous sommes d’accord ! » Il y avait du spectacle dans l’air ! Elie s’adressa aux prophètes de Baal : « Choisissez le taureau qui vous convient, car vous êtes les plus nombreux et invoquez votre dieu, mais sans allumer du feu ! » Ils firent ce qui leur a été dit ; ils sacrifièrent le taureau, déposèrent les morceaux, puis supplièrent Baal, de venir leur allumer le feu nécessaire au sacrifice : « Baal ! Baal ! Réponds-nous ! Le sacrifice est prêt, viens allumer le feu pour nous, et démontrer que tu es plus puissant que le Dieu d’Elie ! » Ils dansaient autour de l’autel et imploraient, mais n’eurent aucune réponse et pas plus d’intervention miraculeuse. Aux environs de midi, Elie vint se moquer d’eux : « Criez plus fort, votre dieu est très occupé, ou alors il est en voyage, ou en train de dormir ! » Peut-être qu’il était affecté d’une soudaine surdité ? Ils élevèrent la voix ; ils appelèrent avec plus de détermination, se blessèrent volontairement pour attirer son attention. Sans résultat. Ils n’eurent ni un mot, ni un signe. Du mépris dans toute l’acceptation du terme.
Voyant la déception qui se lisait sur le visage des adeptes de Baal, Elie invita son peuple, à s’approcher de lui, en faisant de grands gestes. Il confectionna l’autel du sacrifice à l’aide de douze pierres correspondant aux douze tribus des descendants de Jacob. Puis, il creusa un fossé tout autour, arrangea convenablement les bûches, découpa le taureau et plaça les morceaux sur le bois. Enfin, dans une sorte de suprême défi, et afin d’humilier ses adversaires, il ordonna : - « Remplissez quatre cruches d’eau et versez-les sur le sacrifice et le bois ! » Pourquoi ce geste ? Pour prouver à l’assistance que le Dieu d’Elie était en mesure d’allumer du feu, même sur du bois mouillé, car il fallait démontrer à la foule qu’il était plus fort que Baal.
Les exécutants firent ce qui leur avait été prescrit. Elie reprit : « Arrosez le tout une deuxième fois ! » Ils jetèrent encore de l’eau, sur l’autel, le bois, les morceaux de viande et la table de sacrifice ; le liquide dégoulinait de partout ! Mais ce n’était pas terminé. Elie lança encore : « Aspergez à nouveau le tout une troisième fois ! » Et l’eau coula à flot tout autour de l’autel, remplissant le fossé et inondant les alentours. C’en était trop ! Une provocation intolérable à l’adresse du dieu Baal et de ses quatre-cent-cinquante prophètes, qui étaient dubitatifs, mais assurés qu’il ne s’agissait que d’une forfanterie et que le Dieu d’Elie ne réussirait jamais l’exploit d’allumer du feu sur du bois 57
mouillé et un foyer inondé. Pourtant, Elie s’approcha de l’autel et dit : « Seigneur, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, montre aujourd’hui que tu es le Dieu d’Israël, que je suis ton serviteur, et que j’ai agi sur ton ordre ! » Suprême vexation à l’adresse des prophètes de Baal, il ajouta, comme si Dieu ne s’était aperçu de rien : « J’ai mouillé trois fois le bois, le mieux que j’ai pu, fais-le flamber pour moi, pour démontrer ta supériorité ! »
Le Dieu biblique était à l’écoute, à la différence de Baal qui dormait pendant qu’on le suppliait ; il fit descendre aussitôt un feu tellement ardent, qu’il brûla tout : la table de sacrifice, les bûches de bois mouillées, les pierres dressées, la poussière et fit évaporer l’eau du fossé. Seuls Elie et les spectateurs en réchappèrent de justesse, par miracle. Lorsque les Israélites virent cela, ils s’écrièrent : « C’est le Seigneur qui est le vrai Dieu ! Il est le plus fort ! » A croire qu’ils avaient douté jusque là. Pendant ce temps le dieu Baal, ayant certainement pris une trop forte dose de somnifère, continuait à dormir, n’ayant cure de ses sbires qui se faisaient occire, pour n’avoir pu faire cuire leur sacrifice !
Lorsqu’il rendit l’âme quelque temps plus tard, son disciple Elisée déchira ses vêtements, ramassa le précieux manteau qu’Elie avait laissé tomber de ses épaules et qui lui permettait d’accomplir des miracles et d’ouvrir les eaux et s’en alla sur les rives du Jourdain. Les prophètes de Jéricho étaient là ; s’apercevant qu’ils l’observaient attentivement, il prit le manteau d’Elie et frappa l’eau du fleuve, comme l’avait fait son prédécesseur et, miracle, les eaux s’écartèrent de part et d’autre comme ils l’avaient fait une première fois avec Elie. Pas de doute il était bien un vrai Prophète, comme Moïse et Elie. Le prodige venait de le confirmer dans sa distinction. Il s’engagea à pied sec entre les deux murailles d’eau et avança précautionneusement. C’était la première fois, il fallait être sur ses gardes ! Les membres du groupe de prophètes le regardaient à distance, de l’autre côté du fleuve, sidérés, avec beaucoup d’appréhension et une joie contenue. Ils attendirent qu’il eut rejoint l’autre bord, car ils craignaient quelque mésaventure, au milieu du gué, puis, soulagés ils dirent : « L’esprit du Prophète qui animait Elie, anime maintenant Elisée. » Ils vinrent à sa rencontre et s’inclinèrent devant lui en signe de reconnaissance et de soumission. (1. Rois. 18 à 20)
Le Coran reste traditionnellement moins expressif que la Bible. Les révélations concernant Elie, font partie des généralités : « Elyas était du nombre des justes. » (Coran 6.85). Il fut un Prophète authentique : « Ne craignez donc vous pas le Seigneur ? dit-il à son peuple : Adorez-vous
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Baal, délaissant le Vrai Créateur ? Allah votre Seigneur et le Seigneur de vos ancêtres ? Ils le traitèrent de menteur. Ils seront réprouvés à l'exception des serviteurs sincères de Dieu. Nous avons perpétué son souvenir dans la postérité. Paix sur Elyas. C’est ainsi que Nous récompensons ceux qui font le bien ; il était au nombre de nos serviteurs croyants. » (Coran 37. 123 à 132).
Le Coran ne souffle mot des miracles accomplis par Elyas, qui dans l’Ancien Testament, constituent généralement la preuve que les acteurs étaient inspirés par le Seigneur. Il ne le dote pas non plus, de la faculté de réapparaître à un moment quelconque de l’histoire de l'humanité, comme le laisse croire la Bible. En effet, selon l’Evangile de Matthieu, quand Jésus se rendit dans la région proche de Césarée de Philippe, il demanda à ses disciples : « Que disent les gens au sujet du Fils de l’Homme ? » Ils répondirent : « Certains disent que tu es Jean-Baptiste (Yahia), d’autres que tu es Elie (Elyas) et d’autres encore que tu es Jérémie ou un autre Prophète. » (Matthieu 16. 13 à 15).
ELISEE (ALYASSA)
Elisée (Alyassa) est lui aussi un Prophète biblique. Il a été le disciple d’Elie, qui avec son manteau lui avait transmis les pouvoirs surnaturels. Avant de mourir Elie demanda à Elisée : « Demande-moi ce que tu désires que je fasse pour toi, avant que le Seigneur m’enlève d’auprès de toi. » Elisée ambitionnait de recevoir en héritage une double part de l’esprit prophétique de son mentor. « Tu demandes là, une chose difficile, répondit ce dernier, cependant si tu me vois lorsque le Seigneur m’enlèvera d’auprès de toi, c’est que ta demande a été exaucée. » Pendant qu’ils marchaient et s’entretenaient, un char étincelant, tiré par des chevaux éclatants de lumière, les sépara ; et aussitôt Elie fut enlevé au ciel dans un tourbillon de vent. Dès lors, Elysée se mit à produire nombre de prodiges : Il purifia l’eau de la source de Jéricho, en y jetant du sel, emplit d’huile miraculeusement des récipients vides, ressuscita les morts, multiplia la nourriture, guérit les lépreux... Lorsque des gamins se moquèrent de lui entre Bethel et Jéricho, il les maudit au Nom du Seigneur. Aussitôt deux ourses sortirent de la forêt et mirent en pièces quarante-deux d’entre eux. (2. Rois. 2. 23-24).
Le Coran ne rapporte pas ces péripéties et ne signale aucun prodige. Le nom d’Alyassa est mentionné à deux reprises, encore qu'il n'y ait aucun verset qui lui soit consacré en propre. Il fait partie d'un lot de Prophètes cités pour leurs qualités. Le premier verset évoque ainsi Alyassa : « Nous lui avons donné (à Abraham) parmi ses descendants
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...Ismaël, Alyassa, Jonas et Loth qui, tous bénéficièrent de Nos faveurs et furent élevés au rang d’élus. » (Coran 6. 86). Et aussi (Allah s’adresse au Prophète) : « Parle aussi d’Ismaël, d’Alyassa et de Dal Kifl, chacun d’eux se trouve parmi les meilleurs. » (Coran 38. 48). Alyassa était un Prophète de Dieu authentique, cela ne fait aucun doute, puisque l’Ancien Testament et le Coran attestent de cette vérité. Une double preuve destinée à conforter les fidèles dans leur foi.
JOB (AYOUB)
La Bible consacre tout un livre à Job. Il est présenté comme un personnage de la tradition sémitique et non comme un Prophète, ainsi que le considère l’Islam. II était comblé et menait une vie irréprochable. Cependant, une suite de malheurs s’abat sur lui, alors il commence à douter de la Miséricorde Divine et se plaint de Dieu, d’une façon irrévérencieuse et sacrilège. La Bible rapporte le récit suivant : « Il y avait une fois au pays d’Ous, un homme du nom de Job qui était irréprochable, fidèle à Dieu et se tenait à l’écart du mal. Il était le père de dix enfants et possédait sept mille moutons, trois mille chameaux, cinq cents paires de boeuf et cinq cents ânesses, ainsi que de nombreux domestiques. Chaque jour, il consacrait un sacrifice complet à chacun de ses enfants, pour les purifier….Or un jour les anges du Seigneur vinrent faire leur rapport et Satan, l’accusateur se présenta parmi eux. Le Seigneur lui demanda : « D’où viens-tu ? » « Je viens de faire un petit tour sur terre. » « Tu as sûrement vu mon serviteur Job, répondit le Seigneur. C’est un homme irréprochable, il se tient à l’écart du mal. » « Job t’est fidèle répliqua l’accusateur, car tu l’as favorisé sur terre ; ses troupeaux sont répandus sur tout le pays. Ose toucher ce qu’il possède et je parie qu’il te maudira ouvertement. » (Job. 1. 1 à 11)
Ainsi, peu à peu, Satan l’accusateur, sur les ordres du Seigneur (!!!) commence à éprouver Job par des calamités. Ses troupeaux furent volés ou détruits, ses enfants périrent dans l’éboulement de la maison, mais il ne désavoua pas son Seigneur. Alors l’accusateur frappa Job d’une maladie de peau depuis la plante des pieds jusqu’au sommet du crâne. Job s’assit au milieu d’un tas de cendres et ramassa un débris de poterie pour se gratter. Sa femme lui dit : « - Tu persistes à rester irréprochable, mais tu ferais bien de maudire Dieu et d’en mourir. » Cependant, Job ne prononça aucun mot qui puisse offenser Dieu. Sur ce fait, trois amis, au courant de ses malheurs, arrivèrent pour le réconforter. Après sept jours de silence, Job se décida à parler et à maudire le jour de sa naissance et s’en prend à Dieu. (Job. 1 à 3).
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« Quand je me mets au lit, tu viens me terroriser par des cauchemars ; ce que tu me fais voir me jette dans l’angoisse…Quand donc cesseras-tu de t’occuper de moi ? Quand me laisseras-tu avaler ma salive ?...Il (Dieu) m’écrase pour un motif insignifiant ; Il m’inflige pour rien, blessure après blessure. » (Job. 7)…Quand un pays tombe au pouvoir d’un criminel, Dieu oblige les juges à fermer les yeux. » (Job. 9) « J’aurais beau me laver en usant du savon, il me replongerait aussitôt dans la boue, au point de faire horreur à mes propres habits…Dieu ne m’a fait naître que pour me détruire. Dieu est un tyran implacable». (Job. 12). C'est une longue suite de complaintes et d'accusations impensables, incroyables émanant d’un homme censé incarner un personnage important de la tradition sémitiques qui se succèdent, sous forme d’un poème. Les amis de Job réfutent ce portrait. Dieu n’enverrait la souffrance à l’homme que pour l’avertir ; de toute façon personne ne pourrait lui demander des comptes. Dieu intervient à son tour et récuse les reproches qui lui sont faits. Job admet alors qu’il a parlé de Dieu, sans le connaître vraiment.
A l’opposé du Coran qui le montre résigné, patient et soumis, la Bible dépeint Job, avec un caractère irascible et coléreux, mais sachant parfois s'humilier devant la Gloire du Seigneur de l’univers. Il est récompensé à la fin de son calvaire par la Grâce divine qui le comble de ses Bénédictions et le gratifie d’abondantes richesses. (Job. 42. 12). Job est mentionné à quatre reprises dans le Coran. C'est l'exemple d'un Prophète qui a été touché par la maladie, la souffrance mais qui est resté patient et résigné à la Volonté divine :
« Souviens-toi d’Ayoub quand il cria vers son Seigneur :- Seigneur, voici le mal qui m'atteint et je souffre. Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux.- Nous le délivrâmes des maux qui l'accablaient et lui rendîmes sa famille accrue du double par l'effet de Notre Grâce et pour servir d'exemple à ceux qui Nous adorent. » (Coran 21. 83-84). Et aussi : « Mentionne notre serviteur Ayoub. Il cria vers son Seigneur : le diable m’a infligé détresse et souffrance…Nous lui rendîmes sa famille, deux fois plus nombreuse, comme une Miséricorde de Notre part et comme un Rappel pour les gens doués d’intelligence…Nous l’avons trouvé endurant. Quel excellent serviteur qu’Ayoub. Il aimait sans cesse revenir vers Dieu ! » (Coran 38. 41-44).
Il est inconcevable qu’un Elu de Dieu, puisse se révolter contre son Seigneur, il s’agit d’une infamie inadmissible. De la même façon, qu’il est impensable que Satan l’accusateur puisse s’entremettre entre Dieu et 61
Job, pour tenter ce dernier ou qui que ce soit, puisqu’il avait été déjà maudit et banni. Des aberrations monumentales qui démontrent l’altération du texte biblique. Selon le Coran, Ayoub a été endurant et patient dans la maladie et l’épreuve ; ce sont ces excellentes qualités qui sont exigées d’un Prophète. Dieu ne saurait choisir Ses Elus, parmi les gens acrimonieux et rebelles qui L’accusent dès qu’un revers les touche.
L’exemple du Prophète Mohammed, que le Salut et la Bénédiction d’Allah, soient sur lui est édifiant. Il a été confronté à 23 années de difficultés, de problèmes, de dangers et de souffrances physiques et morales, qui n’ont jamais été en mesure d’altérer sa foi et sa ferveur. Bien au contraire, à chaque épreuve, il puisait en lui les ressources, et sa foi ne cessait d’augmenter. Pour mériter l’honneur et la distinction d’être élevé à la prophétie, Ayoub devait faire preuve des mêmes qualités. C’est la moindre des exigences.
JONAS (YOUNAS)
Jonas est considéré comme un Prophète par la Bible (II Rois.14). Son histoire est consignée en totalité dans le Livre de Jonas. Le récit biblique présente beaucoup de similitudes avec le Coran. Jonas désirait se réfugier à Tarsis pour éviter d’aller prêcher à Ninive, selon le Décret du Seigneur. Le bateau sur lequel il s’embarqua fut pris dans la tempête et les marins convinrent de le jeter par dessus bord, pour réduire sa charge. Après avoir été avalé par un poisson, il fut rejeté et échoua sur une côte. Là, il reçut pour la deuxième fois l'ordre d'aller faire entendre le Message divin aux habitants de Ninive. Cependant, lorsqu'il constata que Dieu renonçait à punir les Ninivites qui étaient pourtant repentants, il prit fort mal la chose et se mit en colère contre Lui. Il lui reprocha Sa bonté, Sa bienveillance et Sa compassion ! (Jonas 1 à 4).
Le récit coranique est succinct et d’une ligne plus orthodoxe : chargé de porter le Message divin aux habitants de Ninive, le Prophète Younas s'enfuit à bord d'une embarcation, mais le mauvais temps obligea les passagers à alléger le bateau et le sort le choisit pour être précipité par dessus bord. « Il s’enfuit dans un vaisseau surchargé. On tira au sort et il fut désigné à être jeté à la mer. » (Coran 37. 141) Malgré sa situation, Younas ne cessa de célébrer les Louanges de Dieu et fut rejeté sur la terre ferme. « Nous l’envoyâmes ensuite vers une communauté de cent mille âmes ou davantage. Ils crurent en Dieu ; Nous leur fîmes jouir de la vie paisible pendant un certain temps encore. » (Coran 37. 139 à 148). Jonas est considéré comme un Prophète aussi bien par le Judéo-christianisme, que par l’Islam. 62
Le nom de la ville en question n’est pas précisé dans le Coran, cependant les commentateurs s'accordent à dire qu'il s’agit bien de Ninive, citée par la Bible, ancienne ville d'Assyrie sur le Tigre, située près de l’actuelle Mossoul, au nord de l’Irak. Les ruines de Ninive existent encore à Quyundjik et Nabi Yunus (traduction littérale : Prophète Younas). C’était une grande ville (cent mille habitants ou plus), capitale de l’empire assyrien sous Shamshi Adad 1er, dont la splendeur était réputée. Le Coran précise : « Ils se convertirent et Nous leur fîmes jouir d'une vie paisible pour un certain temps encore. »
Effectivement, ils adoptèrent l’enseignement professé par Younas et vécurent dans la quiétude. La référence à la période de temps limitée qui leur a été accordée a été confirmée par les faits, puisque la mission de Jonas se serait déroulée au 8ième siècle avant l'ère chrétienne, avec le succès que lui reconnaît le Livre Sacré des Musulmans, mais un siècle plus tard, la ville fut complètement détruite et rasée par les Mèdes, alliés aux Babyloniens (612 avant l'ère chrétienne). La thèse coranique a donc été confortée par les recherches historiques effectuées treize siècles plus tard et qui concluent à la destruction de cette ville par ses ennemis, confirmant de fait que « la vie paisible accordée à ses citoyens » ne le fut que pour un temps limité.
L’histoire tient le dernier roi de Ninive, Assurbanipal, pour un tyran efféminé, plus préoccupé par les plaisirs de la vie mondaine que par les affaires du pays et de son peuple. Il aurait combattu son frère Shamash Shumukin, roi de Babylone, qu'il accula au suicide. La légende reste cependant entourée de mystère confondant parfois les deux frères. Une certitude toutefois est acquise : la dissolution des moeurs fut suivie par la dévastation de Ninive un peu plus d'un siècle après la mission de Younas, conformément aux révélations coraniques.
Contrairement à la Bible, le Coran se félicite de la foi sincère des Ninivites qui se mirent à adorer le Seigneur dès qu'ils eurent communication du Message divin. Avant cela, ils rendaient un culte dévoyé aux ignobles idoles, dont les noms étaient Assur, dieu national, Marduk, dieu agraire babylonien dont l'influence se faisait sentir à Ninive et Dagan, dieu de la fertilité, hérité des Sémites, à travers les Philistins. Le Coran, précise à ce sujet : « Que ne s’est-il trouvé une cité qui ait cru et à qui sa foi ait servi, à l’image du peuple de Younas. Quand ils crurent, Nous écartâmes d'eux un châtiment douloureux qui les menaçait et les laissâmes jouir de la vie pour un certain temps. » (Coran 10. 98). Il en fut ainsi effectivement, conformément aux prédictions coraniques.
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HENOK (IDRISS)
En évoquant le Prophète Idriss à la suite de Jonas, l’ordre chronologique observé jusqu’à présent, se trouve quelque peu perturbé par cette intrusion. Selon la tradition en effet, Idriss serait pratiquement l’ancêtre des Prophètes bibliques qui ont été répertoriés, mais il demeure l'un des personnages antédiluvien le moins connu. En conséquence, il est fait état de son existence et de la position de la Bible et du Coran à son égard, sans que le mystère qui entoure sa situation historique véritable et son apostolat, soit percé.
Nombre de commentateurs musulmans assimilent Idriss à Henok, patriarche biblique. Le Coran le cite en compagnie d'autres Prophètes dont il fait l’éloge : « Mentionne Idriss ; ce fut un juste et un Prophète. Nous L’avons élevé à un rang sublime. » (Coran 19. 56-57). Et aussi : « ...Ismaël, ldriss et Dal Kifl étaient des modèles de patience. Nous les reçûmes dans le sein de Notre Miséricorde. Tous étaient constants. » (Coran 21. 85-86). Le Coran lui attribue la qualité de Prophète de Dieu, en fait un juste, un modèle de patience qui a été élevé à un rang sublime et qui a été admis au sein de la Miséricorde divine.
La Bible le présente comme un patriarche et non comme un Prophète, sans plus de précisions. Il reste un des personnages les plus mystérieux de l'Ancien Testament. Dans la Genèse biblique, il existe deux personnages du nom d’Henok. Le premier serait le fils de Caïn, petit-fils d’Adam et père d’Irad. Caïn construisit même une ville selon la Bible, qu’il appela Henok du nom de son fils (alors qu'il était seul avec sa femme, dans un monde encore inhabité !) (Genèse 4. 17-18).
Le deuxième Henok de la Bible serait le fils de Yered et le père du patriarche Mathusalem, qui n’est pas cité par le Coran. « Lorsqu’il fut âgé de 65 ans Henok eut un fils, Mathusalem. Après cela, il vécut 300 ans en communion avec Dieu et eu d’autres fils et filles. Sa vie dura 365 ans. Il vécut en communion avec Dieu avant d’être rappelé par Lui. » (Genèse 5. 18 à 24). Ce sont les seules précisions qui le concernent. Toutefois, ce nom a été rendu célèbre par le « Livre d’Henok », écrit entre le premier et le deuxième siècle avant l'ère chrétienne, dont l’auteur est inconnu. Ce livre a été déclaré comme apocryphe par les docteurs de la foi et les prêtres et en conséquence, non reconnu officiellement pas les institutions religieuses et retiré de la circulation. D’autres récits, tant musulmans que chrétiens existent, mais rien ne permet d’affirmer l’authenticité de leur contenu.
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DAL KIFL (EZEKIEL ?)
Ce Prophète est cité par le Coran à deux reprises en compagnie d'autres élus. « Ismaël, Idriss et Dal Kifl étaient endurants. Nous les fîmes entrer en Notre Miséricorde ; ils sont au nombre des justes. » (Coran 21. 85-86) et aussi : Mentionne Ismaël, Alyassa et Dal Kifl ; chacun d’eux était parmi les meilleurs. » (Coran.38. 48). Les commentateurs n'arrivent pas à identifier formellement le Prophète Dal Kifl. Il a été assimilé successivement à Zacharie, Elie, Josué, Ezékiel par les commentateurs musulmans, et même à Bouddha par Hamidullah, l’érudit savant de l’Islam. La version qui le confond avec Ezékiel semble la plus plausible. Selon la Bible, Ezékiel (- 592 à -570), est le troisième des quatre grands prêtres du temple de Jérusalem. Il fait partie des Israélites déportés à Babylone en 597 avant l’ère chrétienne, suite à la première prise de Jérusalem par Nabuchodonosor. Après quatre années d’exil, Dieu l’appelle à devenir son Prophète.
De sa terre d’exil, il adresse des paroles d’avertissement à la fois aux Juifs déportés en Babylonie, qu’à ceux qui sont restés à Jérusalem. Après la chute de cette ville et la destruction du temple, il y ajoute des paroles d’espérance. Selon l’Ancien Testament, Ezékiel est inspiré par de nombreuses visions fantastiques et apocalyptiques. S’il accorde une grande importance au Temple de Jérusalem, il affirme pourtant : « Que la présence de Dieu, n’est pas liée au sanctuaire et qu’elle peut s’exercer même en Babylonie. » ( !) (Ezékiel 11. 16). Il rompt avec la tradition israélite attachée à l’idée de la responsabilité collective, en déclarant que chaque individu est responsable de ses propres actes, ce que confirmera la Coran Sacré, lors de sa révélation.
DHOUL QARNAÏN (ALEXANDRE LE GRAND)
Le cas de Doul Qarnaïn est plus simple en apparence. Nombre d’historiens musulmans ont vu en lui, le roi Alexandre le Grand qui vécut entre 356 et 323 avant l'ère chrétienne. Roi de Macédoine et fondateur de la ville d’Alexandrie en Egypte, mais aussi de dizaines d’autres villes en Europe et en Asie, qui portent le même nom, Alexandre le Grand, avait conquis un immense empire s'étendant de Grèce, jusqu’à la frontière occidentale de l'Inde. Le Coran rapporte un récit de lui, où il parcourra la terre et accomplit diverses actions pour combattre l’injustice, tout en édifiant des ouvrages de défense : « Nous avons affermi sa puissance sur terre et L’avons comblé de toutes sortes de biens. » (Coran 18. 84). Lorsqu’il atteint le couchant, il rencontra près d’une source, un peuple que Dieu soumit à sa volonté. Puis, quand il se dirigea vers le levant, il 65
découvrit une peuplade primitive, qui ne connaissait pas l’usage de vêtements. Poursuivant son chemin, il arrive en vue d’une communauté qui ne savait ni lire ni écrire et qui était persécutée par les Yadjoudj et Madjoudj (Gog et Magog, dans l’Ancien Testament). Il édifia une digue que les agresseurs ne purent franchir. Il dit : « C’est une Miséricorde de la part de mon Seigneur. Mais, lorsque la Promesse de Dieu s’accomplira, Il détruira ce rempart et les laissera ce jour-là déferler les uns sur les autres, comme des flots en furie. » (Coran. 18. 90 à 99)
Les Arabes l’auraient surnommé Dhou al Qarnaïn (Celui qui a deux cornes) en raison de son casque de combat qui était orné de deux cornes. D’autres sources prétendent que l’expression des deux cornes est une métaphore pour désigner les deux extrémités de la terre : de la Méditerranée à l’Inde, qu’il aurait conquises. En tout état de cause, l’identité du personnage reste inchangée quelle que soit l'interprétation donnée à son nom, et la Bible ne lui accorde aucun statut particulier.
CHO’AÏB (JETHRO)
Jethro est un personnage biblique, mentionné dans l’Exode. Il est le père de Séphora, épouse de Moïse. Quand Moïse s’enfuit en pays de Madian, après avoir tué un Egyptien, il épousa une des filles de Jethro, connu dans le Coran sous le nom de Cho’aïb. Le Coran rapporte de lui, le récit suivant : Le Prophète Cho’aïb a été envoyé aux habitants de Madian pour les exhorter à plus d'équité, à observer la juste mesure et à adorer le Seigneur, il leur dit : « Ô mon peuple, adorez Allah, vous n’avez point de divinité en dehors de Lui. Ne diminuez pas les mesures et le poids. Je vous vois dans l’aisance, mais je crains pour vous le châtiment d’un jour qui vous recouvrira. Ô mon peuple, donnez en toute équité bonne mesure et le poids exact. Ne causez pas de tort aux hommes dans leurs biens et ne semez pas la corruption sur terre. Ce qui est auprès de Dieu est meilleur pour vous, si vous êtes croyants. Quant à moi, je ne suis pas chargé de vous protéger. »
Ils répondirent : « Ô Cho’aïb, ta religion t’ordonne-t-elle que nous abandonnions ce que nos pères adoraient ou que nous ne disposions plus de nos richesses, comme nous le voulons ? » Il rétorqua : « Ô mon peuple, que pensez-vous ? Si je m’appuie sur une preuve évidente envoyée par mon Seigneur et qu’Il m’attribue de Sa part, une excellente donation…Je ne cherche nullement faire ce que je vous interdis, je veux seulement vous réformer autant que je le puis. Ma réussite ne dépend que d’Allah. Je place ma confiance en Lui et c’et vers Lui que je reviens repentant. » (Coran 11.88)
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Mais les gens de Madian persistèrent dans leur rébellion et furent décimés. L'Ancien Testament situe le pays de Madian dans le nord de l'Arabie entre le Golfe d'Aqaba et Médine, alors que Tabari le positionne en Syrie. Le prêtre Jethro était également connu sous le nom de Raguel et Hobab, mais n'était pas doué du don de prophétie selon la Bible.
HOUD
Le Coran fait encore mention de quelques Prophètes inconnus des Juifs et des Chrétiens. C'est le cas de Houd qui a été envoyé au peuple de 'Ad, dans le pays d'Al Ahqaf, au sein de la Péninsule arabique. Il dit à son peuple : «Ô mon peuple ! Adorez Allah, vous n’avez aucune divinité en dehors de Lui. Vous n’êtes que des forgeurs (de mensonges). Ô mon peuple, je ne vous demande pas de salaire pour cela. Mon salaire n’incombe qu’à Celui qui m’a créé. Ne comprenez-vous pas ? Ô mon peuple, demandez pardon à votre Seigneur, et revenez vers Lui. Il vous enverra du ciel, une pluie abondante et Il accroîtra votre force. Ne vous détournez pas de Lui en devenant coupable. » (Coran. 11. 50 à 52).
Le peuple de ‘Ad, se détourna pourtant du message de leur Prophète, Houd. Ils furent emporté par un châtiment terrible et la malédiction poursuivra les coupables, jusqu’au jour de la Résurrection.
SALIH
Le Prophète Salih, fut envoyé aux Thamoudites qui habitaient le nord de l’Arabie et qui chronologiquement succédèrent aux ‘Adites. Il leur dit : «- Ô mon peuple, adorez Allah, il n’y a de Dieu que Lui. Il vous a créés de terre où Il vous a établis. Demandez-Lui pardon et revenez vers Lui repentants. Mon Seigneur est proche et exauce les demandes de ceux qui l’invoquent. Ils répondirent :- Ô Salih, tu étais pour nous un espoir. Nous interdis-tu maintenant de vénérer ce que nos pères adoraient ? Nous voilà dans un doute troublant au sujet de ton appel. Il dit : - Ô mon peuple, que vous en semble, si je m’appuie sur une Preuve évidente émanant de mon Seigneur, qui m’a accordé Sa Miséricorde, qui donc me secourra contre Lui, si je lui désobéis ? Vous ne faites qu’ajouter (un désastre) à ma perte ! Voici la chamelle de Dieu. Elle est un signe pour vous, laissez-là paître sur la terre d’Allah et ne lui faites aucun mal, sinon un châtiment terrible s’abattra sur vous. » (Coran 11. 61 à 64). Les Thamoudites ne tinrent pas compte de son avertissement, ils coupèrent les jarrets de la chamelle et la tuèrent par défi et un châtiment terrible s’abattit sur les coupables.
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LOQMAN
Enfin, il y a lieu de citer Loqman, dont la sourate 31 lui est consacrée par le Coran. Il apparaît comme un sage prodiguant des conseils à son fils, sous forme d'exhortations et d'incitations à observer l’Enseignement de Dieu, à travers un appel en faveur du monothéisme, des devoirs envers les parents, de l’équité, des pratiques religieuses, de la modestie, etc. « Nous avons donné à Loqman la sagesse : Sois reconnaissant envers Allah. Celui qui est reconnaissant l’est à son avantage, quant à l’incrédule, qu’il sache qu’Allah se dispense de tout ; Il est digne de louanges. Loqman dit à son fils en l’exhortant : « Ô mon fils, ne donne pas d’associé à Allah, car le polythéisme est une injustice énorme. »
« Nous avons recommandé à l’homme, la bienfaisance envers ses parents…« Sois reconnaissant envers Moi et tes parents ; s’ils te contraignent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, ne leur obéis pas ; comporte-toi avec eux de façon convenable et suis le sentier de celui qui se tourne vers Moi. Vous reviendrez tous vers Moi et Je vous ferai connaître ce que vous faisiez. »
« Ô mon enfant, quand bien même l’équivalent d’un grain de moutarde, est dissimulé à l’intérieur d’un rocher, dans les cieux ou à travers terre, Dieu le dévoilera en pleine lumière. Il est subtil et parfaitement informé. Ô mon enfant, acquitte-toi de la prière, ordonne ce qui est convenable, interdis ce qui est blâmable ; supporte patiemment ce qui t’arrive : tout ceci fait partie des bonnes résolutions. Ne détourne pas ton visage des hommes et ne marche pas sur terre avec arrogance. Allah n’aime pas le présomptueux, plein de gloriole. Sois modeste dans ta démarche ; modère ta voix, car la plus détestée des voix est celle de l’âne. » (Coran 31. 12 à 19). Loqman était doué de patience et de sagesse et il est évidemment dommage que le personnage ne soit pas connu avec plus de précision dans l'histoire.
ZACHARIE (ZAKARYA)
Le Prophète Zacharie (Zakarya) était du nombre des justes. (Coran 6. 85). Il n'avait pas d'héritier et était d’un âge avancé. Il invoqua Dieu : « Seigneur, mes os faiblissent et ma tête flamboie avec la canitie. Jamais je n'ai été déçu en T'implorant. Je crains le comportement de mes proches après ma mort. Ma femme est stérile. Accorde-moi Seigneur un descendant… » : « Ô Zakarya, lui fut-il répondu, Nous t'annonçons un fils, son nom sera Yahia. Avant lui personne n'a porté ce nom. » (Coran 68
19. 4 à 7). C'est en ces termes que le Livre Sacré évoque le Prophète Zakarya. Il était le père de Yahia (Jean-Baptiste) qui allait connaître lui aussi la Grâce divine et annoncer la venue du Christ Jésus.
La Bible comporte deux personnages du nom de Zacharie. Le premier, fils de Berekia et petit-fils d'Iddo était prêtre et Prophète juif. L’Ancien Testament lui consacre un livre de quatorze chapitres, dont les huit premiers remonteraient au Prophète lui-même, les autres étant anonymes, à l’image d’une grande partie du texte biblique. Il vécut au 6ème siècle avant l'ère chrétienne et était le contemporain de Darius le roi des Perses et fondateur de Persépolis, dont le 2500ème anniversaire a été fêté en 1971 par l’ex-Chah d'Iran avec un faste inconcevable en présence des souverains et chefs d’Etat du monde entier.
Le deuxième personnage du nom de Zacharie est mentionné dans l'Evangile de Luc. Il est présenté comme un prêtre juif ayant vécu au temps du roi Hérode 1 er (- 73 à - 4 avant l'ère chrétienne). Sa femme s'appelait Elisabeth, et le couple n'avait pas d'enfants. Ils étaient déjà âgés tous les deux. Zacharie adressa des prières à Dieu pour avoir une descendance et l’ange lui dit, selon Luc : « N’aie pas peur Zacharie, car Dieu a entendu ta prière. Elisabeth ta femme te donnera un fils que tu nommeras Jean. » (Luc 1). C'est évidemment ce prêtre Zacharie que le Coran présente en qualité de Prophète. Les deux récits se recoupent parfaitement jusqu'à un certain point relatif à la divinité de Jésus, qui sera examiné plus loin où la rupture est consommée. Des quatre Evangélistes, seul Luc évoque l’histoire de Zacharie en détail.
Le Prophète Zakarya occupe une grande place dans le Coran. C’est ainsi que lorsque la femme d’Imran accoucha de la Vierge Marie, elle fit cette invocation : « Seigneur, j’ai accouché d’une fille…Je l’ai nommée Meriem (Marie) et je la mets sous Ta Protection, elle et sa descendance contre Satan, le banni. Son Seigneur l’agréa en lui faisant une belle réception et la fit croître d’une belle croissance et la confia à Zakarya (père de Jean-Baptiste, Prophète Yahia, pour les Musulmans). Chaque fois qu’il allait la voir dans le Temple, il trouvait près d’elle de la nourriture et lui demandait : « Ô Marie, d’où te vient cette nourriture ? » Elle répondait : « Cela me vient de Dieu; Allah accorde Sa subsistance à qui Il veut. » Alors Zakarya invoqua son Seigneur : « Seigneur, accorde-moi une excellente descendance, Tu es Celui qui exauce la prière. Les anges l’appelèrent alors qu’il effectuait sa prière, debout dans le Sanctuaire : « Allah t’annonce la bonne nouvelle de la naissance de Yahia (Jean-Baptiste). Il sera le témoin véridique de la 69
Parole d’Allah (Jésus) qui sera un chef, un chaste, un Prophète, parmi les justes. » Zacharie dit : « Ô Seigneur, comment aurais-je un garçon alors que la vieillesse m’a atteint et que ma femme est stérile ? » Il dit : « Il en sera ainsi. Dieu fait ce qu’Il veut. » (Coran 3. 37 à 41)
JEAN-BAPTISTE (YAHIA)
Jean-Baptiste, (Yahia) fils de Zacharie, (Zakarya) a été à son tour Prophète, le précurseur et l’annonciateur de Jésus (‘Issa). Lorsque son père implora Dieu de lui donner un descendant, il eut cette révélation : « Dieu t'annonce la bonne nouvelle de la naissance de Yahia (Jean-Baptiste), confirmant l'avènement du Verbe de Dieu qui sera un chef, un chaste, un Prophète parmi les justes.(Il s’agit du Messie, Jésus) » (Coran 3.39) Cette citation est tout à fait conforme à la réalité, puisque c'est bien Jean-Baptiste qui annonça la proche venue de Jésus dont il était contemporain : « Ô Yahia, précise le Coran, tiens-toi fermement au Livre (la Torah). Nous Lui avons donné la sagesse dès son plus jeune âge, ainsi que la douceur, la bonté et la tendresse. 1l respectait ses parents, n’était enclin ni à la violence ni à l’insoumission. Que la paix soit sur lui le jour où il naquit, le jour où il mourra et le jour où il sera ressuscité. » (Coran 19. 12 à 15).
Les Evangiles eux aussi mettent l’accent sur la prédiction de Jean-Baptiste qui annonçait la proche venue du Christ. Voici comment l’Evangile de Marc, relate cet événement : « Ici commence le bonne nouvelle qui parle de Jésus-Christ, le Fils de Dieu. (La notion de la filiation divine n’existait pas dans les textes anciens, elle a été ajoutée par la suite, par des auteurs qui n’avaient jamais connu le Christ et qui attribuaient leurs écrits aux évangélistes)… Ainsi parut Jean-Baptiste dans le désert. Il baptisait et lançait cet appel : « Changez de comportement, faites-vous baptiser et Dieu pardonnera vos péchés. »
« Et tous les habitants de la région de Judée et de la ville de Jérusalem venaient à lui ; ils confessaient publiquement leurs péchés et Jean les baptisait dans la rivière le Jourdain. Jean portait un vêtement fait de poils de chameau et une ceinture de cuir autour de la taille ; il mangeait des sauterelles et du miel sauvage. Il déclarait à la foule : « Celui qui va venir après moi est plus puissant que moi ; je ne suis pas même assez bon pour me baisser et délier la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau, mais lui, il vous baptisera avec le Saint-Esprit (« et le feu » ajoutent d’autres évangélistes). »
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Selon le Coran, Dieu dota le Prophète Yahia d'éminentes qualités. Il prêcha le strict monothéisme, se chargea d'annoncer l'apostolat de Jésus et fut le témoin de l'authenticité de son Message. Dans l'Evangile de Luc, Zacharie désigne Jean-Baptiste en qualité de Prophète de Dieu, de même que Jésus (Luc 7) et cela en conformité avec le Coran. Il avait été surnommé « le Précurseur », dans les milieux chrétiens, car il avait prédit la venue du Christ, dont il soutenait la mission. Il aurait été décapité sur l'ordre d’Hérode Antipas, Tétrarque de Galilée et de Pérée à la demande de sa nièce Salomé, princesse juive, qui aurait dansé devant lui, demandant en récompense, sur les conseils de sa mère, la tête de Jean-Baptiste sur un plat d’argent. (An 28 de l’ère chrétienne). C’est devant ce même Hérode Antipas, que le Christ aurait été envoyé par Ponce Pilate après sa capture. Hérode et ses soldats se moquèrent de lui, et le traitèrent avec mépris. (Evangile selon Luc. 23. 11)
MARIE (MERIEM) et JESUS (‘ISSA)
’Issa (Jésus) tout en étant le Prophète de Dieu, à l'image des Prophètes déjà cités, était simultanément Son Messager, puisqu’il a été chargé de transmettre les Paroles contenues dans l'Evangile, ce qu’ont fait avant lui, Abraham, David et Moïse, en révélant les Feuillets, le Zabour et la Torah, puis le Coran Sacré a été communiqué par le Prophète Mohammed, par la suite. Le Christ était le continuateur d'une longue chaîne de Prophètes, dont la mission consistait à diffuser le Message authentique émanant de Dieu, car tous les écrits précédents avaient été perdus, oubliés ou altérés. Le Coran atteste qu'il n'est pas le Fils de Dieu, qu'il n'a aucunement appartenu à une Trinité dont l’existence n’a été reconnue par aucune autre religion monothéiste au monde. Même les Israélites, les propres membres de sa communauté, qui auraient été certainement honorés de compter parmi leurs semblables, un Fils de Dieu, Unique mais aussi illusoire n’ont pu cautionner une démarche aussi utopique, hors de toute raison.
Certes dans d’autres croyances anciennes, la vénération de certaines Trinités particulières était de pratique courante, mais c’est la première fois qu’une telle notion a été introduite dans une religion monothéiste, censée n’admettre que l’existence d’un Dieu Unique, Tout-puissant, Incréé et Eternel. Pour contrer les idées émises par les Israélites, qui pensaient que la Trinité, n’était qu’une fantasmagorie de plus à l’actif des conciles, afin de s’approprier une parcelle de divinité, les papes sortirent un solide dossier relatant l’historique des différentes Trinités, à travers les âges, d’où il ressort qu’effectivement une telle
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structure n’était guère inconnue de par le monde. Bien avant le Christ, les Hindous adoraient déjà, une triade de divinités, sosie de la Trinité, connue sous le nom de Trimurti, qui comprenait :
Brahma, le premier dieu créé et créateur de toute chose ; il possède quatre bras, afin d’accomplir beaucoup de tâches à la fois, mais aussi quatre têtes, tournées vers les quatre points cardinaux, de sorte que nul ne pourrait le surprendre, sans être démasqué bien avant. Ses visages et ses bras symbolisaient son omniscience et son omniprésence. Or selon la Bible, le prêtre Ezékiel aperçut pratiquement une vision identique, dans laquelle…: « On distinguait les formes de quatre êtres vivants avec une apparence humaine. Chacun d’eux avait quatre faces et quatre ailes. Sous chacune de leurs ailes, il y avait une main d’homme et les mains étaient tournées dans les quatre directions, de sorte qu’ils avançaient droit devant eux, sans tourner le corps. Chacun d’eux possédait les faces suivantes : une face humaine, une face de lion à droite, une face de taureau à gauche et une face d’aigle. Ils avançaient chacun droit devant soi et allaient où ils voulaient sans avoir à tourner le corps. » (Ezékiel 1. 1 à 12). Une description qui présente beaucoup de similitudes avec celle de Brahma. Se seraient-ils inspirés d’une même entité ? Les Chrétiens prétendent que cette représentation symbolise les quatre Evangélistes. Comme chaque communauté tirait la couverture à elle afin de disposer d’une structure en toute propriété, il ne reste plus qu’à croire en l’existence de plusieurs de ces entités, pour satisfaire toutes les parties.
Shiva est le second dieu de la Trimurti hindoue. Officiellement, il est le destructeur et le créateur, cependant en inversant les fonctions, la logique y gagnerait en méthodologie. Il régit le monde par sa danse cosmique ; il est le dieu dansant. Il peut régénérer sous de nombreux aspects, aussi bien terribles que bénins. Il est vénéré sous la forme du Linga (emblème phallique) qui associé à la Yoni (emblème vaginal), représente les forces génératrices. Sa demeure est le mont Kaïlasa, au Tibet. Freud avait déjà introduit la notion de la sexualité culpabilisatrice dans les circonvolutions cérébrales des embryons en formation ; aussi quoi de plus normal que cette obsession resurgisse dans les croyances primitives et soit vénérée par la suite.
Vishnou, est la troisième divinité suprême d’un grand nombre de sectes hindoues. Il représente les forces évolutives de l’univers, et peut avoir de nombreuses formes (lui aussi !). Il est doté, de quatre bras, portant un disque, une conque, un lotus et …une massue ; il vaut mieux
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être sur ses gardes dans cet univers d’êtres surnaturels où les anges se confondent aux monstres.
La Trimurti, régnait sur l’Inde, car dans la Grèce ancienne, les fidèles rendaient un culte à la Triade olympienne, l’équivalent elle aussi de la Trinité et de la Trimurti. Elle est composée de Zeus, la divinité suprême, dieu du ciel et maître des dieux, qui fait régner l’ordre et la justice sur terre, la terre hellénistique, bien entendu. Héra, son épouse, était la déesse du mariage et Athéna, celle de la sagesse et de l’intelligence, qui est sortie toute armée du cerveau de Zeus, pour devenir, évidemment, la déesse de la guerre.
Les Romains n’étaient pas en reste. Ils possédaient eux-aussi leur Trinité appelée Triade capitoline, en référence à leur capitole. Elle était formée de Jupiter, le maître des dieux et en même temps le dieu du ciel, de la lumière, de la foudre, du tonnerre, bref de tout, ce qui se faisait et se défaisait en territoire romain. Un vrai dieu de dieu mais de pacotille et à la puissance finie et toute relative ; Sa femme Junon, était la déesse de la féminité et du mariage et Minerve, la déesse de la sagesse et de l’intelligence, protectrice et patronne de Rome.
La mode des Trinités était en vogue, avant même l’apparition du Christianisme. Chaque nouvelle génération étendait un peu plus les pouvoirs et la puissance de sa Trinité afin de la rendre supérieure aux précédentes. Il n’était pas question, en effet, que les derniers modèles soient moins performants que les « tacots ». Au contraire les vieilleries finissaient pas devenir obsolètes et disparaissaient de la scène spirituelle. A ce challenge rigoureux, c’est la Trinité chrétienne qui remporte le palmarès de la distinction, puisqu’avec la Trimurti hindoue, elle demeure la seule à exercer une influence certaine sur ses adeptes. Toutes les autres, notamment les Trinités grecques et romaines, ont fait temps. Des divinités qui disparaissent dans le temps et à travers l’espace n’étaient pas pour fortifier la foi des fidèles.
L’avantage apparent des Trinités était d’empêcher l’apparition de dictatures divines. Effectivement le pouvoir était détenu entre tous ses membre, qui en récompense, devenaient eux aussi de vrais dieux, égaux en droits et en devoirs. Cependant, même si l’existence des Trinités, était reconnue par les institutions, les structures officielles et les fidèles, leur mise en place relativisait quelque peu le pouvoir divin exclusif du paternel qui avant leur institution était seul aux commandes et naviguait à vue, alors que désormais, il est devenu un simple membre au même titre que les autres affiliés. Forcément l’amour-propre de l’intéressé en
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prenait un coup. Mais l’Eglise chrétienne, était passée maitre dans l’art de donner d’une main, pour récupérer le double de l’autre. Aussi cette année 391, qui vit la naissance légale officielle de la Trinité chrétienne, est une date importante pour l’Eglise, parce que de nouveaux équilibres ont été mis en place, et on avait un oeil sur le patron.
Auparavant les gens parlaient vaguement de la Trinité, car il n’y avait rien de concret, seulement des « on dit ». Maintenant, le rêve est accompli dans toute sa plénitude et les décrets ont été signés aussi bien par les papes que par les conciliaires. Il n’était plus question de faire marche arrière. A nouveau, les israélites, crièrent au scandale ! Ils le faisaient chaque fois qu’ils avaient à dissimuler leurs propres turpitudes. Une habitude qui tendait à s’ancrer chez eux. Tout au long de l’histoire, ils n’allaient cesser de vitupérer contre les nouveaux venus qui s’employaient à les écarter de la scène céleste, afin de rester seuls aux commandes de la destinée humaine. D’abord, ils toisèrent les Chrétiens, mais lors de leur apparition les Musulmane en eurent aussi pour leurs grades. Le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam, c’était une triade antinomique soue le couvert de monothéisme
La divinisation du Christ, constitue une innovation aberrante. Pour les Musulmans, elle n’est que le pâle reflet de l’énormité du blasphème, conçu par les prêtres et les docteurs de la Loi. La promotion déroutante du Christ et de la Vierge Marie à la divinité, permet à l’Eglise de tirer parti du prestige qui en découle pour s’imposer au détriment des autres religions, qui ne disposent pas d’une telle structure. Pourtant, malgré cette foudroyante accession, conçue de toutes pièces à l’instar des autres divinités qui étaient vénérées avant lui, Jésus ne saurait être qu’un homme entièrement créé, dont la conception a été certes miraculeuse, mais qui n'en reste pas moins un être humain, démuni de tout attribut divin. A l’image d’Adam dont la création est plus prodigieuse, et qui pourtant n’a été déifié par aucune religion ou croyance. Il est inconcevable que le Seigneur de l’univers, qui est une pure émanation d’esprit, de lumière et de science, soit contraint à travers un lugubre scénario, d’engendrer un fils charnel, putréfiable, temporel et mortel.
Malgré tout, l’Eglise soutient qu’effectivement le Christ est un être engendré par le Père éternel ; il ne saurait être créé, à l’image de l’ensemble de l’univers. Celui qui prétendrait le contraire serait déclaré hérétique. Cette façon de voir fait du Seigneur de l’univers, un Etre incapable de créer Jésus, alors qu’Il a créé l’ensemble de l’univers, dont le Christ n’est qu’une particule infinitésimale, microscopique! Qui 74
pourrait imposer au Créateur de l’univers, l’obligation d’engendrer un Fils par l’intermédiaire de la Vierge Marie, afin de reconstituer la métaphore du couple reproducteur, qui hante les limbes de l’inconscient ? Qui a propulsé la Vierge Marie, à la qualité de Mère de Dieu, pour conforter les autres promotions, notamment celle du Fils et du Saint-Esprit, en élevant tout ce monde train à la divinité ? En arrière plan, il fallait aussi reconstituer et symboliser le couple reproducteur primordial, le mâle et la femelle ; le taureau et la génisse. Dieu le Père, impuissant de par ses seules facultés créatrices, obligé de s’adjoindre et d’être tributaire de la Vierge Marie, la sainte Mère de Dieu, féconde et généreuse, afin de procréer le Christ.
Il existe de par le monde plus d’un milliard de personnes, des Chrétiens évidemment, qui croient sincèrement, que le Seigneur de l’univers, s’est abaissé à engendrer, Jésus Fils de Marie, en contradiction avec toutes les lois universelles qui régissent la création. La faculté d’engendrer est une fonction nécessaire, imposée à l’ensemble du règne végétal et animal, y compris l’homme, qui par contre, ne sera jamais en mesure de créer, quoi que ce soit, en raison de son impossibilité à le faire. A contrario, le Seigneur de l’univers, est la seule Entité dans l’univers, à disposer du pouvoir créateur ; Il peut tout créer, sans aucune limitation, sans restriction, mais Il est démuni des fonctions reproductrices, qui constituent une atteinte à Sa Grandeur et à Sa Dignité, une diminution de Lui-même et une contrainte qui lui aurait été prescrite par d’autres entités ou d’autres structures, dont Il n’a pu s’affranchir !
En effet, la création ne nécessite l’apport d’aucune source en dehors du pouvoir propre du Créateur, c’est l’expression de la Toute-puissance illimitée. Alors que la procréation requiert toujours l’apport d’une tierce partie, qui doit être compatible, et dont les gènes appartiennent aux lignées parentales. La création glorifie le Seigneur de l’univers, la procréation partage le pouvoir entre ses concepteurs. Dieu est par nature et par nécessité un Créateur et non un procréateur ! L’homme par contre est un procréateur et ne saurait jamais devenir un créateur.
Pour l’Islam, la Vierge Marie ne saurait être une mère divine. Elle a toujours été et restera un être humain, de même que son fils, le Christ Jésus. Seule la conception de ce dernier a été miraculeuse, dans le sein de Marie. Tout le reste du processus s’en est strictement tenu au domaine scientifique et médical et aux lois de l’embryogenèse. Voici ce que dit Coran : « Et vint le jour où les anges dirent à Marie : « Ô Marie, Dieu t’a choisie. Il t’a purifiée, Il t’a élue parmi toutes les femmes de l’humanité. Ô Marie, sois dévouée au Seigneur. Prosterne-toi pour L'adorer et incline-toi devant 75
Lui avec ceux qui L’adorent... » Les anges dirent à Marie : « Ô Marie, Dieu t’annonce une heureuse Parole de Sa part. Il aura pour nom le Messie (Al Massih) Jésus (‘Issa) fils de Marie (Meriem). Il sera honoré dans ce monde et dans l’autre et sera du nombre des proches de Dieu, il parlera aux hommes dès le berceau et sera du nombre des Justes. »
« Elle dit : « Seigneur, comment aurais-je un fils alors qu’aucun homme ne m’a approchée ? » C'est ainsi que Dieu crée ce qu’Il veut. Lorsqu’il a décrété une chose, Il dit : « Sois ! » et elle est. Dieu L’instruira dans les Ecritures, la Sagesse, la Torah et l’Evangile. Il l’enverra comme Messager aux fils d’Israël. » (Coran 3. 42 à 49).
La position du Coran est claire. Jésus qui a été conçu d'une façon miraculeuse, reste néanmoins un être humain créé, dans toute l’acceptation du terme, et n’a point été, énorme blasphème, engendré, contrairement aux prétentions des Evangiles. Le Coran développe des arguments décisifs qui remettent en cause sa divinité. « Dieu dit à Jésus : « Ô Jésus, as-tu jamais dit aux hommes de te prendre, toi et ta mère pour des divinités, en dehors de Dieu? » Jésus répondit : « Gloire à Toi, il ne m’appartient pas de déclarer ce qui n'est pas vrai. Si je l’avais dit, Tu l’aurais su. Tu sais ce qui est au fond de mon âme, et moi j’ignore ce qui est au fond de la Tienne, car Toi Seul connaît les secrets. Je leur ai dit ce que Tu mas ordonné de leur révéler :- Adorez Dieu, mon Seigneur et votre Seigneur. J’ai été contre eux un témoin tant que je suis demeuré parmi eux et quand Tu m’as rappelé à Toi, c'est Toi qui les observais, Tu es le témoin de toute chose. Si Tu les punis, ils sont Tes serviteurs, si Tu leur pardonnes, Tu es en vérité l’Omniscient, parfaitement informé du mystère. » Dieu dit : « Voilà le jour où les justes profiteront de leur justice. Ils demeureront à tout jamais immortels au milieu des jardins baignés d’eaux vives. Dieu est satisfait d’eux, ils sont satisfaits de Lui. C’est le bonheur sans limite. La Royauté des cieux et de la terre et de tout ce qu’ils contiennent (l’ensemble de l’univers) appartient à Dieu. Dieu est Tout-Puissant sur toute chose. » (Coran 5.116 à 120).
Lorsque Jésus dit : « J’ai été contre eux un témoin tant que je suis demeuré parmi eux, et quand Tu m'as rappelé à Toi, c'est Toi qui les observais... », cela implique qu’il n'a jamais prétendu être le Fils de Dieu, ni que sa mère participait à une quelconque divinité. Mais une fois qu’il a été élevé auprès du Seigneur, les hommes commencèrent à le déifier inconsidérément, comme toutes les légendes qui embellissent au fur et à mesure du temps qui passe. Le Christ n’a pas été crucifié lors du simulacre de procès qui s’est tenu, et dont les versions diffèrent selon les
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Evangélistes ; il aurait été élevé au ciel, ce qui a jeté une grande confusion dans la foule, où régnait déjà un chaos indescriptible.
Pour les Evangiles, la mort du Christ s’est déroulée dans des conditions particulièrement pénibles. Il aurait été victime d'une vaste conspiration entre les Juifs et les Romains et l’histoire de sa mission qui était vue comme une atteinte à l'ordre public et une tentative de renverser le pouvoir établi, a été rapportée jusqu’à l’Empereur de Rome. A cette époque en effet, la Palestine était sous domination romaine et le Procurateur (Gouverneur) Ponce Pilate ne pouvait cacher des événements aussi graves aux autorités dont il dépendait.
Les membres du Conseil supérieur cherchaient des arguments convaincants pour condamner le Christ. Mais, ils se seraient suffit du moindre motif pour le faire. Caïphe le grand-prêtre se leva et dit à Jésus : « Au Nom du Dieu vivant, je te demande de nous répondre sous serment : - Es-tu le Messie, le Fils de Dieu ? » Jésus répondit : « C’est toi qui le dit. Mais, je vous le déclare vous verrez le Fils de l’Homme siégeant à la droite du Dieu puissant ; vous le verrez aussi venir sur les nuages du ciel. » Alors le grand-prêtre déchira ses vêtements et dit : « Il a parlé contre Dieu ! Nous n’avons plus besoin de témoins ! Vous venez d’entendre ce qu’il a dit contre Dieu. Qu’en pensez-vous ? » Ils répondirent : « Il est coupable et doit être mis à mort. Ils lui crachèrent au visage et le frappèrent à coups de poings ; certains lui donnèrent des gifles… » (Evangile selon Matthieu. 26. 59 à 67)
Comme en plus, Juifs et Romains l’accusaient de vouloir s'attribuer la royauté, alors que régnait un roi des Juifs officiel en la personne d’Hérode Antipas (qui avait fait décapiter le Prophète Yahia, Jean-Baptiste), les Grands Prêtres jugèrent que la coupe était pleine et ordonnèrent son arrestation, séance tenant, avant de le livrer à Ponce Pilate. Celui-ci ne voulut pas prendre la responsabilité de le mettre à mort, mais devant l’insistance de la foule surexcitée, il leur confia le prisonnier, trouvant plus judicieux de laisser les Juifs régler leurs affaires entre eux. Comme il avait un doute sur les accusations portées contre Jésus, il prit de l’eau, se lava les mains en présence de la foule en disant : « Je suis innocent de ce sang. » (Matthieu 27. 24).
C’est dans une cohue indescriptible que « Jésus » allait être crucifié, selon les Evangiles. Après avoir souffert le martyr sur la croix, il rendit l’âme, puis il fut mis au tombeau, dans une grotte dont l’entrée avait été obstruée par une grosse pierre, afin d’éviter que des intrus entreprendre des dégradations. Cependant, surprise ! Deux jours plus 77
tard, son corps disparut. Au troisième jour, il réapparut bien vivant et ses disciples purent parler avec lui, le toucher, et manger en sa compagnie. L’état de grâce dura quarante jours, au bout desquels il bénit ses disciples et monta au ciel, où il s’assit à la droite de Dieu. Ces derniers partirent pour annoncer partout la Bonne Nouvelle. (Marc 16. 19). Après de tels événements, il est certain que ses partisans, et même ceux qui n'ont rien vu, mais qui ont été acquis d’avance à sa cause, n’ont pas été embarrassés pour lui reconnaître des attributs extraordinaires, qui ne pouvaient être que divins. Il n’existe pas en effet, d’exemples dans l'histoire des Prophètes, d'une résurrection qu’elle soit banale ou miraculeuse. D’autant que cette résurrection avait l’avantage de repulper le moribond et de le rendre plus pimpant qu’avant son exécution, lorsqu’il affichait une mine sinistre, qui donnait la chair de poule.
Si quelqu’un pouvait subir une transformation aussi extraordinaire, il devait sûrement partager avec Dieu, Son règne, Ses attributs et Ses pouvoirs. Seul un Fils divin pouvait profiter aussi complètement des prérogatives du Père, d'autant, qu’il était unique. Une opportunité à ne pas laisser filer. Dans les faits, il n’existe aucune preuve que la qualité divine conférée au fils, l’ait été du temps de Jésus. Ce n’est que plusieurs décennies plus tard, que les premiers écrits, constitués sur la base d'une tradition orale autant diversifiée, que contestée, firent leur apparition avec la mention « Fils de Dieu ». Cela fit les Chrétiens eux-mêmes ne savaient plus à quel saint se vouer. Certains courants, étaient convaincus de cette réalité d’autres, furent déclarés hérétiques pour avoir professé la nature humaine du Christ. Dans les Evangiles et les Actes, sont mentionnés les noms de quelques-uns des Elus qui ont précédé Jésus, notamment, Esaïe, Elisée, Elie, Moïse, Samuel, David, Jacob, Isaac, Joseph, Aaron, etc.
Cependant, jamais aucun d’eux n’a pris le risque de prétendre que Jésus était le Fils de Dieu, ce qui aurait d’ailleurs été en contradiction avec l’Ancien Testament qui ne reconnaît pas cette qualité. Une notion inimaginable, hors de raison. Les Israélites destinataires de l’Ancien Testament, sont formels : Jamais aucune allusion n’a été faite quant à l’éventuelle venue d’un Christ, qui serait le Fils Unique de Dieu. C’était trop gros pour passer, même si cela aurait pu faire remonter leur cote, puisque Jésus était un membre de cette communauté. Pourtant, aussi étrange, que cela puisse paraître et contre toute attente, cette définition de Jésus, Fils Unique de Dieu, allait apparaître dans les premiers Evangiles canoniques, qui ont été écrits, des décennies et même plus d’un siècle, après la disparition du Christ et des sa mère. 78
Conséquence directe : le Christ Jésus et sa mère la Vierge Marie, ignoraient jusqu’à l’existence de ces Evangiles sur lesquels allait s’édifier l’Eglise et qui ont été la pierre angulaire de l’Enseignement chrétien ! Une lacune gravissime ! Quelqu’un peut-il imaginer que Moïse ignore la Torah, qu’il a révélée ou que le Prophète Mohammed, soit dans l’ignorance totale du contenu coranique ? Mais ce n’est pas tout, car la religion n’est jamais simple ! Ainsi, alors que l’Evangile authentique de Jésus a été révélé en hébreu, avec des intrusions araméennes, langue commune des Israélites de l’époque, les quatre Evangiles canoniques de l’Eglise chrétienne, selon Matthieu, Marc, Luc et Jean, apparus des décennies après la mort du Christ furent tous écrits en langue…grecque, qui était inconnue dans la région et surtout de ce dernier qui est supposé en être l’auteur. Un véritable pied de nez à la logique et à la raison ! Qui de Dieu (ou des esprits-malins) a pris la responsabilité d’envoyer aux Israélites, quatre Evangiles rédigés en grec qui était une langue barbare que peu de gens pouvaient comprendre ?
Même, si nombre d’entre eux étaient incrédules, cette façon de procéder, ne pouvaient que les inciter au désespoir ou au reniement, puisqu’ils étaient confrontés à de textes qui leur étaient hermétiquement clos, alors qu’ils aspiraient de partir à la conquête du monde. La Torah de Moïse, destinée elle aussi aux Juifs, a-t-elle donc été révélée en chinois, pour que l’Evangile le soit en grec et non en hébreu ? Si le Coran Sacré réservé aux Arabes, avait été diffusé en japonais, aurait-il trouvé un terrain aussi fertile à sa propagation ? Le Message divin est destiné à s’intégrer au milieu pour lequel il a été conçu, à éclairer les zones d’ombre et à faire éclater la vérité. Son rôle est de guider les hommes, non de leur faire perdre la raison par son incompréhension et ses mystères, et de leur ôter tout espoir de délivrance.
A qui profite ce retournement de situation pour le moins inexplicable ? Evidemment et directement aux parties qui ont eu à reconstituer les textes divins, dans une autre langue que la langue d’origine, qui est bien adaptée aux circonstances et à l’histoire. Car profitant de leur implication, les intéressés ont orienté les textes en fonction de leurs intérêts et de ceux de leurs clans, en leur donnant un contenu apologétique qui frisait le chauvinisme. Il fallait obtenir l’adhésion des fidèles et exciter leur enthousiasme, aussi pas question de promouvoir des écrits qui glorifiaient leurs concurrents en faisant la partie belle à leurs ennemis. Cela n’avait pas de sens. L’existence de quatre Evangiles qui divergent sur de nombreux points alors qu’ils sont censés reproduire le même message authentique est le signe, d’une
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déviance que ses partisans essaient de camoufler, mais qui ne passe pas aussi facilement qu’ils l’auraient désiré.
Avant la parution des Evangiles, l’esprit ne pouvait intégrer cette incroyable pensée, que le Seigneur de l’univers, l’Etre Absolu, qui transcende les Lois universelles, la vie, le temps, la matière, l’énergie, l’espace et les myriades d’autres facteurs de prédominance qui sont si nombreux qu’ils finissent par combler l’infini, puisse engendrer un Fils, qu’il soit spirituel ou charnel, pour le jeter en pâture aux criminels afin de racheter les péchés d’une humanité dévoyée. Quel est cette divinité qui pour expier les crimes d’une société coupable, qui n’a à son palmarès, que ses reniements, ses abjurations et son incroyance, offre en holocauste, la vie de Son Fils ? En réalité, le genre humain, malgré l’idée flatteuse qu’il se donne de lui-même, est indigne de monnayer en contrepartie de sa soumission, au Seigneur de l’univers, l’offrande de quoi que ce soit, surtout de son Fils Unique. Il s’agit d’une offense grave et d’une atteinte à la Gloire du Seigneur de l’univers, dont personne ne devrait se rendre coupable, sans encourir de terribles conséquences.
L’humanité dans son ensemble et même les milliards d’humanités qui peuplent les immensités cosmiques, resteront toujours soumises à Allah, le Seigneur et le Créateur de l’univers, corps et âme, bon gré mal gré, en dépit de tout et sans pouvoir rien changer à leur sort, dans le bonheur comme dans l’adversité. Si le Christ avait été vraiment le Fils de Dieu, l’insignifiante humanité terrienne aurait-elle été en mesure d’exiger son sacrifice, pour se faire blanchir et s’innocenter de ses péchés ? Il y a comme un marché de dupes dans cette affaire qui, en réalité n’existe que dans les insondables replis des mauvaises consciences. Ses initiateurs visent à retirer des bénéfices inespérés en échangeant les malédictions qui pesaient sur eux contre des bénédictions, acquises à bon compte sur le dos du Fils de Dieu, offert en victime expiatoire ! D’une pierre, deux coups. Le retour sur investissements que d’autres attendent durant des années s’est effectué cette fois en quelques heures, le temps de passer de vie à trépas, mais aussi de revenir de trépas à la vie. Parce qu’il fallait boucler la boucle, afin de laisser une bonne impression de soi et de ses dons.
En réalité, les vrais dindons de la farce sont ceux qui sont tombés lourdement dans le traquenard en pensant avoir « roulé » le Seigneur de l’univers. Les partisans de ce stratagème ont voué le « Fils » au sacrifice, en présentant la note…..salée et sanglante au « Père » ! Ils pensaient être les grands bénéficiaires de l’opération ; sans rien expier, ils ont essuyé le
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sang de leurs mains sur le Christ. Mais, contrairement à leurs prévisions, le jour convenu, ne les verra que défaits ; ils paieront le prix pour avoir élaboré un scénario macabre, au détriment du Seigneur de l’univers et du Christ Jésus. Une façon peu élégante de vouloir faire son beurre sur le dos de tout le monde.
L’humanité, conçue à partir d’une terre vile, aurait-elle donc plus d’importance pour Dieu, que la vie de son Fils Unique qui s’est sacrifié pour elle ? Des aberrations que beaucoup de religieux ont su intégrer dans leurs paramètres spirituels, au point qu’ils leur paraissent maintenant comme des évidences, des nécessités et mêmes des dogmes. Car depuis, la colle a pris et bien pris. Mais, ce sont ses instigateurs qui ont étaient scotchés et non ceux qu’ils destinaient à être leurs victimes. Dorénavant, l’attentisme et les atermoiements ne sont plus de mise. Il s’agit d’opter vite et bien. Le choix est à faire entre l’acceptation de la divinisation de Jésus et des autres entités et structures qui gravitent autour du Dieu biblique, selon les Evangiles et leur réfutation, préconisée par l’Ancien Testament et tous les Prophètes antérieurs, pour qui cette philosophie de la déification à outrance, quel qu’en soit l’acteur, constitue un crime impardonnable.
La démarcation est nette et sans bavure et c’est la crédibilité des Evangiles et de l’Enseignement chrétien, qui est en jeu. Il existe une incompatibilité notoire entre ces deux parties de la Bible, qu’il est impossible d’ignorer. La neutralité non plus n’est pas de mise, quand le début d’un Texte est remis en cause par la fin. Cette situation a conduit les Juifs, le Peuple Elu d’alors, qui a bénéficié d’une grande distinction, à rejeter les Evangiles, la religion chrétienne, la mission de la Vierge Marie et de son fils Jésus, sa divinité et sa filiation divine, la Trinité, le Saint-Esprit à la mode chrétienne et tout ce qui se rattache de près ou de loin à cet enseignement.
Si l’Islam considère comme fondés le Pentateuque, la Torah et l’Evangile, (expurgés de leurs altérations et rétablis dans leur authenticité), tout en confirmant la véritable mission prophétique de Jésus, il réfute par contre les récits qui ont été reconstitués par les scribes et les prêtres pour adapter les textes aux intérêts de leurs communautés. L’exemple de la déification du Christ est frappant de l’altération des textes sacrés. Pour mettre en relief la vanité des arguments qui plaident en faveur de sa nature divine, il suffit d’imaginer l’impact psychologique qu’aurait produit la venue sur terre, d’un Fils Unique de Dieu supposé exister. Un événement aussi exceptionnel dans 81
l’histoire de la planète, aurait été fiévreusement préparé et attendu par une humanité entièrement dévouée et soumise, afin de rendre le plus illustre des hommages à un Etre aussi glorieux. Cette extraordinaire visite aurait été rapportée de générations en générations, depuis Adam jusqu’au dernier Prophète précédant et préparant la venue du Fils Sublime. Les Messagers et les Elus antérieurs, auraient mis en exergue d’une façon spectaculaire, une venue aussi fantastique, qu’inouïe, en lui imprimant le plus merveilleux des cachets, le plus délirant des accueils et rien de ce qui se rattacherait à cette visite mémorable et inoubliable, n'aurait été négligé, délaissé ou passé sous silence.
Le Fils de Dieu aurait été accueilli dans l’humiliation et la soumission totale, par une humanité en proie à une intense émotion et un enthousiasme débordant. Qui, en effet, serait assez misérable pour refuser le bonheur, le Paradis, la vie éternelle et la Miséricorde divine rattachés à une rencontre aussi extraordinaire ? Qui de l'aveugle plongé dans sa nuit lugubre fuirait la lumière éblouissante et éclatante, du malade pitoyable et lamentable, repousserait la guérison miraculeuse où de l'indigent miséreux et malheureux, rejetterait la béatitude, l’euphorie, la richesse et l’extase ? Si Jésus avait été véritablement le Fils de Dieu, et connaissant leur ferveur, il aurait certainement trouvé les Musulmans prosternés au premier rang de cette magnifique cérémonie, bien avant les Chrétiens, les Juifs et autres communautés.
Or, rien de cela n'existe réellement. Depuis la venue d’Adam, aucun Prophète n’a jamais soutenu un point de vue aussi contraire à la vérité, une idée aussi fantasmagorique. Jésus ne saurait être le Fils de Dieu ; ca ce concept est aberrant, il dévalorise la notion de l’Unicité et de la Toute-puissance divine, en dépit des arguments utilisés. Dieu ne peut être Unique tout en étant membre d’une Trinité qui a été étrennée, par nombre de croyances anciennes. Une telle intrusion humaine dans le domaine divin créerait une rupture abyssale avec la logique, avec la compréhension de soi et de l’univers. C’est une projection hors des limites du rationnel, déchirante et mortelle pour la raison. Dieu, Allah, le Seigneur de l’univers n’a besoin de se lier avec personne pour justifier Son Existence, son Unicité, Sa Gloire et Sa Toute-puissance. Il n’a pas besoin de comparses ou de compagnes, pour justifier sa Sublime qualité de Créateur de l’univers, Unique dans Son Règne et Sa Gloire.
Dieu peut se passer de l’univers alors que la création n’existerait pas sans Lui. Les entités à l’image du Fils de Dieu, de la Sainte Mère de Dieu, du Saint-Esprit et de la Trinité, ne sont que de simples faire-valoir
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qui ont été utilisés par l’Eglise chrétienne pour accroître son prestige en le faisant dériver d’une structure extraordinaire qui rabat le caquet au conformisme conventionnel. Mais à la longue, les leurres ont fini par s’évanouir de la même façon que disparaissent les songes au réveil. Même les Prophètes bibliques qui forment l'héritage spirituel des Chrétiens n'ont pu cautionner une déviation aussi néfaste à ses défenseurs, plongés dans une profonde et dangereuse torpeur.
Le Coran ne manque pas de relever ces contradictions : « Dis (Dieu s’adresse au Prophète Mohammed) : Si le Miséricordieux avait un Fils, je serais le premier à L’adorer. Gloire au Seigneur des cieux et de la terre. Le Seigneur du Trône. Comme Il est très éloigné de ce qu’ils (les Chrétiens), imaginent. » (Coran 43. 81-82) Comment raisonnent les gens qui croient que Jésus, tout en étant le Fils de Dieu, s'est traîné dans la poussière, a lavé les pieds de ses disciples, s'est fait malmener et mettre à mort par un ramassis de rebelles et de gens méprisables et d’individus ignobles ? Quel est donc ce Dieu qui se rabaisse à un tel niveau, qui s’humilie, qui s’agenouille devant ce qu’il a créé ?
Personne ne peut admettre l’obscénité de ces figurations où le Fils de Dieu se prosterne devant les hommes et où ceux-ci trônent devant leur Seigneur. Tout cela est le résultat d’une lugubre représentation dans laquelle les rôles ont été sinistrement distribués, afin de tirer profit d’une situation confuse, mais combien fructueuse pour les institutions religieuses et les détenteurs de pouvoir, car elle a été conçue pour consolider un édifice, qui tire sa force de la crédulité des gens, mais surtout de l’ignorance déconcertante pour ne pas dire de la complicité active de ses adeptes.
LA « CRUCIFIXION » DE JESUS
Le Coran Sacré réfute « la mort » de Jésus sur la croix, que les Evangiles développent abondamment. Le Christ n’a pas été crucifié car Dieu l’a élevé vers Lui. Le supplicié était un sosie qui a jeté la confusion dans les rangs des Juifs et des Romains. Et en matière d’imbroglio, de mises en scène et de scénarios, l’histoire des religions, comme l’histoire, tout court, n’est pas à une contradiction près, comme il sera démontré plus loin. Voici comment le Coran évoque la fin du Christ.
« Nous les avons punis (les Juifs), parce qu’ils n'ont pas cru et qu’ils ont proféré une horrible calomnie contre Marie, et pour avoir dit : « Nous avons tué le Messie Jésus, fils de Marie, le Prophète de Dieu. Non, ils ne l'ont pas tué, ils ne l'ont pas crucifié. Cela leur est apparu
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seulement ainsi. Ceux qui disputèrent ensuite de sa mort sont demeurés dans le doute à son sujet. Ils n’en ont pas une certitude absolue, ils ne suivent que des conjectures. En vérité, ils ne l’ont pas tué. Dieu l’a élevé vers Lui. Et Dieu est Puissant et Juste. » (Coran 4. 156 à 158). L’horrible calomnie dont il est question vient du fait que les Israélites prétendent que Marie, n’était pas vierge, qu’elle était fiancée à Joseph le Charpentier, et que Jésus serait né des relations illégitimes entretenues par le couple. Evidemment, les Evangiles ne vont pas dans le sens de la version coranique, relativement à la mort du Christ.
Cependant, ils se contredisent entre eux. Matthieu raconte le complot hourdi contre le Christ (Mat. 26), et comment celui-ci annonce à ses disciples qu’il va être trahi par l’un d’eux. Alors, Judas Iscarioth, l’un des douze disciples présents se rendit chez les Grands Prêtres juifs et leur proposa de leur livrer Jésus contre trente pièces d'argent. Le soir, Jésus renouvela ses craintes et lorsque Judas lui demanda « Serait-ce moi Rabbi (qui te livrerait) ? Il répondit : Tu l’as dit. » Tout le monde était donc conscient, que Judas allait trahir le Christ, afin qu'il soit mis à mort, car les Grands Prêtres voulaient l’éliminer ; ils l’accusaient non seulement de conspirer pour devenir le roi des Juifs mais, fait infiniment plus grave, de revendiquer la qualité de Fils de Dieu.
Au cours de cette même nuit, Jésus qui était toujours en compagnie des autres disciples, aperçut Judas à la tête d’une troupe armée. Les soldats romains devaient se saisir de l’homme à qui Judas donnerait un baiser, signe convenu pour désigner le Christ. Les choses se passèrent normalement, Judas s’approcha de celui-ci et l’embrassa, en lui disant : « Salut Rabbi ». Jésus répondit : « Fais vite ce que tu as à faire », avant d’être arrêté. Les Grands Prêtres et les anciens du Peuple tinrent conseil et le condamnèrent à mort comme prévu, dans un simulacre de procès.
Selon Matthieu, Judas fut alors, pris de remords, il rapporta les 30 pièces d’argent aux Grands Prêtres, en leur disant « J’ai péché en livrant un sang innocent », avant de se pendre. Or Judas savait parfaitement que Jésus allait être condamné à mort, et c’est en connaissance de cause qu’il est parti marchander sa capture. Le sang innocent ne pouvait s'expliquer que lorsqu’il s’aperçut le lendemain matin de la méprise, car l’homme qui a été arrêté n’était pas Jésus. Cette hypothèse est renforcée par les circonstances de la capture du Christ. Il faisait nuit noire et la rencontre eut lieu en pleine campagne dans un domaine appelé Gethsémani. Les conditions étaient dès lors réunies pour commettre une bévue qui devait affoler le traître le lendemain.
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Durant cette nuit mémorable, Jésus dit à un autre de ses disciples nommé Pierre, le futur Saint-Pierre, premier évêque et premier pape de l’Eglise chrétienne, dont le Christ aurait dit, selon les Evangiles : «Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirais mon Eglise. » qu’il allait le renier avant « que le coq chante » (avant que ne se lève le jour). Pierre se récria : «Même s’il faut que je meure avec toi, je ne te renierai pas. » (Matthieu 26.35). Les autres disciples en firent de même. Cependant, lorsque Jésus (ou son sosie) fut arrêté et amené devant les Grands Prêtres, tous les disciples s'enfuirent. Pierre suivit le cortège de loin puis s'assit avec les serviteurs pour voir le sort qui allait lui être réservé. Une servante s’approcha de lui et le reconnut. Il nia devant la foule en disant : « Je ne sais pas ce que tu veux dire. » Une autre servante le reconnut à son tour : « Celui-ci était avec Jésus. » Il nia avec serment : « Je ne connais pas cet homme. » Puis d'autres personnes s’approchèrent et lui dirent : « A coup sûr, tu es des leurs. » Alors il se mit à jurer avec des imprécations : « Je ne connais pas cet homme. »
Pourquoi Pierre ne s’enfuit-il pas à la première dénonciation et risqua-t-il sa vie en restant sur place ? Pourquoi, à la question : « Toi aussi, tu étais avec Jésus », répondait-il invariablement : « Je ne connais pas cet homme » plutôt que : « Non, je n'étais pas avec lui » ou encore «-Je ne connais pas Jésus ? » Ainsi Pierre nia facilement par trois fois sous serment et jura avec des imprécations qu’il ne connaissait pas « cet homme », mais jamais qu’il ne connaissait pas Jésus. Car les deux hommes pouvaient être différents.
Voici ce que dit le Coran de ce passage : « Dieu Lui enseignera (au Christ) l’écriture, la sagesse, la Torah et l’Evangile. Il sera envoyé comme Messager aux enfants d’Israël et leur dira : « Je viens à vous avec un Signe de la part de votre Seigneur. Pour vous, je forme à partir d’argile la forme d’un oiseau, puis je souffle dessus et il devient un oiseau Par la permission de Dieu. Je guéris l’aveugle et le lépreux et je ressuscite les morts par la permission d’Allah…Voilà pour vous un Signe si vous êtes croyants. Je vous confirme ce qu’il y a dans la Torah révélée avant moi et je vous rends licite, une partie de ce qui vous était interdit. J’ai apporté un Signe de votre Seigneur. Craignez donc Allah et obéissez-moi. Allah est mon Seigneur et votre Seigneur. Adorez-le donc. Voilà le droit chemin. »
« Puis, quand Jésus ressentit de l’incrédulité de leur part, il dit : « Qui sont mes alliés dans la voie de Dieu ? Les apôtres dirent : « Nous sommes les alliés de Dieu. Nous croyons en Lui ; sois témoin que nous
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lui sommes soumis : Seigneur, nous avons cru à ce que tu as fait descendre et suivi le Messager. Inscris-nous parmi ceux qui témoignent. » (Les autres) se mirent à comploter. Mais Allah a fait échouer leur complot et Allah connaît mieux leur machination. »
Lorsque Jésus fut amené devant les Grands Prêtres, les Anciens, les Scribes et de nombreux faux témoins s'élevèrent afin de le compromettre. Le Grand Prêtre qui était au milieu de l’Assemblée interrogea l’accusé et lui demanda de répondre aux charges portées contre lui, mais il garda le silence. De nouveau le Grand Prêtre l’interrogea, il répondit par des bribes. Présenté à Ponce Pilate, celui-ci le questionna à son tour pour essayer de voir plus clair dans les accusations portées contre lui avec acharnement par les Israélites qui cherchaient à le confondre. Il lui demanda s’il était le roi des Juifs. « C’est toi qui le dis » répondit l’accusé. Le Procurateur romain voulut en savoir plus, sans résultat. Il renouvela sa tentative, en vain. Il faut rappeler que l'interrogatoire se déroulait en public. Tout l'aréopage politique, religieux, administratif et militaire était présent, ainsi que l'ensemble de la population grisée et surexcitée par les événements.
L’attitude de l'accusé muré dans un profond mutisme est étonnante. Alors que les circonstances lui offraient l’occasion de développer les fondements de la religion qu’il prêchait inlassablement, le voici au contraire sans voix. Les idéalistes, les réformateurs, les révolutionnaires et autres novateurs n’ignorent pas que les tribunaux constituent des forums qui sont systématiquement exploités pour les besoins des causes qu’ils professent. Et dans ce procès, Ponce Pilate, ne serait-ce que lui, cherchait à en savoir plus sur la doctrine de Jésus, à connaître les grandes lignes. Mais celui-ci, si loquace et prolixe en d'autres circonstances, ne fut que l’ombre de lui-même. Il ne répondit ni à l'attente de ses accusateurs, ni à celle du public, gardant un mutisme étonnant.
C’est un comportement étrange que justifient éventuellement la frayeur et l'angoisse qui l’étreignirent avant qu’il ne soit arrêté, mais qui ne concorde pas avec l’attitude de dignité que les fidèles étaient en droit d’attendre d’un Fils de Dieu. Les seuls mots qu’il prononça durant le procès qui aboutit à sa crucifixion furent : « Tu l’as dit » (!), dans le sens « C’est toi qui l’affirme. » Une attitude étrange. À moins que là encore, l’argument de la méprise ne joue en faveur de la thèse coranique, étant donné que l’accusé n’était qu’un sosie, complètement débordé par la situation insoutenable dans laquelle il se trouvait plongé, et qui s’est laissé aller à une dérive catastrophique.
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Cependant, malgré tout, les arguments qui plaident le plus en faveur du « doublage » de Jésus, restent sa mort et sa résurrection. Il avait été malmené, battu, crucifié, cloué sur la croix… Les historiens et les scientifiques soutiennent que sa mort est intervenue par asphyxie, car en pareille circonstance, la contracture musculaire empêche l'évacuation de l’air, et par conséquent l’oxygénation des poumons. De plus, alors qu'il avait rendu le dernier soupir, un soldat lui transperça le flanc d'un coup de lance et « aussitôt il en sortit du sang et de l'eau » (Jean 19. 34) qui serait le liquide péricardique contenu dans la séreuse entourant le coeur. Les soldats avaient l'habitude de briser les jambes des suppliciés, cependant ils ne le firent pas pour Jésus qui ne respirait plus, lorsqu'ils arrivèrent jusqu'à lui.
Il avait été crucifié à 9 heures du matin et ne rendit l’âme qu’à trois heures de l'après midi, après six heures d’agonie. Les quatre Evangiles canoniques réagissent différemment à sa mort. Matthieu rapporte que : « Le rideau suspendu dans le temple se déchira de haut en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent, les tombeaux s’ouvrirent et de nombreux membres du peuple de Dieu, qui étaient morts revinrent à la vie et entrèrent à Jérusalem, la ville sainte où beaucoup de personnes les virent. » Face à de tels événements, l’officier et les soldats romains qui gardaient Jésus eurent très peur et s’exclamèrent : « Il était vraiment le Fils de Dieu. » (Evangile selon Matthieu 27. 51 à 55).
Pour Marc, cependant, rien de tel ne se produisit, seul le rideau suspendu dans le temple se déchira et l’officier dit en parlant de Jésus : « Il était vraiment le Fils de Dieu.» (Evangile selon Marc 15.38). Et si le rideau ne s’était pas fendu, le Christ aurait-il été perçu comme le Fils de Dieu ? Le doute lancinant qui torture l’esprit. Mais le rideau se déchira et l’officier païen tira des conclusions, qui étaient plus le reflet de son état émotionnel, que de la raison, puisqu’il ne se convertit pas pour autant. Ainsi des légendes aussi incroyables que l’attribution du Fils Unique de Dieu, naissent et prospèrent grâce ou à cause de la résistance de certains tissus ! Il eut suffi d’un store de meilleure qualité, pour que le monde n’eusse jamais connu cette révolution !
Quelles conclusions tirer de ces récits ? La plus plausible, est que la tendance à l’affabulation ou à l’embellissement outrageuse des récits, semble être innée chez certains apôtres. Car les différences de comportement dans les récits ont bien été introduits par des Evangélistes qui ont vu des événements différents, alors que les acteurs sont restés les mêmes. Si le penchant à l’imaginaire était si prononcé, chez eux qui 87
pouvait les empêcher de faire ressusciter par la suite le Christ, puisqu’ils avaient déjà fait revivre de nombreux morts, il est vrai moins illustres, en leur ouvrant leurs tombeaux et en leur permettant de rejoindre la ville sainte de Jérusalem ?
Alors, que les femmes étaient dans l’expectative, voici que soudain un ange sous les traits d’un jeune homme vêtu de blanc leur apparut et leur apprit que Jésus « était ressuscité des morts. » Effectivement, Jésus se manifesta aux fidèles ébahis et leur précisa qu'on le verrait en Galilée où il se montrerait dans toute sa gloire. Là, il apparut effectivement à nouveau aux disciples, bien vivant et en pleine forme. Les gens purent le voir, le toucher, manger en sa compagnie…et pour quelqu’un de ressuscité, il ne manquait guère d’appétit. L'état de grâce dura quarante jours, à la suite de quoi, il bénit ses disciples et monta au ciel. Personne ne vit rien de l’ascension céleste, mais il était dit qu’il en serait ainsi.
Les positions divergentes entre les trois religions existantes ont été la cause de dissensions et de malentendus, entre les protagonistes. Comme à l’époque des grands déchirements, les Musulmans n’existaient pas encore, cela relativise quelque part, l’importance de leur implication, qui n’a pris forme que 7 siècles après le divorce entre les Juifs et les Chrétiens. Les Israélites ont eu tendance à dévaloriser plus que de raison, celui de leur coreligionnaire, qui est considéré comme un traître pour avoir renié le Judaïsme et s’être tourné vers la nouvelle religion qu’il enseignait. Il a été systématiquement discrédité, ses qualités et ses mérites ont été niées et reniées et des accusations graves et injustifiées ont été portées contre lui.
Les Chrétiens, par contre n’ont vu que le côté angélique de l’Agneau de Dieu. Un Fils de Dieu, ne pouvait effectivement être que parfait, dans tous les domaines, en tout temps et en tous lieux. Aussi les superlatifs élogieux, dont il a été l’objet, alors que nombre d’entre eux, ont été inventés à l’occasion, ne pouvaient que refléter la sublimité d’une nature supposée être divine, qui a été confectionnée de toutes pièces afin de tirer parti des retombées qui ne manqueraient pas de se produire.
L’apparition de « Jésus » en chair et en os, et de surcroît bien portant et doté d'un solide appétit, trois jours après « sa crucifixion », prouve à l'évidence qu'il ne s'agit pas de la même personne que celle qui a été battue, malmenée, crucifiée, clouée, perforée à coups de lance, asphyxiée, vidée de son sang et de son liquide péricardique, enveloppée dans un suaire, et enterrée dans une tombe dont l'entrée a été obstruée par
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un rocher. L'explication la plus plausible voudrait que cet homme disposant de toutes ses forces, ses facultés et ses moyens, ne soit jamais passé entre les mains de bourreaux criminels et de tortionnaires qui l'auraient brisé moralement et physiquement.
En outre, le fait qu’il était traqué par l’ensemble de la communauté israélite, ainsi que par le système policier et militaire romain, ne le prédisposait guère à surgir au beau milieu de la foule, à haranguer les gens et à demeurer libre de ses mouvements et de ses paroles pendant quarante jours, sans que ses nombreux et dangereux ennemis se manifestent le moins du monde, sachant qu’il était l’ennemi public numéro un. Une telle version des faits a de quoi surprendre tous les observateurs neutres. Puisque trois jours auparavant, le pays entier, était sens dessus dessous, pour l’arrêter et l’éliminer. Comment un fugitif, pourchassé par tout le système répressif du pays, pouvait-il se manifester, pendant plus d’un mois dans l’indifférence et l’apathie générale, alors que le pays était en ébullition justement en raison de ses discours enflammés qu’il fallait réduire au silence ?
Cela confirme la position du Coran qui atteste que Jésus n'a pas été crucifié, mais que dans l'extrême confusion qui régnait à l'occasion de ce simulacre de procès, les Israélites exécutèrent un autre homme qu’ils auraient pris pour le Messie. Certaines sources citent le nom de Judas, l’un des douze apôtres, qui aurait trahi le Christ et qui aurait ainsi payé sa forfaiture au prix de sa vie. Nombre d’auteurs évoquent d’autres personnes, dont les noms divergent, mais c’est bien là la preuve de leur incertitude. Toutefois, il semble plus probable, sans que cela ne soit aucunement certifié, que l’homme en question s’appelait Simon de Cyrène qui revenait des champs.
Les soldats romains, l’obligèrent à porter l’énorme croix sur laquelle allait être crucifié « Jésus », qui était à bout de forces. Simon fur chargé de la croix et marchait péniblement derrière le Christ, jusqu’au lieu de l’exécution qui s’appelait Golgotha, signifiant : « Le lieu du crâne ». En ce vendredi matin, la foule était surexcitée, le soleil tapait fort et la pagaille régnait partout. Aucune raison ne plaide pour écarter l’hypothèse d’une méprise qui aurait été fatale au porteur de la croix, lorsqu’il arriva sur les lieux de l’exécution, en le payant de sa vie. La mésaventure qui est arrivée à Simon de Cyrène est rapportée aussi bien par Matthieu (27. 32) que par Luc (23. 26).
Cette éventualité est d’autant plus plausible, que les soldats qui veillaient sur l’exécution avaient à leur disposition du vin mélangé à une
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drogue, la myrrhe, et qu’ils en consommaient sans modération, avec toutes les conséquences qui pouvaient en résulter. Selon les Evangiles, ils en offrirent même au Christ ou à son sosie, par dérision, mais celui-ci refusa. Une version qui confirme le récit coranique selon qui le Christ n’a pas été crucifié et qu’il aurait été confondu avec quelqu’un d’autre. Elle justifie le comportement de « Jésus », lors de sa capture, son mutisme pendant le procès, ainsi que la réaction de Judas devant le « sang innocent », et celle de Pierre qui affirmait « ne pas connaître cet homme ». Sans compter que cette perspective permet de rester dans une logique cohérente et conséquente et de ne pas outrepasser les lois universelles et les limites de la nature humaine, qui font que jamais un Prophète n'a été exécuté et enterré, et qu'il ressuscite, comme si de rien n’était en retrouve toute sa verve et son allant.
Ceux qui maintiennent contre vents et marées que le Messie a bien été crucifié, et qu'il est revenu à la vie grâce à un miracle divin, doivent savoir que l’Islam ne s'oppose guère aux manifestations divines, bien au contraire. Les Musulmans sont convaincus que la Toute-puissance du Seigneur de l’univers est à ce point illimité, que le pouvoir de ressusciter Jésus, l'ensemble de l'humanité et la totalité des civilisations extraterrestres, ne constitue qu'une infime parcelle de Son Omnipotence. Puisque de telles résurrections auront lieu le jour venu, celui du Jugement Dernier, lorsque l’ensemble des êtres créés, reviendront à la vie, pour affronter la Justice divine. Cependant en l'espèce, et afin de ne pas déroger aux lois qui gouvernent l’univers, le Messie n'a pas été crucifié, il n’est pas mort sur la croix et n'est pas revenu à la vie.
Si l’Eglise chrétienne estime qu'un miracle est à l’origine de cette résurrection, elle doit admettre que la confusion régnante a pu substituer une personne à une autre. Tout simplement. Une telle permutation demande beaucoup moins de compétences au Dieu du ciel, que de rendre la vie à un mort, de le remettre d'aplomb et de le requinquer en deux jours, bien que tous les miracles et les prodiges soient également faciles au Seigneur de l'univers. En tout état de cause, l'histoire de sa mort et sa résurrection ne peuvent être attribuées au Messie, puisque si celui-ci, ainsi qu’il est admis communément est l’auteur de l’Evangile, il n'aurait pas été en mesure d'annoncer sa propre fin et sa résurrection.
D’autant qu’une fois revenu à la vie, il n’a plus délivré de message évangélique, laissant supposer que le récit le concernant a été écrit par des disciples, qui n’avaient en vue que d’embellir les événements pour leur donner un attrait encore plus irrésistible. Aujourd’hui, les historiens 90
ont réuni assez de preuves pour soutenir qu’effectivement, les quatre Evangiles canoniques ont été composés durant une période de 40 à 200 ans, après la disparition du Christ, alors que les Evangiles apocryphes ont continué à paraître encore plus tard. Des éléments qui confortent la position coranique, pour qui les faits relatifs à la crucifixion et à la résurrection du Christ, ne seraient que des additions postérieures à l'enseignement de Jésus, dont le rôle était de magnifier le pouvoir en place, de l’assimiler pratiquement à une structure céleste, à laquelle il ne faisait pas bon de s’y opposer. Sans quoi, les tribunaux de l’inquisition étaient là pour le rappeler aux farfelus et aux originaux.
L'attitude du Livre Sacré des Musulmans n'est pas aussi dépourvue d'intérêt et d’arguments, que le prétend l’Eglise chrétienne. De nombreuses innovations ont été introduites au sein d'un enseignement ecclésiastique qui ne doit rien aux révélations du Messie ou aux Evangiles, fussent-ils canoniques. Le dogme de la Trinité, par exemple qui représente Dieu Unique en trois personnes, coexistantes, consubstantielles, coéternelles, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, a été institué des siècles après l’avènement du Christ et la publication des Evangiles. Car de son vivant, Jésus en personne, ignorait qu’une telle structure pouvait exister ! Ce n’est pas donner plus d’autorité et de valeur à l’Eglise, de démontrer que le « Dieu vivant », méconnaissait jusqu'à l’existence de la Trinité.
Dans les Actes des apôtres, second livre de Luc (le premier étant l’Evangile), qui a été composé, des décennies après la disparition de Jésus, apparait pour la première l’existence de la Trinité : « Les apôtres ont eux aussi reçu le Saint-Esprit sous l'apparence de langues de feu, qui se posèrent sur chacun d'eux. A partir de là, ils se mirent à parler des langues étrangères (qu’ils ne connaissaient pas auparavant) et furent chargés d’évangéliser les hommes en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, les trois personnes de la Trinité. » Ce que Jésus n'avait jamais fait auparavant. Etait-il diminué en matière de foi par rapport aux évangélistes, pour cacher la réalité d’une Trinité, ou en ignorait-il effectivement l’existence ? Dans un cas comme dans l’autre, les arguments ne plaident guère en sa faveur.
Les apôtres ont pris la liberté de donner corps à une Trinité qui était méconnue du Christ, et qui allait devenir au cours du temps, le dogme primordial de l’enseignement chrétien. Mais, ce qui peut paraître ahurissant, ne l’est pas en réalité, parce qu’il a été noyé dans la masse des innovations, qui toutes sortaient de l’ordinaire. De nombreuses additions
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allaient voir le jour au fur et à mesure du temps, notamment à travers l’institution des conciles, pour donner toujours plus de poids à une Eglise qui se devait d’être imposante et majestueuse afin de régenter l’humanité. Dans le but de rationnaliser les versions contradictoires qui avaient cours alors, car les différentes tendances du Christianisme, ne raisonnaient pas au même diapason, le concile de Nicée (Constantinople) qui s’est tenu, de 325 à l’an 381, de l’ère chrétienne (soit quatre siècles, après la disparition du Christ), définit les autres points du dogme à savoir : 1. Que Dieu est le Père. 2. Que Jésus est le Fils Unique de Dieu. Dieu de Dieu. Lumière de Lumière. Vrai Dieu de vrai Dieu. 3. Que le Saint-Esprit, Seigneur et Vivificateur, procède du Père.
La Vierge Marie qui n’appartient pas à la Trinité était considérée de tout temps comme la mère du Christ (Christotokos). Cependant, à partir du Concile d’Ephèse tenu en 431, elle se voyait proclamée en qualité de Mère de Dieu (Théotokos). La « logique » s’explique par le fait qu’elle était la mère du Fils de Dieu. Aussi, de mère d’homme, elle acquit par décision conciliaire, la qualité de Mère de Dieu ! La décision de conférer une qualité aussi surprenante à la Vierge a entraîné le schisme de l’Eglise d’Orient (ou nestorienne), en raison de l’opposition du Patriarche Nestorius de Constantinople qui jugeait l’initiative scandaleuse. Son hostilité lui valut d'être condamné et banni, par l’Eglise romaine.
Les innovations de l’Eglise chrétienne, ne furent pas toujours acceptées et furent la cause de nombreuses dissidences et de schismes majeurs. En 587, un concile tenu à Tolède (Espagne) avait admis que le Saint-Esprit ne devait pas procéder seulement du Père, tel que cela avait été arrêté au quatrième siècle, mais également du Fils. Pareille conception était aussi « logique » que celle concernant la Vierge Marie, qui a été divinisée, car tout ce qui touche au Père doit affecter le Fils, mais aussi la Mère et le Saint-Esprit. Puisque toute la famille était embarquée sur le même bateau. Il n’était pas question de favoriser quelques uns au détriment d’autres. Et, de fil en aiguille, les innovations successives firent sombrer la religion chrétienne dans le déviationnisme. Cependant elle réfuta énergiquement cette accusation et en fit porter le chapeau aux nombreuses minorités qui se manifestaient et qui n’avaient pas le poids suffisant pour s’imposer face à la toute-puissance du clergé. L’Eglise souveraine était une institution d’émanation divine et pas conséquent inattaquable et hors de portée des lois humaines
Néanmoins, la détermination de faire procéder le Saint-Esprit simultanément du Père et du Fils, rencontra des réticences et ne fut pas 92
admise officiellement. La situation perdura jusqu'en 794, année où Charlemagne, futur Empereur d'Occident décida de l'entériner par décret... Sa puissance militaire et politique lui donna force de loi et de dogme. Il n’était plus question de louvoyer ou qu’un pape vienne s’y opposer sans se faire envoyer ad patres. Charlemagne qui était supposé obéir aux papes de la chrétienté, leur donne des ordres à exécuter illico presto. Et gare aux récalcitrants ! Alors, malgré eux, ils approuvèrent publiquement ce qu’ils réprouvaient secrètement, puisqu’il était impossible de faire autrement, sans pertes et fracas. D’autant qu’ils étaient partisans de l’ordre établi, qui leur permettait de rayonner sur toute la papauté. Aussi les scrupules n’étaient pas de mise. Après son adoption par l'Eglise romaine, cette décision allait être une des causes principales du schisme de l'Eglise orthodoxe au 11 ème siècle. L'affaire connue sous le nom de Filioque entraîna une suite de péripéties qui virent le Pape Nicolas 1 er excommunier le patriarche de Constantinople Photius (863), lequel pour ne pas être en reste, anathématisa à son tour le Pape qui l’avait bouté hors de l’Eglise, suite à un concile tenu en 867. Les papes et les patriarches s’amusaient comme des fous en s’excommuniant réciproquement ! C’était à qui tenait le plus longtemps en place.
Deux siècles plus tard, les héritiers spirituels reprirent la lutte tout aussi déterminée et implacable ; les légats du Pape Léon IX déposèrent une formule d'excommunication contre le Patriarche de Constantinople, Michel Cérulaire qui leur renvoya la balle derechef en les frappant d’anathème à son tour la même année (1054). Et c’était reparti comme en 14-18 ! Les problèmes nés des différences d’interprétation et d’orientation s’étaient déjà manifestés en 451, lors du Concile de Chalcédoine, lorsque Jésus avait été reconnu comme une seule personne en deux natures, humaine et divine, alors qu'une vingtaine d'années plus tôt (429-431), la nature humaine avait été déclarée blessée par le péché originel, commis par Adam et Eve, impliquant que l’humanité avait à supporter, malgré elle, le lourd fardeau qui lui a été imposé par la Bible juive, 30 siècles plus tôt, et par l’Eglise chrétienne, cinq siècles après la disparition du Christ, même si celui-ci a été à son corps défendant, celui qui a payé les pots cassés de tout le monde !
L’Islam et la religion musulmane dénient ce genre d’accusations, car la responsabilité ne saurait être qu’individuelle et personnelle et ne peut être collective, résultant d’une antériorité séculaire. Aussi, ceux qui ne veulent pas se présenter devant l’Eternel, chargés de péchés, avant même d’avoir prononcé les premiers balbutiements de la vie, savent quel chemin ils doivent emprunter. Quel est donc le crétin qui a décrété que
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les lois n’avaient pas d’effet rétroactif ? Heureusement que l’Eglise veille au grain, déjouant les manoeuvres stupides des législateurs en herbe et un peu morveux sur les bords, qui se plaisent et se complaisent à édifier un ordre immoral où l’on n’était puni que pour ce qu’on avait fait. Dorénavant, on était maudit, même pour ce que les autres ont pu commettre comme injustice. Quelle chance !
Cependant, les mutations ne se sont pas restées cantonnées aux Moyen Age. En 1870, il y a un peu plus d’un siècle, lors du Concile Vatican 1, le Pape fut déclaré à nouveau infaillible en matière de dogme. Il avait déjà bénéficié de cette infaillibilité auparavant, mais nombre d’institutions non catholiques refusaient d’admettre cette éminente qualité, pourtant qui coule de source. Car un pape ne peut se tromper, quoi qu’il fasse il reste dans la rectitude. Même le Dieu biblique n’était pas aussi doué, puisque selon l’Ancien Testament, il aurait commis nombre de gaffes et d’impairs, qui auraient été indignes d’un pontife. Heureusement que depuis cette date, les décisions du Chef de l'Eglise romaine, redevenaient à nouveau parfaites et exemptes d’erreurs, au même titre que les Commandements divins, et il n’était pas question de faire dans la demi mesure. Sauf si un autre pape le décidait. Alors, tout était permis, et remis en cause et en question, puisque lui aussi était infaillible. S’il venait à lui plaire de condamner son prédécesseur, il était dans son droit absolu et ne se privait guère de le faire.
En l’an 1950, vingt siècles après le déroulement des faits, une nouvelle inspiration poussa l’Eglise à reconnaître que la Vierge Marie est montée au ciel avec son corps, imitant en cela Jésus qui l'avait précédé en ayant recours à ce miracle. Là encore, pas question de faire dans le favoritisme ; la mère est au même niveau que le Fils divin. Il va sans dire que ces additions ne faisaient pas partie de la doctrine chrétienne initiale, mais qu'elles ont été introduites au fur et à mesure de l'évolution de l'Eglise. Cette tendance remonte loin dans le temps. Le fait de perdre les traces des manipulations antérieures, arrange beaucoup de monde au sein des structures officielles.
Pour le Coran ces innovations ont été incorporées par les docteurs de la Loi, les prêtres et les scribes, de même que celles qui portent sur la divinité de Jésus, sa crucifixion, sa résurrection... Les interventions successives visaient à donner des attributs divins à Jésus de façon à le présenter comme un Etre supérieur, sans commune mesure avec l'envergure des autres Prophètes. Des voix se sont élevées parmi le clergé afin de dénoncer une situation qui s'avère dangereuse et risque d’apporter
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des résultats contraires à ceux escomptés. Voici ce qu'écrit à ce sujet, Michel Lelong, Prêtre catholique et Consulteur du Secrétariat du Vatican pour les relations avec les religions non chrétiennes : « ...Si le Christ revenait parmi nous aujourd'hui, peut être dirait-il aux Chrétiens de parler moins de lui et plus de Celui qu'il appelait « Son Père ». L'auteur estime que cette question est capitale et « l'on assiste dans certaines assemblées chrétiennes à une nette tendance à la désacralisation qui conduit à parler de l'homme plus que de Dieu, et de Jésus Christ, plutôt que de « Celui qui l'a envoyé ». Il y a là un vrai problème, car si l'on examine attentivement les publications catholiques, et plus encore peut être protestantes, on y trouve cette tendance à parler de Jésus-Christ, beaucoup plus que de Dieu et parfois même sans nommer Dieu. »…
Faut-il vraiment s'étonner de ce comportement et des sentiments que les fidèles manifestent face à la tendance de minimiser l’importance de Dieu au profit de celle du Christ ? Depuis 2 000 ans, leurs structures n’ont cessé de glorifier le Christ, en l’élevant ont à l’égal du Seigneur de l’univers. Ils lui ont reconnu des attributs hors de proportion avec sa nature. Il a été doté de facultés identiques au Père, alors qu’il était plus proche de l'homme que Celui-ci. Comment dès lors exprimer sa surprise de le voir ravir la primauté au Seigneur et de passer au premier plan ? Il a été reconnu comme le Vrai Dieu de vrai Dieu, Celui qui s'est sacrifié pour racheter l'humanité. Mais aujourd'hui, certains parmi ceux-là mêmes qui ont procédé à sa distinction et à sa glorification outrageuse, ressentent que les choses sont allées trop loin. Ainsi Lelong comme d’autres hommes de religion, s’inquiète à juste titre du changement des valeurs. Il juge « non seulement légitime, mais nécessaire de réagir face à la tendance à parler du Christ sans nommer Dieu. »
Cependant, avec tous les pouvoirs extraordinaires dont a été investi le Fils, il est douteux que quiconque soit en mesure, ou veuille le ramener à son rôle de Prophète et d’Elu de Dieu. Son omnipotence est trop ancrée dans la conscience populaire des fidèles, pour prétendre renverser la tendance et redonner à Dieu, Son rang d'Etre Suprême et Unique et à Jésus son statut de Messager de Dieu. Ce serait remettre en cause tout l'enseignement dispensé jusqu’alors et présenté comme le seul à être véritable et fondé ! L’Eglise chrétienne est arrivée à façonner une religion à la mesure de ses ambitions. Les nouveautés introduites comptent plus que le Message communiqué par Jésus et contredisent l'élémentaire logique d'un héritage censé puiser ses sources dans les révélations précédentes, qu’elles soient bibliques, où qu’elles remontent encore plus loin, jusqu’aux premiers pas adamiques
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Le Coran dénonce cette situation confuse lorsqu'il exhorte les intéressés à ne pas se porter vers les excès et les abus, qui dans tous les cas desservent la cause qu’ils sont censés promouvoir : « O gens du Livre (Chrétiens), ne soyez pas excessifs dans votre religion. Ne vous conformez pas aux gens qui se sont égarés avant vous et qui en ont égarés beaucoup d'autres hors du droit chemin. » (Coran 5. 77). Ou encore concernant la divinité de Jésus et l'existence de la Trinité : « Ce ne sont que des infidèles ceux qui disent : « Dieu est le Messie, fils de Marie. » Le Messie n'a-t-il pas dit lui-même : « Ô fils d'Israël, adorez Dieu, mon Seigneur et le vôtre. Celui qui reconnaît des associés à Dieu, Dieu Lui interdira l'accès du Paradis. Il aura l'enfer pour séjour. Il n'existe pas de défenseurs pour les injustes. »
« Oui, ce sont des impies ceux qui disent : « Dieu est la troisième personne de la Trinité. » Il n'y a de Dieu qu'un Dieu Unique. S'ils ne renoncent pas à leurs propos, un terrible châtiment les attend. Ne se repentiront-ils pas ? Ne lui demanderont-ils pas pardon ? Dieu est Celui qui pardonne, Il est Miséricordieux. Le Messie, fils de Marie n'est qu'un Prophète comme tant d'autres qui l'ont précédé. Sa mère était juste. Tous deux se nourrissaient d'aliments (à l'instar de tous les êtres humains). C'est ainsi que Nous montrons Nos Signes et vois comment ils s'en détournent. » (Coran 5. 72 à 75).
L’attitude du Coran est restée constante face aux changements introduits dans l’enseignement judéo-chrétien. Il est inconcevable de penser que si le Messie avait été le Fils de Dieu, cette réalité ne serait pas apparue à travers les Messages véhiculés par tous les Prophètes bibliques et autres depuis Adam. Or, quitte à le répéter, jamais aucun d'entre eux ne s'est arrogé le droit de révéler quelque chose en ce sens. Car les notions de Fils de Dieu et de Trinité ont été inventées, afin de donner plus d'éminence à un enseignement déjà prestigieux, que l’Eglise voulait récupérer à son seul profit, mais sans prendre la nécessaire précaution de savoir s’en tenir à la raison.
Du point de vue historique, Le Christ n’est d’ailleurs pas la seule personne célèbre à avoir bénéficié de cette substitution de personnes, au point d’engager l’histoire, et par voie de conséquence, les médias et la croyance populaire sur de fausses pistes. De nombreux autres exemples existent dans l’histoire des institutions occidentales, ou des personnages importants ont été remplacés par des sosies et des hommes de paille, pour induire en erreur ceux qui aspiraient à leur disparition.
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LE PARACLET ET L'ANNONCE DE LA MISSION PROPHETIQUE DE MOHAMMED
L'Ancien Testament a toujours adopté une position claire vis-à-vis des faux prophètes et des manipulateurs d’opinion. De nombreux passages attestent sans ambages que Dieu ne permettra jamais que les mystificateurs puissent réussir dans leur entreprise mensongère et trompeuse. Voici quelques exemples de cette attitude qui est restée constante tout au long des siècles. Dans le Livre de Jérémie, Dieu déclare qu'Il s'attaquera « aux soi-disant prophètes qui confondent leurs paroles avec la Sienne et égarent le peuple. » (Jérémie 23. 30). Dans le Livre d'Ezekiel, Il annonce « qu'il déclenchera un malheur contre les (faux) prophètes insensés qui suivent leur propre inspiration et inventent des visions.» (Ezekiel 13.3). Le Livre de Michée prédit : «la fin des faux prophètes, appelés à sombrer dans l'obscurité (Michée. 3. 6) Alors que le Livre de Zacharie « incite les parents à tuer leurs fils qui prêchent le faux. » (Zacharie 13. 3).
D'une façon générale, la tendance qui se dégage de l'Ancien Testament est que Dieu n’hésitera pas à annihiler toutes les tentatives des faux prophètes et à détruire leur argumentation et leur enseignement. Il s’agit d’une ligne de conduite immuable, car le danger de voir émerger de fausses croyances était grand. C'est ainsi que le faux prophète qui s'opposa à Jérémie perdit la vie et que de nombreux usurpateurs cités par la Bible, subirent le même sort. Il n'existe pas un seul cas où un imposteur usant de la qualité d'Envoyé de Dieu a vu sa mission couronnée de succès. Cette règle ne concerne pas les communautés soumises à une idéologie basée sur une autre forme de croyance, comme l'athéisme, le marxisme, le fétichisme, l'animisme…etc. Ce faisant, ces tendances se sont éloignées délibérément du monothéisme, qui dès lors n’est plus reconnu dans son fondement et leur inclination à l’incroyance ne leur permettait plus de se revendiquer d’une divinité quelconque
Les énergumènes qui se prévalent faussement de Dieu et attribuent leurs paroles au Seigneur, sont ceux qui ont pu bénéficier de la crédulité
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des gens temporairement, avant que la réalité ne se manifeste et qu'ils soient démasqués et châtiés. Car il est dans l'ordre des choses qu'ils ne puissent opposer leur enseignement trompeur à celui du Créateur de l’univers, ni qu’ils soient en mesure d’inventer des propos qu'ils pourraient lui imputer, ni qu’ils possèdent la faculté d’imposer le mensonge au détriment de la vérité ou qu’ils disposent de la faculté de persister dans l'erreur indéfiniment et d’entraver la Volonté divine et que cela reste sans conséquence. Leurs discours devaient invariablement disparaître et eux-mêmes s’exposaient aux rigueurs de châtiments exemplaires. Faute de quoi, les faibles d'esprit ou les criminels auraient pu croire qu'ils possédaient la capacité de se dresser contre le Seigneur de l’univers et d’accorder un crédit injustifié à leurs déclarations et à leurs proclamations insensées. Mais il n'en reste rien, leur puissance a été exterminée, leur éloquence réduite au silence et leurs traces effacées.
Les Evangiles n’ont pas manqué, eux aussi de mettre en garde les fidèles contre les faux prophètes et les charlatans, qui effectivement, ne manquèrent pas de se manifester, produisant nombre de miracles et de prodiges afin d'éblouir les gens crédules et de les attirer à leurs causes dévoyées. Les Livres de Matthieu, Marc et Luc parlent « des faux messies et des faux prophètes qui se lèveront et feront des signes et des prodiges pour égarer les élus. » Or ces appréhensions attribuées au Christ étaient bien fondées, puisque l’histoire de l'Eglise révèle que de faux prophètes sont effectivement apparus parmi les membres de la communauté naissante pour prêcher des enseignements qui ne devaient rien aux révélations divines.
Aux premiers temps de l'Islam, nombre d’individus qui se prétendaient mandatés par Dieu, surgirent pour imiter le Coran et prôner de nouveaux principes de vie qui étaient en contradiction avec les préceptes islamiques. Mais les mystificateurs disparurent dans la tourmente de leurs funestes prédications. Ils connurent la disgrâce, et une mort violente. Leurs révélations furent détruites et leurs disciples décimés. Tous ces faits, confirment la justesse des écrits bibliques relatifs à ce sujet. Quelques cas typiques de ce genre d'agissements qui se sont heureusement soldés par des échecs retentissants, seront développés plus loin. Le seul Prophète véritable, dont la vocation et le succès ne doivent rien aux miracles ni aux prodiges, qui connut un retentissement mondial et dont la religion, quatorze siècles après ne cesse de progresser, a été justement Mohammed, le Prophète de l’Islam, que le Salut et la Bénédiction de Dieu soient sur lui. L'annonce de son apostolat fut prédite par Jésus et consignée dans l'Evangile. Mais pour des raisons qui la 98
concernent car ils menacent directement ses intérêts, l'Eglise chrétienne dénie toute allusion à sa venue.
Selon le Coran pourtant, l’avènement du Prophète Mohammed fut divulgué par le Christ en personne, aux Israélites qu'il s'efforçait de convertir à la nouvelle religion. Voici comment le Livre Sacré des Musulmans rapporte ces faits : « Jésus, fils de Marie dit : « Ô fils d'Israël, je suis vraiment le Messager de Dieu, envoyé vers vous pour confirmer ce qui existait avant moi de la Torah, et pour vous annoncer la bonne nouvelle d'un Prophète qui viendra après moi et dont le nom sera Ahmed... » (Ahmed est l’équivalent de Mohammed, en arabe). Mais, lorsque celui-ci vint à eux, avec des preuves évidentes, ils dirent : « C’est là, de la magie manifestement. » Qui donc est plus injuste qui forge un mensonge contre Dieu ? Dieu ne dirige pas un peuple injuste. Ils veulent de leur bouche éteindre la Lumière d’Allah, mais Allah parachèvera Sa Lumière en dépit de l’aversion des mécréants. C’est Lui qui a envoyé Son Messager avec la Direction et la religion de vérité, pour l’élever au-dessus de toute autre religion, en dépit de l’aversion des incrédules. Ô croyants ! Vous indiquerai-Je, un commerce qui vous sauvera d’un châtiment douloureux ? Croyez en Allah et en son Messager ; vous combattrez dans le chemin de Dieu avec vos biens et vos personnes ; cela vous est bien plus profitable, si vous saviez ! Dieu pardonnera vos péchés ; Il vous introduira dans des vergers où coulent les ruisseaux, aux demeures agréables, dans les jardins d’Eden. Voilà un bonheur sans limite ! » (Coran 61. 6 à 12).
Les Evangiles canoniques ne reprennent pas à leur compte la première partie de cette citation relative à la venue d’un Prophète. Rien n'est mentionné en ce sens dans les Livres de Matthieu, Marc et Luc. Par contre, l'Evangile de Jean, le dernier Evangile chronologiquement et qui diffère sensiblement des autres en rapportant nombre de faits inconnus des précédents, parle de « Celui qui viendra après Jésus »... (Jean 16).
Selon la version officielle de l'Eglise, et le texte évangélique aidant, le passage en question prédit, non pas la venue d'un Prophète, mais celle d'un Esprit connu sous le nom d'Esprit Saint, qui était destiné à guider les Chrétiens sur le chemin tracé par Jésus. Voici comment s'exprimait Jean dans son Evangile : « Celui qui doit vous aider viendra. C'est le Paraclet, l'Esprit de Vérité qui vient du Père. Il parlera de moi, et vous aussi vous me rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi depuis le commencement...Maintenant, je m'en vais auprès de Celui qui m'a envoyé et personne ne me demande: « Ou vas-tu ? » Mais l'affliction a
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rempli votre coeur parce que je vous ai dit cela. Cependant, je vous dis la vérité. Il est préférable pour vous que je m'en aille, car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas. Mais si je pars, je vous l'enverrai. Et lui par sa venue, il prouvera aux gens qu'ils se trompent au sujet du péché, au sujet de ce qui est juste et au sujet du Jugement de Dieu…J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous n'êtes pas en mesure de les supporter. Quand l'Esprit de vérité viendra, il vous conduira dans toute la vérité. Il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira tout ce qu'il aura entendu et il vous annoncera tout ce qui doit arriver. Il relèvera ma gloire, car il recevra de ce qui est à moi. C'est pourquoi j'ai dit qu'il vous communiquera ce qui est à moi. » (Jean 15. 26 et 16. 1 à 15)
Or ce récit est en contradiction avec les déclarations antérieures de Jean l’Evangéliste. Puisque ce dernier relate les déclarations du Prophète Jean-Baptiste (Yahia, dans le Coran), qui chronologiquement avait précédé le Christ et qui avait dit : « J’ai vu l’Esprit-Saint descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui (sur Jésus). Je ne savais pas encore qui il était, mais Dieu qui m’a envoyé baptiser avec de l’eau, m’a dit : « Tu verras l’Esprit descendre et demeurer sur un homme ; c’est lui qui va baptiser avec le Saint-Esprit. » (Evangile de Jean. 1.32) Le Saint -Esprit était déjà présent dès le début de la mission de Jésus ; par la suite, il se manifesta à plusieurs reprises, et jamais personne n’employa le terme de Paraclet pour le désigner. Le Saint-Esprit restait le Saint-Esprit et le Paraclet d’une autre nature. Du reste l’Esprit du Seigneur existait avan l’apparition du Christianisme, puisque l’Ancien Testament juif y fait souvent référence. Aussi, on voit mal, comment à postériori, l’Eglise chrétienne essaie d’assimiler le Paraclet, au Saint-Esprit, uniquement dans le but d’éliminer toute référence à l’apparition du Prophète Mohammed, que le Salut et la bénédiction d’Allah soient sur lui.
Les Musulmans sont convaincus que le texte en question décrit bien le Prophète de l’Islam, qui est désigné par « Celui qui doit venir ». Le terme « Paraclet », utilisé en français, dérive du grec « Paraklêtos », qui signifie « défenseur », « avocat » ou « quelqu'un qu'on appelle à son secours. » Il a été traduit de la langue araméenne dans laquelle s'exprimait Jésus, et dont les textes originaux n’existent plus, vers le grec, des décennies plus tard. Aussi, personne n’est en mesure de garantir que le Paraclet désignait un esprit plutôt qu'un homme, sauf dans l’optique de combattre l’apparition d’un être humain comme Prophète.
Etant donné que Jean fut le seul évangéliste à rapporter cet épisode, son témoignage reste sujet à caution. Pourquoi ni Matthieu, ni Marc, ni 100
Luc n'en soufflent mot ? Il est vrai qu’il a été aussi le seul à citer d'autres récits, par exemple le mariage à Cana (2. 1 à 12), le paralysé de Bethzatha (5. 1 à 18) ou l'aveugle de naissance (9. 1 à 41). Mais le thème du Paraclet est autrement plus important. Il constitue l'héritage spirituel de Jésus et a été prononcé lors du dernier repas de la Cène, regroupant ce dernier et les douze apôtres réunis. A ce titre aucun des évangélistes ne devait l'ignorer. Pourtant il a été passé sous silence. L'hypothèse la plus vraisemblable pour expliquer cette attitude étonnante réside certainement dans le fait que le mot en araméen ou en hébreu qui est une langue proche, ne correspondait pas au sens de « Saint Esprit » ; il aurait été modifié, afin de ne pas introduire un élément de discorde au sein d'un mouvement qui commençait à s'épanouir avec vigueur. Car, en annonçant la venue d’un homme, par conséquent d’un Prophète et d’un Messager de Dieu, cela sous-entendait que le Christianisme ne serait plus cette religion triomphante qui a trôné durant des siècles sur le monde et qu’elle aurait à se confronter désormais à un nouvel enseignement, situation qui ne se justifie que dans la mesure où cette religion, aurait perdue de son authenticité.
Comme l’événement prédit aurait été dangereux pour l’Eglise, puisqu’il supposerait sinon sa disparition, du moins son éviction de la direction des affaires planétaires, les intéressés ont introduit la notion d'Esprit-Saint dans l'Evangile de Jean. Une hypothèse qui expliquerait que le Paraklêtos ne soit pas mentionné dans les trois premiers Evangiles et qu'il réapparaisse sous la forme d'un « Esprit » dans le dernier. Or un esprit est autant évanescent que malléable pour ceux qui l’utilisent. L’exemple du Saint-Esprit qui faisait et défaisait selon les intérêts de l’Eglise en est un exemple parfait. Jamais il n’est venu contredire une décision pontificale ou conciliaire. Par contre, il était toujours disponible pour approuver et confirmer, ce qui donnait un poids considérable à l’autorité qui l’utilisait, évidemment à bon escient. Pourquoi se compliquer la tâche en affrontant un homme, qui pouvait tout remettre en cause tandis que l’esprit ne faisait rien d’autre qu’acquiescer ? Cela aurait été du plus mauvais goût alors que l’Eglise chrétienne avait un penchant marqué pour le raffinement, la distinction et la glorification.
Certains commentateurs ont contesté le sens du mot « Paraklêtos ». Ils avancent qu'il s'agit d'une déformation de « Periklytos », lequel signifiait à l'origine « digne d'être loué ». Précisément, le nom du Prophète Mohammed correspond en arabe à l’expression « digne d'éloges, comblé, digne d'être loué. » D'autres attestent que le mot utilisé est « Periklutos » qui veut dire « glorieux »
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Les spécialistes prétendent qu’un Esprit, fut-il saint ne saurait s'accorder avec les Evangiles. Ils notent l'utilisation de formules telles : « Il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira ce qu'il aura entendu» La faculté d'entendre, de parler ... relève de la constitution d'un être doté de fonctions organiques, ce qui est incompatibles avec un esprit qui est par définition, une émanation incorporelle. D'où la conclusion que la notion d'Esprit-Saint, a été introduite après coup. Ils soulignent qu'il existe une étrange coïncidence et une évidente relation entre l'affirmation de l'Evangile qui précise que « le Paraclet ne parlera pas de sa propre initiative, qu'il rapportera ce qu'il aura entendu... » et la position du Coran selon laquelle « le Prophète Mohammed ne parle pas sous l'emprise de son inspiration, mais ne fait que dévoiler les révélations qui lui sont communiquées. » (Coran 53. 3 à 5).
La juxtaposition des citations coraniques et évangélique, leur concordance évidente ainsi que la forte possibilité que le Paraclet soit un être humain sont des arguments qui renforcent la position des exégètes musulmans. Il est d’ailleurs impossible de garantir que le mot Paraklêtos désigne l'Esprit Saint, à l'exclusion de toute autre interprétation. La traduction de l'araméen vers le grec, puis une tradition orale véhiculée pendant plus d'un siècle n'ont pu s'effectuer, sans quelques anicroches et sans tordre le sens d’un mot qui déjà donnait lieu à des interprétations différentes. Le restreindre uniquement pour satisfaire la partie qui l’ulisait à son avantage, dénote un parti pris de mauvais aloi. De plus, ainsi que le constate Angelo Alberti dans son livre intitulé : « Le Message des Evangiles » : Il existe dans le grec de la Bible (un peu sémitisant), des mots qui, traduits de façon littérale, prendraient une signification différente de celle qu'ils avaient à l'origine. Par exemple, le mot « justice » a dans le grec de la Bible quatre significations : Justice (vertu par laquelle on donne à chacun son dû ; religion (vertu qui fait croire en Dieu et travailler à Sa Gloire ; vertu (observance parfaite des commandements), sainteté (état de perfection particulière aux yeux de Dieu). Dans la langue courante en revanche, le mot « justice » n'a que le premier de ces sens. Il est donc nécessaire de choisir entre ces quatre significations celle qui est la mieux adaptée au texte. »
Ainsi, un mot comme « Paraklêtos », à fortiori lorsque son origine exacte, ne peut être établie, est en mesure de se prêter lui aussi à des explications diverses, dont le sens est parfois opposé. Le cantonner au seul Esprit-Saint, limite la portée du texte et dénature son contenu. C’est à se demander à juste titre si le choix d'un esprit à la place d'un homme, est à ce point important pour justifier l'intérêt porté à ce sujet et la
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bataille philologique engagée, pour en retirer les dividendes. La réponse se trouve contenue tout aussi bien dans l'Ancien que dans le Nouveau Testament, mais également dans le Coran. La voici :
En règle générale, un Elu est envoyé à une communauté (ou à l'ensemble des êtres humains, comme ce fut le cas du prophète Mohammed), lorsque celle-ci délaisse les pratiques sacrées, dévie de ses objectifs et renie ou déforme l'enseignement religieux qui constitue son capital spirituel le plus précieux. Tous les Prophètes ont eu pour mission de rappeler les commandements antérieurs, de guider les hommes selon les préceptes immuables quant à leur fond et d'avertir les récalcitrants des conséquences de leur égarement, tout en révélant un Message nouveau, épuré et authentique. Nul ne saurait concevoir qu'un Prophète soit délégué auprès d'une communauté, qui appliquerait les préceptes divins, s’en tenant aux Textes Sacrés officiels et authentiques, puisqu’il ne saurait annoncer aucune prescription qui ne soit déjà observée, ni aucun ordre nouveau, car la spiritualité ne saurait évoluer avec le temps et reste immuable dans le fond ; aussi sa mission ne présenterait aucune utilité et n’aurait pas sa raison d’être.
Les responsables chrétiens étaient parfaitement sensibles à ce raisonnement, qui découle de la logique. L'annonce d'un nouveau Prophète signifierait que leur propre religion allait être appelée à perdre sa pureté et qu'elle aurait besoin d’être remaniée par de nouveaux textes, évidemment plus authentique et plus en rapport avec la véritable spiritualité. Cette démarche est conforme à une tradition qui remonte à Noé et même à Adam. Toutes les déviations en matière de dogme furent contrées par des Prophètes qui se sont succédé dans le temps, qui ont été envoyés afin de préserver la pureté du Message divin.
La religion chrétienne, à la différence du Judaïsme, se sentait une vocation planétaire et commençait à se disséminer à travers de nombreux pays qui ignoraient tout du monothéisme. Ces pays possédaient néanmoins un rayonnement civilisationnel considérable, faisant d’eux, l’élite d’un monde en pleine mutation. Pour répondre à une expansion rapide et contrôler ces vastes ensembles, des structures complexes mais efficientes furent mises en place. Elles devaient évoluer pour donner naissance à l'imposante Eglise avec son redoutable clergé, qui allait régenter l'Europe et le bassin méditerranéen. Dans un tel contexte, la nouvelle de l'avènement d'un Prophète, qui sortait du moule judéo-chrétien, était vraiment inopportune. Les graves implications qui en découleraient pouvaient se répercuter doublement :
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Premièrement, au niveau de la crédibilité religieuse et ses effets sur les masses. Il n’était pas envisageable de convaincre les populations de la supériorité et de la pérennité du Christianisme, si parallèlement, l’Eglise agréait l'hypothèse de la venue d'un nouveau Prophète, dont le rôle aurait été précisément, de dénoncer les déviations de cette religion.
Deuxièmement ; au niveau des structures de l'Eglise. L'Ancien Testament enseigne que les Prophètes bibliques se sont souvent plaints des prêtres, des supérieurs religieux et des docteurs de la Loi pour leur comportement néfaste qui fut à l'origine de la déformation du Message divin. Les exemples sont nombreux et significatifs. Voici quelques cas afin d'illustrer ces propos :
Dans les livres des Prophètes, Jérémie rapporte l'indignation de Dieu contre les faux prophètes et les prêtres : « Prophètes et prêtres sont des crapules. Les traces de leurs méfaits se retrouvent jusque dans mon temple. Ils commettent l'adultère, vivent dans le mensonge et encouragent les malfaiteurs. Ils empêchent les autres de renoncer à mal agir, ils m'apparaissent tous comme des gens de Sodome. » (Jérémie 13)
Une autre déclaration de Dieu au Prophète Osée : «…Je suis en procès contre toi grand prêtre. Je réduirai ta propre mère au silence éternel. Mon peuple succombe à force de m'ignorer, mais toi déjà tu te détournais ... Je ne veux plus de toi ... Tu as oublié l'enseignement de ton Dieu. Tous les prêtres ont d'ailleurs dévié de la ligne que je leur avais tracée. Ils n'ont qu'un souhait, que mon peuple devienne coupable... Mais je les punirai de leur conduite, Je leur ferai subir la peine pour le mal qu'ils ont commis... » (Osée 4).
De nouveau Dieu interpelle le Prophète Malachie : « C'est aux prêtres qu'il appartient de faire connaître Dieu aux hommes. C'est lui qu'ils viennent consulter au sujet des règles à observer, car il est le porte-parole du Seigneur de l'univers. Mais vous les prêtres, vous avez trahi cette mission. Vous avez égaré beaucoup de gens par votre enseignement, vous avez rompu mon alliance avec vous, Je l'atteste, Moi, le Seigneur de l'univers... » (Malachie 2).
Ces quelques exemples puisés dans une mer d'indignations, de rancoeurs et de condamnations, donnent une idée du comportement des prêtres qui étaient chargés de diriger les fidèles dans la voie de Dieu. Ceux qui ont mis en forme le Nouveau Testament ne pouvaient ignorer la tendance des docteurs de la Loi et des prêtres à dénaturer les fondements de la religion, ni méconnaître qu'un des objectifs des Prophètes, en
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dehors de la propagation de la foi, était de fustiger ces derniers pour leur propension à s'écarter du Message divin. Assimiler dans un tel contexte, Paraclet à un être humain, surtout à un Prophète quel qu'il soit, c'était courir le risque de le voir se dresser un jour contre l'ordre établi par l'Eglise, ou ce qui allait lui donner naissance.
Le Paraclet/Prophète se serait élevé contre les innovations et les déformations dangereuses qui ont été la cause de multiples schismes au sein de l'Eglise. Il aurait dépouillé la religion des artifices dont elle se serait accoutrée pour mieux dissimuler ses contradictions. Le clergé qui acquit une si redoutable influence et une toute-puissance absolue, devait parer à toutes les actions qui se manifesteraient en vue de porter atteinte à son pouvoir et à ses prérogatives. Le contexte ne se prêtait nullement à l'apparition d'un Paraclet/ Prophète destiné à remettre en cause les dogmes essentiels de la religion chrétienne, à procéder au démantèlement des structures de l'Eglise et à révéler un nouveau message en vue de réformer l'enseignement évangélique.
Parce qu'il était extérieur au pouvoir en place, il pouvait s'exprimer librement; aussi personne ne devait se risquer à lui offrir une telle opportunité, ni à reconnaître son apostolat sans compromettre sa situation et celle de l'Eglise, ainsi que le rôle prépondérant de celle-ci à travers le monde. Pour toutes ces raisons, il n'était pas question que « Celui qui allait venir » soit un homme et qui plus est un Prophète qui allait révéler un enseignement différent ! Hors de question, l’Eglise jouait sa propre survie. Elle lui préférait de loin un « Esprit », qui avait l'avantage de parler par la bouche des apôtres, des disciples et des prêtres et de prononcer des paroles officielles et de bon aloi, destinées à défendre l'ordre établi, à renforcer les privilèges et à légitimer la volonté de l'appareil en place. Qu'allait-on donc chercher si loin et de si dangereux, alors que l’Eglise disposait d'un grand défenseur et d'un habile avocat ? Celui-ci allait justifier de fait tous les espoirs placés en lui.
Selon le Livre des Actes : « Il se manifesta le jour de la Pentecôte sous forme de langues de feu qui descendirent sur les douze apôtres. Aussitôt, ils se mirent à parler des langues qu'ils ne connaissaient pas. La foule était remplie d'admiration et d'étonnement. Les uns disaient : Qu'est-ce que cela signifie ? Les autres s'esclaffaient en disant : Ils sont complètement ivres Alors Pierre se leva et leur fit remarquer qu'il n'était que neuf heures du matin et que ces gens n'avaient pas bu, comme ils le supposaient. Il ne s'agissait que des prédictions du Prophète Joël qui se réalisaient. » (Actes des Apôtres. 54. 2.1 à 16). Il y a toutes les raisons 105
d'être surpris par une telle déclaration qui laisse supposer qu'à des heures plus opportunes, les disciples pouvaient être pris de boisson et divaguer dans leur enseignement.
Les apôtres furent emplis de dons merveilleux. Ils se mirent à réaliser des prodiges (alors que Jésus avait mis en garde contre les faux messies et les faux prophètes, qui après lui, accompliraient des miracles pour égarer les gens et même les élus : Marc 13. 21). Ils guérirent des malades, donnèrent la vue aux aveugles, ressuscitèrent les morts et furent les premiers bâtisseurs d'un immense empire. Leurs dons ne le cédaient en rien à ceux du Fils de Dieu. Pierre et Paul se taillèrent un succès sans précédent dans l'accomplissement de miracles. Ils portèrent la bonne parole, loin de son foyer d'origine. On les retrouve en Grèce, à Malte, en Italie, en Orient… Ils contribuèrent à ancrer la foi chrétienne au coeur des sociétés païennes.
Ce schéma correspond bien à l'orthodoxie chrétienne. Le Paraclet/ Saint-Esprit trouve sa logique dans la mesure où le scénario reste cantonné aux grandes lignes fixées par l'Eglise. Il n’était pas nécessaire, ni souhaitable, d’élargir les horizons afin d'avoir une vision plus universelle, il fallait rester dans ce qui était immédiatement utile et profitable. Car au-delà, la conception chrétienne perdait de son réalisme. On trouve en effet, pour le moins paradoxal, que tous les Prophètes précédents, bibliques et non bibliques, avaient prédit la venue d'autres Prophètes bien humains pour leur succéder, et que Jésus ait été le seul Messager, à envisager la venue d’un esprit pour prendre sa suite.
Les exemples ne manquent pas dans la Bible : Sem avait succédé à Noé, Isaac à Abraham, Jacob à Isaac, Joseph et ses frères à Jacob, Aaron conjointement avec Moïse, ou encore David à Saül, Salomon à David etc. Alors pourquoi Jésus qui ne s'est jamais considéré comme le dernier des Messagers, quoi qu'en disent certains spécialistes qui étaient instruits surtout à brouiller les pistes, aurait-il laissé entrevoir l'arrivée d'un esprit plutôt que celle d'un homme ? Le Christ était-il décalé par rapport aux pratiques du genre humain ? Cela n’est guère envisageable. Il aurait été plus normal de voir un homme succéder à un homme, et un esprit hériter d'un autre esprit. Mais, ce un chassé-croisé étonnant entre un homme et un esprit, constitue une situation absolument inconnue depuis la création d’Adam et l’apparition de l’humanité. Hormis la position de l'Eglise destinée à renforcer son pouvoir et à éliminer d’avance d'éventuels opposants, rien ne permet de justifier l'apparition d'un esprit dans la conduite des affaires humaines.
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Le Coran, à son avènement, avait dénoncé ces contradictions surprenantes. Aux incrédules qui demandaient au Prophète Mohammed d'accomplir des miracles, le Livre Sacré répond : «Dis-leur (C'est Dieu qui parle) : « Gloire à mon Seigneur, suis-je autre chose qu'un homme envoyé par Dieu comme Prophète ? Qu'est-ce qui a empêché les hommes de croire quand la bonne voie leur a été indiquée ? Est-ce concevable, ont-ils répondu, que Dieu ait envoyé un homme pour le représenter ? Dis : S'il y avait sur terre des anges marchant avec sérénité, Nous leur aurions envoyé du ciel un ange comme Prophète. Allah suffit somme témoin entre vous et moi… » (Coran 17. 93 à 96). Il est parfaitement normal d'établir une classification non seulement fonctionnelle, mais aussi organique entre les hommes et les esprits. Chacune de ces catégories trouvant en son sein des ressources propres à se régénérer et à prospérer. Il ne saurait exister de croisement spiritualo/humain.
Il faut d'ailleurs reconnaître que même chez les Chrétiens, l'unanimité était loin de se réaliser autour de l'argument officiel du Paraclet/Saint-Esprit. Le cas de Montan (Montanus, IIème siècle) est édifiant. Ce dernier se disant prophète d'une secte chrétienne (Montanisme) professait la supériorité de la révélation sur l'enseignement de la hiérarchie ecclésiastique et préconisait le renoncement au monde. De plus, il prétendait être la voix de l'Esprit Saint annoncé par Jésus pour combattre les écarts de l'enseignement chrétien et compléter le Message évangélique. Son mouvement que l'Eglise assimila à une hérésie connut néanmoins une grande popularité. Il se répandit rapidement en Phrygie (Asie Mineure) et vit l'adhésion de Tertullien, illustre apologiste et premier écrivain chrétien de langue latine (155 à 222 après J.-C.).
Un siècle plus tard, un autre personnage célèbre, Mani (Manès) fonda à son tour une religion, le manichéisme. Son auteur se présentait lui aussi comme étant le Paraclet annoncé par Jésus, le dernier des Prophètes. Il acquit des succès rapides au point d'inquiéter l'Eglise jusqu'au Moyen Age. Une des sectes, (les Cathares) s'implanta en Europe et s'assura une grande notoriété au détriment du mouvement catholique. Si Mani fut crucifié (276-277), il n'en demeure pas moins que son parti lui survécut pendant plus de mille ans. II est indéniable qu'il ne pouvait être le Paraclet prédit par le Messie. Sa religion s'est effilochée, lui-même a été exécuté et les apparences ne plaident pas pour son authenticité.
Il serait malvenu du reste, de croire que l'ultime Prophète aurait pu quitter la scène humaine sans imprimer d’une façon indélébile, la marque
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de sa mission pleinement réussie. Ainsi que l'a fait Mohammed, le Sceau des Prophètes, que le salut et la bénédiction d’Allah, soient sur lui ; sans quoi les gens démunis de raison auraient été tentés de croire à l'échec de la dernière révélation divine et un tel sentiment était incompatible avec la réalité, car il aurait supposé une dévalorisation de la Parole de Dieu et une déliquescence de Son Pouvoir. Puisque son ultime Enseignement à destination de l’humanité se serait heurté à un échec patent, dû à l’opposition de ses contradicteurs. Evidemment et naturellement, il ne pouvait en être ainsi. Quand toutes les forces du monde se seraient liguées, pour faire échouer la mission du Prophète Mohammed, que le Salut et la Bénédiction d’Allah, soient répandues sur lui, le Message Suprême était destiné non seulement à se perpétuer jusqu'à la fin des temps, sans altération, à l'image du Coran, mais également à remporter chaque jour, de nouvelles victoires.
Mani était un fin esprit, plein de ressources et d'imagination. Il était aussi bien peintre, que calligraphe ; il est inventeur de l'écriture manichéenne et auteur de plusieurs livres sacrés. La doctrine qu'il prêchait faisait des emprunts aux philosophies mazdéenne, gnostique, juive, bouddhiste et chrétienne et était présentée comme une nouvelle religion à vocation universelle. Il possédait des qualités intellectuelles éminentes qui lui conférèrent une autorité particulière en matière d'exégèse. Saint Augustin, le plus célèbre des pères de l'Eglise, originaire d’Algérie, avait lui-même adhéré au manichéisme avant sa conversion au Christianisme, en raison de l'attrait des idées de Mani. Son rejet du Paraclet/Saint Esprit constituait un signe de défiance envers la théorie officielle de l'Eglise, qui espérait la venue du Saint-Esprit, alors que celui-ci a toujours été présent depuis la création de la terre.
Si son mouvement connut un grand succès, cela est dû au fait que son responsable était conscient que l'avènement du Paraclet humain devait être proche. Son erreur fatale, aura été de vouloir détourner à son profit le bénéfice rattaché au dernier Prophète, et de s’approprier ses prérogatives, alors qu’il n’allait apparaître effectivement que trois siècles plus tard. En la personne de Mohammed, que le Salut et la Bénédiction d’Allah, soient sur lui, l’ultime Messager, le Sceau des Prophètes, qui allait divulguer le Coran Sacré, inaltérable et universel, témoin de toutes les religions précédentes.
Le Prophète a été le garant de l'authenticité de l'apostolat de Jésus, ainsi qu'il est écrit dans l'Evangile, ce que les Israélites ont toujours nié. L’Evangile dit : « Quand viendra le Paraclet, il vous conduira dans 108
toute la vérité. » Le Prophète Mohammed était précisément appelé « El Amine » signifiant : « Le digne de confiance, celui qui est loyal, qui respecte la vérité. » Il ne s’agit pas d’un rapprochement troublant comme l'ont estimé certains auteurs, toujours prêts aux demi-vérités, pour espérer s’en tirer à bon compte, mais de la description d'une réalité évidente. Le Christ avait également dit selon les Evangiles : « Quand l'Esprit de vérité viendra, il vous conduira dans toute la vérité. Il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira tout ce qu'il aura entendu et il vous annoncera tout ce qui doit arriver. Il relèvera ma gloire, car il recevra de ce qui est à moi. C'est pourquoi j'ai dit qu'il vous communiquera ce qui est à moi. » (Jean 15. 26 et 16. 1 à 15)
Ces paroles ont été prononcées par Jésus, alors qu’il était très proche de sa fin. Pour l’heure, ses disciples ne constituaient qu’une infime minorité, noyée au sein de la communauté israélite, qui avait en mains tous les leviers de commande, de mèche avec les occupants romains. Le Christ était combattu aussi bien par les religieux qui voyaient en lui un hérétique dangereux et un apostat, pour avoir fondé une religion qui venait se substituer à la leur, tout en prétendant être le Fils de Dieu, que par les autorités romaines, qui l’accusaient de vouloir s’emparer du pouvoir et de devenir le roi des Juifs, ce qui constituait une ingérence intolérable, dans leurs affaires intérieures. Il était isolé et lorsqu’il a été arrêté, ses adeptes les plus fidèles, l’abandonnèrent. Par conséquent, hormis quelques irréductibles, toute la société voyait en lui un blasphémateur, un hérétique et un assoiffé de pouvoir. Or, avec la venue de l’Islam, le Coran fit effectivement justice de toutes les fausses accusations proférées contre Jésus, aussi bien par les Juifs, que par les Romains et les incrédules du monde entier.
De nombreux passages lui sont consacrés, ainsi qu’à sa mère, la Vierge Marie. Voici l’un d’eux : Dieu parle au Prophète Mohammed : « (Rappelle-toi) quand les Anges dirent : « Ô Marie, Dieu t’a élue et purifiée, Il t’a choisie de préférence à toutes les femmes du monde. Ô Marie, obéis à Ton Seigneur, prosterne-toi et incline-toi avec ceux qui s’inclinent. Ce sont là des récits, concernant le mystère que Nous te révélons. Car tu n’étais pas parmi eux, lorsqu’ils jetaient leurs roseaux, pour décider qui se chargerait de Marie. Tu n’étais pas non plus, parmi eux, lorsqu’ils se disputaient. »
« (Rappelle-toi) quand les Anges dirent : « Ô Marie, Allah t’annonce la bonne nouvelle, d’un Verbe émanant de Lui : Son nom sera « El Massih » (le Messie), «’ Issâ » (Jésus), fils de Marie, illustre en ce
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monde et dans la vie future. Il sera du nombre de ceux qui sont proches de Dieu. Il parlera aux gens dès le berceau et en son âge mûr, il sera au nombre des justes ». Elle dit : « Seigneur ! Comment aurais-je un enfant, alors qu’aucun homme ne m’a touchée ? » Il en est ainsi. Dieu crée ce qu’Il veut. Lorsqu’Il a décrété une chose Il dit « Sois ! »….et elle est. »
« Dieu Lui enseignera l’écriture, la sagesse, la Torah et l’Evangile. Il sera le Messager aux enfants d’Israël (et leur dira) : « Je suis venu à vous avec un Signe de la part de votre Seigneur. » Après l’accomplissement des signes, le Coran ajoute : « Me voici, confirmant ce qui existait avant moi de la Torah ; je vous rends licite une partie que ce qui vous était interdit. Je suis venu à vous avec un Signe de la part de votre Seigneur. Craignez donc Allah et obéissez-moi. Allah est mon Seigneur et le vôtre. Adorez-Le, voilà le droit chemin. » Puis, quand Jésus ressentit de l’incrédulité de leur part, il leur dit : « Qui sont mes auxiliaires dans la voie de Dieu ? » Les apôtres dirent : « Nous sommes les alliés de Dieu, Nous croyons en Lui ; sois témoins que nous lui sommes soumis ! Seigneur ! Nous avons cru à ce que Tu as révélé ; Nous avons suivi le Messager, inscrit nous parmi les témoins. » Les fils d’Israël complotèrent (contre Jésus), Allah fit échouer leur complot, Il connaît le mieux leurs machinations. »
« Rappelle-toi, quand Dieu dit : « Ô Jésus, je vais mettre fin à ta vie terrestre et t’élever vers Moi. Je te délivrerai des incrédules et mettre jusqu’au Jour de la Résurrection, ceux qui te suivent au-dessus de ceux qui ne croient pas (en toi) ; Puis, c’est vers Moi, que se fera votre retour et Je jugerai entre vous sur vos différends. Quant à ceux qui n’ont pas cru, Je les châtierai d’un terrible châtiment en ce monde et dans la vie future et ils ne trouveront pas de secours. Quant à ceux qui auront cru et fait le bien. Dieu les récompensera et Dieu n’aime pas les injustes. Voilà ce que Nous te récitons des versets et de la Révélation précise (le Coran). Il en est pour Dieu de Jésus comme d’Adam, qu’Il créa de poussière. Il lui dit « Sois ! » et il fut. La vérité vient de Ton Seigneur. Ne sois donc pas du nombre des incrédules. » (Coran. 17. 42 à 60).
D’autres versets attestent de la mission prophétique du Christ ainsi que du rôle éminent de la Vierge Marie, la femme la plus parfaite de l’humanité. Les Israélites n’ont pas voulu reconnaître cette vérité à leurs dépens. A l’époque le Judaïsme était la seule religion monothéiste agréée par le Seigneur de l’univers. Mais, en raison de leur récusation du Christianisme, ils ont été déchus de cette distinction. Le Coran atteste ainsi de l’authenticité du Message évangélique, avant son altération et
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confirme que le Paraclet mentionné par l’Evangile de Jean s’applique bien au Prophète Mohammed, qui devait apparaître après le Christ. Il n’est nullement question du Saint-Esprit, qui a toujours été présent depuis que l’humanité existe et qui n’a pas besoin d’exiger la disparition du Christ, pour se manifester. Une prétention pour le moins déplacée.
Par ailleurs, il est reconnu que le Saint-Esprit occupe auprès du Seigneur de l’univers une place privilégiée qui le place au-dessus de tous les Prophètes et de tous les Messagers. Ceci est valable, tant pour la religion juive, que pour le Christianisme et l’Islam. Bien que pour la religion chrétienne, l’importance de l’un et de l’autre ont été estimés selon des critères propres à cette religion ; puisque le Christ a été élevé à un rang divin, devenant de ce fait, l’égal du Saint-Esprit, mais aussi de Dieu, le Père éternel, au sein de la Trinité. Cependant, quels que soient les particularismes spécifiques à une croyance, le Saint-Esprit, reste dominant et supérieur aux créatures terrestres, dont naturellement, Jésus, sans compter sa mère, la Vierge Marie.
Ceci acquis, il devient pour le moins aberrant pour le Christ de prendre l’engagement d’envoyer après sa disparition quelqu’un qui est plus élevé que lui en grade, en distinction et en honneur. Jamais un ministre, un préfet ou un maire ne songerait à dire à son auditoire : « Je vous enverrais le Président de la République ou le Secrétaire Général de l’ONU. Cela constitue un manque de tact et une grave entorse au protocole. Comment Jésus pouvait-il envoyer quelqu’un qui est plus haut placé dans la hiérarchie céleste et qui a été l’instrument de Dieu, dans l’émergence même et la promotion de la religion chrétienne, de la Vierge Marie, du Christ et de toutes les religions divines ? En fait, il ne pouvait se permettre de commettre un tel impair. Aussi, celui qui viendrait après lui ne pouvait être qu’un être humain, un Elu de Dieu et un Messager, à l’image du Prophète Mohammed. Le Christ parlait d’un être, qui était son alter ego, son égal auprès de Dieu, et là, les conventions sont parfaitement respectées. L’histoire n’allait pas manquer de confirmer cette version. Puisque c’est bien le Prophète Mohammed, qui apparut pour prendre la suite du Christianisme, mais aussi pour procéder à sa refondation, en raison de l’altération de cet enseignement, par certains apôtres, les docteurs de la loi et les prêtres.
Le Prophète Mohammed, que le Salut et la Bénédiction d’Allah soient sur lui, a toujours eu une grande considération pour le Christ, qui a été victime d’une conspiration à grande échelle, pour l’éliminer. Il a été fidèle à Dieu et à la mission qui lui a été confiée. Il est resté stoïque dans
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l’adversité, patient, usant d’une sagesse infinie et exécrait la gloriole et les richesses du monde. Il savait se détacher du monde pour atteindre la plénitude spirituelle. Selon un Hadith rapporté par ‘Obada, le Prophète Mohammed a dit : « Celui qui attestera qu’il n’y a pas de dieu en dehors de Dieu, qui reconnaîtra que Dieu est Unique et qu’Il n’a pas d’associé et que Mohammed est son adorateur et son Envoyé, que ‘Issâ (Jésus) est l’adorateur de Dieu et son Envoyé, Sa Parole qu’Il envoya à Meriem (Marie), et un souffle (de vie) émanant de Lui, (Coran. 4. 71), que le Paradis est une réalité, que l’enfer est une réalité, Dieu le fera entrer au Paradis, quelles que soient ses actions passées. »
Selon Abou Horaïra, le Prophète avait dit encore : « De tous les hommes, je suis le plus proche de Jésus, fils de Marie, aussi bien dans ce monde que dans l’autre. Les Prophètes sont des frères aux mères différentes, mais dont la religion est unique. » Il avait également dit : « Il n’y a pas de Prophète entre Jésus et moi. » Ainsi tout concourt, pour que le paraclet soit un homme et non un esprit, l’Esprit-Saint, en l’occurrence. Malgré tout, la littérature chrétienne utilise des arguments dérisoires pour plaider en faveur du Paraclet/Saint-Esprit. Dans son « Histoire de l'Eglise », J. Lortz écrit que « les événements importants de la vie des apôtres furent la résurrection de Jésus (Seigneur) et la descente du Saint-Esprit (Paraclet). De pécheurs ignorants et timides qu'ils étaient auparavant, les apôtres devinrent alors confesseurs et martyrs. On est obligé de constater, observe-t-il, le changement essentiel qui se produisit chez eux alors. Cinquante jours après la Passion, le jour de la Pentecôte, ils annonçaient devant les représentants de toutes les régions du Judaïsme la nouvelle religion. Et avec quelle autorité ! »
Selon le Nouveau Testament au contraire, une partie de l'assemblée pensait qu'ils étaient pris de boisson, tellement ils divaguaient dans leurs propos. En matière d'autorité, leur « assurance » résulte moins de la venue du Saint-Esprit que des lois de la sélection naturelle qui régissent le monde aussi bien humain qu’animal. Les spécialistes de l'éthologie (ou science du comportement animal) savent parfaitement que la disparition d'un chef dans une société ou une communauté, entraîne automatiquement l'émergence de nouveaux leaders dont les facultés vont exploser afin de combler le vide créé. Personne n'a jamais vu de communautés (humaines ou animales) demeurer sans tête à la suite de l'effacement de ses dirigeants sous risque de dégénérer et de disparaître. C'est là un phénomène bien étudié et connu qui ne doit rien au Saint-Esprit. De la même façon, la théorie d’un Saint-Esprit incarné sous forme de langues de feu, et accomplissant des 112
miracles, tels l'apprentissage surnaturel de langues étrangères, ou la résurrection des morts relève plus de la galéjade que de la réalité. Tout ceci est la conséquence de l'imagination populaire attribuant des pouvoirs miraculeux aux disciples qui avaient été en contact avec Jésus. Seul ce dernier a été en mesure de produire des Signes prodigieux, par la volonté de Dieu, et afin de confondre les Israélites qui ne croyaient pas à son Message. Aucun homme après Jésus, quel que soit son rang, n'a pu accomplir le moindre miracle.
Que des artifices aient été utilisés par des experts à l'exemple des magiciens qui officiaient pour le compte de Pharaon, ne laisse planer aucun doute. Mais cela n'autorise pas les « successeurs » du Christ à se prévaloir de dons qu'ils ne possédaient pas, ni les prêtres à attribuer au Saint-Esprit des pouvoirs exorbitants et surtout qui dérogent à la raison. La mission sacrée de Jésus prit fin avec lui et alors débuta la vocation humaine des apôtres dépouillée de ses pouvoirs mystérieux. Il n'est pas superflu de signaler dans le même ordre d'idée, que de faux visionnaires ont effectivement surgi en Arabie, à la suite du Prophète Mohammed, se targuant de recevoir des Révélations divines et d’exécuter des prodiges. Après quelques succès dus à l'abandon des obligations religieuses qu'ils préconisaient, et à la pratique d'une liberté sexuelle licencieuse, ils furent démasqués et éliminés pour prix de leur hérésie.
Quant au Prophète Mohammed, et selon une tradition établie par les précédents Messagers, il révéla durant son apostolat l'ultime Livre Sacré d'origine divine qui allait changer la face du monde. En effet, à la différence des autres religions qui faisaient appel au surnaturel et à la crédulité des gens, le Coran est venu avant tout solliciter la raison et l'intelligence. Et le plus grand miracle accompli par le Prophète fut celui de révéler le Coran Sacré, Sublime et Inimitable. C’est une évolution significative des mentalités, dont peut se targuer l'Islam et qui fait que cette religion prime sur toutes les autres formes de croyance.
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MOHAMMED LE PROPHETE DE DIEU
« Nous t'avons envoyé (ô Mohammed) avec la vérité, comme annonciateur et avertisseur…S’ils (les incrédules) te traitent d’imposteur, ceux qui vécurent avant eux ont crié au mensonge quand leurs Prophètes, vinrent à eux avec des preuves évidentes, les Ecritures et le Livre Lumineux. » (Coran 35. 24. 25).
« Ô gens du Livre ! Notre Messager (Mohammed), est venu pour vous instruire sur la cessation des Messagers (de Dieu), afin que vous ne puissiez pas dire : « Il ne nous est venu ni Annonciateur ni Avertisseur. » Voilà (maintenant) qu’un Annonciateur et un Avertisseur est venu à vous. Et Allah est Omnipotent. » (Coran. 5. 19)
C'est en l'an 570 de l'ère chrétienne, le lundi 12ème jour du mois de Rabi' el Aouel que naquit à La Mecque, Mohammed, le futur Prophète de l'Islam, que le Salut et la Bénédiction de Dieu soit sur lui, qui est connu, notamment dans la langue française sous le nom de Mahomet. La déformation de son nom, constitue la première des nombreuses altérations, qui allaient marquer l'histoire de l'Islam et de son Messager. De fait, alors qu'en Arabe, langue dans laquelle a été révélé le Coran, Mohammed signifie « Le loué, le béni, ou le digne de louanges », les Occidentaux allaient corrompre ce nom et le transformer en Mahomet (ma hommid) signifiant exactement le contraire (celui qui n'est pas béni) ou encore en « Mahound », prince des ténèbres, autre nom de Satan.
La date de naissance est un autre sujet controversé par les adversaires de l'Islam, qui sous couvert des raisons les plus diverses récusent ce qui est considéré comme une certitude absolue par les historiens, les biographes et les hagiographes. En effet, il existe plusieurs repères indiscutables et irréfutables pour fixer cette date, qui est restée gravée dans la mémoire de tous les Mecquois. Le premier d’entre eux est celui qui vit Abraha, le gouverneur abyssin du Yémen essayer de s'emparer du sanctuaire de la Ka’aba pour le détruire. L'expédition d'Abraha comprenait un (ou plusieurs) éléphant, animal inconnu alors en
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Arabie, qui impressionna fortement les habitants. L’événement était considérable et d’une telle portée, que l'année de l'invasion fut appelée « Année de l'éléphant ». La tradition de l’époque imposait de débuter le calendrier à compter d'un fait extraordinaire, marquant, hors du commun et la vue de l'éléphant était destinée à commémorer le souvenir de l'invasion. Les jours et les mois partaient de cette date. Lorsqu'un autre événement important survenait, le calcul reprenait à nouveau, pour fixer un bouveau calendrier. Cela a été le cas lors de la reconstruction du Temple de la Ka’aba. Aussi, la naissance du Prophète cette année précisément, ne pouvait ni passer inaperçue, ni être effacée des mémoires. Un jour à marquer d’une pierre ; qu’elle soit blanche ou noire, l’essentiel était de ne pas passer inaperçue. Son souvenir restera vivace.
Le sanctuaire de la Ka’aba qui avait été édifié par le Prophète Ibrahim (Abraham) avec l'aide de son fils Ismaël, l'ancêtre des Arabes, 25 siècles auparavant, était souvent inondé par les orages qui s’abattaient dans la région. Les Mecquois décidèrent de surélever les fondations de l’édifice, afin d'empêcher l'eau d'y pénétrer. Les travaux exigeaient sa démolition partielle, mais en raison de la sacralité du lieu, personne n'osait porter la main, craignant la colère divine. Après cinq jours d'expectatives et de conciliabules, on désigna le plus âgé des Qoraïchites, un nommé Walid ibn Moghaïra, de la tribu des Béni Makhzoun, pour porter le premier coup. Celui-ci prit une pioche, prononça des invocations rituelles pour écarter tout danger et commença à détruire le mur. L'émotion était intense dans la foule ; les gens s’attendaient au pire, craignant un coup du sort. Mais rien ne se produit. Le soir, Walid retourna chez lui. Les hommes s'en furent aussi. Ils voulaient savoir s'il allait se passer quelque chose pendant la nuit, un mal quelconque qui s’abattrait sur l’insensé, pour le punir de son audace. Cependant, la nuit fut calme et sereine. Le lendemain Walid reprit tranquillement son travail. Alors les autres habitants se joignirent à lui, en pensant que Dieu ne pouvait se fâcher contre ceux qui reconstruisaient Sa Maison, pour la sauver des inondations.
La démolition fut achevée jusqu'au ras du sol et la plate-forme surélevée, conformément au plan établi. Pour les Mecquois, il s'agissait d'une nouvelle date marquante dans la vie de leur cité. En conséquence, ils délaissèrent leur ancien calendrier, basé sur Abraha et l’éléphant, pour adopter un comput centré sur la reconstruction du Temple Sacré de la Kaâba. Les autres Arabes idolâtres de la péninsule, qui n’étaient pas concernés par cette opération de sauvetage, continuèrent à prendre l'année de l'éléphant comme base de leurs calculs calendaires.
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L'aménagement intérieur de la Kaâba souleva un problème de prééminence entre les quatre principales tribus de la région, qui voulaient s'attribuer le privilège de replacer la Pierre noire (d’origine météoritique) dans sa niche, puisqu’elle avait été déplacée pour les travaux. Chaque chef revendiquait le privilège de réaliser cette opération symbolique, mais combien prestigieuse, mettant en relief les mérites de son clan. Cependant, les débats finirent sans qu’aucune décision ne soit prise, car aucune tribu ne pouvait s’en sortir à son avantage en éclipsant les autres. C'est encore Walid ibn Moghaïra qui proposa de confier l'arbitrage au premier homme qui se présenterait devant le Temple Sacré. La proposition fut acceptée, car il était d'usage à l’époque, de confier au sort le soin de régler les affaires délicates ou litigieuses.
L'homme sur qui allait échoir ce privilège redoutable, fut Mohammed, qui passait par là; il n’était encore qu’un simple citoyen de La Mecque connu de tous, car la cité n’était pas importante, et ce bien avant l’avènement de l’Islam. Informé de la situation, il accepta d'apporter son concours ; il était alors âgé de trente-cinq ans. Après réflexion, il prit son manteau, l’étendit sur le sol, posa la Pierre noire dessus et enjoignit aux délégués des quatre tribus de soulever chacun un pan et de porter la charge à l'endroit prévu. Puis il l'installa lui-même à sa place définitive où elle se trouve encore aujourd’hui. Le problème fut réglé à la satisfaction générale.
Les événements majeurs tels que l'attaque d'Abraha contre La Mecque et la reconstruction de la Kaâba constituent indéniablement des repères historiques de première importance et de nombreuses sources confirment leur déroulement précis et leur concordance dans le temps. Il existe en outre d'autres faits historiques qui touchent directement à la vie propre de Mohammed. C'est ainsi que lors de l'expédition de l'éléphant, ce fut Abd el Mouttalib, son grand-père paternel qui négocia avec Abraha le retrait des troupes. Par ailleurs, au cours de la même année, devait décéder 'Abdallah Ibn Abd et Mouttalib, le père du futur Prophète, quelques semaines seulement avant la naissance de l’enfant et ce fut précisément son grand-père, qui le prit en charge. Tant d'événements survenus au cours d'une même année doivent laisser incontestablement des marques profondes. D'autant que nombre d'entre eux appartiennent à l'histoire du peuple d'Arabie et sont cités par les chroniqueurs avec toutes les garanties d'authenticité
Aussi, il y a de quoi être étonné de voir dans certains ouvrages, tels ceux édités par la Librairie Larousse, la date de naissance du futur
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Prophète de l’Islam, vagabonder de 570 à 580 de l'ère chrétienne. Dix années d’indécision erratique pour introduire la suspicion nécessaire et tenter de détruire l’historicité de la religion musulmane. Mais, la procédure est courante, et les intéressés, entendre les Musulmans, sont habitués à ce genre de soupçons et de dérives qui entachent tous les travaux des orientalistes en mal de célébrité, aussi s’il n’y a pas de quoi s’arracher les cheveux. Il s’agit juste de dénoncer autant que peut se faire, une pratique qui pour être courante, n’en n’est pas moins peu élégante. Le record en la matière semble appartenir à Maxime Rodinson, connu pour ses études et ses recherches saugrenues sur l’Islam.
Dans son livre intitulé « Mahomet », un des derniers monuments en matière de supercherie, puisque d’autres l’avaient précédé, usant du même style dilatoire, l'auteur laisse courir la date de 567 à 579 de l’ère chrétienne. Le chapitre 3, intitulé opportunément « Naissance d'un prophète », débute d'ailleurs ainsi : « Personne ne sait au juste quand est né Mahomet... » Ce qui promettait quant à la suite du texte, tout en démontrant la bonne foi dont se revendique son auteur.
Le but recherché étant évidemment celui de jeter le doute et le discrédit dans les esprits des lecteurs, quant à l'authenticité des sources historiques relatives à l'Islam et au Messager de Dieu. D’autant, que ces incertitudes sont destinées à un public, généralement acquis aux thèses d’une religion conçue de toutes pièces par un manipulateur, aussi, ils ne demandaient rien de plus que d’avaler des couleuvres, qui étaient particulièrement à leur goût. Pourtant que de preuves tangibles sollicitent l'attention et la raison. Les maisons habitées par le Prophète, les places qu'il a fréquentées, les mosquées dans lesquelles il a prié et prêché, les lieux où il a vaillamment défendu la nouvelle religion contre ses ennemis idolâtres existent toujours et témoignent d'une vérité qui ne pourra plus jamais disparaître. Et de ce qui est plus illustre et plus éminent, il subsistera pour l’éternité, des Signes impérissables à la Gloire du Seigneur de l'univers, à l’image du Saint Coran, de la Maison Sacrée de la Kaâba, de la Religion musulmane, et d’autres traces impérissables.
Pour revenir à Mohammed, son père étant mort à Yathrib (Médine), c'est son grand-père 'Abd el Mouttalib qui le prit en charge à sa naissance, ainsi que sa mère, Amina bint Wahb. Abd et Mouttalib était le chef de la tribu des Béni Hachem et l'un des dix membres de l'oligarchie mecquoise. C'était un homme de caractère, possédant une grande taille, un teint blond et une belle barbe. Il était aimé et respecté par ses concitoyens pour ses qualités de coeur. Aussi, lorsque son fils
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Abdallah fut emporté par la mort, il reporta toute son affection sur Mohammed, son petit-fils.
Il était de tradition à l'époque, pour les familles aisées de La Mecque, de confier les jeunes enfants aux femmes de la tribu des Béni Saâd, afin de les élever. Leur campement se trouvait à deux journées de marche de la ville sainte, dans les montagnes du désert où les enfants trouvaient un climat sain pour grandir et se fortifier. De plus, les Béni Saâd étaient connus pour pratiquer la langue la plus pure de toute l'Arabie. A quatre mois, Mohammed fut confié à une nourrice de condition modeste nommée Halima bint Abou Douwaîb, qui avait déjà quatre enfants et désirait améliorer sa situation. L'enfant grandit jusqu'à l'âge de deux ans où il fut sevré. Mais contrairement à l'usage, il ne réintégra pas sa famille. Sa santé était délicate, il souffrait du changement chaque fois qu'il revenait à La Mecque. De plus, la nourrice s'était attachée à lui. Elle demanda l'autorisation de prolonger la garde une année de plus, et sa mère ne le reprit qu'à trois ans. Lorsqu’il eut cinq ans, sa mère décida de l’emmener avec elle à Yathrib pour revoir ses parents et visiter la tombe de son mari.
La mère et le fils passèrent une année entière dans cette ville. Sur le chemin du retour un drame allait se dérouler qui affecta profondément Mohammed qui portait tout juste ses six ans. En arrivant à une station appelée Al Abwa, Amina tomba malade et mourut malgré son jeune âge. Le petit garçon était brisé par le chagrin car il aimait tendrement sa mère auprès de laquelle il venait souvent se réfugier et trouver le réconfort que tout enfant recherche auprès de sa mère. C'est dans cet état de tristesse et de désespoir, qu'il fut ramené chez son grand-père, à La Mecque. Plus tard, toutes les fois qu'il passait par Al Abwa, le Prophète s'arrêtait près du tombeau, faisait des invocations et versait des larmes.
L'affection d’Abd et Mouttalib pour son petit-fils, privé de ses deux parents était très grande. On rapporte qu'il le faisait asseoir tout jeune, près de lui lors des réunions périodiques des chefs mecquois et qu'il ne voulait jamais manger sans l'avoir à ses côtés. Mohammed rendait bien cet amour à son grand-père qui était désormais tout son univers et remplaçait sa véritable famille. Cependant, deux ans plus tard, Abd el Mouttalib disparut à son tour. A nouveau, Mohammed se retrouva seul au monde. Son attachement au défunt était si grand qu'il gémissait de douleur en suivant le cortège.
Avant de mourir Abd et Mouttalib avait recommandé à un de ses fils, Abou Talib, de prendre soin du garçon. Le nouveau tuteur possédait
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aussi de grandes qualités de coeur, mais son excès de générosité ne lui permettait pas toujours d'équilibrer le budget familial et il avait souvent recours aux emprunts. Le jeune Mohammed aurait trouvé de bonnes dispositions auprès de son oncle et de sa femme. Lorsque plus tard, on lui demanda pourquoi il avait ressenti si douloureusement la mort de celle-ci, il répondit : « J'étais orphelin et elle m'a accueilli. Alors que ses enfants étaient dans la gêne, elle me donnait à manger, elle me peignait avant tout le monde, elle était une véritable mère pour moi. »
Le jeune garçon savait se rendre utile. Afin que sa charge soit plus supportable, il travailla comme berger en contrepartie d'une maigre rétribution. A neuf ans, il fit partie d'une caravane organisée par son oncle pour commercer en Syrie. Ce fut le premier voyage de l'enfant hors du territoire de la Péninsule arabique. A partir de ce moment, la trace de Mohammed devient plus difficile à suivre. Les historiens n'arrivent pas à reconstituer la chronologie des événements comme pour la période antérieure. Il est vraisemblable qu'il continua à exercer une activité commerciale en s'intégrant aux nombreuses caravanes qui sillonnaient l'Arabie à l'époque. Quoi qu'il en soit, à l'âge de 25 ans, il se trouve toujours à La Mecque en compagnie de son oncle. Depuis quelques années, une sévère disette s'était abattue sur le pays et les gens étaient éprouvés par la calamité. Mohammed était connu des habitants de la Mecque, de la même façon que chacun d'eux connaissait tous les autres, dans une communauté fermée. De par sa probité et son honnêteté, il avait été surnommé « El Amine », (l'homme droit et intègre).
Informée de sa réputation Khadidja, une riche veuve de quarante ans qui avait hérité de son mari d’une fortune conséquente, lui confia le soin d'organiser une caravane pour commercer en Syrie. L'expédition fut menée à l'avantage des deux parties et Khadidja n’eut qu’à se féliciter de la probité de son associé. L’activité commerciale prit de l’ampleur, ce qui lui permit d'apprécier les qualités, tant morales que professionnelles de Mohammed, et c'est presque naturellement que le mariage fut décidé, en raison de la bonne entente qui existait entre eux. Quelques jours après la cérémonie, Mohammed quitta la maison de son oncle pour aller habiter dans celle de sa femme. La vie de ce couple séparé par une différence d’âge de quinze ans fut exemplaire. Plus tard, Mohammed, devenu Prophète, ne manquera pas d'évoquer des souvenirs pleins de sensibilité et de tendresse que cette femme admirable a su éveiller en lui et les entretenir tout au long de leur union. Elle se tint fermement à ses côtés dans les moments les plus difficiles et lui apporta le calme et le réconfort par son amour et son inlassable dévouement.
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Pendant la première partie de son mariage, Mohammed continua à s'occuper de son commerce caravanier. Sa probité était reconnue unanimement. Jamais aucune source n'a pu contredire ses éminentes qualités morales. En l'an 605 de l'ère chrétienne, il prit part, comme expliqué plus haut, à la reconstruction de la Maison Sacrée de la Kaâba ; cet événement considérable fut en quelque sorte un élément déclencheur dans la prise de conscience des milieux évolués, qui commençaient à voir dans la pratique de l'idolâtrie un culte dérisoire. D’autant que les Juifs et les Chrétiens qui côtoyaient les Arabes s'honoraient d'adorer un Dieu Unique et de posséder des Livres Sacrés qui faisaient d'eux les peuples élus. (Chaque communauté revendiquant d'ailleurs cette qualité en se prévalant d'une alliance préférentielle avec le Seigneur).
Le polythéisme de La Mecque consistait à vénérer des idoles, qui étaient supposées intercéder auprès d'un dieu indéfinissable et inconnu. L'intérieur de la Ka’aba était décoré de statues et de fresques, où voisinaient les représentations de Marie (Meriem), de Jésus ('Issa), d'Abraham (Ibrahim) et d'Ismaël. A l’extérieur et tout autour du sanctuaire, 360 idoles différentes étaient alignées, que les Arabes venaient adorer et implorer pour bénéficier de leur clémence.
Les tribus possédaient leurs propres divinités ; leurs adeptes venaient leur rendre hommage, pratiquer des actes d'adoration et leur adresser des suppliques. Parfois les situations frisaient l’absurde. Ainsi, le cas de la Tribu des Banou Hanifa, en Arabie orientale dont les membres vénéraient une statue faite de farine et de dattes qui leur servit de nourriture lors d'une période de disette. Le mode de vie de l'époque reflétait le degré de dissipation des valeurs humaines; à côté de vertus comme la générosité, le courage, l'hospitalité, les Arabes cultivaient l'immoralité, le meurtre, la débauche, les excès. Les filles étaient enterrées vivantes, la prostitution courante, la pratique des mariages temporaires généralisée et les forts opprimaient les faibles.
Les Musulmans ont surnommé la période antéislamique, la Djahiliya, ou l'ère de l'ignorance et de l'obscurantisme. Il n'existait pas d'échelle de valeurs, de sorte que tout était confondu avec tout. A l'avènement de l'Islam, le Coran Sacré a tracé une limite rigide afin de discerner le bien du mal, de même que le blanc se distingue du noir. Cette démarcation est traduite en Arabe par le mot Al furqan, qui est un des noms du Coran. Le Livre de la Distinction est justifié par sa faculté à mettre en relief l'existence de principes antagonistes et irréconciliables, qui ne sauraient être dissous dans le récipient de la compromission.
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A l'image de la majorité des Arabes, la tribu de Mohammed, pratiquait l’idolâtrie. Sa famille détenait même des charges religieuses importantes dans l'exercice du culte, comme celle d'approvisionner en eau sacrée les pèlerins qui venaient rendre hommage aux divinités de la Ka’aba. Toutefois, certains membres avaient conscience que ces pratiques étaient entachées de superstitions, aussi ils cherchaient à s'élever spirituellement par une forme de croyance supérieure. Le grand-père de Mohammed, Abd el Mouttalib se retirait déjà dans la caverne de Hirâ durant le mois de Ramadhan pour apaiser son âme insatisfaite et méditer. La caverne en question se trouve au sommet du mont Nour (Lumière) à quelques kilomètres au nord de La Mecque et domine un paysage montagneux tourmenté et grandiose.
Tabari signale que les hommes pieux parmi les Qoraïchites se retiraient chaque année durant le mois de Redjeb et regardaient une telle pratique comme un acte de dévotion. Les Béni Hachem (clan du Prophète) avaient été les premiers à instituer l'usage de la retraite. Les autres tribus imitèrent par la suite cette observance et élevèrent des constructions au sommet de la montagne pour se recueillir.
Les orientalistes dans leur majorité, répugnent à parler de ces pratiques religieuses d’isolement, de contemplation et de méditation. Des auteurs tels que Watt, Maxime Rodinson, Savary, Blachère, Montet et d’autres, passent sous silence cette coutume, ou ne l'évoquent que très succinctement. La raison en est toute simple: leur objectif est celui d'accréditer la thèse selon laquelle Mohammed se serait retiré dans la caverne Hirâ durant plusieurs années (quinze ans) pour méditer et rédiger « son » Coran. En faisant valoir que la retraite était temporaire (un mois par an) et de pratique courante, c’est la notion du Prophète-ermite, qui par un jour prodigieux est soudain sorti de sa grotte, un Coran tout entier en mains, qui est battue en brèche !
Cette tendance à la falsification est si tenace, qu’il est peu probable de voir un jour des orientalistes réaliser des études sans a priori dégradants…pour eux bien entendu, car l’Islam ne saurait être affecté par leurs divagations. D’autres hommes avant le Prophète, ont fait retraite et personne n'a été en mesure de composer une oeuvre aussi monumentale que le Coran Sacré. De plus, toutes les sources historiques concordent pour reconnaître que le Prophète était illettré et aucun acte dans sa vie publique ou privée n'a jamais démontré le contraire. Le Coran fait à plusieurs reprises allusion au Prophète illettré. Est-il concevable de pousser le ridicule jusqu'à attribuer à un tel homme le plus pur joyau de
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la langue arabe, elle qui est si riche en chefs d'oeuvre mémorables ? Ce serait accepter dans la même ligne de pensée que l'aveugle puisse être le champion du tir à l'arc, ou le sourd, le plus fin critique musical ! Si ce raisonnement semble logique aux détracteurs du Prophète, alors sans nul doute, la rédaction du Message s'est déroulée selon leur façon de penser, puisqu’ils on tendance à bâtir des châteaux des Espagne en faisant usage de leurs seules facultés « intellectuelles ».
Le fait d’être illettré en ces temps et en ces lieux, n’était guère une tare, pour avoir à le cacher. D’autant que le Texte coranique, de par sa richesse littéraire et ses révélations extraordinaires, tant, dans le domaine spirituel, que dans les sciences sociales, éducatives et scientifiques, démontre qu’un tel ouvrage ne peut être conçu même, par des lettrés de haut niveau. Car, le Coran reste inimitable, dans tous les domaines de compétence qu’il aborde, ce qui démontre véritablement son origine divine. Voici comment le Coran confirme l’illettrisme du Prophète Mohammed, que le Salut et la Bénédiction d’Allah, soient sur lui.
C’est Dieu qui parle : « Je ferai que Mon châtiment atteigne qui Je veux et Ma Miséricorde embrasse toute chose. Je la prescrirai à ceux qui Me craignent, acquittent la zakat (la dîme) et en foi en Nos Signes. Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu’ils trouvent mentionné chez eux dans la Torah et l’Evangile. Il leur ordonne ce qui est convenable, leur interdit ce qui est blâmable, leur rend licites les bonnes choses et proscrit les mauvaises ; Il leur ôte le fardeau et le joug qui étaient sur eux. Ceux qui croiront en lui, le soutiendront lui porteront secours et suivront la lumière descendue sur avec lui (le Coran), seront les gagnants. Dis : « Ô hommes ! Je suis pour vous le Messager d’Allah à qui appartient la Royauté des cieux et de la terre. Il n’existe pas de divinité en dehors de Lui. Il donne la vie et la mort. Croyez donc en Allah, en Son Messager, le Prophète illettré qui croit en Lui et en Ses Paroles ; Suivez-le, afin d’être bien guidés. » (Coran. 7. 156 à 158).
Voici ce qu'écrit opportunément à ce sujet, Cheikh M. Draz, Professeur de l'Université d'El Azhar, (Le Caire) en préfaçant l'ouvrage de Malek Bennabi, intitulé : « Le phénomène coranique »
« ...On connaît le thème favori de ces écrivains (occidentaux). Il consiste à dire qu'une période d'incubation des idées religieuses devait précéder celle de l'apparition du Coran sur le plan de la conscience claire mohammadienne. Comme l'idée d'une oeuvre aussi immense et magistrale que le Coran était inconcevable du jour au lendemain et qu'il lui fallait le temps matériel nécessaire à sa préparation, ces auteurs se
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sont trouvés dans l'obligation de supposer pour cette retraite une durée prolongée pendant de nombreuses années. Mohammed se serait ainsi éclipsé dès son mariage à l'âge de vingt-cinq ans, pour se livrer à ses méditations, et ne réapparaître qu'avec son message un beau jour. »
« Or, l'hypothèse d'une telle absence (15 ans) est non seulement gratuite, mais fausse historiquement parlant. Les sources les plus authentiques fixent en effet la date de cette retraite tout juste un mois avant la révélation du Coran. Ce mois, précisent-elles, fut entrecoupé de plusieurs retours au foyer familial pour cause d’approvisionnement, et fut précédé d'une série de songes très clairs, confirmés ensuite ponctuellement par les réalités. Tous ces signes précurseurs, sont intervenus vers l'âge de quarante ans qui est l'âge de la révélation proprement dite. Mais nous pouvons aller plus loin et supposer gratuitement ce mois de retraite, même depuis son mariage. Il reste encore entendu que les onze douzièmes de sa vie dans cet intervalle se passaient au milieu et sous les yeux de ses compatriotes. »
« Le Coran (10. 16) tire précisément argument de cette présence prolongée du Prophète parmi son peuple pendant un temps largement suffisant pour que tout le monde puisse se rendre compte de son caractère, de ses occupations et de son incapacité d'une telle entreprise. Quelles furent ses actions à cette époque intermédiaire ? Un fait précis est au moins certain : vers l'âge de trente-cinq ans, il participe à la reconstruction de la Kaâba. On sait d'autre part qu'il s'acquittait toujours vaillamment de sa charge familiale, étant donné qu'il eut la plupart de ses enfants avant sa carrière prophétique. »
« Si nous ne possédons pas de détails plus amples sur ses occupations quotidiennes durant ce temps, c'est sans doute qu'en dehors du trait saillant de son excellente moralité, il n'y en n'avait pas qui se détachât sensiblement du cadre normal de son milieu. Le silence de tous les biographes sur des détails complémentaires doit être cité comme vous l'avez très bien remarqué, à l'honneur de la tradition musulmane, qui se montre toujours d'une fidélité historique extrêmement rigoureuse, en ne voulant rien amplifier, ni rien diminuer des données positives se trouvant à sa portée, qu'elles soient favorables ou non à sa propre cause... »
Tel est l'avis autorisé d'un éminent spécialiste, en fait de tous les historiens impartiaux, qu’ils se revendiquent de l'honorable et millénaire Université d'El Azhar au Caire, ou d’autres institutions réputées pour leur science, qui contredisent formellement les versions fantaisistes qui naissent épisodiquement chez les orientalistes en mal d'originalité. Quant
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à l'extrait coranique cité par le préfacier en voici la traduction : (C'est Dieu qui parle) : « Lorsque Nos enseignements évidents sont récités à ceux qui n'espèrent pas Nous rencontrer, ils disent : « Apporte-nous un autre Coran, ou alors modifie la teneur de celui-ci. » Réponds : « Comment pourrais-je de ma propre initiative en modifier quoi que ce soit ? Je ne fais que me conformer à ce qui m'a été révélé. Je crains si je désobéis à mon Seigneur d'encourir le châtiment du Jour Terrible. » Dis (leur) : « Si Dieu L'avait voulu je ne vous l'aurais pas communiqué et ne vous en aurais pas instruis. (Avant cela), j'ai passé toute une vie avec vous (sans jamais rien écrire ni prédire quoi que ce soit). Seriez-vous dépourvus de jugement ? » (Coran 10. 15-16)
Les sources autorisées et bien documentées concordent pour rejeter le cliché fané et usé d'un anachorète cloîtré dans une caverne, absorbé dans une hypothétique rédaction coranique. Les circonstances pénibles dans lesquelles a grandi Mohammed n'ont jamais favorisé son accès à l'enseignement. Son enfance mouvementée, la perte précoce de ses parents et de son tuteur, l'obligation pour lui de subvenir dans sa jeunesse à ses besoins, l'absence d'école et d'autres facteurs contraignants ne lui ont certainement pas permis d'acquérir les rudiments de l'alphabet.
Cependant, il n’y a pas lieu de croire que son cas était exceptionnel en Arabie ou dans la société mecquoise. Bien au contraire, la grande majorité des hommes et la presque totalité des femmes étaient illettrés. L'éducation était généralement dispensée par les parents, et le plus souvent par la mère, conditions dont l’intéressé n'a pu bénéficier. Son grand-père était d'un âge très avancé lorsqu'il le recueillit et ses importantes charges religieuses et civiles ne lui laissaient pas le temps de se consacrer à son petit-fils. Abou Talib, l'oncle qui prit la suite avait la responsabilité d'une nombreuse progéniture et le jeune garçon dut s'engager comme berger pour alléger le fardeau de la famille. Tous ces faits confirment la version du Prophète illettré, attestée par ses concitoyens et les historiens dépourvus de préjugés et de fantasmes. De plus, sur les centaines de milliers de Hadiths se rapportant aux faits et gestes du Prophète, durant sa vie spirituelle, aucun ne prétend le contraire. Enfin, le Coran plaide aussi pour cette réalité. Après le passage cité plus haut, voici une autre citation : « Tu ne récitais aucun livre avant celui-ci (Le Coran) et tu n’en écrivais non plus avec ta (main) droite. Les imposteurs ne se livrent qu’à des spéculations. » (Coran. 29. 48)
La réalité aurait dû être entendue et admise en toute logique. Ce n’est pourtant pas le cas. Dans leur majorité, et pour ne pas faillir à une
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tradition séculaire qui leur fait hérisser le poil, dès que le Coran Sacré est mis en exergue et en lumière, les orientalistes rejettent la thèse d’un Prophète illettré, qui tendrait à faire croire que le Coran est d’origine divine. Ils maintiennent contre vents et marées, leurs positions sur sa provenance humaine, en dépit des montagnes de preuves contraires. Quand des gens sont victimes à ce point d’une obsession maladive qui leur fait voir les choses autrement que ce qu’elles sont dans la réalité, il est impossible de leur exiger qu’ils attribuent le sceau de l’authenticité, au Coran ou à l’ensemble de la religion musulmane. Pour eux, tout n’est que fantasmes et mensonges, et seule leur propre clairvoyance, leur tient lieu de jugement universel. Ainsi, W.M. Watt, dans son ouvrage « Mahomet », écrit ceci : « L’Islam orthodoxe soutient que Mahomet ne savait ni lire ni écrire, mais cette affirmation est suspecte au savant occidental moderne, parce qu’elle lui paraît énoncée pour étayer la croyance que l’existence de son Coran est miraculeuse, oeuvre qu’un illettré n’aurait jamais pu faire par ses propres moyens. »
Bien entendu, l’auteur n’avance aucune preuve de ce qu’il écrit (et de ce qu’il pense), seules ses convictions intimes tiennent lieu d’assurance à toute épreuve. Ce qui est, particulièrement indigeste pour réfuter un monument, tel que le Coran Sacré. Mais, il faut bien qu’ignorance se justifie, alors tous les arguments sont bons à prendre. Cependant, il est curieux de constater que le dit « savant occidental et moderne », n’éprouve plus aucune suspicion, ni aucune défiance, lorsqu’il s’agit d’enseigner que le Dieu biblique s’est battu dans un combat physique toute une nuit contre Jacob, que ce même Dieu s’est astreint pendant une bonne partie de la journée à courir, l’épée à la main derrière les poils de la barbe du Prophète Ezéchiel, à Jérusalem, et autres aventures du même gabarit. Un comportement déroutant pour un Dieu biblique, dont les exploits feraient pâlir de jalousie d’éventuels concurrents. Car, « le savant occidental moderne » est en même temps un prêtre de l’Eglise anglicane, qui a pour vocation de nier l’authenticité du Coran et de promouvoir la Bible, qui constitue son livre de chevet et de méditation et de laquelle ont été puisés les comportements qui viennent d’être évoqués. Qui seraient donc à ses yeux d’une véracité à toute épreuve ! Evidemment, chacun voit midi à sa porte.
Une autre catégorie de censeurs est incarnée par Régis Blachère, qui pour trouver la perle rare a dû décortiquer les annales de la vie du Prophète Mohammed, pour essayer de détruire les sources musulmanes, relatives à son illettrisme. Car, lui aussi, à l’instar de la plupart des orientalistes, ne pouvait admettre, que l’intéressé ne disposait pas d’une
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érudition encyclopédique, pour composer un livre aussi glorieux que le Coran. Il rappelle un épisode connu, concernant la signature d’un pacte de non-agression, entre les Musulmans, représentés par le Prophète et les idolâtres, conduits par Sohaïl Ibn ‘Amr. Le premier avait pour habitude de débuter ses écrits par la formule liminaire suivante : « Au Nom d’Allah, Clément et Miséricordieux ». Voici ce qu’écrit Blachère : « C’est ainsi qu’au moment où à El Hodaïbiya (en l’an 6 de l’Hégire, calendrier musulman, correspondant à l’année 627 de l’ère chrétienne), le Prophète et le délégué mecquois, Sohaïl, décident de rédiger un pacte, Mohammed fait venir son scribe et commence à dicter la formule liminaire. Mais Sohaïl arrête net le Prophète et lui dit: « Ecris, comme tu écrivais (jadis): « En ton Nom, Ô Seigneur ! » Il est évident qu'ici Sohaïl fait allusion à quelque écrit de la main de Mahomet avant son départ de la Mecque et peut-être même antérieur à sa prédication. »
En dehors du fait que Blachère suppute gratuitement à la fin de cette citation, il y a lieu de relever que le Prophète était accompagné d'un secrétaire chargé de rédiger l'accord, précisément parce qu’il était illettré. Lorsque Sohaïl dit au Prophète : « Ecris comme tu écrivais... », cela ne signifie nullement : « Ecris de ta main propre... » Sohaïl négociait le pacte avec le Prophète et il ne pouvait du point de vue protocolaire s'adresser directement au scribe qui ne dépendait pas de lui. Son intervention avait le sens de : « Ordonne (à ton secrétaire d'écrire comme avant) » Blachère reconnaît en caractères minuscules et en bas de page que cette version est également plausible. Il ajoute : « Il est à remarquer que dans cette scène, l'impératif : « écris ! » signifie aussi : « Fais écrire ! Dicte ! »
Il y a de quoi être confondu par la méthode utilisée qui s'apparente au spot publicitaire. D'un côté, on projette en pleine lumière un message agressif et provocant, ensuite, il faudrait faire usage d'une loupe pour constater, non seulement qu'il est vide de sens, mais qu’il est susceptible de dire exactement le contraire ! Entretemps, le doute est semé dans l'esprit des lecteurs. Alors avis aux mal-voyants ! Prière de se munir de lunettes grossissantes et en même temps correctrices, pour lire les ouvrages des orientalistes sur l’Islam. Encore, qu’à sa décharge, Blachère avait admis, qu’il pouvait y avoir une autre lecture, pour libérer sa conscience, car nombre d’entre eux, n’ont jamais eu recours à ce genre de procédé, qui consiste à faire un mea culpa, même minuscule et microscopique. Ils sont seuls détenteurs de la raison, de la vérité et de la science; de véritables savants occidentaux modernes, dans toute l’expression du terme, ainsi que le reconnaît, Blachère sans complexe.
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De toute façon 1'anecdote est connue de tout le monde. Ce sont les historiens arabes qui ont contribué à la diffuser. Le scribe en question n'est autre qu’Ali, le cousin du Prophète, fils d’Abou Talib, son oncle et tuteur, qui a rédigé de sa propre main la totalité du pacte, ainsi que d’autres écrits qu’il a plu au Prophète de lui confier. En règle générale et dans des conditions normales, celui-ci ne se séparait jamais de ses secrétaires. L’ensemble du Coran a été rédigé par eux et il n’existe pas un seul mot qui soit de sa main. Contrairement aux insinuations et aux accusations, le Prophète n'a jamais écrit quoi que ce soit, ni à cet instant ni a aucun autre moment. Le fait d’être lettré n’est ni dégradant ni humiliant, pour le dissimuler ; au contraire c’est un motif de fierté. Si le Prophète l’avait été, il n’aurait pu s’en cacher, au risque que quelqu’un ne dévoile un tel secret, ce qui aurait été véritablement catastrophique, pour sa renommée et le Message qu’il professait. Même ses ennemis les plus déterminés, les idolâtres mecquois, puis plus tard, les Israélites et les Chrétiens, n’ont jamais pu apporter la moindre preuve de leurs assertions. Seule une rancoeur tenace et inexpugnable, les pousse à radoter ce genre de rengaine, pour se faire une raison d’écrire et de se distinguer. Ils demeurent insatiables ; dans mille ans encore, ils prétendront que le Prophète savait parfaitement lire et écrire, et même qu’à ses moments perdus, il professait la littérature et les belles lettres.
Devant l'insuccès de sa démonstration, Blachère est revenu à la charge quelques lignes plus loin en s’intéressant aux derniers moments du Prophète, alors qu’il était en proie à une fièvre mortelle, agonisant. A défaut de grives…tout le mode connaît la suite de l’adage. Voici sa deuxième épopée : « Plus probant encore est la série des Traditions nous montrant le Prophète à l'article de la mort, réclamant une omoplate de chameau (ou un parchemin) avec une écritoire pour rédiger son testament politique. Nul ne s'étonne de l'exigence, et si l'on n'y satisfait pas, c'est simplement parce que la faction d’Abou Bakr et d’Aïcha, s'y oppose pour faire pièce à la faction d’Ali. »
A nouveau, l'auteur tire des conclusions déplacées, pour étayer sa démonstration, mais il ne réussit qu’à mieux la dévaloriser. Le Prophète était à l'article de la mort, il avait à ses côtés dans la salle d'autres fidèles en mesure de rédiger pour lui. Le fait de réclamer une écritoire, ne signifie nullement qu’il avait l’intention d’écrire, puisque d’autres pouvaient le faire. Ibn Abbas le décrit en proie à de vives souffrances, il était allongé et ne pouvait bouger. On voit mal un homme dans une telle situation réclamer de quoi écrire ses dernières volontés. Les pénibles circonstances l'avaient privé de la plupart de ses facultés.
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Cette version est d'autant plus grotesque que le Prophète avait gagné l'admiration de ses contemporains et plus tard, des historiens intègres par ses éminentes qualités d'organisateur. Il était scrupuleux dans la gestion des affaires publiques et a régi les relations entre les gens, en les codifiant. Il a fait mettre par écrit tous les documents importants qui réglementent la vie de l'individu comme celle de la communauté (chartes, traités, etc.). Il a conçu la première convention de Médine, et son oeuvre capitale a été de révéler et de mettre en pratique le Coran Sacré, ce monument de vérité et d’éternité. Et un homme aussi éminent, se serait laissé aller à l'agonie pour commencer à rédiger son testament spirituel ? L'hypothèse est simplement invraisemblable. D’autant qu’il avait déjà les pressentiments de sa proche disparition, bien avant que la maladie ne l’atteigne, puisqu’il l’avait annoncé à son entourage. D’ailleurs la révélation coranique venait de se tarir et lui-même avait prononcé le serment d’adieu, devant les fidèles réunis.
Sentant venir la mort, il désirait certainement dicter quelques recommandations pour être consignées par écrit, mais il y renonça en raison de son état. Il n'y a rien dans son attitude qui puisse laisser croire qu'il s'apprêtait à rédiger un document quelconque et qui plus est, de sa propre main, alors que ses forces déclinaient à vue d’oeil. Le Prophète est un homme ; il l’est resté tout au long de sa vie, avec la force et la faiblesse d’un être humain. Il n’a jamais songé un jour changer de statut pour entrer dans le cercle fermé des divinités. Une prétention aussi démesurée, ne pouvait l’effleurer, car cela aurait du domaine de l’illusoire et de l’impossible.
Les orientalistes, n’ont jamais cessé d’user de stratagèmes, pour semer la confusion et l’exploiter aussi bien à bon escient que vulgairement. L'exemple précédent est significatif de leur tendance à promouvoir des scénarios insensés pour dénaturer les sources historiques authentiques. Ainsi que le veut la tradition d’une opinion qui a été manipulée à l’excès, ce ne sont pas les avions qui volent normalement et sans problème, qui attirent l’attention et incitent la curiosité, mais bien celui qui se crashe, et qui dès lors, fait la une des journaux et les gros titres. Ainsi, une traduction honnête du Coran n’est pas pour aiguiser l’appétit de monsieur tout le monde, qui rêve d’esclandres, de grands scandales, de révélations fracassantes et de tout ce qui sort des normes. Les orientalistes réagissent positivement à cette attente et sont disposés à leur servir de savoureux plats, bien assaisonnés sur un plateau d’argent. Le fumier n’est pas toujours et seulement malodorant ; ceux qui en tirent profit lui trouvent au contraire un agréable parfum.
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Le point de vue de Blachère et d’autres orientalistes, découle de la même logique où le mensonge est érigé en vertu et où la probité provoque l’indignation des censeurs, prétendument doués pour juger ceux qui s’écartent d’une orthodoxie déglinguée. De fait qui pourrait légitimer une position qui réfute toutes les sources existantes durant la vie de quelqu’un, pour élaborer des théories contradictoires, montées de toutes pièces et qui s’articulent autour d’une phrase prononcée pendant les affres de la mort ? Mais, bien que délétères, les arguments des adversaires de l’Islam restent nombreux et diversifiés. Il en apparait toujours de nouveaux lorsqu'on s'y attend le moins. Le seul trait commun qui les relie est leur débilité chronique.
C’est ainsi que pour d’autres historiens, le Prophète ne pouvait être illettré et en même temps posséder des qualités d'organisateur et de stratège. Ni assumer la direction d'un nouveau courant religieux ou asseoir son autorité sur tout un pays si ce n'est par la grâce d'un savoir approfondi, dont il aurait caché l'acquisition pour faire croire au miracle d'un Coran révélé par Dieu. Ils tenaient à le gratifier malgré lui, d’avoir produit le Coran, le comble ! Mais si cela était avéré, l’auraient-ils élevé sur un piédestal ? Même pas ; il s’agit d’une ruse pour mieux le dénigrer. Ils seraient d’ailleurs en meilleure position pour lui dénier sa qualité de Prophète, puisque le Message Sacré viendrait de lui, il n’émanerait plus du Seigneur de l’univers. Donc à prendre avec des pincettes.
Les orientalistes sont obnubilés par leurs fantasmes, au point de négliger de puiser des exemples édifiants dans leur propre histoire ce qui les aurait incité à plus de mesure. Voici donc un bref rappel d’une réalité, que personne ne veut exhumer. Il s’agit de Charlemagne (742-814), Roi des Francs et Empereur d'Occident. Fils de Pépin le Bref, il était né deux siècles après le Prophète Mohammed et vécut une enfance dorée, comme il sied à un fils de Roi, en présence de ses parents et au milieu d'une cour prestigieuse. A son avènement, il conquit et soumit une grande partie de l'Europe occidentale. Couronné par le Pape au titre d’Empereur d'Occident, il se considérait investi de cette dignité par Dieu. Il organisa son immense empire, forma un gouvernement central personnel, mit en place des assemblées politiques et religieuses, une administration locale, etc. Dans le domaine culturel, il promut les connaissances en créant une académie fréquentée par les savants de toute l'Europe, multiplia les ateliers d'art dans les monastères, favorisa la diffusion des Textes Sacrés et encouragea l'architecture et la décoration. Enfin, c'était un amateur de grammaire, il impulsa l'écriture caroline, et parlait couramment le francique, le grec et le latin.
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Pourtant, et en dépit de toutes ses qualités, l'Empereur le plus puissant, l'homme le plus brillant d'Europe était illettré ! Il ne savait ni lire ni écrire, pas plus les langues étrangères, que la sienne propre. Et, le contraste le plus étonnant, c'est que même si toutes les circonstances plaident pour que le Prophète soit illettré, (milieu, enfance pénible, environnement hostile, solitude, etc.), les orientalistes refuse d'admettre cette réalité, mais comble de l'ironie, ils n’en font pas un plat, pour Charlemagne qui réunissait toutes les conditions pour ne pas l'être ! Mais chut, le secret doit rester bien gardé !
Les deux hommes étaient hors du commun. Le Prophète, par sa profonde spiritualité, son esprit d'équité, sa probité et son inclination pour l'adoration d'un Dieu Unique et Tout-puissant. L'Empereur, par sa puissance politico-militaire, son pouvoir exorbitant, ses richesses fabuleuses et son penchant pour l'art et la culture. Ils avaient cependant un trait commun, celui d'être également illettrés. Alors pourquoi l'admettre pour l'un et le rejeter pour l'autre ? La réponse est que les orientalistes qui dénièrent cette caractéristique au Prophète tout en l’admettant ne serait-ce qu'implicitement à l'Empereur, avaient des accointances avec ce dernier.
Elles pouvaient être multiples, soit qu'ils possèdent en propre un héritage spirituel, civilisationnel ou culturel, soit qu'ils appartiennent à une même aire géographique ou politique, ou à un bloc lié par des intérêts économiques ou des affinités historiques ou toute autre raison qui engendre une affectivité et des liens réciproques de solidarité, qu’ils opposeront conjointement aux étrangers, ceux qui ne sont pas issus du même moule. Dès lors, la « raison » est subjectivisée et se trouve sous l’influence d’intérêts communs qui convergent de toute part pour se fondre dans le creuset de l’extravagance ; elle n’est pas mue par la vérité et la sincérité, mais par des considérations matérielles, culturelles et raciales. Voilà pourquoi dans mille ans encore, les orientalistes continueront à prétendre imperturbablement que le Prophète Mohammed n'était pas illettré, alors que toutes les raisons attestent du contraire, mais que Charlemagne par contre était bien illettré, alors que tous les arguments plaident pour qu’il ne le soit pas !
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LA REVELATION CORANIQUE
Quand celui qui n’était encore que Mohammed, simple citoyen de La Mecque, pénétra en ce mois de Ramadhan (610 de l’ère chrétienne), dans la caverne de Hirâ, il avait quarante ans. Certaines sources prétendent qu'il en était à sa cinquième retraite, mais cela n'est pas prouvé. Depuis quelque temps, il commençait à avoir des rêves prémonitoires qui le troublaient. Le jeûne du Ramadhan n'avait pas encore été prescrit et Mohammed s'adonna à la méditation et au recueillement dans la solitude. Il y consacra vingt-six jours et la retraite tirait à sa fin, quand sans transition, alors qu'il s'était endormi, le plus extraordinaire des phénomènes allait survenir pour bouleverser les fondements d’une humanité, dont la foi ne cessait de se dégrader.
En effet, c'est durant cette nuit bénie que lui est apparu l'Archange Djibril (Gabriel) porteur d'un message divin destiné à purifier une spiritualité, qui avait été altérée et détournée de ses objectifs. Il ne s’agissait pas d’une nouveauté unique en son genre, mais la réédition d’une pratique qui n’a cessé d’être entretenue tout au long de l’histoire de l’humanité. A la différence que le Coran est venu clore le cycle des révélations divines, qui prennent fin avec la venue de l’ultime Messager d’Allah, le Prophète Mohammed, que le Salut et la bénédiction d’Allah, soient sur lui. Désormais, plus aucun Elu de Dieu, ne se manifesterait.
En voici le récit de la bouche même du Prophète : « Il m'apprit qu'il était l'Ange Gabriel, et qu’Allah L'avait envoyé pour m'annoncer qu'Il m'avait choisi pour être son Messager. L'ange m'apprit à faire mes ablutions et lorsque je revins purifié dans mon corps, il me demanda de lire. Je répondis : « Je ne sais pas lire. » Il me prit dans ses bras et m’enserra très fort, puis desserrant son étreinte, il exigea de moi de lire une nouvelle fois. Je luis dis : « Je ne sais pas lire » Il m’étreignit à nouveau, puis me demanda de lire ; je répondis que je ne savais pas lire. Il me prit dans ses bras une troisième fois, et m'ayant serré plus puissamment que jamais, il me relâcha et dit : « Lis au Nom de ton Seigneur ; Celui qui a créé ; II a créé l'homme d'une adhérence. Lis !
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Ton Seigneur est le plus Généreux, c’est Lui qui a enseigné à l'homme l'usage de la plume (l'écriture), et Lui a enseigné ce qu'il ignorait » (Première partie de la sourate 96)
« Je récitai ces paroles après lui. (Puis) Il disparut et, m'étant ressaisi vivement, je ressentis cette impression qu'un livre tout entier venait d'être gravé dans mon coeur. Je quittai, la grotte pour recouvrer mes esprits, lorsque me trouvant à mi-côté de la montagne, j'entendis une voix venant du ciel. Elle me dit : « Ô Mohammed, tu es le Prophète d'Allah, et moi je suis Djibril (Gabriel) ! » Je levai la tête vers le ciel, Djibril l'emplissait, j'avais beau détourner mes regards aveuglés, vers d'autres parties de l'horizon, partout, je retrouvais son apparition, éblouissante. J'étais cloué, pétrifié dans le même endroit, ne pouvant ni avancer, ni reculer. »
« Une seconde fois, Djibril me répéta : « Ô Mohammed, tu es Prophète d'Allah et moi je suis Djibril. » Puis il disparut comme une vision dans un rêve. Alors, je courus en grande hâte, le coeur secoué par la plus terrible angoisse, en direction de ma demeure. »
« Lorsqu’il entra dans son logis, il courut vers Khadidja dans le giron de laquelle il cacha la tête, comme pour chercher refuge auprès de cette épouse bien-aimée. En proie à un fort accès de fièvre et frémissant, il s'écria : « Couvrez-moi, couvrez-moi ! » On le couvrit jusqu’à ce qu'il se fût calmé. Emue, Khadidja le questionna en ces termes : « Par Dieu, ou étais-tu ? Ô Aboul Kacem (Père de Kacem) ! Que t'est-il arrivé ? J'avais envoyé, mes gens à ta recherche, ils sont revenus sans t'avoir trouvé, ni à Hira, ni dans les environs de la ville. »
« Le Prophète lui fit le récit de l'événement en disant qu'il avait bien cru mourir. » « Cela ne pouvait être, répliqua Khadidja rassérénée, assurément, Dieu Ne voulait aucunement t'affliger de malheur, car tu es bon pour ta famille, clément envers les faibles, généreux avec les pauvres, secourable pour les victimes de l'injustice. C'est une bonne nouvelle que tu apportes ! Je te l'affirme par Dieu, qui tient la vie de Khadidja entre Ses Mains, je n'ai pas le moindre doute que tu seras le Prophète de notre nation ».
« Pris d'une grande fatigue, il sombra dans le sommeil. Pendant que Khadidja attendait son réveil, il se leva en sursaut, ruisselant de sueur. Djibril lui était apparu une seconde fois, porteur du Message de Dieu suivant : « Ô toi qui es couvert ; Lève-toi et avertis ; Glorifie Ton Seigneur ; Purifie tes vêtements ; Fuis l'abomination : Ne tire pas vanité 132
de ce que tu fais et sois patient envers Ton Seigneur. » (Première partie de la Sourate 74)
« Depuis, Djibril ne cessait de visiter Mohammed qui s'habitua à la révélation. Quand il se présentait, une grande émotion s'emparait de lui, son visage pâlissait, il tremblait et de grosses gouttes de sueur coulaient de son corps. De sa bouche sortaient des sons étranges et incohérents, puis il murmurait des versets plus ou moins distinctement. Les personnes présentes n'osaient le regarder. Le Prophète s'affaiblissait et tremblait à mesure que la révélation se prolongeait. De sa bouche sortait une écume blanche. Il poussait aussi assez souvent des sons rauques inintelligibles. »
« Une fois remis de son état de transe, il réunissait sa pensée et récitait les versets reçus. C'étaient des phrases de longueurs inégales, en prose rimée et rythmée qui contenaient les prescriptions divines dont le Prophète devait en assurer l'exécution telles des lois impératives qui s'imposaient à lui et à ses adeptes....Mohammed subissait une épreuve physique et morale très dure. Il souffrait d'une dépense d'énergie considérable, puisque après l'action, il s'affaiblissait, transpirait, tremblait puis s'assoupissait ou s'endormait comme reposé d'un dur travail physique et moral et d'une dépense d'efforts très grands. Pendant la révélation... il était absent et ignorait ce qui se passait autour de lui. On ne sait pas s'il était endormi ou s'il était éveillé. Lui-même l'ignorait. Il ne ronflait pas. Il rendit souvent compte de ces mouvements pathétiques d'ébranlement du corps. Lorsque la révélation prenait fin, le Prophète se calmait et s'endormait, accablé par la dure épreuve. A son réveil, il récitait les versets communiqués par l'Ange Djibril. »
Avant la révélation, le Prophète entendait d'abord comme une sorte de cloche, puis l'extase le prenait. Il était tellement agité intérieurement que même par jour très froid, les gouttes de sueur tombaient de son front. Parfois, il ne s'endormait pas après la révélation. Dès qu'il revenait à son état normal, il apprenait à son entourage le message divin qu'il venait de recevoir et le dictait à ses scribes qui le transcrivaient immédiatement sur des objets divers, cuir, bois, omoplate de chameau, etc. Puis, il en faisait la lecture pour s’assurer que ses paroles n’avaient pas été modifiées ou mal interprétées. Le Prophète retenait sur le champ toute révélation et n’en oubliait plus un seul mot ; la mémoire prodigieuse dont il avait été dotée était infaillible. Ce qui lui a permis de restituer la totalité du Texte coranique, tel qu’il lui a été communiqué, à chacune des interventions de l’Ange Djibril.
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Si le premier jour, celui-ci, s'était manifesté alors que Mohammed se trouvait seul dans la caverne Hirâ, par la suite un grand nombre de ses compagnons assistèrent à ce phénomène extraordinaire qui a duré 23 ans. Ceux qui l’ont vu dans cet état pathétique, coupé du monde, soumis à l’incroyable influence de la Puissance Divine, sont restés médusés et sans voix ; ils ont gardé des souvenirs graves face à un mystère qui dépassait leur entendement et devant lequel ils étaient impuissants.
Les incroyants et les polythéistes au contraire y voyaient quelques tours de prestidigitation ou l'exercice d'une magie maléfique. D'autres, considéraient le Prophète comme un fou, un poète ou un simulateur et le Coran s'est fait l'écho de cette campagne de dénigrement, menée à l’échelle mondiale durant 14 siècles. Les guérisseurs et ceux qui étaient portés à exercer la médecine croyaient déceler une forme d'épilepsie, ou autre affection organique inexpliquée. L’'Eglise chrétienne prenait le Prophète, pour un apostat, dont l’objectif était de provoquer un nouveau schisme qu'il fallait réprimer durement, au même titre qu’elle le fit pour d’autres dissidences qui apparurent en son sein. Chaque corporation croyait déceler chez le Prophète Mohammed, que le Salut et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, les signes distinctifs qui lui étaient les plus familiers. Un tel comportement n'est pas sans rappeler l'histoire de l'éléphant et des aveugles. « C'est un arbre », dit le premier en tapotant la patte du pachyderme. « Non c'est un serpent », s'exclame le second en touchant la trompe. Le troisième qui palpe l'oreille jure que c'est un tapis ... Et chacun de tirer des conclusions qui avaient l’avantage de les rassurer dans leurs aberrations.
Les experts occidentaux allèrent très loin dans l'affabulation. Selon Francesco Gabrieli : « Il faut bien se pénétrer de l'idée que l'Occident considéra l'Islam comme une hérésie d'inspiration satanique, et son fondateur, comme un apostat ayant fait des emprunts éhontés au Christianisme. La figure de l'ermite chrétien, Bahira, qui pressentit la mission prophétique de Mahomet, et celle du Chrétien Waraqah, cousin de Khadidja, ont servi d'arguments pour penser que le Prophète avait d'abord été Chrétien avant d'abjurer. Alexandre d'Ancône y consacra une étude devenue classique. Cette légende est accompagnée d'une foule de détails contradictoires entre eux, mais obéissant au même esprit de dénigrement et de critique par les chroniqueurs, les apologistes, les hagiographes et les compilateurs latins du Moyen Age. Gerbert de Nogent et Hildebert de Tours au 11ème siècle, Pierre le Vénérable au 12ème siècle, Jacques de Vitry, Martin le Polonais, Vincent de Bauvais et Jacques de Voragine au 13ème siècle, et en Italie Brunetto Latini et ses
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continuateurs, auxquels il faut ajouter Dante et les commentateurs de Dante. Et même chez les historiens catholiques du 20ème siècle, comme P. Lammens qui ne peut s'empêcher de laisser paraître la même aversion que le théologien du Moyen Age pour le Prophète et son entourage. En conclusion, la chrétienté médiévale tint Mahomet pour un faux prophète, possédé par le démon de la chair et un propagateur d'hérésie exécrable, venu porter le trouble et le désordre dans le sein de l'Eglise chrétienne. »
Comme le ridicule n’a pas de limite, des sources sérieuses ont en profité pour attribuer « la rébellion » du Prophète au fait d’avoir été évincé du corps pontifical ! Il aurait, toujours d'après ces sources, brigué la papauté pour régner sur le monde chrétien, mais ses (noirs) desseins ont été déjoués par la providence et il aurait été démasqué. Désabusé par ce mauvais sort, il aurait abjuré le Christianisme, pour fonder « sa » propre religion qui devait non seulement concurrencer le Judéo-christianisme mais venir s’y substituer, tout simplement ! La chronologie des événements permet de situer cette tentative d’instituer un chaos généralisé sur terre, entre l'année 605, date de sa prise de conscience religieuse, après la reconstruction de la Kaâba, et l'année 610 au cours de laquelle il reçut la première révélation. C'est plutôt à cette dernière date que remonterait son apostasie. Durant la même période, le Vatican a enregistré l'élection de deux Papes "conventionnels" qui étaient en concurrence avec lui, Boniface III, en 607 et Boniface IV en 608, qui l’auraient finalement supplanté à la tête de l'Eglise universelle.
La chrétienté médiévale n'était jamais à court d'arguments, fussent-ils dérisoires ou burlesques. Le tout était de ne pas accepter le fait accompli, et de ruer dans les brancards d’un pseudo Prophète qui tentait de promouvoir une nouvelle religion, sortie de derrière les fagots, au détriment du Christianisme. Ayant échoué dans son accession à la papauté, Mohammed aurait apostasié et serait devenu, Mahound le diable, le prince des Ténèbres, ou encore Satan ou le Grand Démon, le Tentateur, ennemi juré du Christianisme et de la sainte Eglise. L'époque du Moyen Age en Occident se prêtait admirablement aux élucubrations diaboliques et sataniques. C'était le temps où, pour reprendre une image édifiante du Coran, les ténèbres s'entassaient sur les ténèbres. Bien entendu l'Eglise qui possède des archives complètes démontrant le ridicule d'une telle conception, se garde bien de démentir quoi que ce soit, préférant laisser courir des légendes émanant de bons Chrétiens qui après tout contribuaient à focaliser l'opinion sur cette « race maudite » (Dixit le pape Urbain II, lors du concile de Clermont-Ferrand, prononcé le 27 Septembre 1095, en prélude aux futures croisades en terre sainte.)
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Mais, en dépit de leur malveillance, les attaques injustifiées n'ont jamais été en mesure d’entamer la foi absolue de Mohammed en sa mission sacrée, ni permis de douter de l'authenticité du Message divin, qui lui était transmis. Il ne cessait de répéter avec sa modestie et sa sincérité légendaires, qu'il ne faisait rien d'autre que de se conformer aux révélations qui lui étaient communiquées par l'Archange Gabriel, qui émanaient d’Allah, le Seigneur et le Créateur de l’univers, vis-à-vis Duquel il ne possédait aucun pouvoir. Elles s’imposaient à lui, quoi qu’il fasse, bien qu’il ne tentât rien dès qu’il fut rassuré de leur provenance.
Cependant, le Prophète allait connaître une période critique de son apostolat, qui est rapportée par toutes les sources, qu’elles soient favorables ou non à la nouvelle religion. En effet, juste après les premiers messages, la révélation s’est brusquement interrompue, sans raison valable et sans motif apparent. Le Prophète qui s’était investi corps et âme dans sa mission, ne savait plus que faire ; il était pris de court et dans un profond embarras. Il se morfondait en spéculations. Durant trois ans, ce fut le silence total, les cieux ne répondaient plus ; aucun message ni aucun autre signe ne parvenait. Au point que le Prophète fut en proie à un grand doute, ravageur, dévastateur. Et s’il avait été victime d’une illusion ou d’un tour de prestidigitation ? Et si tous les espoirs éveillés en lui, n’étaient que le produit d’une imagination sournoise qui apparaissait maintenant dans toute son hideur ? Les idolâtres se gaussaient d'un Prophète qui avait commencé à révéler un enseignement sacré et qui se trouve maintenant délaissé et abandonné par son Dieu. Ils lui infligèrent toutes sortes d'offenses et leurs sarcasmes, n’étaient pas pour lui remonter le moral. Il était profondément affecté et en proie à un grand désespoir. Il multipliait les prières et les exercices de dévotion, tout en fréquentant assidument la Maison Sacrée de la Kaâba implorant Dieu de l'assister dans cette épreuve. Mais en vain.
Puis un jour, sans crier gare, l’Ange Djibril (Gabriel), se présenta à nouveau à lui et lui communiqua la sourate suivante : « Par la clarté du jour ; Par la nuit quand elle s'étend ; Ton Seigneur ne t'a pas abandonné ou pris en aversion. La vie future est meilleure pour toi que celle-ci. Ton Seigneur t’accordera bientôt Ses dons et tu seras satisfait. N'étais-tu pas orphelin et Il t'a recueilli. Tu étais errant et Il t'a guidé ; Tu étais pauvre et Il t'a enrichi ; Aussi ne brime pas l'orphelin, Ne repousse pas le mendiant, Et proclame les bienfaits de ton Seigneur. » (Sourate 93)
Ensuite, les révélations se sont succédé régulièrement, tantôt spontanément pour définir le dogme de l’Islam, mais souvent aussi en
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fonction de circonstances particulières, et ce durant vingt ans, sans arrêt ni interruption. Pour cette raison, le Texte coranique ne se présente pas sous forme chronologique à l’image de la Bible ; il est incrusté d’interventions ponctuelles qui répondent aux exigences des conjonctures et des événements. Ainsi pour comprendre le Coran Sacré, il faut être imprégné de l’histoire de l’Islam. Ce qui déroute plus d’un lecteur occidental, pour qui, ce texte n’est qu’une suite d’interventions chaotiques, alors qu’en réalité, il est d’une grande homogénéité, mais seuls qui sont versés en sciences islamiques, sont en mesure de l’appréhender à s juste mesure. Chaque apparition de l’Ange Gabriel, était accompagnée des phénomènes décrits plus haut. Ce n’était pas un exercice banal, ni une sinécure, mais une épreuve difficile, épuisante pour le Prophète qui ne reprenait sa lucidité qu'à la fin de la révélation. Dès lors, le message qui lui a été transmis s’imprégnait en lui et il pouvait le communiquer à son entourage, notamment à ses scribes, qui aussitôt le couchaient par écrit.
Les occidentaux qui comparaient ses tensions spirituelles à des affections pathologiques ont été confondus de constater qu'il avait gardé jusqu'à son dernier souffle, une conscience claire et lucide et qu'il n'avait été affligé d'aucune séquelle dégénérative. Ce qui remettait en cause le bien-fondé de leur diagnostic, toujours porté à dévaloriser la nature humaine du Prophète de l’Islam et ses facultés de discernement. Car, ils ne comprenaient rien aux phénomènes mystérieux, auxquels il était confronté, aussi leurs tentatives pour les expliquer viraient souvent au burlesque. Pourtant, les Prophètes bibliques, en nombre considérable, ont été opposés à des situations bien plus embarrassantes, sans pour autant que la curiosité ou l’étonnement des orientalistes ne se manifestent aucunement. Ils ont tous été confirmés dans leurs missions, même si la Bible, en décrit certaines qui ressemblaient plus aux aventures des Pieds nickelés, qu’à de véritables révélations divines.
Les opinions des jugeurs se multipliaient dans la confusion et proliféraient dans l’anarchie. Chacun d’eux tenait à tout prix à coller une étiquette infâmante, au Prophète, espérant ainsi remporter le concours du délire poussé dans ses derniers retranchements, qui s’est instauré entre eux. Mais le Prophète Mohammed était plus sain d'esprit et plus équilibré que ceux qui ont eu à le juger, dont certains finirent par perdre la raison. Ce fut un flop mémorable.
Durant cette phase de la révélation, les convertis de la première heure furent sa femme Khadidja, l'esclave Zaïd Ibn Haritah qu’il acheta
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avant de l’affranchir et d’en faire son fils adoptif, Ali ibn Abou Talib, son jeune cousin qu'il avait aussi adopté et qui épousa par la suite sa fille Fatima, ainsi qu’Abou Bakr Ben Seddik, son plus grand ami. Et ce, du fait de l'opposition généralisée à la propagation de la nouvelle religion. Les Mecquois polythéistes, persécutèrent durement ceux qui aspiraient à embrasser l’Islam. Après trois ans de prêche assidu, le Prophète ne réussit à convaincre que les quatre personnes citées ci-dessus dont deux d'entre eux, Zaïd et 'Ali, étaient des enfants ! Très tôt, il eut parmi ses irréductibles ennemis, son oncle Abou Lahab, qui s'employa à le dénigrer et tenta de persuader les autres membres de la famille de se dresser contre lui. Et, durant des années, ils ne furent que cinq Musulmans dans le monde, à professer la foi de l’existence d’Allah, le Seigneur et le Créateur de l’univers !
Puis, peu à peu le nombre de convertis se mit à augmenter laborieusement. Les esclaves qui tentaient de se convertir à l'Islam furent torturés et livrés au bon vouloir de leurs maîtres, tandis que les hommes libres étaient soumis aux provocations et aux intimidations de toutes sortes. Afin d'échapper à la persécution des Mecquois qui devenaient de plus en plus agressifs et dangereux, Mohammed accorda à un groupe de croyants, l'autorisation d'émigrer en Abyssinie dont les habitants étaient Chrétiens. Leur chef, le Nadjaschi (Négus) était en effet apprécié pour son équité et son refus de cautionner l'injustice. On était alors dans la cinquième année de la mission prophétique. A partir de ce moment, les idolâtres devinrent plus hargneux contre le Prophète. Ils l'insultaient et le frappaient quand il paraissait dans le sanctuaire.
Déjà le nommé 'Oqba Ibn Abou Mo'aït, lui avait craché au visage pendant qu'il était dans le Temple. Un autre jour, Abou Djahl, le chef de la tribu des Makhzoun, qui lui avait interdit de prier près de la Kaâba l'agressa et lui jeta sur la tête les abats de chameau, alors qu’il était prosterné, manquant de peu de l’étouffer. Le même ‘Oqba, essaya une fois de l'étrangler avec une corde durant la prière. Puis Abou Djahl, encore lui, l'accabla d'injures en d'autres circonstances et le blessa à la tête à l'aide d'une grosse pierre. Cet incident devait amener la conversion à l'Islam de Hamza, l’oncle du Prophète, qui releva ainsi l'affront infligé à son neveu et qui fut d’un apport particulièrement apprécié.
Le Prophète ne réagissait jamais avec brutalité à ces attaques indignes. Au contraire, il continuait à prêcher et à prier avec plus de ferveur et de conviction. Les révélations s’intensifiaient prônant avant tout l'Unicité et la Toute-puissance Divine. Lorsqu'ils virent que leur
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comportement n'obtenait pas les résultats escomptés, les Mecquois changèrent de tactique et décidèrent d'excommunier le clan du Prophète. Désormais, il était interdit de parler aux Musulmans ou d'avoir des relations commerciales ou matrimoniales avec eux et aucune paix ne saurait être conclue jusqu'à ce qu'ils livrent Mohammed. La situation de la petite communauté déjà très précaire, devenait insoutenable à la suite de cette exclusion, qui devait selon les souhaits de leurs auteurs, déboucher sur la reddition du Prophète. Mais loin d'être un moyen de pression, une telle mesure s'avéra être psychologiquement néfaste pour ses instigateurs. Une campagne de contestation fut déclenchée par une partie des Qoraïchites eux-mêmes qui refusèrent qu’un des leurs soit mis en quarantaine et la décision fut abrogée.
A la mort d'Abou Talib son protecteur, le Prophète fut de plus en plus en butte aux violences de ses ennemis. Il endura deux années encore, tout en révélant son Enseignement aux Mecquois, mais comme la situation empirait toujours, il décida de se rendre à Taïf, une ville à trois jours de marche, sur la route du Yémen, afin de trouver la sécurité et la sérénité, qui étaient indispensables à la diffusion de l’enseignement qu’il propageait. Cependant, les chefs de la ville, influencés par les Mecquois, se liguèrent contre lui. Les habitants le traitèrent durement, lui jetant des pierres qui le blessèrent une nouvelle fois. Il dut retourner à La Mecque ou une autre déception l'attendait puisqu'il avait été déclaré hors la loi pendant son absence. Il chercha péniblement une protection que finira par lui accorder Mout'îm Ibn 'Adiy, un des hommes ayant participé à la levée du boycott contre le clan des Hachémites.
Le Prophète continuait à avoir des révélations et passait son temps à prier, à prêcher et à enseigner. La base du Coran s'élargissait chaque jour davantage, incluant progressivement des préceptes qui devaient démarquer l'Islam non seulement de l'idolâtrie et des autres formes de croyances, mais aussi du Christianisme et du Judaïsme, qui ont été altérés, remaniés et délaissés. Cette année, comme de coutume, les habitants de Yathrib étaient venus nombreux, en pèlerinage à La Mecque. Fidèle à son habitude, le Prophète se rendit auprès d'un groupe de six personnes et leur présenta la nouvelle religion ; il leur récita quelques passages du Coran et ils furent séduits par les paroles merveilleuses qu’ils entendirent. Ils se convertirent sur le champ et retournèrent chez eux en promettant de parler aux gens de leur tribu des Khazradj, ainsi qu'à leurs rivaux de toujours, les hommes de la tribu des Aouss. Yathrib était effectivement divisée en deux tribus principales qui étaient opposées entre elles.
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L'année d'après, la ville de Yathrib envoya une délégation de douze personnes pour prêter serment d'allégeance au Prophète en reconnaissant l’existence d’Allah, le Seigneur et le Créateur de l’univers, à l’exclusion de toute autre divinité. Les nouveaux convertis s’engagèrent à abandonner les pratiques de l’idolâtrie, de renoncer au vol, au meurtre des filles à leur naissance, pratique usitée à l’époque, ainsi qu’au mensonge et jurèrent de protéger le Prophète de la même façon qu'ils le feraient pour leurs propres personnes. Mohammed renvoya avec eux un homme versé en religion en vue de l'enseigner aux habitants de Yathrib.
Une année plus tard, une forte députation composée de soixante-dix hommes tous nouvellement convertis vint prêter un second serment appelé « serment de la guerre. » Aux clauses initiales s'y ajoutait l'obligation de combattre les ennemis du Prophète et de l’Islam, jusqu'au triomphe de la nouvelle religion. Douze mandataires, garants de l'accord furent désignés. Le renforcement de la nouvelle puissance inquiéta les Mecquois qui décidèrent de supprimer définitivement le Prophète, qui constituait pour eux, désormais un danger réel. Toutefois, personne ne voulut prendre la responsabilité du crime, craignant la réaction du clan des Hachémites auquel il appartenait. Après maintes propositions, les chefs mecquois convinrent de choisir un membre de chaque tribu et de commettre l'agression collectivement, de sorte que la tribu de Mohammed, ne pouvant combattre tout le monde, n’aurait d’autre issue que d'accepter le prix du sang.
Mis au courant du projet, le Prophète prit ses dispositions et accompagné de son ami Abou Bakr, ils quittèrent La Mecque pour Yathrib. Ce fut la Hidjra, date à partir de laquelle les Musulmans font partir leur nouveau calendrier lunaire, abandonnant ainsi le comput ancien qui tombait en désuétude à chaque événement important. Le mot Hégire qui en dérive signifie émigration et non fuite ainsi que beaucoup d'orientalistes lui donnent, pour concéder une connotation lâche et poltronne à cet événement et à la religion qu’il incarne. Malgré les poursuivants lancés à leurs trousses, le Prophète et son compagnon réussirent à échapper et à rejoindre Yathrib en Septembre de l'année 622. Une nouvelle ère venait de s'ouvrir pour l'Islam, et plus tard pour le monde. La première mosquée musulmane fut édifiée à Qoba, un faubourg de la ville. Désormais, Yathrib portera le nom de Médine, diminutif de « Médinat en Nabi » ou la « ville du Prophète en arabe. » Désormais, la nouvelle religion allait s'épanouir plus librement. L'organisation du premier état musulman fut mise en place et le Prophète régla l'opposition traditionnelle séculaire des Tribus Aouss et Khazradj 140
qui affaiblissait les deux camps. En outre, les Musulmans mecquois qui avaient rejoint Médine avant ou après l'Hégire furent intégrés dans la nouvelle société.
Cependant, les Musulmans de Médine furent bientôt en butte à l'hostilité de la communauté juive de la ville, qui avait des intérêts importants et qui ne voyait pas d’un bon oeil, cette nouvelle religion venir concurrencer la leur. Lorsque l’opposition devint manifeste, le Prophète modifia selon un décret divin l'orientation de la prière afin de se démarquer des adversaires de l'Islam. Désormais, les Musulmans ne se tourneraient plus vers Jérusalem (El Qods), la ville des Prophètes, comme les Israélites, ainsi qu’ils l’avaient fait jusqu’à présent, mais ils devaient s’orienter vers le Temple sacré de la Kaâba, la Maison de Dieu, située à La Mecque et qui avait été construite par Abraham, aidé de son fils Ismaël, l’ancêtre des Arabes.
Le jeûne du Ramadhan fut également institué à Médine. La cité se dota d'une constitution, dont le texte a été conservé jusqu’à ce jour, qui définit les droits et les devoirs des citoyens et de leur chef. La coutume privée fut abolie et remplacée par la loi coranique. Désormais, les affaires de la communauté entraient dans la compétence de l'organisme central à la tête duquel se trouvait le Prophète assisté d'un conseil, le « Medjlis choura ». Les dispositions en matière de défense et de politique extérieure furent prises, de même que fut institué un système d'assurances sociales pour les responsabilités lourdes. Les caisses de sécurité sociale étaient alimentées par des cotisations et des dons versés par les gens aisés, pour secourir les pauvres et aider les nécessiteux.
En matière de défense, le Prophète organisa des détachements armés pour sillonner le désert et intervenir en cas de besoin contre les éléments hostiles. Il y eut ainsi quelques escarmouches avec des caravanes mecquoises qui transitaient non loin de Médine, qui occupait une position stratégique située entre le centre commercial de La Mecque et les débouchés syriens et palestiniens. Les relations avec les Mecquois étaient toujours très mauvaises. Ces derniers ne pouvant plus attaquer de front les Musulmans, qui constituaient désormais une puissance non négligeable, essayèrent d’affaiblir leur pouvoir en utilisant les Juifs qui résidaient à Médine. Ils avaient aussi recours à ceux que le Coran allait qualifier d'hypocrites, car bien qu’ils se fussent convertis à l’Islam, sous l’égide de le chef ‘Abdallah Ibn ‘Obay, ils ne rataient aucune occasion pour engendrer des troubles afin d’en tirer avantage. Ils restaient dans l’indécision, penchant chaque fois du côté de leurs intérêts.
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Le Prophète dont la tête était toujours mise à prix, se fixa des objectifs qui visaient à réduire la puissance de ses ennemis et, bientôt une excellente occasion allait se présenter à lui. Le premier jour du mois de Ramadhan, il fut informé qu'une importante caravane composée d'un millier de chameaux chargés de marchandises s'apprêtait à emprunter un itinéraire qui la ferait passer non loin de là, en territoire sous contrôle médinois. La caravane était accompagnée de soixante-dix hommes, commandés par Abou Sofiane, un des plus puissants chefs mecquois.
Le Prophète réunit environ trois cents fidèles autour de lui et partit immédiatement à sa rencontre. Il ne put la rejoindre car elle avait quitté la région à marche forcée. En revanche, les Mecquois qui avaient eu vent du projet, réunirent neuf cents à mille combattants et se mirent en route, décidés à anéantir la puissance montante de l'Islam. La troupe était commandée par Abou Djahl, le chef suprême de La Mecque, qui était un ennemi irréductible de la nouvelle religion, mais aussi de son Prophète qu’il avait agressé à plusieurs reprises.
Après quelques combats singuliers qui tournèrent à l'avantage des Musulmans, les deux armées s'affrontèrent farouchement à Badr, à l'aube du 17ème jour du Ramadhan. Le Prophète dirigeait les opérations et encourageait ses combattants. Il priait et implorait Dieu de l'assister dans son action. La confrontation dura toute la journée. Vers le soir, les infidèles furent mis en déroute, malgré leur avantage numérique. Leur chef Abou Djahl avait été tué, de même qu'un grand nombre de personnages de La Mecque. L'armée musulmane eut quatorze martyrs et des blessés. Cette première victoire de l'Islam était plus importante encore par ses conséquences psychologiques et son aspect politique. Son retentissement fut en effet immense. Les croyants qui ne doutèrent jamais de la justesse de leur cause, virent leurs sacrifices couronnés de succès. Quant aux Qoraïchites, non seulement ils furent blessés dans leur chair et leur orgueil, mais de plus, le cordon ombilical qui reliait leur cité marchande aux grands centres commerciaux syriens, palestiniens et ceux du moyen orient, était désormais à la merci des Musulmans. Or, La Mecque était une ville commerciale et caravanière, par conséquent très vulnérable si ses voies d'accès venaient à être coupées. Les Mecquois se devaient de relever ce double défi et s'y préparèrent activement.
Pendant ce temps le Prophète entreprit des expéditions contre quelques tribus arabes aux velléités belliqueuses. Il expulsa de Médine le clan juif des Béni Qaïnoqa, instigateur des troubles qui faillirent dégénérer sur une grande échelle et menacer l'ensemble de la 142
communauté médinoise. Treize mois d'intenses préparatifs furent nécessaires aux Qoraïchites pour réorganiser leur armée. Celle-ci comprenait désormais les effectifs des tribus arabes idolâtres, ainsi que des mercenaires enrôlés pour la durée de la campagne. Elle était commandée par Abou Sofiane, qui avait pris la succession d’Abou Djahl et qui était accompagné de son épouse Hind, connue pour sa haine envers l'Islam, ainsi que quinze femmes chargées d'exciter les hommes au combat. L'armée formée de 3 000 guerriers se présenta aux portes de Médine, au mois de Chaoual (année 3 de l'Hégire).
Le Prophète fut d'avis de s'enfermer avec ses troupes dans la ville et de soutenir un siège, car leur infériorité numérique les désavantageait pour combattre en rase campagne. D'autres Musulmans la majorité, furent d’avis d'aller affronter l'ennemi en terrain découvert. Finalement, il se rangea à contre-coeur à leur point de vue. L'armée musulmane comptait mille hommes. En cours de route trois cents d'entre eux firent défection à l'instigation de leur chef ‘Abdallah Ibn ‘Obay et retournèrent sur leurs pas. Ce dernier s'attendait à être couronné roi à Médine avant l'arrivée des Musulmans et se serait converti à l'Islam dans le but d'utiliser la religion pour parvenir à ses fins. Après le retrait de ceux qui allaient recevoir le titre « d’hypocrites », l'armée de Mohammed ne comprenait plus que 700 hommes. Elle s'attaqua néanmoins le lendemain avec bravoure aux Mecquois, quatre fois supérieurs et mieux armés. La mêlée fut très dure et malgré la disproportion des forces, les Musulmans commençaient à repousser les envahisseurs. Dans un mouvement de panique, ces derniers se mirent à fuir poursuivis par leurs adversaires.
Le théâtre des opérations était dominé par une colline d'environ trois cents mètres de haut, connue sous le nom de Djebel Ohod. Le Prophète y avait posté une cinquantaine d'archers, avec pour instruction formelle d'occuper ces positions stratégiques quelle que soit l'issue de la confrontation. Cependant, face à la déroute des Mecquois, les archers abandonnèrent leurs postes en dépit des consignes données et se mirent à poursuivre les fuyards dans le but de s’emparer d’une partie du butin. La situation fut immédiatement exploitée par Khalid Ibn Walid, commandant l'aile droite mecquoise qui chargea avec ses cavaliers les quelques archers restés en poste avant de surgir sur les flancs des Musulmans. La bataille fut meurtrière. Dans la confusion, on annonça que le Prophète avait été tué. Les Musulmans, déjà submergés et blessés, perdirent courage à cette nouvelle et s’enfuirent ; en fait le Prophète Mohammed n’avait été que blessé visage, il tomba dans un fossé, mais ne put se relever en raison de sa lourde cuirasse.
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Les pertes étaient de soixante-dix martyrs, parmi lesquels Hamza, l'oncle du Prophète, qui a été d’un apport considérable à l’Islam. Les païens se vengèrent sur les victimes d'une façon indigne. Hind, la femme d'Abou Sofiane arracha le foie de Hamza et en déchira un morceau avec ses dents. Son mari donnait des coups de lance sur le corps mutilé afin d'assouvir ses désirs longtemps refoulés
La bataille d’Ohod fut la première défaite des Musulmans mais, alors que ses ennemis pensaient qu'elle sonnerait le glas de la nouvelle religion, elle contribua au contraire à prouver la fermeté qui animait le Prophète et les fidèles. En effet, trois jours après la bataille, des bruits coururent que l'armée mecquoise était de retour, pour achever son travail. Immédiatement, le Prophète réunit ses maigres effectifs encore valides (lui-même était blessé) et se lança à la rencontre des agresseurs. Arrivé en face d’Ohod, à un endroit nommé Hamra El Assad, il campa sur place et resta pendant trois jours à attendre ses ennemis. En vain, personne ne se présenta. Ne voyant rien venir, il rentra à Médine avec ses troupes.
Les batailles de Badr et d’Ohod tiennent une place particulière dans l'histoire de l'Islam. La première avait démontré que la nouvelle religion était désormais en mesure de défendre ses acquis, et qu'il fallait compter avec elle. La seconde a été une victoire éclatante malgré son apparente défaite, car il était devenu manifeste que si l'ennemi pouvait remporter quelques batailles, il n'était plus en mesure d'anéantir la religion islamique. Il y eut par la suite plusieurs expéditions dirigées contre les éléments ou les tribus hostiles à la cause de l'Islam. Telles les campagnes de Radji, contre les Béni Nadhir, de Dhât ar Riqâ, Béni Qoraidha, etc.
Les Juifs de Médine, étaient répartis en trois tribus principales et d'autres, de moindre importance. Les Béni Qaïnoqa qui avaient été à l'origine de troubles dont les conséquences auraient pu être fatales, furent expulsés de Médine. Après avoir soutenu un siège de quinze jours, ils avaient été autorisés à prendre leurs biens avec eux. Le Prophète leur avait accordé un délai de trois jours pour leur permettre de recouvrer l'argent qui leur était dû. Quant aux Béni Nadhir ils disposaient d’une grande forteresse aux abords de Médine. Lorsque le Prophète s'était rendu chez eux pour leur réclamer leur part dans le prix du sang de deux Musulmans assassinés, conformément au traité en vigueur, ils essayèrent de le tuer par traîtrise. Il réussit à échapper à l'embuscade et leur adressa un ultimatum afin de quitter la région. Les Juifs s'apprêtaient à accepter ces conditions draconiennes, mais le chef des Hypocrites, Abdallah Ibn Obayy, celui-là même qui avait faussé compagnie au Prophète, avec ses 144
troupes, lors de la bataille d’Ohod, les incita à rejeter la sommation en promettant son aide contre les Musulmans. Les Israélites, forts de cet appui, s'enfermèrent alors dans leur forteresse et se préparèrent à soutenir le siège. Le Prophète déclara l'ouverture des hostilités et les Béni Nadhir pressèrent le chef des Hypocrites d'intervenir comme prévu. Cependant, pour ne pas faillir à sa réputation, justement méritée, celui-ci fit la sourde oreille et les abandonna à leur sort
Le siège dura onze jours. A leur capitulation, les Juifs acceptèrent toutes les conditions qui leur avaient été dictées. Chaque chef de famille avait le droit d'emporter la charge d'un chameau en biens personnels. Avant leur départ, les Béni Nadhir détruisirent leurs maisons afin qu'elles ne tombent pas aux mains des Musulmans. Le Prophète incita ces derniers à participer aux démolitions pour montrer que ces biens ne suscitaient pas de convoitise de son côté.
Les chefs des Béni Nadhir se rendirent ensuite auprès d'autres tribus juives de Khaïbar et de Syrie, ainsi qu'auprès des Béni Qoraidha, qui étaient implantés à Médine afin de leur demander du secours pour combattre les Musulmans. Ils demandèrent également l'aide des Mecquois idolâtres, et une importante armée fut mise sur pied pour attaquer Médine. Averti des préparatifs, le Prophète ordonna de creuser sur les conseils d'un Persan nommé Salman, un fossé tout autour de la ville. Ce moyen de défense était inconnu à l'époque en Arabie et les agresseurs manifestèrent leur désappointement devant un pareil ouvrage qu'ils ne purent ni franchir, ni contourner.
Toutefois, les Béni Qoraidha étaient eux à Médine même. Leur alliance avec les Mecquois risquait d'ouvrir une brèche à l'intérieur du système de défense. Le Prophète décida de dépêcher sur les lieux plusieurs détachements armés pour surveiller les approches de leurs quartiers et déjouer toute tentative qui pourrait leur porter préjudice. De plus, afin de contrer la coalition, il eut recours à un astucieux stratagème qui sema la discorde entre les deux alliés.
Les Mecquois découragés par le système de défense adopté, et dépités par les exigences des Béni Qoraïdha qui leur demandaient la remise de leurs enfants comme gage de leur alliance, songèrent à lever le siège de Médine, sans avoir pu franchir le fossé (le khandaq) et sans pouvoir le contourner. Leur départ devenait d’autant plus impératif que les vivres commençaient à manquer, et qu’un grand vent s’était levé, qui renversa leurs tentes et qu’ils interprétèrent comme un mauvais présage. Après leur fuite précipitée, le Prophète décida d'en finir avec la sédition.
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Il rassembla les Musulmans et institua le blocus des citadelles juives. Au bout de 25 jours, les assiégés se rendirent sans condition. Un juge fut désigné en la personne de Saâd Ibn Moâdh, chef de la tribu des Aouss, allié des Juifs et ceux-ci approuvèrent le choix. Il était blessé à la main par une flèche et le sang ne cessait de couler. Tous les protagonistes s’engagèrent à respecter ses décisions. Et la sentence qu'il prononça fut implacable. Tous les hommes devaient être mis à mort, les femmes et les enfants vendus comme esclaves.
A l'annonce du jugement, ceux qui purent s'enfuirent, ne demandèrent pas leur reste, les autres subirent les rigueurs du jugement. Les sources parlent de 600 à 700 exécutions. Les auteurs occidentaux dans leur grande majorité, ont éprouvé un sentiment d'horreur face ç un tel comportement et n'ont pas manqué une occasion de décrier ces pratiques barbares. La mise à mort de plusieurs centaines d'hommes dans un jugement collectif n'était qu'une mascarade pour légitimer un massacre injustifiable. Ce sont des arguments rassasiés qui ont toujours été utilisés, conjointement par les Juifs et les Chrétiens, afin de desservir la cause de l'Islam. Il est cependant nécessaire de rappeler que la sentence a été prononcée par le propre allié des Juifs et que ceux-ci se sont conduits traîtreusement avec la complicité des Mecquois pour attaquer les Musulmans, alors que la constitution de Médine qui régissait les relations entre les communautés proscrivait une telle alliance.
Aussi, face au parti-pris manifeste des Occidentaux, qui ne s’exprime qu’à sens unique, il est utile de remémorer à ceux qui crient à la tuerie et qui semblent être atteints d’amnésie, comment se sont comportés leurs propres prophètes, rois et prêtres bibliques, c'est-à-dire tous ces personnages qui se réclament des religions judéo-chrétiennes, durant leurs campagnes militaires. Cela édifiera les gens sur les moeurs d'alors et permettra de mieux mesurer l'attitude des uns et des autres.
Selon la Bible, (Nombres 31), Moïse demanda à son peuple, (les Israélites), d'aller punir les Madianites pour le mal qui leur avait été fait. Leur oeuvre accomplie, ils vinrent rendre compte à Moïse, au prêtre Elazar et à d'autres chefs, des résultats de leur mission. « Quoi, leur répondit Moïse, vous avez laissé la vie aux femmes ?...Tuez toutes les femmes qui ont été mariées, ainsi que tous les garçons. » Comme ses troupes ramenèrent 32 000 filles vierges, il est logique de penser que Moïse avait fait exécuter au moins autant de garçons qui étaient ses prisonniers et un nombre considérable de femmes. En tout, plus de cent mille morts.
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Pour s'être opposé à la traversée de son territoire par les Israélites sous la conduite de Moïse, le roi Sihon vit son pays entièrement ravagé. Toutes ses villes ont été détruites et mises à sac. « Et, (c'est Moïse qui parle) nous avons exterminé les hommes, les femmes et les enfants. Nous n'avons laissé aucun survivant. » (Deutéronome 2.34). Pour un simple droit de passage !
Poursuivant son chemin, Moïse arrive dans le pays de Bachan, attaque son roi Og, s'empare de soixante villes fortifiées : « Nous (c'est encore Moïse qui parle) avons complètement détruit toutes les villes, nous avons exterminé les hommes, les femmes et les enfants, comme nous l'avons fait pour le pays du roi Sihon de Héchébon...Nous avons pris le bétail ainsi que tous les biens trouvés dans les villes. » (Deutéronome 3. 6). Un calcul simple permet d’estimer que les centaines de villages détruits, devaient abriter au moins 200 à 300 000 habitants, de tous âges et des deux sexes, qui furent massacrés, jusqu’au dernier.
Josué a été le successeur de Moïse et l'Envoyé de Dieu. Lors de la bataille contre les Amorites, il aurait arrêté le soleil au-dessus de Gabaon et la lune sur le Val d'Ayalon jusqu'à la victoire des Israélites, (Josué 10. 13-14). Il attaqua le royaume d'Aï et fit 12 000 morts. Le nombre d'enfants n'est pas précisé mais en fonction du taux de fécondité des anciens peuples, leur nombre peut-être évalué à 30 000, au moins. « Les Israélites massacraient leurs ennemis en pleine campagne…Lorsqu'il n'en resta plus un seul en vie, ils regagnèrent la ville et exterminèrent le reste de la population, les femmes et les enfants qui s'y trouvaient. Josué garda sa lance brandie en direction d’Aï, jusqu'à ce que toute la population soit décimée. » (Josué 8. 24 à 26). Auparavant, il avait pillé la ville de Jéricho dont les murailles s'écroulèrent sous le formidable cri de guerre poussé par les Israélites qui montèrent à l'assaut regardant droit devant eux. « Ils exterminèrent toute la population de la ville, hommes et femmes, enfants et vieillards. Ils tuèrent même les boeufs, les moutons et les ânes. » (Josué 6.20). Le nombre d’habitants de la ville de Jéricho à cette époque est estimé à 40 000 ou 50 000 personnes, dont plus de la moitié étaient des femmes et des enfants. Tous massacrés.
Après avoir exécuté cinq rois amorites, Josué partit à la conquête des villes du sud. Il s'empara de la ville de Maquéda, y fit mourir son roi et tous ses habitants. Il n'y laissa aucun survivant. Puis ce fut au tour de Libna, puis Lakich, Eglon, Hébron, Debir, etc. Il conquit d'autres villes, d'autres régions. En tout, il vainquit trente-et-un rois. Partout les habitants furent massacrés, ne laissant aucun survivant. (Josué 10 à 12).
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Le Prophète Samuel reçut sa mission après Moïse et Josué. Lui aussi battit les Philistins et les humilia. Il consacra Saül qui devint roi d'Israël, animé de l'Esprit du Seigneur, avant de lui ordonner d'aller attaquer les Amalécites qui avaient barré le passage aux Israélites. Ses instructions étaient de « détruire complètement tous leurs biens sans pitié et de mettre à mort tous les êtres vivants, hommes, femmes, enfants, bébés, boeufs, moutons, chameaux et ânes. Saül réunit 210 000 soldats et exécuta les ordres du Prophète Samuel à la lettre. Il attaqua par surprise les Amalécites de Havila jusqu'à Chour à l'est de l'Égypte et massacra toute la population. » (Samuel 15. 1 à 18). Les effectifs considérables engagés dans ces tueries laissent penser que le nombre des morts, toutes catégories confondues, devait être de plusieurs dizaines ou même plusieurs centaines de milliers de personnes et ceci, sans compter le bétail ni la destruction des biens.
Lorsque Saül s'est détourné de Lui, le Seigneur choisit David comme nouveau roi d'Israël et L'a animé de Son Esprit. David était auparavant au service de Saül qu'il apaisait par sa musique. C'était un combattant intrépide. « Il battit les Moabites. Il les obligea à s'étendre par terre et fit mourir les deux tiers d'entre eux. Il battit les Syriens de Damas et en tua 22 000. Il battit ensuite les Edomites dans la Vallée du Sel en leur causant 18 000 morts, et une nouvelle fois les Syriens, près du Jourdain où il tua 40 000 cavaliers. Il combattit les troupes d'Absalon dans la forêt d'Ephraïm leur infligeant 20 000 morts et ceux qui perdirent la vie en forêt furent plus nombreux que ceux qui moururent au combat. (Samuel 8. 10 à 18). « Quand David combattait le Royaume d'Edom, le chef de son armée, Joab fit mourir tous les enfants et tous les hommes édomites. En effet, Joab et son armée restèrent six mois à Edom pour y massacrer les enfants et les hommes. » (Rois 1. 15-16).
David a été un grand roi et un grand guerrier au point que lorsqu'il voulut construire un Temple pour déposer le coffre de l'Alliance, Dieu l'arrêta en lui disant : « Ce n'est pas toi qui construiras un Temple où l'on viendra M'adorer, car tu es un homme de guerre et tu as fait couler beaucoup de sang. » (Chroniques 28. 3) Même le Dieu biblique fut effrayé par ses « exploits » !
Après David, il est nécessaire d’arrêter le décompte macabre des crimes et des carnages commis par les Israélites, selon les Livres Sacrés du Judéo-christianisme. Non que le sujet soit épuisé au contraire, la Bible reste fournie en faits d'armes qui défient l'imagination. Mais, les Musulmans rejettent ces versions qui ont été falsifiées et altérées par les
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prêtres et les docteurs de la loi. Ils ne peuvent en effet concevoir que Dieu ordonne le massacre systématique d'enfants, de bébés, d'êtres innocents, ou qu'il impose à Ses Elus, Sa Volonté d'exécuter un tel Commandement, que rien ne saurait justifier, dut-il émaner du Dieu biblique. Pour les Musulmans, Dieu est l'Etre Suprême qui inonde l'univers de Sa Miséricorde. Il interdit le carnage et le crime crapuleux. Le massacre d’êtres innocents, d’enfants et de bébés sans défense, est un acte monstrueux que rien ne justifie et qui encourt la malédiction divine.
Le Prophète Mohammed que la Salut et la Bénédiction de Dieu soient répandus sur lui, a interdit le meurtre des femmes et des enfants à la guerre, alors même qu'ils appartiennent au clan ennemi. Un homme aussi éminent, se distingue de tous les autres Prophètes, rois et prêtres qui sont décrits dans la Bible, par son humanisme, sa magnanimité et sa mansuétude et ce en dépit des campagnes mensongères qui sont menées par les ennemis de l’Islam, pour le confondre. Il savait pardonner mieux que quiconque dans l'adversité et encore plus dans la pleine possession de la puissance. Jamais il n'a ordonné, commis ou couvert l'assassinat gratuit d'hommes, d'enfants ou de femmes, ni détruit le bétail ou jeté le sel sur les terres pour les stériliser, pratiques couramment usitées dans la Bible. Même les ennemis de l’Islam, ne peuvent invoquer de telles pratiques à son encontre, alors qu’ils sont si prompts au dénigrement et à l’abjection, oubliant leur propre histoire.
Lorsqu’il occupa militairement, mais pacifiquement La Mecque, il prononça une amnistie générale en faveur de ses habitants idolâtres, qui avaient été ses ennemis les plus redoutables, et qui s'étaient alliés avec toutes les tribus arabes païennes et juives, pendant plus de vingt ans pour le tuer et anéantir la religion musulmane. Des dix personnes condamnées à mort précédemment (6 hommes et 4 femmes), toutes celles qui sollicitèrent sa grâce, l'obtinrent immédiatement et jouirent d'une liberté totale. Même Hind qui organisa l'assassinat de Hamza et dévora son foie, et aussi l'esclave El Ouahchi qui commit le crime. Pourtant, le Prophète était au faîte de sa puissance, il aurait pu anéantir systématiquement les Mecquois et s'emparer de leurs richesses, sans aucune conséquence fâcheuse. Ceux-ci n'auraient pas hésité à agir de la sorte envers lui, si l'occasion leur avait été donnée.
Cependant, Dieu Lui inspira un comportement plein de dignité et d'humilité. Il réunit les habitants et leur dit : « Louanges à Allah, qui a fait triompher Son serviteur et qui réalise la promesse qu'Il lui a donnée. En effet, Il m'avait promis de me ramener à La Mecque, Il l'a fait et Il a
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mis en déroute mes ennemis. » Puis Il ajouta : « Habitants de La Mecque, comment dois-je agir envers vous ? » Sohail Ibn 'Amr qui était païen (celui-là même qui refusa de reconnaître la qualité de Prophète à l’Envoyé de Dieu), se leva et dit : « Je pense que toi, noble Qoraïchite, issu d'une famille noble, qui reviens dans ta patrie triomphant, tu as l'intention de traiter avec pitié les vieillards, d'amnistier les jeunes gens, d'épargner les femmes et les enfants, de les gracier, de leur pardonner et de leur laisser la liberté. » A ces paroles, le Prophète versa de chaudes larmes, et les Mecquois pleurèrent aussi et sanglotèrent. Puis il s’adressa aux Mecquois : « Ô Mecquois ! Je vous dirai ce qu'a dit mon frère Youssef (Joseph) à ses frères : « Je ne vous ferai pas de reproches aujourd'hui; Dieu vous pardonnera, car Il est le Miséricordieux d'entre les miséricordieux. » Puis il monta sur son chameau et partit vers la tente qui a été dressée pour lui. »
Les orientalistes qui, à l'image de Maxime Rodinson et de tous les autres, qui sont légions, y compris au plus haut niveau des institutions religieuses du Judéo-christianisme, persistent à déformer la réalité, et à inverser les rôles, en continuant à taxer Mohammed de « Prophète armé », seraient bien inspirés de retourner aux sources de l'histoire et d'y puiser les enseignements qui leur font défaut, ou que par un calcul mesquin, ils cherchent à cacher sous le manteau d’une diversion, qui a été éventée depuis longtemps. Ils verraient alors que selon l'Ancien Testament, les Prophètes bibliques étaient comparativement au Prophète Mohammed, que le Salut et la Bénédiction d’Allah, soient sur lui, d’une sauvagerie inouïe, d’une barbarie inimaginable. Rien ne pouvait assouvir leur soif de sang. Sauf les montagnes de cadavres, de leurs ennemis et de leurs familles exterminées, ainsi que celles de leurs animaux.
En dehors des événements relatés par l'Ancien Testament, les exemples de massacres à grande échelle commis par les occidentaux foisonnent à travers l’histoire et le monde. La prise de Jérusalem par les croisés en 1099, pour ne citer que cet exemple, cinq siècles après l'avènement de l'Islam, à une époque où les moeurs s'étaient prétendument adoucies, en est une preuve flagrante. La croisade formée de plusieurs dizaines de milliers d'hommes accourus de l'Europe entière à l'appel de prédicateurs hystériques comme Pierre l'Ermite, trouva en la personne du pape Urbain II, un inconditionnel fanatique et intolérant qui alla jusqu'à absoudre tous les péchés des agresseurs passés et ceux qui seraient à commettre durant les croisades !!! Auréolée des bénédictions pontificales appropriées, la « horde de la foi », ayant à sa tête le duc de Basse Lorraine, Godefroy de Bouillon, le comte d'Edesse, Baudouin 1 er
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Bohémond, le futur prince d'Antioche, le prince de Sicile, Tancrède, le comte de Toulouse, Raymond IV, le comte Hugues de Vermandois, le comte Etienne de Blois, Robert Il, etc., en un mot, toute l'élite et la crème de la noblesse européenne, assiégea la ville sainte du 7 Juin au 15 Juillet 1099, jour malheureux de sa chute.
Alors commença un carnage indescriptible, une boucherie effroyable, qui devait durer sept jours pleins. Tout ce qui avait un souffle de vie fut massacré. Les atrocités commises par les « soldats du Christ », ainsi que les appelait l'historien Aboul Fidâ, dépassaient l'entendement. « Hommes, femmes, enfants, vieillards, rien ne fut épargné. Le génocide fut systématique. Un bain de sang inonda la ville et les cris et les lamentations des Musulmans devant tant d'horreurs montèrent jusqu'au ciel. » L'Archevêque Guillaume de Tyr qui prêcha la troisième croisade et qui n'avait donc aucune sympathie pour les Musulmans, rapporte que « la ville présentait en spectacle un tel carnage d'ennemis, une telle effusion de sang, que les vainqueurs eux-mêmes en furent frappés d'horreur et de dégoût. » Les sources les plus dignes de foi, parlent d’au moins 70 000 morts, cent fois plus que chez les Béni Qorâidha à Médine.
Les chroniqueurs n'ont pas manqué de mettre en parallèle le comportement des « soldats du Christ » et celui des Musulmans à propos de la prise de Jérusalem. La Ville Sainte fut en effet occupée par ces derniers en Février 636. « Ce jour-là, le Khalife Omar Ibn Khattab, compagnon du Prophète Mohammed avait fait son entrée sur son célèbre chameau blanc, tandis que le patriarche grec de la ville sainte s'avançait à sa rencontre. Le Khalife avait commencé par lui assurer que la vie et les biens de tous les habitants seraient respectés, avant de lui demander de lui faire visiter les lieux sacrés du Christianisme. Pendant qu'ils se trouvaient dans l'Eglise de la Qyama (le Saint Sépulcre), l'heure de la prière étant arrivée, Omar avait demandé à son hôte, où il pourrait étendre son tapis pour se prosterner. Le patriarche l'avait invité à se prosterner sur place, mais le Khalife avait répondu : « Si je le fais, les Musulmans voudront demain s'approprier ce lieu en disant : « Omar a prié ici. » Et, emportant son tapis, il était allé s'agenouiller à l'extérieur. Il avait vu juste, car c'est à cet endroit même que l'on allait construire la mosquée qui porte son nom. Les chefs francs n'ont pas, hélas cette magnanimité. Ils fêtent leur triomphe par une tuerie indescriptible puis saccagent sauvagement la ville qu'ils prétendent vénérer. » (Amine Maalouf : Les croisades vues par les Arabes). Mêmes vues par le diable, elles laisseront toujours les gens pétrifiés d’horreur. Parce que de telles pratiques sont indignes du genre humain.
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Mais Jérusalem n'est qu'un exemple des massacres collectifs et des tueries organisés par les Occidentaux, que ce soit dans le cadre des croisades, des conquêtes coloniales, esclavagistes, territoriales, que des luttes de libération nationales. C'est par dizaines de millions de morts, toutes catégories confondues que se chiffrent les victimes malheureuses et innocentes du bellicisme occidental. Aussi les historiens qui se posent en redresseurs de tort, en falsifiant l'histoire universelle et en passant sous silences leurs propres turpitudes, doivent méditer ces recommandations de Jésus, puisées dans leurs propres livres sacrés :
« Ne vous posez pas en juge, avait dit Jésus, afin de ne pas être jugés, car c'est de la façon dont vous jugez qu'on vous jugera, et c'est la mesure dont vous vous servez qui servira contre vous. Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'oeil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton oeil, tu ne la vois pas ? Alors comment vas-tu dire à ton frère : « Attends, que j'ôte la paille de ton oeil ? ». Mais voilà, la poutre est dans oeil ! Homme au jugement perverti, ôte d'abord la poutre de ton oeil et alors tu verras clair pour ôter la paille de l'oeil de ton frère. » (Matthieu 7.1 à 15). Dans la mesure où ces propos reflètent véritablement la situation, il semble superflu d'ajouter des commentaires.
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L'EXPANSION DE L'ISLAM
Après les Béni Qoraïdha, il y eut encore trois autres expéditions mineures avant celle de Hodaïbiya qui s'est déroulée la sixième année de l'Hégire. Le Prophète décida d'accomplir le pèlerinage à La Mecque en compagnie de sept cents hommes désarmés pour éviter de provoquer les Mecquois. Arrivée à Hodaïbiya, la caravane fit halte et Mohammed chargea son compagnon Othman Ibn Affan, d'informer les Qoraïchites de leurs intentions pacifiques. Mais, contrairement à la tradition établie, ceux-ci refusèrent l'entrée de la ville aux pèlerins et émirent des conditions qui semblèrent inacceptables aux Musulmans. Ils exigeaient, outre l'annulation du pèlerinage et son report d'une année, la conclusion d'une trêve de dix ans et la restitution des transfuges mecquois sans contrepartie pour les Médinois qui ne pouvaient récupérer leurs fidèles.
A la surprise générale, le Prophète accepta les termes du traité. Il fit même une autre concession qui parut humiliante aux Musulmans et dont il a été question, plus haut. Dans la formule liminaire du traité, Ali le cousin du Prophète avait écrit : « Au Nom de Dieu, Clément et Miséricordieux. » Sohaïl le négociateur mecquois s'écria : « Nous ne connaissons ni le Clément, ni le Miséricordieux, écris comme nous avons l'habitude d'écrire : « En Ton Nom, Ô Dieu. » Arrivé à la désignation des parties contractantes, Ali écrivit : « Mohammed Envoyé de Dieu ». « Nous ne reconnaissons pas Mohammed comme Prophète, sans quoi nous ne lui aurions pas interdit l'entrée de la Kaâba, écris : « Mohammed, fils d’‘Abdallah. » Ali se fâcha et jura de ne pas rayer les mots litigieux. Ce fut le Prophète lui-même qui les annula. Le traité fut ensuite rédigé dans sa forme définitive et signé par les deux parties.
Les Musulmans étaient mécontents aussi bien de la forme que du contenu. Cependant, contre toute attente, le Prophète éprouva la satisfaction d'avoir conclu un pacte avantageux pour l’Islam. Quelque temps plus tard, en effet, les termes qui semblaient inacceptables aux fidèles, commencèrent à donner les fruits attendus, qui contribuèrent à la consolidation et à l'expansion de l'Islam. Les Musulmans avaient été
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surtout choqués par le comportement des négociateurs mecquois et déçus de n'avoir pu accomplir le pèlerinage. Mais le Prophète avait des objectifs stratégiques, qui s'intégraient dans une politique à long terme et les apparentes concessions accordées, n'allaient pas tarder à jouer en faveur de la nouvelle religion.
Le fait d'avoir négocié et signé un traité avec le Prophète, que le Salut et la Bénédiction d’Allah soient sur lui, équivalait à reconnaître son autorité sur les Musulmans, sur les habitants de Médine et sur les tribus qui leur étaient inféodées, ce que les Mecquois avaient toujours refusé d'admettre auparavant. La trêve de dix ans qui a été décrétée, fut mise à profit pour renforcer l'organisation religieuse, politique et administrative des territoires occupés par les Musulmans. Le report du pèlerinage loin d'être une concession devait s'avérer comme une démonstration de force. Ils étaient 700 hommes désarmés la première fois, ils seront 2 000 tous armés et équipés l'année suivante. Par ailleurs, les Mecquois auraient à quitter la ville pendant trois jours afin de laisser les pèlerins remplir leurs obligations, ce qui aurait été inconcevable auparavant. L'accomplissement du pèlerinage à une si grande échelle eut un impact psychologique considérable.
La troisième clause, d'une portée plus limitée n'avait pas eu non plus les effets escomptés par les idolâtres. Elle faisait interdiction aux Musulmans de réclamer les transfuges médinois, qui se réfugieraient auprès des idolâtres mecquois. Dans ce cas, il ne pouvait s'agir que d'apostats et les Musulmans n'avaient que faire de cette qualité de traitres, sinon de les exécuter ainsi que l’exigeait la pratique ; ils ne réclamèrent donc pas leur récupération. La deuxième partie de la clause qui prévoyait de renvoyer à La Mecque les nouveaux convertis à l'Islam allait connaître quant à elle, un dénouement inattendu. Découragés par un tel obstacle, et plutôt que de rejoindre Médine et d'être extradés, les Mecquois nouvellement convertis à l’Islam, constituèrent dans le désert une organisation « d'éléments incontrôlés » qui s'attaquèrent aux caravanes des idolâtres qoraïchites, leur menant la vie dure.
Devant la tournure des événements, les responsables mecquois demandèrent une révision de la clause en question et insistèrent pour que le Prophète prenne sous son contrôle ces éléments qui étaient livrés à eux-mêmes. Désormais, ces derniers pouvaient être accueillis librement à Médine et cela à la demande de leurs ennemis ! Dans la rédaction des clauses de style, l'amputation de la formule introductive ne changeait rien au fait que Dieu était bien le Clément et le Miséricordieux, et que le 154
Prophète Mohammed tout en étant le fils d’Abdallah soit également l'Envoyé de Dieu. Les Mecquois devaient d'ailleurs bientôt l'apprendre à leurs dépens. Ainsi s'explique la révélation coranique qui parle « d'une victoire éclatante », là où les fidèles musulmans avaient cru trébucher sur un revers humiliant. Le Coran dit : « Nous t’avons accordé une victoire éclatante, afin qu’Allah te pardonne tes péchés passés et futurs, qu’Il parachève Sa Grâce en toi et te dirige sur la voie droite. Allah te donne un puissant secours. C’est Lui qui a fait descendre la quiétude (sakina) dans le coeur des croyants, afin que leur foi augmente. » (Coran. 48. 1 à 4) Le pacte de Hodaïbiya allait permettre au Prophète de passer à la vitesse supérieure en donnant au Message coranique la résonnance internationale qui lui manquait encore. La nouvelle religion venait de sortir de son milieu régional et étendait son emprise. L’Envoyé de Dieu députa huit ambassadeurs porteurs de messages personnels auprès des dirigeants des principaux pays de la région, pour les convier à l'Islam. Les sources historiques précisent qu'il s'agit de :
1. L'Empereur byzantin d'orient Héraclius 1er.
2. Le roi sassanide Khosro II, roi de Perse.
3. Le Négus (Nadjaschi) AI Adhkham, roi d'Abyssinie.
4. Le Gouverneur des Coptes (Egypte), Muqauqas.
5. Le Gouverneur de Syrie, Harith.
6. Le Prince du Yemama, Haudsa.
7. Le Prince d’Oman, Djaffar Ben Djolonda.
8. Le Gouverneur de Bahreïn.
Les émissaires lui rapportèrent des réponses différentes. Le roi d'Abyssinie accepta sa conversion à l'Islam. Le gouverneur copte d’Egypte, répondit par une missive bienveillante mais ne renia pas le Christianisme. Le roi de Perse Khosro II, déchira la lettre et ordonna à son gouverneur du Yémen de capturer Mohammed ou de lui ramener sa tête, pour avoir osé s’adresser à un personnage de son rang. Il ne put savourer ce plaisir et fut assassiné par son propre fils Kavâdh-Schiroui, en l’an 628, qui le remplaça à la tête du royaume et annula les ordres de son père. D'autres ne donnèrent pas de réponse. Mais cela est tout à fait secondaire. L'objectif que s'est assigné le Prophète avait été largement atteint. La religion musulmane était sortie de sa coquille et partait à la
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conquête du monde. Les premiers ambassadeurs de l'Islam avaient ouvert la voie à la diffusion du Message divin qui s'est réalisée avec une rapidité extraordinaire. Quelques années plus tard, la presque totalité de ces territoires, adoptaient la religion islamique.
Comme convenu lors du traité de Hodaïbiya vint le temps du pèlerinage. Le Prophète laissa les armes et les chevaux en dehors de la ville mais suffisamment près pour parer à toute éventualité. Les Mecquois sortirent de la cité, livrée pendant trois jours aux pèlerins musulmans, qui s'adonnèrent pour la première fois dans l’histoire de l’Islam, au rituel sacré prescrit par la nouvelle religion, qui n'a pas varié à ce jour. Les idolâtres furent impressionnés par la foi ardente des croyants, ce qui devait amener un peu plus tard la conversion d'hommes célèbres comme Khalid Ibn Walid ou 'Amr Ibn El 'As, les deux généraux de l’Islam, considérés comme les meilleurs stratèges de l’époque, qui furent les artisans de grandes victoires. Après avoir effectué le « petit pèlerinage » ou « Omrat el Qada » qui a lieu en dehors de la période traditionnelle du grand pèlerinage appelé « Hadj », les Musulmans quittèrent la Mecque comme convenu et les idolâtres reprirent possession des lieux sacrés.
Au cours de la huitième année de l'Hégire, il y eut plusieurs expéditions avant celle de Mou'ta qui mit aux prises un contingent de l'armée musulmane et une armée chrétienne composée d'Arabes ghassanides et de Byzantins. Les effectifs de l'armée chrétienne étaient considérables. Les chroniqueurs parlent de 100 à 200 000 combattants contre 3 000 guerriers pour les Musulmans. Malgré l’énorme disparité des forces, le combat s'engagea en territoire ennemi. Zaïd, l’ancien esclave et fils adoptif du Prophète, qui commandait le détachement ainsi que ses deux adjoints furent tués de même que nombre d'autres Musulmans. Khalid Ibn Walid, que le Prophète avait surnommé « L'Epée de Dieu » et qui avait été la cause de la défaite des Musulmans à Ohod, lorsqu’il était encore idolâtre, prit le commandement, réorganisa ses troupes et lança une offensive. Cependant, les forces adverses étaient trop nombreuses. Les Musulmans durent décocher et revenir à Médine. Il est intéressant de signaler que dans les instructions qu'il leur avait données avant le départ, le Prophète recommanda à ses troupes d'épargner les enfants, les femmes, les vieillards ainsi que les moines et de ménager les maisons, les cultures et les arbres. Une attitude à mettre en parallèle avec les faits d’armes bibliques et les conquêtes coloniales et les conséquences à tirer d’un tel enseignement.
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Au retour de cette expédition, le Prophète entreprit les préparatifs afin de délivrer La Mecque de l’idolâtrie. Le traité qui régissait les relations entre les Musulmans et les Qoraïchites venait en effet d'être rompu à l’initiative de ces derniers et les Musulmans n'étaient plus tenus de respecter des engagements devenus caducs. Une armée de 10 000 combattants fut mise sur pied. Elle était commandée par les meilleurs généraux et avait à sa tête le Prophète en personne. Elle arriva en vue de La Mecque au mois de Ramadhan (Janvier 630). Son importance jeta le désarroi dans le coeur des idolâtres. Ils dépêchèrent Abou Sofiane pour tenter une ultime démarche et retarder une échéance, qui avançait à grands pas. Elle fut vouée bien évidemment à l'échec. Il ne restait plus à ce dernier qu'une seule chance de sauver la situation et sa propre vie : se convertir à l'Islam. Et là, il a dû certainement sentir tout le poids de la Clémence et de la Miséricorde que ses agents avaient cru dénier au Seigneur de l’univers, lors de la conclusion du traité de Hodaïbiya par ses sbires. C'est de par ces nobles vertus propres à la religion musulmane que lui furent pardonnés et sa rébellion contre l'Islam, durant vingt ans, et tous les crimes dont il était tenu responsable en sa qualité de chef mecquois des idolâtres.
Le Prophète alla encore plus loin dans la mansuétude et annonça que quiconque se réfugierait dans la demeure d'Abou Sofiane serait en sécurité. Comme ses ennemis étaient trop nombreux pour tenir dans la maison de ce dernier, il ajouta : « Celui qui se réfugiera dans la Maison Sacrée de la Kaâba, sera en sécurité et celui qui jettera ses armes et s'enfermera chez lui sera aussi en sécurité. » Ainsi, alors qu'il était puissant, victorieux et que rien ne pouvait lui résister, il offrit avec son coeur la sécurité et la paix à ses ennemis. Une grandeur d'âme et une noblesse de comportement, inconnue dans l’histoire de l’humanité, tant ancienne que contemporaine, aussi bien en Orient qu’en Occident !
Les Mecquois se concertèrent pour arrêter une ligne de conduite. Finalement et en dépit des renforts de leurs confédérés ils estimèrent qu'ils n'étaient pas en mesure de s'opposer aux Musulmans et s'enfermèrent dans leurs demeures, afin d’avoir la vie sauve. Le Prophète divisa ses troupes en plusieurs unités et investit la ville des quatre côtés à la fois. Une faible résistance d'irréductibles se manifesta, mais elle fut vite réduite au silence. Il s'avança vers le Temple Sacré de la Kaâba et fit son entrée solennelle le 20 du mois de Ramadhan. Il était monté sur une chamelle et ne cessait de se prosterner en signe d'humilité et en hommage à la Gloire d’Allah, le Seigneur et le Créateur de l’univers.
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Les idoles qui encombraient la Maison Sacrée furent enlevées et brisées. Les sources historiques parlent de 360 statues, dont la plus grande par ses dimensions et aussi la plus vénérée Hobal, fut projetée à terre et placée devant le seuil de la Kaâba, afin que ceux qui pénètrent dans le Temple, puissent la fouler aux pieds et démontrer son inanité. Les Mecquois, du moins ceux qui étaient encore habités par l'idolâtrie n'en revenaient pas de voir leurs dieux abattus, détruits, pulvérisés et utilisés comme marchepieds par les pèlerins musulmans. Il est évident qu'au fond de leurs coeurs, nombre de polythéistes endurcis ne s'étaient pas privés d'appeler de tous leurs voeux quelque calamité vengeresse, pour punir ces derniers de leur ignoble forfait. Mais rien ne se passa. Figées dans leur éternelle stupidité, les statues étaient écrasées, broyées, anéanties par ces hommes nouveaux qui vouaient un culte unique à Allah, le Seigneur et Créateur de l'Univers. Et, chaque fois qu'une idole était délogée de son socle et s'abîmait à terre, un cri sortait des milliers de poitrines réunies autour de la Maison Sacrée : « Allahou Akbar ! », (Dieu est le Plus Grand !).
Lorsque la Kaâba fut débarrassée des vestiges de l’idolâtrie qui l'encombraient et des représentations profanes, le Prophète Mohammed, que le Salut et la Bénédiction d’Allah, soient sur lui, entra et accomplit une prière dédiée à la Gloire d’Allah. Puis après avoir prononcé les louanges d’usage, à Son intention, il s'adressa à la foule anxieuse et apeurée qui s’était massée, en prononçant cette formule désormais célèbre : « Habitants de la Mecque, comment dois-je agir envers vous ? »
La suite de ce discours a été développée plus haut, lorsque Sohaïl Ibn 'Amr qui était encore idolâtre, se leva et dit : « Je pense que toi qui est un noble Qoraïchite, issu d'une famille noble, qui reviens dans ta patrie triomphant de tes compatriotes, tu as l'intention de traiter avec pitié les vieillards, d'amnistier les jeunes gens, d'épargner les femmes et les enfants, de les gracier tous, de leur pardonner et de leur laisser la liberté. » Après son pardon, le Prophète regagna sa tente.
Le lendemain et pendant trois jours, les Mecquois vinrent prononcer la formule de foi et prêter serment d’allégeance et de fidélité devant le Prophète. Cette formule consiste à dire : « Il n’existe aucun autre dieu en dehors d’Allah et Mohammed est Son Prophète. » Puis, de petites expéditions furent lancées contre les tribus environnantes pour obtenir leur soumission. C'est au cours de l'une d'elles que furent détruits les sanctuaires consacrés aux deux autres idoles vénérées par les Arabes idolâtres: Manât et Al'Ozza.
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Après avoir délimité le périmètre du territoire sacré de La Mecque, le Prophète fut informé qu’une menace militaire se profilait à quelques deux ou trois jours de marche, à l'Est. Il s'agissait d'une coalition formée par les tribus des Béni Hawazin, des Béni Hillal et des Thaqif qui parvinrent à lever une armée composée de 30 000 guerriers, qui se disposaient à passer à l’attaque. Le Prophète prit les devants et partit à leur rencontre à la tête d’une troupe de 12 000 combattants. Le 30 Janvier 630, ils arrivèrent à Honaïn et furent impressionnés par l'énorme masse humaine qui se présentait devant eux. Leur chef avait en effet décidé de faire suivre les guerriers par les femmes, les enfants et leurs troupeaux de bétail. Le tout constituait une mer qui ondulait et ondoyait sous le soleil, à perte de vue. Dès le début de l’action, les Musulmans éprouvèrent les pires difficultés face à cette multitude et nombre d’entre eux furent tués ou blessés. D'autres s'enfuirent. Mais le Prophète qui était entouré de ses fidèles, fut stoïque et tint bon.
Dans le désordre indescriptible des combats, il réussit à rallier une partie de son armée en pleine déconfiture et lança des charges furieuses et répétées contre le corps principal de l'armée ennemie, jusqu’à rompre leurs rangs et désorganiser leur système de défense. Ce fut alors une panique générale parmi leurs troupes. Les combattants s'enfuirent de tous les côtés, abandonnant leurs femmes et leurs enfants, leurs troupeaux et leurs biens, pour se réfugier à Taïf, ville fortifiée. Cette même ville dont les habitants, chassèrent le Prophète au début de son apostolat, lorsqu’il est venu chercher protection.
La ville fut assiégée durant vingt-cinq jours par les troupes musulmanes, mais refusa de se rendre. Les Musulmans se retirèrent alors, non sans ramener avec eux, en guise de butin, les familles des vaincus et un butin considérable. Constatant qu'ils avaient tout perdu dans les combats, ces derniers se convertirent à l'Islam et vinrent réclamer leurs familles. Ils savaient qu’il ne leur restait que ce moyen pour échapper à un sort qui aurait pu être autrement plus dramatique. Après leur conversion, leurs biens et leurs familles leur furent restitués, et ils furent libres de leur personne. La défaite des Hawazin mit un terme, du moins en Arabie, aux grandes concentrations guerrières agressives. C’est aussi à Taïf que fut détruite, l’autre idole, appelée Al Lat.
Puis, le Prophète effectua une visite en état pénitentiel des lieux saints de La Mecque avant de retourner à Médine, la ville qui lui avait offert l’hospitalité à ses débuts. Là, il apprit que les Ghassanides (Arabes chrétiens) se préparaient à nouveau à la guerre et menaçaient leur
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sécurité. En pleine chaleur d’été, il organisa une expédition de 30 000 hommes et se rendit à Tabouk, à 600 kilomètres au nord, aux confins de la frontière syrienne. Il ne rencontra pas l'armée byzantine et établit son campement sur place. Les tribus d'alentour, impressionnées par le déploiement de forces, vinrent prêter des serments d'allégeance et le Prophète leur délivra des lettres de paix, qui leur assuraient la sécurité et la protection des troupes musulmanes.
Après quelques semaines de halte, il retourna à Médine. Désormais son autorité et son influence s'exerçaient pratiquement sur toute l'Arabie et sur une partie des territoires environnants. Des coins les plus reculés de la péninsule, des délégations de tribus se pressaient à Médine pour se convertir, établir des alliances et solliciter la sécurité. Une nouvelle ère venait de commencer dans la région. Elle allait s'étendre sur une partie notable du monde. Le Prophète réorganisa l'administration et nomma des agents pour son fonctionnement. Durant la neuvième année de l'Hégire, il interdit aux païens, aux idolâtres et aux incroyants, de s'approcher de la Maison Sacrée. L'année suivante, il décida d'accomplir le pèlerinage (Hadj) à la Kaâba, à l’occasion de l’Aïd el Adha. L'événement eut un tel retentissement qu'il regroupa 140 000 personnes.
Mohammed se présenta en état d'ihram (sacralisation) à La Mecque monté sur une chamelle blanche, en répétant la formule suivante : « Me voici à Toi, ô Allah ! Me voici venant à Toi. Tu n'as pas d'associé. A Toi Seul les Louanges, l'Adoration, l'Autorité Suprêmes. » Puis il exécuta les différents rites avant de se rendre au Djebel Rahma, à Arafat et de prononcer son discours d'adieu. Il rappela les principes fondamentaux du Coran, exhorta les pèlerins à s'y conformer en toutes circonstances et les invita à transmettre le message aux contrées éloignées et aux générations futures. A chaque recommandation, il s'arrêtait et posait la question suivante : « Ai-je communiqué le message ? « Oui, répondait la foule émue aux larmes. » Il reprenait : « Ô Allah, Sois en témoin ! »
Quand il eut terminé son discours, le vendredi 9 Dou l'Hidja, il descendit dans la vallée sur le dos de sa monture ; alors il reçut la dernière et ultime révélation qui devait mettre un terme au Coran et clore définitivement le cycle des religions divines et des Envoyés de Dieu, à destination de l’humanité. Désormais, jamais plus un Elu de Dieu, n’apparaîtra sur terre pour s’adresser au genre humain et communiquer un Message divin. L’ère des révélations divines qui débuta avec Adam, venait de prendre fin, avec le Prophète Mohammed, le sceau des Messagers de Dieu, que le Salut et la Bénédiction d’Allah soient sur lui.
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La chamelle ploya sous le poids de l’ultime révélation et allongea sa tête sur le sol en signe de soumission. (C’est Dieu qui parle) : « Aujourd'hui, J'ai parachevé votre religion, Je vous ai comblés de la Plénitude de Ma Grâce et J'agrée pour vous l'Islam comme religion. ». (Coran 5. 3) Ainsi prit fin la révélation coranique.
Le dernier pèlerinage est connu sous le nom de Pèlerinage d'adieu, parce que le Prophète, qui recevait la visite de l’Ange Gabriel, une fois par an, pour lui faire réciter le Coran, afin de valider son authenticité, exigea cette année une double récitation, signe qu’il ne reparaîtrait plus et que désormais le Livre Sacré était à l’abri de toute altération, d’autant qu’il avait été déjà consigné intégralement par écrit, sous le contrôle du Prophète. Dès lors, celui-ci était conscient qu’il s’agissait de sa dernière année. Quelques jours plus tard, il quitta La Mecque qu'il ne devait jamais plus revoir. Ses forces commençaient à décliner, il était souvent souffrant. Pendant vingt-trois ans, temps que dura la transmission du Message coranique, il subit des épreuves épuisantes, harassantes. Au mois de Moharrem de la 11ème année de l'Hégire sa maladie s'aggrava. Il se plaignait de violents maux de tête.
Profitant de la situation, quelques mystificateurs se prévalant de la qualité d'envoyés de Dieu, firent leur apparition et essayèrent de gagner à leur cause la population. Les trois principaux usurpateurs furent :
- Aswad, qui apparut au Yémen. Il faisait des tours de prestidigitation et incitait ses disciples à refuser le paiement de la zakat.
- Mossaïlima du Yemama. Il dispensa ses adeptes de la prière, autorisa la consommation des boissons alcoolisées et introduisit la pratique de la liberté sexuelle.
- Tolaïha de la tribu des Béni Assad. Il exempta ses fidèles de l'obligation de la prière et du jeûne.
Malgré les allègements et les facilités qu'ils accordèrent à leurs adeptes, tous les faux prophètes furent éliminés, victimes expiatoires de leur imposture. Quand l'état de santé de Mohammed s'aggrava, il emménagea chez sa femme Aïcha, la fille de son fidèle ami Abou Bakr. Il avait une forte fièvre et était allongé. Il demanda à ce dernier de présider la prière à sa place car il n'était plus en mesure de le faire. Le sixième jour du mois de Rabi' el Aouel, se sentant un peu mieux, il se rendit à la mosquée et prononça son dernier sermon. « Si la mort est une nécessité, dit-il, il existe après elle, un jour de justice où les hommes
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feront des réclamations les uns les autres. Les puissants de la terre réclameront contre les faibles et ceux-ci contre les grands. Il n'y aura de faveurs ni pour moi ni pour personne. Maintenant que je suis encore parmi vous, réclamez-moi votre dû. Si j'ai frappé quelqu'un, voici mon dos, qu'il exerce la loi du talion. Si j'ai offensé quelqu'un, voici mon honneur, qu'il en tire vengeance. Si j'ai pris le bien de quelqu'un, qu'il le reprenne. Purifiez-moi aujourd’hui de toute injustice afin que je puisse comparaître devant Allah, sans blâme et sans reproche envers personne. »
Les assistants répondaient émus : « Ô Prophète, nous sommes nous-mêmes tes débiteurs ! » Ensuite il regagna sa demeure. Il était de plus en plus malade. Quelques jours passèrent et son mal ne cessait d'empirer. Comme il ne pouvait plus se tenir assis, il posa la tête sur les genoux de sa femme. Il transpirait beaucoup et ne cessait de répéter à voix basse : « Il n y a aucun dieu en dehors d’Allah Lui-même. Il dit encore : « Quelle agonie dans la mort! ». Puis il murmura: « Avec le compagnon le plus haut. » Il ouvrit la bouche, la referma et rendit l'âme, le lundi 12 du mois de Rabi ' et Aouel. (Juin 632). Ce fut la stupéfaction chez les Musulmans qui refusaient de croire que le Prophète de Dieu était mort. La foule se rassembla devant sa demeure. Abou Bakr dut intervenir énergiquement afin de dissiper les doutes et prononça ces paroles historiques : « O Musulmans, Mohammed a quitté ce monde. Que ceux qui adoraient Mohammed sachent qu'il est mort, mais que ceux qui adorent Dieu, sachent qu'il est Vivant et ne meurt jamais. »
La foule accepta alors la réalité dans une profonde émotion. Le Prophète fut enterré à l'emplacement même où il rendit le dernier soupir, là où se trouve maintenant la grande mosquée de Médine. Ainsi, s'éteignit l'homme le plus admiré et le plus controversé de tous les temps. Admiré par ceux qui l'ont côtoyé durant toute la vie et pris comme gages, sa sincérité, sa loyauté, son courage, son désintéressement, sa foi inébranlable et son intégrité absolue qui plaident en faveur de l'authenticité absolue de sa Mission prophétique. Controversé par ceux qui avaient à lui opposer des ressentiments injustifiés dont la conscience a été forgée dans les ténèbres du Moyen Age, et qui sont eux-mêmes en manque de reconnaissance divine. Et dominant les problèmes conjoncturels, la Parole d’Allah Unique et Tout-puissant, préservée dans le Coran Sacré, restera à jamais le témoin solennel qui jugera entre les hommes le Jour de la Résurrection, afin que chacun reçoive son dû, en bien ou en mal, sans que personne ne soit lésé.
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LE CORAN EST-IL UNE IMITATION DE LA BIBLE ?
Dans leur majorité, les orientalistes rejettent l'idée de l'origine divine du Coran Sacré. Sans quoi, comme le reconnaît fort à propos Maxime Rodinson, ils se seraient convertis à cette religion qui se prétend authentique. Manifestement, ils ignorent qu’il n’est pas donné à tout le monde d’être agréé par le Seigneur de l’univers. C’est une Grâce que Lui Seul est en mesure d’accorder à Ses serviteurs méritants. Il ne saurait concéder une telle faveur, à ceux qui dénigrent la religion qu’Il lui a plu d’ériger en valeur universelle ainsi que son Prophète qui a été distingué et honoré parmi tout le genre humain.
Les éternels diffamateurs qui s’astreignent à dénaturer le Coran sont plus à plaindre qu’à blâmer de leur aveuglement. Le jour venu ils subiront les conséquences de leur fourvoiement, alors qu’aucun être dans l’univers ne pourra les secourir ou alléger leurs souffrances. Ils jugent le Coran et l’Islam à l’aune de leur ignorance tout en se prévalant d’être les détenteurs de la science et de la clairvoyance. Aussi quoi de plus normal que les verdicts qu’ils émettent ressemblent plus à un fatras de niaiseries, qu’à un trait de génie. Dès lors, il n’y a pas à s’étonner à ce que leurs positions s’opposent régulièrement à celles des Musulmans, car leur façon de juger est biaisée, et ne repose sur aucune certitude. Elle est le fruit de spéculations délétères, dont l’objectif est de préserver des intérêts acquis, qu’ils croient éternels, mais qui s’avèreront illusoires.
Ces préjugés sont le produit d’un imaginaire aigri par les succès de cette religion, d’autant que leurs croyances prennent eau de toutes parts, et qu’ils sont impuissants à redresser la barre de leur bateau qui s’en va à la dérive. Malgré tout, ce serait un aveu de faiblesse de ne pas les prendre en considération et de ne pas les réfuter avec les arguments appropriés. Car les subterfuges utilisés ne brillent pas par leurs qualités et restent vulnérables à la vérité lorsqu’elle s’exprime sereinement ; ils finiront par s’évanouir parce qu’ils sont dérisoires avant de se retourner contre ceux qui ont en font un usage inapproprié.
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Pour ces éminents spécialistes, tout ce qui concerne la religion musulmane est à mettre dans le même sac de la réfutation. Aussi, non seulement l’illettrisme du Prophète leur paraît dérisoire et sans fondement, mais d’aucuns sont convaincus qu’il était au contraire, un grand érudit et qu’il s’est inspiré de la Bible pour rédiger « son » Coran et fonder « sa religion ». Les Musulmans ont d’ailleurs longtemps été appelés les mahométans, pour signifier que leurs croyances ne remontent pas au Seigneur de l’univers et qu’elles ont été inspirées par le Prophète afin d’instituer un culte personnel. Mais les versions qui diffèrent entre elles sont la preuve qu’aucune n’est fondée ; elles dénotent au contraire les dérives intellectuelles et spirituelles de leurs auteurs. Les « spécialistes en sciences musulmanes » se divisent en quatre écoles différentes, que voici :
1. Les auteurs les plus nombreux prétendent que le Prophète aurait pris connaissance personnellement de la Bible, dans certains milieux de l'Arabie. Il aurait modelé le Coran à partir du matériel ainsi recueilli en faisant taire ses sources pour faire accroire qu’il était d'origine divine, et par conséquent, exempt d’erreur….à l’image de la Bible !
2. D’autres orientalistes ont réfuté ce point de vue. Ils estiment qu'il n'y a aucune raison de douter de la bonne foi du Prophète qui a toujours avoué avec constance son incapacité à lire ou à écrire. La seule hypothèse susceptible d’explique la provenance, la nature et la substance de son livre, reste celle d'une tradition orale qui serait parvenue à ses oreilles par l'intermédiaire de mystérieux personnages qui ont été plus ou moins identifiés, et dont les noms figurent plus bas.
3. Pour les plus originaux, le Prophète avait l'impression de recevoir des révélations extérieures alors qu'en réalité tout ce qu'il avait attribué à l'Ange Gabriel était le produit d’un subconscient qui bouillonnait sous l’effet de son obsession spirituelle maladive. Les soi-disant communications externes ne sont que le résultat d'une illusion qui a été habilement exploitée par l'intéressé.
4. Enfin, il y a la catégorie des inclassifiables, des fourre-tout ; ceux qui misent sur plusieurs tableaux à la fois et qui dans leur fébrilité ramassent tout ce qu'ils trouvent sur leur chemin. Le moindre argument est bon à prendre, pourvu qu’il s’éloigne de la thèse d’un Coran révélé par Dieu et qu’il confirme la version d’un ouvrage conçu par le Prophète de l’Islam. Le point commun à tous ces chercheurs est leur volonté de parvenir à un résultat, quel qu’il soit, pourvu qu’il ne corrobore pas la version officielle, qui est celle de la provenance divine.
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Afin de mettre à l’épreuve ces différentes hypothèses, il s’agit de les confronter à la réalité historique et d’examiner les éléments qui ont pu influer sur le Prophète Mohammed, au point de l'amener à créer une nouvelle religion glorieuse qui est connue pour son inaltérabilité et son immuabilité. Les conclusions qui se dégageront, répondront aux voeux combien chers de tous ceux qui considèrent le Coran comme un message emprunté de la Bible ou d’autres ouvrages, et voient le Prophète sous les traits d'un imposteur ou d’un magicien. Mais, il n’y a pas lieu d’anticiper le résultat de ces investigations.
Avant tout, puisque selon l'hypothèse la plus courante, le Prophète serait un fin lettré, un érudit et un fin connaisseur de la Bible, il devient impératif de connaître, même superficiellement et dans ses grandes lignes, ce qu'est cet ouvrage sacré, et quelles facilités il pouvait offrir à d'éventuels fondateurs de religion. Puisque de nombreux simulateurs s’ont s’en effectivement inspirés, pour espérer se faire une place au soleil, mais ils n’ont réussi qu’à creuser leur tombe.
La Bible que le Prophète aurait étudiée est le recueil des textes sacrés des religions juive et chrétienne. On distingue la Bible Juive (ou Ancien Testament) écrite en hébreu ancien (archaïque) avec quelques parties en araméen qui était la langue sémitique répandue en Syrie, en Palestine et en Egypte et la Bible chrétienne, qui s’est inspirée de la Bible juive et qui a été rédigée en grec et en latin. La Bible juive aurait été révélée et rédigée tout au long d'une période de neuf siècles, s'étendant du 11 ème au 2ème siècle avant l'ère chrétienne. Le canon se fixa à partir du 5ème siècle avant l'ère chrétienne, et définitivement vers 90-95, lors du synode de Jamnia, en Palestine.
Entre le 6ème et le 12ème siècle, des docteurs juifs (Massorètes) établirent une révision critique de ces textes et inventèrent les signes vocalistiques qui n'existaient pas auparavant, tout comme pour la langue arabe, et le travail fut achevé vers 900-930. Il s’est ainsi écoulé douze siècles, entre les premiers textes et l'adoption définitive de la Bible, et environ huit siècles entre celui-ci et la version des Massorètes. La Bible juive comprend 39 Livres divisés en trois parties. Ce sont : La Loi (Torah ou Pentateuque), les Prophètes (Nebiim) et les Ecrits (Ketoubin).
En plus de la Bible hébraïque, les Juifs de l'Antiquité utilisaient une version grecque, notablement différente, qui a été élaborée à Alexandrie sur l'ordre du roi d’Egypte, Ptolémée Il (283-246 avant l'ère chrétienne), connue sous le nom de Traduction des Septante. Cette Bible comporte une addition de plusieurs Livres qui n'existent pas dans les versions
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massorétiques. Ainsi les Israélites de l’époque possédaient deux Bibles différentes entre elles, l’une en hébreu qui était utilisée par les Israélites de Palestine et l’autre, qui est une traduction grecque et une adaptation de la première, qui était en usage chez les Juifs d’Alexandrie, qui avaient perdu l’usage de l’hébreu. Le terme de septante, qui signifie soixante-dix en réalité, a été ensuite transformé en soixante-douze, pour les besoins d’une cause qui avait besoin d’être sérieusement étayée. Il vient d’une légende selon laquelle 72 traducteurs, six membres de chacune des 12 tribus d’Israël auraient travaillé isolément, dans autant de cellules, pendant 72 jours. A la fin, de leurs travaux, ils auraient constaté que les 72 versions étaient identiques entre elles ! Un véritable miracle ! Il est vrai qu’à l’époque les prodiges existaient à profusion et à chaque coin de rue, aussi chacun pouvait les utiliser à sa convenance.
La Bible chrétienne est formée quant à elle, de l'Ancien Testament et du Nouveau Testament. Etant donné que le Christianisme se développa surtout dans les milieux parlant le grec, c'est tout naturellement la Bible grecque des Septante qui fut adoptée par les premières générations chrétiennes et qui différait déjà de le Bible juive ! Cet usage fut officiellement reconnu par l'Eglise romaine au 4ème siècle, puis confirmé lors du 19ème Concile oecuménique de Trente en 1546, qui consacra la Vulgate pour la Bible catholique.
L’Eglise catholique, comprend la Bible grecque, ainsi que les livres deutérocanoniques, qui n'ont été considérés comme canoniques qu'après les autres, tels Judith, Tobie, les Livres des Macchabés, la sagesse de Salomon, etc. L'Eglise protestante, ne reconnait pas les livres deutérocanoniques qui sont considérés comme apocryphes. Ils ont figuré en appendice dans les éditions bibliques jusqu'au 19ème siècle, sans jamais faire autorité en matière de foi. Quant aux Eglises orthodoxes, elles n'ont pris aucune décision officielle à leurs propos, mais les incluent dans leurs éditions de la Bible.
Le Texte de l'Ancien Testament a une longue histoire dont bien des moments restent encore obscurs. Il n’existe aucun document original, mais seulement des copies de copies, les manuscrits. La plus ancienne copie complète de l'Ancien Testament hébreu date du début du 11ème siècle de l'époque chrétienne. Elle reproduit un texte traditionnel de quelques siècles plus tôt. C’est dire quelle authenticité il faut accorder à des textes, depuis longtemps disparus et qui ont été reconstitués de mémoire par des auteurs inconnus. Vers la fin du premier siècle, le texte de l'Ancien Testament avait bénéficié du travail d'un groupe de savants,
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les Maitres de la Loi, qui après avoir constaté des différences entre les manuscrits, firent détruire les versions qui n’étaient pas conformes au texte qui a été retenu et officialisé pour l’exercice du culte. Un consensus a fini par prendre forme, autour de cette version et les opposants furent déboutés de leurs revendications qui consistaient à soumettre le document à une critique constructive. Bien entendu, le pouvoir en place fit détruire toutes les copies qui n’étaient pas conformes à leurs textes.
La deuxième série de livres de la Bible chrétienne est constituée par le Nouveau Testament. Ces textes tous rédigés en grec, (certaines sources prétendent que seuls trois Evangiles le furent dans cette langue, alors que la quatrième l’aurait été en hébreu) ont été écrits entre les années 30 et 150 voire 200, de l'ère chrétienne. Ils sont au nombre de 27, comprenant les quatre Evangiles (selon Matthieu, Marc, Luc et Jean), les Actes des Apôtres, treize lettres de l'Apôtre Paul, un écrit anonyme appelé « lettre aux Hébreux » sept lettres plus courtes dites catholiques (universelles) et un livre de visions, l'Apocalypse de Jean.
L’Evangile a lui aussi son histoire propre ; le Christ, qui était juif, (de même que sa mère, la Vierge Marie), ne connaissait pas la langue grecque et il n’est jamais sorti de Palestine. Il s’exprimait en araméen, la langue parlée de l’époque qui est proche de l’hébreu. Aussi son Evangile originel ne pouvait être révélé que dans sa langue natale. Cependant, comme son texte n’a jamais été retrouvé, les Evangélistes effectuèrent des reconstitutions, en langue grecque, selon une tradition orale qui est loin d’être un gage d’authenticité. Actuellement, il existe des dizaines d’Evangiles différents, mais seuls quatre d’entre eux sont considérés comme canoniques, c’est-à-dire reconnus comme faisant foi, alors que les autres sont apocryphes et rejetés par l’Eglise chrétienne.
Si les Evangiles canoniques sont reconnus comme « faisant foi », ils ne bénéficient pas de la même assurance, quant à leur authenticité, puisque seul l’Evangile révélé par le Christ Jésus, pouvait se vanter d’un tel privilège. Or, il n’a jamais été découvert et certaines sources prétendent qu’il n’a pas existé et que Jésus s’exprimait en fonction des circonstances et des événements et improvisait souvent. Mais, l’Islam réfute la position de l’Eglise, car il est incroyable de penser qu’Abraham, Moïse, David, le Prophète Mohammed ont tous été destinataires d’un Enseignement divin sous forme de message, et que le Christ n’ait pu bénéficier d’une telle attention. Aussi faute de disposer de l’original, l’Eglise chrétienne s’est rabattue sur les traductions grecques, qui sont d’ailleurs non seulement différentes entre elles, mais aussi et à plus
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forte raison avec les Evangiles apocryphes qui sont de loin les plus nombreux. Sans compter que leur probable divergence avec l’Evangile de Jésus, qui n’a jamais été retrouvé ne fait aucun doute.
Par conséquent la tradition communément admise selon laquelle, aussi bien la Bible juive, que la Bible chrétienne, comprenant l’Ancien et le Nouveau Testament, sont d’origine divine « mot pour mot », est une expression destinée surtout à conforter la foi des fidèles, car elle est complètement erronée et inexacte. Historiquement et spirituellement. Ni la Bible juive, ni la Bible chrétienne, ni les Evangiles, ne sont des textes authentiques émanant de Dieu. Ce sont des reconstitutions où les obligations religieuses ont pris le pas sur les considérations historiques, qui sont la garantie de leur authenticité. Elles ont été traduites par la suite en de nombreuses langues et tout le monde sait que la traduction est loin d’être une science exacte. Mais, avec le temps, les clichés et les préjugés ont fini par s’imposer d’autant que les structures religieuses, tant juives que chrétiennes, ne possèdent pas d’autres modèles de référence pour s’affirmer et se démarquer des autres croyances.
A l’image de l'Ancien Testament, le Canon du Nouveau Testament s'est constitué lui aussi par étapes. Le premier groupe d'écrits reconnus comme faisant autorité pour la foi est l'ensemble des lettres de Paul, auxquelles succédèrent les Evangiles et les Actes. Ce n'est que plus tard et non sans discussions que furent admis des écrits, comme la lettre aux Hébreux, celle de Jacques, la seconde de Pierre, la lettre de Jude et l'Apocalypse. L'usage de tous ces livres pour la lecture publique lors du culte finit par prévaloir sur celui d'autres écrits, qui furent écartés parce qu'on ne pouvait garantir qu'ils provenaient des Apôtres. (La Bible en français courant. Alliance biblique universelle).
A leur tour, les Actes des Apôtres ont été rédigés directement en langue grecque, par conséquent, ils ne peuvent être d’émanation divine, même s’ils prétendent le contraire. La langue grecque n’a jamais été utilisée pour véhiculer de messages divins. Seuls l’Hébreu, l’Araméen et l’Arabe, qui sont toutes trois des langues sémitiques, remontant à Sem, Fils de Noé, ont été employées, en raison de leur éminence. D’Issac au Christ Jésus, tous les prophètes bibliques se sont exprimés en hébreu, en araméen, puis par la suite c’est la langue arabe qui prit la relève jusqu’à la fin des temps.
En dehors des livres composant l'Ancien Testament et le Nouveau Testament canoniques, il existe des dizaines d'autres textes sacrés qui sont considérés comme apocryphes par les autorités religieuses et qui, de
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ce fait, ne sont pas reconnus par les autorités religieuses officielles. En tout état de cause, la Bible a toujours été une oeuvre volumineuse et dense. Des hommes consacraient parfois toute une vie pour l'étudier. Aussi, il est impensable d'imaginer que le Prophète ait pu s’inspirer d'un tel monument à l'insu du monde entier et surtout de ses concitoyens, dans une société aussi communautaire que l'était celle de La Mecque.
En parlant de monument, c’est avant tout le contenu qui est visé, puisqu’il a été élaboré durant une période qui s’étale sur deux millénaires, mais le terme s'applique aussi au support de l'ouvrage. A l'époque, l’imprimerie n’existait pas et les rares ouvrages écrits à la main étaient de véritables chefs d’oeuvre et nécessitaient l'utilisation de plusieurs centaines de peaux d'agneaux. Des raisons qui plaident pour que la Bible, qui comprend près d’un million de mots, soit volumineuse et d'un maniement difficile. Les manuscrits pouvaient être enroulés ou posés à plat. Les manuscrits de la Mer Morte, découverts en 1947 dans les grottes de Qumran en Palestine étaient rédigés sur des rouleaux de cuir, pratique couramment utilisée. En effet, l'empilement s'il garantissait une relative meilleure manipulation, faisait courir en revanche le risque du collage des feuillets. Pour cette raison, les intéressés préféraient souvent avoir recours aux rouleaux, plus encombrants, mais d'une conservation plus aisée.
Le British Muséum de Londres possède un exemplaire de la Bible Codex Sinaïticus, provenant du Monastère de Sainte Catherine (sur le Mont Sinaï) qui ne mesure pas moins de 40,5 x 71 centimètres, soit une surface équivalente à celle d'une dizaine de livres actuels. Il comportait à l'origine 730 pages, soit autant de peaux d’agneau. Sa rédaction avait nécessité une dizaine d’années et il aurait été recopié en l’an 350 de l’ère chrétienne en langue grecque. Ce qui montre l'importance de l'ouvrage.
De toute évidence, il n'était pas facile au Prophète, d'avoir en sa possession un exemplaire de la Bible, qui était très encombrant et pesait près d’un quintal, que ce soit sous forme de volumes ou de rouleaux. Si le recours au parchemin pouvait réduire le poids, personne n'a jamais parlé de la présence d'un tel document en Arabie, car son prix excessif et sa diffusion extrêmement réduite, limitait ou interdisait sa diffusion. En outre, le parchemin était un produit de grand luxe ; il est impossible d’imaginer que le Prophète déjà confronté aux dures nécessités de la vie, puisse se permettre d’acquérir un tel ouvrage, dont le prix pouvait dépasser dix fois celui d’une habitation sommaire, à l’image de celle qu’il habitait et qui était faite de torchis et de branches de palmier. Dans
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son ouvrage intitulé : « Le Prophète de l'Islam » Muhammed Hamidullah un des grands spécialistes de la religion musulmane, écrit que les lettres adressées par le Prophète aux souverains étrangers étaient écrites sur du parchemin, alors que les chartes octroyées aux chefs des tribus arabes étaient rédigées sur des morceaux de cuir. Le Prophète n’utilisa le parchemin, qu’aux toutes dernières années de sa vie, pour convier les souverains à embrasser l’Islam.
Les seuls supports graphiques usuels étaient constitués de morceaux de cuir, de poterie, des bouts de bois ou des omoplates de dromadaires. La Bible découverte à Sainte Catherine écrite sur des peaux d’agneaux était d’un maniement difficile et son accès n’était réservé qu’aux hauts dignitaires de cette institution et ces derniers éprouvaient un mépris certain à l’égard des Arabes qui ne pratiquaient pas le monothéisme et ne possédaient pas de Livres Révélés. La dure loi du marché fait que la rareté est toujours synonyme de cherté. Le spécimen du Musée de Londres fut acquis en 1933, pour l'équivalent de deux millions de dollars, en dépit de son état délabré. Ces arguments font que le Prophète ne pouvait absolument pas acquérir un exemplaire de cet ouvrage, à supposer qu’il en avait les moyens tout en étant un grand érudit. Mais, d’autres obstacles que ceux relatifs à la rareté, vont se dresser, pour éliminer définitivement la thèse de la référence biblique.
En effet, l'Ancien Testament avait été écrit en langue hébraïque, puisqu’il était destiné aux Israélites. Par la suite, une première traduction grecque fut réalisée au 3ème siècle avant l'ère chrétienne, sous l'égide du roi Ptolémée Il. A son avènement, le Nouveau Testament fut lui aussi entièrement écrit dans cette langue, à partir des récits araméens et hébreux. A la fin du 2ème siècle, il existait une version hébraïque de la Bible juive et une version grecque de la Bible chrétienne qui dérivait de cette dernière. Entre les années 390-405, la Bible chrétienne fut à nouveau traduite en latin par Saint Jérôme et s'imposa à partir du 7ème siècle pour devenir la version officielle de la Bible catholique (Vulgate) reconnue authentique au Concile de Trente.
Elle a été également traduite en syriaque au 2ème siècle (appelée Peshitto « La Simple »), en copte (Egyptien) au début du troisième siècle, en gothique au quatrième siècle, par Ulfilas (Petit Loup), évêque Goth, en slave au neuvième siècle par Cyrille le Philosophe, inventeur de l'alphabet cyrillique, en usage actuellement dans les pays slaves (Russie-Ukraine-Biélorussie, Bulgarie, etc.) Plus tard, elle fut transcrite dans de nombreuses langues, mais c'est seulement mille ans après l'avènement du 170
Prophète qu'elle fut adaptée en arabe. Aussi quand bien même le Prophète était un grand érudit et qu’il maniait sa langue d'origine avec aisance, il était impossible d’exiger de lui qu'il soit bilingue ou polyglotte, qu'il manie l'hébreu, le grec, le latin, le syriaque, le copte ou le gothique et qu'il s'en cache avec une aussi grande dextérité aux yeux du monde entier. Aussi la théorie d’un mystérieux enseignement biblique, qui lui aurait donné des idées saugrenues, jusqu’à l’inciter à produire une nouvelle religion, qui non seulement n’est pas tombée dans le panneau des erreurs et des inexactitudes qui fourmillent dans le texte biblique, mais qui s’en est écartée systématiquement, est simplement farfelue. N’y succombent que ceux qui insistent avec la dernière énergie, pour tomber dans le panneau d’une grossière mystification.
Les Arabes étaient connus pour leur éloquence dans leur langue natale, mais ils n'avaient pu s'ouvrir sur le monde extérieur. Muhammed Hamidullah signale que les Juifs d’Arabie, et de Médine en particulier, s'exprimaient en langue arabe dans leurs relations avec les autochtones et utilisaient l'hébreu entre eux. Selon Abou Daoud, le Prophète ordonna à son scribe, Zaïd Ibn Thâbit, d'apprendre l'hébreu, pour déchiffrer les lettres envoyées par les Juifs, qui étaient rédigées en langue arabe mais en caractères hébraïques, alors que la réponse s'effectuait en arabe.
Les éléments de cette situation s'articulent parfaitement pour démontrer le bien-fondé de la thèse soutenue par les Musulmans, selon laquelle le Prophète ne pouvait s’inspirer de la Bible. Les Juifs et les Chrétiens éprouvent une grande répugnance à l'idée que Dieu puisse confier Son Message à un Arabe. Cette pensée leur est plus que jamais insupportable. Heureusement qu’ils font preuve de vigilance sans quoi, Il aurait succombé au piège malfaisant conçu par Satan, pour détruire le Judéo-christianisme. Des relations aussi stratégiques ne peuvent relever que du monopole des Juifs et des Chrétiens, qui sont déterminés à exercer un strict contrôle sur un secteur aussi stratégique. Désormais il est fait interdiction à l’intéressé d’établir tout contact avec d’autres peuples. Evidemment avec le Dieu biblique acquis à leur cause, ils peuvent se permettre de jouer aux donneurs de leçons en se prenant pour des directeurs de conscience.
Les Musulmans ne prennent même pas la peine de réfuter ces arguments qui leur semblent incongrus et sortir des normes universelles. Il est indéniable que le Seigneur de l’univers, décide en toute souveraineté ; il ne saurait soumettre le choix de Ses Prophètes à l’approbation et au visa préalable de ceux qui se sont écartés du chemin 171
de la vérité. La religion chrétienne n'a été instaurée que pour redresser les déviations de la religion israélite, laquelle est venue rétablir celle qui a été révélée à Abraham, puis à Moïse, à David et à d’autres Prophètes juifs et dont nombre de Commandements ont été perdus ou altérés. Il en va ainsi des enseignements qui, depuis que l'homme existe, n'ont cessé d'être égarés, oubliés, ou déformés. Il en va de même de Dieu qui dans Son Immense Sollicitude n'a cessé de susciter des Prophètes afin de maintenir la Pureté de Son Message et la ligne directrice qui consiste à n’adorer qu’un Dieu Unique et Tout-puissant, sans Lui adjoindre aucune entité quelle qu’elle soit. Si les religions n'avaient pas été altérées, les Prophètes n'auraient pas été aussi nombreux à prêcher une vérité qui serait restée constante.
L'exemple de la Bible est significatif. De nombreuses altérations parsèment ce qui était à l'origine un Texte Sacré authentique. Attribuer ces bévues au Seigneur de l'univers est non seulement inconcevable, mais blasphématoire. Il est hors de doute qu'elles émanent plutôt de l'incompétence ou de la volonté délibérée, des docteurs de la loi et des prêtres, qui avaient la charge de transcrire les textes, mais qui au vu de la rigueur des prescriptions, se sont permis de transgresser les interdit divins et de les tourner à leur avantage. Précisément, le Coran, tout en avalisant certains passages de la Bible, a pris un soin méticuleux à s’écarter de toutes ces altérations.
La partie essentielle du présent ouvrage est consacrée au problème de la crédibilité de textes religieux, faussement attribués au Seigneur, et des conséquences désastreuses qui en résultent. Elles démontrent que le Prophète Mohammed n'a jamais pu puiser son Enseignement de la Bible. Le contraire aurait supposé qu'il hérite des passages sacrés dans la même proportion qu'il l'aurait fait des additions profanes et qu’il reprenne à son compte les milliers d’erreurs et d’inexactitudes du Texte biblique. Cela n'a pas été le cas. Le Coran a été expurgé de toutes les altérations qui émaillent l'Ancien et le Nouveau Testament, à une époque où il était impossible à un être humain de les détecter. La preuve, elles ont été validées par les nombreux conciles qui se sont tenus bien après la venue du Prophète de l'Islam et durant des siècles. Or, seule une Intelligence Supérieure et Infaillible, était en mesure de distinguer le vrai du faux et de tracer une démarcation dans ce qui était abusivement mélangé. Et cela n'entrait pas dans les compétences d'un homme fut-ce, le Prophète Mohammed, que le Salut et la Bénédiction d’Allah, soient sur lui, qui n’est resté après tout qu’un être humain, en dépit de sa qualité d’ultime Messager de Dieu à destination de l’humanité.
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LES EXPLOITS DU SUBCONSCIENT
« La forme de la matière biblique dans le Coran rend certain que Mahomet n'avait jamais lu la Bible, et il est peu probable qu'il ait jamais lu d'autres livres. » Telle est l'opinion exprimée par W.M. Watt, dans son livre consacré au Prophète. Elle diffère notablement de celle de la majorité des islamologues qui pensent le contraire. Il est dans la nature des choses qu’un sujet consacré à l’Islam ou à son Prophète, soulève des interrogations et des questions. Mais si le Prophète n'a pas eu accès à la Bible, d'où vient-il qu'il se réfère souvent aux mêmes sources ? Certains orientalistes sont convaincus qu'il recevait ses informations de mystérieux Chrétiens qui tenaient à lui enseigner les fondements des religions judéo-chrétiennes, mais qui en altéraient simultanément le contenu. Dans quel but ? Mahomet était en réalité un novateur qui se serait affranchi de ses commanditaires, avant de voler de ses propres ailes et de fonder la religion musulmane.
Watt évoque le nom de Waraqah, cousin de Khadidja, la femme du Prophète, qui se serait converti au Christianisme et « encourageait Mahomet à croire qu'il recevait des révélations semblables à celles des Juifs et des Chrétiens. » Selon l’intéressé, il suffirait de prendre un quidam, de lui suggérer qu’il reçoit des « révélations semblables à celles des Juifs et des Chrétiens, pour qu’aussitôt, il se mue en un grand Prophète. Le manque de vocation du genre humain est affligeant, puisqu’après lui, personne n’a tenté de devenir la référence suprême en matière de spiritualité. Il était donc si facile de former des Prophètes, et personne n’avait songé à utiliser cette possibilité ?
Pourtant, malgré ces arguments qui à première vue paraissent irréfutables, d’autres fauteurs de troubles sont venus prétendre que cette thèse ne tient pas debout, car le Prophète Mohammed aurait eu en réalité, un maître ès spiritualité, en la personne d’un moine, nommé Bahira, qui vivait en ermite près de Bostra, sur le flanc du Djebel Druze, et que l'Eglise accusa souvent d'être un hérétique. Ce moine se serait soudain prit la tête et aurait décidé de former des Prophètes, pour les pousser eux
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aussi à l’hérésie afin de contrebalancer ou même de se substituer à l’Eglise chrétienne. Du coup, il sortirait de sa misérable retraite spirituelle, perdue au flanc d’un coteau, de nulle part, et l’on viendrait de toute part reconnaître ses mérites et l’encenser. Et alors, à nous la belle vie ! Mais, son projet est tombé à l’eau et lui-même s’est noyé dans les larmes d’un désespoir sans fond.
Jamais à court d’arguments, d’autres orientalistes y sont allés eux aussi de leur chansonnette. Ainsi, on trouve un autre mystérieux personnage chrétien qui aurait prêché pendant la grande foire d’Okâz, et auquel Mahomet aurait prêté une oreille attentive. Séduit par le mystérieux personnage (il faut insister sur la notion de « mystérieux », parce que cela permet de noyer le poisson dans l’eau et de passet de références historiques), le futur Prophète aurait abandonné femme et enfants, maison et compagnons, pour suivre le moine en question afin de bénéficier de son non moins mystérieux enseignement. Ayant acquis la plénitude des sens et l’épanouissement spirituel ad hoc, il se mit à prophétiser et les gens stupides et crédules sont tombés dans le panneau, en pensant découvrir la vérité ! Naturellement, personne n’entendit parler de ce mystérieux moine, qui aurait été certainement mieux inspiré de profiter de sa science plutôt que de la propager à d’autres, et de rester à croupir de misère.
Certains auteurs font valoir que durant ses déplacements, Mohammed aurait pu entrer en contact avec des Arabes chrétiens de la frontière syrienne, ou encore avec des Abyssins également chrétiens venus du Yémen pour atteindre La Mecque. Comme si cela ne suffisait pas, pour faire bonne mesure, les orientalistes ont encore fait appel aux Ghassanides de Syrie bien sûr, mais aux Lakhmides de Hira qui pratiquaient le Christianisme sous la double forme du monophysisme et du nestorianisme, sans oublier les tribus du désert à l'image des Kalb, des Tanoukh, des Taghlib, des Hanifa, ainsi que de quelques centres urbains isolés, et d'autres anachorètes anonymes. (Francesco Gabrieli. Mahomet et les grandes conquêtes arabes)
Mais ce n'est pas tout ! Loin s’en faut ! Comme il fallait à tout prix découvrir son imposture, les arguments les plus fallacieux étaient les bienvenus. C’est ainsi que d’autres chercheurs, ont mis en action de mystérieux personnages juifs, cette fois, destinés sans doute à contrebalancer l'influence un peu trop envahissante des Chrétiens. En fin de compte, cela fait vraiment trop de monde à s’intéresser à cet homme qui s’appelait Mohammed. Pour quelles raisons, des populations 174
entières d'Arabie, de Syrie et de Palestine se sentirent-elles soudain la vocation d'enseigner la Bible à un simple citoyen, qui ne demandait rien, et que tout ce battage fait autour de sa personne soit passé inaperçu de la quasi-totalité des gens ?
En réalité, l'excitation désordonnée des auteurs occidentaux cache mal leur volonté de détruire à n'importe quel prix la thèse musulmane qui a l'avantage d'être unique et authentique : celle de la Révélation divine.
Est-il raisonnable de croire à la vraisemblance de tels récits ? Pourquoi les promoteurs en question ne se sont jamais manifestés, lorsque le Prophète s'est attaqué aux religions juive et chrétienne, accusées d'être altérées par des mains corruptrices, et à l'idolâtrie, dénoncée comme le plus grand crime de l'humanité ? Le moins est de penser que, si mystérieux personnages il y avait, ils n'auraient pas manqué de se manifester contre les prétentions de ce pseudo-prophète, qu’ils ont contribué à former, mettant à nu son stratagème et ruinant ses espoirs. Mais rien de cela ne s'est produit. Jamais aucune source ancienne n'a émis le moindre commentaire qui aurait pu donner quelque crédibilité à ces versions. Dans ces investigations, les sources musulmanes n’ont pas été les seules à être mises à contribution. La partie belle a été réservée aux porte-paroles juifs, chrétiens et païens qui sont restés muets.
La pugnacité des Occidentaux ne le cède qu'à leur imagination débordante. Voici à titre d'exemple le raisonnement émis par Rodinson : « On a cru pouvoir déceler, écrit-il, dans un schéma fréquent, l'influence de l'ordonnance habituelle d'homélies célèbres dans l'Eglise syrienne, celle du père de l'Eglise, Saint-Ephrem. Des auteurs nous racontent que Mohammed aurait entendu à la grande foire de 'Okâz, prêcher un Chrétien, Qoss Ibn Saïda, évêque, dit-on, qui aurait développé en prose rimée et en vers, le thème de la fragilité humaine et la proximité du Jugement. Aurait-on là un chaînon entre le Christianisme syrien et le Coran ? » se demande faussement candide l'auteur, avant d'ajouter : « Certaines concordances sont impressionnantes, mais Qoss est peut-être un personnage légendaire et ses sermons sont peut-être apocryphes. »
En clair, l’intéressé estime que le discours prononcé par Qoss Ibn Saïda, à la foire de 'Okâz aurait influé considérablement sur le destin prophétique de Mohammed. Seulement il ajoute dans la même veine que l'évêque en question n'a peut-être jamais existé. En conséquence, il n'a pu prononcer de sermons que le Prophète n'a évidemment pu entendre. Malgré tout, ces concordances comme il les appelle, sont impressionnantes. Mais Rodinson voulait certainement dire que les 175
concordances étaient impressionnantes par leur caractère farfelu, et que le fil de sa pensée se soit égaré entre-temps ? Car, comment peut-on être impressionné par quelque chose qui n'existe pas ?
Voilà de quelle façon on essaie de mystifier les lecteurs tout en déformant la vie du Prophète et la portée de son apostolat. Ainsi, les orientalistes pouvaient jouer sur plusieurs tableaux à la fois afin de « confondre » le Prophète et découvrir le « secret » de ses révélations. Mais tout n’est pas terminé, puisqu’après avoir maintenu que le Coran avait été dicté au Prophète par de mystérieux personnages chrétiens, W.M. Watt lui aussi se contredit quelques chapitres plus loin en soutenant un point de vue tout à fait opposé. D’après lui, les révélations provenaient non pas de l'extérieur mais du subconscient de l'intéressé, et à son insu ! « Dire que Mahomet était sincère n'implique pas que ses croyances étaient exactes. Un homme peut être sincère et se tromper. Il n'est pas difficile à un occidental contemporain de montrer comment Mahomet a pu faire erreur. Ce qui semble pour un homme venir de l'extérieur de lui même, peut en vérité venir de son subconscient... » La théorie du subconscient est chère à bon nombre d'orientalistes. Ils y voient un sujet de choix très maniable, contrairement aux versions précédentes qui demandent un minimum de références et de citations. L'avantage est que l’on peut imputer au subconscient toutes sortes d'insanités sans le voir broncher ou démentir. Ces raisons ont incité les spécialistes à user de ce procédé si commode.
Il va sans dire que le subconscient ou l'inconscient s'applique aux processus mentaux qui échappent au contrôle du sujet. C'est dans cet état que le Prophète aurait rédigé le plus pur joyau de la littérature arabe. En outre, toujours soumis à un psychisme irrationnel, il aurait jeté les bases d'une nouvelle société, défini les obligations divines, établi un code de justice, prescrit une éthique rénovée, réorganisé le milieu socioculturel, réglementé les droits et les devoirs des citoyens, élaboré la première convention, etc. Et toujours dans cet état d'inconscience (ou de latence ?) prolongé (les révélations ont duré 23 ans), il aurait contribué comme jamais aucun homme ne l'a fait depuis, à expliquer les grands phénomènes qui régissent l'univers et dont la plupart n'ont été (re) « découverts » qu'au 20ème siècle par les savants.
Grâce au Coran, la plupart des secrets de l'univers ont été rendus accessibles à l'homme. La suite de l'ouvrage permettra d’exposer des dizaines de sujets qui ont été dévoilés par le Livre Sacré et qui sont restés méconnus des Occidentaux jusqu'à l'époque moderne. Les phénomènes 176
étaient à ce point nouveaux, que ces derniers n'en avaient pas saisi le sens. Ils demeurèrent incompris durant mille ans. Plus tard, la révolution scientifique entreprit de modifier les mentalités, et alors seulement les révélations prirent leur sens éclatant. Ce qui amènera la conversion à l'Islam de nombreux savants. Car les preuves tangibles sont plus éloquentes que tous les discours du monde.
Depuis, les gens avisés réfutèrent sagement la théorie du subconscient. Car des connaissances supérieures à tout ce que l'humanité avait pu imaginer ne pouvaient émaner si simplement des facultés incontrôlées d'un être humain. Si tel avait été le cas, pourquoi, au vu de ces performances étonnantes, les pays technologiquement évolués s'astreignent-ils encore à promouvoir leurs académies scientifiques et leurs centres de recherches avancées pour résoudre les problèmes spécifiquement difficiles, alors qu'il serait plus commode de manipuler un individu avec des médicaments psychotropes et d'enclencher les processus mentaux «inconscients» qui permettront de répondre aux grandes questions de l'humanité ?
Une telle méthode aurait l'avantage de faire gagner plusieurs siècles d'avance sur une intelligence scientifique conventionnelle. Quelle économie de temps et de moyens pour tout le monde ! Cependant, la plus grande économie consiste certainement à rejeter les élucubrations des orientalistes en mal de sensations. Ceux-ci n'ont pu appréhender le Texte Sacré à sa véritable valeur. A l'image de leurs prédécesseurs, ils n'ont vu qu'un fatras d'enchevêtrements qui se mariait bien avec l'inconscience d'un homme. Mais le Texte coranique reste hors d'atteinte des apprentis-manipulateurs.
Le subconscient du Prophète s'est avéré comme il fallait s'y attendre, tout à fait insuffisant pour élaborer un Enseignement de cette valeur. Depuis, il est devenu évident que la science continuera à progresser en restant tributaire de la recherche fondamentale et non de processus mentaux incontrôlés et que les révélations coraniques constituent bien la Parole Sacrée du Seigneur de l'univers, Unique et Tout-Puissant. Le subconscient du Prophète n'a pu jouer aucun rôle dans la conception du Coran. Ces vérités ont été occultées pour porter préjudice à l'Islam et à son Livre Sacré. Mais nul ne saurait inverser l'ordre des choses sans que la réalité recouvre finalement ses droits.
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LA BIBLE, SOURCE D'INSPIRATION OU SUJET DE CONTROVERSE ?
Le Coran ne reconnaît pas à la Bible l'unicité que les Judéo-chrétiens lui attribuent. L'histoire des religions révélées a débuté avec l'apparition de l'homme bien avant l'Alliance avec le peuple d'Israël. Après Adam, Noé reçut le don de prophétie, ainsi qu'Abraham, lesquels n'ont jamais été des Juifs. Ce dernier était originaire de Chaldée (Babylonie-Mésopotamie) et la mission prophétique dont il fut investi précéda la naissance de ses enfants, Ismaël, l'ancêtre des Arabes et Isaac, l'ancêtre des Israélites. Il a été le fondateur de la Kaâba où Maison Sacrée, aidé en cela par son fils Ismaël.
Le Coran atteste qu'il n'était ni Juif, ni Chrétien, mais un vrai croyant, soumis à Dieu. (Coran 3. 67). Abraham fut un Messager en ce sens qu'il disposait d'un Livre, connu sous le nom de « Souhouf ». Ces écrits ont été perdus et aucun document d'origine n'existe pour éclairer les fondements de cette religion. Cependant, la Torah et le Coran reprennent certaines pratiques, de sorte que les grandes lignes du Message qui professait un strict monothéisme, sont connues.
La Torah (en hébreu : la Loi) est le nom donné aux cinq premiers Livres de la Bible relatant le récit de la création depuis ses origines (Genèse, déluge, etc.), jusqu'à la mort de Moise. Ces livres (la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome) sont censés renfermer la Loi mosaïque et constituent le noyau de la religion israélite. Ils ont été complétés plus tard, par de nombreux autres écrits que le Coran ne reconnaît pas, car ils n'émanent pas de Dieu. Ce sont : les Livres des Rois, les Cantiques, les Lamentations et d'autres ouvrages écrits par des auteurs, le plus souvent inconnus, mais qui exercèrent un attrait puissant auprès des docteurs juifs en raison de leur contenu apologétique. La Bible évoque « les faussaires qui transcrivent la loi et tordent le sens » (Jérémie 8-8-9), et « les faux prophètes qui annoncent des prédictions sans valeur et des inventions trompeuses » (Idem 14. 14). De fait l'altération du Message divin aura de grandes répercussions sur la crédibilité de l'enseignement biblique.
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Près de trois siècles après Moïse, Dieu suscita Daoud (David) comme Prophète et Lui révéla les Psaumes (désignés sous le nom d’Al Zabour par le Coran). A l'image des autres Livres sacrés, les Psaumes firent l'objet d'additions et de modifications. Les Israélites admettent que sur les 150 poèmes de ce livre, 73 seulement remonteraient à David, les autres ayant été composés sur une période s'étalant du 11ème au 2ème siècle avant l'ère chrétienne, par des auteurs inconnus. Jésus faisait fréquemment mention des Psaumes dans l'Evangile. La personne de David est vue de façon différente par la Bible et le Coran. L'Ancien Testament le présente avant tout comme un roi inspiré par Dieu. Le Coran au contraire donne la prééminence au Prophète sur le roi. De toute manière le Coran soutient que même les Psaumes attribués à David, ont été corrompus à l'image de très nombreux autres passages de la Bible, dont il est impossible de faire le recensement.
L'Evangile est le quatrième Livre d'inspiration divine recensé par le Coran, qui n'emploie jamais le pluriel, à l'opposé de l'Eglise. De fait, les milieux chrétiens ont retenu quatre Evangiles canoniques, selon Matthieu, Marc, Luc et Jean, après la mise à l'écart de dizaines d’autres, jugés comme apocryphes, non reconnues par l’Eglise. Si le nombre des versions est aussi important, cela est dû essentiellement au fait que chaque auteur avait rédigé sa propre interprétation des récits parvenus jusqu'à lui. Car les Evangiles différaient entre eux.
Contrairement à l’élaboration du Coran, il n’existe aucun témoin direct pour certifier l’authenticité du Message du Christ. Aussi, le Proto Evangile de Jacques le Mineur, l'Evangile de Nicodème, l'Evangile de Marcion, l'Evangile selon les Hébreux, l'Histoire de la Nativité de Marie, l'Evangile des Egyptiens, l'Evangile de Thomas, etc., et d'autres livres furent tous qualifiés d'apocryphes et rejetés par l'Eglise. Voilà pourquoi le Coran ne reconnaît en ne donne sa caution qu’au seul Evangile véridique émanant de Jésus, et ne valide aucune des nombreuses versions qui en ont été tirées, qu'elles soient canoniques ou apocryphes. Les autres Livres de l'Evangile ayant été déjà énumérés, il n’est pas nécessaire de les citer à nouveau. Saur pour signaler que Saint-Paul, qui s'est taillé la part du lion dans la rédaction des différentes lettres de l'Evangile, était un personnage controversé dans les milieux chrétiens de Jérusalem. Il n'avait pas connu Jésus et combattit le Christianisme à sa naissance. Il se serait ensuite converti et légitima son zèle pour la nouvelle religion en affirmant avoir rencontré Jésus, ressuscité sur la route de Damas. Il tira de la crédulité des gens une auréole de sainteté qui lui permit d'exercer son apostolat en toute quiétude.
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Tous ces documents ne sont évidemment pas d'origine divine. Ils sont récusés par le Coran au même titre que d'autres écrits qui prétendent parler au Nom du Seigneur, alors qu'ils ne disposent d'aucun mandat en ce sens. Nul ne saurait nier que les périodes des grandes révélations divines se sont avérées aussi être celles où la ferveur était intense et la dévotion profonde. Les gens s'exhortaient au recueillement et à la méditation, particulièrement les hommes de religion qui vivaient leur foi dans une soumission extatique ; le terrain était éminemment favorable pour donner un sens mystique à la moindre sollicitation de l'esprit. L’imagination allait jouer un grand rôle en embellissant et en attribuant à une Puissance divine, des faits qui par eux-mêmes étaient dérisoires. Il existait en conséquence une profusion de prophètes, se disant inspirés, car cette qualité était indispensable pour acquérir un statut social exceptionnel dans la communauté.
Ceux qui se voyaient reconnaître de tels privilèges devenaient les égaux des rois, et prenaient souvent le pas sur eux. Ce qui explique les raisons de la ruée des visionnaires et la lutte féroce des faux prophètes entre eux. Mais l'inconvénient allait justement survenir du nombre de ceux-ci, dans une profession qui était recherchée et qui payait bien. Deux qualités étaient requises pour réussir : l'apologie du peuple considéré et l'imagination. Cette voie fut explorée avec beaucoup de succès par des personnages qui s'attribuaient des dons de prophétie et qui n'étaient que des usurpateurs. Dans l'Ancien Testament, de nombreux « prophètes » firent et dirent ce qui convenait le mieux à leurs intérêts et à ceux de leurs proches. Ils cimentèrent la cohésion des membres de leur société en les exhortant à porter le combat à l'extérieur, à soumettre ou à anéantir les pays avoisinants. Ils sombrèrent dans les excès, par le massacre des femmes, des enfants, des bébés, l'abattage du bétail, les destructions massives. Ils justifièrent leur boucherie par l'emballement à venger les exactions dont ils furent victimes. Ils mirent de la cruauté et de la démesure dans leurs châtiments. Ils exercèrent leur puissance pleinement, sans retenue jusqu'à satiété.
Cette attitude restera tellement ancrée dans leurs esprits, que c'est tout naturellement après leur énième invasion contre les pays voisins en 1967, que le général de Gaulle, Président de la République Française, utilisera l'expression de « peuple dominateur » pour qualifier leur propension à l'agression. Ce n'était pas une formule de circonstance, mais le résultat d'une tradition soigneusement entretenue et qui s'est exercée implacablement face à la lutte héroïque du peuple palestinien.
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L'autre qualité que devaient exploiter ceux qui se prévalaient d'entrer en communication avec le Seigneur, était l'imagination. Un message plat, sans relief vouait son auteur à l'indifférence. Il était important d'impressionner les esprits et de produire une décharge émotionnelle propice à changer l'ordre des choses. Les artifices étaient nombreux et les candidats des acteurs consommés. Les uns avaient la faculté de voir Dieu, « en personne ». D'autres lui parlaient, engageaient des dialogues interminables. Il leur était familier et finissait presque par devenir leur obligé. Bref, les subterfuges étaient variés et la crédulité des gens, inépuisable. Les prophètes s'étaient spécialisés. Certains dans les visions extraordinaires ou dans les récits mythologiques, d'autres dans le maniement des chiffres, les sciences de la généalogie, etc.
Voici, à titre d'exemple, comment Ezékiel, vrai Prophète d’Israël décrit sa rencontre et ses relations avec le Seigneur (résumé) : « Le cinquième jour, du quatrième mois de sa trentième année, Ezékiel vit le ciel s'ouvrir et Dieu Lui envoya des visions et Lui adressa la Parole avec une puissance saisissante. Il vit une rafale de vent qui amenait un gros nuage chargé d'éclairs et dont le centre scintillait comme du métal. Il y avait quatre êtres vivants d'apparence humaine. Chacun d'eux possédait quatre ailes et quatre faces. Ils avaient des jambes droites et leurs pieds ressemblaient aux sabots d'un veau et brillaient comme du métal. »
« Sous chacune des ailes sortait une main d'homme. Les mains, les faces et les ailes des quatre êtres étaient tournées dans les quatre directions. Ils avançaient droit devant eux sans tourner le corps. Chaque être possédait les quatre faces suivantes : Une face humaine devant, une face de lion à droite, une face de taureau à gauche, et une face d'aigle derrière. Leurs deux ailes se touchaient et recouvraient entièrement leurs corps. Ils allaient partout sans avoir à tourner leur corps. »
« On voyait des flammes et des torches qui bougeaient entre les êtres vivants et allaient et venaient à la vitesse de la foudre. Les éclairs jaillissaient de partout. Il y avait également quatre roues qui brillaient comme des pierres précieuses. Elles touchaient la terre et en même temps étaient d'une hauteur effrayante. Elles se dirigeaient dans les quatre directions sans avoir à pivoter. La volonté des êtres vivants animait les roues. Lorsqu'ils s'avançaient, s'arrêtaient, s'élevaient dans le ciel, les roues en faisaient autant. Au-dessus, se trouvait une voûte qui scintillait comme du cristal, sous laquelle se tenaient les êtres vivants. Chacun d'eux avait deux ailes tendues droit devant, tandis que les deux autres ailes recouvraient les corps. Leurs ailes bruissaient quand ils se 181
déglaçaient on pouvait comparer ce bruit au grondement de la mer ou à la Voix de Dieu Tout-puissant... »
Et la description se poursuivait toujours merveilleuse et les gens qui en demandaient encore émoustillés par une suite palpitante et l'auteur qui en rallongeait pour satisfaire une curiosité légitime. Et voilà le Dieu biblique, apparaissant au-dessus de la voûte dans un décor hollywoodien, fait de lumière, d'éclairs et de flaches multicolores. Il charge Ezékiel de transmettre un Message pour le peuple d'Israël et lui ordonne d'avaler le livre en forme de rouleau, avant de le relever de terre à l'aide de l'étrange machine, et de l'emporter dans les cieux pour le déposer à Tel Abib (Tel Aviv). Ezékiel passa sept jours de stupeur complète, alors Dieu L'attacha avec des cordes afin qu'il reste allongé sur le côté gauche pendant 390 jours pour expier les fautes du Royaume d'Israël, puis durant 40 jours sur le côté droit afin d'effacer les fautes du Royaume de Juda. Dans cet état, il devait faire cuire sa nourriture en utilisant des excréments humains comme combustibles, mais au dernier moment, Dieu allégea sa charge et lui permit d'utiliser la bouse de vache.
Ensuite, Il lui intima l'ordre de se raser la barbe et de se couper les cheveux et de les diviser en plusieurs parts : Le premier tiers devait être brûlé au centre de Jérusalem ; le deuxième tiers était destiné à être frappé avec une épée par Ezékiel tout autour de la ville ; le troisième tiers serait dispersé au vent et le Dieu biblique en personne se chargerait de courir derrière, pour le frapper avec son épée. Et, l'auteur imperturbable, mais non dépourvu d'idées, de poursuivre son récit vigoureux et coloré, afin de satisfaire un auditoire médusé.
L'indécence peut-elle à ce point obnubiler la raison pour croire à de telles fables ? Mais l’auteur n’en a cure, il fait encore intervenir le Dieu biblique afin de démasquer les faux prophètes et confirmer ses propres visions. Le Seigneur invita Ezékiel à dénoncer ceux qui se prétendent prophètes et prophétisent de leurs propres initiatives, car, « le malheur s'abattra sur les insensés qui prennent leurs visions pour des prophéties : Israélites, vos prophètes ressemblent à des chacals qui rôdent sur des ruines...lls prédisent des mensonges et imaginent des visions alors que Moi le Seigneur, Je ne les ai pas envoyés... » (Ezékiel 13). La concurrence peut être dangereuse et le meilleur moyen est de l'éliminer pour s'en préserver. C'est fait efficacement avec le concours de Dieu.
La lecture du Livre d'Ezékiel ou d'autres livres bibliques de la même mouture, et ils sont nombreux, suscite un commentaire d'ordre général, mais d'une importance fondamentale. L'invraisemblance du récit 182
ne permettant pas de le considérer comme étant d'origine divine, deux hypothèses peuvent être formulées pour juger de son authenticité.
Première hypothèse : Ezékiel est bien un Prophète chargé d'avertir les Israélites et dans ce cas, ses paroles ont été gravement altérées au point de confondre les prescriptions divines avec les additions opérées par les docteurs et les scribes qui avaient accès aux premières sources historiques. Et une telle éventualité compromettrait la valeur d'un texte, qualifié de sacré.
Deuxième hypothèse : Ezékiel n'est qu'un imposteur à l'image de ceux qu'il dénonce dans son livre, pour mieux s'en prémunir et dans ce cas son message ne serait qu'un faux, qui ne devrait pas trouver place dans la Bible.
Dans le Coran, le nom d'Ezékiel n'apparaît pas, mais cela n'exclut nullement la possibilité qu'il ait pu être effectivement un Envoyé de Dieu. Le Livre Sacré admet que tous les Prophètes n'ont pas été cités : « Nous avons inspiré les Prophètes dont Nous t'avons déjà fait connaître l'histoire, et d'autres dont Nous ne t'en parlerons pas... » (Coran 4. 164) Certains exégètes musulmans tels que Tabari et Razi, pensent qu’Ezékiel est l'autre nom du Prophète Dhou el Kifl (Coran 21.85 et 38. 48) que les commentateurs ne sont pas arrivés à identifier. Cependant, ce point de vue n'est pas partagé par tout le monde. Nonobstant ces remarques, il faut savoir que le Livre d'Ezékiel n'est pas seul en cause, de nombreux autres écrits bibliques ont été altérés au cours des siècles et portent encore les traces des manipulations. Que cela procède d'une falsification délibérée ou résulte de circonstances involontaires, ne change rien au fait que l'enseignement actuel s'écarte largement du Message originel.
D'autres invraisemblances nombreuses existent dans la Bible. Un exemple est donné par l'histoire des cailles du Sinaï : Le recensement effectué par Moïse et Aaron a permis d'estimer le nombre d'hommes âgés de 20 ans et plus à 603 550 (Nombres 1. 3 à 44), ce qui donne approximativement une population totale de trois millions de personnes, toutes catégories confondues. Ce sont les effectifs qui ont fui l'Egypte de Pharaon pour la Terre Promise. Ce chiffre apparaît comme gonflé, car une telle procession aurait dû avoir le plus grand mal pour régler ses problèmes d'intendance. Qu'à cela ne tienne. Dieu fit descendre sur le peuple élu la manne et les cailles pour le nourrir. On apprend que : « Le Seigneur envoya un vent qui amena les cailles, au point de former une couche d'un mètre environ tout autour du camp, sur une distance d'une journée de marche. » (Nombres 11. 31).
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Une journée de marche équivaut à un cercle de 30 kilomètres de rayon et une superficie de plusieurs milliers de kilomètres carrés. Avec une densité égale à celle de l'eau et un poids de 150 grammes par volatile, on apprend qu'il est tombé l'équivalent de cinq milliards de tonnes de cailles, de quoi alimenter la population mondiale durant près d'un demi-siècle en prenant comme base, la moyenne actuelle de 30 kilos de viande par personne et par an. Mais, les Israélites furent plus gâtés, puisque chacun d’eux eut droit à environ 20 millions de cailles, soit le chargement d'un navire de 2 000 tonnes !
La Bible poursuit « qu'ils étalèrent les cailles tout autour du camp, pour les faire sécher », mais ne précise pas sur quoi, le sol étant déjà recouvert d'une couche d'un mètre d'épaisseur. Face à de tels faits, les bonnes intentions demeurent insuffisantes pour n'y voir qu'une forme de symbolisme ! Malgré tout, ces données restent dérisoires face à d’autres situations, pour le moins choquantes. Lorsque Moise demanda à voir Dieu, Celui-ci lui répondit qu'il ne pouvait le contempler de face, mais qu'Il l'autorisait à le voir de dos ! (Exode 33. 19 à 23). Le même Livre allait pourtant se contredire. Après l'Alliance du Seigneur avec les Israélites, Moïse monta sur la montagne avec Aaron, Nadab, Abihou et les soixante-dix anciens d'Israël. Là, ils virent Dieu monté sur une sorte de plate-forme, d'un bleu aussi pur que le ciel. Ils le contemplèrent puis mangèrent et burent. (Exode 24. 9).
Dieu est aussi présenté comme sujet à l'oubli. Il doit se référer à l'arc en-ciel afin de se souvenir de ses engagements avec l'humanité. (Genèse 1. 14 à 16). Il est versatile : « il regretta d'avoir créé les hommes et décida de les balayer de la terre ainsi que les animaux et les oiseaux ». (Genèse 6. 57). Il pouvait servir non seulement de guide spirituel, mais aussi de cicérone afin de piloter les Israélites dans le désert. Il prenait l'apparence d'une balise le jour et d'un phare la nuit : « Le Seigneur précédait les Israélites le jour dans une colonne de fumée et la nuit dans une colonne de feu, de sorte qu'ils pouvaient marcher jour et nuit en se repérant par rapport à Lui ». (Exode 13. 20 à 22).
Dieu n'hésitait pas à se déplacer afin d'aller à la rencontre de l'homme : « Je vais venir jusqu'à toi, Moïse, caché dans une épaisse fumée ». (Exode 19. 9). Il servait de signal pour les déplacements : « Les Israélites se mettaient en route si la fumée s'élevait au dessus de la demeure, si au contraire elle ne bougeait pas, ils ne partaient pas ». (Exode 40. 36-37). Il exigea une tente pour vivre avec les Israélites. (Exode 25.8-9), ainsi que de l'ameublement, table toujours garnie,
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vaisselle, plats, coupes, flacons, bols, etc., le tout en or pur. De plus, le pain et le vin ne devaient pas manquer. (Exode 25. 23 à 30).Il avait choisi pour se manifester aux Israélites, un emplacement situé entre les deux chérubins façonnés sur le couvercle du coffre de l'Alliance. De là, II avait décidé de donner Ses Ordres. Il avait une attirance tout à fait particulière pour les sacrifices d'animaux, dont II appréciait la fumée odorante. (Exode 29-16 à 18). Enfin, et pour mettre un terme à cette litanie, il est intéressant de mentionner le combat entre Jacob et Dieu, qui aurait duré une nuit entière. Lorsqu'il s'aperçut qu'il ne pouvait vaincre Jacob loyalement, Dieu le frappa à l'articulation de la hanche et celle-ci se déboîta. Puis Il lui donna le nom d'Israël, qui évoque en hébreu, l'expression de « lutter contre Dieu ». Depuis, cet endroit s'appelle Penouel, qui veut dire : « Face de Dieu ». Et de là, les Israélites s'abstinrent de manger le muscle qui relie la cuisse à la hanche, car Dieu avait blessé Jacob à cet endroit. (Genèse 32. 23 à 33).
Ces exemples prélevés dans la Bible ne laissent pas d'étonner les non-initiés, ou simplement les gens ordinaires, en raison de l'image peu reluisante que les Judéo-chrétiens donnent du Dieu biblique. On découvre un Dieu qui discute avec les hommes, parade devant eux, leur sert de pilote et de panneau de signalisation. Il est affecté de trous de mémoire, sujet au regret, habite une tente, possède de l'ameublement et de la vaisselle. Il se complait dans la fumée odorante des sacrifices, se fait contrarier par une femme usant de subterfuges et n'hésite pas à l'occasion, à se mesurer en duel avec ses créatures.
Un gouffre existe entre les conceptions musulmane et judéo-chrétienne. Bien sûr, ces derniers sont convaincus que Dieu est le Seigneur de l'univers, l'Etre Suprême à la Puissance Illimitée. Mais le premier volet le montre sous des apparences peu flatteuses et suffit à discréditer un acteur qui devient ambigu et équivoque. Est-ce là le véritable portrait du Seigneur de l'univers ? : « Gloire au Seigneur des cieux et de la terre, le Seigneur du Trône. Comme, Il est plus élevé que tout ce qu'ils imaginent! » (Coran 43.82). Telle est la réponse du Coran, pour qui les Attributs de Dieu ne sont pas dénombrables. Nul ne saurait dénaturer aussi vulgairement l'idée sublime que les croyants véritables sont en droit de se faire de Dieu. Ce sujet a déjà été assez explicité dans un chapitre entièrement consacré aux attributs divins. Il convint seulement de rappeler que Dieu échappe à toute perception, et qu'à ce titre, il ne saurait être vu, entendu ou détecté par qui que ce soit. Voilà de quoi réfuter les thèses de ceux qui lui ont reconnu l'apparence, les sentiments et les penchants d'un être humain.
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Un autre problème mérite d'être signalé, il s'agit de la filiation divine à travers la tradition juive. Selon le Coran, et à l'image des Chrétiens, les Israélites ont eux aussi attribué un fils à Dieu. Toutefois, ces derniers rejettent catégoriquement cette accusation. Voici l'extrait coranique en question : « Les Juifs ont dit : «Ozaïr (Esdras) est le fils de Dieu ». Les Chrétiens ont dit : « Le Messie est le fils Dieu ». Voilà ce qu'ils professent ouvertement. Leurs paroles ressemblent à celles que tenaient autrefois les incrédules. Malheur aux auteurs de tels propos. Dans quelle aberration sont-ils plongés! lls ont pris leurs docteurs et leurs moines ainsi que le Messie, fils de Marie, pour des divinités, alors qu'ils avaient reçu l'ordre d'adorer Dieu Unique. Dieu hormis Lequel, il n'y a pas d'autre dieu. Gloire à Lui. Combien Il est plus élevé que tout ce qu'ils Lui associent lis veulent éteindre la lumière de Dieu avec leur souffle, mais Dieu parachèvera Sa Lumière en dépit des incrédules ». (Coran 9-30 à 32).
Si pour Jésus le problème ne se pose pas, puisque les Chrétiens sont convaincus qu'il est le Fils Unique de Dieu, il n'en est pas de même pour les Israélites qui rejettent l'optique du Coran concernant Ozaïr, qu'ils prétendent ne pas connaître, et encore moins voir en lui, le fils de Dieu. Mais c'est là, la version de la Bible officielle puisque le quatrième Livre d'Esdras (datant du premier siècle-de l'ère chrétienne) mentionne effectivement ce fait. Cependant, il a été déclaré comme apocryphe (de même que le troisième Livre) par les docteurs juifs malgré la valeur qui lui était reconnue par d'autres membres de la communauté. Il ressort donc, qu'à un moment de leur histoire, les Israélites avaient bien admis la filiation divine.
On trouve trace de cette filiation dans l'Ancien Testament relativement à Salomon ou il est écrit : « C'est lui qui me construira un Temple ...Je serai un père pour lui et il sera un fils-pour moi ». (Chroniques 17. 12-13). Le passage revient trois fois de suite dans la Bible, et il est évident que nul n'est obligé de n'y voir qu'une filiation de nature symbolique Il existe des termes plus appropriés pour décrire les rapports entre Le Créateur et Sa créature qui auraient dû dispenser le recours à des allusions aussi sibyllines.
La Bible n'est pas en mesure de refléter le Message divin dans son intégralité et son authenticité. La modification du Texte est évidente. Certaines altérations sont cousues de fil blanc. D'autres sont plus subtiles et par conséquent plus dangereuses car les fidèles seraient tentés de les attribuer inconsciemment au Seigneur. Si effectivement, il y a eu des
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additions une partie au moins aussi importante aura été égarée, oubliée ou subtilisée. Il n'est pas logique en effet de croire que durant plus d'un millénaire, les oublis n'aient pas été aussi nombreux que les ajouts dans une société où les moyens de communication reposaient sur la tradition orale. Toutefois, le plus préjudiciable reste que les adjonctions de texte émanent d’êtres humains, alors que ce qui a été égaré, ce sont les vraies Paroles de Dieu. Des propos humains ont été substitués aux prescriptions divines. Par ailleurs, après toutes ces manipulations, il a bien fallu travailler le texte pour rétablir l'harmonie linguistique. Les Juifs et les Chrétiens parlent bien de l'unité de la Bible mais sans préciser que cette unité résulte moins de l'unicité du message que du travail d'unification qui a été accompli afin de raccommoder l'ensemble
Le problème de l'altération de la Bible est à ce point sensible que le Coran le soulève plus d'une dizaine de fois, mettant en garde les Juifs et les Chrétiens contre les conséquences de cette entreprise de dénaturation. Voici quelques extraits
« O gens du Livre pourquoi dissimulez-vous la vérité sous le mensonge ? Pourquoi cachez-vous la vérité alors que vous savez ? » (Coran 3.71). Ou encore : « Certains d'entre eux altèrent le Livre en le récitant pour faire croire que leurs inventions appartiennent aux Ecritures, alors qu'elles leur sont étrangères. Ils disent que tout cela vient de Dieu, mais cela ne vient pas de Dieu. Ils profèrent des mensonges qu'ils osent imputer à Dieu ». (Coran 3.78). « Ils altèrent (les Israélites) le sens des Ecritures, ils ont déjà oublié une partie de l'enseignement qu'ils avaient reçu... » (Coran 5.13). « Nous avons aussi accepté l'Alliance de ceux qui se disent Chrétiens. Eux aussi laissèrent péricliter certains enseignements qu'ils devaient observer ». (Coran 5.14). Egalement : « Ils n'apprécient point Dieu à Sa juste valeur, lorsqu'ils disent qu'Il n'a jamais rien révélé à un homme. Dis (leur) : « Qui a donc révélé le Livre que Moïse a apporté aux hommes comme lumière et comme guide ? Vous l'avez écrit sur des feuillets. Vous en avez divulgué une partie, mais vous en avez dissimulé la plus grande. Qui vous a enseigné ce que par vous-mêmes, vous n'auriez jamais pu découvrir, pas plus que vos pères ?... Ceci (le Coran) est un Livre béni que Nous avons révélé, un Livre qui confirme les Ecritures antérieures. » (Coran 6.91-92).
Le Coran recense toutes les formes de dégradation que peut subir un document dont le contenu a été largement modifié. On y trouve des déformations de texte, des additions, des dissimulations volontaires et 187
des oublis provoqués par l'état de dépérissement dans lequel était tombée la religion. Bref, une large panoplie de facteurs utilisés pour corrompre la pureté de l'enseignement originel. Le Coran a toujours soutenu avec force et constance cette thèse qui se trouve confirmée par une simple lecture de la Bible. Plus personne au monde n'est encore assez dupe pour croire que le texte n'a pas été manipulé et « arrangé », pour les besoins de causes occultes mais bien réelles. Ceci admis, il devient inconcevable de maintenir que le Coran ait pu trouver son inspiration dans une Bible altérée. Ou que le Prophète Mohammed ait été initié par de mystérieux moines, sans qu'un tel enseignement porte la trace indélébile des fausses proclamations qui foisonnent. Ou encore, qu'héritant d'une Bible corrompue, il ait été en mesure de séparer le vrai du faux, ce en quoi de toute façon, il aurait confirmé sa qualité d'Envoyé de Dieu et démontré l'état de dégradation des Ecritures judéo-chrétiennes.
Le Coran Sacré, à la différence de tous les autres Livres révélés, ne comporte aucune erreur ni aucune contradiction susceptible d'affecter son contenu. Il est vrai que quelques orientalistes ont cru relever des aberrations qu'ils se sont plus à monter en épingle. L'étude de ces cas a montré néanmoins qu'ils sont dus le plus souvent à une mauvaise interprétation, doublée d'une incapacité à juger les révélations à leur véritable valeur. Surtout celles présentant un caractère scientifique ; l'essentiel de ce livre est consacré à ce sujet. D'autres ont statué sur le Coran en utilisant comme étalon de référence des citations bibliques sujettes à caution et dénaturées.
Bien sûr, en usant de mauvaise foi, le résultat apparaît comme troublant. Mais chaque fois que l'esprit partisan est mis de côté, le Coran sort grandi de ces confrontations. Ainsi, il devient évident que le Coran qui confirme l'origine divine des Livres révélés à Abraham, Moise, David, Jésus et d'autres Prophètes, s'en écarte sensiblement par le contenu. Il possède en effet la particularité unique de rester intact à travers le temps et les événements. Tous les autres Messages ont été altérés ou perdus et seul le Livre Sacré des Musulmans est demeuré dans sa pureté originelle et gardera cette qualité jusqu'à la fin des temps. « Ceux qui n'ont pas cru au Livre (Coran) qui leur est parvenu, ne savent pas combien il est précieux. Il est inaccessible à l'erreur, d'où qu'elle vienne. C'est une Révélation du Seigneur Eminemment Sage et digne de Louanges. » (Coran 41.41-42)
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DES ATTAQUES ET DES MYTHES
« Les invectives que l'on t'adresse (ô Mohammed), ne sont pas différentes de celles dont on accablait les Prophètes qui t'ont précédé, mais certes Dieu qui pardonne, inflige aussi des supplices terribles. » (Coran 41.43).
DANTE
« De tous les grands hommes du monde entier, aucun n'a eu autant de détracteurs que Mahomet. » Ce n'est pas un Musulman qui l'affirme, mais M.W Watt, un religieux chrétien éminent, chercheur et auteur de nombreux ouvrages sur l'Islam. Malgré ses titres éminents, Watt n’a pas succombé lui aussi à cette attirance magique qui consiste à dénigrer le Prophète de l’Islam. Une passion malsaine dont il est impossible de recenser tous les tenants et qui s’étale tout au long des quatorze siècles passés. Des dizaines de volumes ne suffiraient pas à épuiser le sujet. Voici quelques exemples de cette hostilité des Occidentaux envers un homme, qui a voulu partager sa foi, mais qu’une partie de l'humanité, qui se croit bien inspirée, rejette sans discernement. Cependant, en dépit de cette hostilité manifeste, le comportement réservé au Prophète Mohammed, que le Salut et la bénédiction d’Allah soient sur lui, ne déroge nullement à une tradition ancestrale bien établie puisqu’il a été le lot de tous les Prophètes qui l'ont précédé. Pas un seul d’entre eux, depuis la création de l’humanité, n’a réussi à échapper à l’agressivité et à la rancoeur des gens hostiles et butés. C’est une des caractéristiques, mais aussi la force de l'Islam, religion qui ne déroge pas à une tradition coutumière et tenace.
Même si une telle campagne de dénigrement, semble s’être apaisée, pour ce qui est des autres Elus de Dieu, elle continue à se développer avec le même acharnement en ce qui concerne le Prophète Mohammed ; à croire que le gisement d’êtres rustres et grossiers n’est pas près de s’épuiser. Que tant de siècles après sa disparition, le Prophète de l’Islam, continue d’être l’objet d’une campagne hostile, de la part des médias et des autorités religieuses, même au plus haut niveau de la hiérarchie, ne
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plaide certainement pas pour voir dans cette catégorie de détracteurs, des gens disposant de toutes leurs facultés mentales. Elle démontre la profondeur des rancoeurs accumulées durant tout ce temps et constitue un exemple unique d'une malveillance bornée mais toujours vivace.
De tels ressentiments ont été exploités par le poète italien Alighieri Dante (1265-1321) qui avait cru faire preuve de bon goût, dans sa « Divine Comédie » en condamnant le Prophète Mohammed à l'enfer éternel. Il est vrai, la rumeur publique aidant, qu'il n'avait vu en lui qu'un semeur de scandales et de schismes, vestiges des croyances ridicules qui circulaient en Europe au Moyen Age qui prenaient Mohammed pour un hérétique ayant abjuré le Christianisme afin de fonder une secte dissidente. Sous les traits du parfait justicier, Dante propageait une méthode diabolique qui rencontra un succès de façade, auprès des foules ignares. Il a pu faire rire des gens faciles et grotesques, tant que ses attaques restaient cantonnées au Prophète. Mais, le rire jaunissait à mesure qu'il dirigeait ses accusations contre ses nombreux ennemis, dont beaucoup bénéficiaient d'un prestige surfait. Il devint franchement mauvais lorsque le pape Boniface VIII lui-même fut prédestiné à son tour au supplice de la géhenne, comme un vulgaire criminel de bas étage.
Malédiction ! Les règles du jeu n'étaient plus respectées. Que le Prophète subisse la damnation éternelle, de la part de l’auteur, des responsables de l’Eglise et de ses affiliés, cela était de bonne guerre et dans la logique de l'enseignement chrétien de l'époque. Mais, sacrilège des sacrilèges, que le pape en personne, soit condamné lui aussi à l'enfer éternel, par un vulgaire poète de bas étage, voilà qui n'était du goût de personne, dans une société où les qualités se mesuraient, par leur allégeance à l’Eglise. Le Pape, qui riait dans sa barbe quand les attaques étaient destinées au Prophète, sortit de ses gonds ! L’oeuvre de Dante fut mise à l'index et son auteur, condamné au bannissement perpétuel, finit ses jours en exil (Ravenne 1331). Admiré et adulé, pour ses attaques contre le Prophète de l'Islam, Dante ne devint un misérable paria, aux yeux de ses puissants concitoyens que pour avoir appliqué le même raisonnement au pape. Lequel s’était accommodé du traitement de faveur et d’exception dont il bénéficiait.
VOLTAIRE
Un autre cas typique de manipulation historique est incarné de façon peu reluisante par l'écrivain français, Voltaire (1694-1778). Considéré en Europe comme le prince de l'esprit et des idées philosophiques, ou encore l'homme universel et le champion de la
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tolérance, il fut loin de porter ses titres avec une égale constance. Il est vrai que de l'un ou de l'autre côté de la barrière, les sentiments à son égard peuvent différer du tout au tout Ils n'expliquent pas, en tout état de cause, la hargne et la mauvaise foi qui ont présidé à la rédaction de sa tragédie intitulée : « Mahomet ou le fanatisme. » (1741).
Le titre en dit long sur l'orientation du sujet. Usant de provocations répétées, l'auteur tenta de miner les fondements de la religion musulmane. Il s'ingénia à déformer le portrait du Prophète en le présentant sous les traits d'un homme sanguinaire, perfide, fanatique, ne reculant devant aucune intrigue pour réaliser ses desseins. Conscient que le Prophète de l’Islam émergeait par ses qualités sur le reste de l’humanité et qu’il avait révélé le Coran Sacré, qui allait rendre caduques toutes les religions et les croyances du monde, Voltaire essaya de réduire la portée de ce Message extraordinaire, en dénigrant celui qui en a été l’éminent propagateur. Il s'y employa d'une manière indigne, comme bien d’autres l’avaient fait avant et après lui. Dans sa reconstitution historique, il déforma les faits évidents afin de consolider la trame de son récit qui virait à l’outrage et à la calomnie.
A sa méconnaissance, supposée ou réelle, de la vie du Prophète, il ajouta une volonté délibérée de dénaturer les traits d'un homme dont le prestige et la renommée devaient le complexer profondément, lui qui se prenait pour le nombril du monde. Voilà un homme qui a su réunir autour de sa personne et de son Message, des milliards d’êtres humains, alors que le parti voltairien, comprenait des membres qui se comptaient sur les doigts de quelques mains ! Une injure pour des aspirations déçues. Il est ainsi apparu, que celui qui était considéré dans son pays, comme le champion de la tolérance (et de l'opportunisme), maniait mieux que quiconque le fanatisme qu'il reprochait au Prophète. Pour être, une des rares fois de sa vie, dans les bonnes grâces de l'Eglise, il dédia son ouvrage au pape Benoit XIV, lequel lui envoya derechef, une double bénédiction en retour. Le public toujours prêt à s'enflammer pour une nouvelle croisade, même théâtrale, applaudit des deux mains la pièce qui fut jouée dans de nombreuses salles européennes.
Mais, Voltaire mit tant de hargne dans ses attaques, qu'il s'attira en réaction, les critiques d'autres personnalités qui ne partageaient pas son extrémisme, comme Napoléon Bonaparte. L'empereur, loin d'être un défenseur de l'Islam, et qui a couvert les massacres de grande ampleur et les pires excès lors de la « campagne d'Egypte », a réagi violemment contre ces écrits : « Mahomet a été l'objet de sa plus vive critique dans le 191
caractère et dans les moyens. Voltaire avait ici manqué à l'histoire et au coeur humain, constatait l'Empereur. Il prostituait le grand caractère de Mahomet par les intrigues les plus basses. Il faisait agir un homme qui avait changé la face du monde, comme le plus vil scélérat, digne au plus du gibet. Les hommes qui ont changé l'univers, poursuivait l'Empereur, n'y sont jamais parvenus en gagnant les chefs mais toujours en remuant les masses. Le premier moyen est du ressort de l'intrigue et n'amène que des résultats secondaires, le second est la marque du génie et change la face du monde. »
La reconnaissance par Napoléon Bonaparte, du grand caractère de Mohammed et de son génie universel « qui ont changé la face du monde », est un hommage volontaire et appuyé, rendu au Prophète de l’Islam, que le Salut et la Bénédiction d’Allah, soient sur lui. Ce point de vue est celui d'un homme qui avait une vision autrement plus appropriée des réalités historiques que celle de Voltaire qui s’ingéniait dans des manoeuvres de bas étage. Il suffit à déconsidérer complètement les accusations insensées et injustifiées, du « Prince de l'esprit. » que quatre siècles séparent Dante de Voltaire, il est intéressant de noter la similitude de leurs destins. Plus que Dante, Voltaire reçut les honneurs de l'Eglise avant de voir ses oeuvres les plus contestées, mises à l'index par ses propres protecteurs !
DEUX CONTEMPORAINS
« Après tout, c'était un homme d'entre les hommes, soumis à nos défaillances, disposant de nos pouvoirs, Mohammed notre frère. » Celui qui s'exprime de la sorte, en conclusion de son livre, n'est autre que l'orientaliste, Maxime Rodinson. On l'aurait cru doué de facultés normales pour apprécier convenablement l'ordre des choses et c'est bien l'impression qu'il donne de sa personne. Le détachement de soi est le garant d'une impartialité qui fait souvent défaut chez les orientalistes. Mais peut-être serait-il présent chez cet auteur ? Combien de fois n'a-t-on pas constaté le dérèglement des facultés intellectuelles sous le poids de la haine, du fanatisme et de l'ignorance, pour ne pas nous en méfier systématiquement ? « Non, affirme avec force l'auteur, qui ajoute que la critique européenne a peut-être eu tort sur certains points, mais pour la critiquer, il faut d'abord l'étudier et ne réfuter ses démarches que sur la même base. »
Des prescriptions judicieuses, qui furent mises à l’épreuve et appliquées à son ouvrage intitulé « Mahomet ». Dès les premières pages, et en avant-propos, l'auteur se découvre en affirmant qu'il est athée. C'est 192
son droit. Il ajoute en substance, qu'il nie l'existence de Dieu, réfute l'apostolat du Prophète et rejette l'origine divine du Coran. C'est encore son droit. Mais de là à faire croire à sa prétendue neutralité dans un domaine qu'il renie, qu'il exècre et qu'il combat, c'est se nourrir d'illusions et y trouver son compte à bon marché. L'ouvrage est d'ailleurs le reflet fidèle de ses pensées les plus intimes, mais aussi les plus sordides. Elles sont édifiantes ; un volumineux chapelet d'injures, de calomnies et de mensonges.
Dans son aversion pour l'Islam, Rodinson est allé jusqu'à tirer de sa poche des libres penseurs musulmans qui auraient écrit des ouvrages opposés au Coran (Mo-âradat al Qor'an), afin de contrebalancer l'influence du Texte Sacré. Rodinson ignore-t-il donc qu'il n'existe pas de libres penseurs musulmans ? Pas plus, du reste, que de libres penseurs chrétiens ! La libre pensée implique le reniement des dogmes établis, or ceux des fidèles qui se sont soumis à l'Islam, ont fait acte d'allégeance à Allah, le Seigneur et le Créateur de l'univers ; ils ont par conséquent rejeté toute autre forme de croyance. Comment peut-il appeler à son secours une catégorie d'individus qui n'existe que dans son imaginaire vacillant ? Décidément certains orientalistes sont devenus de véritables experts dans l'art de se faire assister par le néant incarné, faute de faire appel à la raison ou aux preuves palpables.
En réalité ces soi-disant « libres penseurs musulmans » ne sont rien d'autre que des renégats et des incroyants, destinés à abuser la bonne foi des fidèles. Et dans ce cas leur position est archi-connue. Ils se sont toujours éreintés à lutter à contre-courant de l'histoire avant d'être emportés par le temps et les événements. Il n'est pas nécessaire de mettre des masques pour leurrer les gens. Sauf ceux qui veulent bien être dupés et qui insistent pour se perdre dans les voies de la déraison.
Jamais un Musulman, c’est-à-dire, un croyant fidèle au sens juste du mot, n'a essayé de porter préjudice au Coran. Sans quoi, il s'exclurait lui-même de l'Islam et perdrait sa qualité de Musulman. Les termes de « Musulman et d'Islam » sont intimement liés pour symboliser l'adoration de Dieu, et la soumission totale à Son Autorité. Le premier mot : « Musulman », est la traduction de l'arabe « Mouslim » qui signifie « fidèle », le second : « Islam », implique la soumission à la Volonté divine. Un Musulman professant l'Islam (traduction littérale en arabe : Un fidèle soumis à Dieu), ne peut être ni, un libre penseur, ni un athée, ni un agnostique. Si l'auteur imagine que ses lecteurs sont incapables de faire la différence, afin de les pousser à croire que des « Musulmans »
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remettent en cause leur propre Livre Sacré, comme lui-même le fait à travers ses écrits, ses calculs auront été plus dévastateurs que profitables. D’ailleurs le contenu général de l'ouvrage n'est pas sain, et il n'est pas possible de condenser 300 pages de mauvaise foi en quelques lignes. Pour cette raison, il ne sera pas fait de commentaires détaillés. Il suffit simplement pour résumer, de relever les qualificatifs employés pour décrire celui qu'il appelle indument « notre frère ». Ils dénotent l'esprit malfaisant qui a présidé à la réalisation de ce travail.
Ainsi le Prophète Mohammed, serait effectivement ou potentiellement : Un possédé, un opportuniste, un simulateur, un névrosé, un insatisfait et un frustré, un perverti, un obsédé, un aliéné, un magicien, un halluciné, un visionnaire. En outre, il est ambitieux, fanatique, traître, massacreur, imposteur, vindicatif, illogique, animé du désir de richesse, orgueilleux et plein de duplicité, favorisant l'adultère, pratiquant des actes répugnants, commanditant des assassinats, organisant des brigandage, etc.
II faut préciser que cette énumération ne comporte que la moitié des qualificatifs utilisés par l'auteur pour tracer le portrait du Prophète. Les quelques traits réalistes parsemés aux détours de certaines phrases n'arrivent pas à combler l'impression d'un parti-pris manifeste et empreint d’une mauvaise foi caractérisée. Comme toujours en pareille circonstance, la sévérité du jugement et la partialité débouchent sur des résultats contraires à ceux escomptés. Par exemple, il est pour le moins incroyable d'imaginer qu'un homme puisse réunir autant d'imperfections et de tares et rester simplement un être humain. Quant à abonder dans le sens de Napoléon Bonaparte ou d'autres personnages célèbres qui ont vu en Mohammed un homme exceptionnel, un génie universel et un Prophète authentique, c'est reconnaître que les arguments fallacieux des adversaires de l'Islam ne sont que le reflet de leurs sentiments connus et catalogués depuis des lustres.
Quitte à le répéter, et il ne sera jamais assez de le faire, il n'existe pas dans l'histoire de l'humanité, un Prophète qui a eu à supporter autant d'accusations injustifiées et infondées. Comme si les forces du mal s'étaient déchaînées pour anéantir son Message, fondé sur l'Unicité de Dieu, le Pardon et la Miséricorde divine. Mais, n'est-ce pas là une marque de l'authenticité de son apostolat que toutes ces forces obscures liguées contre lui n'aient pu le faire reculer ou détruire un enseignement qui est resté le seul écrit sacré, à n’avoir jamais subi de modifications ni de remaniements, dans l’histoire des religions ? Les milliards de
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Musulmans qui vécurent sur terre, leurs savants, leurs penseurs, leurs guides, sont-ils à ce point dépourvus de raison et de facultés de jugement au point de suivre un possédé ou un halluciné et ruiner leur personne et leur foi en Un Dieu Unique et Tout-Puissant en s’écartant de la voie parfaite ? Rodinson croit-il disposer d’un pouvoir de discernement exclusif qui ferait défaut à cette imposante communauté jusqu'à orienter son choix et s'ériger en censeur de la religion islamique ?
En considérant son attitude, on ne peut éviter de la rapprocher d'une certaine pratique des Juifs. Le jour de la fête des Expiations, ceux-ci prenaient un bouc, l'invectivaient, l'insultaient, le chargeaient des péchés de la communauté et l'envoyaient dans le désert afin d'expier les iniquités leur peuple. C’est le bouc émissaire. Les Occidentaux ont-ils cru trouver en Mohammed, que le Salut et la Bénédiction d’Allah, soient sur lui, un autre bouc émissaire ? Par ailleurs, l'auteur se croit bien inspiré d'attribuer la qualité de « frère » au Prophète, après l'avoir dénigré d'une façon indigne. Que cache ce jeu ? Caïn aussi avait un frère, Abel. Il n’hésita pas à le tuer, par jalousie. Aussi, il est fort peu probable, que le Prophète se montre enjoué d’avoir un frère, qui écrit sur lui 300 pages d’insultes et de diffamation. A moins que dans la confrérie de l’auteur, la fraternité s’établit sur la haine et l’acrimonie. Alors, le Prophète de l’Islam, serait le premier à décliner une offre aussi exécrable. En fin de compte, Rodinson pense que pour critiquer la critique européenne, il faut d'abord l'étudier. C'est fait. Mais le constat est loin d’être réjouissant. La neutralité est battue en brèche, la vérité corrompue et les conclusions perverties. Rien n’inspire à voir un quelconque modèle d’inspiration.
Si le monde des « littéraires » est à ce point perverti, l'univers des scientifiques, semble à priori être à l’abri des manipulations d’apprentis-sorciers. Cela est tout à fait vrai dans l'ensemble, pour cette raison son crédit reste intact. Cependant, comme pour valider, la théorie de l’exception qui fait la règle, quelques-uns parmi les « scientifiques » se laissent tenter par l'imprévu et ne manquent pas d'égratigner un domaine qui aurait dû rester en dehors de leur champ de compétence. Peut-être pour espérer acquérir plus de notoriété ? Mais, le résultat le plus probant, est qu’ils ont acquis surtout une dose appréciable de ridicule. Un exemple de cette intrusion déplacée est donné par Igor Douel, dans son livre, « Découvrir l’océan », publié aux éditions Mir, de l’ex URSS, patrie de l’irréligiosité et de l’incroyance.
L'auteur prétend le plus sérieusement du monde que selon le Coran, c'est le Prophète Mohammed qui produit la pluie ! L'étonnement 195
a de quoi laisser pantois, d’autant qu’apparemment, aucune autre source au monde n’évoque ce phénomène étrange, même parmi les plus fantaisistes ! Mais peut-être que Douel a-t-il fait une découverte extraordinaire, ignorée de tous les autres, où le Prophète de l’Islam, serait devenu un faiseur de pluie ? Cela sonne mal, quand même, de savoir que son pays, l’Arabie, est un des pays les plus secs au monde, alors que son Prophète était en mesure de réaliser des miracles pluviométriques, à en veux-tu, en voilà ! Un étrange paradoxe.
Voici donc, ce qu'écrit Douel : « Au début, quand l'homme était impuissant à expliquer logiquement les phénomènes naturels, il s'adressait aux dieux. C'est une riche galerie que celle des maîtres des tempêtes, du tonnerre, des éclairs, de la pluie et de la neige... Le Coran, affirme que c'est Mahomet l'auteur de l'orage. La 30ème sourate dit : Dieu envoie les vents et ils chassent la nue. Il l'étend sur le ciel autant qu'il veut, en fait des tourbillons et tu vois l'eau s'écouler de son sein. »
Avant de parler des motifs qui ont poussé l'auteur à évoquer le Coran, il serait intéressant de mesurer la crédibilité de son jugement. Au premier coup d’oeil, l’évidence s’impose : le savant qu’il prétend être n’a rien compris au Coran Sacré. On lit par exemple que les vents chassent les nuages et dans un tel cas, le ciel aura tendance à se découvrir et virer à l'azur. A partir de quoi Douel voudrait faire tomber la pluie ? D’un ciel bleu dégagé de nuages ? De plus, contrairement à sa thèse immorale, jamais le Coran n’a fait intervenir le Prophète Mohammed, ni l’ensemble du genre humain dans la création, ne serait-ce que d’un grain de sable. Car le pouvoir de créer, comme celui de provoquer la pluie est entièrement entre les Mains d’Allah, le Seigneur et le Créateur de l’univers ; il découle des grandes lois physiques qui ont été instituées et qui régissent le fonctionnement de l’univers.
D’ailleurs, la thèse galvaudée en Occident selon laquelle des savants sont arrivés à créer, une molécule ou un produit quelconque est totalement erronée. Personne n’a jamais créé quoi que ce soit. De toutes les grandes découvertes de l’humanité, aucune d’elle ne peut être considérée comme « une création ». Car tout ce qui a été réalisé et tout ce qui sera inventé jusqu’à l’extinction de l’humanité, ne sera jamais qu’une combinaison des éléments existants et jamais une création. Même les éléments et les particules qui doivent surgir des collisions atomiques, dans les accélérateurs à très haute énergie, ne déboucheront jamais sur une création, mais sur la mise en évidence de certains phénomènes qui se produisent dans des conditions données, mêmes
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extrêmes, mais qui sont déjà préexistantes à la formation même de l’univers. Voilà de quoi rabattre le caquet aux créateurs en papier et en dentelle, qui croient détenir des pouvoirs hors du commun. Le Christ Jésus, lui-même, qui a été divinisé par la religion chrétienne, et qui occuperait donc un rôle identique au Père et des pouvoirs similaires, n’a jamais rien créé ! Pas même un moustique. A partir de là, l’idée selon laquelle « Mahomet serait l'auteur de l'orage », est complètement erronée et indécente. Jamais une telle croyance n'a effleuré l'esprit des Musulmans. Sans quoi leurs pays auraient été les mieux arrosés du monde, alors qu'ils sont en proie pour la plupart d'entre eux, à une grande sécheresse.
Le Coran a toujours soutenu que Dieu Seul, le Créateur par excellence, doit être considéré comme l'Auteur de tous les phénomènes qui régissent l'univers. Sa Puissance est sans limite. Il se passe de toute la création, mais celle-ci ne saurait se passer de Lui. C'est là un des fondements de la religion musulmane. Quant à l’être humain, il reste seulement un créateur…de chimères. Et, même pour cela, il doit faire appel, à un cerveau qui a été créé en dehors de son concours.
Selon le Coran Sacré c’est « Allah, qui est le Créateur de toute chose. Il est l'Unique, le Dominateur Suprême. » (Coran 13.16). Il met au défi l'humanité et les fausses divinités qui font l'objet d'un culte inutile de la part des idolâtres, de créer, ne serait-ce que la plus petite bestiole : « O hommes, voici une parabole qui vous est proposée : Les divinités que vous adorez en dehors de Dieu, sont incapables de créer un insecte, même en unissant leurs efforts. »(Coran 22.72)
Les divinités mentionnées ici désignent aussi bien les idoles de pierre que les mortels voués à l'adoration alors qui sont totalement désarmés face à la Toute-puissance de Dieu. Ainsi le Coran n'a jamais reconnu au Prophète le rôle d'un producteur d'orages. Il en a fait de tous temps, un homme normal, vivant parmi les gens et l'emportant sur eux par la noblesse des sentiments et la pureté de sa foi. Quant au véritable sens du verset, si mal interprété par Douel, le voici : (Dieu s’adresse au Prophète) : « Dieu est Celui qui vous envoie-les vents qui élèvent les nuages. Il les étend dans le ciel selon Sa Volonté, Il en fait des masses nuageuses, puis tu vois l'ondée sourdre de leurs seins. Et quand cette pluie atteint ceux de Ses serviteurs, les voilà qui s'en réjouissent. Eux qui étaient dans le désespoir avant qu'elle ne tombe. Admire les effets de la Grâce d’Allah, et vois comment Il vivifie la terre morte. » (Coran 30.48. à 50).
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Il n'est nullement question des vents qui chassent les nuages, mais tout le contraire, ni d’une production pluviale, par le Prophète. Le dernier verset est très clair. Il attribue l'origine des phénomènes au Créateur de l'Univers, seul. Le Prophète s'est toujours attaché à insérer les événements dans leur contexte naturel. Ainsi, lorsque son entourage voulut prêter une influence bénéfique à un astre dont l'apparition coïncidait apparemment avec les chutes de pluie, il leur déclara :
« Ne croyez pas que les pluies sont dues à telle ou telle étoile, c'est Dieu qui fait tout. Il y a causes et effets certes, dans le fonctionnement de la nature, mais ces causes et effets sont création de Dieu. Il faut donc aller à la cause des causes, au Créateur de tout. » Un autre exemple illustre parfaitement le comportement supérieur du Prophète. Le jour de la mort de son petit enfant, Ibrahim, il y eut une éclipse de soleil. Les gens prétendirent qu'elle était un signe de deuil pour la mort du fils du Prophète. Lorsque Mohammed entendit cela, il se mit en colère malgré la peine qu'il éprouvait et dit : « Non, le soleil et la lune sont les signes de la Puissance de Dieu. Leur éclipse n'a rien à voir avec la mort de quelqu'un. » (Hadith de Bokhari).
On ne peut reprocher à l'auteur d'ignorer les fondements de l'Islam et la portée extraordinaire du Coran qui constitue la Parole d’Allah, le Seigneur et le Créateur de l’univers. Mais son ignorance, aurait dû l'inciter, sinon au silence, du moins à plus de réserve. La facilité avec laquelle il déverse son fiel n'est en réalité que le reflet des sentiments hostiles de l'athéisme à l'endroit de la religion musulmane. La calomnie est un des moyens couramment utilisés afin de dévaloriser le Coran. En truffant le Livre Sacré, de fables et d'absurdités, ses adversaires espèrent déprécier son contenu et le faire assimiler à un recueil de prestidigitations où, le Prophète accomplit des miracles, pour convaincre des gens naïfs.
En comparant le Prophète à un faiseur d'orages, Douel n'a rien fait d'autre que de jouer son rôle de pion dans un échiquier. D'autres auteurs ont pour mission de présenter des visages différents mais toujours avilissants. Si bien qu'en réunissant les diverses pièces du puzzle, on finit par découvrir un homme qui tient du magicien, du sorcier, du devin, de l'halluciné, du colporteur de nouvelles, etc. (cf. Rodinson). La division du travail n'est pas un vain mot mais une réalité sociale, même si en l’espèce elle relève de pratiques perverses. Le plus étonnant est que des hommes visiblement bien équilibrés y croient les yeux fermés. Cependant, en définitive, ils ne font, sans s’en rendre que berner leur propre conscience, qui déjà ne brille nullement par son éminence.
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En dépit de l'aversion des incrédules, le Coran restera la lumière éclatante qui défiera tous les stratagèmes de ses adversaires. Et le Prophète Mohammed un des hommes les plus marquants de l'humanité, en raison des éminentes qualités dont il a été doté par le Créateur de l’univers, puisqu’il a été distingué et honoré, parmi tout le genre humain. N’en déplaise aux oiseaux de mauvais augure. Contrairement aux allégations des adversaires de l’Islam, il n'y a de place dans le Livre Sacré, ni pour l'affabulation ni pour le charlatanisme, car il renferme les Paroles Sacrées de Dieu qui sont le comble de la Vérité.
En accusant le Prophète de pouvoirs magiques, Douel feint opportunément d'ignorer que l'un des plus grands faiseurs de miracles de tous les temps fut justement son compatriote Raspoutine (1872-1916). Paysan illettré, il réussit le tour de force de subjuguer durant de nombreuses années toute la grande Russie tsariste, en plein vingtième siècle. Ses actes et ses débauches révélèrent son emprise sur le pouvoir, à tel point que son cas fut débattu publiquement par la quatrième Assemblée Législative (Douma) en 1915. Il acquit une réputation méritée de grand thaumaturge et régna en maître absolu jusqu'à son assassinat, le 30 Décembre 1916.
Raspoutine faisait la pluie et le beau temps dans son pays. C'est un sujet qui cadre bien avec le livre de Douel consacré à l'eau et aux problèmes de l'océanographie. Mais on n'en trouve mot. Et pour cause. L'auteur qui voulait s'attaquer au monument suprême et éternel qu'est le Coran n'est pas sans rappeler une histoire similaire, toutes proportions gardées, qui s'est déroulée il y a 26 siècles et qui a été rapportée par Pline l'Ancien dans son « Histoire Naturelle ».
Ayant exposé des tableaux, le célèbre peintre grec Appelle, vit un homme critiquer une sandale dans une de ses peintures. C'était un cordonnier. Le peintre le laissa faire considérant qu'il était bien placé pour parler de sandales. Le constat terminé, l'homme voulut juger le reste du tableau. Appelle l'arrête et lui dit : « Cordonnier, pas plus haut que la chaussure. »
On serait tenté d'utiliser un aphorisme pareil pour conseiller à l'auteur de "l'Océan", de ne pas déborder de son sujet et de garder les pieds sur terre et au sec, car le Coran ne pourra jamais être dévalorisé par l'action des hommes, et à plus forte raison lorsque ceux-ci ne sont pas en mesure de saisir le sens du message, ou qu’ils sont animés de mauvaises pensées. Tant il est vrai, qu'aucun être humain ne dispose du pouvoir de contrecarrer un Décret divin. On ne saurait terminer ce paragraphe, sans 199
citer - n'est-ce pas prémonitoire ? - la suite du verset en question, si malencontreusement négligée par Douel et qui se termine ainsi : (C'est Dieu qui parle) « Tu ne peux de toute évidence te faire entendre des morts, pas plus que ton appel ne peut atteindre les sourds qui te tournent le dos. Tu ne saurais encore moins guider les aveugles obstinément fourvoyés dans les ténèbres... Sois donc constant. La Promesse de Dieu s'accomplira. Ne te laisse pas ébranler par ceux qui ne sont pas convaincus. » (Coran 30. 52-60).
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DES MYTHES ET DES REALITES
Les mythes sont tenaces et ont la vie dure. Certaines personnes arrivent à les assumer et d'autres tentent de les renier. Les plus astucieux les imputent à leurs adversaires en exerçant une implacable pression sur eux et dès lors, les victimes n'ont plus d'autres ressources que de subir ces provocations en rongeant leur frein.
Voici quelques exemples simples, qui constituent une énorme mystification historique qui traitent des problèmes de la femme et d’autres sujets annexes comme celui de la polygamie, avec son lot de concubines, de harems, d’eunuques, d’esclaves et où il ne manque que les palmiers et les mirages. Un thème qui renvoie quasi automatiquement aux Musulmans, à l'Islam, aux Arabes, tant les réflexes ont été conditionnés par une politique dilatoire d’inversion historique. Les mêmes sources y ajoutent même quelquefois des touches d'exotisme pour faire plus vrai que nature, où les palais voisinent avec les souks et où les tapis (volants, de préférence), se détachent sur un fond de croissant de lune, où planent les inévitables mystères orientaux (qui n'ont de mystérieux que parce qu'ils sont nés dans l’esprit volatile et vagabond de leurs auteurs).
Ainsi, toujours selon les sources occidentales, les Musulmans en général et les Arabes en particulier auraient réussi à édifier à contre-courant de la raison et de l’histoire une conception de la femme que le reste du monde réprouve avec des trémolos dans la voix. Or, c'est précisément sur ce sujet que les mystificateurs ont joué de leurs palettes et de leurs pinceaux pour déguiser la réalité et la tourner à leur avantage, pour se présenter comme des redresseurs de torts, en falsifiant l’histoire. Car contrairement à ce que leurs médias rabâchent sans arrêt, ces notions de polygamie, de harem, d'eunuques, d'esclaves, de recluses, d'épouses et de concubines, n'ont été inventées ni par les Arabes, ni par l'Islam, mais bien par les religions bibliques (judéo-chrétiennes). Tous les Prophètes israélites et les principaux personnages bibliques étaient polygames : Jacob - Esaü - Moïse - David - Salomon - Absalon - Roboam - Gédéon -
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Lemek - Abia, etc. Nombre d'entre eux possédaient des harems d'une importance considérable, dont il n’existe pas d'équivalent dans le monde. David et Salomon notamment émergeaient du lot.
La possession de concubines et d'esclaves, parfois désignées sous le nom de servantes est également attestée. Ces dernières étaient destinées à compléter ou à remplacer les épouses légitimes. Exemple d'Abraham, de Jacob, etc. Le Livre d'Esther décrit la cour du roi Xerxès, avec ses harems, ses eunuques, ses esclaves et qui avait à sa tête, Esther, reine juive et fille d'Abihaïl, qui exerçait un grand pouvoir sur le souverain.
Pourtant, bien qu’étant d'origine biblique, les rôles ont été inversés grâce à une mise en scène savamment opérée. Plutôt que d’assumer leur héritage historique, les Judéo-chrétiens, pointent un doigt accusateur sur les Musulmans et les Arabes, pour les culpabiliser et se refaire une virginité. Depuis, ceux-ci traînent le poids de la falsification pendant que les Occidentaux clament leur réprobation. Un certain nombre de spécialistes font toutefois remarquer, que malgré tous les démentis, le Prophète Mohammed a bel et bien était polygame. L'histoire confirme qu'il a été marié onze fois, et qu'il a réuni sous son toit jusqu'à neuf femmes simultanément. Afin de se justifier les Musulmans avancent des arguments qui valent ce que valent toutes les justifications. Les uns prétendent que certains mariages ont été conclus en vue d'unir des familles ou des clans entre eux, à un moment où les alliances jouaient un grand poids dans les événements de la région. D'autres prétendent que les guerres avaient entraîné des pertes importantes d'hommes dans la fleur de l’âge et que les mariages représentaient pour les veuves une garantie de sécurité. De nombreuses versions circulent.
Mais toutes les raisons ne sont qu’un paravent destiné à justifier des faits uniquement parce que l'opinion occidentale aurait été "choquée" par une telle conduite. Non seulement il serait incorrect vis-à-vis du Prophète de chercher des faux-fuyants, comme s'il avait été coupable d'un crime, mais de plus il y a lieu d'assumer pleinement le fait en rappelant que Mohammed avait affirmé que les femmes et les parfums étaient parmi les plaisirs les plus chers, et que le coeur se trouvait comblé par la pratique de la prière.
Voilà une franchise qui change de l'hypocrisie manifestée par ceux qui ont recours aux relations illégitimes et clament sur les toits leur indignation contre le Prophète. Celui-ci a au contraire conclu publiquement un accord avec chacune de ses femmes, s'engageant à leur assurer la paix, la sécurité et la tranquillité. Toutes choses qui valaient
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leur pesant d'or à l'époque. Mais là encore, il n'est pas possible de juger dans l'absolu. Le mode de vie d’alors doit être rapproché de celui des autres Prophètes et Messagers qui sont apparus avant lui. La comparaison avec l'Ancien Testament est très instructive. Les personnages bibliques versaient dans la pléthore, la multitude et la diversité. Qu'on en juge : Abia, fils de Roboam et petit-fils de Salomon était marié à 14 femmes. Son père (Roboam) disposait de 78 femmes, dont 18 épouses principales et 60 épouses de second rang. Ses autres fils possédaient également une multitude de femmes qu'il n'est pas possible de chiffrer, mais dont le nombre est toujours impressionnant.
Absalon, le fils de David était uni à plusieurs dizaines de femmes. Gédéon, dit Yeroubaal, avait en plus d'Abimelek 70 fils, ce qui en dit long sur le nombre de ses épouses. David lui-même réunissait un harem de 100 femmes. Quant à Salomon, il entretenait une cour de mille épouses, dont 700 de rang princier et 300 de rang secondaire ! Ce ne sont là que quelques exemples de la conduite adoptée par les grands personnages bibliques.
Aussi avant d'exprimer bruyamment, leurs réprobations sur la vie conjugale du Prophète de l’Islam, les intéressés feraient bien de rouvrir leurs propres Livres sacrés. Ils constateront alors que la vie familiale du Prophète Mohammed n'a pas enfreint les pratiques ordinaires observées chez les personnages bibliques. Si ce n'est en modérant d’une façon draconienne leurs excès et en freinant des appétits qui semblaient ne pas avoir de limites !
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L'ASPECT SCIENTIFIQUE DU CORAN
Le moment est venu d'aborder l'aspect scientifique du Livre Sacré. Il semble a priori inusité d'appliquer le terme "scientifique" à un ouvrage religieux, tant l'expérience des autres livres sacrés du Judéo-christianisme s’est soldée par un fiasco. Ces ouvrages, en effet, n’abordent jamais cet aspect inattendu du problème. Mais, le Coran Sacré est venu avant tout rétablir l'authenticité et la pureté de la Parole Divine, qui a été altérée et oubliée. Son but était de redonner la juste mesure du devoir cultuel car, nombre de religions avaient sombré sous l'excès des charges écrasantes inventées par les prêtres et les docteurs de la Loi, pour régir le domaine religieux, et par extension, régenter la vie publique tout court.
La religion musulmane, prévaut d’abord par la croyance en un Dieu Unique et Tout-puissant, l'absence de clergé et d'intermédiaires entre l'homme et le Seigneur, ce qui permet d’alléger le rituel. Les pratiques ostensibles, qui encombrent inutilement le cérémonial ont fait place à une simplicité dépouillée de ses artifices. Le croyant n'avait plus besoin de recourir à des structures er à un porte-parole pour s'adresser à Son Dieu. Le cri du coeur porte plus fort les sentiments, puisque la sincérité est ce qui se rapproche le plus de la foi. Allah, le Seigneur de l'univers a voulu être plus proche de ses créatures, car Il en est le Guide et le Protecteur. L'Islam est en ce sens une conviction et une pratique qui ne marginalise pas l'homme au profit d'une institution imaginaire. L'être humain reste le thème central, le sujet primordial, dont l'effort personnel conditionne la découverte de la vérité.
Arrivé à ce stade de la certitude, il est déjà sur la voie éternelle, celle qui transcende le temps et les événements. Encore, faut-il pouvoir se remettre en question dans un environnement hostile qui se prête de moins en moins à ce genre d'exercice. Le choix est clair et la décision capitale. Chacun aura à juger en son âme et conscience de la conduite à tenir dans la gestion de sa personne. Toutefois, l'homme n'a pas à s'engager aveuglément dans une voie que des partisans s'appliquent sans cesse à embellir. Sa personnalité, sa sensibilité, son intelligence propre
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doivent l'inciter à juger de lui-même du bien-fondé des propositions. Alors, le Coran Sacré devient d'un secours irremplaçable pour éclairer l'humanité. En dehors de l'aspect que nous avons exposé dans la première partie de cet ouvrage, le Livre Sacré offre la particularité d'évoquer des sujets scientifiques relatant les secrets de la création, comme jamais aucun autre document n'a été en mesure de divulguer.
Dans la partie qui va suivre, de nombreux thèmes seront exposés qui étaient non seulement inconnus au moment de la révélation coranique, mais qui le sont restés souvent jusqu'au vingtième siècle. Ils traitent des domaines les plus divers, depuis la création de l'univers jusqu'aux secrets les mieux gardés de l'embryogenèse. Ces données démontrent avant tout, l'origine divine du Coran, car aucun homme ni aucune communauté scientifique datant du 7ème siècle, ne pouvait posséder un tel niveau de compétence De plus, elles dévoilent l'extrême richesse d'un Texte Sacré qui a su allier l'enseignement spirituel aux réalités physiques.
De tous les Messagers t les Envoyés de Dieu, seul le Prophète Mohammed a pu léguer sous forme d'écrit un Texte Sacré dont l'authenticité est absolue. Cette garantie de transmission unique dans l'histoire des religions révélées a eu un impact bénéfique sur l'humanité qui avait atteint un seuil de maturité en mesure de solliciter l'intelligence et la raison plutôt que la crédulité et la naïveté. L'accomplissement de miracles et de prodiges, de gestes étonnants et inexpliqués commençait à apparaître comme une manifestation du passé, destinée aux foules ferventes, mais candides.
De ce point de vue, le Coran constitue en soi le plus grand miracle. Non qu'il se prête à des exploits extraordinaires, mais plutôt par la science qu'il déploie afin d'élucider les grands mystères de l'univers, lesquels n'ont été entrevus par les savants qu'à une époque relativement récente. C'est bien là, le signe le plus tangible de sa provenance divine et la marque irréfutable de l'identité de Son Auguste Auteur, Allah, le Seigneur et Créateur de l'univers. A la suite de cette lecture, chacun pourra juger en connaissance de cause, l'authenticité du Message coranique et l'impossibilité dans laquelle se trouvait l'humanité à répondre à des questions aussi complexes, qui dépassaient l'entendement des gens.
Afin de rationaliser la présentation, les principaux sujets ont été regroupés en thèmes identiques et classés en cinq catégories qui sont les suivantes :
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1 - L’univers
2 - Le système solaire
3 - Le monde
4 - La vie
5 - Divers
Les résultats d'une telle recherche, ne pourront laisser aucun homme sincère dans l'indifférence.
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L'UNIVERS
LES ORIGINES DE L'UNIVERS
Le problème des origines de l'univers est certainement le sujet le plus mystérieux et le plus passionnant qui soit. Toutes les civilisations sans exception se sont interrogées, pour essayer de découvrir le fin fond de la création. Des hypothèses incroyables ont été avancées. Des théories extravagantes furent échafaudées. Mais jamais aucun homme n'a pu dévoiler la réalité de ce gigantesque phénomène. Il aura fallu que le Coran soit révélé pour qu'enfin, les mécanismes qui débouchèrent sur cette fabuleuse naissance, unique en son genre, soient explicités.
Faut-il quand même préciser, que malgré les révélations du Livre Sacré, le grand événement est resté inconnu du monde occidental jusqu'au vingtième siècle ? C'est là, l'histoire invraisemblable du plus colossal phénomène que l'univers ait connu, une des Marques déterminantes de la Toute-puissance divine. Il n'est pas nécessaire de recenser toutes les croyances des temps anciens pour être fixé sur l'ignorance qui prévalait. Entre le cosmos d'Anaximandre, émergeant d'une graine et grandissant comme une plante et l'univers sous forme d'un gouffre béant du poète Hésiode de Boétie, il y a place pour une grande variété de clichés surprenants.
Apparemment, la Bible fut un des rares textes à innover dans un domaine marqué par la fantaisie...tout en restant bien loin de la réalité. En effet, la Genèse qui relate assez copieusement la création de la terre n'accorde cependant que quelques bribes à l'univers. « Au commencement, le premier jour, Dieu créa le ciel et la terre. Puis Il dit : « Que la lumière soit ! Et la lumière fut » ; Il sépara la lumière de l'obscurité... Au deuxième jour, Il fit une voûte pour séparer les eaux d'en bas des eaux d'en haut. Il appela cette voûte ciel... Le quatrième jour, Il fit des lumières dans le ciel pour séparer le jour de la nuit, et afin qu'elles puissent du haut du ciel éclairer la terre. Après le soleil et la lune, Il ajouta les étoiles... Dieu constata que c'était une bonne chose... » (Genèse 1). Hormis les grandes séparations : Ciel et terre, lumière et 207
obscurité, les eaux d'en bas des eaux d'en haut, le jour et la nuit, cette version n'offre aucun fait tangible susceptible d'expliquer la Création originelle de l'univers. Par ailleurs, la chronologie des événements semble pour le moins capricieuse. Les étoiles créées après le soleil et la lune dénotent le manque de connaissances des auteurs de la Genèse.
Le désir d'en savoir un peu plus (et un peu mieux) sur la naissance de l'univers a poussé les chercheurs à envisager d'autres modèles plus cohérents. Les recherches furent longues et minutieuses. Finalement, en 1922, le mathématicien soviétique Friedman expose une théorie nouvelle et révolutionnaire, selon laquelle l'univers serait né, il y a treize milliards d'années, de l'explosion d'une boule de feu cosmique, dont le rayon n’a cessé d’augmenter avec le temps. La formidable explosion qui en résulta diffusa un rayonnement intense sur toutes les longueurs d'ondes, produisant une fulgurante lumière, autant dans le spectre visible, que dans les autres rayonnements imperceptibles à l’oeil humain.
Les Juifs et les Chrétiens qui cherchaient à concilier la Bible avec les données scientifiques, virent dans ce phénomène, l'explication du « Fiat Lux » (Que la lumière soit) de la Genèse biblique. Ils conclurent rapidement qu'il existait une parfaite similitude entre les deux sources. Mais force est de constater qu'il n'en est rien. La version de Friedman implique que la lumière soit apparue avant la naissance de l'univers, tandis que l'Ancien Testament la fait remonter après la création du ciel et de la terre, « alors que l'obscurité couvrait l'océan primitif », quelque dix milliards d'années plus tard. La version biblique était chronologique ; elle n’avait rien de scientifique, mais il n’est pas recommandé de le crier sur les toits, sous peine de déjuger, un enseignement que les religieux étaient en train de promouvoir avec peine.
Après Friedman, un astrophysicien belge, Georges Lemaitre, suggéra qu'à l'origine, toute la matière était hyper-concentrée dans une sorte d'atome primitif ou atome initial. L'explosion de cet atome dans un colossal « big bang » aurait donné naissance à l'univers actuel. Deux physiciens américains, Alpher et surtout Gamow, développèrent et vulgarisèrent cette théorie par la suite. Gamow a calculé que l'atome primitif de l'Abbé Lemaitre devait avoir un rayon de 40 millions de kilomètres, soit 60 fois seulement celui du soleil. Sa masse par contre était évaluée à 1049 tonnes (1 suivi de 49 zéros), ce qui représente l'équivalent de 20 milliards de galaxies renfermant chacune 100 milliards d'étoiles. Sa densité était considérée comme infinie par certains savants, d'autres par contre estimaient qu'un cube d’un millimètre de côté était en
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mesure de peser plusieurs milliards de tonnes. La température, juste après l'explosion, était elle aussi soumise aux fluctuations et aux surenchères des auteurs. Elle variait de quelques milliards de degrés Kelvin à l'infini.
Même la taille de l'atome primitif n'était pas vue de façon identique par tout le monde. Certains spécialistes estimaient qu'il n'était guère plus grand qu’un atome normal. D’autres donnaient des versions différentes. Bien entendu les savants théorisaient dans l’absolu ; les mathématiciens appellent cet état, une singularité. En langage courant, une singularité désigne une chose étrange, bizarre. C'est bien la définition qui convient le mieux, car l'atome primitif est étrange et singulier. Les savants lui attribuent des propriétés contradictoires. Certains le croient formé de matière, mais sans exclure que cela pouvait être de l'énergie ultra concentrée, dont une partie se serait transformée par la suite, en matière, selon la formule d'équivalence d'Einstein E = MC 2.
Malgré ses insuffisances, le modèle de l'atome primitif (suivi de l'explosion initiale - big bang), est aujourd'hui unanimement admis par la communauté scientifique. Toute la matière céleste (étoiles, planètes, comètes, météores, poussière, nuages cosmiques, molécules et particules diverses) était concentrée dans cet atome ultra dense, qui aurait explosé pour donner naissance à l'univers. L'événement se serait déroulé il y a environ 14 milliards d'années, mais à ce niveau, les estimations sont toutes relatives, ainsi qu’il sera fait état par la suite. De nombreux scientifiques ont contribué à expliquer les phénomènes grandioses qui se déroulèrent juste après le "big bang". L'Américain Steven Weinberg a développé dans son ouvrage intitulé « Les trois premières minutes de l'univers » ; un scénario qui lui semblait correspondre à la réalité, bien qu’aucune preuve tangible n’existe pout valider ou rejeter cette théorie.
Ce cheminement succinct de la pensée occidentale, permet de mieux comparer la démarche scientifique avec la position du Coran. Comme, précisé au début de l'article, le Livre Sacré des Musulmans a été le précurseur de la théorie de l'atome primitif. De la même façon qu'il a été l'initiateur de nombreux autres sujets qui sont repris dans ce livre. Voici ce que déclare le Coran, relativement à la création de l’univers :
« Les incrédules, n'ont-ils pas vu que les cieux et la terre formaient une masse compacte (ratqan) ? Nous les avons ensuite séparés (fa fataqnahouma) et Nous avons créé à partir de l'eau, toute chose vivante. Ne croiront-ils pas ? » (Coran 21.30).
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Les cieux et la terre s'appliquent à l'univers. Le mot « ratqan », en arabe, signifie une masse compacte comme soudée. Le terme « Fa fataqnahouma », s'applique à l'action de rompre cette masse compacte, avec une notion de force et de toute-puissance extraordinaire. Le Coran utilise du reste le terme à la première personne du singulier, dont la signification exacte est : « Que Nous avons fait éclater ». Car c’est le Seigneur de l’univers qui parle, puisque c’est par l’effet de sa Toute-puissance, que ce phénomène a pu se produire.
Il s’agit bien de la représentation d'une masse compacte qui a été désagrégée (l’atome primitif) et dont les constituants contribuèrent à former l'univers avec son contenu. Les savants n'ont fait que reprendre un modèle qui a été décrit par le Coran, quatorze siècles auparavant. Avant le Livre Sacré des Musulmans, jamais aucune source n’a parlé de ce phénomène avec autant de précision, pour croire que cet ouvrage s’est inspiré de quoi que ce soit. Bien au contraire ce sont les sources occidentales, qui ont pris le modèle coranique comme référence, en lui donnant un habillage adéquat, pour l’expliciter.
Cette révélation démontre à elle seule, que l'origine divine du Livre Sacré ne souffre d'aucun doute. Nul ne saurait croire en effet, que le Prophète Mohammed possédait la faculté de concevoir de tels phénomènes, qui échappaient à l’entendement et à la raison, et prendre tant de siècles d'avance sur les astrophysiciens les plus réputés. Puisqu’il n’avait aucune connaissance particulière en matière d’astronomie. Compte-tenu de ce qui précède, seul le Créateur de cet ensemble éblouissant était en mesure de dévoiler à l’humanité des phénomènes qui précédèrent la naissance de l'univers.
Dans leur majorité, les auteurs ont perçu correctement ce verset. Cependant, pour ne pas faillir à une tradition séculaire qui consiste à dévaloriser le Coran, certains s'en sont tenus à une interprétation franchement inadaptée, qui ferait sourire, si la situation se prêtait à un tel exercice. Ainsi, Savary prétend en toute innocence ( ?), que le verset signifie : « que les cieux et la terre étaient solides, faisant que la pluie ne pouvait pénétrer, induisant une grande sécheresse ! »
Pour preuve, le territoire de l’Arabie est désertique ! Blachère, qui a à son actif, de longs colliers de perles, explique que « l’univers était le chaos et Dieu le sépara ! » La quadrature du cercle a toujours eu des partisans dévoués aux causes impossibles. Puisqu’on ne saurait concevoir que Dieu sépare le chaos…du chaos, sans rester en plein dans le chaos ! Comme le ridicule ne tue plus, les intéressés profitent de cette
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disposition pour en mettre plein la vue, à ceux qu’ils considèrent comme des immatures, qu’ils se doivent d’éduquer. Même dans la voie de la déraison.
Pour bien comprendre la démarche qui a conduit à la théorie de l'atome primitif de l'astrophysicien Georges Lemaitre, il faudrait effectuer quelques rapprochements troublants mais révélateurs. Avant d'être astrophysicien, Lemaitre (né en 1894) avait mené des études religieuses et s'était destiné à l'Eglise. Il ne se tourna vers l'astrophysique que plus tard, imprégné de connaissances sacrées et spirituelles. En 1927, il conçut un modèle d'univers en expansion et quatre ans plus tard, en 1931, sa théorie de l'atome primitif. Tout laisse croire, qu'étant successivement âgé de 33 et 37 ans lors de ses découvertes, il avait déjà longuement médité l'enseignement religieux qui lui avait été dispensé. Bien plus, en tant qu'homme de religion situé en haut de la hiérarchie, l'Abbé Lemaitre n'a pas pu ne pas connaître l'Islam et le Coran.
L'Islam d'abord, car c'est la deuxième religion au monde par ses effectifs, et la plus récente chronologiquement, qui est venue amender tout aussi bien le Judaïsme que le Christianisme, qui ont été altérés et oubliés. Le Coran ensuite, qui est l'ouvrage le plus répandu sur terre après la Bible, porteur d'un nouveau Message destiné à proclamer la vérité et à réformer, les textes précédents du judéo-christianisme qui avaient été remaniés et perdus. De ce fait, l’enseignement des Musulmans, ne pouvait guère laisser les religieux des autres cultes indifférents. Bien au contraire, il a été la source d’inspiration de nombre d’orientalistes, que ce soit dans le bon ou le mauvais sens.
Or, le Coran a été le seul ouvrage au monde qui, dès le septième siècle, avait imposé le modèle de la masse compacte qui éclata pour donner naissance à l'univers, la fameuse théorie du big-bang, « inventée » à si bon escient, en 1931 par l'Abbé Lemaitre. Le Coran a été également, ainsi qu’il sera démontré par la suite, dans un article consacré à ce sujet, le seul écrit à attester que l'univers est animé d'un mouvement d'expansion, phénomène « inventé » lui aussi, comme par hasard par l'Abbé Lemaitre en 1927. C’est trop de similitudes en même temps, qui ne se retrouvent dans aucune littérature au monde, hormis le Coran Sacré, pour croire qu’il ne s’agit que d’un coup de sort bienveillant et opportun.
Face à des analogies aussi significatives, comment ne pas être amené à penser, que le Livre Sacré des Musulmans, ne constitue pas la source d’inspiration privilégiée, des chercheurs qui n’ont rien fait de plus 211
que de développer le modèle coranique ? Et qui aurait profité de façon aussi magistrale d'une source aussi magistrale, qu’un religieux doublé d'un esprit scientifique, si opportunément versé dans le domaine de l'astrophysique, du Judéo-christianisme et surtout de l’Islam ?
Même s’il ne s’agit que de coïncidences providentielles qui tombent à point nommé, c’est justement ce concours de circonstances qui arrivent si opportunément, qui démontre que de telles connaissances, incroyables à l’époque, n’ont pu émaner aussi soudainement d’un esprit, qui n’avait rien de particulier ; si ce n’est sa parfaite connaissance du Coran Sacré.
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L'EXPANSION DE L'UNIVERS
La notion de l'expansion de l'univers est très récente. Elle date du vingtième siècle seulement. Les anciennes civilisations n'avaient aucun moyen de constater l'existence d'un tel phénomène. Aussi, la question de savoir si l'univers était stationnaire ou en expansion ne s’était jamais posée. Il n’y avait aucune raison pour s’interroger sur un phénomène, dont personne n’a pu percevoir les effets. Nul n’avait de raison de s'interroger sur quelque chose qui n'existait pas. Le ciel était plutôt synonyme de ce qui est vaste, immuable et éternel. Les observations célestes de l'époque étaient surtout consacrées aux influences astrologiques qui étaient attribuées aux différents astres où seules les cinq planètes, Mercure, Vénus, Mars, Saturne et Jupiter étaient connues. Par la suite vinrent s’ajouter les constellations figurées par des personnages ou des animaux légendaires. Ce n’est que beaucoup plus tard, que les fondements de l’astronomie furent introduits, pour constituer une discipline à part entière.
En dehors des étoiles et des planètes, le ciel recelait quelques points diffus auxquels les anciens avaient donné le nom de nébuleuses. L'une d'elles située dans la Constellation d'Andromède fut décrite selon les sources occidentales, pour la première fois en 1612, par l'astronome allemand, Simon Marius, qui l'aurait comparée à "une lueur semblable à la flamme d'une chandelle, vue à travers un disque de corne". Une première pour l’astronomie occidentale. En réalité, sept siècles auparavant, dès l'année 964, l'astronome arabe Abd ar Rahman As Soufi, qui révisa le catalogue des étoiles d'Hipparque, en faisait mention dans son « Livre des étoiles fixes », en la comparant à un petit nuage, telle qu'elle apparaissait à la vue.
Les deux autres nébuleuses localisées dans l'hémisphère sud auraient été découvertes par Magellan, en 1520, lors de son voyage autour du monde. Depuis, elles portent le non de Nuages de Magellan. Là encore, il convient de rétablir la réalité, puisque plusieurs siècles avant Magellan, des astronomes arabes, qui naviguaient dans les mers du sud, 213
tels Tamin Dari, Ibn Wahshia, Yaqût, et une fois de plus Abd ar Rahman As Soufi, avaient noté la présence des fameux "nuages" en positionnant leur emplacement. Décidément, l’Occident a parfois de ces tendance appropriatives, qui laissent le reste de l’humanité, végéter dans une ignorance surévaluée. Mais, la tendance ne date pas d’aujourd’hui, aussi, les gens y sont habitués de les voir tout revendiquer.
Malgré leur découverte ancienne, la nature des nébuleuses restait mystérieuse. En 1867, un opticien américain du nom de Abbé, se basant sur les observations d'autres astronomes, dont l’allemand William Herschel, ainsi que sur les hypothèses de son compatriote, le philosophe Emmanuel Kant publiées dans son « Histoire naturelle universelle et théorie des cieux » (1755), admit que certaines nébuleuses pouvaient être situées en dehors de notre Galaxie, et constituer elles-mêmes des galaxies. Il s’agissait d’une première mondiale, car les galaxies n’avaient pas été découvertes encore.
Ces prévisions s'avérèrent exactes. Elles furent confirmées par les observations menées en 1923/1924, par Edwin Hubble, grâce au télescope du Mont Wilson (Californie), avec lequel il parvint à distinguer des étoiles dans la Nébuleuse d'Andromède. Dès lors, la nébuleuse qui était vue comme une lueur, devint une galaxie. Elle porte le numéro M 31 dans le catalogue de Messier et se trouve à 2 250 000 années-lumière. Son diamètre est estimé à 110 000 années-lumière et sa masse d'environ 400 milliards de fois celle du Soleil, soit deux fois plus que la Voie Lactée, notre Galaxie. Les nuages de Magellan, furent eux aussi identifiés et classés comme des galaxies. Le Grand Nuage est éloigné de 165 000 années-lumière et aurait un diamètre de 21 000 années-lumière pour une masse de quelque 15 milliards de soleils; le Petit Nuage, dans la constellation du Toucan, « ne fait que » 10 000 années-lumière, ou cent millions de milliards de kilomètres de diamètre.
Depuis, la Voie Lactée ne constitue plus à elle seule, la totalité de l'univers. Les découvertes devinrent de plus en plus nombreuses au fur et à mesure de l’amélioration des moyens de détection. L'univers s'est trouvé enrichi de milliards de galaxies, renfermant chacune plusieurs milliards d'étoiles. Sans qu’apparaissent ses limites. Comment en est-on arrivé à ces espaces incommensurables, alors que l'univers est né d'un atome primitif très dense ? Répondre à cette question c'est déjà lever une partie du voile d'un des grands mystères de la Création.
La théorie qui a cours actuellement est que toutes les galaxies s'éloignent les unes des autres, dans un mouvement d'expansion ayant 214
débuté juste après le big bang. Malgré leur vitesse vertigineuse, seule l'énorme distance empêche de percevoir leur fuite. Pour détecter l'expansion, les spécialistes ont eu recours à l'effet Doppler qui énonce que lorsqu'une source sonore se rapproche d'un observateur, sa longueur d'onde diminue alors que sa fréquence augmente. Par contre, en s'éloignant, c'est le contraire qui se produit. Ce principe fort simple fut étendu aux ondes électromagnétiques qui voyagent à la vitesse de la lumière. Après la classification des galaxies en 1926, Hubble utilisa l'effet Doppler pour ses expériences. Les résultats auxquels il était parvenu en 1929 furent assez surprenants et en tous cas imprévisibles, en dépit des découvertes de l'Abbé Lemaitre.
En effet, à quelques exceptions près, toutes les galaxies observées présentaient un décalage vers le rouge, impliquant que leur longueur d'onde augmentait, et que par conséquent elles s'éloignaient du globe terrestre. De plus, le décalage était proportionnel à la distance, suggérant que la fuite était d'autant plus rapide que les galaxies étaient loin. Bien sûr, le mouvement de fuite ne signifie nullement que la Terre constitue le centre de l'univers. Pour vulgariser le phénomène, les astronomes ont l'habitude de présenter l'univers sous forme de ballon parsemé de taches. Au fur et à mesure que le ballon est gonflé, il augmente de volume et chacune des taches s'éloigne de toutes les autres. Un observateur d'une galaxie donnée verrait les autres galaxies s'éloigner de lui dans le cadre de l'expansion de l'univers. Hubble a calculé la vitesse de récession, constatant une proportionnalité évidente entre la vitesse d'éloignement et la distance de la galaxie.
Lors de ses premières estimations, il évalua la vitesse d'éloignement ou « constante de Hubble » à 170 kilomètres par seconde et par million d'années-lumière. Cela signifiait qu'une galaxie distante d'un million d'années-lumière de la Terre, s'éloignait à une vitesse de 170 kilomètres par seconde. Cette méthode trouvait à se justifier tant que le rayon de l'univers était estimé à quelques dizaines ou quelques centaines de millions d'années-lumière. Mais lorsqu'il devint évident qu'il pouvait atteindre des milliards d'années-lumière, Hubble dut diminuer sa constante afin de ne pas enfreindre la sacro-sainte théorie de la relativité d'Einstein qui postule que la vitesse de la lumière est une vitesse limite dans l'univers. En effet, avec les premières estimations, Hubble devait attribuer une vitesse de 850 000 kilomètres à la seconde pour une galaxie située à 5 milliards d'années-lumière. Au fur et à mesure, que les astrophysiciens prenaient conscience de l’immensité de l’univers, cette fameuse constante n’a cessé de diminuer. Le phénomène connu sous le 215
nom red shift ou décalage vers le rouge, permet théoriquement d’évaluer la distance des étoiles par rapport à la Terre, mais aussi leur vitesse d’éloignement. Actuellement l’horizon visible de l’univers est situé à près de 14 milliards d’années-lumière. Quant à ses véritables dimensions, nul n’en n’a la moindre idée, aussi les spéculations vont bon train.
Il va sans dire que personne n'a pu deviner que l'univers était en expansion, avant que les observations ne deviennent possibles grâce à des instruments modernes. Encore fallait-il édifier une théorie et la mettre à l'épreuve de la réalité, car malgré tout, d'autres spécialistes, isolés il est vrai, persistaient à soutenir que l'univers est statique et que le rougeoiement de la lumière est dû à d'autres causes qu'à l'augmentation de la longueur d'onde.
Pourtant c'est ce même phénomène qui est décrit par le Coran, depuis l'avènement de l'Islam, alors que les hommes n'avaient aucune idée de son existence. Les gens du moyen âge pouvaient-ils connaître l'expansion de l'univers tandis que l'humanité était plongée dans l'obscurantisme ? C’est donc le plus logiquement possible que ce mouvement est resté méconnu jusqu’au 20ème siècle. Nombre de savants célèbres ignorèrent complètement cette expansion ; parmi eux, il faut citer les physiciens Max Planck et Niels Bohr, spécialistes de l'astronomie et prix Nobel de physique, mais surtout Einstein, un des plus fertiles cerveaux et autre prix Nobel, qui, après avoir énoncé sa théorie de la Relativité Générale à pris en 1917 comme modèle, un univers statique sans expansion. Il était en contradiction avec la réalité, mais surtout avec les données coraniques. Des années plus tard il devait reconnaître son erreur et entreprit de corriger le tir en déclarant qu’il s’agissait de la plus grande erreur de sa vie. Il aurait dû pourtant savoir, qu’à partir du moment où le Coran Sacré s’est prononcé sur ce sujet, ou n’importe quel autre, nul être au monde, quels que soient ses titres, ne pouvait se permettre de le remettre en cause, sans y perdre de sa notoriété.
Après la naissance de l'univers, à partir de l'atome primitif, le Coran aborde l'étape de l'expansion ainsi que le révèle le passage suivant : « Nous avons conçu le ciel et Nous l'étendons (dans l’espace). » (Coran 51.47). La formule : « Nous l'étendons », signifie : « Nous le rendons plus vaste, Nous lui donnons un volume plus grand. » Voici ce que dit Maurice Bucaille à ce sujet : « Ce qui a été traduit par : « Nous l'étendons », est le participe présent de « musieûna » du verbe « awsaea » qui signifie : élargir, étendre, rendre plus vaste, plus 216
spacieux. Il ajoute : « Certains traducteurs, incapables de saisir le sens donnent des significations qui me paraissent erronées, comme : «Nous sommes pleins de largesse. » (R. Blachère). D'autres auteurs devinent la signification mais n'osent pas se prononcer, ainsi Hamidullah dans sa traduction du Coran parle d'élargissement du ciel, de l'espace, mais avec un point d'interrogation. Il en est enfin qui, s'entourant pour leurs commentaires, d'avis scientifiques autorisés donnent la signification rapportée ici. Tel est le cas des commentaires du Muntakhab édité par le Conseil Suprême des Affaires Islamiques du Caire. Ils évoquent sans la moindre ambigüité l'expansion de l'univers. »
Blachère n'est pas seul à donner une traduction inexacte. Kasimirski écrit quant à lui : « Nous avons bâti le ciel avec nos mains et certes, Nous le fîmes à Notre aise », déformant notoirement le sens. Il en est de même pour Savary et d’autres orientalistes. Mais il n'est pas nécessaire de s'attarder plus longtemps sur les déviations de certains auteurs déjà catalogués. Le plus important est de constater la parfaite similitude existant entre le Coran Sacré et ce qu'il y a de plus fondé dans le domaine scientifique. Cela suffit à l'entendement et à la raison
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LES SEPT CIEUX
Le Coran est formel, l'univers est constitué de sept cieux superposés, ainsi que l'atteste le verset suivant : « N'avez-vous pas vu comment Dieu a créé sept cieux superposés ? » (Coran 71.15). Il ne s'agit pas de strates horizontales, bien entendu, car dans un univers courbe, tout ce qui existe subit les effets de cette courbure spatiale. Ce sont des cercles concentriques, qui sont contenus les uns dans les autre, pour un observateur donné, car il est dit par ailleurs, d’une façon admirable et on ne peut plus juste : « Nous avons créé sept cieux au dessus de vous. » (Coran 23.17). Comme le monde est sphérique, les cieux superposés prennent naturellement l’apparence des feuilles d’oignons qui se recouvrent les unes les autres.
Ce qui a fait dire notamment à Kasimirski, que : « d'après les Mahométans, les cieux sont disposés les uns sur les autres comme l'enveloppe de l'oignon. » Cela est dit avec toute la dérision pour démontrer l’inanité du Coran qui veut faire d’un ciel unique, une multitude de cieux. Sans compter la dénomination de mahométans, forme dénaturée et impropre du terme « musulmans ». Kasimirski, à l’image d’autres orientalistes n’a pas eu le mérite d’observer le détachement nécessaire, que tout traducteur se doit de tenir à l’égard de son travail. Ses motivations personnelles et ses choix affectifs, ont souvent pris le pas sur les considérations morales. Mais il n’est pas donné à tout le monde de disposer de l’honnêteté requise pour effectuer un tel travail. Conséquence, la traduction du Coran, finit souvent par ressembler à une entreprise de démolition, où peu de chose subsisterait après le passage de l’engin. Nombre d’orientalistes, peut être même à leur insu, ne seraient que des adeptes littéraires d’Attila, où rien ne repousserait plus après le passage de leurs stylos. Il ne s’agit pas d’un canular à bon marché mais d’une réalité historique.
Une preuve de plus ? Entre 1141 et 1143, sous l’influence de Rome et l’égide des papes Victor IV et Célestin II, l’abbé de Cluny (France) Pierre le Vénérable, entreprit de faire traduire le Coran en latin par
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Robert de Rétines, assisté des moines de l’ordre de Cîteaux. Ce travail devait procéder d’un esprit de croisade, ainsi que le démontre la lettre adressée par Pierre le Vénérable à Saint Bernard ; le premier nommé recommandait d’utiliser cette traduction comme un moyen de désavouer l’Islam ! Elle devait constituer une arme aux mains des Chrétiens, afin de contrecarrer la religion musulmane et de décourager d’éventuelles conversions ! Ceci pour l’histoire. Même si de telles recommandations ne sont plus de mise, cela n’a pas empêché nombre d’orientalistes et de spécialistes de l’Islam, de jouer aux censeurs et aux donneurs de leçon à travers leurs travaux.
Le chiffre de sept cieux évoqué par le Coran, pourrait n’être que symbolique, selon certains milieux musulmans, d'autres au contraire le prennent au pied de la lettre et lui attribuent sa véritable portée. Les deux sources ne sont pas contradictoires, puisqu’elles se rejoignent en fin de compte pour démontrer, que les cieux ne sont pas une simple et unique enveloppe qui recouvrirait l’univers. Le ciel immense et uniforme d’apparence est en fait un assemblage de cieux multiples et différents, qui ont des fonctions variées et complémentaires. Le ciel unique n’existe pas. Chaque structure cosmique possède son ciel propre, et se trouve entourée par un ciel plus vaste, comprenant d’autres corps cosmiques, jusqu’à atteindre la totalité de l’univers. A l’image des Matriochka russes, ces poupées gigognes, qui s’emboîtent les unes dans les autres. Sauf, que les mères Matriochka sont indépendantes les unes des autres, alors que les cieux forment effectivement des couches concentriques qui enveloppent l’univers et où chaque entité possède sa propre spécificité.
Les civilisations judéo-chrétiennes qui parlent d’un ciel unique, ont été influencées par la Bible. La Genèse biblique, évoque « le ciel », au masculin, onze fois de suite, alors que le Coran, fait pratiquement toujours référence aux cieux multiples. Une position et une opposition, qui n’est pas seulement de forme et de principe, mais qui révèlent des différences de conception. Pour le Coran, chaque structure céleste est entourée d’un ciel local, qui s’intègre dans une entité plus vaste, qui elle-même, fait partie d’un ensemble plus imposant jusqu’à arriver aux limites de l’univers.
Dans la présentation de la hiérarchie universelle, Jean Claude Pecker, Directeur de l'institut d'Astrophysique de France et spécialiste des atmosphères propose le schéma suivant, selon lequel, les planètes constituent le premier degré de la classification puis viennent ensuite, successivement les étoiles, les amas globulaires, les galaxies, les amas 219
galactiques, les super amas galactiques et enfin, le contenant de l'ensemble de la création, l'univers observé. Bien entendu, chacune de ces structures est entourée d’un ciel qui lui est adapté, qui s’intègre à son tour dans un ensemble plus vaste. L'univers est ainsi formé de sept niveaux hiérarchiques qui vont de la planète à l'univers. Au fur et à mesure que l'on s'élève dans l'échelle, on note une décroissance de la densité moyenne du milieu et un accroissement des dimensions.
La découverte des structures de l'univers ne remonte qu'au 20ème siècle. Jack Burns, Directeur de l’Institut d’Astronomie du nouveau Mexique (USA), note que « la majorité des astronomes était persuadée, il y a quelques décennies, que la structure à grande échelle de l'univers était uniforme, sans caractéristiques particulières. Or, depuis quelques années, les spécialistes de l'astronomie, de la physique et de la cosmologie ont conjugué leurs efforts pour résoudre ce problème. Notre compréhension des structures que l'on observe aujourd’hui dans l'univers en a été bouleversée... La découverte des superamas et des vides intergalactiques est l'un des progrès les plus importants accomplis en astronomie observationnelle depuis dix ans. »
Ces découvertes ont permis de confirmer pour un observateur terrestre, l’existence de cieux concentriques, qui s’enveloppent les uns les autres et que les savants n'ont pu déceler auparavant. Ces cieux concentriques, le sont par rapport à un observateur. Des précisions sont fournies pour permettre d'établir une classification. Ainsi, le Coran précise : « Nous avons orné le ciel le plus proche de la terre de « massabih », pour lapider les démons. » (Coran 67.5).
La lapidation suggère l'action de lancer les pierres. Le rapprochement avec les météorites à grande vitesse, qui s'enflamment par échauffement au contact de l'atmosphère, à quelque 200 kilomètres d'altitude est évident. Le ciel de la terre est donc formé par l'enveloppe immédiate entourant la terre, qui commence avec l'atmosphère et s’étend beaucoup plus loin, puisque le Coran ajoute : « Nous avons orné le ciel le plus proche de planètes. » (Coran 37.6) Or, celles-ci sont situées à des centaines de millions de kilomètres, voire à plus de 5 milliards de kilomètres pour Pluton. Cette précision permet de considérer que l'ensemble du système solaire, est entouré du premier ciel ; l'équivalent d'une bulle ou d’un cocon de dix à vingt milliards de kilomètres de diamètre, dont l’intérieur abriterait le soleil, les planètes et leurs satellites. A cette échelle, on peut voir grand, sans risquer de dépasser les frontières.
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Si la Terre symbolise la position spatiale d’un observateur donné, selon le Coran, pour qui les sept cieux sont une réalité, il n’en reste pas moins que chaque créature peuplant l’univers, qu’elle que soit sa position cosmique où la galaxie à laquelle elle appartient, est également au centre d’un système recouvert par les sept cieux. Dans la réalité, le nombre de cieux locaux, est fantastique, de l’ordre de plusieurs milliards de milliards, puisque chaque système stellaire, possède son propre ciel local. Cependant, chaque être créé dans l’univers est inclus à l’intérieur d’un système céleste concentrique, formé effectivement par sept cieux !
D’ailleurs le Coran ne manque pas de préciser : «Nous avons créé au dessus de vous sept cieux. » - Il n’a jamais déclaré : « Nous avons créé sept cieux dans l’univers », car telle n’est pas la réalité. Comme par ailleurs, et contrairement aux Bibles juive et chrétienne, le Coran reconnait l’existence de myriades de civilisations extraterrestres, car le monde ne saurait être la seule planète habitée dans un univers qui comprend des milliards de milliards de planètes plus ou moins identiques à la nôtre, thème qui sera abordé plus loin, la conclusion est que chaque être créé dans l’univers se trouve au centre d’une structure bordée de cieux concentriques. Ainsi dans sa description de l’univers, le Coran Sacré s’applique aussi bien aux terriens qu’aux habitants des autres planètes, quand bien même, elles seraient situées à dix milliards d’années-lumière de la Terre ! Ce qui est tout simplement extraordinaire, mais dénote, une fois de plus, son origine divine absolue. Car aucun ouvrage au monde, qu’il soit religieux ou profane, scientifique ou philosophique n’a su énoncer une vérité aussi prodigieuse. A elle seule, une certitude aussi éclatante ferait se prosterner à la Gloire d’Allah, le Seigneur et Créateur de l’univers, le plus endurci des incroyants.
Le Coran n’omet pas d’ajouter : « Il (Dieu) a révélé à chaque ciel ses fonctions. » (Coran 41.12). Comment un homme, fut-ce le Prophète Mohammed, ou même l’ensemble de l’humanité avec ses savants, pouvait-il savoir que chaque être créé dans l’univers est au centre de structures concentriques célestes, et que chacune d’elles possède ses caractéristiques propres. Là où la science n’avait observé qu’un ciel uniforme et sans limite ? Dans les faits, chaque ciel va avoir une fonction précise, des caractéristiques propres et un fonctionnement indépendant des autres structures célestes.
Ainsi, par ordre croissant de distance, un terrien abordera l’atmosphère terrestre, avec ses différentes composantes où se consument les étoiles filantes, puis Mercure, Vénus, le soleil, Mars, la ceinture
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d'astéroïdes, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton. Le ciel local possède cette particularité d'avoir une identité propre, puisqu’il recèle tout le système solaire avec ses planètes, ses météorites et tourne sur lui-même, tout en se déplaçant à raison de 72 000 kilomètres à l'heure, vers un objectif, l'Apex, situé dans la constellation d'Hercule, confirmant son identité propre.
Le deuxième ciel est formé par les amas ouverts qui sont des regroupements de quelques dizaines à quelques milliers d'étoiles, et les amas globulaires renfermant jusqu'à un million d'étoiles. Les premiers possèdent un diamètre de quelques dizaines d'années-lumière et les seconds, environ 150 à 200 années-lumière, soit deux cent mille fois celui du ciel le plus proche. Les amas constituent des familles d'étoiles supposées être issues d'une seule structure initiale, englobant le système solaire.
Le troisième ciel est celui qui enveloppe la Galaxie avec un diamètre de 150 000 années-lumière pour une population de 100 à 200 milliards d'étoiles. Cet ensemble est solidaire, possède se caractéristiques propres et effectue une rotation sur lui même en 250 millions d'années approximativement.
Le quatrième ciel regroupe la Voie Lactée ainsi qu'une vingtaine d'autres galaxies situées entre 165 000 années-lumière pour le Grand Nuage de Magellan et 3 330 000 années-lumière pour Maffei 1. C'est une bulle de 8 millions d'années-lumière de diamètre (près de soixante fois celui de la Galaxie), connue sous le nom d'Amas Local.
Le cinquième ciel contient plusieurs milliers de galaxies dont la Voie Lactée, bien entendu, à l'intérieur d'un volume de plusieurs dizaines de millions d'années-lumière. « Notre amas local fait partie du Super amas de la Vierge, précise Hubert Reeves. La région centrale des super amas est généralement occupée par une galaxie monstrueuse dont la masse équivaut à plusieurs centaines de galaxies normales. Elle manifeste une activité extraordinairement puissante et se distingue par une quantité de propriétés insolites. On a toutes les raisons de croire que les autres galaxies gravitent autour d'elle, comme les planètes autour du soleil ou les étoiles autour de l'axe de notre Voie Lactée. Ces galaxies du Super Amas s'approchent lentement du centre. Certains astrophysiciens prétendent même que les galaxies sont irrésistiblement attirées par "un trou noir" qui les dévore. Notre Super Amas possède sa galaxie cannibale, elle se nomme Messier 87. »
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Le sixième ciel est constitué par l'ensemble de l'univers, puisque selon les observations qui ont été effectuées jusqu'à présent, la hiérarchisation galactique s'arrête aux super amas. L'échelon supérieur ne pourrait être que le ciel universel qui contient tout ce qui existe comme matière, énergie, espace, temps et vie et autres spécificités. Son rayon « connu », serait de 15 milliards d'années-lumière. Sa population fantastique est de plusieurs milliards de galaxies renfermant chacune plusieurs milliards d'étoiles et abritant aussi toutes sortes de phénomènes que les savants étudient avec intérêt, notamment les quasars, les trous noirs et autres objets étranges. Le sixième ciel marque la limite de l'infranchissable. C'est le vide qui entoure l'univers et qui permet à l'expansion de se poursuivre normalement. A ce niveau, nul n'est en mesure de donner des ordres de grandeur, car jamais personne ne pourra scruter "derrière" les limites de l'univers.
Le septième ciel enfin domine la Création et restera toujours hors d'atteinte de l'expansion de l'univers. La tradition musulmane y situe l'Enceinte de la Sainteté, où se manifeste la Présence Divine et où se trouve le Trône Céleste. L'Archétype du Coran y est gardé précieusement à l'abri de toute altération. Le septième ciel c'est bien sûr l'emplacement du paradis, « large comme les cieux et la terre. » (Coran 85.33). Toutes merveilles marquées par le sceau de l'éternité et qui échappent à toute perception. Le Coran Sacré dit a cet effet : « Aucun être ne pourrait imaginer quelle félicité est réservée (aux croyants), en récompense de ce qu’ils oeuvraient. » (Coran 32.17)
Les savants sont arrivés à admettre aujourd'hui l’existence des six premiers cieux concentriques par rapport à un observateur donné, car telle est la structure effective de l'univers. Pour des considérations métaphysiques, ils ne peuvent émettre un jugement approprié sur le septième ciel. Mais cela est dû uniquement à leur incapacité à saisir la réalité. L'existence des sept cieux est certifiée par le Seigneur de l’univers, tout au long du Coran. Cependant, le septième ciel restera toujours hors de portée de l'intelligence humaine.
Les cieux concentriques ne sont que l'effet de l'ordonnancement et de la hiérarchisation cosmique, selon le modèle conçu par Dieu. Au début de la Création, le ciel le plus proche était celui qui entourait l'atome primitif. Après le big bang et l'expansion, l'univers est entré dans une phase d'organisation et de spécialisation. La formation des super amas galactiques, des amas, des galaxies, des systèmes stellaires a entrainé une adaptation de l'espace en conséquence, et c'est ainsi qu'à
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partir du ciel unique primordial, sont nés les sept cieux, ainsi que le souligne le Coran : « Il (Allah) s’est ensuite adressé au ciel qui était sous forme de fumée (particules) et lui dit ainsi qu’à la Terre : Venez de gré ou de force. Ils dirent, nous venons obéissants. Il décréta d’en faire sept cieux…et révéla à chaque ciel sa fonction… » (Coran 41. 11-12)
Alors que de tout temps, le modèle des cieux multiples et concentriques a été vigoureusement combattu, aujourd'hui c'est la tendance inverse qui s'affirme, grâce aux révélations coraniques, mais aussi aux observations réalisées. Toutes ces découvertes ont permis de confirmer que les cieux concentriques, s'enveloppant les uns les autres sont bien une réalité scientifique, que les savants n'ont pu déceler avant ce jour. Mais cela n'a pas empêché le Coran Sacré de le souligner déjà au moment de sa révélation, offrant ainsi aux astrophysiciens modernes un incomparable modèle d’enseignement et de référence.
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LA VITESSE DE LA LUMIERE
Aucun livre n'a autant contribué que le Coran à donner une image aussi majestueuse et grandiose de l'univers. Toutes les autres religions étaient attachées à l'idée d'un ciel fait à la mesure d'un monde, lui-même minuscule et unique. Les notions de géocentrisme, véhiculées durant des siècles, signifiaient que la terre occupait le centre de l'univers et que les autres astres, y compris le soleil gravitaient autour. L'Eglise a toujours défendu avec une grande constance cette vision de la création. Son attachement au géocentrisme, constitue un des dogmes essentiels de la religion chrétienne.
Les raisons sont plus philosophiques qu’astronomiques. L’Eglise professe l’idée que le Christ Jésus, est le Fils unique de Dieu, qui n’a pas été créé, comme l’ensemble de l’univers, mais engendré par le « Père divin », et qu’il s’est sacrifié, sur une Terre unique, créée par Dieu, pour racheter les péchés d’une humanité, elle aussi unique dans l’univers. Même si cela fait trop d’unicités à assumer, alors que seule celle du Seigneur de l’univers est fermement établie, le corollaire d’une telle croyance était de créer des structures à même de consolider cette construction. Le Fils Unique de Dieu, ne pouvait être engendré que sur une terre unique, à travers l’univers.
Personne ne comprendrait qu’il naisse sur terre, alors qu’il existerait ailleurs dans le cosmos, des milliers d’autres planètes habitées. Le Dieu biblique s’employa donc à créer cette terre unique au centre de l’univers, pour démonter que Son Fils Unique, ne pouvait résider dans un monde excentrée par rapport au reste de la création ; il lui fallait occuper une position éminente qui ne pouvait être que centrale. Comme, il est malvenu qu’un monde abritant le Fils de Dieu, puisse aller accomplir des rotations inconvenantes dans le ciel, même pour tourner autour du soleil, la terre devint fixe et stable. Le soleil, fut donc dans l’obligation de venir faire ses rotations, autour de la terre forcé et contraint en hommage à cette glorieuse présence.
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Les autres planètes du système solaire et toutes les étoiles de l’univers, ne pouvaient être en reste, elles se mirent à tourner, elles aussi autour de la terre, en témoignage du même respect. Comme le soleil ne pouvait se déplacer tout seul, des anges s’activaient à le pousser le jour, puis la nuit il entrait dans les abîmes, pour observer une pause. Malgré cela, on le retrouvait le lendemain matin toujours à la même place, comme le chauffeur de l’hôtel de luxe, qui prépare la voiture de monsieur en garant à la place habituelle. Un problème subsistait pourtant. Les scientifiques et les hérétiques persistaient à croire que le monde était rond. Comment ceux qui étaient aux antipodes, pouvaient-ils marcher la tête en bas, sans tomber dans l’espace inférieur ?
Et les océans pourquoi ne sont-ils pas vidés de leurs eaux et de leurs poissons ? Pour mettre un terme à cette controverse, les religieux se sont mis en devoir, non seulement d’aplanir le monde, mais également de l’aplatir, une fois pour toutes, afin qu’il ne pose plus ce genre de problèmes incongrus. Tout avait été bien réglé, afin d’éviter de mauvaises surprises dues à l’inconscience des savants. Le monde (re) devenait plat et immobile ; le soleil, les planètes et les étoiles tournaient autour, cela devenait tellement plus simple et on était tranquille. D’ailleurs les soins apportés à l’aménagement de la terre, justifie amplement la prééminence du monde sur le reste de la création.
L'Eglise était tenue de reconnaître officiellement que la terre ne saurait être un infime grain de poussière perdu dans le cosmos. Car les scientifiques étaient aux aguets, ils voulaient ôter au globe terrestre son éminence ! Une incroyable invraisemblance destinée à combattre le dogme du Fils Unique de Dieu et à vider de sa substance la doctrine chrétienne. A contrario, le Coran attribue à l'univers une importance sans commune mesure avec la terre. A côté d'autres citations déjà relevées dans des articles spécifiques, il propose une parabole qui ne manque pas de surprendre. Ainsi, il est écrit en substance que : « Les anges et l'Esprit franchissent les degrés célestes en un jour dont la durée correspond à cinquante mille années sur terre. » (Coran 70.3-4).
Ce verset en partie allégorique, établit une équivalence entre un espace céleste, franchi en un jour par un mobile cosmique et une distance similaire parcourue en 50 000 années, par un mobile utilisé par les hommes, soit un rapport de 1 à 18 000 000. La moyenne a été établie sur un ordre de grandeur qui tient compte aussi bien de l’année solaire (365,25 jours) que de l’année lunaire (354,36 jours). En fait cette moyenne est de 17 991 750, mais elle a été arrondie à 18 000 000, pour
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faciliter les calculs, et les estimations. En tout état de cause une telle variation constitue moins de 1/1000ème dans l’absolu, et n’a aucune influence sur les résultats. Dans cette démonstration, le mobile céleste ou cosmique est 18 millions de fois plus rapide que le mobile terrestre.
Quelle que soit l’unité de temps prise en considération, ce ratio reste inchangé. Que ce soit une minute, une heure ou un siècle. En une heure, le mobile le plus rapide sur terre à l’époque, était le cheval, qui pouvait atteindre une vitesse de 60 kilomètre à l’heure. Connaissant le rapport entre les deux mobiles, la distance parcourue en une heure par les Anges et l’Esprit, est de :
60 km x 18 000 000 = 1 080 000 000 (Un milliard quatre-vingt millions de kilomètres).
En une seconde, elle est de : 1 080 000 000 : 3 600 = 300 000 kilomètres à la seconde, soit exactement la vitesse de la lumière !!!
Ainsi, le rapport l/ 18 000 000 révélé par le Livre Sacré, n'est rien d'autre que celui de la vitesse de la lumière. Bien entendu, le Coran n'étant ni un traité de physique ni un ouvrage de mathématiques, il n'y a pas lieu d'exiger une précision absolue au niveau de l'énoncé du problème. Tout le raisonnement consiste à fournir les indications qui démontrent, que ces connaissances émanent d'un Etre Supérieur, infiniment plus savant que toute, l'humanité. Il faut rappeler qu'à l'époque du Prophète, les savants pensaient que la lumière se transmettait instantanément. Des croyances restées vivaces jusqu'au 20ème siècle où la vitesse de la lumière fut calculée avec précision en 1929 seulement, avec l'ordre de 300 000 kilomètres à la seconde, justement.
Il reste que si le Coran n'emploie pas spécifiquement le mot "lumière", correspondant aux ondes électromagnétiques, les messagers et les anges dont il est question symbolisent eux-mêmes la lumière pour les Musulmans. Le mot "Nour" (lumière) s'applique typiquement pour définir leur substance.
En tout état de cause, il ne peut exister aucune autre signification dans les rapports de vitesse démesurés qui lient les deux mobiles. Une proportion de 1 à 10, ou encore 1 à 100 ou 1 à 1 000, aurait pu donner lieu à des explications multiples et variées. Un ratio de 1 à 18 000 000, ne signifie rien d'autre que l'interprétation qui a été exposée plus haut, à savoir la vitesse de la lumière. Les limites de tolérance prises en compte dans les calculs, ont toujours été très réduites, confirmant la crédibilité de
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cette démonstration. Tous ces arguments font que la planète terre pèse vraiment peu face à un univers dont l'unité de base s'est trouvée multipliée des milliards de fois.
La, vitesse de la lumière prise comme étalon de mesure du cosmos, démontre, d'une part, l'immensité de l'univers, et, d'autre part, le bienfondé de la thèse coranique qui a été a l'origine de ce système d'évaluation. Elle implique aussi que l'être humain est vraiment insignifiant face à l'extraordinaire complexité de la création et ce, conformément au Texte Sacré des Musulmans.
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LES FORCES DE L'UNIVERS
Contrairement aux croyances en vigueur alors, les deux éléments du couple : le mâle et la femelle, existent non seulement dans le règne animal et végétal, mais également à travers la matière. Quelle soit minérale ou organique, la matière est également régie par des forces opposées et complémentaires qui sont le pendant du couple dans la vie. Nul n'ignore aujourd'hui que l'électromagnétisme joue un rôle capital dans l'élaboration de la matière, grâce aux propriétés attractives ou répulsives qui s'exercent jusqu'au sein de l'atome. Ce dernier qui est un corps électroniquement neutre, comprend le noyau électrisé positivement (+), entouré d'électrons, corpuscules d'électricité négative (-). Un excès d'électrons entraîne une charge négative, alors qu'un défaut produit une charge positive. Ces caractéristiques serviront à agencer toute la matière de l'univers.
Le Livre Sacré dans une première citation, rappelle que la notion de "couple" existe aussi bien dans le règne végétal, chez l'être humain (et les animaux), qu’à travers ce que l'homme ignore : « Gloire à Celui qui a créé le couple dans ce que la terre fait germer, également en eux-mêmes, et à travers (la matière), ce qu'ils ignorent. » (Coran 36.36)
Le terme « matière » est sous-entendu. II implique que les deux charges négative et positive sont présentes partout dans l'univers. Un autre passage plus évocateur mentionne spécifiquement la matière, suggérée auparavant : « Et de chaque chose (chaiïne), Nous avons créé le couple, peut-être réfléchirez-vous ? » (Coran 51.49). Le mot "Chaiïne" traduit par "chose", signifie "substance" ou "matière". Ce passage reconnaît que la matière sous toutes ses formes est constituée par les deux éléments du couple. Pour déchiffrer ce verset, il est nécessaire de pénétrer dans l'intimité de la matière, tout comme le font les physiciens avec leurs énormes moyens d'investigation.
L'atome, selon la définition conventionnelle, est la particule d'un élément chimique qui forme la plus petite partie susceptible de se
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combiner. C'est en quelque sens la brique qui sert à édifier la matière. Toute la matière contenue dans l'univers, que ce soit l'air, l'eau ou toute autre substance, comme le fer, le bois, le sable, la pierre, etc., est constituée de molécules, elles-mêmes formées d'atomes soumis à la force électromagnétique qui assure la liaison entre les électrons et leurs noyaux, entre les atomes, etc. C'est dans cette optique que doit être interprétée l'existence de charges électriques opposées et complémentaires au sein de la structure intime de la matière. Lors de la création de l'univers, de tels mécanismes se sont révélés d'une merveilleuse efficacité pour produire la matière interstellaire, justifiant le rôle si important reconnu par le Livre Sacré.
Voici, selon les astrophysiciens, comment se serait déroulé le processus de la formation de la matière, juste après le big bang : Au sein de la fournaise primitive estimée à des milliards de milliards de degrés, de la matière et de l'antimatière étaient créées à partir du rayonnement énergétique. La collision de deux photons donnait naissance à un couple de particules formé d'un électron de charge négative et d'un positron qui est l'antiparticule de l'électron, possédant la même masse, une charge égale, mais de signe contraire, c'est-à-dire positive. Quand l'électron entre en collision avec le positron, les charges opposées s'annihilent et l'énergie de masse des deux particules se transforme en rayonnement pur. D'autres particules plus lourdes entrent à leur tour en collision avec leurs antiparticules et s'annihilent dans un faisceau de lumière.
Le phénomène de création et de destruction des particules n'est concevable qu’en raison de l’existence de charges opposées entre les particules et les antiparticules. Mais si chaque particule entre en collision avec son antiparticule et que les deux charges disparaissent, la matière aurait dû se volatiliser dans le .cosmos, puisqu'elle aura été annihilée par l'antimatière. Or, l'univers existe et les savants ont dû en tenir compte en élaborant des hypothèses qui restent à confirmer. Certains pensent qu'à l'origine, les masses de matière et d'antimatière étaient égales à un milliardième près. Lorsqu'elles se sont annihilées, le milliardième restant, sorte de résidu, aurait suffi pour constituer l’univers.
Quoi qu'il en soit, les charges électriques opposées, présentes dans la matière et l'antimatière ont eu une grande importance dans la création de l'univers. Si juste après le big bang, la matière était encore dissociée en électrons, protons, neutrons, et les nucléons en quarks qui sont leurs constituants, le refroidissement va permettre à la nucléosynthèse de se produire. Les quarks vont fusionner en nucléons (protons et neutrons),
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puis les noyaux vont capturer les électrons quand les photons cesseront d'interagir avec eux. Les premiers atomes d'hydrogène se formeront dans ce contexte.
Ces derniers regroupés en nuages stellaires vont entrer dans la composition des étoiles et donner naissance par fusion thermonucléaire à des éléments de plus en plus lourds. On passe ainsi de l'hydrogène à l’hélium puis à la fusion du carbone, de l'oxygène au néon, au sodium, au magnésium, etc. Avant de se désintégrer, l'étoile recèle ainsi des métaux comme le fer, le nickel, le cuivre, le zinc, etc. Puis, dans son stade ultime, l'étoile explose et projette sa matière à l'extérieur sous forme de nuages riches en éléments qui serviront non seulement à la constitution de nouvelles étoiles, mais également de planètes à l'image de la terre.
Sur terre, les atomes, grâce à leur structure équilibrée par les charges opposées de protons et d'électrons entreront dans la composition de tout ce qui existe : terre, montagnes, mer, nuages, air, pierres, métaux, arbres, herbes, animaux et aussi corps humain, car l'homme est également un agencement d'atomes. Telle est l'importance de ce couple éminemment précieux, dont les éléments s'opposent mais se complètent afin d'assurer la stabilité de l'univers et sa cohésion. L'intérêt de l'électromagnétisme est si manifeste que l’univers n’aurait pu exister, sans que son influence ne s’exerce à travers toute la création.
L'électromagnétisme est d'ailleurs une des quatre forces fondamentales de la nature sans qui la matière n'aurait pas été en mesure de voir le jour. Ce qui explique pourquoi le Livre Sacré accorde une telle valeur à phénomène, qui est resté ignoré jusqu'au début de l'ère moderne
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LA GRAVITATION
Il n’est pas possible d’évoquer l'histoire de l'attraction universelle sans faire allusion à la pomme de Newton. En effet, c’est la chute d'une pomme sous l'effet de son propre poids, qui mit le physicien sur une nouvelle piste scientifique encore inconnue, celle de la gravitation, jusqu’à l’amener à élaborer sa théorie. Même si l'épisode de la pomme a été réfuté par certains historiens, d'autres spécialistes sont convaincus que cette théorie représente la plus grande généralisation accomplie par l'esprit humain. L'énoncé de la découverte précise que deux corps exercent l'un sur l'autre, une force qui varie comme l'inverse du carré de la distance qui les sépare et comme le produit de leurs masses.
En d'autres termes, il existe entre deux masses différentes, des forces qui les attirent l'une vers l'autre et cette attraction est d'autant plus forte, que les masses sont importantes et la distance qui les sépare, réduite. La petite masse de la pomme a été attirée lors de sa chute, par la terre qui représente une masse plus imposante, et exerce en conséquence un pouvoir d'attraction sans commune mesure avec celui de la pomme.
La généralisation accomplie par le génie de Newton, a été de transposer l'histoire de la pomme à l'ensemble de l'univers. La théorie prévoit que pareillement le soleil et la terre s'attirent mutuellement, mais comme le soleil est 333 000 fois plus massif que le globe terrestre, il exerce sur ce dernier une attraction beaucoup plus forte. La lune et la terre s'influencent aussi réciproquement, à l'avantage de cette dernière qui forme une masse 83 fois plus importante que celle de son satellite. Le soleil et la lune n'échappent pas, non plus, au pouvoir de la gravitation, toutefois, la masse du soleil est près de 30 millions de fois plus forte que celle de la lune.
Pourquoi alors, si le soleil exercé une force gravitationnelle si puissante sur la terre, celle-ci ne tombe pas à sa surface, ni la lune sur la terre ? Cela aurait été le cas si rien n’était venu compenser de telles influences. Or, la terre est animée d'un mouvement de rotation autour du
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soleil, qui la propulse à 107 000 kilomètres à l'heure et cette trajectoire tend à la propulser vers l'extérieur équilibrant de la sorte le pouvoir de l'attraction. Pour vulgariser le phénomène, les chercheurs comparent le soleil à un lanceur de marteau, et la terre à la sphère métallique que l'athlète fait tourner autour de lui au bout d'un fil d'acier pour lui communiquer l'élan nécessaire. Plus l'athlète accélère sa rotation et plus le marteau aura tendance à s'évader vers l'extérieur, alors que le fil d'acier (la gravitation) l'attire vers sa source. Lorsque l'athlète s'arrête, le poids tombe, de même dans la gravitation, la terre serait tombée sur le soleil.
Les astronomes savent que si la terre devait accélérer sa vitesse de rotation, elle tendrait à s'éloigner du soleil. Par contre, si elle devait s'arrêter en plein ciel, ou bien ralentir fortement son mouvement, elle serait immanquablement attirée par le soleil et s'écraserait sur sa surface. Toutes les planètes du système solaire sont solidaires entre elles, et surtout avec le soleil qui constitue à lui seul 99,8 pour cent de la masse totale. La gravitation ne s'exerce pas seulement à l'échelle du système solaire. Ses effets s'étendent à l'ensemble de l'univers. Les galaxies, les étoiles et les autres corps sont également régis par ces lois immuables qui règlent les orbites, empêchant un effondrement catastrophique des astres qui précipiterait l'univers dans le chaos.
Quand Newton fit paraître en 1687 son ouvragé intitulé « Philosophiae naturalis principia mathématica » (Principes mathématiques de philosophie naturelle), il était parfaitement conscient de l'importance du phénomène qu'il décrivait, bien qu'il est apparu par la suite, lorsque Einstein élabora en 1915 sa théorie de la Relativité générale, que les choses n'étaient pas aussi "simples" qu'il le pensait. L'univers venait en effet d'acquérir une quatrième dimension, le temps, qui est venue s'ajouter aux trois autres dimensions connues jusqu'alors. L'espace n'était plus le calme absolu régi seulement par la gravitation newtonienne, mais un volume tourmenté, déformé par le corps massif des astres. Bien d'autres caractéristiques venaient d'apparaître qui obligeaient les chercheurs à concevoir de nouveaux concepts. Ils se mirent alors à la recherche de ces mystérieuses ondes gravitationnelles, responsables de phénomènes qui n'étaient pas encore tout à fait élucidés.
Cependant, malgré les complications du 20ème siècle, la théorie de l'attraction universelle restait applicable dans ses grandes lignes en réglant le jeu des différentes forces entre elles. Grâce à la gravitation, l'univers repose sur un état d'équilibre permanent. Chaque astre dans le ciel exerce son action sur d'autres corps, mais est influencé en retour
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pareillement. L'interaction de toutes ces forces assure la stabilité de la création, en relation avec d'autres mouvements, comme l'expansion de l'univers, la rotation des galaxies et la course des corps stellaires et planétaires. Tous les phénomènes physiques sont tributaires des quatre forces fondamentales suivantes : L'interaction forte, l'interaction faible, la force électromagnétique et la force gravitationnelle.
- L'interaction forte assure la cohésion des protons et des neutrons dans le noyau atomique, ainsi que la cohésion des quarks, les constituants des protons et des neutrons. Sa portée maximale ne dépasse pas un dix-milliardième de centimètre.
- L'interaction faible est responsable de la désintégration du neutron ainsi que d'autres désintégrations. Sa portée est mille fois inférieure à celle de l'interaction forte.
- La force électromagnétique a une très longue portée - (infinie ?) - et n'influence que les corps chargés électriquement. Elle lie les électrons au noyau et les atomes entre eux pour former des molécules.
- La force gravitationnelle, de loin la plus faible, n'a pu être détectée à ce jour. Sa portée serait infinie. Elle fait sentir ses effets à l'échelle de l'univers entier. Son intensité est plusieurs milliards de milliards de milliards de fois plus faible que n'importe quelle autre force. Pourtant la gravitation règle le mouvement des planètes comme celui des étoiles, des galaxies et en définitive, celui de l'univers. En raison de son importance et du fait qu'elle contribue à maintenir la construction céleste dans son harmonie, elle continue d'être traquée par les laboratoires spécialisés du monde entier. Cependant, elle est, restée invisible, y compris aux appareils de mesure les plus sophistiqués. Les physiciens ignorent aussi pratiquement tout de l'agent vecteur qui contribue à sa propagation, misant sur l'existence d'hypothétiques gravitons.
S'il était possible de visualiser la gravitation, elle se déclinerait sous d’un pont ou de colonne qui relierait chacun des astres de l'univers afin d'exercer son influence sur l'ensemble des corps. C'est cette construction, jointe aux divers mouvements, qui assure l'architecture du cosmos et évite l'effondrement de l'univers. Naturellement, l'édifice est tout à fait invisible en raison de l'intensité extrêmement faible de l'attraction gravitationnelle. Mais sa présence est bien réelle et parfaitement reconnue par le Coran qui atteste de son existence et de son invisibilité. Deux traits bien distinctifs en la matière : « Dieu est Celui qui a élevé les cieux sans colonnes apparentes. » (Coran 13.2)
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Le texte peut être formulé de la façon suivante : Dieu est Celui qui a élevé les cieux (sous entendu : créé l'univers), avec des colonnes invisibles qui maintiennent la construction céleste dans l'harmonie. Or, il n'existe rien d'autre, hormis la force gravitationnelle pour justifier les révélations du Livre Sacré. Seule cette force est en mesure de préserver l'agencement des corps cosmiques et d’éviter qu’ils ne s’écrasent les uns sur les autres.
Le verset de la sourate 31 évoque la création des cieux (lire : l'univers), sans colonnes visibles : « 1l (Dieu) a créé les cieux sans colonnes apparentes. » (Coran 31.10) Il n'est pas question ici seulement de l'élévation des cieux, mais de la création de l'univers qui aurait été conçu et qui subsiste en raison de l'action de la force gravitationnelle qui exerce son influence jusqu'aux confins du cosmos et qui reste néanmoins indécelable. L'équilibre et l'harmonie de la construction céleste sont plusieurs fois exprimés dans le Coran. Ce qui est effectivement le cas, grâce aux lois de l’attraction universelle (les piliers invisibles).
Ainsi, plus d'un millénaire avant Newton, le Livre Sacré avait démontré l'existence de ce phénomène dans le maintien de l'architecture de l’univers. Il en avait prédit également l'invisibilité et il faut le reconnaître, l'attraction demeure à ce jour, la seule des quatre forces fondamentales de l'univers à échapper à la détection instrumentale. Et le chemin de sa découverte risque d'être long encore.
Toutefois, si le Coran admet la présence de cette force et son rôle irremplaçable dans la vie de l'univers, il reste que la nature n'est pas éternelle et qu'elle évolue vers son destin inexorablement. Une telle fin qui est décrite par ailleurs, sera provoquée par la contraction de l'univers après la période d'expansion actuelle. L'effondrement catastrophique qui s'ensuivra provoquera des cataclysmes d'une violence inimaginable. Toutes les lois qui régissent l'ordre actuel seront transcendées par l'Action du Créateur qui manifeste Sa Puissance illimitée, ainsi qu'il est reconnu à travers le passage suivant : « Dieu maintient en équilibre harmonieux les cieux et la terre, les empêchant de s'effondrer. S'ils venaient à s'affaisser, qui donc en dehors de Lui saurait les retenir ? » (Coran 35.41).
Dieu contient l'univers dans les limites qu'Il s'est fixées jusqu'au terme irrévocable. Une fois la fin décrétée, qui donc serait en mesure d'empêcher cela ? Oui, qui pourrait s'opposer à la Puissance de Dieu et renverser le processus ?
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LA MATIERE EST-ELLE ETERNELLE ?
Jusqu'à une date récente, les physiciens semblaient s'accommoder d'un paradoxe étrange. Ils pensaient que la terre, les étoiles, les galaxies, devaient tôt où tard connaître une fin irréversible, mais que les constituants ultimes de la matière étaient stables et éternels. De sorte que le nombre de nucléons (protons et neutrons) demeure constant dans l'univers. Avant la détection des nucléons, ils avaient d'abord accordé l'éternité aux atomes, considérés pendant longtemps comme les particules élémentaires de la matière.
Cette conception remonte loin dans l'Antiquité. Elle est attribuée aux savants grecs qui imaginaient que les substances primordiales, (la terre, l'eau, l'air et le feu) étaient immuables. De même, d'autres savants à l'image de Leucippe, Empédocle, Anaxagore, etc., pensaient que l'atome est un élément inengendré, indestructible et inaltérable.
La découverte de la radioactivité par Becquerel en 1896 devait balayer ces croyances. Plus tard Becquerel détecta les particules énergétiques émises lors de la désintégration spontanée des noyaux d'atomes d'une substance radioactive. Cependant l'instabilité nucléaire était considérée comme rarissime et produite par quelques éléments lourds tels que l'uranium ou le radium, et que les éléments communs étaient par contre stables. Cependant, devant les preuves contraires, il a bien fallu admettre que toute matière est radioactive à des degrés divers, et qu'en conséquence, les noyaux atomiques finiront par se désintégrer pour former d'autres particules. Néanmoins, l'immortalité était reconnue à certaines d'entre elles, comme l'électron, le neutron, le proton, etc.
Les physiciens ont édicté des lois en ce sens selon lesquelles, les particules ne peuvent se désintégrer si elles violent l'un des principes, comme la conservation de l'énergie ou la charge électrique. D'autres chercheurs, notamment Hermann Weyl et Stuckelberg tentèrent même d'expliquer dans les années 30, la stabilité du proton (il faut entendre par là, la conception d'un proton éternel) en postulant de nouveaux principes de conservation qui semblaient interdire une éventuelle désintégration.
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Mais, à force d'observations les chercheurs durent se rendre à l’évidence que le proton n'était pas aussi immortel qu'on l'avait supposé. Les travaux des premiers physiciens tels Reines et Cowan du Laboratoire scientifique de Los Alamos (USA) ont permis d’estimer sa durée de vie à dix mille milliards de milliards d'années (10.22), soit plus de cinq cent milliards de fois l'âge supposé de l'univers estimé à 14 milliards d'années. Par contre, les observations effectuées de 1964 à 1971 par plusieurs universités américaines, ont eu pour conséquence de porter la durée de vie moyenne à un minimum de mille milliards de milliards de milliards d'années (10.30), soit cinquante milliards de milliards de fois, celui de l'univers. Et ce chiffre n'est pas définitif puisqu'il a été porté par la suite entre 10.33 et 10.34 années, soit mille à dix mille fois supérieur aux dernières estimations !
II n'est pas possible, bien sûr, de passer un temps pareil à guetter une éventuelle désintégration. Mais si le nombre de protons à observer est porté 10.33 protons, il aurait de fortes chances de déceler une désintégration par an ; Si ce chiffre est multiplié par mille, il se produirait théoriquement mille fois plus de désintégrations par an, soit une moyenne de trois par jour, et ce, malgré la durée de vie extraordinairement longue de cette particule. C'est du moins l'avis des spécialistes qui ont procédé à la mise en place de plusieurs dispositifs censés détecter la mort du proton, et ce, aussi bien en URSS, qu'aux USA, ou en France, en Italie, en Inde, au Japon, et dans d'autres pays.
Cependant, le résultat des expériences s'est révélé inférieur aux prévisions, malgré le luxe de précautions entourant la conduite des recherches. A titre d'exemple, le détecteur de Morton Thiokol à Painesville dans l'Ohio, a été installé dans une mine de sel à plusieurs centaines de mètres de profondeur, pour le soustraire aux influences parasites des rayons cosmiques. Il est en outre équipé de plus de deux mille photomultiplicateurs susceptibles d'enregistrer le minuscule éclair de lumière (connu sous le nom d'effet Cerenkov) résultant de la désintégration du proton d'un atome d'hydrogène.
Le grand âge des protons est parfaitement fondé pour expliquer l'apparente stabilité de la matière. Si cela n'avait pas été le cas, et avec une durée de vie beaucoup plus brève, l'univers se serait désintégré rapidement. Le monde, les planètes, les étoiles auraient été annihilées et se seraient transformés en énergie. D'ailleurs l'univers aurait-il existé ? Ainsi les protons sans être éternels, possèdent une "existence" évaluée entre 10.30 et 10.34 années. Ce qui atténue considérablement les effets de
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leur désintégration. Les spécialistes estiment que la terre contient quelque 4.10.51 protons et neutrons. Avec la période de vie donnée ci-dessus, la planète terre perdrait environ un gramme de matière, tous les deux millions d'années, pour se transformer en rayonnement. Aussi ce n'est pas demain que le globe terrestre se transformera en énergie, et cet état d'équilibre est nécessaire au maintien de la création. Le Coran traduit bien cette pensée, lorsqu'il affirme : « Nous avons créé toutes choses, selon de justes proportions. » (Coran 54.49).
L'univers qui est considéré comme stable à l'échelle humaine est la conséquence de cet équilibre qui se perpétue sans cesse, mais dont la fin est quand même programmée. Le Coran dit : « Dieu a assigné pour chaque chose un terme immuable. » (Coran 65.3)
Rien ne saurait se perpétuer dans la création de Dieu. Tout a une fin. La désintégration du proton signifie que toute la matière de l'univers, que ce soit au niveau des particules, des atomes, des molécules, des planètes, des étoiles ou des galaxies, porte en elle les germes de sa disparition. « ...Tout (l'univers) est marqué par la finitude, à l'exception de la Face de Dieu. Le Pouvoir Suprême Lui appartient et c'est vers Lui que vous ferez retour. » (Coran 28.88)
Le Coran a toujours admis, et c'est là une de ses positions dominantes, la finitude de toute la création, ce qui signifie la désintégration de la matière et sa destruction ultime. Pendant que les physiciens croyaient fermement que les composants de la matière étaient stables et éternels, le Livre Sacré a combattu ces croyances qui n’ont jamais eu cours.
Il aura fallu à partir des grandes découvertes récentes, élaborer de nouvelles conceptions pour arriver à la conclusion que l'éternité dans ce domaine était chimérique et illusoire et ne reposait sur aucun fondement. Du coup, les savants se sont mis à étudier une autre définition des forces fondamentales qui gouvernent l'univers. Ils pensent pouvoir un jour ou l’autre mettre au point la théorie d'unification des diverses forces connues (rêve cher à tous les savants) et simplifier ainsi leur vision de l’univers.
La nouvelle voie empruntée par la physique n'a été rendue possible que grâce à la finitude du proton, dont la durée de vie phénoménale permet à la terre de subsister, cependant : « Tout ce que porte la terre est voué à la finitude. Seule demeurera La Face de ton Seigneur, auréolée de Majesté et de Gloire ». (Coran 55.26-27). Il s'agit là, de la seule réalité
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tangible pour rappeler que quelle que soit la durée de la vie, et quelle que soit la matière considérée, tout est voué à l'anéantissement et à la désagrégation. Même le proton a un terme prévu dans sa propre existence.
Tel est le sens du Message coranique que la Science a fini par redécouvrir en cette fin de vingtième siècle. Car Seul demeurera à travers le temps et l'éternité, Le Vivant, qui ne cesse d'exhorter l'homme à reconnaître cet attribut : « Confie-toi en Celui qui est Vivant et qui ne meurt pas. Célèbre Ses Louanges… » (Coran 25.58).
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L'ATOME ET LES PARTICULES ELEMENTAIRES
Le mot atome, vient du grec "atomos", signifiant qu'on ne peut diviser. Vu sous cet angle, l'atome serait donc le plus petit constituant de la matière, individuel, solidaire et indivisible. L'hypothèse atomique selon laquelle les corps seraient constitués de particules très légères, invisibles et indivisibles avait été avancée dans la Grèce antique par Empédocle, Démocrite, Leucippe et Epicure, avant d'être formulée dans l'ouvrage de Lucrèce "De natura rerum", le siècle qui précéda la naissance de Jésus. D'autres philosophes, à l'image d’Anaxagore et Mélissos avaient abondé dans le même sens et admis la théorie atomiste dans leur conception de l'univers. Mais cette théorie, regroupe des idées parfois très éloignées les unes des autres, souvent contradictoires et sans véritable portée scientifique. Ainsi, il n'y a d'atomiste que le nom dans la multitude d'expressions philosophiques qui avaient cours.
Empédocle croyait aux quatre éléments (rhizomata) qui étaient la terre, l'eau, le feu et l'air. Tout ce qui existe dans le monde est une combinaison de ces éléments lesquels sont éternels alors que les substances qui en résultent sont éphémères. Chez Démocrite, le doux, l'amer, le chaud, le froid et la couleur ne sont que des atomes et du vide. La forme des atomes était réputée correspondre aux différentes sensations : la saveur acide et piquante étant formée d'atomes pointus et la saveur sucrée, d'atomes ronds.
Leucippe de Milet attribuait lui, de nombreuses caractéristiques aux atomes. Entre autres, ils étaient éternels et indivisibles. L'être ou "ce qui est" traduit par les atomes, s'opposait au "non-être" ou "ce qui n'est pas", représentant le vide. Epicure estimait que les atomes pouvaient avoir une infinité de formes ; ils s'agençaient à la manière d'un puzzle où chaque pièce avait son emplacement prévu à l'avance.
Enfin, Aristote (qui n'était pas atomiste) pensait que les corps perceptibles émanaient des quatre éléments, à savoir : la terre, l'eau, l'air et le feu, en association avec les deux couples d'opposés que sont le
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chaud et le froid, ainsi que le sec et l'humide. Une cinquième substance, l'éther, emplissait l'espace céleste.
Ce qui était présenté comme une théorie atomiste n'est en réalité qu'un assemblage de conceptions diverses portant sur l'état de la matière. A l'instar d’autres domaines de la pensée grecque, les spéculations philosophiques prennent souvent le pas sur la rigueur scientifique. Notamment par rapport au modèle qui repose sur l'expérimentation.
« On regarde à juste titre cette théorie, comme le point culminant de la spéculation présocratique, écrit à cet effet, Geoffrey E.R. Iloyd, pour résumer cette situation. En donner une appréciation équitable est cependant un problème, dont la difficulté est aggravée par la tentation d'assimiler l'atomisme ancien aux théories modernes, qui portent le même nom, en dépit des différences fondamentales qui les séparent, aussi bien dans le contenu des théories elles-mêmes que dans les raisons pour lesquelles elles ont été proposées. La théorie de Dalton par exemple, diffère de l'atomisme ancien, en ce qu'elle admet une multiplicité de substances élémentaires et depuis, l'analyse et la fission de l'atome, la théorie « atomique » moderne n'est plus du tout une théorie atomique au sens grec du terme, puisque le mot atomon, en grec, signifie indivisible. »
Dans le Coran, c'est le mot "dharra" qui a été employé pour désigner l'atome. A l'origine, ce terme servait aussi à décrire le minuscule grain de poussière qui voltige dans l'air. Il indique également une très petite fourmi. Ce sens restrictif a été retenu par Savary, un habitué des expressions saugrenues. Par exemple, la traduction du verset ci-après : "Il n'existe pas sur terre de créature (animale) dont la subsistance n'incombe à Dieu." (Coran 11.6), engendre chez lui la version suivante : "Le plus vil des reptiles est nourri des mains de Dieu". Une telle interprétation se passe de commentaires. Si en la circonstance, le mot fourmi a été substitué à celui d'atome, c'est pour respecter une certaine logique de l'incohérence, que cet auteur (et d'autres), voudrait rattacher au Coran. Cependant, la quasi-unanimité des traducteurs, y compris ceux d'origine occidentale, réfutent l'interprétation de Savary, au profit du mot « atome ». Il en va ainsi de Masson, Kasimirski, Montet, Blachère, etc.
Le mot "dharra" en arabe, et le fait mérite d'être signalé, ne possède pas le sens qui lui est reconnu par les Grecs, pour qui l'atomos à la plus petite particule indivisible existant dans la nature. Le mot est d'ailleurs formé du préfixe "a" privatif, et de "temnien" qui veut dire "couper". L'atomos est donc la particule qui ne peut être coupée, impliquant qu'il soit indivisible et indissociable. La science moderne a longtemps abondé
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en ce sens en pensant que l'atome était une particule élémentaire, fondamentale et indivisible. C'est dans la deuxième partie du 19ème siècle seulement, que l'existence de corpuscules plus petits, fut postulée. Si le chimiste russe Mendeleïev établit la classification périodique des éléments en 1869, il fallut attendre l’année 1902, pour voir le physicien anglais J.J. Thomson proposer un modèle atomique statique, lequel fut d'ailleurs rejeté, en 1911, par son compatriote Rutherford, qui imagina une représentation dynamique analogue au système solaire où le noyau jouait le rôle du soleil et les électrons, celui des planètes.
L'atome ne constituait plus désormais, la particule élémentaire de l'univers. D'autres corpuscules plus petits, tels le proton, l'électron, le neutron, lui ravissaient ce privilège. Les expériences effectuées plus tard allaient démontrer qu'un grand nombre de particules prises pour élémentaires, ne l'étaient pas en réalité. La mise en service des accélérateurs de particules à haute énergie a révélé une nouvelle classe de particules, qualifiées à nouveau d'élémentaires, comprenant les constituants de la matière (quarks et leptons) et celles qui sont responsables des quatre types d'interaction connues (gluons, photons, bosons intermédiaires et gravitons, pour respectivement, les interactions fortes, électromagnétiques, faibles et gravitationnelles). Ainsi, d'étape en étape, les physiciens continuent à descendre dans l'infiniment petit, domaine qu'il est convenu d'appeler la structure intime de la matière.
Le but de cet article est de démontrer que, bien qu'étant la plus petite unité susceptible de se combiner, l'atome est loin d'être indivisible. Si ces découvertes remettent en cause l'opinion grecque, elles confirment par contre, la conception coranique. Le Livre Sacré montre l'atome comme une particule infime, mais ne lui reconnaît pas la qualité d'élémentaire. En effet, il est spécifiquement mentionné l'existence de corpuscules plus petits que l'atome. Voilà de quoi étonner lorsqu'on sait qu'en dépit de leurs divergences sur la forme, la taille, la couleur ou la fonction des atomes, les savants grecs s'entendaient unanimement pour leur reconnaître une propriété fondamentale qui est justement l'indivisibilité. La position du Coran s'exprime à travers la citation suivante : « Mon Seigneur connaît le mystère impénétrable. Le poids d'un atome ne saurait Lui échapper, ni dans les cieux, ni dans la terre et, rien de ce qui est plus petit (que l'atome) ni plus grand que cela, qui ne soit inscrit dans le Livre explicite. » (Coran 34.4)
Non seulement le Coran reconnaît l'existence de l'atome en tant que telle, mais il se réfère également à deux autres états de la matière, dont
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l'un serait plus infime que l'atome. Or, depuis le vingtième siècle, cet état existe effectivement et comprend les particules qu'elles soient élémentaires ou non. Cette innovation dans la conception orthodoxe d'alors remettait en cause l'idée erronée que se faisaient les savants grecs et les savants occidentaux modernes, jusqu'au début du 20ième, quant à l'indivisibilité de l'atome.
Pour ce qui est du niveau supérieur, on sait que les molécules ne sont rien d'autre qu'un ensemble d'atomes, d'où la description tirée du Coran de l'existence de corps plus complexes. En résumant les données du Texte Sacré à la lumière des connaissances, les trois formes annoncées (particules-atomes-molécules) se retrouvent précisément dans la nature et constituent la structure générale de la matière à travers l’ensemble de l'univers.
Un deuxième point important mérite d'être souligné. Le Coran fait état de la présence de ces trois états aussi bien sur terre que dans les cieux. Il n’est pas nécessaire d'expliciter leur présence sur terre, tant cela paraît évident aujourd'hui, puisqu’un gramme d'oxygène renferme quelque 25 millions de milliards de milliards d'atomes, et encore plus de particules. Mais la présence de ces éléments dans les cieux aurait été un autre sujet de controverse, si les découvertes de la deuxième partie du vingtième siècle ne sont venues confirmer cette réalité.
Pendant longtemps, deux conceptions relatives au contenu du ciel se sont affrontées. La première supposait que le cosmos était absolument vide et qu'il ne pouvait receler aucune forme de matière, en dehors des astres. La seconde qui vécut jusqu'au seuil du 20ème siècle, et dont l'origine remonte à l'Antiquité, tablait sur l'existence d'une hypothétique matière, l'éther, censée emplir tout l'espace céleste et qui présentait des caractéristiques contradictoires, comme celle d être transparente et dense mais qui, en même temps, n'offrait aucune résistance aux mouvements des planètes. La composition de l'éther échappait à toutes les normes habituellement admises jusque-là. Il est certain, qu'on ne lui voyait pas la possibilité de contenir des atomes ou d'autres particules du genre. C’était une sorte de vide incarné. Un état de la matière inconnu et incongru. Aussi, une telle « logique » ne pouvait se perpétuer.
Dans les deux cas, il était exclu d'admettre l'existence de particules d'atomes et de molécules dans le ciel. Il fallut attendre l'année 1950 avant que l'astronome F. Zwicky démontre que non seulement la matière était présente entre les galaxies, mais encore qu'en dépit de sa densité extrêmement faible, elle pouvait atteindre cent fois la masse de toutes les 243
galaxies de l'univers. Elle a été estimée entre 10 à 50 atomes par mètre cube d’espace. A titre de comparaison, l’atmosphère au niveau du sol renferme 25 milliards de milliards de molécules d’azote et d oxygène par mètre cube d’air.
Les recherches effectuées plus tard ont permis d'établir effectivement la présence de matière intergalactique dans l'espace sous forme de particules, d'atomes, de molécules, de poussière, etc. Cette matière se présente sous l'aspect de nuages éthérés de plusieurs années (ou plusieurs dizaines d'années-lumière) de diamètre, à partir desquels prendront naissance les futures étoiles. De plus, une nouvelle théorie est venue se greffer à toutes ces connaissances, pour prédire, que toute la matière « visible » de l’univers ne représente qu’une infime partie du contenu réel. En effet, la « matière invisible » constituerait quelque 96 pour cent de la masse de l’univers. Ainsi, se trouvent confirmées les révélations coraniques portant sur la présence des particules, atomes et molécules, non seulement sur terre, mais tout aussi bien dans le cosmos.
Trois passages importants sont consacrés à ce phénomène. Mais les orientalistes ont traduit le mot atome parfois par « fourmi » et parfois par « grain de moutarde ». Néanmoins, tous les traducteurs dans un élan unanime ont reconnu au mot "dharra" sa véritable signification qui est celle de l’atome, dans une des dernières sourates (99-7 et 8). Comme si à la fin de leur vie, ils avaient tenu à effacer les traces de leurs erreurs.
Voilà qui démontre que nul ne saurait prendre impunément un sujet de physique corpusculaire pour un condiment culinaire ou un insecte hyménoptère. Car dans le domaine de l'infiniment petit, la vérité a quand même un grand poids. Alors, autant l'utiliser à bon escient, en reconnaissant que le Coran a été le premier ouvrage à prédire l'existence des particules, ainsi que celle des atomes possédant une structure complexe et cette réalité ne fait que démontrer la provenance divine de ce Livre Sacré, éminent et inimitable.
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LES SIX JOURS DE LA CREATION
La Bible étant le plus ancien Texte Sacré connu, il est normal de s'en référer pour essayer de connaître certains secrets de la création, qu'aucun autre livre n'avait pu décrire auparavant. Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Celle-ci était vide et les ténèbres couvraient l'abîme et l'Esprit de Dieu planait sur les eaux. (Voici à nouveau un résumé de la Genèse fixant les étapes de la création terrestre)
Le premier jour, Dieu créa la lumière et la sépara des ténèbres. Le deuxième jour, II créa le firmament et sépara les eaux qui sont au-dessus du firmament des eaux qui sont en-dessous. Le troisième jour, II créa les continents et recouvrit la terre de végétation. Le quatrième jour, II plaça les luminaires, celui du jour, le soleil et celui de la nuit, la lune. Le cinquième jour, II créa les animaux marins et les oiseaux. Le sixième jour, les bestiaux, les animaux sauvages et l'homme en dernier. Enfin, Dieu bénit le septième jour, le sanctifia et se reposa.
De tous temps, Juifs et Chrétiens se sont trouvés solidaires pour faire correspondre les sept jours de la Genèse aux sept jours de la semaine. Lorsque des siècles plus tard, il s'est avéré que la Création avait été un processus long, méticuleux et évolutif, et non le résultat de formidables miracles quotidiens, les religieux furent obligés de chercher d'autres interprétations afin de concilier le texte biblique avec la réalité scientifique. Les "jours" bibliques furent assimilés à des périodes, plus ou moins longues. On parla alors des six périodes de la création, dont chacune pouvait avoir plusieurs milliers d'années. Il s'agissait de versions officielles et nouvelles, destinées plus à changer le cours des idées admises jusque-là et qui ne concordaient plus avec la réalité, que de faits réellement prouvés.
Dans son ouvrage intitulé : « Que Dieu soit reconnu pour vrai » (Let God Be True), tiré à plus d'un million d'exemplaires, l'Association Internationale des Etudiants de la Bible, dont le siège est situé à Brooklyn, écrit ceci : « La preuve est faite que chacun de ces six jours 245
antérieurs dura plus que 24 heures. Ce furent en réalité des périodes de plusieurs millénaires. D'après la longueur du septième jour, pendant lequel Dieu cessa son oeuvre et s'est rafraîchi, chacune de ces périodes fut de 7 000 ans. L'homme a été créé vers la fin du sixième jour, c'est-à-dire à la fin des 42 000 ans consacrés à l'aménagement de la terre. Le temps viendra donc où le grand cycle de sept « jours » comprendra 49 000 années. La chronologie biblique nous révèle qu'un peu plus de mille ans nous séparent de l'écoulement de ces 49 millénaires. »
Comme mystification, on fait rarement mieux. Même en prenant cette base de calculs, soigneusement arrangée pour les besoins de leur cause, les auteurs restent loin de la réalité. En effet la thèse ci-dessus fait remonter la création de la terre à 48 000 ans en arrière, soit cent mille fois moins, que ce qui est prouvé réellement et scientifiquement. Baser ses convictions religieuses sur un tel écart par rapport à la réalité des faits, ne fait que démontrer l’inanité de ces croyances. D'ailleurs, l'affirmation selon laquelle « la preuve est faite que chacun des six jours...avait duré 7 000 ans », est dénuée de fondement et ne repose précisément sur aucune preuve.
Toutes les données scientifiques vont à l’encontre de ces divagations. Bien au contraire, la Bible précise que chaque jour a été marqué par un soir et un matin (un coucher et un lever de soleil) impliquant une durée qui ne saurait dépasser 24 heures. Sauf à considérer que les journées d’alors, avaient une longueur de 14 000 ans, ce qui est utopique. Car si « la preuve est faite que la période entre un coucher et un lever de soleil avait duré 7 000 ans », il reste à la compléter par le jour diurne qui s’étend entre le lever du soleil et son coucher. A moins d’imaginer que la création de la terre s’est faite la nuit. Six longues nuits de 7 000 ans chacune !
La durée de la création du monde varie d'ailleurs fortement en fonction des méthodes utilisées. En se basant sur la succession des généalogies décrites dans la Bible, l'Archevêque irlandais James Usher (1581-1656) a pu fixer cette date 4004 ans avant l'ère chrétienne, soit il y a un peu plus de 6 000 ans. Le vice-chancelier de l'Université de Cambridge, Lightfoot, précisa même le jour et l'heure. L'homme serait apparu le 23 Octobre à 9 heures du matin. Le samedi exactement, selon les Chrétiens, puisqu’il a été créé par Dieu, le dernier jour de la semaine avent de se reposer le dimanche. Mais les Israélites ne sont pas d’accord, Adam aurait été créé un vendredi, car le Dieu biblique ne saurait travailler le jour du Shabbat.
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Durant près de deux siècles, cette date refléta le point de vue de l'Eglise et celui d'une partie des savants. Le zoologiste et paléontologiste français Cuvier, entre autres, y adhéra jusqu'en 1830. Certains savants étaient conscients du peu de valeur de ces données, mais ce n'est qu'à partir du 18ème siècle qu'ils fournirent des explications plus convaincantes…tout en restant loin de la réalité. En 1758, le Suisse Gessner porta l'âge à 80 000 ans. Vingt ans plus tard, en 1778, le naturaliste français Buffon, trouva un chiffre proche. Partant du principe que la terre avait été incandescente à l'origine, il chauffa dans un four de petites billes supposées constituer la matière planétaire, puis observa leur refroidissement, notant minutieusement l’abaissement de la température.
Cette méthode originale lui permit de fixer l'âge à 75 000 ans. A l'annonce des résultats, les membres de l'Université de Paris exprimèrent leur indignation face à la désinvolture de celui qui était devenu un charlatan pour avoir attribué à la terre un âge dix fois supérieur à celui admis par l'Eglise. Devant la pression de l'opinion, Buffon se rétracta et désavoua ses calculs. Il avait confondu les décennies avec les siècles !
En 1838, l'Ecossais Charles Lyell, un des fondateurs de la géologie scientifique, réussit à repousser l'origine du monde jusqu'à 240 millions d'années. Et malgré les réactions des créationnistes, qui manifestaient leur désapprobation, les faits s'accumulaient de plus en plus pour contredire la version biblique.
L'introduction de la théorie des transformations radioactives devait mettre fin aux estimations fantaisistes. Désormais, les savants étaient en mesure de déterminer l'âge de certaines roches en mesurant leur teneur en éléments radioactifs. Plusieurs physiciens et chimistes avaient auparavant ouvert la voie à cette entreprise. En 1903, le physicien anglais Ernest Rutherford avait proposé une méthode de datation basée sur la radioactivité. En collaboration avec un autre chimiste et physicien, Frederik Soddy, il avait mis au point la courbe de désintégration des substances radioactives, permettant d'estimer leur vie moyenne.
Puis en 1906, le physicien américain B. Boltwood, étudia la teneur en plomb des minéraux d'uranium et dressa la table des âges des formations géologiques. En quoi consiste cette estimation ? La méthode part d'une roche radioactive, contenant de l'uranium, du radium ou autre substance. La radioactivité se manifeste par des propriétés que possèdent ces éléments de se transformer en d'autres éléments, à la suite d'une modification du noyau atomique. La désintégration libère simultanément une émission de particules ou un rayonnement électromagnétique.
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La radioactivité se mesure par le nombre de désintégrations d'un échantillon donné dans un laps de temps limité. L'unité d'activité est le curie correspondant à 37 milliards de désintégrations par seconde, soit l'activité d'un gramme de radium 226. L'uranium 238 produit quant à lui, seulement 12 000 désintégrations par gramme et par seconde. Cette substance est donc peu active, trois millions de fois, inférieure au radium 226, aussi sa transmutation ne la fera changer qu’après un temps considérable, lorsqu'on sait qu'un gramme contient plusieurs milliards de milliards d'atomes. Ceci dit et connaissant l'intensité des radiations émises par une roche, il devient possible d'estimer son âge. On appelle « période » ou « demi-vie », le temps nécessaire pour que la moitié d'un corps radioactif se décompose en un corps différent.
Il faut 14 milliards d'années au thorium 232 pour transformer la moitié de sa masse en plomb, alors que pour l'uranium 238 la période est de 4,5 milliards d'années. La plage est très grande et diversifiée en fonction de la substance considérée. La demi-vie du béryllium dure 1,5 millions d'années, celle du plutonium 239 est de 24 000 ans, du radon 382 jours, du polonium, un millième de seconde, etc. L'estimation de l'âge devient une opération de comptage. Au bout de 4,5 milliards d'années, la moitié de l'uranium 238 se transforme en plomb et les 12 000 désintégrations par seconde et par gramme, tombent à 6 000. Au cours des 4,5 milliards d'années suivantes, les désintégrations tombent à 3 000 car il ne reste plus que 25 pour cent d'uranium. Le nombre de désintégrations ira en diminuant et ainsi, il devient très facile de calculer l'âge d'un échantillon selon le rapport entre l'élément stable (ici le plomb) et l'élément radioactif (l'uranium restant).
Cette méthode a permis d’évaluer certaines roches qui remontent à plus de trois milliards d'années. Des échantillons prélevés dans le Sud Ouest Africain, en Sibérie et au Canada ont accusé un âge variant entre 3 et 4 milliards d'années. Des météorites d'origine lunaire récoltés par des missions japonaises et américaines, respectivement en 1979 et 1982 dans l'Antarctique, révélèrent un âge de 4,5 milliards d'années. Tous ces résultats ont permis aux spécialistes d'estimer que la terre se serait formée il y a 4,5 milliards d'années, soit un âge presque un million de fois supérieur a celui proposé par l'Archevêque James Usher ou par les docteurs juifs. De plus, la création se serait étalée sur de longues périodes, attestées par la disposition des couches géologiques.
Le Coran Sacré soutient lui aussi que l'univers a été créé en six jours. Les descriptions abondent dans ce sens. Par exemple : « Votre
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Seigneur est Dieu qui créa les deux et la terre en six jours » (Coran 7.54), ou encore : " « (Dieu) a créé les cieux et la terre et tout se qui se trouve entre eux dans l'espace de six jours » (Coran 25.59). La période ainsi décrite correspond-elle aux six jours de la création attestés par un coucher et un lever de soleil ? Voici comment le Coran aborde ce problème : « Comment osez-vous renier Celui qui a créé la terre en deux jours Comment osez-vous Lui reconnaître des égaux ? Lui, le Maître de l'univers ? Il L'a pourvue de reliefs. Il l'a bénie et y a réparti en quatre jours des nourritures pour ceux qui en demandent... » (Coran 41.11).
La terre a été créée en deux jours, mais à l'issue de cette période, elle était encore inhospitalière et impropre à la vie. Deux jours supplémentaires ont été consacrés pour implanter les reliefs, mettre au point la circulation atmosphérique, développer la couverture végétale, introduire les animaux, dont les troupeaux, qui jouèrent un rôle important dans l'histoire de l'homme. Enfin lorsque les conditions propices au développement de la vie furent réunies, l'être humain fit son apparition, car toute la création de Dieu est réservé à son usage exclusif, ainsi que l'atteste le passage qui suit : « Il a créé la nuit obscure, d'où pointe la lumière de l'aurore. Il a aplani la terre. Il en a fait jaillir ses eaux et germer ses pâturages. Il a donné aux montagnes des assises solides. Et toute cette création vous est destinée ainsi qu'à vos troupeaux. » (Coran 79.29 à 33).
La description est conforme aux données scientifiques qui confirment que l'homme n'est apparu qu'en dernier, dans le cycle de la création. D'après l'interprétation du Coran, la création de la terre, son aménagement et son peuplement ont duré quatre jours, qu'il y a lieu d'ajouter aux deux jours consacrés au reste de l'univers (Coran 41. 11-12). Ainsi la création universelle en six jours, telle que décrite précédemment, se trouve confirmée. La même idée prévaut dans la Bible où deux jours sur six, le premier et le quatrième sont consacrés à la création extra-terrestre, (Lumière et ténèbres - Soleil et lune).
Cependant, il est clair que dans le Coran, l'OEuvre de Dieu n'est pas cloisonnée au point de penser que quatre jours exactement ont été réservés à la terre, et deux jours au reste de l'univers à l'exception de toute autre tâche. La complémentarité et l’interactivité des phénomènes fait que les événements ont été intimement liés dans le temps, l'espace et à travers l’énergie et la matière. Sachant cela, comment est-il possible de soutenir que la terre a été créée en quatre jours et le reste de l'univers en deux jours seulement, puisque celui-ci est infiniment plus important que
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notre planète ? Le Coran lui-même ne donne-t-il pas la prééminence à l'univers conformément au verset suivant ? «Ô hommes, dites si c'est votre création ou celle des cieux qui est la plus difficile. Aux cieux, II a donné une hauteur incommensurable et une parfaite homogénéité. » (Coran 79. 26-27).
Ces jours sont-ils des jours terrestres de 24 heures limités par un coucher et un lever de soleil ainsi que le précise la Bible ? La réponse du Coran est claire : Les jours consacrés à la création ne peuvent être assimilés aux jours terrestres. Si l'on entend par jour, la durée de rotation d'un astre sur lui-même, on arrive à des jours de longueurs variables. Le jour sur Mercure dure 58,64 de nos jours. Sur Vénus il représente 243,16 jours terrestres, alors que sur Jupiter, il ne fait que 9,24 heures. Il y a autant de jours différents que d'astres dans l'univers. Ainsi, un « jour galactique » a une durée d’environ 250 millions d’années ! Le Coran abonde dans la définition du terme. « Un jour (yaoum) auprès de Ton Seigneur à la même durée que mille ans sur terre. » (Coran 32.47).
Les « jours » destinés à décrire la création de la terre constituent des périodes autrement plus longues que ceux utilisés dans le décompte journalier ordinaire. Encore faut-il souligner que cette durée est plutôt symbolisée par des faits plutôt que par des dates. Les principales étapes accomplies depuis la création de la terre jusqu'à l'apparition de l'homme sont des phases d'évolution géologique et physique dont le développement a été long et progressif. Aussi, la signification du mot « yaoum » doit être comprise au sens large et rattachée à un processus qu'on peut assimiler à une période (ou ère) géologique et non plus à un contenu quotidien, délimité par un lever et un coucher de soleil.
Pour la création de l'univers, le Livre Sacré adopte une autre échelle de mesure plus conséquente et en harmonie avec l'importance du phénomène. Il est ainsi précisé que les « degrés célestes » qui sont des unités de mesure cosmique, correspondent à la durée d'un jour équivalent à cinquante mille ans terrestres. Voici ce que dit le Coran : « …Allah est le Maître des voies d’ascension. Les anges, ainsi que l’Esprit montent vers Lui, en un jour dont la durée est de cinquante mille ans. (Coran 70.3-4).
Bien entendu cette durée est symbolique, elle démontre un rapport de 1 à 18 000 000. Dès lors, il n’y a pas lieu de considérer, que les jours de création, soient obligatoirement déterminés par un coucher et un lever de soleil, puisque leur durée s’échelonne de 1 000 à 50 000 ans, selon le comput habituel des terriens.
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En effet, si pour l’aménagement de la Terre, le temps d'évolution est décompté en périodes géologiques, l'univers exige des étalons de mesure spatiaux et temporels, beaucoup plus considérables. A ce niveau la durée des phénomènes doit être évaluée en périodes cosmiques, autrement plus étendues que leurs correspondants géologiques.
Si le nombre d'ères cosmiques est plus réduit, leur durée est par contre plus longue. Le rapport entre les deux échelles de valeur varie de 1 à 50 ; il peut être emblématique, mais il n'en est pas moins significatif de l'importance respective des deux formes de création et contribue à renforcer la position du Coran selon laquelle, l'univers est une oeuvre autrement plus grandiose que la création de la terre. Ce que toutes les sources scientifiques confirment indéniablement. Mais, cela n’était pas établi auparavant, puisque la Bible, préconise le contraire où les six jours de la Genèse, étaient délimités par un coucher et un lever de soleil.
Quant au septième jour selon lequel Dieu S'est reposé de ses efforts, le Coran réprouve cette attitude : « Ne voient-ils pas que Dieu qui a créé les cieux et la terre sans avoir été fatigué par leur création possède le pouvoir de ressusciter les morts ? Oui, en vérité, II est Puissant sur toutes choses. » (Coran 46.33).
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LES ETOILES A NEUTRONS
La découverte des étoiles à neutrons ou pulsars (contraction de l'expression anglaise « Pulsating stars » - Etoiles pulsantes), est très récente dans l'histoire de la radioastronomie. Elle date de l'année 1967. C'est en effet au mois d'Août de cette année, que les astronomes Antony Hewish et Miss Jocelyn Bell, travaillant au Centre Radioastronomique de Cambridge, détectèrent pour la première fois des signaux radio en provenance de la Constellation du Renard. Parce qu'ils étaient très réguliers (périodicité de 1,3373 seconde et durée de cinq centièmes de seconde), les signaux furent pris pour des messages émis par des extra terrestres, désireux d'entrer en contact avec les terriens. Par la suite, il s’avéra qu’il n'en était rien. La poursuite des observations permit de déceler, l’existence d'autres impulsions similaires, bien qu’à des fréquences et à des périodicités différentes, en provenance de la Voie Lactée, qui avaient toutes en commun une régularité remarquable.
Bientôt les chercheurs se rendirent compte que les émissions ne correspondaient pas à des pulsations, mais plutôt à un balayage comparable aux faisceaux des phares côtiers, qui tournoient régulièrement sur eux-mêmes et qui atteignent périodiquement, la planète Terre. D'où viennent ces sources clignotantes, en quoi consistent-elles ? Plusieurs théories furent proposées. Finalement, les spécialistes durent se ranger à la conception du physicien soviétique, Lev Landeau (1932), développée en 1933 par les Américains Walter Baade et Fritz Zwicky, selon laquelle, il existerait des étoiles à neutrons super-denses, ou pulsars. Ces étoiles ont la particularité d'être invisibles aussi bien à l'oeil nu, qu’aux télescopes, en raison de leur taille extrêmement réduite, de l’ordre de 10 à 20 kilomètres de diamètre (à comparer avec le soleil dont le diamètre est de un million cinq cent mille kilomètres). Leur origine a pu être expliquée par la suite grâce aux observations effectuées par les radiotélescopes. Voici la version la plus admise :
Les étoiles qui sont, rappelons-le, des soleils très éloignés de la terre ont, comme tout ce qui existe dans l'univers, une vie propre. Elles 252
naissent au sein des galaxies, à partir de nuages cosmiques qui se contractent sous l'effet de leur gravité. Lorsqu'un nuage commence à se densifier, il se morcelle en plusieurs fragments, lesquels continuent à tourner sur eux-mêmes, jusqu'à former des protoétoiles. Quand les pressions et les températures deviennent très élevées, les réactions de fusion nucléaires s'amorcent. L'étoile « s'allume » et va vivre de quelques centaines de millions à quelques milliards d'années, en fonction de sa masse qui est inversement proportionnelle à la durée de vie. Plus la masse est importante et plus courte sera sa durée de vie.
Selon que les étoiles appartiennent à l'une ou à l'autre des séquences, dont le soleil constitue la référence, elles connaîtront des fins différentes. L'article consacré aux derniers jours de la terre retrace la mort du soleil, suivant les données des astrophysiciens. De par sa masse, le soleil se transformera après des bouleversements d’une incroyable intensité, en une géante rouge, puis en naine blanche, avant de devenir un cadavre stellaire. Mais pour les étoiles d'une masse supérieure, le processus deviendra catastrophique. Très rapidement (au niveau cosmique), la fusion nucléaire épuisera l'hydrogène, puis l'hélium et les autres éléments, provoquant l'explosion et la dispersion des couches extérieures. Ce processus connu sous le nom de supernova, est un des phénomènes majeurs qui marquent la vie d'une galaxie.
Si l'enveloppe extérieure tend à être projetée dans l'espace, à des centaines de milliards de kilomètres à la ronde et pendant des milliers d’années, le noyau par contre, s'effondre sur lui-même, sous l'effet de la gravitation. Il se contractera au point de former un astre super compact d'une vingtaine de kilomètres de diamètre, possédant une masse équivalente à celle du soleil. La densité sera telle qu'un dé à coudre de cette matière pèserait entre 100 millions et un milliard de tonnes ! La compression et la réduction de l'étoile entraîneront une accélération de la vitesse de rotation, pour conserver le moment angulaire, notion capitale en physique. Plus la masse se trouve réduite dans son volume, et plus vite elle devra tourner sur elle-même pour maintenir sa synergie. L'étoile à neutrons ou pulsar qui naîtra de cette catastrophe extraordinaire, arrivera à accomplir plusieurs rotations par seconde, selon une relation entre la masse initiale et l'état final.
L'autre particularité est que le champ magnétique d'origine se trouvera intensifié dans des proportions considérables. Les savants ne maîtrisent pas encore les phénomènes qui engendrent l'émission d'ondes-radio. Mais, ils sont en mesure d’enregistrer les effets par l'intermédiaire
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de radiotélescopes et à en donner les grandes interprétations. Plusieurs centaines de pulsars, tournant à des vitesses différentes ont été catalogués jusqu'à présent. Le record enregistré était de 642 révolutions par seconde, pour le pulsar 4 C21.53, détecté grâce au radiotélescope géant d'Arecibo, implanté par les Américains à Porto Rico. C'est la grande régularité des émissions qui a fait croire à un signal émis par des extraterrestres. Si les pulsars émettent des ondes-radio, invisibles à l'oeil humain, ils n’échappent pas néanmoins aux détections de récepteurs ultra sensibles, qui ont été conçus à cet effet. Un passage du Texte Sacré traite de ce problème dont la concordance avec la réalité est édifiante. Le Coran déclare à ce sujet : «… Par al Tariqi ; Qui te dira ce qu’est al Tariqi ? C’est une étoile qui perce (ou qui transperce) «Thaqib » (Coran 86.1 à 3). Les trois versets sont construits autour de deux thèmes-clés, que sont « al Tariqi » et « thaqib ». Ces deux mots sont associés à celui d'étoile.
Il est parfaitement clair qu'une distinction a été introduite dans le Coran entre le terme « en nedjm » (pluriel : noudjoum), lequel désigne les étoiles communes et cette étoile spécifique, appelée « al Tariqi » qui annonce une particularité, peu courante. En effet, le Livre Sacré attribue à cette catégorie d’astres, la possibilité de percer (ou de trouer : thaqib) l'espace autrement que ne le font les autres étoiles qui diffusent leur lumière. Si toutes les étoiles avaient un comportement identique, il n'aurait pas été nécessaire d'en faire cas spécifiquement. De la même façon pour désigner des êtres humains, personne ne s’aviserait à dire : « Par l'homme qui a deux mains. » Cela n'aurait pas de sens dans la mesure où les êtres humains sont bimanes. Par contre, si quelques personnes étaient dotées d'une main supplémentaire, cet ajout distinctif permettrait de localiser cette catégorie.
Les orientalistes dans leur majorité à l’image de Denise Masson, Sadok Mazigh, Régis Blachère, M. Savary et Kasimirski, donnent au mot « al Tariqi» le sens « d’étoile (ou astre) nocturne », ou encore, « étoile de la nuit ». Seul Maurice Bucaille traduit par : « l'arrivant du soir ». Mais l'unanimité apparente est insuffisante pour expliquer la véritable signification. Le dictionnaire évoque la notion d'un visiteur venant pendant la nuit (l'arrivant du soir, de Bucaille), mais exprime aussi l'idée de quelqu'un venant la nuit, c'est-à-dire de l'obscurité. De la même façon, l'étoile à neutrons est non seulement une étoile sombre, puisqu’elle ne possède pas l’éclat du soleil, et ne brille pas en conséquence, mais en plus son rayonnement « troue » ou « transperce » véritablement l'espace à intervalles réguliers, sur une longueur d’onde très restreinte tout en étant invisible. Les émissions radio aussi puissantes sont différentes de la
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lumière diffusée par les autres étoiles, qui diffusent sur une large gamme, allant de l’ultra violet à l’infra rouge et même bien au-delà. Dans le cas, de l’étoile à neutrons, appelée « Al tariqi », l’émission est ultra-concentrée très fine, comme si effectivement, elle transperce l’espace, en tournant, tout en empruntant toujours le même chemin, alors que les autres étoiles émettent statiquement dans toutes les longueurs d’ondes. Les spécialistes pensent qu'il existe une étoile à neutrons pour plusieurs millions d'étoiles normales émettant dans le spectre visible. C'est cette particularité qui a été relevée par le Coran, en distinguant « al Tariqi », des autres astres stellaires.
S'il était possible de se représenter ce phénomène, l’observateur verrait un minuscule point (l'étoile à neutrons), diriger un très bref faisceau d'ondes radio, tout en tournant sur elle-même. L'impulsion renouvelée plusieurs fois par seconde, "troue" (ou perce) véritablement l'espace et c’est ainsi qu’elle est captée sur terre. Ses signaux présentent une très grande régularité, aussi bien dans le temps, qu’en raison de l’intensité de leur rayonnement. Une telle description permet de contenir les autres traductions qui se rapportent à « l'étoile qui brille d'un vif éclat » (Masson) ou « l'astre dont les feux sont pénétrants » (Savary).
La particularité de l'étoile à neutrons, ou pulsar, relevée par le Coran est qu'elle diffère profondément des étoiles communes. Sa principale caractéristique est qu'elle transperce l’espace toujours en empruntant le même à la différence des autres étoiles, et cette propriété intrigua les astrophysiciens. Tout concorde donc pour donner à cette catégorie d'étoiles une place à part dans la classification stellaire en parfait accord avec le texte coranique et ce, bien avant que les spécialistes ne s'avisent à croire à leur existence.
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LA FIN DE L'UNIVERS
« On ne comprend les prédictions que lorsqu'elles sont réalisées. » Voilà une pensée de Pascal qui ne risque pas de s'appliquer au présent article, car à la fin de l'univers, il n'y aura plus personne pour vérifier son bien-fondé. Différentes hypothèses existent Nonobstant pour prévoir sous quelles formes l'univers entrera dans sa gigantesque agonie avant de connaître lui aussi, la mort inéluctable. Les spécialistes ont élaboré quatre hypothèses, qui relèvent, de la haute spéculation. Elles sont au nombre de quatre :
Première hypothèse : Cette version rassemble la majorité des suffrages. Elle prédit que l'univers connaîtra une mort lente et froide par évanescence dans l'espace. Voici les données : A l’ origine, l'univers est né d'un atome primitif extrêmement dense. Juste après le big bang, la chaleur s'élevait à plusieurs milliers de milliards de degrés. A l'heure actuelle, quelque quatorze milliards d'années plus tard, la température du milieu est descendue à moins 270 degrés centigrades, soit très proche du zéro absolu. Parallèlement, l'univers a occupé un volume tel que son rayon peut être estimé lui aussi à quatorze milliards d'années-lumière. Mais cela n'empêche pas les étoiles et autres corps planétaires de continuer à se former par contraction et effondrement de nuages cosmiques. Ce phénomène se poursuivra sans doute encore durant des milliards et des milliards d'années. Jusqu'à ce que la matière se disperse dans un espace trop grand et qu'il devienne impossible de l'agréger pour constituer des corps stellaires.
Toujours d'après les spécialistes, la densité actuelle de l'univers (30 grammes de matière par milliard de milliards de kilomètres cubes d'espace) est trop faible pour s'opposer à une expansion sans fin. Ils affirment que selon la théorie de la Relativité, la densité devrait être au minimum de 2 000 grammes, pour amener un jour l'univers à se contracter sous l'effet de sa propre gravité. La différence de 1 970 grammes par cube de un million de kilomètres de côté est connue sous le nom de masse manquante ou masse cachée. Le grand écart existant entre
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la quantité de matière détectée (étoiles, quasars, trous noirs, matière interstellaire etc.) et celle qui aurait été nécessaire pour amener une contraction de l'univers, a encouragé les astrophysiciens à concevoir un modèle d'expansion perpétuelle. Le schéma est relativement simple, à condition que les lois physiques connues y soient applicables.
Dans ce cas, l'univers continuera à augmenter de volume en se refroidissant. Les étoiles qui n'existent que par la fusion thermonucléaire de l'hydrogène en arriveront à utiliser en l'absence de ce dernier qui aura été épuisé, successivement l'hélium, puis le carbone et ainsi de suite en synthétisant des noyaux de plus en plus lourds. Lorsqu'elles auront épuisé leur énergie, elles s'éteindront en passant (souvent) par des stades catastrophiques et chaotiques. Dans cent mille milliards d'années, toutes les étoiles s'éteindront, laissant un ciel obscur et noir.
Selon Freeman J. Dyson, astrophysicien de Princeton (USA), après un million de milliards d'années, les planètes qui n'auront pas été arrachées par l'attraction des étoiles de passage, seront attirées par leurs propres étoiles respectives et s'y écraseront à leurs surfaces. Des millions de milliards d'années plus tard, ce sera au tour des galaxies de se disloquer. Pendant tout ce temps, l'univers ne cessera d'accroître son volume et de se refroidir, au point que les éléments existants encore, risquent de ne plus se rencontrer. La température descendra à moins mille milliards de degrés centigrades. Pour arriver à une dispersion presque totale de l'univers dans le vide, il faudrait compter un temps qui est exprimé par 1 suivi de mille zéros, représentant le nombre d'années, qui à cette échelle n'a plus aucune signification.
Deuxième hypothèse : Dans cette version, les spécialistes fondent leur conviction sur le fait que les observations récentes ont permis de prouver l'existence d'immenses nuages cosmiques qui n'avaient pas été pris en compte par les tenants de l'expansion perpétuelle, et qui sont susceptibles d'augmenter sensiblement la densité apparente de l'univers. De plus, l'importance des trous noirs, de quasars et de la matière noire n'avait pas été prise en compte auparavant. En outre et jusqu’alors, les neutrinos, ces particules-fantômes étaient être sans masse, ni charge électrique. Depuis des expériences ont permis de soupçonner l'existence d'une masse, qui même infime (10 000 fois plus faible que celle de l'électron) pourrait valider l'option de la contraction de l'univers ; car le nombre extrêmement élevé de neutrinos - chaque centimètre carré de la terre est traversé en permanence par environ 10 milliards de neutrinos par seconde - pourrait combler la masse manquante.
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Si cette hypothèse venait à être vérifiée, le mouvement centrifuge de l'univers s'inversera alors un jour, pour donner naissance à une phase centripète. A l'expansion, succédera la contraction qui fera en sens inverse le chemin parcouru depuis le big bang. L'univers se contractera au fur et à mesure que sa densité et sa température augmenteront et que les distances s'amenuiseront. Les galaxies se confondront, les étoiles tomberont les unes sur les autres et se fracasseront, la fournaise atteindra des milliards de degrés.
La rotation infernale se poursuivra en s'accélérant impitoyablement dans un état de densité et de chaleur extrêmes, jusqu'à reformer l'atome initial qui a donné naissance à l'univers. La contraction effacera à jamais toute trace de la création précédente. Aucun souvenir ni aucune empreinte de quoi que ce soit, de l'atome à la galaxie, en passant par la vie, ne gardera son identité. Tout sera confondu au sein de cette boule primitive qui reviendra après des milliers de milliards d'années, à son origine première et reformera l'atome implacable avec sa propre matière et sa propre énergie.
Troisième hypothèse : Les partisans de cette variante sont convaincus qu'après le stade de l'expansion, l'univers connaîtra une phase de contraction qui le ramènera à son origine première sous forme d'atome primitif. Puis une fois reformé, l'atome se désintégrera à nouveau entraînant un autre cycle : rayonnement-dispersion de la matière-création stellaire-arrêt de l'expansion-contraction-reconstitution de l'atome primitif. Le tout dans un processus sans fin de création et de destruction.
Quatrième hypothèse: Elaborée en 1948 par les astrophysiciens Fred Hoyle, T. Gold et H. Bondi, cette théorie postule que l'univers est éternel et stationnaire. Pour compenser le vide créé par la fuite des galaxies et maintenir la densité requise, ils auraient imaginé une création continue d’atomes d'hydrogène. Il suffirait de deux atomes par mètre cube et par milliard d'années pour équilibrer les pertes entraînées par la dilution de la matière cosmique. Cependant, lorsqu'il devint évident que l'univers était né de la désintégration de l’atome primitif et qu'il poursuivait son expansion, la théorie stationnaire s'effondra. Ses auteurs y renoncèrent d'ailleurs d'eux-mêmes.
Ce sont là les principales hypothèses avancées par les spécialistes pour expliquer la fin de l'univers. En voici le résumé :
1.-L'univers verra son volume s'accroître indéfiniment entraînant l'évanescence de la matière et une mort par le froid.
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2.-L'univers subira une contraction qui le ramènera sous forme d'atome primitif, après agrégation de la matière et élévation énorme de densité et de température.
3. -L'univers connaîtra des phases cycliques d'expansion et de contraction pour reconstituer l'atome initial, qui de nouveau donnera naissance à un autre univers, et cela dans une suite sans fin.
4. - L'univers est incréé et ne connaîtra pas de fin. Il a toujours existé et existera toujours. Il est éternel.
Contrairement à la Bible, le Livre Sacré des Musulmans, traite le problème du destin de l'univers sous tous les angles. Il rejette les assertions de Hoyle et de son équipe relatives à l'existence d'un univers incréé et éternel. Car Dieu Seul est Incréé et Eternel. La création ne peut se parer des attributs du Créateur. « Tout périra, affirme le Coran, exceptée la Face de Dieu » (Coran 28.88). Et encore : « Nous n'avons créé les deux, la terre et tout ce qui est dans l'intervalle qui les sépare qu'avec détermination et vérité, pour un temps fixé. Mais les incrédules se détournent de ce dont ils ont été avertis. » (Coran 46.3).
L'univers en question n'est pas destiné à demeurer tel quel ni à s'accroître éternellement. Il est né à un instant donné et pour une durée de vie déterminée à l'avance. Sa temporalité plaide pour sa finitude. D'autres versets abondent dans le même sens : « (Les incrédules) N'ont-ils pas réfléchi en eux-mêmes ? Dieu n'a créé les deux, la terre et l'espace intermédiaire qu'en oeuvre de vérité et pour un terme fixé. Beaucoup d'hommes cependant ne croient pas à la rencontre de leur Seigneur. » (Coran 30.8). Dans ce verset, il n'est pas question de la fin du monde ou de la disparition du genre humain, mais bien de l'évolution de l'univers, traduite par « les cieux, la terre et l'intervalle qui les sépare. » La durée limite fixée implique automatiquement un volume en conséquence, au delà duquel l'expansion ne sera plus possible. Une telle notion appliquée au continuum espace/temps découle de la théorie de la relativité, selon laquelle le temps serait la quatrième dimension de l'univers.
Mais si l'expansion doit s'arrêter un jour comme le stipule le Coran, que se passerait-il ensuite ? L'univers qui est régi par le mouvement ne pourrait pas arrêter son développement et devenir subitement statique, sans engendrer de graves désordres et des perturbations catastrophiques. Le Livre Sacré donne une réponse décisive qui permet d'envisager après la période d'expansion, une contraction de l'univers : « Ce jour là, tel un parchemin de scribe que l'on enroule, Nous ferons ployer les deux... »
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(Coran 21.104) Le verset atteste qu'une fois l'expansion terminée, débutera la phase de contraction de l'univers. L'évocation du parchemin que l'on enroule est éloquente, car c'est par ce mouvement de rotation (force centripète) que l'univers se contractera. Le Créateur exercera une formidable puissance contraignante qui fera ployer les cieux sur eux-mêmes, jusqu'à leur effondrement total. Voici encore une autre description : « Ils (les hommes) n'apprécient pas la Puissance de Dieu à sa juste valeur. La terre entière sera en Son Pouvoir le Jour de la Résurrection et les deux seront ployés dans Sa Droite. Gloire à Dieu. Qu'il est Supérieur à tout ce qu'on Lui associe. » (Coran 39.67).
Ainsi, l'ensemble de l'univers sera ployé, affaissé, enroulé, courbé par la force dans la Main de Dieu, qui symbolise Sa Puissance illimitée. C'est le schéma de la contraction de l'univers arrivé à son terme définitif, selon le Décret divin. Certains orientalistes ont utilisé le verbe plier au lieu d’enrouler, comme si l’on pouvait plier l’univers sur lui-même, à la manière d’un drap ! Le terme « nathoui », utilisé par le Coran, dérive de « thaoua » qui signifier aussi rouler, enrouler…La référence au parchemin que l’on enroule plaide pour cette interprétation exacte. Car ce mot n’a pas été introduit par hasard ; il sert servir de base à la compréhension, afin de situer le sujet dans son contexte.
Le destin qui attend la Création est inexorable. Quel que soit le penchant des savants, pour telle ou telle hypothèse, rien n'est en mesure de contrarier la réalité. Car elle émane du Seigneur qui a produit la Création et qui a fera retourner a Lui. « La Royauté des deux et de la terre Lui appartient tout Lui fera retour. » (Coran 57.05). Il, n'est pas concevable de penser que l'univers puisse s'étendre à l'infini, sans que rien ne vienne mettre un terme. Ni qu'il possède la faculté de se dissiper dans le vide et de disparaître comme s'il n'avait jamais existé. Et, encore moins qu'il soit en son pouvoir de se soustraire à l'Autorité Divine dans une fuite sans fin. Bien au contraire, tout porte à croire dans le Livre Sacré, que l'univers fera retour vers le Seigneur. Dans la plus grande humilité. Ainsi les fondements de la Création, son évolution et son anéantissement s'inscrivent dans un concept où la logique est respectée.
Est-il possible d’aller plus loin dans le devenir de l'univers ? Le Coran montre bien l'avènement d'une nouvelle création Mais que faut-il traduire par cette expression ? Est-ce la résurrection des morts comme le laissent entendre certains commentateurs ? Le Coran fait plusieurs fois allusion au retour à la vie. C'est d'ailleurs un des fondements de la religion islamique. Mais, le sens est plus large, et s’applique bien à la 260
création d'un nouvel univers. La lecture de la citation complète dont le début a été exposé plus haut, permettra de répondre à ces questions. (C’est Dieu qui parle :) « Ce jour là, tel un parchemin de scribe que l'on enroule, Nous ferons ployer les cieux. De même que Nous avons procédé à la première Création, Nous la recommencerons. C'est là une promesse qui Nous concerne Nous l'accomplirons. » (Coran 21.104).
Il est indéniable que ce verset fait référence à la création d'un nouvel univers et non seulement à la résurrection des morts et au retour à la vie. Auquel cas, après une période de contraction, sous forme d'atome primitif, un autre univers "verra le jour". Prendra-t-il les formes identiques à celui qui l’a précède ? Nul n’est en mesure de répondre. Mais si une telle éventualité venait a être confirmée, l’univers serait alors soumis à un développement cyclique où les étapes seraient les suivantes : Atome initial-désagrégation-expansion création de corps stellaires-arrêt de l'expansion-contraction-nouvel atome primitif", etc., identique au schéma décrit plus haut.
En conséquence, la Création de Dieu est sans fin ; si l’univers est temporel, la somme de l’oeuvre divine est éternelle. Comment admettre, en effet, qu'après la mort de l'univers, un terme puisse être appose a la Création de Dieu ? Lui qui affirme que « Chaque jour II est à une oeuvre nouvelle. » (Coran 55.29). La création de l'univers n’a eu sur Lui aucune conséquence, et Il n’a pas été fatigué par la création, conformément au verset suivant : « Nous avons créé les cieux, la terre et ce qui existe entre eux en six jours, sans éprouver de lassitude. » Coran 50.38).
Dieu est par définition Incréé et Eternel, comment dès lors concevoir que cet univers âgé « seulement » de moins d’une quinzaine de milliards d'années, soit le point de départ de Son activité ou que Son Pouvoir créateur prendra fin à sa mort ? Déjà, les Juifs et les Chrétiens avaient adopté la conception d'un Dieu minuscule, uniquement préoccupé par les affaires terrestres. A son avènement, l'Islam s'est appliqué à élargir prodigieusement les limites physiques et temporelles de la Création. Et par conséquent, à mettre en exergue, l'Omnipotence Divine qui, évidemment pourrait aisément s'accommoder d'une Création ininterrompue où un univers succéderait à un autre univers dans une suite infinie. Au point où l'homme écrasé par la Majesté et la Toute-puissance Divine, prenne enfin conscience de son insigne faiblesse et finisse par rendre hommage à la Gloire du Créateur de l'univers.
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LE SYSTEME SOLAIRE
« Youssef (Joseph) dit un jour à son père Yaâqoub (Jacob) : Ô mon père, j'ai vu en songe, onze astres, (Kawakib) et le soleil et la lune qui étaient prosternés devant moi. » (Coran 12.4).
Certains commentateurs ont traduit le mot « kawakib », par étoiles. Cependant, dans le Texte Sacré, chaque fois que le soleil et la lune sont cités avec les étoiles, celles-ci sont appelées « noudjoum » et non kawakib. Ce mot sert d'ailleurs aussi à désigner les astres, dont les planètes. La représentation du verset décrit dès lors, le soleil, la lune et les onze planètes, soit l’ensemble du système solaire. Si, dans sa version littérale, il est fait référence au système solaire, ce verset symbolise aussi la famille du Prophète Yaâqoub, qui se composait de l’intéressé, de sa femme et de ses douze fils, desquels dérivent les douze tribus d'Israël. Youssef aurait ainsi vu en songe, ses onze frères (planètes), son père (le soleil) et sa mère (la lune) qui l'adoraient. La suite de cette sourate et le récit des péripéties de Youssef, n'ont pas tardé à valider ce raisonnement. Il semble étonnant de voir le Coran évoquer onze planètes, alors que pour le monde entier, ce chiffre était de cinq à l’époque. Les planètes sont les suivantes : Mercure, Vénus, Mars. Jupiter, Saturne.
1. - Mercure est la planète la plus proche du soleil. Elle est située en moyenne à 57 900 000 kilomètres de l'astre lumineux et effectue son orbite à la vitesse de 172 400 kilomètres à l'heure, soit 10 fois plus vite que la planète Pluton qui se trouve en revanche 100 fois plus loin. En raison de sa vitesse, les Grecs l'avaient identifié à Hermès, messager des Olympiens. Du point de vue astrologique, les anciens considéraient Mercure comme un présage bienveillant, mais lui attribuaient parfois des pouvoirs maléfiques.
2 - Vénus ou Etoile du Berger, est l'astre le plus brillant du ciel après le soleil et la lune. Son éclat est douze fois plus fort que celui de Sirius, l’étoile la plus lumineuse. Les Musulmans connaissent bien cet astre qui brille de mille feux juste avant l'heure du maghreb. Vénus peut se rapprocher jusqu'à 39 millions de kilomètres de la terre et devenir la
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planète la plus proche de tout le système solaire. Son pouvoir réfléchissant est douze fois plus élevé que celui de Mercure (albédo). C'est ce qui explique sa brillance.
3. - Mars a toujours intrigué les hommes par sa couleur rouge orangée due à une fine couche d'oxyde de fer. Dans la mythologie, les anciens croyaient que cette couleur était communiquée par le sang versé dans les combats qui s'y déroulaient « là-haut. » L'existence de calottes glaciaires et la présence de vastes étendues verdâtres assimilées à la végétation renforcèrent le sentiment d'une planète vivante. La découverte en 1859 des fameux "canaux", par un ecclésiastique italien, nommé Secchi, conduisit en 1877 Schiaparelli, directeur de l'observatoire de Milan, à émettre l'hypothèse de la réalisation de ces canaux par des Martiens. Ce fut la grande vogue des hommes verts, durant près d'un siècle. En 1965, le mythe martien s'écroula, à la-suite de photos prises par la sonde américaine "Mariner 4" qui ne trouva aucune trace des fameux ouvrages. Les résultats furent confirmés plus tard par Mariner 9, et les engins soviétiques, « Viking 1 et 2. »
4. - Jupiter est la plus grande planète du système solaire. Son volume est plus de mille fois plus important que celui de la terre. Elle est située contrairement aux planètes déjà citées, au delà de la ceinture d'astéroïdes, où évoluent, en dehors de Pluton, les autres planètes géantes. Jupiter possède une tache rougeâtre, observée en Europe, pour la première fois par l'astronome anglais Robert en 1664, et qui a donné lieu aux spéculations les plus diverses. Les clichés pris par "Voyager" en 1979, permirent de démontrer qu'il s'agissait d'un cyclone gigantesque, alimenté par des mouvements ascensionnels.
Le système jovien avec ses satellites, a souvent été comparé au système solaire et les astronomes parlent de « soleil raté ». La planète émet plus d'énergie qu'elle n'en reçoit du soleil dans une proportion de 1/2, 4. Mais elle n'a pu s'allumer à l'image du soleil et amorcer les réactions de fusion thermonucléaires, en raison d'une masse insuffisante pour atteindre le seuil critique. Les spécialistes pensent que ce seuil devrait se situer aux alentours de 8 pour cent de la masse du soleil, alors qu’il n’est que de 0,1 pour cent pour Jupiter.
5. - Saturne est la cinquième et la dernière des planètes connues des anciens. C'est aussi une planète géante, 744 fois plus volumineuse, que la terre et qui présente beaucoup de similitudes avec Jupiter. Sa densité 0,71 la plus faible du système solaire lui permettrait de flotter sur l'eau. Saturne est remarquable par la présence d'anneaux observés déjà en
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1610, par Galilée. La sonde "Voyager 1" a permis d'apporter plus de précision, notamment sur le fait que les anneaux étaient beaucoup plus nombreux que prévus. Saturne possède plus d'une dizaine de satellites, dont Titan, (4 950 kilomètres de diamètre) l'un des trois plus grands satellites du système solaire.
Telles étaient les planètes connues depuis l'Antiquité. Lors de la révélation coranique, les Arabes n'avaient pas la prétention d'égaler le savoir grec, qui limitait le nombre de ces planètes à cinq. L'oeuvre majeure de Ptolémée en ce domaine, « La syntaxe mathématique », dérivant elle-même des données d'Hipparque, fit autorité durant le Moyen Age et la Renaissance. Elle ne fut d'ailleurs connue et diffusée en Europe que grâce à « l'Almageste » composé par les Arabes au 9ème siècle. Dans le système de Ptolémée, la terre occupe le centre de l'univers, puis se trouvent successivement la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter, Saturne, puis la sphère des étoiles fixes. Tous ces astres étaient censés tourner autour de la terre.
Avec Copernic, la terre perd son universalité. Puisqu’il intervertit les positions respectives du soleil et de la terre. Le centre est désormais occupé par le soleil et le monde se trouve relégué au troisième rang du système planétaire, après Mercure, entre Vénus et Mars, ce qui correspond à la réalité. Copernic décrit aussi les orbites de Jupiter et de Saturne, et, tout à fait à l'extérieur, l'immuable sphère des étoiles fixes. Le système de Copernic est concentrique. Autre nouveauté, ce n'est plus la sphère des étoiles qui est animée d'un mouvement de rotation, mais bien la terre qui tourne sur elle-même.
Au 16ème siècle, avec Copernic, le nombre de planètes est porté à six. Pour la première fois en Occident, un homme a pu modifier un chiffre qui était le symbole de l'architecture céleste. Ce ne sera pas la dernière. Un peu plus de deux siècles après, l'astronome anglais, William Herschel, découvrit à son tour, la planète Uranus (confondue d'abord avec une comète) qu’il baptisa « Georgius », en l’honneur du roi d’Angleterre, George III. Mais, en réalité, Copernic n'a fait que reprendre les idées de Beïruni, célèbre savant musulman qui avait conçu l'héliocentrisme, cinq siècles auparavant. Voir l'article intitulé « La terre et le système solaire ». La septième planète se trouve à une distance moyenne de 2,8 milliards de kilomètres du soleil. Sa densité assez faible serait de 1,7 et le diamètre équatorial de 46 700 kilomètres, environ. Son observation est assez difficile en raison son éloignement et de son faible éclairement. L'étude du mouvement d'Uranus fut à l'origine de la
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découverte de la huitième planète, Neptune. En effet, les perturbations d'Uranus, laissaient présager la présence d'une planète inconnue qui provoquait ces anomalies par son pouvoir d'attraction. Sur la base des calculs de Le Verrier, elle fut observée le 23 Septembre 1846, par l'astronome allemand Galle, dans la Constellation du Verseau.
Neptune est située à une distance moyenne de 4,5 milliards de kilomètres et possède plusieurs satellites. La recherche de la neuvième planète, Pluton est intervenue dans les mêmes conditions que le repérage de Neptune. Les perturbations observées dans cette dernière ont incité les astronomes à envisager l'existence d'un astre qui en serait responsable. Après une compétition serrée, c'est l'Américain Clyde Tombaugh, qui découvrit Pluton, à l'Observatoire de Lowell, en Arizona, le 18 février 1930. Située à 5 milliards de kilomètres du soleil, elle est la plus éloignée des planètes du système solaire. Sa période de révolution autour du soleil serait de 248 ans et 154 jours, et son diamètre estimé à 4 000 kilomètres.
A la fin du vingtième siècle, un grand chemin a été parcouru dans le dénombrement des planètes du système solaire, par rapport au moyen-âge, et chaque période a eu « sa » vérité quant au nombre de planètes Voici la récapitulation : Jusqu'à la fin du 15ème siècle, il était communément admis qu’il n’existait que cinq planètes à travers lesquels, les astrologues de l'époque s'efforçaient de déterminer le destin des hommes par l'étude des influences supposées de ces astres.
Au seizième siècle, avec Copernic et l'introduction de la terre au système planétaire, ce chiffre a été porté à six (1530-1548).
Au dix-huitième siècle, la découverte d'Uranus accroit le nombre ; elles seront désormais, sept à tourner autour du soleil.
Le dix-neuvième siècle voit une nouvelle révision avec la détection de Neptune (1846), portant le nombre de planètes à huit.
La première partie du vingtième siècle apporte une nouvelle modification avec le repérage de Pluton (1930). A ce jour, le nombre est toujours de neuf. Ce chiffre pourra-t-il être remis en cause ? Avant de répondre a cette question, il est intéressant d’examiner, la loi de Titius relative à la distance des planètes par rapport au soleil, et les conséquences de ce rapprochement.
Le mathématicien et physicien allemand, J. Titius, découvrit en 1772, une relation de répartition des distances planétaires par rapport au
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soleil, selon laquelle au chiffre 4 du début, il faut ajouter le chiffre 3 qui est doublé à chaque étape, avant de diviser le tout par 10. Les résultats suivants : 0,4 - 0,7-1-1, 6-2, 8-5, 2,0 etc., qui doivent être multipliés par 150 millions, représentant l'unité astronomique, ou approximativement, le rayon moyen de l'orbite terrestre. Les chiffres obtenus sont étonnants. Voici les résultats (distances par rapport au soleil) :
Mercure : 150 000 000 x 0,4 = 60 000 000 de km
Vénus : 150 000 000 x 0,7 = 105 000 000 de km
Terre : 150 000 000 x 1 = 150 000 000 de km.
Alors que les distances réelles sont de :
Mercure 57 900 000 de km
Vénus 108 000 000 de km
Terre 149 600 000 de km
Les distances calculées avec cette méthode sont très proches des distances réelles. En 1778, J. Bode devait sortir la formule de l'oubli où elle était tombée. Elle porte aujourd'hui son nom. Appliquée jusqu'à la planète Uranus, elle permet de calculer l'éloignement avec une marge d'erreur inférieure à 5 pour cent, ce qui était remarquable, pour l'époque. Pour la planète Mars, le résultat était de 240 millions de kilomètres contre 228 millions dans la réalité (1,6 unité astronomique).
La méthode était parfaitement applicable, mais lorsqu'il fallut aller à la distance de 2,8 unités astronomiques, correspondant à 420 millions de kilomètres, aucune planète n’apparut. Par contre, à l'étape suivante de 5,2 unités astronomiques, soit 780 millions de kilomètres, se trouvait Jupiter (778 millions de kilomètres). Même résultat pour Saturne, située à 10 unités astronomiques, soit 1,5 milliards de kilomètres, contre 1,428 milliards de kilomètres dans la réalité. Tout cela coïncidait assez parfaitement, alors pourquoi ce vide à la position 2,8 ? Les astronomes intrigués par le phénomène, pointèrent leurs lunettes dans l’espoir de percer ce qui devenait le mystère de la planète 28.
Les recherches durèrent de 1796 à 1801. Le premier janvier 1801, l'abbé Piazzi découvrit un astre de mille kilomètres de diamètre qu'il baptisa Cérès. Sa distance mesurée avec les moyens modernes, s'avéra être de 2,76 unités astronomiques ; le 28 mars 1802, l'Allemand Olbers,
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découvrit un second astre de 600 kilomètres de diamètre dans la Constellation de la Vierge, qu'il baptisa Pallas. La surprise était grande. Le premier septembre 1804, l'Anglais Harding repérait Junon avec 300 kilomètres de diamètre. Puis ce fut le tour de Vesta, ensuite Astre, etc. En l'an 1900, plusieurs centaines de ces petites planètes avaient déjà été recensées. Les spécialistes pensent que leur nombre, difficile à établir, serait de plusieurs dizaines de milliers. A ce jour, plusieurs milliers d'astéroïdes ont été catalogués et les découvertes continuent à raison de plusieurs dizaines par an. Leur diamètre est très inégal, variant de quelques centaines de mètres à un millier de kilomètres pour Cérès.
Les recherches effectuées par les observatoires de Mac Donald et Palomar, aux Etats-Unis montrèrent qu'il y avait près de 500 000 fragments de taille supérieure à 1,5 kilomètre. Tous ces astéroïdes ainsi que d'innombrables blocs de pierre sont regroupés dans un immense anneau situé à une distance de 300 à 500 millions de kilomètres du soleil, dans l'espace compris entre les orbites de Mars et Jupiter, à l'emplacement même de la planète manquante.
La ceinture d'astéroïdes tourne autour du soleil avec des révolutions comprises entre deux et six ans, soit dans les temps moyens identiques à ceux d'une planète située à une telle distance. A titre de comparaison, la planète Mars qui tourne dans l'orbite inférieure (1,6 U.A), boucle sa rotation en 1 an, 10 mois et 22 jours, alors que Jupiter, dans l'orbite supérieure (5,2 U.A), met 11 ans, 10 mois et 16 jours, pour accomplir la sienne. Ainsi, la ceinture d'astéroïdes se comporte comme une planète.
L'origine de la matière est restée mystérieuse et de nombreuses hypothèses ont été émises. S'agit-il de résidus qui n'ont pu former un astre unique, comme l'a affirmé Kuiper en 1950 ? Ou au contraire des matériaux en cours d'accrétion pour constituer une planète, selon l’astronome suédois Alfen, qui a développé cette idée en 1964 ? Selon Olbers, auteur de la découverte de deux astéroïdes (Pallas et Vesta), le grand anneau d’astéroïdes résulte de l'explosion d'une ancienne planète, conception reprise en 1972 par l'astronome américain Ovenden, selon qui, la planète était 90 fois plus massive que la Terre et dont les matériaux actuels (1/3 000ème du volume de la terre) ne constituent qu'une infime partie. Un nom à la planète hypothétique : Olbers ou encore Phaéton qui, selon la mythologie grecque, est le fils d'Hélios et de Clymène.
Personne à l'heure actuelle n'est en mesure d'avancer une théorie crédible pour expliquer la provenance de l’immense anneau d’astéroïdes.
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Il suffit de signaler la présence de ce phénomène et à relever que des astronomes connus ont émis parmi d'autres hypothèses, celle de l'existence d'une planète aujourd’hui désintégrée, à laquelle ils ont aussi donné un nom. Cependant, une autre hypothèse relative à l'existence d'une planète bien réelle, mais non cataloguée en tant que telle dans le registre des planètes officielles existe ; voici son histoire :
L'astronome américain Charles Kowal découvrit en Octobre 1977, avec le télescope du mont Palomar, une planète qui circulait à 2 400 millions de kms (16 UA) du soleil, entre les orbites de Saturne et d'Uranus, bien loin de la ceinture d'astéroïdes. La planète fut baptisée du nom de son inventeur « Kowal ». Elle est aussi connue sous le nom de Chiron. Elle accomplit sa révolution autour du soleil en une cinquantaine d'années et possède un diamètre de 400 à 650 kilomètres. C'est donc une planète, mais une petite planète. Reproche que lui firent certains astronomes. Cependant Kowal devait répondre que personne n'avait fixé de limite inférieure au diamètre d'une planète. L'existence de cet astre est prouvée aujourd'hui et, bien que son diamètre soit vingt fois moindre que celui de la terre, personne ne peut lui dénier sa qualité de planète.
La chasse à la planète reprit de plus belle. En 1946, le Français Sevin positionna l'inconnue à 11 milliards de kilomètres du soleil. En 1972, Colins et Hammerton confirmèrent la distance et précisèrent que la masse devait être comprise entre deux et cinq fois celle de la terre. Pour Brady, la masse serait plutôt 300 fois plus importante, mais il ramène la distance à 9 milliards de kilomètres. Lowell voit sept masses terrestres. Par contre, les observations de Tombaugh révèlent que rien de pareil n'existe sur le plan écliptique, et ce, jusqu’à 40 milliards de kilomètres.
Mais, il existe aussi, une autre éventualité. En raison de son éloignement, il a été difficile d'évaluer le diamètre de Pluton ainsi que sa masse. Les mesures de Kuiper, en 1950 ont été de 5 800 kilomètres. D'autres avancent des chiffres différents. Selon les derniers calculs, la réalité serait plus près des 4 000 kms. En 1978, les Américains Christy et Harrington, découvrirent un satellite de Pluton, Charon dont le diamètre serait de 2 000 kms et la période orbitale de 6,69 jours. La particularité de ce couple est que leur ordre de grandeur est unique dans le système solaire. Le diamètre du satellite est de 50 % de celui de la planète, alors que pour les autres systèmes, le rapport est le suivant : Terre/lune 27 %. Neptune/Triton 8,48 %. Saturne/Titan : 4,46% etc.
Cette proportionnalité fait que si Charon décrit autour du centre de masse du système un cercle de 13 000 kilomètres de rayon, Pluton en
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décrit un autre de 7 000 kilomètres. L'importance sans précédent de Charon par rapport à Pluton et l'influence exercée par le satellite sur la planète finirent par imposer à certains, l'idée d’une planète double, plutôt que celle plus commune de planète mère et satellite. Et ceci à l'exemple des étoiles doubles observées en grand nombre dans le ciel. Si cette méthode de classification, trouve un minimum de justification à l'avenir, alors le système solaire se verra enrichir d'une nouvelle planète qui ne figure pas dans le catalogue officiel.
A toutes les possibilités, il ne faut pas omettre de signaler l'aventure aujourd'hui abandonnée de la planète Vulcain qui était censée tourner tout près du soleil. Son existence avait été postulée par le Français Le Verrier au vu des perturbations enregistrées dans l'orbite de Mercure. De même que la découverte en 1971, par l'astronome américain H. Courteen, d'une planète baptisée Zoé, qu'il aurait repérée à 15 millions de kilomètres du soleil, et qui s'avéra être ...inexistante. Même en contestant quelques hypothèses plus particulièrement, celles qui pressentent la présence de planètes orbitant entre le soleil et Mercure, cela laisse toujours beaucoup de possibilités. Il ne saurait se trouver d'astronomes compétents en mesure d'infirmer totalement l'éventualité d'une ou de plusieurs présences planétaires à l'intérieur du système solaire, à un moment donné de son histoire.
A première vue, il serait si simple de compléter le nombre de planètes pour arriver au chiffre onze, qui a été mis en relief au début de cet article. Il suffirait de prendre en compte la plus grosse planète en mouvement dans la ceinture d'astéroïdes Cérès, comme numéro dix, et la plus grosse planète en circulation entre Saturne et Uranus, Chiron pour le numéro onze. Les astronomes ne pourront jamais réfuter cette réalité du fait qu'il s'agit bel et bien de planètes, en dépit de leurs dimensions modestes. Ou alors, il sera toujours possible de comptabiliser Charon comme planète et y adjoindre, soit Cérès, soit Chiron, ce qui portera toujours le chiffre à onze. Les propositions peuvent être nombreuses et originales. Pourtant, il est préférable de penser en guise de conclusion, que les moyens scientifiques actuels ne sont pas assez élaborés pour fixer, sans risque d'erreurs, un cliché réel du système solaire qui inclurait la totalité des astres présents et passés. C'est à cette condition, et cela peut prendre du temps, que l'homme pourra affirmer avec raison, que ses connaissances lui auront ouvert de nouveaux horizons.
En attendant, il faut bien constater que la théorie des cinq planètes médiévales, chère aux anciens, n'a jamais trouvé audience auprès du
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Texte Sacré. Et si le fils de Jacob, dit un jour : « O mon père, j'ai vu en songe, onze astres...", cette vision ne semble plus aussi saugrenue aux savants contemporains qu'elle le paraissait à leurs aïeux. L'avenir se chargera, à condition d'être fécond, de lever une partie du mystère qui subsiste encore chez les astronomes, de sorte que les prédictions sacrées soient entièrement confirmées. Voilà qui justifierait pleinement la conviction des fidèles, qui consiste à penser que, décidément, le Coran n'est pas un Trésor qu'on peut ouvrir avec les clés de l'ignorance.
Information avant impression
A la recherche de la dixième planète
« Les astronomes de l’observatoire de la base navale d'Arlington avancent dans la recherche qu'ils ont entreprise pour trouver la dixième planète du système solaire. Les hypothèses à propos de cette dixième planète évoluent, parce qu'une masse imposante qui gravite autour du soleil à la périphérie du système est en train de changer légèrement sa trajectoire, perturbant ainsi les orbites prévues d’Uranus et de Neptune, a déclaré l'astronome R S Harrington. « Nous sommes toujours incapables de situer précisément Uranus il est clair qu'il y a quelque chose de changé dans le cercle extérieur du système solaire » a affirmé celui-ci. Depuis le début du siècle, les astronomes pensent qu'il existe d'autres planètes. Cette théorie provient du fait qu'Uranus ne décrit pas autour du soleil l'orbite symétrique et majestueuse que les spécialistes avaient prévue. C’est ce qui avait permis la découverte de la neuvième planète du système, Pluton, en 1930. Mais celle-ci est trop petite pour rendre compte des irrégularités des orbites de Neptune et d'Uranus. Harrington signale que la recherche de la dixième planète se fait maintenant avec l'aide d'un ordinateur, qui essaie de déterminer ou doit se trouver cette mystérieuse planète pour produire de tels effets sur les orbites de Neptune et d’Uranus. La planète serait, selon l'astronome, trois à cinq fois plus grande que la terre et son orbite trois fois plus loin du soleil que celle de Neptune ou de Pluton A une telle distance une planète mettrait plus de mille ans à faire le tour du soleil. »
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DIRECTION L'APEX
Le Coran attribue au soleil un mouvement propre, qui n’a jamais été perçu auparavant par les astronomes et qui de ce fait a été réfuté plutôt deux fois qu'une, en raison précisément de sa prétendue origine divine. Puisque pendant longtemps, les révélations coraniques étaient rattachées aux divagations d'un homme qui était soupçonné d'être un imposteur. Les « bien-doués », ceux qui « savent » sont pas privés de clamer, qu’au contraire, l’astre solaire n'est animé d'aucun mouvement, qu'il ne se dirige nulle part et qu'une réflexion axée sur ce thème, tendrait à sombrer dans le byzantinisme.
Cependant, l’insistance à démentir les révélations coraniques ne repose sur aucune donnée concrète et semble être guidée plus par d’amères illusions de voir le Coran Sacré s’inviter au domaine astronomique, que par la réalité. Mais dans les faits, combien de générations ne se sont-elles pas liguées contre les idées d'un monde sphérique et en rotation ? Ou contre le rejet de la génération spontanée ? Dans la réalité, l’opinion publique ne saurait tenir lieu de vérité. Le nombre et les alliances ne sont d'aucune utilité face à la réalité. Il en est ainsi du problème touchant au déplacement du soleil qui est décrit par le verset suivant :
« Un Signe pour eux est la nuit. Nous en dépouillons le jour et les voilà dans les ténèbres. Et le soleil aussi qui se déplace vers un lieu fixe qui lui est propre. C'est là, la détermination du Tout-Puissant, de l'Omniscient. » (Coran 36.37-38) « L'endroit déterminé » ou encore le « lieu qui lui est propre », est décrit par l'expression « limoustaqârin leha », indiquant une région céleste vers laquelle se dirige le soleil durant sa course dans l'espace. La dimension spatiale complète ici l'évolution temporelle utilisée par le Coran sous la formule de « adjalin moussèma », qui sera évoquée dans l'article intitulé : « La fin de l'astre solaire. »
Selon les astronomes l’existence d’un éventuel mouvement entraînant le soleil vers de mystérieuses régions du ciel, aurait débouché sur son éloignement progressif et sa disparition à la longue. Alors 271
qu’aucun des grands savants n'a jamais signalé ce déplacement dans l'espace. Ni Copernic, ni Galilée, ni Kepler, ni Tycho Brahé, ni même Newton n'ont évoqué ce problème. Bien au contraire, le soleil qui était réputé tourner autour de la terre selon la version biblique, est devenu tout à fait immobile après l'adoption de l'héliocentrisme. Les croyances fermement ancrées dans l'esprit des gens ont été mises en avant pour réfuter la version coranique.
D'ailleurs, l'observation minutieuse à l'aide d'objectifs améliorés, a permis de déduire que le soleil effectuait des rotations sur lui-même, mais qu'il était fixe dans le ciel. Ce que confirmera au 17ème siècle, l'astronome allemand Scheiner qui en se basant sur le mouvement des taches solaires, réussit à estimer globalement la vitesse de rotation du soleil. Toutefois à l'époque, les taches solaires avaient été confondues pour des montagnes émergeant des nuages de l'atmosphère solaire !
Le recours aux moyens d'investigation modernes utilisés à partir de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème siècle, devait révéler contre toute attente, que le soleil était effectivement animé d'un mouvement de translation rectiligne qui le projetterait vers un point de la sphère céleste que les spécialistes connaissent sous le nom d'Apex.
Dans sa course à travers l'immensité du cosmos, le soleil entraîne avec lui tout son cortège de planètes (dont la terre) avec leurs satellites, ainsi que les autres corps du système solaire, météores, météorites, comètes, etc. L'ensemble est animé du mouvement complexe des planètes (et des autres corps) autour du soleil, des satellites autour des planètes, et des rotations des corps sur eux-mêmes, en un vaste système d'une extrême précision. En progressant vers l'Apex, situé dans la constellation d'Hercule, le soleil se déplace à une vitesse de 20 kilomètres à la seconde, soit environ 72 000 kilomètres à l'heure. Depuis sa naissance, il n'a jamais connu de halte ni de repos.
Une découverte qui dévalorise les conceptions occidentales antiques, tout en mettant en exergue la version coranique. Imitant les croyances d'antan, les spécialistes ont voulu renier le contenu des révélations en fonction de leurs connaissances astronomiques. Mais c'est leur savoir qui a pâti de la comparaison, tant il est vrai que personne mieux que le Créateur, ne connaît les secrets de l'univers
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LA TERRE ET LE SYSTEME SOLAIRE
Le philosophe grec Philolaos (-470 à - 400 ?), un disciple de Pythagore, fut le fondateur de la théorie de la sphéricité et du mouvement de la terre. Près de deux siècles plus tard, Aristarque de Samos (-310 - 230) devait à son tour décrire le mouvement de rotation de la terre sur elle-même, et autour du soleil. Mais il fut déjà accusé d'impiété, ce qui faisait de lui un précurseur de Copernic et de Galilée.
L'avènement du Christianisme en Europe allait cependant mettre un terme à l'évolution des idées. La Bible enseigne en effet que la terre est immobile, alors que le soleil tourne autour. Le premier point est développé par l'Ancien Testament. On peut lire en effet dans les Psaumes : « Seigneur, mon Dieu... Tu as fixé la terre sur ses bases, de sorte qu'elle ne bouge jamais... » (Psaume 104-5). Quant au mouvement du soleil, il est mentionné à plusieurs reprises, notamment à propos de l'exploit de Josué qui a fait arrêter sa course dans le ciel pour permettre aux Israélites de décimer les Amorites. (Josué-10).
Aussi la conception d'Aristarque de Samos fut combattue dès que la religion chrétienne s'implanta en Europe et notamment en Italie et en Grèce. La philosophie de l'Eglise dans ce domaine a été fort bien résumée par le plus célèbre des Pères de l'Eglise latine, Saint Augustin (qui est né rappelons-le en 354, à Souk Ahras et est mort près de Annaba à Hippone en Algérie en 430), lorsqu'il écrivait : « Le Seigneur n'a pas dit : « Je vous envoie l'Esprit (le Saint-Esprit), pour vous enseigner les cours du soleil et de la lune; Il désirait que vous deveniez des Chrétiens et non des astronomes. »
Est-ce à dire que les deux qualités sont incompatibles ? Un tel antagonisme devait durer plus d'un millénaire. Lorsque Copernic (1473-1543) exposa son système héliocentrique dans lequel « le soleil occupait le centre de l'univers, avec les planètes tournant autour », l'Eglise s'empressa de le rejeter. L'ouvrage publié en 1543, année de sa mort et intitulé : « De Révolutionibus orbium caelestrium » (Révolution des sphères célestes) fut mis à l'index par la Sainte Congrégation. Selon Buonamici, secrétaire diplomatique, le Pape Paul V était même d'avis de
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déclarer Copernic opposé à la foi ; il condamna en 1616 les idées coperniciennes les jugeant contraires aux Ecritures.
En fait, dans la réalité, cinq siècles et demi avant Copernic, à l'approche de l'an mille, alors que les Chrétiens vivaient la grande terreur de l'annonce de la fin du monde, un savant musulman, versé dans la philosophie, l'astronomie, l'histoire, les mathématiques et d'autres disciplines, le célèbre Al Beïruni (973-1048) avait exposé sa théorie de la rotation de la terre sur elle-même et autour du soleil. C'était la première fois qu'un homme osait remettre en cause, l'image d'une terre fixe et immobile, située au centre de l’univers, imposée par l'Eglise.
Toutefois, l'opposition la plus ferme au système héliocentrique, le fut relativement au modèle proposé par Galilée (1564-1642) qui reprit les idées coperniciennes. Malgré la mise en garde de l'Eglise, l'astronome continua à défendre fermement ses idées. Il publia "Le Dialogue" qui scandalisa ses adversaires par ses prises de position. En 1633, alors qu'il avait près de 70 ans, il fut sommé de se présenter devant l'Inquisition qui le fit abjurer à genoux. Le Tribunal composé de dix cardinaux devait en outre le condamner à la prison à vie. On prête a Galilée la célèbre exclamation : « Eppur, si muove ! » (Et pourtant, elle se meut !).
Ce procès reflète la position officielle de l'Eglise vis-à-vis du problème de la rotation de la terre. Comme la Bible soutient le point de vue contraire, il était logique de la voir réagir en conséquence afin de protéger la pureté du Message. Toutefois, il est clair que le fait de savoir si la terre tourne ou non est secondaire. Il a été exploité afin de dissimuler le véritable sujet qui aurait jeté le désarroi dans la communauté religieuse et qui est de savoir si la terre était vraiment le centre de l'univers, et par conséquent, l'unique planète habitée créée par Dieu, ou bien si elle devait être reléguée dans l'infini du cosmos, et auquel cas elle perdrait ses principaux attributs. Car c'est bien là, le fond de l'enseignement judéo-chrétien, abordé déjà plus avant.
Le sacrifice du Fils Unique de Dieu ne pouvait se concevoir, que si la terre était, elle aussi unique dans l'univers. En la reléguant au rang de simple planète tributaire du soleil, la version biblique perdait tout son sens. La voie était dangereuse. L'existence d'autres planètes réduirait à néant, le dogme du Fils Unique et par contrecoup, celui de la Trinité ; et en fin de compte c'est tout l'enseignement chrétien qui était menacé. C’est ce qui explique la sévérité du jugement prononcé contre un homme de science, qui n'a rien fait d'autre, que d'exposer les mécanismes qui régissent le système solaire.
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« La question n'était pas de savoir qui tournait autour de qui, précise à ce sujet, Norman Hampson, dans son ouvrage, «Histoire de la pensée européenne. » Les quelques textes de l'Ancien Testament qui impliquaient un univers géocentrique n'étaient pas nécessairement au coeur du problème. Si la terre en était au centre, l'homme devenait le seigneur de l'univers, comme l'avaient pensé les Grecs et prôné la tradition judéo-chrétienne. Si, d'un autre côté, la terre était simplement une planète en orbite autour d'une étoile locale, la transition était facile vers l'affirmation d'innombrables planètes similaires dispersées dans le ciel. » Tout en percevant correctement le problème, l'auteur a voulu quand même minimiser la portée des ses conclusions.
Accessoirement à sa condamnation et à la mise à l'index de ses écrits, il n'est pas superflu de montrer que Galilée avait réussi à jeter le doute dans l'esprit des supérieurs religieux. En 1616, et suite à la publication d'une « lettre à Cristina », dans laquelle il réfutait la version biblique, le cardinal Bellarmino écrit à un autre religieux nommé Paolo Antonio Foscarini, pour attirer son attention que « s'il y avait une véritable démonstration que le soleil est au centre de l'univers et qu'il ne tourne pas autour de la terre, mais que celle-ci tourne autour de lui, alors il nous faudrait être très prudent dans l'explication des Ecritures qui semblent dire le contraire, et nous devrions dire que nous ne les comprenons pas, plutôt que d'affirmer qu'elles sont fausses. » Voilà un raisonnement qui a au moins l'avantage de la clarté.
Les jugements de ce genre faisaient ressortir le dualisme entre l'Eglise et la Science. En 1865, Henri Reush, avait mis en garde, dans son ouvrage intitulé « La Bible et les sciences de la nature », contre une interprétation scientifique de la Bible, et au congrès scientifique international des Catholiques de 1891, Mgr Freppel déclarait, selon Henri Verbist, dans « Les grandes controverses de l’Eglise contemporaines » : « Gardez-vous d'assimiler la Bible avec tel système cosmogonique. »
La comparaison des données scientifiques avec le Coran ne donne jamais lieu à une telle opposition. Ainsi, concernant la forme de la terre, verset 30 de la sourate 79, est ainsi conçu : « Après cela (la création des cieux), Il (Dieu), étendit la terre. »
Le mot utilisé pour représenter l'étalement est « dahâha » (Il étendit ou Il fit étendre). Seulement ce terme signifie aussi "rouler", de la façon dont on dit « rouler une pâte » ou encore « faire rouler un oeuf. » Cette définition a été retenue, entre autres, par Béchir Torki, dans son livre : « L'Islam, religion de la science ». Compris dans un tel sens, le verset en
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question équivaut à stipuler que la terre possède son mouvement de rotation propre, puisqu’elle tourne sur elle-même, mais également qu’elle effectue une orbite, car par analogie, le roulement de l'oeuf se traduit par la combinaison de ces deux mouvements complémentaires.
Un argument qui plaide pour cette version est la description que donne le Coran de l'alternance du jour et de la nuit. Il est dit « ...Il (Dieu) enroule la nuit sur le jour et Il enroule le jour sur la nuit... » (Coran 39.5). Or, les astronautes qui ont pu observer depuis une certaine distance le globe terrestre, ont constaté l'existence de ce phénomène occasionné par la rotation de la terre sur elle-même, avec alternance de zone d'ombre et de zone de lumière dans un roulement sans fin. Le Coran ajoute ceci : "Voici un (autre) Signe pour eux ; La nuit dont Nous écorchons le jour, et ils sont alors dans les ténèbres. » (Coran 36.37).
Cette représentation ne donne sa pleine signification que si l'on observe le globe terrestre à partir de l'espace. D'un lieu éloigné de plusieurs milliers de kilomètres. La planète Terre se présente alors noyée dans l'obscurité du cosmos, tandis que le soleil illumine le côté lui faisant face. Mais, au fur et à mesure de la rotation terrestre, la lumière est littéralement « écorchée » (c'est le mot utilisé par le Livre Sacré) de la planète et la portion considérée pénètre dans les ténèbres et l'obscurité.
Le terme "écorché" est particulièrement bien adapté dans ce contexte. Effectivement, la lumière est dépouillée de la planète en rotation de la même façon qu'un animal est écorché de sa peau. Toutefois, il y a lieu d'insister qu'une telle constatation n'est visible que pour un observateur spatial. C'est en tous cas ce phénomène qu'ont pu voir pour la première fois, les astronautes lors de leur mission vers la lune. Alors que le Prophète Mohammed, que le Salut et la Bénédiction d’Allah, soient sur lui, avait les pieds bien sur terre.
Il est possible de faire une représentation mentale, sans avoir à monter dans l'espace. Mais une telle conception supposerait une parfaite connaissance des mécanismes qui régissent le système solaire. Or, le niveau scientifique de l'époque s'opposait à une pareille approche. Pire, il faisait du soleil, le satellite de la Terre. Malgré ces dérives, le Coran n’a jamais fait siennes ces aberrations ; les descriptions coraniques, plaident pour une terre ronde qui tournerait sur elle-même et autour du soleil.
En souscrivant à la conception de ce modèle, le déplacement du soleil dans le ciel ne deviendrait plus qu'une apparence, une illusion puisque c'est la rotation de la terre qui donne l’image du mouvement. Ce 276
qui pousse les astronomes à parler du mouvement apparent du soleil. Lequel est mentionné tout aussi opportunément dans le Coran. La sourate 18, intitulée « La Caverne », qui retrace l'épopée des jeunes gens qui cherchèrent abri dans une caverne afin de se consacrer à Dieu, en est une description parfaite. Les Chrétiens connaissent aussi cet épisode par l'intermédiaire de Grégoire de Tours, sous le titre « Les sept dormants d'Ephèse. » Voici ce que dit le Coran : « Tu aurais vu le soleil levant s'écarter à droite de leur caverne et passer à gauche le soir au moment de décliner, tandis qu'ils (les dormants) demeuraient dans un endroit spacieux au centre de la caverne. » (Coran 18.17)
Le développement de la première partie du verset situe d'emblée l’observateur dans le domaine de la vision : « Tu aurais vu ... ». Au lever, l'astre solaire était visible à droite de la caverne avant de monter au zénith au cours de la journée, de redescendre le soir, à gauche et de réapparaître le lendemain à droite dans un cycle continu. Le Livre Sacré a tenu de la sorte à évoquer le mouvement apparent du soleil. Il est évidemment inconcevable de penser que le soleil effectue réellement des rotations autour de la caverne. D'où la conclusion que ces déplacements ne sont qu'une illusion destinée à mettre en relief le mouvement apparent. Et à renforcer le sentiment que la théorie de l'héliocentrisme devait être substituée au géocentrisme découlant de l'enseignement biblique.
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L'ORBITE DU SOLEIL
Après le déplacement vers l'Apex, le Coran signale l'existence d'une orbite qui serait décrite par le soleil, qu’il prend soin de différencier de la trajectoire lunaire : « Il n'est pas donné au soleil d'atteindre la lune, ni à la nuit de devancer le jour, chacun de ces astres se mouvant dans une orbite qui lui est propre. » (Coran 36.40). Les deux astres ne sont pas régis par la même ordonnance qui leur impose de tourner autour de la terre, même si les apparences faisaient que les anciens étaient convaincus du contraire. Si la lune décrit des rotations en ce sens, ce que personne ne met en doute, le déplacement du soleil est par contre un mouvement apparent que le Livre Sacré a démontré. Dans ce cas, quel est cet autre mouvement dont la réalité est attestée sans équivoque ? C'est la question que se sont posés quelques orientalistes qui n'arrivaient pas à trouver dans les traités d'astronomie une réponse à l'énigme. Et qui conclurent un peu trop hâtivement (aidés en cela par leurs propres inclinations), à l'inexistence d'un mouvement solaire, quelles que soient ses coordonnées.
Mais le rejet systématique est parfois synonyme de partialité. L'étude de ce sujet permet de contester la validité des opinions exprimées avec légèreté. Car, même si les faits sont prouvés, ils nécessitent quelques rappels, pour étayer le raisonnement : La Galaxie ou Voie Lactée, vaste traînée blanche qui traverse le ciel est connue depuis des temps immémoriaux. Cependant, il fallut attendre le 18ème siècle pour voir l'Allemand Emmanuel Kant et l'Anglais Thomas Wright imaginer qu'elle représentait la projection sur la sphère céleste, d'un vaste disque plat, contenant le système solaire et toutes les étoiles visibles. A la fin du 18ème siècle, c'est au tour de l'Allemand William Herschel de préciser que le Soleil n'occupe pas le centre de la Galaxie, contrairement à l'idée admise jusque-là. Au cours de l'année 1917, l'astronome américain Harlow Shapley évaluera à 100 000 années-lumière son diamètre et la représentera sous forme d'un disque possédant un bulbe central. La Voie Lactée constitue une entité dynamique de quelques 200 milliards d'étoiles, renfermant d'immenses nuages de poussière et de gaz. Le soleil 278
occupe une position excentrée située à 30 000 années-lumière du centre, sur la bordure du bras d'Orion (un des bras de la Galaxie).
La Galaxie tourne sur elle-même avec des vitesses différentes selon la distance par rapport au centre. En 1904, l'astronome danois, J. Kapteyn a pu démontrer que le soleil participe aussi à ce vaste mouvement de rotation autour du centre galactique. A raison de 250 kilomètres par seconde, soit près d’un million de kilomètres à l'heure, il entraîne avec lui tout le système solaire et accomplit une révolution galactique, connue sous le nom d'année cosmique en 250 millions d'années environ. Au bout de cette période, l'astre solaire aura effectué un tour complet de la Galaxie et parcouru une distance de quelque 200 000 années-lumière. Ce déplacement est le plus rapide de tous les mouvements connus du soleil.
Les révolutions continueront jusqu'à la fin des temps pour autant que la Galaxie garde sa structure et son unité. Tout au plus, en raison de l'expansion de l'univers, l'année cosmique va-t-elle s'allonger un peu plus. L'ensemble des rotations constitue ce que le Livre Sacré décrit comme un mouvement du soleil distinct de celui de la lune. Ainsi, se trouve confirmée la thèse coranique selon laquelle, l'astre solaire exécute des rotations sans fin, alors que les spécialistes n'avaient pu déceler aucune orbite avant le début du vingtième siècle. Ainsi le Livre Sacré a permis de décrire les phénomènes essentiels qui commandent le fonctionnement du système solaire.
Cette représentation fait de la planète, une sphère qui tourne sur elle-même et autour du soleil, que celui-ci possède un mouvement qui n’est qu’apparent et qu’il accomplit des révolutions autour du centre galactique, alors que simultanément il se dirige vers un point du ciel connu sous le nom d'Apex. Enfin, tout ce vaste ballet est animé d'un autre mouvement plus imperceptible, découlant de l'expansion de l'univers, lequel a été impulsé au moment du Big bang et que l'ensemble de la Création doit se recontracter à la fin des temps !!! Non, il ne s’agit pas de têtes de chapitres d'un ouvrage d'astronomie, mais la teneur du Coran Sacré, communiqué au Dernier des Prophètes, afin que l'humanité, ne soit pas dans le doute sur son authenticité. De telles connaissances n'étaient pas accessibles à l'époque et l’apport cumulé de tous les savants n'aurait jamais permis d'arriver à des constatations aussi conformes à la réalité. Mais quoi de plus naturel que l'expression de toute la Vérité, lorsque Se manifeste le Verbe Sacré du Créateur de l'univers ?
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LA FIN DU SOLEIL
Le soleil est né de l'effondrement d'un nuage de matière interstellaire. Lorsque la température et la pression au centre du nuage étaient devenues énormes, les réactions de fusion thermonucléaires s'enclenchèrent, convertissant l'hydrogène en hélium et produisant une émission de rayonnement intense. Cette phase dure selon les spécialistes, depuis environ 4,55 milliards d'années. Après le cycle de l'hydrogène, le soleil amorcera la fusion de l'hélium puis celle du carbone, etc. (Voir l’article : « Les derniers jours de la Terre »). Lorsque le combustible nucléaire n'arrivera plus à fournir assez d'énergie pour maintenir sa cohésion, le soleil entrera dans une phase de destruction et de désagrégation qui devrait aboutir à sa mort.
Selon les astrophysiciens et jusqu'à présent, 30 à 35 pour cent de l'hydrogène ont été convertis en hélium. Aussi, ils accordent encore une longue vie à l'astre solaire. Certains parlent de 5 milliards d'années, d'autres plus. Une querelle de chiffres, puisqu’aucune partie n’est en mesure de valider ses thèses. Pour preuve écart existant entre les différentes prévisions.
La mort du soleil est une notion nouvelle introduite par le Coran qui décrit d'une façon saisissante les grands phénomènes qui se produiront durant cette ultime catastrophe. Il faudra attendre le 20ème siècle pour voir les chercheurs interpréter correctement les désastres annoncés, qui ont été explicités dans l’article intitulé : « L’étoile à neutrons ». Les nombreux passages consacrés à ce sujet évoquent l'évolution du soleil qui se transformera en astre de mort. Cela est d'autant plus vrai que sa destruction entraînera celle du globe terrestre. Voici quelques exemples puisés dans le Livre Sacré qui semblent assez éloquents : « Il (le Seigneur de l’univers) a soumis le soleil et la lune, chacun poursuivant sa course jusqu'à un terme fixé. » (Coran 13.2).
L'association du soleil et de la lune est très courante dans le texte coranique. Il s'agit de deux astres de première importance pour les terriens qui influencent la vie de tous les peuples. L'expression « terme 280
fixé » (ou encore « terme préétabli ou prédestiné »), traduit de la formule « adjalin moussema » signifie une échéance, un destin temporel, limité par une fin déterminée à l'avance. Cette locution est souvent employée, comme le prouve la citation suivante : « Implorez le Pardon de votre Seigneur. Soumettez-vous à Lui. Il vous assurera une vie heureuse, jusqu'au terme fixé... » (Coran 11.3)
Le « terme fixé » se rapporte ici, non seulement à la mort de l'individu, mais également par extension, à la fin du monde et même de l’univers et de toute la création, puisque le terme fixé à la planète est celui de sa fin ultime. A travers ces formules, il convient de voir, outre l'aspect du problème, la manifestation de la Puissance Divine, qui préside aux destinées, de chaque être vivant et de chaque végétal, si minimes soient-ils, dans un cadre cohérent régi par des Lois universelles.
La même expression revient plusieurs fois de suite pour décrire la mort du soleil qui doit intervenir à une échéance connue du Seul Créateur : « Ne vois-tu pas que Dieu fait pénétrer la nuit dans le jour et qu'Il fait pénétrer le jour dans la nuit et qu'Il a assujetti le soleil et la lune chacun poursuivant sa course jusqu'au terme fixé ? » (Coran 31.29).
Ou encore : « Il enroule la nuit sur le jour et le jour sur la nuit. Chacun (de ces processus) poursuivant sa course, jusqu'à un terme fixé. N'est-Il pas le Tout-puissant. Celui qui pardonne ? » (Coran 39.5).
D’autres passages, notamment le verset 35.13 va dans le même sens. De toute manière, il n’est pas utile de multiplier les exemples pour démontrer que le Coran a bien prédit, la fin du soleil, qui doit intervenir (dans quelques milliards d'années ?) après épuisement du combustible nucléaire. Les spécialistes sont unanimes pour estimer que les choses devront se passer ainsi, conformément aux observations réalisées sur d'autres étoiles qui ont connu un sort identique.
Le Coran fait aussi référence à la lune, car le satellite de la terre est intimement lié à l'évolution du soleil, tout comme la terre. Lorsque le cataclysme final emportera le soleil, la lune sera elle aussi réduite en poussière. La communauté de destin est ainsi rappelée car l'existence des planètes est tributaire de celle de l'astre central qui, renferme 99,8 pour cent de toute la matière du système solaire.
Dans son livre intitulé « Les derniers jours de la terre », Pierre Kohler envisage lui aussi l'éventualité de la destruction de la terre (et de la lune), par suite de la désintégration du soleil. Cependant, il tient à
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rassurer le lecteur en précisant que la catastrophe n'interviendra pas avant cinq milliards d'années. D'une façon générale, tous les spécialistes qui abordent un thème lié au fonctionnement et à l'évolution du soleil, s'entendent pour pressentir une fin conforme au schéma qui a été décrit et qui a été observé ailleurs dans le ciel. Il n’existe pas dans l'histoire des peuples, de traités scientifiques ou d'ouvrage sérieux pour évoquer la mort du soleil. Cela est dû au rôle bienfaisant de l'astre solaire considéré comme le dispensateur de la lumière et de la vie. Au point d'être déifié par des communautés païennes. Et, ainsi que chacun le sait, les dieux ne meurent pas. Du moins dans l'imagination de leurs adeptes.
Pour la religion brahmanique, l'ère cosmique équivaut à une période comprenant plusieurs phases caractérisées par l'état de chaos initial, puis interviennent de la création, le maintien de l'univers et enfin le retour au chaos initial. Chaque grand cycle doit durer l'équivalent de 4 290 millions d'années. Cependant, malgré le rapprochement avec la réalité, aucun phénomène ne se rapporte spécifiquement à la mort du soleil qui annonce la fin de la vie.
La Bible relate à son tour l'exploit de Josué qui arrêta la course du soleil, pour permettre aux Israélites de vaincre leurs ennemis. (Ancien Testament 10.2) Cependant, il n'y a aucune allusion à une quelconque destruction du soleil à la fin des temps. Un tel événement semble pourtant bien plus probant que celui de stopper le cours du soleil et qui implique d'aller à contre-courant des lois de la nature.
En définitive, il importe de savoir, que la mort du soleil est bien programmée par le Créateur de l’univers, qui a fixé un terme irrévocable à toute chose. Cette fin, pour naturelle qu'elle puisse paraître aujourd’hui, ne pouvait être envisagée par les anciennes civilisations qui n’avaient aucune notion du phénomène. Aucune allusion à ce phénomène n’existe dans la littérature mondiale. Une fois encore, par la pertinence de ses révélations, le Coran s'impose comme le Livre Sacré dont l'origine divine s'affirme incontestablement.
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LES DEUX MERS
Les deux mers. Ce sujet puisé dans le Coran a pris une importance considérable auprès de la vox populi. Sans motif apparent à première vue, car n'importe quel autre domaine aurait pu prétendre à la même vogue. Cependant, durant la période considérée, il y eut l'apport d’émissions télévisées consacrées à la mer, que la rumeur et la crédulité ont vite fait d’orienter vers des mystères imaginaires. Mais, contrairement aux différentes versions en circulation personne n'a jamais découvert de vastes étendues d'eau douce au beau milieu des océans, incitant qui que ce soit à se convertir à l’Islam. Et, il est fort improbable que quelque chose de similaire puisse exister. Car les lois de la nature, qui sont, à ne pas douter, des lois divines, s'opposent à ce qu'un tel phénomène vienne déranger l’ordonnancement de la Création. Dans les cas extrêmes, l'eau douce pourrait provenir de sources sous-marines et, à moins d'un débit gigantesque qui entraverait le pouvoir d'absorption de la mer, tout apport d'eau douce serait rapidement dilué dans la masse salée.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, il convient de donner une explication au mot « bahr » qui se trouve mentionné dans le Coran et qui désigne habituellement la mer. C'est ainsi que la mer Méditerranée, la mer Caspienne sont identifiées par le mot « bahr » suivi du nom de la mer considérée. Par extension, ce même mot sert à indiquer un océan, bien que celui-ci soit plus correctement représenté par le mot « mouhit ». Les grands fleuves sont aussi désignés par le mot « bahr », accolé au nom du fleuve, à l'exemple du bahr El Nil, pour le Nil, bahr El Fourath pour l'Euphrate etc. Le pluriel de ce mot est « bouhour » ou « bihar ». Par référence à deux mers voisines, c’est le terme de « bahreïn », du même nom de l'archipel de Bahreïn dont l'île principale de forme oblongue, est bordée des deux côtés par la mer qui est utilisé. La même terminologie sert à décrire un ensemble constitué d'un côté par la mer et de l'autre par les eaux des grands fleuves.
Le Coran évoque à plusieurs reprises les deux mers, dont l'une est douce et agréable au goût, et l'autre salée et amère. La connaissance des véritables mécanismes qui régissent ce phénomène, justifie la rédaction
de cet article. Nombre de commentateurs anciens, suivis des exégètes contemporains ont vu, en effet, dans ces passages la description des eaux du Tigre et de l'Euphrate qui se jettent dans la mer. Leurs masses respectives les font ressembler à deux mers aux saveurs dissemblables. C'est du moins un point de vue largement partagé. Cependant, le problème est plus complexe qu'il n'y paraît de prime abord.
Le Livre Sacré précise à deux reprises (Coran 25.53 et 55.19), que « Dieu a fait confluer les deux mers ». L'infinitif « confluer » est la traduction du mot « maradja » employé dans les deux versets, cela semble entendu. En réalité, quelle diversité et quelles contradictions dans les travaux des orientalistes ! Si certaines sources s'accordent pour donner au terme « maradja », la signification de « faire confluer », à l’image du dictionnaire El Farâïd, Arabe/Français (J.B. Belot – Liban), Kasimirski par contre use du même mot pour traduire deux situations absolument contraires (rapprocher et séparer). M. Savary de son côté utilisé consécutivement les termes « rapprocher » et « balancer ». Que veut-on dire par « balancer les eaux des deux mers ? »
D’autres explications semblent plus cohérentes : Masson, Blachère, Mazigh et Chouemi prêtent à ce mot la notion de « faire confluer » dans le sens de « se rencontrer, se jeter dans… » C'est l'idée qui se dégage chez Bucaille, selon lequel « Dieu est Celui qui a laissé libre cours aux deux mers », à condition que cette expression suppose un écoulement normal d'un fleuve vers la mer. Globalement, le terme « maradja » signifie « rencontrer, ou se jeter dans… » La Tradition Islamique décrit l'évocation de deux mers appelées à se rencontrer ou se jeter l'une dans l'autre. Il sera donc retenu pour la suite de cet exposé, la notion de « faire confluer » pour expliquer la racine « maradja. » Elle correspond le mieux à l'esprit du Coran. Deux passages principaux, traitent de ce problème.
1. « C'est Dieu qui a fait confluer les deux mers. L'une est douce et agréable au goût, l'autre est salée et amère. Il a établi entre elles, une barrière et une limite infranchissable. » (Coran 25.53).
2. « Il a fait confluer les deux mers pour se rencontrer. Il a établi une barrière entre elles, qu'elles ne peuvent franchir. » (Coran 55.19 à 21).
Les commentaires de Blachère traduisent bien le sens de ces versets : « Les deux mers. Chez Tabari, cette expression est prise dans un sens très étendu. Le Créateur a fait en sorte que la masse des eaux fluviales ne soit pas altérée, par la salinité de l'eau de mer. Toutefois, 284
pour la génération même de Mahomet, il est possible que ce passage ait fait penser au phénomène du non-mélange immédiat des eaux de l'Euphrate et du Tigre avec celles de la mer, à leur débouché dans le Golfe. En tout cas, c'est l'interprétation retenue dans les commentaires postérieurs à Tabari. » Tabari a vécu de 838 à 923 de l'ère chrétienne, soit trois siècles après le Prophète Mohammed.
Ainsi, le non-mélange des eaux douces fluviales et des eaux salées marines, était déjà admis du temps du Prophète. Les populations de la région plus spécialement les marins et les pêcheurs ne pouvaient l’ignorer. Même si le fait de le remonter jusqu'au Prophète demande à être vérifié. Aussi, personne ne saurait attribuer la paternité d’une telle "découverte" à un bateau de recherche océanographique, la Calypso, en l’occurrence, alors que Tabari y faisait allusion en son temps.
Il n’est pas possible de comprendre pleinement la portée de ce sujet relatif aux deux mers, sans remonter aux origines, aux mécanismes qui contribuèrent à la formation du globe. Car c’est de là que découlent la formation des mers en question. Plusieurs versions contradictoires ont été proposées par les spécialistes pour tenter d'expliquer la genèse de la terre. Selon les uns, la planète serait née à partir de matière solaire, chaude à l'origine de plusieurs milliers de degrés, alors que pour d'autres, son édification résulte de l'accrétion de particules froides contenues dans un nuage cosmique. Une des dernières théories qui semble particulièrement cohérente et bien argumentée soutient que l'ensemble du système solaire, comprenant le soleil, les planètes et leurs satellites ainsi que les autres petits corps (roches et astéroïdes) a été constitué, il y a environ 4,55 milliards d'années (Les premiers jours de la Terre. Claude Allègre)
La terre, aurait été formée à partir d'un nuage interstellaire composé de poussière et de gaz. Les particules en s'agglomérant, auraient donné naissance d'abord à des roches de petite taille puis à de gros rochers et finalement, au globe terrestre. Dès sa formation, la planète fut soumise à des bombardements incessants d'astéroïdes dont le diamètre variait de quelques mètres à plusieurs kilomètres. La surface devint rapidement un terrain chaotique et poussiéreux, marqué par les débris des roches, les brèches et les éboulis, à l'image du relief lunaire. Ce scénario dont l'intensité allait en décroissant aurait duré 500 millions d'années. Le bombardement continu et intense n'avait pas encore fini par modeler la surface, qu'un autre processus était déjà en cours ; il s'agit de la différenciation interne des couches de la planète. Le noyau en fer/ nickel commence à se spécialiser aux dépens du manteau.
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L'histoire primitive de la planète est caractérisée par un abondant volcanisme et par l'absence de continents. Dès leur formation, les reliefs étaient détruits et engloutis dans le manteau. Il n'existait ni chaîne de montagne, ni dépression, ni permanence à la surface du globe. Durant les cent premiers millions d'années, un volcanisme intense va former, par dégazage l'atmosphère terrestre. Les émissions volcaniques sont un mélange d'eau, d'azote, de gaz carbonique, de soufre et d'autres éléments et gaz provenant de l'intérieur du globe, Le dégazage du manteau va aussi amener l'eau à la surface de la terre. Cette eau apportée par le bombardement intensif des météorites, est acide et se combine aux roches basiques pour créer un proto-océan. Le processus de la constitution de l'océan mondial aurait duré 10 millions d'années.
C’est grâce à l’action du soleil que le cycle atmosphérique s’est enclenché. Seulement en l'absence de continents, la rotation tournait à vide. L'eau s'évaporait de l'océan pour y retomber sous forme de pluie, dans une suite sans fin et sans intérêt. Lorsque les premiers reliefs émergèrent et commencèrent à se refroidir, une partie des précipitations se déversa sur les nouvelles terres, entraînant avec elle, les débris par érosion, Une fois les roches lavées, l'eau devenue de plus en plus potable et douce s'accumula dans les dépressions, les vallées au fond des montagnes, donnant naissance aux lacs, fleuves, rivières en surface et aux nappes souterraines.
L'eau douce a été ainsi séparée de l'eau salée avec laquelle elle était confondue. A l'origine il n'existait que l'océan mondial, désormais une autre entité venait d’apparaître : l'eau douce, couvrant parfois des étendues immenses. Cette eau est séparée de l'eau de mer par plusieurs formes d'obstacles dont quelques-uns sont insurmontables. En premier lieu, les reliefs ; Les eaux douces de surface sont presque toujours situées dans des zones élevées à une altitude supérieure à celle de l'océan mondial. Mais, la différence fondamentale provient du fait que les eaux douces sont systématiquement issues de la pluie et par conséquent de l’évaporation qui se condense, et qui est récupérée par les terres émergées. En l'absence de continents, il ne saurait y avoir de différenciation de l'eau de mer ; toute l’eau mondiale serait salée. Les reliefs forment en conséquence une barrière infranchissable entre les eaux douces et les eaux salées. Cependant, en dépit de ce qui les oppose, les deux mers convergent aux estuaires et aux embouchures.
Les grands thèmes concernant la formation de la terre par accrétion de particules, la constitution de l'océan mondial par dégazage,
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l'émergence et la consolidation des reliefs, la séparation de l'eau douce et de l’eau salée, ne donnent pas lieu à des divergences entre les multiples protagonistes et bénéficient d'un crédit suffisant pour les valider.
Le Coran admet lui aussi que la création des corps célestes s'est déroulée par accrétion de particules (41.11) et la terre ne déroge pas aux lois de la nature et ne constitue pas une exception dans le cosmos. Après son accrétion, son aménagement est résumé par le verset suivant : « N'est-ce pas Lui (Dieu) qui a fait de la terre un lieu ferme (stable), Il a fait jaillir ses cours d'eau, planté solidement son relief et dressé entre les deux mers, une barrière infranchissable ? Est-ce une autre divinité à côté de Dieu ? Mais la plupart des hommes ne savent pas. » (Coran 27.61). Ce verset est édifiant en raison des précisions qui sont données dans le déroulement des phénomènes de la création. « Dieu a fait de la terre un lieu ferme (stable) ». De fait, à l’origine, la surface était chaotique et poussiéreuse soumise à un bombardement météoritique permanent. Les continents qui tendaient à se former étaient détruits et ré-engloutis dans le manteau où régnait une chaleur infernale. Ce n'est que plusieurs centaines de millions d'années plus tard, que la planète connut une relative accalmie au cours de laquelle fut édifiée l'écorce terrestre, Le sol acquit des caractéristiques nouvelles, inconnues auparavant. La terre devint ferme, stable, et par la suite, propre à supporter la vie.
Pour ce qui est de la barrière entre les deux mers, décrite par le mot « hadjizan », Sadok Mazigh, substitue au sujet, l'action qui en découle. Du coup, l'expression « Il a dressé entre les deux mers, une barrière... », devient : « ...Il a planté un relief et séparé les eaux douces des eaux salées. » Cette façon de voir, reflète bien l'esprit du Coran, car si les eaux douces et salées avaient toujours été séparées, il n’aurait pas été nécessaire d’ériger une barrière qui devait déjà exister. Par contre, si à l'origine, les eaux étaient confondues et qu'un mécanisme avait été mis en place pour procéder à la séparation, alors il devient logique de prévoir un obstacle pour éviter que les eaux ne se mélangent à nouveau. Or, aux premiers temps, seul existait l'océan mondial.
Ce n'est qu'après l'émergence des reliefs que ceux-ci ont commencé à recueillir et à stocker l'eau douce issue des précipitations, puisque les mers ne participent pas à cette différenciation. Le terme « relief » est d'ailleurs presque systématiquement lié à l'eau douce, dans le Coran, par exemple : « Nous érigeâmes des montagnes élevées et vous donnâmes à boire une eau douce. » (Coran 77.27). Ou encore : « C'est Lui (Allah) qui a étendu la terre et y fit couler les cours d'eau. » (Coran 13.3).
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La chronologie de la création est donc exacte. Après la formation de la terre et la consolidation de l'écorce terrestre, l'océan mondial a vu le jour, mais les eaux douces n'ont pu être séparées des eaux salées, grâce à la circulation atmosphérique, qu'après l'émergence des reliefs. Plus tard, les réserves d'eau douce accumulées ont fini par atteindre des masses imposantes et de grandes étendues à l'apparence de véritables mers. Comme le précise le Livre Sacré : « Les deux mers ne sont pas identiques. L'eau de celle-ci est douce, potable et agréable à boire, l'autre est salée et amère. L'une et l'autre vous procurent des chairs fraîches, que vous mangez. Vous en extrayez aussi des joyaux dont vous vous parez. Tu vois le vaisseau fendre bruyamment les vagues, pour vous permettre de rechercher les bienfaits de Dieu. Peut-être en seriez-vous reconnaissants ? » (Coran 35.12)
La description correspond à celles des grands lacs, qui sont parfois assimilés à des mers intérieures. Les grands lacs d'Afrique (Tchad-Tanganyika-Malawi), d'Asie (Baïkal-Balkach-Ladoga), d'Amérique du Nord (Supérieur-Huron-Michigan-Erié-Ontario-Esclaves…), ont chacun plusieurs dizaines de milliers de kilomètres carrés de superficie (ou avaient, avant la sécheresse actuelle). Ils sont formés d'eau douce et possèdent sur leurs côtes, des villes et des ports. Ils sont sillonnés par des bateaux de marchandises, transportent des voyageurs et sont agitées par des vagues à l'image des mers. Ils produisent de grosses quantités de poissons d'espèces variées et peuvent recéler des joyaux (perles de mulettes d'eau douce, diamants, etc.), Les lacs Victoria et Supérieur sont ainsi plus vastes que la mer d'Aral. Le lac Baïkal s'étend sur 630 kilomètres de long, et sa profondeur pouvant atteindre 1740 mètres. Il renferme une île, Olkon plus de deux fois plus vaste que l’île de Malte (730 kilomètres carrés).
Ainsi, sont les mers d'eau douce décrites dans ce verset. Elles son habituellement séparées des océans par la distance, le relief et le cycle atmosphérique qui a donné naissance à l'eau potable. Cependant, à travers d'autres citations le Coran fait confluer les deux mers. Est-ce à dire qu'il y a contradiction entre les deux descriptions ? Non, car elles sont complémentaires. Si en amont, les eaux douces sont séparées des mers, en aval au contraire, elles confluent vers leur origine première. Ce sont les grands fleuves et à leurs débouchés, les estuaires. Leurs eaux s'étalent suffisamment pour constituer une entité bien distincte, et parfois considérable. Les eaux du Tigre et de l'Euphrate forment de la sorte une avancée de 100 à 150 kilomètres dans la mer pour se mélanger et celles de l'Amazone s'étendent sur un diamètre de 300 kilomètres en plein 288
Océan Atlantique, avant de se confondre et perdre leur identité. Ce sont des surfaces de plusieurs milliers de kilomètres carrés qui empiètent sur les mers et les océans.
Globalement, le problème des deux mers est er quelque sorte une genèse de l'hydrosphère de la planète. A partir de l'océan mondial primitif, l'eau douce a été séparée de l'eau salée, pour constituer d'énormes réserves dans les dépressions continentales. Par un des nombreux cycles qui réglementent le fonctionnement de la nature, une partie de ces eaux est condamnée à rejoindre les océans, pour perpétuer un mouvement sans fin, garant de la vitalité du globe terrestre. Voilà pourquoi, il n'y a pas lieu d'être restrictif et timoré dans l'interprétation des données coraniques, en réduisant, incongrûment, ces phénomènes à leur phase terminale, qui les fait se jeter dans la mer. Si les eaux douces et salées convergent, c'est qu'elles ont été déjà séparées une première fois, au cours de la prime jeunesse du globe. Dans un processus extraordinaire qui a donné naissance à la vie. Et qui est autrement plus complexe et plus révélateur du contenu du Coran qu'une hypothétique découverte d'une mer douce au milieu des océans.
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LE DELUGE A-T-IL ETE UNIVERSEL ?
Le Déluge a-t-il été universel au point de recouvrir toute la surface du globe ? La question semble déplacée, tant est ancrée dans la pensée populaire l'idée qu’effectivement le Déluge a submergé la terre entière, détruisant toute trace de vie, exception faite des hommes et des animaux embarqués dans l'Arche de Noé. Pourtant, les données scientifiques ne confirment pas la version d’une inondation planétaire. Mais le Déluge biblique est tellement important dans l'histoire de l'humanité que son empreinte est restée profondément gravée dans la mémoire des gens. Pourtant l’histoire est truffée de déluges catastrophiques qui se sont produits dans le monde entier, et qui ont été assimilées au Déluge Universel. En Amérique centrale circulent des versions d'époques différentes sur des inondations désastreuses qui se seraient produites pour détruire l'humanité et dont seuls quelques naufragés ont pu y échapper.
En Grèce, Deucalion fils de Prométhée était avec sa femme Pyrrha les seuls justes, ils furent sauvés du Déluge qui détruisit l'humanité de l’âge de bronze, en s'embarquant sur une arche. Une fois saufs, ils lancèrent derrière eux des pierres pour repeupler la terre. Les pierres de Deucalion devinrent des hommes, celles qui étaient jetées par Pyrrha se transformèrent en femmes.
La mythologie assyro-babylonienne possède aussi son déluge, l’Abubu provoqué par les dieux pour anéantir les hommes. Mais Ea le dieu des eaux, prévint Uta-Napishtim qui réussit à s’enfuir à bord d’une embarcation.
Au Mexique, c'est Cox Cox qui se sauva avec sa femme, à bord d'une barque, pour échapper au déluge, alors que Xisuthrus dans le monde hellénique ordonna de construire un navire de cinq stades de long afin d’y embarquer parents et amis. De nombreux récits traitent de déluges et d’inondations catastrophiques qui se sont produits un peu partout dans le monde ancien, qu’il est impossible de reprendre en raison de leur diversité. Ces déluges locaux font-ils partie du Déluge Universel mentionné par la Bible et qui recouvrit les plus hautes montagnes de la
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terre sous sept mètres d'eau ? Auquel cas l'universalité du Déluge biblique ne saurait souffrir d'aucune contestation. Ou bien s'agit-il seulement d'événements isolés, sans aucun lien entre eux et sans relation avec le Grand Déluge
Les points communs aux divers récits sont nombreux. Les catastrophes se présentent toujours sous forme d'inondations gigantesques qui s'abattent sur les contrées, noyant les hommes et les biens. Une autre analogie est à souligner, à chaque Déluge des hommes sont emportés par les eaux et d'autres arrivent à survivre en fuyant à bord d'embarcations diverses. Le troisième trait touche à la cause des événements qui sont décrits comme une punition du genre humain pour ses méfaits et ses exactions.
Toutes ces inondations plaident apparemment pour l'hypothèse d'un Déluge Universel. Mais les contradictions existantes inclinent à penser que ces catastrophes sont isolées, et n'ont rien de commun entre elles. L'argument le plus convaincant est certainement le décalage dans le temps des multiples inondations qui se sont produites dans des régions très éloignées les unes des autres. En outre, la périodicité des récits s'échelonne sur plusieurs siècles, alors que la Bible n'attribue que quelques mois au Déluge. Par ailleurs, l’auteur du châtiment est incarné par la Puissance divine dans les Livres Révélés, mais il est imputé aux divinités locales dans les légendes mythologiques.
Pour ce qui est du comportement des populations, si la fuite dans une embarcation peut être vue comme une conduite naturelle lorsque tout est submergé, les moyens utilisés ne laissent pas d'étonner. Alors que Cox Cox, le Noé mexicain, s'enfuit seul avec sa femme dans une barque, le roi Xisuthrus par contre ordonna de construire un bateau de 850 mètres de long en vue d'embarquer parents et amis. Un tel navire est deux fois plus grand que les paquebots géants en circulation actuellement ! Les effets des inondations sont un autre sujet de controverse. D'un récit à l'autre, les êtres humains ont été soit totalement décimés, soit seulement éprouvés dans leurs biens. Le fait est qu’il s’agissait de débordements circonscrits géographiquement, qui n'ont pas de portée planétaire. Du reste, les éléments tels que le vent, l'eau, le feu, le tonnerre, la pluie et autres phénomènes, étaient régis par une pléiade de puissances surnaturelles qui exerçaient leur pouvoir le plus souvent d'une façon catastrophique.
La version biblique du Déluge constitue apparemment la première source de ce désastre révélée par les livres sacrés. Voici comment il est
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présenté dans la Genèse. Les contradictions qui peuvent exister avec les thèses scientifiques seront traitées plus loin.
Selon la Bible, Noé avait pour ancêtres, successivement : Lemek, Mathusalem, Hénok, Yéred, Malaleel, Quenan, Enos, Seth et Adam. Il serait né 1056 ans après la création d'Adam et aurait vécu 950 ans. Neuf générations seulement séparent Adam de Noé. Abraham quant à lui ferait partie de la vingtième génération et serait né 1948 ans après Adam et 892 ans après Noé. Il aurait vécu 175 ans. Différentes sources prétendent qu'Abraham vivait 1850 ans avant Jésus ; ce chiffre sera retenu pour étayer la démonstration du récit. Comme la période écoulée depuis le Christ est de 2010 ans (année 2010 comme référence, il ressort qu’Adam aurait été créé il y a 5809 ans, selon le calcul suivant :
Adam à Abraham ...............................................1948 ans
Abraham à Jésus ................................................1850 ans
Jésus à ce jour ....................................................2010 ans
Le Déluge s'est déroulé lorsque Noé avait l'âge de 600 ans, soit 1656 ans après la création d'Adam et 2142 ans avant Jésus. Selon ces données, le Déluge universel se serait produit il y a 4152 ans. Mais une précision à ce niveau n'est pas révélatrice, en raison des données contradictoires des différents auteurs, mais surtout de l’absence totale de sources historiques. En outre le texte yahviste se démarque du texte sacerdotal par une antériorité de plusieurs siècles. Ensuite, le décompte des générations varie selon l'origine des informations. Dans les Evangiles par exemple, Matthieu donne quarante générations entre Abraham et Jésus, alors que Luc dresse une liste de 76 générations. Trente six générations ont été soit passées sous silence, soit surajoutées, selon la source de référence. De même, l'application du calendrier grégorien reposant sur l'année solaire et sa concordance avec le calendrier lunaire, en usage chez les Israélites ont été une source d'erreurs notable. L'imprécision arrive à devenir tellement flagrante, que dans l'histoire de Moïse, personne n’arrive à situer les événements dans leur contexte.
Les docteurs juifs, fixent la sortie d'Egypte des Hébreux, 1514 ans avant J.C., les chronologistes chrétiens donnent le chiffre de 1645 ans (Le Calendrier. Paul Couderc), alors que d'autres sources situent l'Exode à moins 1250 (Larousse 1980), soit 4 siècles de décalage. Ces dates qui divergent donnent un aperçu quant à l’authenticité des récits bibliques, qui ne reposent sur aucune historicité établie. Comme le but de cet 292
ouvrage n’est pas d'établir une chronologie historique des faits, qui est inexistante dans les faits, les dates de référence mentionnées ne constituent que des points de repère. Ainsi compris, voici le résumé du texte biblique évoquant le Déluge Universel, et dont l'introduction est consacrée à l'histoire de Noé.
A l'âge de 182 ans, Lemek eut un fils qu'il appela Noé. Dieu avait maudit le sol et la naissance fut un bon augure. Quand il atteint l'âge de 500 ans, Noé eut trois fils : Sem, Cham et Japhet. Les hommes commençaient à se multiplier sur terre. Des filles naquirent; elles étaient jolies et les habitants du ciel les choisirent pour épouses. Dieu regrettait déjà d'avoir accordé une si longue vie aux humains et décida dorénavant de fixer leur terme à 120 ans au plus. Il y avait des géants sur terre, et il en resta par la suite. C'étaient des héros de l'Antiquité, aux noms célèbres, nés de l'union des habitants du ciel avec les filles des hommes.
Lorsque le Seigneur vit que les hommes étaient de plus en plus malfaisants et que leurs penchants les portaient au mal, Il en fut attristé et regretta de les avoir créés et décida de les supprimer ainsi que les animaux et les oiseaux. Noé bénéficiait de la bienveillance de Dieu, qui lui confia Ses desseins. Il lui ordonna de construire une arche, un grand bateau en bois de cyprès en lui donnant des indications précises. Le bateau devait avoir 150 mètres de long, 25 mètres de large et 15 mètres de haut. Le Seigneur lui révéla encore qu'Il allait provoquer une grande inondation pour anéantir toute forme de vie sur terre, excepté Noé lui-même, sa femme, ses fils et belles-filles, ainsi qu'un couple de chaque espèce animale. Cependant, pour les animaux purs et les oiseaux, Dieu ordonna d’embarquer sept couples de chaque espèce.
Quand l'arche fut terminée, Dieu prescrivit à Noé de faire monter à bord les passagers conformément à Ses décrets. Et le dix-septième jour du 2ème mois, alors que Noé avait 600 ans, les eaux souterraines jaillirent et les vannes du ciel s'ouvrirent en grand. Il plut durant quarante jours et quarante nuits. Le niveau de l'eau monta, l'arche se mit à flotter, puis partit à la dérive. L'eau monta toujours jusqu'à plus de sept mètres au-dessus des sommets des plus hautes montagnes. Tout ce qui possédait un souffle de vie sur terre mourut. Seuls survécurent ceux qui étaient dans l'arche. L'eau inonda la terre durant cent cinquante jours. Après ce temps, Dieu pensa à l'arche et à ses occupants. Il fit souffler un vent sur la terre et le niveau commenta à baisser. Les sources souterraines et les vannes du ciel se fermèrent. Cent cinquante jours agrès le Déluge, le niveau continuait de descendre.
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Le dix-septième four du 7ème mois, l'arche s'échoua sur le massif de l'Ararat. Les eaux baissèrent encore jusqu'au 10ème mois. Le premier jour de ce mois, les sommets des montagnes apparurent. Quarante jours après, Noé laissa partir un corbeau, puis une colombe, mais l'eau couvrait encore la terre. Une semaine plus tard, la colombe fut relâchée. Elle revint le soir tenant dans son bec une jeune feuille d'olivier. Noé sut que la terre avait émergé.
Le premier jour où il eut six cent un ans, Noé constata que la terre était sèche. Le vingtième jour du second mois, elle était tout à fait sèche. Noé sortit de l'arche ainsi que tous ceux qui y étaient embarqués et construisit un autel qu'il consacra au Seigneur. Il lui offrit en sacrifice entièrement consumé, une bête de chaque espèce considérée comme pure parmi les grands animaux et les oiseaux. Le Seigneur respira l'odeur apaisante du sacrifice et déclara qu'Il renonçait désormais à maudire le sol à cause de l'homme. Il renonçait aussi à détruire toute forme de vie, comme Il l'avait fait la première fois.
Ici s'achève la version biblique du Déluge Universel, selon la Genèse (5 à 8) qui est fortement influencée par les récits mythologiques où les géants voisinent avec les héros de l'Antiquité et où les êtres célestes s'adonnent à la séduction des filles des hommes. Evidemment, les méthodes de datation relatives à l'âge d'Adam, ainsi que la généalogie de Noé ne sont nullement établies. Par ailleurs, les manifestations de regret et de tristesse exprimées par le Seigneur, sont malvenues, comme si le comportement dévoyé des hommes pouvait porter atteinte à Sa Gloire. De même, il est absolument stupéfiant de voir que l’odeur bienfaisante des sacrifices exerce sur Lui, un tel attrait.
Il va sans dire que les dimensions du bateau utilisé pour le sauvetage (150 mètres de long, réalisé par huit personnes : Noé, sa femme, ses trois fils et leurs épouses), ont de quoi laisser perplexe. A côté, le voilier de Christophe Colomb, le "Santa Maria" avec ses 23 mètres de long et le "Beagle" de Darwin, avec ses 27 mètres qui boucla le tour du monde en 5 ans, font figure de coques de noix. Nonobstant les autres anomalies, telles que l'impossibilité de regrouper plusieurs millions d'espèces animales, la colombe qui découvre une feuille d'olivier dans une terre noyée depuis près d'une année, etc., d’autres contradictions majeures existent : la première est que la date supposée d'un Déluge Universel, intervenu 22 siècles avant Jésus est évidemment fausse. Des civilisations brillantes, vivant avant la date du cataclysme, ont continué à exister, bien après les grandes inondations du « Déluge
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universel. » Les civilisations sumérienne, chaldéenne, babylonienne, égyptienne, assyrienne, pour ne citer que les populations locales, n'ont jamais été décimées par les inondations. Pareillement pour les populations situées plus à l'est, comme celles de l'Indus (Inde-Pakistan), du Yang Tsé Kiang, en Chine, du Japon, etc. De nombreux centres urbains vivaient dans la quiétude et la prospérité. Ces preuves sont suffisantes pour réfuter l’authenticité d'un Déluge Universel qui aurait noyée la terre entière.
A l’appui de leurs démonstrations, les partisans d'un cataclysme mondial, évoquent la présence de coquillages, un peu partout à l'intérieur des terres, y compris sur les montagnes. Ces coquillages auraient été déposés par la mer qui recouvrait le globe, et laissés comme les marques irréfutables du châtiment divin. Voltaire connu pour son incrédulité réfutait ces arguments. Pour lui la présence de ces coques ne plaide nullement pour un déluge universel, il ne s'agissait que des reliefs de repas absorbés par les pèlerins en route vers la terre sainte. Quand bien même la terre entière était parsemée ne semblait pas le troubler outre mesure. Les voyages creusent l'appétit, c'est connu. Celui qui était salué comme le prince de l'esprit, semblait l'avoir perdu en la circonstance, ainsi qu'il l'avait déjà fait, lors de ses attaques mesquines contre le Prophète de l'Islam.
Les géologues démontrèrent plus tard que la présence de coquillages ne plaide nullement en faveur d'un Déluge planétaire. Ces "restes de repas" constituaient il y a des millions d'années, des fonds marins qui se sont soulevés, tout en gardant les fossiles des coquillages qu'ils contenaient. Les coques dures et calcaires ont mieux résisté à l'action du temps que les squelettes osseux et cartilagineux des poissons et des créatures marines. La découverte de restes de poissons, bien que plus rare n'est cependant pas exceptionnelle. Elle ne conforte nullement la thèse du Déluge Universel. A ce jour encore, les forces titanesques qui animent la terre, soulèvent des régions entières, avec une vitesse de l'ordre de quelques millimètres par an. Ce sont de tels mécanismes qui donnent naissance aux reliefs et aux montagnes. Mais la remise en cause primordiale du Déluge Universel, provient du fait que la terre ne recèle pas assez d'eau pour noyer les montagnes sous une couche de sept mètres d'eau. Selon l'Ancien Testament, effectivement, « le niveau des flots monta jusqu'à ce que les plus hautes montagnes soient entièrement recouvertes et que l'eau atteignit finalement plus de sept mètres au-dessus des sommets les plus élevés. »
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Ce qui suppose que le mont Everest, qui culmine à 8 882 mètres dans l'Himalaya, a été noyé conséquemment et que la cote de l’eau aurait atteint 8 889 mètres (8 882 + 7) par rapport au niveau de la mer. Or l'évaluation du capital hydrique de la planète laisse planer de sérieux doutes sur le bien-fondé de cette version. Le volume total des eaux, comprenant les océans, les mers intérieures et toutes les eaux de surface (fleuves, lacs, rivières, etc.), de même que l'humidité contenue dans le sol, représente un volume d'environ 1 304 millions de kilomètres cubes. Cependant les eaux ainsi répertoriées n'entrent pas en ligne de compte dans le déclenchement du cataclysme, du moment qu'elles constituent les réserves de la planète et qu’un déluge universel, ne peut être provoqué que par un apport d'eau supplémentaire, version confirmée par la Bible qui précise que « les eaux souterraines jaillirent et les vannes du ciel s'ouvrirent en grand. »
Mais aucune étude ne confirme la position biblique. Le volume des eaux contenues dans le sous-sol, jusqu’à une profondeur de 4 000 mètres, estimé à 8 600 000 kilomètres cubes, ne provoquerait une montée de la surface des océans que d'une vingtaine de mètres (en pondérant ce chiffre par les effets du recouvrement des basses terres). Même pas de quoi recouvrir la plus petite colline. Quant aux « vannes du ciel », expression utilisée pour symboliser toute l'eau contenue dans l'atmosphère, sous forme d’humidité, de nuages de pluie, de neige, de glace etc., son déversement n’augmentera le niveau de la planète que de…trois centimètres. En cela quelles que soient la durée des précipitations ; qu’il pleuve un jour ou une année. Cette apparente contradiction s’explique du fait, qu'il y a en permanence, dans l’atmosphère, quelque 13 000 kilomètres cubes (13 000 milliards de mètres cubes) d’eau sous forme de nuages et d’humidité, qui est soumise à un cycle perpétuel d'évaporation et de précipitions qui se renouvelle tous les dix jours environ. La quantité d'eau en suspension restant inchangée. Lorsque toute la masse d'eau contenue dans l'atmosphère tombe sur le sol, il n'y aura plus d'eau dans le ciel. A moins de renouveler le stock par l'évaporation, ce qui réduirait d'autant les disponibilités du sol.
En conséquence, l'accumulation des eaux souterraines et des eaux de pluie, mentionnée par la Bible, est loin de créer les conditions favorables au déclenchement d'un Déluge Universel. Le niveau des eaux ne pouvant, dans le meilleur des cas, monter à plus de vingt mètres de sa cote d'origine. Pour donner plus de poids à leur version, les auteurs de la Bible ont omis un argument de choix afin d'accréditer leur thèse : celui de la fonte des glaciers et des calottes polaires, dont les réserves sont
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estimées à 30 millions de kilomètres cubes, assez pour élever le niveau des océans de 60 à 80 mètres, selon les estimations, et en fonction du relief terrestre. Encore fallait-il que les rédacteurs de l'Ancien Testament connaissent l'existence de l'Antarctique et du Groenland, dont la fonte aurait été catastrophique pour les habitants des basses contrées. Ce qui n’est apparemment pas le cas.
Il reste cependant, en additionnant toutes les réserves d'eau de la planète, y compris celles qui ont été ignorées par la Bible, que le niveau de l'océan mondial n'aurait pu augmenter que d'une centaine de mètres au maximum. A peine de quoi recouvrir les deux tiers de la pyramide de Chéops, qui, soit dit en passant, avait été érigée 5 siècles avant la date présumée du Déluge et qui n'a été ni inondée ni emportée par les eaux. Par conséquent, toutes les eaux de la planète ne pourront jamais atteindre la cote 8 889, tirée de l'Ancien Testament. Pour ce faire, il aurait fallu trouver et déverser plus de 4 milliards de kilomètres cubes d'eau sur toute la surface du globe. Ou, trois fois les réserves de la planète, en comptant les océans, les calottes polaires, les eaux de surface, le sous-sol et l'atmosphère. Un volume équivalent à la surface du Liban et dont la hauteur irait de la terre à la lune ! Telles sont les conditions pour créer le Déluge Universel et submerger ses plus hautes montagnes.
Bien entendu, il est toujours loisible de prétendre que Dieu est en mesure de créer des miracles, de produire de l'eau à partir du néant et de provoquer un déluge épouvantable, mais ce point de vue ne correspond ni à la version du Coran ni à celui de la raison. Face à ces contradictions apparemment incontournables, certains partisans du Déluge universel suggérèrent une solution ingénieuse. Il suffirait, disent-ils, de répandre toute l'eau contenue dans les mers et les océans sur les continents pour obtenir une couche qui noierait le mont Everest sous deux kilomètres d’épaisseur. Ainsi, le récit de la Bible ne serait pas incompatible avec la réalité. Evidemment, une telle éventualité n'est pas à écarter, mais le jour seulement où ces ingénieux concepteurs réussiront à entasser l'eau sur les montagnes, à la façon dont on empile les livres sur une étagère, alors qu'à proximité, les gouffres marins béants seraient vidés de leur contenu. Cette hypothèse à l'avantage de satisfaire l'esprit des angoissés en leur donnant l'impression d'avoir trouvé une réponse à l'énigme.
Les hydrogéologues assurent qu’un déluge universel, à l’image que celui qui est évoqué par la Bible, aurait dû laisser des traces visibles dans les sédiments. Or, rien de tel n'existe. Les travaux de Fairbridge font apparaître que les 5 000 dernières années n'ont pas été marquées par une
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variation significative du niveau des mers. De plus, au cours des 20 000 années écoulées, le niveau des océans était inférieur de 20 à 100 mètres par rapport à la cote actuelle. La période glacière que traversait la planète avait transformé en glaciers une surface évaluée à 80 millions de kilomètres carrés, entraînant un abaissement des océans en rapport allant à l'encontre du Déluge.
Légitimement, ces raisons s'opposent pour accorder au Déluge Universel biblique un crédit suffisant. Le Texte coranique ne flirte jamais aussi dangereusement avec l’invraisemblance. Les récits concernant Noé, sont traités avec mesure et aucune divergence par rapport aux données scientifiques ne peut être décelée. Il est rassurant pour le croyant de savoir que son inspiration est puisée aux sources de la vérité. Les écarts de l'Ancien Testament laissent place à un texte cohérent.
Le Déluge universel n’est jamais mentionné et les exhortations adressées au peuple de Noé sont présentées comme des avertissements aux diverses communautés qui se sont écartées des préceptes divins et qui sont rappelées à l'adoration de Dieu Unique. Pour cette raison, le récit coranique, contrairement à la Bible, est un agrégat de plusieurs extraits qui sont répartis à travers le corpus. Ce qui permet de restituer le texte originel. La majeure partie est puisée de la sourate 11, intitulée « Houd » qui constitue l'ossature du récit : (Sourate 11, verset 25 et suivants) :
« Nous (c'est Dieu qui parle) envoyâmes Noé à son peuple : « Je suis chargé de vous avertir solennellement, leur dit-il. N'adorez qu’Allah, sans quoi, je crains pour vous le châtiment du jour terrible. » Les chefs du peuple incrédule lui répondirent : « Nous ne te considérons que comme un homme comme nous et nous constatons que ceux qui t'ont suivi ne constituent que la lie du peuple. Nous ne voyons en vous aucun mérite particulier qui vous rende supérieurs à nous, et nous pensons que vous êtes des imposteurs. »
« Ô mon peuple, reprit Noé, voyez-vous si j'ai pour moi un Signe évident de Dieu et que j'ai reçu de Lui Sa Miséricorde, alors que vous êtes incapables de voir cela, devrions nous vous l'imposer tandis que vous y êtes rebelles ? Ô mon peuple, je ne vous demande aucune rétribution, ma récompense se trouve auprès de Dieu, et moi, je ne saurais repousser ceux qui croient, car ils rencontreront leur Seigneur, mais je constate que vous professez l'ignorance. Ô mon peuple, qui me portera secours contre Dieu, si je venais à repousser ceux qui croient ? Y avez-vous réfléchi ? Je ne prétends pas être un ange. Je ne saurais avancer que Dieu n'accordera aucun bienfait à ceux que vous méprisez.
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Dieu sait ce que recèlent leurs âmes. Si je prenais à mon compte cela, j'en serais coupable. »
« Ils répondirent : « Ô Noé, assez discuté, tes propos augmentent nos querelles. Envoie-nous donc le châtiment dont tu nous menaces si tu es véridique. » « Dieu vous l'enverra s'il le veut, et vous serez impuissants à l'en empêcher. Mais, les conseils que je vous donne ne vous seront d'aucune utilité, si Dieu décidait de vous égarer. Il est votre Dieu et c'est à Lui que vous retournerez. »
« Nous révélâmes à Noé ceci : « Il n'y aura de croyants parmi ton peuple que ceux qui ont déjà cru. Ne t'afflige donc pas de leurs pratiques. Construis une embarcation sous Nos yeux. » Il entreprit de la construire et, chaque fois que les chefs passaient près de lui, ils le gaussaient et le tournaient en dérision. Il leur dit : « Vous nous raillez aujourd'hui, mais nous ne tarderons pas à vous railler à notre tour et alors, vous saurez sur qui fondera un châtiment cruel dans ce monde et un supplice affreux dans l'autre. Cette situation dura jusqu'au jour où Notre Décret arriva à exécution et où l'eau se mit à bouillonner. Nous dîmes à Noé : « Embarque à bord un couple de chaque (espèce), ainsi que les tiens, excepté celui dont le sort est déjà réglé. Embarque aussi tous les croyants. Ceux qui ont cru n'étaient pas nombreux. » (Coran 54.10 et 11) « Nous ouvrîmes les portes du ciel, l'eau tomba à torrents. Nous fîmes jaillir les sources de la terre et les eaux se confondirent en exécution du Décret de l’Omnipotent. »
« L'arche se mit à voguer au milieu de vagues énormes, semblables à des montagnes. Noé cria à son fils qui était resté sur le rivage : « Ô mon fils, monte avec nous, ne sois pas avec les infidèles. » « Je me réfugierai sur une montagne pour échapper aux eaux, » répondit-il. « Nul n'échappera aujourd’hui au Décret de Dieu, répliqua Noé, si ce n'est par l'effet de sa Clémence. » « Les flots houleux les séparèrent et le fils de Noé fut englouti par les vagues ». (Coran 54.15) « L'arche voguait sous Nos Yeux. Nous récompensions ainsi, celui qu'on avait désavoué. » (Coran 11.44). « Nous dîmes : « Ô terre absorbe tes eaux, ô ciel cesse de pleuvoir. Le Décret était accompli. L'arche s'immobilisa à El Djoudi. Nous dîmes : « Loin d'ici, le peuple incrédule. » (Coran 29.15) « Nous le sauvâmes ainsi que ceux qui étaient embarqués avec lui dans l'arche, que Nous érigeâmes en signe évident pour le monde. » (Coran 11.49) : « Ce sont là parmi les récits cachés que Nous portons à ta connaissance. Vous les ignoriez aussi bien toi-même que ton peuple avant ce jour. »
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Ici prend fin le récit du Déluge selon le Coran. Sa particularité est de ne pas prêter le flanc aux influences mythologiques ou populaires. Aucune date n'est mentionnée. Il existe une expression arabe propre aux périodes ancestrales, qui évoque « le temps de Noé » pour signifier les temps immémoriaux. Il n'y a pas non plus d'indice permettant de connaître la durée du désastre. La taille de l'arche est un autre sujet de dissension. Aux vastes dimensions du bateau biblique, le Coran oppose une modeste embarcation faite d'un assemblage de planches et de fibres de palmier. Si le terme « safina » désigne un vaisseau, c'est surtout le mot « foulk » qui a été le plus usité. II a donné naissance en français à felouque, petit bâtiment, long et léger. On trouve aussi l'expression « djariya » ou « celle qui court » qui symbolise une petite embarcation rapide. Ces formules concourent à accréditer l'idée que les dimensions de l'arche décrite dans le Coran, n'étaient pas aussi considérables que celles rapportées par l'Ancien Testament.
En ce qui concerne les animaux embarqués à bord du foulk, aucun indice n’incite qu’il s’agit de toutes les espèces vivant sur terre. Le Coran ne parle qu'accessoirement « d'un couple de chaque (espèce) », sans autre précision. Ce qui laisse penser qu'il s'agit d'animaux domestiques, destinés à sauver ou à reconstituer le cheptel qui aurait été emporté par les eaux, puisque le Déluge avait un caractère local et temporaire.
En effet, les inondations subies par le peuple de Noé s'inscrivent dans une longue liste de calamités et de cataclysmes infligés aux peuples incrédules qui précédèrent Noé et à d'autres communautés qui lui succédèrent. Le Coran évoque les peuples de 'Ad, de Thamoud, de Loth, de Saba, de Madian, de Noé, d'Abraham, de Pharaon, de Tobba, de Ras, de Laïka, de Hidjr, sans compter ceux qui ne sont pas mentionnés explicitement. Chaque peuple reçut un châtiment approprié. Certains furent anéantis par des séismes, d'autres par des raz de marée ou par des cyclones, tous connurent les effets dévastateurs d'une nature déchaînée.
A l'instar des autres peuples, la communauté de Noé fut affligée à son tour par des inondations catastrophiques, mais qui restèrent limitées. Pour ce qui est de l'échouage de l'arche, les deux positions sont très éloignées l'une de l'autre, en dépit des apparences. La Bible fait échouer le bateau sur le mont Ararat, le dix-septième jour du septième mois, mais ce n'est qu'après 72 (ou 73) jours de décrue que les autres montagnes apparurent. Cependant le sommet de l'Ararat (Agri dag en turc) culmine à 5 165 mètres et plusieurs dizaines d'autres montagnes possèdent des sommets plus élevés qui auraient dû surgir des flots bien avant !
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Comment expliquer cette contradiction ? L'hypothèse la plus vraisemblable est qu'une fois de plus, les rédacteurs de la Bible ignorant la géographie, étaient convaincus que ce mont était le toit du monde.
Les connaissances limitées de l'époque peuvent être démontrées clairement. Le mont Ararat constitue effectivement le point culminant dans un rayon de 1 200 kilomètres autour de Jérusalem (prise comme référence, en raison de l'origine supposée des auteurs). Mais, à peine 200 kilomètres à l'est de cette limite imaginaire, le mont Elbrous dans le Caucase, dresse déjà ses 5 633 mètres. Sans compter la chaîne Himalayenne, qui porte à elle seule plus de cent sommets dépassant 7 000 mètres. C'est toute cette partie du monde qui était inconnue au moment de la rédaction de la Bible. Et ce, sans compter la Cordillère des Andes ou encore le Kilimandjaro ou le mont Kenya en Afrique.
Bien que situé à 3 717 mètres sous l'Everest, le mont Ararat n'aurait pu être recouvert par le Déluge sans l'apport d'un volume d'eau de plus de deux milliards de kilomètres cubes. Toutes ces raisons laissent penser que l'arche n'a jamais pu s'échouer au sommet de cette montagne, à partir d’un déluge de portée planétaire.
Cependant, les arguments les plus convaincants ne semblent pas être partagés par tout le monde. A voir le nombre d'expéditions menées par les scientifiques et les religieux qui s'évertuent à trouver la fameuse carcasse sur le mont Ararat. Comme si la raison ne se satisfaisant pas de la logique, s'adresse à l'illusion pour guider sa démarche. Des hommes sensés perdent toute notion de la réalité en voulant prouver le bien-fondé de l'invraisemblance.
Une des dernières expéditions, partie à l'assaut du mont Ararat, en 1985, était conduite par l'astronaute américain James Irwin, qui marcha sur la lune, lors de la mission d'Apollo 15, en 1971. Son but était évidemment de retrouver l'arche de Noé. Irwin avait déjà piloté trois expéditions qui se sont soldées par autant d'échecs depuis 1982. A la quatrième sortie, il avait pris la précaution de se faire accompagner par une vingtaine de personnes, dont un extra-lucide, qui affirme avoir eu une vision de Noé. Irwin est sûr d'accomplir un exploit. Il croit dur comme fer que son fameux rêve se réalisera, car là-haut, au sommet de la montagne, comme sur la lune, « il se sent plus près de Dieu. » Cette impression ne l'empêche pas cependant d'être loin de la réalité. Et, puisqu'il s'est engagé à n'arrêter ses recherches qu'avec la découverte de l'arche (au sommet du mont Ararat), alors n’importe qui pourrait anticiper qu'il ne risquerait pas de rentrer si tôt chez lui.
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Un autre fondamentaliste américain, Marvin Steffins, affirme avoir découvert en Août 1984, les vestiges de l'arche sur les flancs du massif à 1 585 mètres d'altitude, dans une portion de terrain incurvée révélant la forme d'un navire. D'autres spécialistes sont absolument certains que l'arche ne peut se trouver que sur le mont Cudi., qui s'élève à 2 114 mètres, dans le sud-ouest de la Turquie, près de la frontière irakienne, ou ailleurs dans les montagnes. Ces sources contradictoires prouvent que personne n'est sûr de rien. Le seul élément tangible est que l'arche ne pourrait se trouver en montagne, si le Déluge avait une dimension locale. Et auquel cas, il est inutile de parcourir les montagnes pour découvrir un vestige inexistant.
La version coranique de l'échouage de l'embarcation est très succincte. Elle se résume en une sourate : « Nous dîmes : « Ô terre, absorbe tes eaux, ô ciel, cesse de pleuvoir. » Le Décret était accompli. L'arche s'immobilisa à Et Djoudi". (Coran. 11-44). Les orientalistes sont nombreux pour évoquer le mont Djoudi, alors que le Coran ne fait aucune allusion à la présence d'un relief, bien que celui-ci ne puisse être éliminé. Selon Blachère, « le Djoudi est un massif montagneux, dont le point culminant atteint 4 000 mètres. Il se trouve à environ 40 kilomètres au nord-est de Diar Bekir, à cheval entre la Syrie et l'Iraq. Les Arabes connaissaient aussi un massif de ce nom en Arabie Saoudite. Ainsi, pour donner quelque crédibilité au récit coranique et le faire concorder avec celui de la Bible qui fait s'échouer l'arche de Noé sur le mont Ararat, les auteurs du Coran auraient fait échouer leur arche sur le mont Djoudi. »
Savary abonde pratiquement dans le même sens, lorsqu'il affirme que « Le mont Djoudi est dans la Mésopotamie. Les auteurs arabes prétendent que l'arche s'y arrêta. Mais ce sentiment a été détruit par l'autorité du Pentateuque qui l'a fait s'arrêter sur le mont Ararat, en Arménie. » En somme c'est pour se doter d'une certaine respectabilité que le Coran a fait échouer, lui aussi, à l'image de la Bible, l'arche sur une montagne. Seulement le Coran n'a jamais cherché à imiter la Bible dans ce qu'elle a de déformé et a dénié à la théorie de l'échouage sur le sommet d'une montagne, la prétention de se prévaloir d’une quelconque preuve. Naturellement à force de tout réfuter, les intéressés en sont arrivés à se réfuter eux-mêmes. Témoin la prise de position de Kasimirski, autre "spécialiste" de l'interprétation du Livre Sacré. Dans les gloses qui suivent sa traduction du Coran, parue aux éditions Flammarion, il soutient fermement que l'arche de Noé s'est bien échouée sur la montagne Djoudi, à l'image du naufrage de la Bible. Cependant, dans une autre version, éditée par Fasquelle cette fois-ci, il affirme avec
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la même autorité, qu’El Djoudi où s'échoua l'arche de Noé, ne peut pas être du tout considérée comme une montagne. To be or not to be? S’était justement demandé Shakespeare ! Voilà la question.
Prétendre que le Coran est une reproduction de la Bible est une aberration. Les points de désaccords sont tels, qu'en dehors du thème général du Déluge et de la mission prophétique de Noé, les péripéties du récit diffèrent profondément. Le Coran s'écarte de la Bible et réfute nombre d'assertions qui sont tenues pour des certitudes, alors qu’elles n’expriment que les connaissances désuètes des populations d’alors.
Il est frappant de constater que chaque fois que le Livre Sacré des Musulmans prend ses distances à l'égard d'un problème particulier, celui-ci s'avère être aussi en contradiction avec les données scientifiques. Par ailleurs, chaque fois que les chercheurs ont été en mesure d'expliciter valablement des phénomènes, présentant quelque rapport avec le Déluge, c'est pour venir conforter 1e texte coranique, tout en rejetant les points de vue exprimés par la Bible, les jugeant insoutenables. Un tel contraste permettra de mieux comprendre la signification d'un passage destiné à conclure l'histoire de Noé, et qui a donné lieu à des commentaires fantaisistes. (C'est Dieu qui parle) : « Ce sont là, parmi les récits cachés (du Déluge) que Nous portons à ta connaissance. Vous les ignoriez aussi bien toi-même, que ton peuple, avant ce Jour. » (Coran 11.49).
A la lecture de ce verset, les orientalistes n'ont pas manqué de se récrier. Le récit du Déluge, affirment-ils, n'était pas inconnu du Prophète et des Arabes de la région, contrairement à ce que prétend le Coran. Il existait plusieurs tribus juives, ainsi que des Chrétiens, qui lisaient couramment l'Ancien et le Nouveau Testament et l’histoire de Noé n'a pu échapper à leur connaissance. La preuve du peu de crédit qu'on doit attribuer à un livre qui ignore une réalité admise par tout le monde.
La légèreté du jugement relativement a un sujet ne manque pas d'étonner. Bien sûr que le récit de la Genèse circulait parmi les fidèles. Il était lu dans les offices religieux. Il était colporté au sein des tribus arabes que les intéressés voulaient convertir à l'une des deux religions monothéistes. Il y avait d'ailleurs plusieurs versions du récit biblique qui différaient entre elles.
Par exemple, la période du Déluge qui était de 150 jours pour la version sacerdotale et de 40 jours seulement pour la version yahviste. II existait encore d'autres divergences importantes. Qui croire dans ce cas ? Mais, le Coran a tenu à préciser que le véritable récit du Déluge, la
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chronique originelle de l'histoire de Noé, étaient inconnus des gens de l'époque, car ils avaient été altérés et déformés. Et cela ressort à la première lecture de la Bible.
Le verset communiqué au Prophète de l'Islam, avait pour but de dissiper les incohérences et de rétablir la vérité dans son droit. C'est le sens qu'il convient de donner « aux récits cachés que Nous portons à ta connaissance. » Ce sont des récits qui ont été exhumés des ténèbres de l'oubli où ils étaient tombés, pour être portés au niveau de la conscience et de la compréhension humaines. Afin qu'ils constituent un signe révélateur de l'authenticité du Message coranique.
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LES EAUX DE LA PLANETE
Voici près de 23 siècles que le savant grec Eratosthène avait évalué la circonférence et le rayon de la terre, avec une marge d'erreur d'à peine un pour cent. Cet exploit est cependant resté sans suite. Bien plus, en Occident, on est arrivé à substituer à la terre ronde admise jusqu’alors, une terre plate imposée par l’enseignement biblique. Les Grecs déjà, hardis navigateurs, avaient accordé une grande importance à la mer et à l’océan qui entouraient la terre.
La Genèse biblique mentionne « l'obscurité qui couvrait l'Océan primitif où le souffle de Dieu agitait la surface des eaux » ainsi que « les continents qui apparurent des eaux d'en dessous du ciel » (Genèse 1) laissant croire à la prédominance de l'élément liquide sur la planète. A son avènement, le Coran aussi reconnut à la mer un rôle considérable dans la vie de tous les jours. Toutes les grandes civilisations attribuèrent à l’océan mondial une importance exagérée ; la terre était toujours entourée par les mers, et souvent elle flottait sur l'eau. L'Océan mondial avait des proportions gigantesques, et les continents constituaient la partie congrue. Le meilleur exemple est fourni par le Déluge biblique qui aurait recouvert la terre entière sous une couche de plusieurs milliers de mètres d'eau. (Voir l’article : « Le Déluge a-t-il été universel ? »)
Les grandes expéditions maritimes allaient renforcer l'opinion que les mers et océans recouvraient la majeure partie du globe. Lorsque le géophysicien allemand, Wegener, élabora en 1912 sa théorie sur la dérive des continents, il prit comme postulat de base que le continent unique ou "la Pangée", était entouré par l'Océan mondial, "le Panthalass". Les méthodes modernes confirmèrent par la suite que plus des deux tiers de la surface de la planète étaient recouverts par les mers et océans. L'opinion générale qui prévalait était que les terres émergées représentaient une faible partie d'un monde constitué surtout d'eau. C'est dans ce contexte de prépondérance de l'élément liquide, que le Coran Sacré est venu ouvrir une brèche, dans les croyances d’alors en révélant un verset qui paraissait pour le moins osé. Voici en effet, ce qu'affirme
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le Texte Sacré : « Dis : Que pensez-vous, si jamais l'eau dont vous disposez venait à être absorbée par la terre, qui donc vous procurerait de l'eau pure ? » (Coran 67.30). Comment la terre pouvait-elle absorber toutes les eaux qui l’entouraient, sur lesquelles elle flottait et qui ont failli l’engloutir définitivement lors du Déluge universel ? Une gageure qu’il était impossible de concevoir, selon les croyances d’alors.
Pour éviter que le Coran ne soit en contradiction avec la réalité, certains commentateurs bien disposés aux accommodements, ont alors suggéré que le verset en question évoquait l’éventuelle disparition de l’eau douce, qui ne constitue qu’une infime partie des océans, et ainsi le challenge n’aurait pas été impossible. Le verset aurait pu être formulé de la sorte : « Si l'eau douce venait à être absorbée par le sol, qui vous procurerait une autre eau douce ? » Dans ce cas, les réponses auraient été multiples et diversifiées. La pluie par exemple aurait été en mesure de compenser la disparition de l'eau douce, ainsi que les sources et les rivières. De même, plus tard, les générations futures auraient pu rétorquer que le dessalement de l'eau de mer, méthode utilisée massivement actuellement, aurait permis de neutraliser les effets de cette calamité. En envisageant sous cet angle le problème, le Texte Sacré des Musulmans, ne dérogerait pas à la raison et serait en conformité avec la logique.
Pourtant, la version restrictive de l'eau douce doit être éliminée au profit de toutes les eaux de la planète. En effet, le Coran n’évoque pas la disparition de l’eau douce, mais bien de l’eau sous toutes ses formes à savoir celle des océans, des mers, des lacs, des fleuves, des glaciers, ainsi que celle contenue dans l'atmosphère. Si toute cette eau venait à être absorbée par la terre, alors l'interrogation prendrait tout son sens grave. Puisque les mers et océans disparaîtraient, la circulation atmosphérique serait interrompue, il ne pleuvrait plus, les sources tariraient, les rivières se dessècheraient, le dessalement deviendrait impossible et la grave menace prendrait tout son sens.
Ainsi, le Livre Sacré des Musulmans envisage bien l'hypothèse de l'engloutissement de toutes les eaux existantes par la terre. Mais pour concevoir une telle éventualité, il faudrait que réellement la planète soit en mesure de le faire. Ce que démentaient toutes les croyances de l'époque. Le Coran ne pouvait, prendre en effet le risque de lancer un tel défi, sans que cette gageure, soit dans l’ordre des choses. Sans quoi il se décrédibiliserait lui-même alors que ses adversaires n’attendaient qu’une occasion propice, pour donner le la, de la contestation et de la remise en cause de cet enseignement. D’autant qu’aucune occasion véritable ne
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leur avait été offerte jusqu’à présent et qu’elle ne risquait pas d’apparaître de sitôt, au vu de l’éminence de ce Texte Sacré.
Aujourd'hui, le recours aux méthodes scientifiques permet d'appréhender correctement les données du problème et de déterminer le degré de vraisemblance des déclarations coraniques, pour répondre à cette question qui semblait si déconcertante : La planète est-elle en mesure d’absorber toutes les eaux existantes, sous quelque forme qu’elles soient ? Voici les paramètres : Le globe terrestre a une superficie totale de 510 millions de kilomètres carrés, dont 28 pour cent, soit 145 millions de kilomètres carrés constituent les terres émergées des continents avec une hauteur moyenne de 755 mètres, et 365 millions de kilomètres carrés recouverts par les mers et océans pour une profondeur moyenne de 3 550 mètres. A lui seul, l'Océan Pacifique (179 679 000 km2) occupe une surface plus grande que l'ensemble des continents réunis (145 millions de kilomètres carrés)
Le stock hydrique de la planète a fait l'objet d’estimations précises, qui ne tiennent pas compte des eaux souterraines puisqu’elles sont déjà stockées à l'intérieur de la terre et ne participent pas au processus. Le reste peut être classé en deux catégories :
1. - Les eaux salées contenues dans les océans et les mers, les mers intérieures et les lacs salés représentent un milliard, trois cent dix millions de kilomètres cubes (1 310 000 000 km3).
2. - Les eaux douces comprenant les lacs, les glaciers et calottes polaires, les fleuves et rivières ainsi que l'humidité atmosphérique entrent pour environ trente millions de kilomètres cubes (30 000 000 km3).
Le capital hydrique de la planète serait donc de un milliard trois cent quarante millions de kilomètres cubes (1 340 000 000 km3), toutes catégories confondues. A présent, il s’agit d’évaluer le volume du globe terrestre et de rapprocher les deux chiffres. La terre possède un diamètre équatorial de 12 756 kilomètres (le diamètre polaire n'est que de 12 7 13 kilomètres, en raison de l'aplatissement des pôles), son volume serait donc d’environ mille quatre vingt trois milliards, deux cent vingt millions de kilomètres cubes, (1 083 220 000 000 km3).
Le rapport entre le volume de la terre et l’ensemble des eaux existantes n’est donc que de 1/810ème, ce qui signifie que l'eau présente dans la planète, y compris les mers, les océans, les glaciers, les lacs et le fleuves ne constitue qu’à peine un peu plus de la millième partie du
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volume du globe terrestre. Du point de vue de la masse, le rapport s'aggrave en raison de la forte densité de la terre (5.52) pour ne former que moins du 1/4000ème du total.
Ainsi, au moment où la croyance populaire voyait dans l'eau l'élément abondant qui risquait de submerger la planète, le Coran est venu promouvoir une conception résolument opposée à ces fausses croyances. La terre ne flottait plus sur l'eau. Elle n'était plus le jouet des éléments déchaînés. Bien au contraire, elle devenait le constituant primordial, et l'eau, un de ses composants, comme n'importe quelle autre matière. Telle est la portée du message coranique destiné à réfuter ce que les hommes ne pouvaient appréhender en leur temps. Il ne convenait pas assurément, qu'ils restent prisonniers de leurs préjugés. Comme il ne convenait pas que le Livre Sacré annonce la résorption de toutes les eaux de la planète, si celle-ci ne pouvait les contenir. C'est un problème de logique. Par cette seule interrogation, le Coran Sacré, pouvait infirmer complètement son contenu, ou au contraire le confirmer totalement. Les résultats ont été à la hauteur des espérances des Musulmans, même si les adversaires de l’Islam, ont été une nouvelle fois déboutés de leurs attentes dérisoires.
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LES FORMATIONS NUAGEUSES
Si le soleil, par la chaleur qu'il fournit, joue un rôle de séparateur entre l'eau de mer et la vapeur d'eau en suspension dans l'atmosphère, c'est grâce à la présence de nuages que la pluie tombe sur le sol. Les précipitations constituent la quasi-totalité des réserves d'eau douce de la planète. Que ce soit sous forme d'eau souterraine, de lacs, de fleuves, de neige, ce sont toujours les nuages issus de l’évaporation, qui pourvoient la planète en eau douce, source de vie sur terre.
Les habitants des régions tempérées, soumis plusieurs mois par an, à ce qu'ils appellent le mauvais temps, n’apprécient pas à leur juste valeur, les effets bienfaisants de la pluie qu'ils jugent comme un désagrément entravant leurs loisirs. A l'inverse, ceux des pays secs y voient un signe de fécondité et d'abondance. Les précipitations sont toujours attendues avec espoir et anxiété. Une saison sans pluie, est une année de labeurs en pure perte, entraînant toutes sortes de privations et de vicissitudes pour les gens. L'absence de pluie peut causer non seulement des dommages irréparables aux produits de la terre, mais entraîner aussi, la mort du cheptel. Sans compter qu’elle amenuise dangereusement les réserves d'eau potable destinée à l'usage domestique.
Le Coran Sacré, révélé en Arabie, accorde naturellement une importance particulière à ce problème. Il utilise de très belles métaphores pour mettre en exergue, les propriétés de l’élément liquide dans le cycle vital de l’existence : (Dieu s’adresse au Prophète) : « Ne vois-tu pas la terre éprouvée par la sécheresse, mais dès que Nous y faisons descendre l'eau, la voilà qui palpite aussitôt, se gonfle et fait germer toutes sortes (de couples) de végétaux luxuriants. » (Coran 25.2). Le Paradis aussi est présenté comme un agréable lieu de verdure, de fleurs et de fruits où coulent les eaux limpides et pures.
Les citations relatives aux nuages, à la pluie et à l'eau en général sont très nombreuses dans le Coran Sacré. Aucune autre religion n’accorde un aussi grand intérêt, aux problèmes de la formation et de l’existence de l’élément liquide. Le présent article vise cependant un
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thème plus restreint ayant trait aux formations nuageuses, et plus spécifiquement, aux nuages porteurs de pluie. Il n'est pas nécessaire d'être un spécialiste averti, pour constater que tous les nuages ne sont pas identiques entre eux. Les uns passent légèrement, éthérés et évanescents, d'autres ont un aspect laiteux ou prennent une forme pesante et massive, les flancs alourdis par l'eau. Il existe des nuages de pluie, des nuages d'orages et ceux qui glissent sans laisser tomber la moindre goutte.
Face à la diversité des formations nuageuses, les météorologues ont essayé à plusieurs reprises d'établir une classification homogène des différents types de nuages en codifiant leurs caractéristiques. C'est finalement le travail de l'Anglais Luke Howard, élaboré en 1803, qui permit de définir quatre types principaux de nuages, utilisés comme références par la suite. Ce sont les Cirrus, les Cumulus, les Stratus et les Nimbus. La classification fut améliorée plus tard par Hildebrandson et Abercromby, avant d'être officiellement retenue en 1891 par la Conférence de Météorologie Internationale (Munich). Enfin en 1929, elle fut complétée, lors du congrès de Copenhague.
En définitive, ce sont dix genres de nuages qui ont été inclus dans la nomenclature internationale, différenciés selon leur altitude, leur forme et leurs caractéristiques propres. (Atlas International des Nuages, Organisation Mondiale de la Météorologie-1956). Tous les nuages ne produisent pas de pluie et auquel cas, ils ne sont pas intéressants pour la suite de l’article. Les stratus peuvent donner naissance à une pluie fine et froide, la bruine, mais seuls, réellement trois types de nuages sont en mesure de provoquer des pluies abondantes. Ce sont l'Altostratus, le Nimbostratus et le Cumulo-nimbus. Ces derniers ont la particularité de constituer des amoncellements considérables de nuages lourds, denses et puissants à grand développement vertical, en forme de montagne ou d'énormes tours. Leur région supérieure présente presque toujours, au moins une partie aplatie, parfois lisse, de structure fibreuse ou striée composée de glace. Elle s'étale souvent en enclume et produit de vastes panaches. (La Météorologie, par André Viaut)
Les Cumulo-nimbus possèdent une base déchiquetée. Ils produisent des orages avec averses de pluie, de neige ou de grêle, accompagnés de rafales de vent et d'éclairs. Ils naissent quand il existe une zone d'instabilité accompagnée d'humidité dans la troposphère, provoquant des courants ascendants violents, pouvant atteindre cent kilomètres à l'heure. La partie supérieure des nuages dont l'épaisseur peut dépasser dix mille mètres, est normalement recouverte de particules de glace.
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Ce sont les nuages de ce type qui se développent généralement en hiver au dessus du Maghreb, lorsque l'air froid en provenance de l'Europe rencontre celui des eaux plus chaudes de la Méditerranée, occasionnant les abondantes pluies d'hiver. Cette catégorie de nuages, la plus intéressante pour ses effets, est mentionnée par le Coran qui donne les précisions suivantes : « Ne vois-tu pas que Dieu dirige les nuages, puis qu'Il les assemble, en fait des amoncellements, tu vois alors la pluie sourdre de leur profondeur (de leur sein). Il fait descendre du ciel, la grêle à partir de montagnes (de glace contenue dans les énormes nuages). Il atteint qui Il veut et en préserve qui Il veut. Peu s'en faut que l'éclair qui les accompagne, ne ravisse la vue. » (Coran 24. 43)
Il existe une parfaite corrélation entre les données scientifiques et le Coran. Ce dernier insiste sur le volume et l'étendue des formations que les météorologistes assimilent à des montagnes. Le terme de « montagnes » se trouve d'ailleurs mentionné en toutes lettres dans le Livre Sacré, pour décrire l'énorme développement des masses nuageuses. Autre similitude quant à la variété des phénomènes produits par les formations nuageuses; dans les deux cas, il se produit des orages, des précipitations de pluie, de grêle et le déclenchement d'éclairs aveuglants résultant de la différence de potentiel entre le sommet et la base des nuages, ou encore entre deux nuages ou enfin entre un nuage et le sol. Cependant, l'analogie devient plus édifiante relativement au rôle de la glace dans ces formations.
Le Coran précise que la grêle s'abat à partir de montagnes (de masses nuageuses ressemblant à des montagnes) de grêle ou de glace. Cela implique évidemment que ces nuages renferment la glace dont est issue la grêle. Un tel détail est important, car il correspond à la réalité observée. Si l’épaisseur des Cumulo-nimbus peut avoir plusieurs kilomètres, la base a une température relativement élevée par rapport à l'air environnant. Aussi, la partie supérieure est non seulement considérablement plus froide, mais en outre, elle est souvent constituée de particules de glace, qui se forment dans les nuages. Pour prouver ce phénomène, il fallait recourir à des observations et à des prélèvements à plusieurs milliers de mètres d'altitude. Chose impossible à réaliser par les hommes du temps du Prophète. Malgré tout, le Livre Sacré décrit le phénomène conformément à la réalité. « Il fait descendre du ciel, la grêle, à partir de montagnes (ou d'amoncellements de glace).. » Qui aurait pu imaginer des accumulations de glace et de neige, au-dessus des nuages, alors qu’ils sont synonymes de légèreté et d’évanescence ?
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Les scientifiques ont certes tardé à sonder l'atmosphère. Ils n'ont pu survoler les formations de Cumulo-nimbus avant le vingtième siècle, mais lorsqu'ils ont été en mesure de procéder à des observations, c'est pour découvrir le bien-fondé des déclarations coraniques. Le doute n'était plus permis, les nuages étaient bien couverts de glace et de neige. Ainsi, au cours de plus de 300 vols d'étude, Stickeley, aux Etats-Unis, a pu constater que 97 pour cent des pluies se produisaient quand la surface supérieure des nuages était glacée. Ce qui confirme une fois de plus l’authenticité des Révélations coraniques dans un domaine ignoré jusque-là. (« Encyclopédie scientifique de l’univers. La Terre ; les eaux ; l’atmosphère. Bureau des Longitudes »).
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LES VENTS QUI FECONDENT
Le Coran dit : « Nous envoyons les vents qui fécondent (les nuages) et Nous faisons descendre du ciel, l'eau avec laquelle Nous vous abreuvons... » (Coran 15.22).
Les anciens connaissaient les propriétés du vent qui déchaîne les tempêtes, chasse ou amène les nuages, soulève la poussière ou provoque simplement un déplacement d'air. Mais personne ne pouvait imaginer qu'il possède un pouvoir de fécondation. Par contre les scientifiques modernes ont pu déceler dans cette description, une allusion au phénomène de pollinisation dans lequel le pollen, élément mâle, est transporté par le vent jusqu'aux stigmates situés dans le pistil, pour assurer la fécondation. Ce qui est effectivement le cas, mais pas seulement, ainsi qu’il sera démontré ci-dessous.
La pollinisation par le vent ou anémophilie joue effectivement un grand rôle dans la nature. Elle constitue une autre forme de pollinisation qui est assurée par les insectes, et qui est connue sous le nom d'entomophilie. En dépit de leur importance, ni l'une ni l'autre des deux formes de fécondation ne semblent correspondre à l'optique de cette citation coranique. Pas plus la version d'Edouard Montet qui estime dans ses notes que « les vents fécondent la terre à travers les nuages de pluie qu'ils transportent et qui arrosent le sol ». Ces points de vue sont d'ailleurs contradictoires entre eux. Pour les uns, le vent féconde les plantes, pour les autres, il féconde la terre, à travers les nuages. Alors qu’en réalité, dans la citation coranique, il féconde les nuages, qui à leur tour vont fertiliser le sol.
Une analyse du passage en question permet cependant de tirer des conclusions qui s'accordent mieux avec la réalité. La conjonction "fa" qui lie les deux parties de la phrase exprime la continuité de l'action. Le vent féconde les nuages (sous entendus) afin de faire descendre l'eau du ciel. Il est relativement aisé de constater que le Livre Sacré associe presque systématiquement le travail du vent au développement des nuages dans les phénomènes atmosphériques. Les extraits suivants sont parlants : La
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sourate 7 57, évoque les vents qui portent les lourds nuages, la sourate 30.48, traite des vents qui élèvent les nuages (convection), la sourate 35.9, des vents qui élèvent et conduisent les nuages (circulation atmosphérique) etc. Le vent possède des fonctions multiples et diversifiées. L'une d'elles consiste précisément à féconder les nuages. Cette explication ne doit rien à l'imagination. Elle rend parfaitement le sens du message dans son originalité. Elle correspond aussi à l’expression sous-entendue dans le texte. Dans cette optique, la formulation du verset devrait avoir le sens suivant : « Nous envoyons les vents qui fécondent (les nuages) et Nous faisons descendre du ciel, l'eau avec laquelle Nous vous abreuvons... » La phrase acquiert une cohésion et une logique en adéquation avec la réalité physique. La fécondation des nuages est du reste un phénomène courant dans la nature, bien que ses mécanismes n'aient été démontrés qu'au courant de ce siècle.
Brièvement, le processus se décline ainsi : l'ascendance des masses d'air saturées d'humidité a pour but d'amener la condensation de la vapeur d'eau et la formation de nuages porteurs de pluie. Pour être efficace, la condensation de la vapeur d'eau nécessite la présence de noyaux de condensation, constitués de cendres de combustion, de particules de sel arrachées à la mer, de résidus provenant des éruptions volcaniques et encore d'organismes d'origine végétale tels que pollen, spores, etc. Lorsque les conditions voulues sont réunies, la vapeur se condensera autour de ces noyaux en donnant de minuscules gouttelettes. A leur tour, et sous l'influence de différents facteurs, dont les turbulences provoquées par le vent, les gouttelettes vont fusionner entre elles (il faut environ 100 000 à 1 000 000 de gouttelettes pour former une seule goutte d’eau) et donner naissance à de véritables gouttes d’eau. Leur poids sera alors assez lourd pour vaincre la force des courants ascendants et la pluie arrive jusqu'au sol.
A travers cette courte description, l'importance capitale du vent qui manifeste son action à tous les stades, apparait comme fondamentale. C'est le vent qui arrache et transporte parfois sur des distances considérables, les noyaux de condensation qui sont destinés à ensemencer et à féconder les nuages. C'est le vent qui est la cause de l'ascendance des masses d'air humides, entraînant leur condensation par refroidissement. C'est encore le vent qui provoque les turbulences à l'intérieur des nuages, mettant les gouttelettes en contact entre elles pour fusionner et former des gouttes plus importantes. C'est le vent enfin qui reste le véhicule universel de la circulation atmosphérique dans la planète et qui déplace les formations nuageuses.
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L'absence de vent est impensable dans la nature, car elle signifierait tout simplement l'absence de vie. De même, les formations nuageuses privées de vent ne sauraient exister, et avec elles, tout ce qui vit sur terre. Son action est vue par le Coran comme une Grâce et une Miséricorde de Dieu. « Le vent conduit les nuages vers les terres desséchées et les féconde pour faire descendre la pluie. » (Coran 7.57). Voilà pourquoi la référence à son pouvoir fécondateur doit être rattachée aux formations nuageuses et non au règne végétal ou à la surface du sol
Les spécialistes qui étudient l'interdépendance des phénomènes ont précisément reconnu le rôle irremplaçable du vent dans la formation de la pluie. En imitant ces mécanismes, ils en sont arrivés à reproduire la pluie artificielle ou l'ensemencement mécanique qui consiste justement à féconder les nuages stériles. Ce procédé vise à répandre au dessus des formations nuageuses présentant des caractéristiques requises, de la neige carbonique ou des cristaux d'iodure d'argent afin d'amener la vapeur d'eau à se condenser autour des noyaux, entraînant de proche en proche les conditions propices au déclenchement des précipitations. L'avion a parfois suppléé le vent pour le transport des noyaux, mais les experts n'ont pu substituer totalement tout le processus, notamment dans le domaine de la convection thermique, des turbulences et d'autres phénomènes qui sont restés hors de leur portée. Les résultats des expériences ont pâti de ces insuffisances. L'augmentation des précipitations chiffrée à quelques pour cent, ne justifie pas, du moins en l'état actuel des choses, la généralisation d'une méthode qui s'est avérée, encore, aléatoire et problématique.
Cependant, cette démarche, outre le fait d'être perfectible, a l'avantage de témoigner de l'existence et de la réalité de mécanismes complexes révélés par le Coran. Les explications contradictoires et irrationnelles, qui ont été parfois avancées par les orientalistes, loin de nuire au Texte Sacré, n'ont fait au contraire que renforcer l'opinion, que ce Livre renferme des vérités que l'humanité aura mis longtemps à découvrir, et qui confirment son origine divine exclusive.
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L’ASCENDANCE DES NUAGES
Pourquoi le Coran évoque-t-il à plusieurs reprises le phénomène de l'ascendance des nuages ? Quel intérêt de décrire un tel processus, alors que jusqu’au vingtième siècle, les météorologues n’y avaient vu rien d’autre qu’un développement issus de mécanismes physiques, sans importance particulière ? Ce phénomène est reproduit dans les versets correspondants et fournit des précisions sur la signification souvent erronée donnée parles orientalistes. Le Coran dit ceci : « C’est Dieu qui envoie les vents qui élèvent les nuages. Il les étend dans le ciel selon Sa Volonté, Il en fait des masses nuageuses, puis tu vois l'ondée sourdre de leurs seins… ». (Coran. 30.48)
Egalement : « C'est Dieu qui envoie les vents qui élèvent les nuages. Nous les dirigeons vers un pays mort de sécheresse. Ainsi Nous faisons revivre la terre après sa mort. » (Coran. 35.9)
Les orientalistes n’ont jamais été au même diapason pour décrire le phénomène et se contredisent allégrement. Ainsi, l'expression coranique « les vents qui élèvent les nuages », devient chez certains : « les vents qui agitent les nuages. » Pour d’autres, « les vents qui sillonnent les nuages » ou encore « Il (Dieu) fait naître les nuages. » Ces versions qui divergent entre elles de par la volonté (ou l’ignorance) de leurs auteurs ne contribuent pas à clarifier la situation et ont une incidence fâcheuse sur les traductions du Texte Sacré, en dénaturant son contenu.
Le terme arabe « Younchi » signifie dans ce contexte « élever » et non « faire naître ». La conjonction « oua » (et) qui marque la simultanéité, sous-entend que les éclairs se produisent alors que s'élèvent (et se développent) les formations nuageuses, et non pendant leur naissance. La différence est importante. La première version correspond à l'esprit du Coran et à la réalité des phénomènes météorologiques, la seconde est équivoque et doit être écartée.
La synthèse des versets coraniques permettra de reconstituer la position du Texte Sacré concernant le phénomène de l’élévation des 316
formations nuageuses qui est mentionné, à trois reprises différentes. Cette ascendance est suivie par l'accroissement des nuages qui augmentent de volume, tout en s’élevant dans le ciel. Il existe une simultanéité entre l'ascendance des nuages et le développement des formations nuageuses qui sont liées à ces mécanismes physiques. Ce qui correspond exactement à la réalité.
Selon les météorologues, c’est l'évaporation de l'eau au niveau de la planète (océans et terres continentales) qui fournit à l'atmosphère, l'humidité nécessaire à la formation des nuages porteurs de pluie. Pour enclencher le cycle des précipitations pluvieuses, la vapeur d'eau doit absolument se condenser. Le processus se déclenche lorsqu'il y a saturation de l'air, laquelle varie en fonction de la température du milieu ambiant. Elle passe de 5 grammes d'eau, par mètre cube d'air, lorsque la température est de zéro degré centigrade, à 30 grammes, pour une température de 30 degrés centigrades. L'air chaud peut ainsi contenir beaucoup plus d'humidité que l'air froid. Ce que n’importe qui peut constater dans les pays tropicaux où l'atmosphère est chaude et moite, alors que dans les pays nordiques, elle est froide et sèche.
Toutefois, pour se condenser, les masses d'air doivent subir un changement important qui a pour conséquence d'augmenter leur humidité relative, ou degré hygrométrique. Quand ce degré atteint cent pour cent, l'air est saturé et la condensation commence à se produire. (Ce sujet est traité plus complètement dans l’article, intitulé : « Les vents qui fécondent »). Voici comment s’enclenchent ces mécanismes : La condensation ne peut intervenir que par le refroidissement des masses d'air nuageuses, chargées d'humidité. Celles-ci doivent s'élever dans le ciel, entraînées par des courants ascendants vers la troposphère, qui est la zone de turbulences et le siège de phénomènes météorologiques intenses.
Au fur et à mesure de leur ascendance, les masses d'air vont se refroidir, car la température décroît à ce niveau de 4 à 10 degrés centigrades par kilomètre. Ce faisant, l'humidité relative de l'air augmente, comme expliqué plus haut, et atteint son point de saturation. La vapeur d'eau se condense alors, et de minuscules gouttelettes d’eau vont se former, donnant leur apparence laiteuse aux nuages. Mais, il ne pleut pas encore, parce que les courants ascendants maintiennent en suspension les fines gouttelettes et s'opposent à leur chute. Pour vaincre cet obstacle, plusieurs milliers de gouttelettes vont fusionner (phénomène de coalescence) pour former une goutte de pluie assez lourde pour être précipitée vers le sol. L'ascendance est donc une étape indispensable, non
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seulement dans la saturation de l'atmosphère, la condensation de la vapeur d'eau, la formation des nuages et leur accroissement dans le ciel, mais aussi dans l'élaboration des mécanismes qui provoquent les précipitations pluvieuses.
Voici comment le Professeur G. Viers, de l'Université de Toulouse spécialiste en climatologie décrit le phénomène « La cause fondamentale du refroidissement qui mène à la saturation et à la condensation (ainsi qu’à la formation de nuages), c'est l'ascendance accompagnée de l'évolution thermique adiabatique (sans échange de chaleur avec l'extérieur). » C’est exactement le processus décrit par le Coran Sacré. L’auteur affirme que pour passer de la condensation à la précipitation, il faut qu'il y ait ascendance de l'air. « C'est une notion capitale en la matière, trop souvent négligée. Or de tous les processus amenant la condensation, seule l'ascendance peut engendrer la pluie ou la neige. »
Cette réalité longtemps méconnue par les chercheurs est partagée désormais par tous les spécialistes, qui touchent de près ou de loin à la météorologie et à la climatologie. Par ailleurs, il existe plusieurs types d'ascendances et de convections qu’il n’est pas nécessaire de détailler en raison de leurs fonctions analogues. L'intérêt est de souligner le rôle irremplaçable que tient l'ascendance dans le développement des nuages, la condensation de la vapeur d'eau et la formation de la pluie et qui ont été mis en valeur par le Coran Sacré, alors qu’aucune source au monde, même celle émanant de spécialistes en la matière n’y faisait mention !
Bien que ce phénomène a été décrit et explicité plusieurs fois dans le Coran, les orientalistes, n’ont su l’interpréter correctement, au point de le dénaturer. Mais, qui pourrait leur en faire grief, puisque les spécialistes eux-mêmes ont dû attendre le 20ème siècle pour en comprendre les mécanismes ? Jamais aucune source avant le Coran n'a établi de parallèle entre l'ascendance des nuages et le déclenchement des précipitations. C'est pourtant une relation de cause à effet indéniable, encore que l'évidence était loin d'être perçue comme telle, pour s'imposer à l'esprit. Surtout au septième siècle de l’ère chrétienne, quand le Coran Sacré a été révélé pour promouvoir la raison et la vérité, alors que les populations occidentales vivaient plus sous l’influence de Satan, de ses méfaits et des chasses aux sorcières !
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LE CYCLE DE L'EAU ET LE REGIME DES VENTS
Le soleil joue un rôle fondamental dans l'évaporation de l'eau et partant dans la formation des précipitations pluvieuses. Les spécialistes ont calculé que l'apport calorifique du rayonnement solaire permet de faire passer à l'état de vapeur d’eau, trois litres d'eau de mer par mètre carré et quotidiennement, soit un volume de mille cent milliards de mètres cubes, qui retomberont sous forme de pluie, de neige ou de grêle. Les terres émergées dont la norme d'évaporation est deux fois moins importante, participent pour un total de deux cents milliards de mètres cubes par jour, et il suffirait de trente-trois heures d'évaporation (et de précipitations), pour couvrir les besoins de toute la population mondiale, où chaque habitant recevrait théoriquement une quote-part de mille litres par jour. Mais l'eau est une des richesses les plus mal réparties. Alors qu'en certains endroits chaque goutte a son importance, ailleurs règne la surabondance et le gaspillage. Dans ce qui suit, le cycle évaporation/précipitations sera explicité, avant de faire un rapprochement avec les données coraniques. Les constatations sont édifiantes, en raison de la grande similitude qui existe entre les deux sources.
La circulation atmosphérique est un processus complexe, qui est régi par des lois rigoureuses. L'interaction complexe des différents facteurs permet à l'univers d’exister et d’évoluer. Sur terre, la chaleur émanant du soleil contribue à l’évaporation des molécules d’eau, tant des océans que des continents. Puis, le le vent, véhicule universel de la planète, intervient pour répartir l'humidité à travers le globe. Il utilise les grands courants de circulation atmosphériques, qui déterminent le régime climatique de chaque région. Tout au long de leur parcours, les masses nuageuses vont subir des contraintes qui provoqueront l'apparition des précipitations. Les mers et océans recueillent, en raison de leur étendue, 70 à 80 pour cent de l’eau de pluie, mais l'importance de ce cycle fermé est toute relative, puisque chaque année 450 000 kilomètres cubes d'eau s'évaporent des océans et 410 000 kilomètres cubes, y retournent sous forme de précipitations. (Le reste réintègre aussi en partie, les océans mais par des voies secondaires, écoulement, ruissellement, etc.). Ce qui
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paraît être un débit considérable à priori, ne représente en fait que la 3 400ème partie du volume des océans, qui accomplissent une rotation sans fin. L'intérêt des précipitations qui se déversent sur les reliefs est autrement plus important. Les continents, en récupérant l'eau douce et en l'emmagasinant, tant à la surface, que dans les profondeurs du sous-sol, créent les conditions idéales pour le développement de la vie. C’est ce cycle qui permet à toutes les formes de vie terrestres, végétales et animales d’exister et de subsister.
Ce rythme, totalement inconnu à l’époque, est décrit par le Coran, qui évoque le va-et-vient incessant de l'eau entre le ciel et la terre et ses conséquences bienfaisantes sur le sol qui se fendille sous l'effet de la germination des plantes qui en résulte (Coran 86.11). Cette description correspond parfaitement à un mouvement alterné où l'évaporation élève l'eau dans l'atmosphère, avant que les précipitations ne la restituent au sol, qui se fendille sous la poussée germinative.
Le rôle de l'eau, est primordial dans la formation et le maintien de la vie. Le Livre Sacré décrit les phénomènes météorologiques sans lesquels, l'eau douce ne saurait ni exister, ni circuler, ni reconstituer les réserves qui auront été utilisées ou polluées. Il existe une parfaite analogie entre les données coraniques et la réalité physique telle qu’elle s’exerce pour animer l'horloge climatique. Car, il s’agit bien d’un fonctionnement précis et méticuleux où le fragile équilibre de la nature l'emporte sur les éléments déchainés et incontrôlés.
Voici une comparaison entre les citations coraniques et les données scientifiques relative à la circulation atmosphérique dans le monde. Certains sujets seront traités plus loin dans des articles spécifiques :
1. ASCENDANCE DES MASSES D'AIR CHARGEES DE VAPEUR
Citations coraniques : « Dieu envoie les vents qui élèvent les nuages dans le ciel. » (Coran 35.9).
Données scientifiques : L'ascendance est vitale dans le processus de la condensation des gouttes de pluie, afin de permettre un contact avec un substratum froid. Seule l'ascendance peut engendrer la pluie.
2. DEVELOPPEMENT DES NUAGES
Citations coraniques : « Dieu est Celui qui vous envoie les vents qui élèvent les nuages. Ils s'accroissent dans le ciel, selon Sa Volonté et forment des masses nuageuses. » (Coran 30.48).
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Données scientifiques : Dans les courants de convection, les masses d'air chargées d'humidité subissent un refroidissement, par détente. L'abaissement de température entraîne la condensation de la vapeur d'eau. Il se forme des nuages qui s'accroissent considérablement dans le ciel et qui sont alimentés par des mouvements ascendants continus.
3. LA CIRCULATION ATMOSPHERIQUE
Citations coraniques : « Dieu est Celui qui envoie les vents comme Signes annonciateurs de Sa Miséricorde, Lorsqu'ils portent de lourds nuages, Nous les conduisons (Nassouqou) vers une terre morte; Nous en faisons tomber l'eau avec laquelle Nous faisons sortir toutes sortes de fruits. » (Coran 7.57). L'expression « Nassouqou » signifie : « Nous conduisons les nuages par l'entremise des vents, vers des contrées déterminées. » C'est la conséquence d'une action volontariste qui emprunte les voies balisées par des forces contraignantes. Le vent n'est pas soumis aux caprices du sort. II est assujetti aux lois qui réglementent l'ordonnancement de la nature. De nombreux versets mettent en évidence ces mécanismes qui font partie, à une échelle plus vaste, de la circulation atmosphérique du globe.
Données scientifiques : Alors que les Anciens pensaient que le vent était le symbole de l'inconstance qui échappait à toute logique, les chercheurs modernes ont mis en évidence la circulation générale atmosphérique, selon laquelle les déplacements répondent à des règles précises. Le vent est produit par une différence de pression entre deux masses d'air voisines. Il se dirige, de la zone de haute pression (anticyclone), vers la zone de basse pression (dépression). Il existe aussi des forces déviantes (Coriolis) produites par la rotation de la terre où, dans l'hémisphère nord, le vent tourne autour des anticyclones dans le sens des aiguilles d'une montre, et autour des dépressions, dans le sens inverse, alors que dans l'hémisphère sud, cette règle est inversée. (Règle Buys Ballot). D'autres facteurs comme les reliefs, jouent aussi un rôle dans la direction des vents. En tout état de cause, la circulation atmosphérique obéit à des règles strictes et précises. Les vents ne peuvent emprunter certaines voies, que si celles-ci offrent les conditions favorables à leur déplacement. Ils sont conduits vers des contrées qui présentent des caractéristiques requises pour les accueillir.
4. LA VARIATION DES VENTS
Citations coraniques : La variation des vents est un phénomène provoqué par des conditions physiques particulières. C’est un argument 321
en faveur de la circulation atmosphérique : « L’alternance de la nuit et du jour…la variation des vents, constituent des preuves pour ceux qui méditent. » (Coran 45.4) Un exemple de ce changement de circulation est donné par le Coran relativement au récit de Salomon : « Nous avons soumis le vent à Salomon. Le vent du matin soufflait durant un mois (dans un sens) et celui du soir soufflait durant un mois (dans l’autre sens). » (Coran 34.12).
Données scientifiques : Non seulement les vents changent de direction, mais ils possèdent aussi la faculté d'alterner leurs mouvements. Le vent peut souffler tantôt dans un sens, et tantôt dans l’autre sens, en fonction des facteurs qui influent sur son comportement. L'exemple le plus connu est celui de la mousson; vent tropical (du mot arabe maoussem qui veut dire saison). La mousson d'hiver souffle pendant six mois des continents froids vers les eaux chaudes des océans et véhicule un air sec, alors que la mousson d'été qui lui succède, circule en sens inverse. Il s’agit d’un exemple de la variation des vents. De nombreux pays sont tributaires de cette variation et attendent avec impatience l'époque du renversement de la mousson, qui annonce les pluies et l’abondance. D’autres modèles de variation des vents existent, notamment, le khamsin en Egypte où le vent souffle pendant cinquante jours dans un sens avant de s’arrêter ou de changer de direction. De même la brise où le vent souffle, le jour, de la mer vers la terre, alors que la nuit, il effectue le trajet inverse, de la mer vers la terre. Plus exactement, c'est dans la matinée que débute le mouvement de la mer vers la terre, la tendance se renversant dans la soirée. Cette circulation s'explique par le fait que le jour, la terre se réchauffe plus rapidement que la mer et l’air qui se trouve au-dessus se dirige vers la dépression qui est créée. La nuit, c’est le parcours inverse qui s'établit. Ces mouvements et ces variations sont conformes aux données coraniques et ce qui a été rapporté au sujet du récit de Salomon.
5. LE ROLE VITAL DU VENT DANS LA FORMATION DE LA PLUIE
Citations coraniques : « Nous envoyons les vents qui fécondent (les nuages) et Nous faisons descendre du ciel, l'eau avec laquelle Nous vous abreuvons... » (Coran 15.22). Les vents qui fécondent ne sont pas une allégorie ou une invention de l’esprit. Il s’agit d’une réalité démontrée par toutes les études scientifiques dont le Coran a été le précurseur, des siècles durant, alors que les spécialistes n’y avaient vu…que du vent !
Donnés scientifiques : C'est grâce aux courants ascendants que se produit la condensation de la vapeur d'eau contenue dans les masses d'air
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saturées, qui donnent naissance aux nuages. Le vent amène des particules infimes, les noyaux de condensation autour desquels se formeront les premières gouttelettes. Puis, en raison des turbulences provoquées par le vent, les gouttelettes fusionneront pour vaincre les courants ascendants et donner naissance à la pluie. Le vent est un partenaire privilégié de l'humidité qu'il transforme en pluie. Pour cette raison, le Coran l'assimile à un agent de fécondation. Sans vent, l'atmosphère deviendrait stérile et le cycle de l'eau, si précieux pour la vie, ne pourrait ni s'enclencher, ni provoquer les précipitations.
6. LA DESTINATION DE L'EAU DE PLUIE
Citations coraniques : La pluie qui tombe va suivre un cheminement complexe, dont le processus a été décrit par le Coran, alors qu'en Occident, des théories fantaisistes avaient cours, mille ans après la révélation coranique ! « Il (Dieu) fait descendre du ciel une eau pure, avec laquelle Nous vivifions une contrée morte de sécheresse et Nous abreuvons les multitudes de troupeaux et d’êtres humains que Nous avons créés. » (Coran 25. 48-49)
Données scientifiques : L’utilisation la plus apparente de l’eau, est sa consommation par les hommes et les animaux. Cela est tellement évident qu’il n’est pas nécessaire de s’étendre. La référence, à la pluie constituée d’eau pure, est remarquable, puisque de toutes les eaux disponibles sur terre, c’est l’eau de pluie qui est la plus pure. Bien entendu, les problèmes de pollution générés par l’activité humaine qui peuvent charger cette eau, ne sont pas pris en compte.
Citations coraniques : « C’est Lui (Allah) qui fait descendre l’eau du ciel, avec laquelle, Nous faisons germer toutes les plantes. Nous en faisons surgir la verdure de laquelle Nous tirons des grains superposés, tandis que de la spathe de palmier, sortent des régimes de dattes, à portée de main. Nous faisons croître avec cette eau des jardins plantés de vigne, d’oliviers et de grenadiers, semblables ou différents les uns des autres. Considérez leur fructification, lorsqu’ils donnent des fruits et observez leur maturité jusqu’à leur terme. Que de signes pour ceux qui ont la foi. » (Coran 6.99)
Données scientifiques : L’autre aspect le plus remarquable de l’eau, est son importance vitale pour le règne végétal. Aucune plante ne saurait pousser en l’absence de l’élément liquide et encore moins se développer. Ce verset a pour but de rappeler la place éminente et irremplaçable de l’eau, dans la production agricole, qui constitue le maillon fondamental,
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entre le règne minéral et le règne du vivant. Sans végétation, la vie ne saurait exister et sans eau, les plantes ne pourraient voir le jour.
Citations coraniques : La pluie qui tombe et qui est absorbée par les plantes, les animaux et les hommes, ne représente qu’une partie des précipitations. Une autre partie s’infiltre dans le sol, pour alimenter les nappes souterraines. « Ne vois-tu pas que Dieu fait descendre l’eau du ciel, qu’Il achemine dans des nappes souterraines, dont Il fait jaillir des sources ? Grâce à elles, Il fait germer des plantes. » (Coran 39.21)
Données scientifiques : Il aura fallu attendre le 17ème siècle, pour voir les chercheurs et les hydrologues, prendre à leur compte, la théorie coranique de l’acheminement des eaux de pluie, dans la constitution des réserves souterraines et l’émergence de sources. L’article correspondant est développé plus longuement, sous le titre : « La formation des nappes souterraines et des sources. »
Citations coraniques : Le circuit de l’eau continue. Une autre partie des précipitations recueillies par les bassins versants, va rejoindre les fleuves et les cours d’eau. « Il (Dieu) fait descendre l’eau du ciel. Cette eau ruisselle vers les cours d’eau qui coulent alors (selon le débit qu’ils reçoivent). Le courant impétueux charrie une écume qui surnage. » (Coran 13.17)
Données scientifiques : Comme pour les nappes souterraines, la provenance de l’eau des fleuves et des cours d’eau, constituait une énigme pour l’humanité. Selon les conceptions occidentales les cours d’eau étaient alimentés d’une façon mystérieuse à partir du centre de la Terre. Encore une légende qui sera détruite par les révélations coraniques. (Voir pour plus d’informations, l’article intitulé : « Le débit des cours d’eau »)
Citations coraniques : Enfin, l’eau s’évapore à nouveau pour refermer le cycle des précipitations. « Nous faisons descendre du ciel, une eau avec laquelle Nous vous abreuvons, et que vous n’êtes pas en mesure de conserver (ou de stocker) » (Coran 15.22). Cette description peut être rapprochée du verset 32.2 qui dit : « …Il (Dieu) sait ce qui descendu du ciel et ce qui s’élève ». La formule « ce qui descend du ciel », sert à désigner l’eau qui tombe sous diverses formes, pluie, neige, grêle etc. L’expression : « ce qui s’élève », désigne l’évaporation sous toutes ses formes, ainsi qu’il ressort du verset évoqué au début qui retrace la rotation de l’eau entre le ciel et la terre en utilisant, une formule parfaitement adaptée, qui est celle-ci : « Par le ciel, qui renvoie (son eau
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à la terre). » (Coran 86.11). Or, il est patent, que le ciel ne peut renvoyer une eau, qui ne se soit déjà évaporée.
Données scientifiques : Le cycle de l’eau avec ses ramifications est complètement fermé. A l’évaporation, mentionnée précédemment, succèdent après maintes péripéties, les précipitations pluviales. L’eau bienfaisante est absorbée par la terre, les plantes, les animaux et les hommes. Une partie s’infiltre pour constituer les nappes souterraines, elles-mêmes resurgissant sous forme de sources. Une autre s’en va alimenter les fleuves et les cours d’eau à travers les bassins versants et la dernière, que l’homme ne peut conserver, s’évapore pour perpétuer le mouvement de la circulation atmosphérique et le cycle de l’eau. La boucle est ainsi bouclée, avec ce processus complet du circuit de l’eau où alternent l’évaporation, les précipitations, les reconstituons de réserves et la résurgence de sources, puis à nouveau le cycle de l’évaporation, qui alimente un processus sans fin.
Une autre citation destinée à décrire le déroulement du cycle précipitations/évaporation, est donnée par le Livre Sacré : « Dis ! Réfléchissez, si jamais l'eau dont vous disposez était absorbée par la terre, qui donc vous procurerait une eau pure ? » (Coran 67.30). L'interrogation n'est pas dénuée de sens, comme aurait tendance à le croire, certaines personnes. Les hommes qui ignoraient l'existence du cycle de l'eau auraient pu répondre sans hésiter, que la disparition des eaux de surface (mers, océans, cours d'eau, sources etc.) aurait pu être amplement compensée par l'eau de pluie. Il fallait seulement s'organiser pour recueillir cette eau si précieuse, dans des réservoirs appropriés, afin de l'utiliser en période de sécheresse. Dès l'instant où les gens pensaient que les nuages étaient formés par le ciel, la perte des eaux de surface, pour gênante qu'elle fût, ne pouvait prendre les proportions d'un désastre. Pourvu qu'il pleuve !
Or, justement, la réalité est tout autre. L'ensemble des nuages de la planète ne constitue une réserve que d'une dizaine de jours, et c'est l'évaporation qui leur permet de se reconstituer. Si toute l'eau du globe venait à être absorbée, par la terre, il n'y aurait plus d’évaporation pour alimenter le circuit. Les nuages ne pourraient plus se former et le cycle se trouverait rompu irrémédiablement, entraînant l'anéantissement de toute forme de vie. Dès lors, la question posée par le Coran porte en elle-même, la reconnaissance du processus de l’évaporation suivi de celui des précipitations. Autrement, il aurait été insensé de croire que le Livre Sacré puisse menacer les hommes d'un événement exceptionnellement 325
grave, et qu'une solution toute prête (la substitution par l'eau de pluie) pouvait rendre cette admonestation inopérante. Ce rappel devait au contraire avoir un effet dissuasif. Et cela n'était concevable que dans l'hypothèse où les nuages étaient alimentés par l'évaporation, que celle-ci soit tributaire de la disponibilité de l'eau à la surface de la terre, en provenance des océans et des continents, le tout dans un mouvement perpétuel que la science moderne a enfin, fini par admettre.
Cependant, la mise en évidence du cycle de l'eau, pour importante qu'elle soit, ne doit pas faire oublier tous les autres aspects météorologiques qui sont décrits ailleurs. Notamment les phénomènes liés à la convection des nuages, à la circulation atmosphérique, au régime des vents, à la répartition des eaux de pluie, enfin à tous les mécanismes merveilleusement agencés, dont est dotée la nature pour remplir efficacement son rôle. C’est grâce à la conjonction de tous ces facteurs que la planète Terre a eu l'insigne privilège d'accueillir et d'abriter la vie sous ses formes les plus exubérantes. Ceci est la position intangible du Coran. De même, la science y a souscrit tardivement, mais sans réserve. Cette conjonction des sources les plus fiables est une garantie d’authenticité et le gage que la circulation atmosphérique est un phénomène qui a été parfaitement maîtrisé par le Livre Sacré.
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LA FORMATION DES NAPPES SOUTERRAINES ET DES SOURCES D’EAU
Les glaciers et les calottes polaires, constituent la plus grande réserve d'eau douce de la planète. Loin derrière, viennent les eaux souterraines dont le volume est plusieurs dizaines de fois supérieur aux eaux de surface (fleuves, lacs, rivières, atmosphère, etc.). Ce qui explique l'intérêt des spécialistes, pour mettre en exploitation ces ressources qui ont l'avantage d'être renouvelables en partie. Le sous-sol recueille chaque année, l'équivalent de 15 000 à 20 000 kilomètres cubes d'eau (15 000 à 20 000 milliards de mètres cubes) provenant de l'infiltration des eaux de pluie, qui s'ajoutent aux 4 millions de kilomètres cubes, retenus dans les 800 premiers mètres de l'écorce terrestre. Toute cette eau n'est pas exploitable directement. L’eau retenue par adsorption et capillarité, restera prisonnière des roches et seule, l'eau libre ou gravifique, pourra être captée. Elle représente quand même un apport d'une importance considérable. Pourtant les conceptions anciennes qui avaient cours jusqu’en 1877, ne laissent pas d’étonner. Maurice Bucaille écrit dans son livre : « La Bible, le Coran et la Science »
« ...Il eut été simple d'imaginer que les eaux souterraines provenaient de l'infiltration des précipitations dans le sol. Mais on cite comme une exception, dans les temps anciens, la conception d'un certain Vitruve qui, à Rome, au 1er siècle avant J.-C., avait soutenu cette idée. Ainsi, pendant de longs siècles, au nombre desquels se situe la Révélation coranique, les hommes avaient des conceptions erronées sur le régime des eaux. Dans leur article Hydrologie, de l'Encyclopédia Universalis, deux spécialistes Castany et Blavoux, écrivent que la théorie de la poussée océanique sous l'effet des vents à l'intérieur des continents et sa pénétration dans le sol a été décrite par Millet au 7ème siècle avant J.-C. Platon partageait ces idées et pensait que le retour à l'océan s'effectuait par un grand abîme, le Tatare. Cette théorie aura de nombreux adeptes jusqu'au 18ème siècle avec Descartes. Aristote supposait, que la vapeur d'eau du sol se condensait dans les cavités refroidies et formait des lacs souterrains alimentant les sources. Il sera
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suivi par Sénèque (1er siècle) et restera en vigueur jusqu'en 1877, avec O. Volger... La première conception du cycle de l'eau reviendra en 1580 à Bernard Palissy, qui affirme que les eaux souterraines proviennent des infiltrations des eaux de pluie dans le sol. Hypothèse confirmée par Mariotte et Perrault au 17ième siècle. Des conceptions inexactes qui avaient cours à l'époque de Mahomet, on ne trouve nul écho dans les passages du Coran. »
Ainsi le Coran, n’a jamais fait siennes les idées en cours, bien qu’elles émanent de personnalités prestigieuses, dont les avis faisaient loi en la matière. A cela, il faut ajouter que si Descartes, comme Platon et Kepler, voyait dans la mer, l'origine de l'eau souterraine, il attribuait la formation des eaux douces à la distillation des eaux salées sous l'influence de la chaleur terrestre. (« Les eaux souterraines », par Félix Trombe). Volger, reprenant les vues d'Aristote, voulut montrer en 1877, par des calculs précis, que l'eau souterraine pouvait provenir des condensations internes dues à un refroidissement de l'air saturé de vapeur d'eau. Il eut le tort de vouloir attribuer une importance excessive à la théorie de la condensation, alors qu’en fait, elle est minime et négligeable. Avant lui, en 1549, le minéralogiste allemand Agricola distinguait outre l'eau due aux infiltrations de la pluie dans les fissures du sol, celle qui pouvait provenir de la condensation des vapeurs ascendantes en provenance des entrailles de la terre. D’autres versions existaient pour expliquer la formation des nappes souterraines et des sources d’eau. Elles étaient au nombre de quatre, mais sont toutes erronées ou gravement déficientes, pour expliquer le phénomène. Ces versions sont les suivantes :
1. Poussée de l'eau océanique sous l'effet du vent et pénétration dans le sol. Hypothèse fausse, soutenue par Thalès de Millet et Platon. Elle est restée en vigueur jusqu’au 18ème siècle avec Descartes.
2. Distillation des eaux salées sous l'influence de la chaleur terrestre. Hypothèse fausse, soutenue par Aristote et Sénèque, jusqu’au 1er siècle de l’ère chrétienne et restera en vigueur jusqu’en 1877 avec O. Volger.
3. Condensation interne due à un refroidissement de l'air saturé de vapeur d'eau. Théorie insuffisante pour justifier la formation de nappes souterraines.
4. Condensation des vapeurs ascendantes en provenance des entrailles de la terre. Phénomène marginal et précaire.
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Certains chercheurs contemporains tentèrent d'exhumer les variantes qui mettent en jeu les phénomènes de condensation émanant des profondeurs de la terre, ainsi que celles qui résultent de la circulation d'air sauré, refroidi dans un sol à basse température, ou d'autres mécanismes manifestement insignifiants. Or ces idées étaient fausses et l’eau ainsi recueillie ne saurait contribuer que pour une part infime à l'accumulation des réserves hydriques, telles que procurées par les infiltrations. En conséquence, il y a lieu de croire que les infiltrations constituent la règle dans la formation des eaux souterraines. C'est cette réalité qui est restée ignorée durant des millénaires par les spécialistes des questions hydrauliques.
Aujourd'hui, que le phénomène a été démonté, il ne fait plus de doute que les milliers de milliards de mètres cubes d'eau provenant des précipitations, s'infiltrent chaque année à travers le sol pour alimenter les nappes souterraines. Il existe des méthodes éprouvées pour estimer, en fonction de la nature du terrain, de sa déclivité, des caractéristiques des précipitations, de leur importance, etc., le taux d'infiltration d'une région, et partant, le volume des apports annuels escomptés. Bien que le pourcentage varie d'un terrain à un autre et aussi en fonction des pentes respectives et des latitudes, le ratio ordinaire des eaux de pluie qui s’infiltrent dans le sous-sol, oscille entre 10 à 25 %.
Or, ce cheminement de l'eau de pluie resté si longtemps méconnu, est clairement mentionné dans le Coran : « Nous faisons descendre du ciel, l'eau (les précipitations), dans une mesure convenable, que Nous logeons dans le sol, alors que Nous pourrions la faire disparaître (ou la laisser se perdre). » (Coran 23.18). Le Coran enseigne que l’eau de pluie est emmagasinée à l'intérieur de la terre, anticipant sur la théorie de l'infiltration retenue par les scientifiques, bien plus tard. Le Livre sacré va plus loin que la simple description du système de récupération et de stockage des eaux souterraines : « Ne vois-tu pas, proclame le Coran, que Dieu fait descendre l'eau du ciel, qu’Il achemine dans des nappes souterraines, dont il fait jaillir des sources ? Grâce à elle Il fait germer des plantes... » (Coran 39.21). Les deux versets se complètent pour décrire la circulation de l’eau, d'abord sous forme de précipitations, son infiltration dans le sol, son stockage souterrain et son émergence à la surface, sous forme de sources, au bout du cycle.
A présent, plus personne n'ignore qu'une partie des précipitations s'infiltre et est retenue dans des poches souterraines plus ou moins imperméables. Différentes catégories de nappes existent qui ont été
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l’objet d’une classification par les spécialistes, parmi lesquelles se trouvent les sources de déversement qui arrivent en surface par gravité avec une sortie située le plus souvent dans le fond des cuvettes et les sources d'émergence qui peuvent jaillir plus haut que le point bas de la nappe phréatique, qu'elle soit libre ou captive. Il existe aussi d'autres catégories d'émergence, de résurgence et d'exsurgence qu’il n’est pas nécessaire de détailler. Le but essentiel est de démontrer que les sources proviennent de nappes souterraines, lesquelles sont alimentées par l'infiltration de l'eau de pluie qui tombe sur le sol.
Hormis les travaux du 17ème siècle, menés par Perrault, Mariotte et Halley qui ont permis d'arriver à des résultats similaires et la référence aux conclusions de Palissy, aucun ouvrage n'aura réussi à démonter aussi magistralement les mécanismes qui régissent le cycle de l'eau. L'approche adoptée par le Coran dix siècles auparavant, alors que le Prophète Mohammed n'avait aucune compétence particulière pour parler de ce domaine, est tellement suggestive, qu'elle dispense de tirer des conclusions qui s'imposent d'elles-mêmes.
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LE DEBIT DES COURS D'EAU
Chaque année, 520 000 kilomètres cubes d'eau (ou 520 mille milliards de mètres cubes), s'évaporent de la surface de la terre. Les mers et océans contribuent pour 450 000 kilomètres cubes et les continents pour 70 000 kilomètres cubes. Parallèlement les précipitations restituent à la terre un volume de 410 000 kilomètres cubes sur les océans et 110 000 kilomètres cubes sur les reliefs. Globalement, par le jeu des transferts secondaires, le bilan reste toujours constant.
Les cours d'eau en général (fleuves, rivières, torrents, ...) et les lacs sont alimentés en partie par les sources, et en partie par les eaux de pluie qui tombent sur les bassins versants. Le débit des sources est plus ou moins régulier et constant, bien que diminuant lors des sécheresses prolongées, alors que celui des précipitations varie fortement en fonction des saisons. Cela est dû à deux facteurs : le premier concerne l'importance des précipitations et leur répartition dans le temps, le second est lié à l'étendue du bassin et à son degré de pénétration. Le bassin de l'Amazone par exemple, occupe une superficie d'environ 7 millions de kilomètres carrés bien arrosés, qui font de ce fleuve, le plus gros débit de la planète (120 000 mètres cubes d'eau à la seconde, en moyenne). Le Missouri-Mississipi possède aussi des surfaces drainantes d'une étendue à peu près similaire, mais dont le débit est moins considérable.
Les bassins versants se répartissent en trois catégories. La plus grande partie est constituée par les bassins exoréiques, dont les eaux récupérées par les cours d'eau, s'écoulent vers les mers et océans. Les bassins endoréiques occupent 10 pour cent des surfaces et drainent les précipitations vers les lacs et les dépressions continentales, alors que les bassins dits aréiques sont de peu d'intérêt, en raison de l'absence d'écoulement (manque de pluie, grande évaporation, etc.). Les cours d'eau des régions tempérées sont moins sujets aux changements climatiques que ceux des zones tropicales où les variations des régimes saisonniers sont très accentuées. Ainsi, le débit de la rivière Bénoué, en Afrique peut varier dans un rapport de un à cent, entre l'hiver et l'été.
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Dans les pays tempérés où la pluie est bien répartie, l'accroissement du débit des fleuves, n'était pas vu comme une conséquence logique des précipitations qui s'abattent sur les bassins versants. Les savants anciens n'avaient pu établir de corrélation entre la tombée de la pluie et les variations de débit. Mieux encore, certains fleuves, à l’instar du Nil, voient leurs eaux gonfler et les crues se dérouler en pleine saison sèche, contribuant à rejeter toute interdépendance entre ces phénomènes. Le paradoxe réside dans le fait que c’est en été que le Nil annonce ses eaux, abondantes et limoneuses qui fertiliseront les terres, alors qu’en hiver, le débit diminue fortement.
Durant ses voyages célèbres, le géographe et historien arabe, Ibn Battuta (1304-1377) n'a pas manqué de relater dans son journal, ce phénomène. « Une des particularités merveilleuses qu'il présente, c'est que le commencement de sa crue a lieu pendant les grandes chaleurs, alors que les rivières décroissent et se dessèchent; et le commencement de la diminution de ses eaux coïncide avec la crue et le débordement des autres fleuves. » Le contraste du fleuve en crue avec son environnement désertique était tel que la mythologie égyptienne en arriva à le vénérer. Le Nil devint pour la circonstance un fleuve céleste, un océan du ciel ou le dieu Osiris aurait ressuscité après avoir été plongé dans ses eaux.
Cette particularité démontre à quel point les hommes méconnaissaient les liens existant entre les précipitations et la modification du débit des cours d'eau. Mais comment établir une correspondance alors que les crues d’Egypte étaient séparées par 5 000 kilomètres des pluies qui s'abattaient au sud ? Le Nil serpente en effet sur une longueur de 6 700 kilomètres avant d'arriver au Delta. Son bassin draine une surface de 2 850 000 kilomètres carrés, s’étendant à travers la Tanzanie, le Kenya, le Ruanda, le Burundi, le Zaïre, l'Ouganda, l'Ethiopie, le Soudan et l'Egypte.
La plupart de ces pays sont plus ou moins soumis au climat tropical où la pluviométrie atteint son maximum en été. Quand l'Égypte traverse les fortes chaleurs, le cours du Nil se met à enfler plusieurs milliers de kilomètres plus au sud, grâce à l'apport des pluies tropicales. Aussi, les hommes n'avaient pu établir un parallèle entre les deux événements. Ce qui explique en partie, qu'en Europe, même si le phénomène était moins tranché, « On croyait jusqu'à la fin du 17ème siècle, que les précipitations ne pouvaient suffire à alimenter les fleuves et qu'une grande quantité d'eau provenait des entrailles de la terre. » (« Fabuleuse histoire de l’eau. » Casterman)
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L'Encyclopédie Scientifique de l'Univers abonde dans le même sens en rappelant qu’à l'époque : « On s'imaginait encore il y a à peine moins de 300 ans que l'eau des fleuves et rivières venait de façon quelque peu mystérieuse du centre de la terre. C'est au Français Pierre Perrault que revient le mérite d'avoir établi les premières relations connues entre précipitations et débits. D'observations faites en 1668 et 1670 sur les débits de la Seine et les précipitations recueillies sur le Bassin Parisien, il avait déduit en effet que l'écoulement de la Seine représentait environ le 1/6ème des précipitations ; résultats confirmés un peu plus tard par un autre Français, Edme Mariotte. Egalement vers la même époque, l'astronome anglais Edmund Halley découvrait, en évaluant les apports des cours d'eau se jetant clans la Méditerranée, que leur total était en étroite corrélation avec la quantité de pluie ou de neige recueillie sur les bassins drainant ces cours d'eau. Le travail de ces trois pionniers, conclut l'Encyclopédie Scientifique de l'Univers, mettait ainsi un terme à une longue période de croyances erronées. Mais leurs idées, très nouvelles pour l'époque, eurent du mal à s'imposer et ce n'est, en fait qu'au début du 19ème siècle que l'hydrologie commença véritablement à faire figure. » (Fin de citation).
L'ouvrage en question, par ailleurs remarquable, relate les croyances erronées des Occidentaux qui s'imaginaient il y a à moins de 300 ans que l'eau des fleuves et rivières provenait mystérieusement du centre de la terre. Il met en exergue les travaux méritoires de spécialistes français et anglais, et la découverte de l'étroite corrélation entre les précipitations et la variation de débit des cours d'eau. Cependant, note-t-il, ces idées, très nouvelles pour l'époque eurent du mal à s'imposer avant le début du 19ème siècle. L'auteur de l'article est certainement bien placé, pour décrire l'état d'esprit qui régnait dans les contrées dont il est originaire et les résultats auxquels étaient parvenus les savants d’alors. Néanmoins, la vérité impose de reconnaître que l'inventeur de cette théorie n'est ni Perrault, ni Mariotte, ni Halley, mais le Coran Sacré qui, onze siècles auparavant, avait décrit les mécanismes et expliqué le rapport entre l'importance des précipitations et la modification du débit des cours d'eau. Le Livre Sacré n’a jamais fait sienne, la théorie de l'origine mystérieuse, tenue encore pour sûre beaucoup plus tard par ses partisans. Il avait en outre retracé le cycle réel de l'eau, qui est beaucoup plus complexe, que l'idée que s'en faisait la communauté scientifique.
Le Coran dit : « Il (Dieu) fait descendre l'eau du ciel. Puis, cette eau ruisselle vers les cours d'eau qui coulent selon le débit (qu'ils reçoivent spécifiquement des précipitations). Le courant impétueux
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charrie une écume qui surnage... » (Coran 13.17). Ce verset décrit les précipitations qui tombent sur les bassins versants qui s'écoulent ensuite vers les cours d'eau (fleuves, rivières, etc.), dont le débit varie en fonction des apports qu'ils reçoivent, conformément à la réalité. Après des années d’observations, les chercheurs ont pu effectivement calculer que les précipitations contribuent à alimenter le débit de la Seine, et celui des cours d'eau se jetant dans la Méditerranée. Parfois, les choses étaient inversées, à l'instar du Nil qui diminuait en hiver, et provoquait des inondations durant la saison sèche. Ces apparentes contradictions, et l’opinion généralisée qui soutenait des mécanismes erronés, n'ont pas empêché le Coran de s'opposer à l'ignorance des gens pour rétablir la réalité. Une réalité qui ne sera découverte qu'au 17ème siècle. Aussi, il serait présomptueux de soutenir que de telles idées étaient nouvelles pour l'époque. Au contraire, elles commençaient à dater. Seuls les méconnaissaient, ceux qui n'avaient pas eu accès au Livre Sacré des Musulmans.
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LA MORPHOLOGIE DES MONTAGNES
Les montagnes sont assimilées par le Coran à des reliefs enracinés dans le sol. Cette version revient à plusieurs reprises, sous des formulations différentes. Le Coran dit : « Ne considèrent-ils pas ... comment les montagnes ont été dressées ? » (Coran 88.19). Le terme employé ici est « noucibat » qui dérive de l’action du verbe « dresser, élever, ficher, fixer en terre, planter, etc. » Les montagnes comportent une partie souterraine, à l'instar des racines ancrées dans la terre, alors que la partie aérienne dresse son relief altier.
Un autre passage confirme cette réalité : « Il (le Créateur) a ancré solidement les montagnes (dans le sol). » (Coran 79.32). Le mot utilisé est « arsaha », dérivant de « arsa », qui veut dire « ancrer, fixer solidement (dans le sol) » Les nombreux orientalistes et traducteurs ne se sont pas trompés en faisant l'unanimité autour de cette définition. Voici quelques exemples de ce consensus. Sadok Mazigh : « II (Dieu) planta solidement son relief. D. Masson : « Il (le Créateur) a solidement établi les montagnes. » Kasirnirski : « Il a amarré les montagnes. » Blachère utilise le verbe « dresser ». Ce qui n'est pas une contradiction dans la mesure où ce terme implique l’action de « planter et d'élever » qui lui est reconnu d'ailleurs par la sémantique. Savary en parlant d'affermissement des montagnes, reste dans le vague, sans pour autant déroger à l’idée générale qui se dégage chez tout le monde.
L'article consacré à « l'écorce terrestre » démontre que le Livre Sacré, avant tout autre ouvrage, avait prédit l'existence de cette écorce. Par exemple : « N'avons-Nous pas disposé la terre comme une couche et les montagnes comme des pieux (enfoncés par terre) ? » (Coran 78. 6-7). La couche n'est autre que l'écorce terrestre dans laquelle les montagnes prennent leurs assises. Leur enracinement dans le sol est décrit à plusieurs reprises dans le Coran, alors que personne à l'époque ne pouvait disposer de moyens d'investigation pour connaître ce phénomène, qui existe effectivement. Car, jamais une telle idée ne pouvait effleurer l’esprit des gens de l’époque.
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C’est seulement au vingtième siècle que les géologues ont été en mesure de confirmer, à l'aide d'appareils utilisant la propagation des ondes sismiques provoquées artificiellement, que les montagnes étaient effectivement ancrées dans le sol par leurs racines. L'écorce s'épaissit systématiquement à leur point d’ancrage au point où la profondeur des racines est souvent dix fois plus importante que la hauteur des cimes, donnant à ce phénomène l'image des icebergs dont les 9/10ème sont immergés et qui ne sortent de l'eau que le sommet. Ainsi, les racines de la Cordillère des Andes, descendent à 70 kilomètres, pour une hauteur maximum de 6 960 mètres au sommet ; celles des Pyrénées atteignent 50 kilomètres, pour une hauteur d’un peu plus de 2 500 mètres, tandis que l'Himalaya s'accroche à l'intérieur du sol, à 80 kilomètres de profondeur, et que leurs plus hauts sommets culminent à plus de 8 000 mètres. La croûte continentale est systématiquement renforcée pour permettre aux montagnes de se maintenir et de stabiliser le sol.
Lorsque deux plaques lithosphériques convergent l'une vers l'autre, il se produit une collision qui déforme les bordures continentales, sous les forces de compression. Ces bordures vont s'épaissir, se plisser et se déformer, provoquant l'apparition d'un relief montagneux dont les racines plongent à plusieurs dizaines de kilomètres de profondeur, alors que les sommets se dressent vers le ciel. Dans le cas d'une subduction, une des deux plaques est une plaque océanique. Elle s'enfonce dans l'asthénosphère sous la plaque continentale plus légère. Cette collision provoque des perturbations géologiques dans la bordure qui jouxte la zone en question, entraînant sous la poussée des forces de compression, le plissement de la plaque et la formation d'une nouvelle chaîne de montagnes. L'écorce terrestre qui se trouve comprimée, s'épaissit, le relief se plisse et se déforme. La base s'enfonce profondément et s'enracine dans le substrat environnant, les sommets se dressent vers les hauteurs. Cette image est conforme aux révélations coraniques qui décrivent les montagnes dressées vers le ciel, et en même temps enracinées dans les profondeurs de l'écorce terrestre.
Cette extraordinaire similitude, n'est pas le résultat du simple hasard. Sans quoi, d'autres ouvrages auraient pu prétendre aux mêmes degrés de probabilités et décrire correctement le processus dans la foulée ; à leur honneur. Mais cela n'a jamais eu lieu, car d’autres causes que le hasard, sont indispensables pour décrire le phénomène. L’humanité, si prodigue en d’autres circonstances, est restée silencieuse, tandis que le Coran s'exprimait sur les grands thèmes de l'univers et de la création. Le terme « noucibat » a la même origine que « naçba » qui peut
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se traduire par plant, plante, semis... Cela permet de faire un rapprochement du moins symbolique, entre les montagnes et les plantes ou les arbres en général. C'est avec une optique pareille que Kasimirski a traduit le verset : « N'ont-ils pas jeté les yeux… sur les montagnes, comment elles ont été plantées dans la terre ? » (Coran. 88.19) L'auteur suggère une certaine analogie entre les montagnes dressées et les arbres plantés. Ce que ne démentent pas les faits.
Les données géologiques les plus récentes ont permis de découvrir qu'à l'image de l'arbre, la montagne possède des racines profondes pour s'ancrer dans le sol et assurer sa stabilité. Du coup, sa présence affermit et renforce le sol, à la manière de l'arbre qui maintient la terre et l'empêche de s'éroder ou de glisser. La montagne et l'arbre pareillement, dressent leurs cimes vers les hauteurs et imposent par leur aplomb et leur allure. Les versants des montagnes ne sont rien d'autre que le houppier étagé des arbres et il est loisible de multiplier les apparences et les fonctions jusqu'à sombrer dans le subjectivisme. Aussi, le chapitre des similitudes sera refermé, sauf pour relever un autre phénomène remarquable et impressionnant. Il s'agit de ce que les géologues appellent la compensation ou le réajustement isostatique.
Les montagnes possèdent en effet des racines dont l'épaisseur représente ainsi qu’il a été précisé, dix fois la hauteur des sommets. En raison de l’érosion naturelle, ceux-ci sont continuellement agressés par le vent, la pluie, la neige, le gel, et ont tendance à se tasser et à s'affaisser progressivement jusqu’à entrainer leur disparition. Un phénomène particulier va alors intervenir pour stopper le processus et inverser le phénomène de la décroissance. Au fur et à mesure de son érosion, la montagne va « pousser » à l'instar d'un arbre, par l'intermédiaire de ses racines nourricières et grandir de cette façon. Ainsi, les montagnes jeunes arrivent à gagner ainsi quelques centimètres par siècle, normes habituelles dans les mécanismes géologiques. Tel un arbre, la montagne est continuellement alimentée par ses racines et cela peut durer des dizaines ou des centaines de millions d’années. Puis, une fois celles-ci résorbées, les forces d’érosion prendront le pas sur la croissance, et alors seulement la montagne commence, à se résorber. Ces mécanismes, vont s’étaler sur de très longues périodes géologiques et peu à peu la montagne finit par disparaître.
Les géologues expliquent ce phénomène par le fait que les racines des montagnes sont constituées de roches plus légères que celles du substratum environnant et subissent une poussée de bas en haut au fur et 337
à mesure de l’érosion. Puis, tel en arbre privé de sa sève nourricière, la montagne arrive au bout de sa croissance pour entrer dans la phase inverse de la mort lente. Ses reliefs vont se tasser en raison des mouvements du sol et des conséquences de l'érosion. Elle finira par devenir une pénéplaine, avant de se niveler et de se fondre dans l'immensité des étendues environnantes. Désormais, après des millions d’années, elle se trouve réduite à l'état d’une vaste plaine, phénomène qui n’a jamais été perçu avant le vingtième siècle
Le Coran a-t-il (encore) son mot à dire au sujet de ce processus, qui est resté ignoré des savants du monde entier ? Voici sa réponse : (Dieu s’adresse au Prophète) : « Ils (les incrédules) t'interrogeront au sujet des montagnes, répond-leur : « les réduira en poussière. Il en fera une plaine où tu ne verras ni ondulation ni dépression. » (Coran 20.105 à 107). Oui, le Livre Sacré a aussi prévu la fin des montagnes, magistralement, treize siècles avant que les géologues n’arrivent à la même conclusion, après des études, des observations et des recherches minutieuses ! Ce n'est pas peu pour la géologie de s’honorer d’une telle découverte, pourtant il suffisait d’ouvrir le Coran Sacré, pour avoir la réponse à leurs désirs de connaître la vérité.
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LES ARMES MODERNES
L’armement dans le monde lors de la Révélation coranique se réduisait à peu de choses, comparativement à ce que peut aligner l'industrie aujourd'hui. Il existait des armes blanches sous forme de sabres, épées, haches, poignards et autres instruments tranchants, des armes de trait comme l'arc, l'arbalète, la lance, le javelot et divers objets primitifs, tels la massue, le bâton et au mieux la fronde. L'armement lourd était représente par le bélier dont le rôle consistait à démolir les murailles, les catapultes inventées par les Syriens, plusieurs siècles avant l'ère chrétienne et destinées à envoyer des pierres, du métal et autres projectiles, ainsi que les balistes adaptées du principe de l'arbalète, dont l'invention est attribuée à Archimède.
D'autres systèmes de défense étaient en usage comme l'huile ou l'eau bouillante, les cordes, les échelles etc., mais il s'agissait plus d'une adaptation aux conditions d'une bataille donné que d'un armement au sens propre du terme. Les grandes inventions de l’industrie de guerre, ne virent le jour que plus tard. Environ quatre siècles séparent la Révélation coranique de l’utilisation de la poudre à des fins militaires et près de huit siècles, de celle de l’invention du canon. Encore faut-il préciser que ces nouveautés se déroulèrent loin du berceau de l’Islam. En Chine pour la première, en Europe ( ?) pour la seconde, et qu’elles ne furent introduites dans la région qu’ultérieurement. La tradition guerrière fait état des compétitions et des tirs d’adresse, où ces armes seules étaient utilisées. L’armement rudimentaire était le reflet du niveau de vie d’alors, avant l’apparition de l’Islam. Or, c’est dans ce contexte, que la révélation suivante fut communiquée au Prophète Mohammed, que le Salut et la Bénédiction de d’Allah, soient sur lui. Elle est édifiante : « Ô communautés de djinns (génies) et vous communauté des hommes ! Si vous pouvez sortir des limites des cieux et de la terre, faites-le. Mais vous ne pourrez le faire, sans une grande puissance…On lancera contre vous (qui essayez de fuir dans l’espace) un jet (ou un rayon) de feu, ainsi que du cuivre (ou du fer) incandescent, et vous ne serez pas secourus ! » (Coran 55. 33 à 35)
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Le Coran Sacré dépeint une tentative de fuite d’une partie de l’humanité dans l’espace, laquelle ne pourrait se concevoir que grâce à une grande puissance. Le fait d’imaginer que pour espérer échapper à une catastrophe majeure, l’homme se tourne vers le cosmos pour atteindre éventuellement d’autres planètes, est une conception moderne et nouvelle qui n’avait pas cours, au moment de la révélation coranique. D’autant plus que la Bible enseigne que la Terre est la seule planète habitée dans l’univers. Aussi, le fait de concevoir un tel moyen de survie, est absolument révolutionnaire. Cependant, cette tentative de fuite, ne pourrait être menée, sans la possession d’un grand pouvoir, suggérant la maîtrise d’une puissance technologique, évidemment. Malgré tout, les éventuels fugitifs, ne réussiront pas dans leurs tentatives.
Quel est donc cette catastrophe majeure, si redoutée, au point d’inciter, ceux qui disposent d’une grande puissance à essayer de quitter la Terre, et de tout abandonner, pour un autre lieu d’accueil ? Il s’agit, de la fin du monde terrible et effroyable. Car les versets qui envisagent cette fuite désespérée dans l’espace, sont précédés par ceux-ci : « Nous (Dieu) aurons bientôt à vous juger, ô hommes et djinns ! » (Coran 55.31). Dans cet avertissement doublé d’une menace, il faut voir la fin du monde et le Jour du Jugement dernier. Dès les prémices du grand événement et pour espérer échapper à l’inéluctable destin, des groupes d’hommes, ceux qui disposent des moyens nécessaires, essaieront de quitter la Terre et de fuir au loin dans le cosmos.
Néanmoins, leur entreprise ne sera pas couronnée de succès. « Ce jour-là, l’homme dira « Où fuir ? ». Non, il n’existe aucun refuge, c’est vers le Seigneur que se fera le retour. » (Coran 75.10-11). Les tentatives pour échapper au désastre échoueront immanquablement. Aucun refuge ne saurait être atteint par les fuyards. Le Coran ajoute : « …On lancera contre vous qui essayez de fuir dans l’espace, un jet (ou un rayon) de feu, ainsi que du fer incandescent et vous ne serez pas secourus ! » Cette seconde partie du verset et très intéressante, en ce sens qu’elle évoque un type d’armement inconnu de l’époque. Le mot « chouaddoun » se rapporte à une flamme perçante, sans fumée ; il est complété par le terme « min en nar », signifiant « à partir du feu ». Sadok Mazigh et Blachère pensent que la description s’applique à des « jets de feu ». Savary opte pour des « trais de feu sans fumée » et Kasimirski « des dards de feu sans fumée ». Dans tous les cas l’existence d’un rayon incandescent est attestée ; qu’il soit qualifié de trait, de jet ou de dard, ne fait que renforcer l’hypothèse de l’usage, pour le moins inattendu de ce type d’armement, absolument inconnu à l’époque. Savary et Kasimirski 340
apportent des précisions supplémentaires. Non seulement le rayon de feu est bien mentionné par le Coran, mais de plus ce feu ne dégage pas de fumée ; il est pur. Il est utilisé pour détruire les véhicules spatiaux, dans leur fuité désespérée dans le cosmos.
A l’époque, bien entendu, personne n’avait la moindre idée relativement à ce type d’armement. Or, au vingtième siècle, de nouvelles armes sont apparues et, même si leur mise au point est encore laborieuse, il n’empêche qu’elles existent, et que leurs performances ne pourront aller qu’en s’améliorant. L’une d’elles est le laser (Light Amplification by simulated Emission of Radiation) ou amplification de la lumière par émission stimulée de radiations. Cette technique a été mise au point aux USA, en 1960. Elle possède la particularité d’émettre un rayon de lumière extrêmement fin et intense, d’un très haut niveau de concentration d’énergie. Le rayon laser est déclenché par une impulsion lumineuse qui incite les atomes à émettre des ondes électromagnétiques, dont le flot d’énergie est considérablement amplifié grâce à un passage répété entre deux miroirs.
Dirigé sur un engin, un faisceau laser de grande puissance peut atteindre plusieurs milliers de degrés et faire fondre le métal, en moins d’une seconde, désintégrant la cible, dans une gerbe d’éclats. Le laser est un rayon (faisceau ou jet) issu d’un feu (impulsion lumineuse) qui transporte une flamme (énergie) ; il est exempt de fumée et se déplace à la vitesse de la lumière. Tant de similitudes ne sont pas l’effet du hasard, autrement d’autres sources auraient pu en faire la description, et le sujet serait tombé dans la banalité. Cela n’a jamais été le cas, puisqu’il s’agit d’une réalité évidente, dont seul le Coran Sacré, était en mesure d’évoquer la spécificité, étant donné qu’il ne s’inspire d’aucune source. Le Coran complète ce tableau par l’exposition d’autres types d’armement. Il mentionne aussi l’usage de projectiles incandescents, en fer ou en cuivre, technique qui était impossible à imaginer, en ces temps reculés. Le Saint Coran traduit officiellement par le complexe du roi Fahd, en Arabie Saoudite, mentionne spécifiquement l’usage du cuivre fondu. Or, seules les armes modernes sont en mesure de provoquer des températures aussi élevées, grâce d’abord à l’explosion initiale, mais aussi à la vitesse de propagation et à la puissance du choc. Il est exclu que de telles précisions puissent émaner aussi simplement de l’esprit de n’importe quel homme, fut-il aussi remarquable que le Prophète Mohammed, que la Salut et la Bénédiction d’Allah, soient sur lui.
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DES CORDES POUR MONTER AU CIEL
Voici un sujet qui est resté mystérieux bien longtemps pour certains exégètes. Puis, lorsque les orientalistes ont essayé de l'expliquer à leur tour et à leur manière, ils n'ont réussi qu'à créer un surcroît de confusion en lui donnant un sens pour le moins douteux. Le Coran affirme ceci : « (Les incrédules) disposent-ils du Royaume des cieux, de la terre et de ce qui est entre eux ? (S’ils croient l'avoir), qu'ils y montent avec des cordes. » (Coran 38.10)
Le défi est apparemment bien étrange. Il est lancé aux Mecquois incrédules qui combattaient la nouvelle religion et son Prophète. Comment peut-on s'élever dans le ciel par l'intermédiaire de cordes ? D'ailleurs les habitants idolâtres de La Mecque ne disposaient pas du Royaume des cieux, de la terre et de ce qui est entre eux pour relever le défi. Ils étaient démunis de pouvoir et dépourvus de puissance. La suite du verset est révélatrice de leur incapacité manifeste : « C'est une bande de factieux, reconnaît le Coran, ils seront défaits ici même (à La Mecque). » (Coran 38.11). Comme de juste, quelques années plus tard, à l'emplacement prévu, à La Mecque, tous les polythéistes et autres adversaires acharnés de l’Islam, furent réduits à l'impuissance.
La deuxième citation s'inscrit dans un autre contexte, puisqu’elle est ainsi conçue : « Que celui qui s'imagine que Dieu Ne le secourra pas (il s'agit du Prophète) dans cette vie et dans l'autre, qu'il allonge une corde vers le ciel et qu'il franchisse (l'espace). Il verra si son stratagème dissipera ce qui l'irrite. » (Coran 22.15). Le mot « sabab » utilisé désigne une corde solide qui relie le voile de la tente au piquet fiché par terre pour l'ancrer. Le terme « liyaqta’ » signifie dans ce contexte « qu’il franchisse, ou encore qu’il traverse » et non « qu’il couper ou qu’il tranche» ainsi qu’il a été interprété par la majorité des orientalistes, ce qui a complètement faussé le sens du verset. La référence à la corde a incité ceux-ci à recourir à l'action de couper, car ils ne voyaient pas quel autre sort, ils pouvaient lui réserver. En réalité, il existe une étroite relation de similitude et un rapport manifeste, entre le verset 38.10 qui 342
prévoit l'ascension céleste par l'entremise d'une corde et ce verset (22.15) qui incite les idolâtres à franchir l’espace.
En dépit de ce que le Coran use du singulier, il vise en réalité toute l’humanité, présente, mais surtout à venir. La sourate débute en effet par ces paroles : « Ô hommes, craignez votre Seigneur ! Le tremblement de terre de la Dernière Heure sera terrifiant. Le jour où vous le verrez, toute nourrice oubliera ce qu’elle allaitait, et toute femelle enceinte avortera. Tu verras les gens (comme) ivres, alors qu’ils ne le sont pas. Mais le châtiment d’Allah est terrible.» (Coran 22.1-2). L'exhortation s'adresse indéniablement à tous les hommes des générations futures, car il est précisé « Le Jour ou vous verrez le tremblement de terre de la Dernière Heure… » et cette catastrophe ne pourra être perçue que par les générations postérieures à la révélation.
Ainsi, la référence à l'ascension céleste est destinée aux communautés post-mohammadiennes, c’est-à-dire, pour les temps à venir, puisque la génération du Prophète a été exclue de cette éventualité, du moment que ses ennemis ont été mis en déroute et qu’ils n’étaient pas concernés par la catastrophe. Dès lors, le Coran envisage pour les non-musulmans, la possibilité de parvenir à accéder au ciel grâce à un système utilisant des cordes. Et, quand bien même ce stratagème réussirait, il ne pourrait empêcher Dieu d'accorder Son Appui au Prophète, par extension à l'Islam. En d'autres termes, malgré la puissance technologique acquise alors par les non-musulmans, ceux-ci ne pourront anéantir l'islam, qui bénéficie de la protection divine.
Bien entendu, face à l’incongruité d’une expédition céleste, qui utiliserait des cordes, plutôt que des fusées ou autres engins balistiques, les orientalistes n’ont pas hésité longtemps, pour donner à ce verset leur propre interprétation, tout en considérant qu’il ne convenait pas de franchir les limites de la bienséance en offrant à leurs lecteurs un brouillamini ridicule. Alors, ils y sont allés de leur propre interprétation, qui pensaient-ils, avait l’avantage d’offrir une certaine cohésion et d’apaiser l’esprit. Si Blachère se maintient à la limite du supportable, dans ses pérégrinations intellectuelles, sans y voir plus clair pour autant dans sa propre logique qui reste pour le moins amphigourique, Savary et Kasimirski par contre, déraillent complètement. Ils sont obligés de jongler avec les convenances pour espérer s’en sortir à meilleur compte, mais en réalité ils ne le font qu’à leur désavantage, versant un peu plus dans le grotesque. Voici par exemple, comment Blachère traduit le verset en question : « Que celui qui pense qu'Allah ne le secourra pas dans la
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(vie) immédiate et la (vie) Dernière, tende une corde jusqu'au ciel, puis qu'il la tranche, et qu'il considère si son stratagème dissipera ce qui l'irrite. » L'action principale consiste à tendre une corde jusqu'au ciel puis à la couper, et alors on verrait bien ce que l’on verrait ! Même si la curiosité pour connaître l’intérêt pratique de cette action semble légitime, l'auteur ne livre pas ses secrets, il reste muet, incapable de voir clair dans le casse tête chinois, qu’il a pourtant lui-même élaboré, après d’intenses cogitations !
La version imaginée par Savary possède une connotation tout aussi tragi-comique, mais il en rajoute encore plusieurs couches. La voici : « Que celui qui pense que le Prophète sera privé du secours divin dans ce monde et dans l'autre, attache une corde au toit de sa maison et s'étrangle. Il verra si son stratagème rendra vain ce qui l'irrite. » Pas moins ! Et dire que c’est sur ce genre de traductions, que les orientalistes et les adversaires de l’Islam, fondent leurs opinions, et se prennent pour des experts en sciences islamiques ! Aussi, il n’y a pas de quoi s’étonner que leurs conclusions soient du même niveau d’excellence que les « sérieuses références », dont ils se sont inspirés.
Il y a lieu de noter plusieurs innovations importantes dans ce verset chez Savary. Le toit de la maison, n'est pas mentionné par le Coran et il n'est pas sous-entendu non plus dans le texte. Il a été inventé pour les besoins d’une cause qui avait besoin de s’appuyer sur des béquilles, car la réalité avérée ne se prêtait nullement à une telle mascarade. La référence à la strangulation est elle aussi imaginaire. Savary fait s’étrangler des énergumènes, comme dans une série noire, avec une facilité déconcertante, sans même joindre à sa phrase un sic, qu’il affectionne si bien, ou un point d’interrogation, ou d’exclamation, comme s’il s’agissait d’une pratique habituelle, couramment utilisée dans la vie. En outre, fatale erreur, le thème central de la sourate, incarné par l'ascension céleste a été purement et simplement escamoté ; l’auteur ayant jugé certainement, que le Coran n’avait pas droit au chapitre en ce qui concerne le domaine cosmique. Enfin, il fait pendre la corde de haut en bas. Le contraire, qui est admis explicitement par le Livre Sacré, lui ayant semblé impossible à réaliser ni même à concevoir. Comment quelqu’un pourrait-il tendre une corde vers le ciel, sans qu’elle ne lui retombe sur le nez ? La preuve que le Coran n’est qu’une suite d’affabulations mensongères, où toute logique est absente !
Cependant, malgré sa bonne volonté et ses efforts méritoires de clarification, pour rendre le Coran accessible à ses lecteurs, Savary se
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voit allègrement surpasser par un autre spécialiste des questions coraniques et islamiques. Il s’agit du (tristement) célèbre Kasimirski, connu pour ses traits de génie fulgurants, qui a traduit le verset en question ainsi : « Que celui qui pense que le Prophète sera privé du secours de Dieu dans ce monde et dans l'autre, attache la corde au toit de sa maison, se pende et la coupe, il verra si ses artifices rendent vains ce qui l'irrite. »
Même, si les louables intentions des orientalistes sont idéalement partagées entre les différents protagonistes, le fait est que l'inspiration personnelle de Kasimirski, plus performante en façade, fait de lui, le champion de la traduction et de l’intuition. Une référence dont ses pairs devaient s’en inspirer pour arriver, eux aussi à la perfection. Ainsi, chez lui, l’étranglement disparaît au profit de la pendaison. Compte tenu de l'existence d'une corde, et en fin limier qu’il devait être, cette relation de cause à effet n’a pas dû lui échapper, et cela donne plus d'harmonie à sa version. En effet, qui pourrait avoir idée de s’étrangler d’une façon ignominieuse, alors qu’il dispose à portée de main, d’une corde solide et à toute épreuve ? Un impair à ne commettre sous aucun prétexte, si l’on voulait démontrer ses capacités de discernement.
Le remarquable exploit du pendu qui malgré sa position au bout du fil, pour le moins inconfortable, trouve néanmoins la ressource nécessaire, pour couper la corde au bout de laquelle il balance, ne doit pas être non plus passée sous silence. Après toutes ces péripéties macabres et lugubres, mais en même temps, cocasses et loufoques, la question se pose : Quelle signification donner à un paragraphe qui a été charcuté dans tous les sens et présenté comme étant la restitution en langue française, du verset originel en langue arabe ? Quel enseignement faut-il en tirer ? Le seul à retenir, est que les orientalistes sont de drôles de gigolos qui prennent les gens pour des pigeons et donnent au Texte Sacré un sens qui n’a jamais été le sien. Ensuite, ils jugent l’Islam, le Coran et le Prophète à l’aune de leurs affabulations et de leurs aberrations, aussi ils n’ont aucune peine à se présenter auprès de leurs lecteurs comme les censeurs de la religion musulmane.
Encore si leurs efforts aspirent à la perfection, nul ne trouverait à redire, bien au contraire, mais du fait qu’ils tendent à dévaloriser le Message Sacré et à déprécier son contenu, nul doute que personne, surtout parmi le lectorat musulman, n’est disposé à leur accorder le prix de la distinction. Bien plus, ils trouveront toujours des gardiens vigilants pour dénoncer leur incompétence et leur manque de conscience
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professionnelle. Comme cet exemple ne concerne qu’un seul verset sur les milliers que comporte le Coran Sacré, cela donne une idée des dégâts subis, par tout le reste. Afin de parler en connaissance de cause du Coran, et prétendre le juger, il est indispensable de s’adresser à son origine qu’à ses contrefaçons. Certes nombre d’orientalistes font preuve d’une indépendance d’esprit et d’une rectitude louables, mais c’est l’exception qui confirme la règle.
Le verset en question s'articule autour de l'action de s'élever au ciel par l'intermédiaire d'une corde. Une entreprise franchement illusoire et rocambolesque pour l’époque. Elle l’est restée durant des générations et des siècles. Aucun être sensé n'aurait l’idée de lancer une corde vers le ciel, et encore moins, d’essayer de franchir l'espace par ce moyen inaccoutumé, pour fuir des dangers de fin de monde ou autres cataclysmes majeurs. La réalisation d'une telle opération aussi impossible qu’illusoire, relève des fantasmes et des hallucinations. La seule conception mentale d’un tel projet, est un défi au bon sens… Elle le demeurera jusqu'au vingtième siècle ! Durant tout ce temps, les plaisanteries douteuses ne cessaient de venir alimenter, un courant nauséabond, qui tentait d’étouffer le Message Sacré.
Cependant, l’ignorance et l’étonnement résidaient surtout dans l’esprit des adversaires de l’Islam, comme le prouve la suite de cet article. En effet, le 25 mai 1945, un auteur américain encore inconnu, Arthur C. Clarke (mort en 2008), publie un article très controversé, en raison d’abord de sa nouveauté, mais surtout de son incongruité, qui a été repris par la revue techniques Wireless World, en octobre 1945. Il prétend en effet, qu'un satellite artificiel mis sur une orbite à 36 000 kilomètres de hauteur (42 000 kilomètres du centre de la terre) au-dessus de l'équateur, tournerait en même temps que le globe terrestre Il serait dans une position géostationnaire et paraîtrait comme fixe par rapport à la terre. Les terriens susceptibles de l’apercevoir, le verrait comme un objet immobile au-dessus de leur tête, jour et nuit, 365 jours par an et l'avenir allait lui donner raison.
En 1963, le premier satellite de communication Syncom 2, fut placé en orbite géostationnaire et effectivement, il se comporta exactement comme l’avait prévu Arthur C. Clarke. Depuis, ce sont des centaines d'autres engins géostationnaires qui ont été lancés et qui sont destinés aux télécommunications, aux télédétections et à de nombreux autres usages, surtout militaires. La conquête de l'espace ne se limite pas seulement à cet aspect. Depuis le 4 Octobre 1957, date de lancement de
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Spoutnik 1, beaucoup de progrès ont été réalisés, tant dans la taille des porteurs que dans la miniaturisation des instruments embarqués à bord. L'envoi des sondes à destination des autres planètes du système solaire a permis également de mieux découvrir l’environnement cosmique.
Bien qu’elles bénéficient toujours de la dernière technologie, les fusées sont quand même limitées dans leurs performances. La charge utile transportée ne peut guère dépasser 3 à 5 pour cent de la masse totale de l’engin, car le carburant représente 85 à 90 pour cent et le corps de l'engin quelque 10 pour cent. En effet, pour vaincre l'attraction terrestre, et s’arracher à l’atmosphère, la fusée doit acquérir une vitesse de 11 200 mètres à la seconde entraînant une consommation énorme de carburant. A titre d'exemple, la fusée Saturne V, dotée d’une puissance de 175 millions de chevaux, consomme 14 000 litres de carburant par seconde, pendant les 150 premières secondes. Les problèmes de consommation sont aggravés par l’impératif de sécurité, qui reste aléatoire, vu le nombre d’accidents, aussi bien en vol, que durant les essais.
Ces contraintes amenèrent les responsables des programmes astronautiques à envisager d'autres solutions plus fiables, plus sûres et plus rentables. Les spécialistes ont, tour à tour, lancé des études sur les systèmes de propulsion nucléaire, par laser, etc. Parallèlement, ils se sont appliqués à développer de nouveaux modes de transport originaux et inédits. C’est ainsi, qu’a été conçu, un projet d’ascenseur cosmique. En fait, ce projet n’était pas tout-à-fait nouveau. En effet, le concept d'ascenseur spatial a été inventé par le pionnier russe de l'astronautique Constantin Tsiolkovski en 1895. Il avait imaginé une tour de 36 000 km de haut, qui permettrait d'amener par un ascenseur des charges en orbites. L’idée fut reprise dans les années 1950, cependant elle s'est heurtée à de nombreuses contraintes technologiques, et en premier lieu à l'inexistence d'un matériau à la fois suffisamment léger et résistant pour subir sans dommage, la tension engendrée par le propre poids de l’ensemble.
Le projet de cet ascenseur spatial a été relancé par Iouri Artsoutanov et d’autres savants soviétiques en 1960, puis repris ensuite par la Nasa américaine. En 1977, Arthur C. Clarke, devenu depuis l'un des grands romanciers de science fiction, a développé cette idée lacs son livre : « Les fontaines du Paradis » (Version en anglais : « Orbital Tower »). L'auteur juge que le projet est techniquement valable et tout à fait réalisable. Comment se présente cet ascenseur spatial ? Le corps de l'ouvrage est justement constitué d’une corde de fibres synthétiques hyper résistantes, dont le diamètre aurait 10 à 20 mètres. Le câble serait 347
tendu entre la terre et relié à une base cosmique située à 72 000 kilomètres d'altitude au-dessus de l’équateur. Cette hauteur est nécessaire pour accrocher la corde. La terre exerce en effet, une attraction d'autant plus forte qu'on se rapproche d'elle, mais l'inverse est aussi vrai. Plus on s'élève dans le ciel et moins la force de gravité se fait sentir. A une altitude de 36 000 kilomètres (35 793 kilomètres exactement) de la surface, l'attraction est contrebalancée par la force centrifuge qui tend à entraîner tout corps en rotation autour de la terre vers l'extérieur, les espaces cosmiques. C'est cette zone que choisissent les lanceurs de satellites géostationnaires. Cependant, le câble ne peut être relié aux satellites car le point d'équilibre serait rompu par le poids de la corde et toute l'installation s'effondrerait sur le sol.
La solution serait de hisser encore plus haut le point d ancrage et d'utiliser une station plus importante. La force centrifuge en sera augmentée, et la corde sera tendue par l'action des deux forces contraires qui s'exerceront sur elle. En bas, l'attraction terrestre tire le câble vers le sol, à l'autre extrémité, la force centrifuge le tend vers l'extérieur. Il sera alors possible de relier une base terrestre à une base spatiale. Arthur C. Clarke a déjà prévu un site possible pour ancrer son câble, dans le sous-sol ; il se trouve au Sri Lanka, à moins de 200 kilomètres à l'est de Colombo, au sommet d’une montagne connue sous le nom de Adam's Peak (Pic d'Adam), sur lequel est érigé un temple bouddhiste... qui s'oppose au projet, pour ne pas violer la sérénité et la sacralité des lieux. De fait, la coutume locale veut qu’Adam atterrit à cet endroit, et la trace de son pied serait toujours visible. Quoi qu’il en soit, le projet n'est pas prêt de voir le jour pour autant, même si les religieux lèvent leur interdit.
Tout cet ensemble tournera en même temps que la terre et sera immobile par rapport au point d'ancrage. Il reste à compléter l’installation par des ascenseurs qui feront la navette entre la terre et la base spatiale, assemblée hors de l'attraction terrestre. Un tel ensemble permettrait d’acheminer avec moins de risques et de dépense d'énergie, les cosmonautes et les équipements vers la station spatiale, à partir de laquelle pourront être organisées des missions d'exploration plus lointaines. Si, durant longtemps, l'idée paraissait utopique, puisqu'il n'existait pas de matériau suffisamment résistant, aujourd’hui l'apparition des nanotubes en carbone, issues de la nanotechnologie, et utilisant notamment les fullerènes, lui a redonné un crédit certain. Ainsi l'Agence spatiale européenne (ESA), de même que la NASA, mais aussi Google, s'intéressent désormais sérieusement à ce projet et lancent des études de maturation pour juger de la viabilité du projet.
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Brad Edwards, de la fondation californienne Eureka Scientific décrit en détail une méthode possible de construction d'un tel ascenseur : Tout d'abord, un engin spatial est placé en orbite géostationnaire, de manière conventionnelle. Puis celui-ci envoie vers la Terre un mince ruban (1 micromètre d'épaisseur) présentant des caractéristiques mécaniques ad hoc (résistance et légèreté), d’une longueur de 72 000 kilomètres. Une fois le premier câble amarré au sol, il servira comme un guide pour mettre en place d'autres filins destinés à constituer le câble définitif. L'ascenseur spatial prendrait la forme d'un long câble sur lequel circuleraient des navettes, entre la terre et l’espace cosmique.
L'intérêt potentiel d'un tel système réside dans son faible coût de fonctionnement. Dans certains concepts, l'énergie de freinage d'une cabine descendante peut même être récupérée pour propulser une cabine montante. Son inconvénient principal est sa vulnérabilité aux météorites, aux débris spatiaux, aux engins aériens ou même aux catastrophes naturelles. Mais dans tous les cas, sa dangerosité serait infiniment moindre que les engins balistiques conventionnels, avec un coût de fonctionnement sans commune mesure. Des calculs ont été effectués, et ont démontré que le câble de nanotubes en question devrait mesurer environ un mètre de large, être aussi mince qu'une feuille de papier, et être apte à supporter une pression d'environ 63 GPa, c'est-à-dire une pression équivalente à celle opposant 100 000 personnes de chaque côté.
Initialement au stade de fantasme, puis de science fiction, les récentes études sur les nanotubes ainsi que l'étude de faisabilité de la NASA rendent de plus en plus crédible la réalisation à terme d'un tel système. En effet, les processus de fabrication de nanotubes en grande quantité commencent à voir le jour, et la résistance des matériaux constitués de nanotubes devient de plus en plus grande.
Ce projet a été décrit et commenté depuis, par de nombreuses revues scientifiques les plus renommées dans le monde et a rencontré un écho favorable. Que le Coran en parle alors que l’idée-même d’une telle nouveauté n’avait pas encore effleuré l’esprit des savants ne peut guère étonner ceux qui sont convaincus de l’authenticité du Message Sacré. Le Livre Sacré évoque d’une façon extraordinairement concise, l’éventuelle mise en place d’un système d’exploration spatiale, qui ne sera découvert que quatorze siècles plus tard, et dont la réalisation demandera des décennies, avant d’être effective. Pour cette raison, quand le Coran engage les incrédules à lancer une corde vers le ciel et à traverser les espaces célestes de cette façon, l’hilarité était de règle chez les
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orientalistes et les adversaires de l’Islam. Il est vrai qu’ils prenaient prétexte du moindre argument pour s’éclater, tant ils étaient conditionnés par des croyances puisées aux limbes de l’inconscience. Par obligation, mais aussi par réserve, les orientalistes étaient tenus de rapporter le verset en question, même dans sa prétendue stupidité. Mais, jugeant qu’il ne déclencherait d’autres réactions, que de l’incompréhension , auprès de leurs lecteurs, ils se sont permis d’introduire plus de réalisme, selon leurs penchants et leurs goûts.
La corde qui selon le Texte Sacré devait être tendue vers le ciel, effectue grâce à leurs soins attentionnés, une rotation sur elle-même, et pend désormais lamentablement de haut en bas ; le contraire étant jugé comme contraires aux convenances et aux lois de la gravité ! Et, du seul fait de sa présence, les auteurs se sont mis en devoir d’imaginer des scénarios abracadabrants, qui n’ont jamais été envisagés, ni mêmes suggérées par le Coran Sacré. C’est ainsi que d’étranges comportements, comme les strangulations et les pendaisons ont commencé à fleurir, imaginés dans toute leur horreur par des orientalistes en mal de sensation. D’autres éléments d’un décor fantasmagorique et lugubre ont plantés, pour compléter un décor macabre, alors que la scène était censée être aussi limpide qu’une eau de roche.
Quoi qu’il en soit, les incrédules qui auraient recours à de tels moyens - traverser les espaces célestes à l’aide d’une corde pour s’enfuir- le Coran évoque cette possibilité au conditionnel - ne seront pas en mesure d'affaiblir ou de porter atteinte à l’Islam, car la Volonté de Dieu, le Seigneur et le Créateur de l’univers, s'y opposera fermement. Les deux superpuissances USA et URSS, (ou ce qu'il était convenu d'appeler ainsi par les médias, à l’époque), se sont intéressées de près à cette corde grâce à laquelle les hommes pourront traverser l’espace. Qu’une telle réalisation soit effective ou non, laisse intacte la valeur des prédictions coraniques. Seule compte en définitive, la description d'un système absolument inconnu à l'époque, qui forcément devait attirer les sarcasmes, de ceux qui étaient doués plus que de raison, et qui tenaient à le démontrer. En fin de compte, les véritables savants ont fini par admettre la faisabilité d’un tel projet, dans toute son originalité, treize siècles plus tard, confirmant ainsi malgré eux, que le Message Sacré, ne saurait émaner que d’un Etre infiniment supérieur à tout ce que l’être humain pourrait imaginer.
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LA DERIVE DES CONTINENTS
L'idée de la mobilité des continents est très récente. Elle a été exposée pour la première fois en Décembre 1912, par Alfred Wegener (1880-1930), géophysicien et météorologiste allemand. Ce fut alors un pavé jeté dans la mare de la genèse planétaire, car les spécialistes de la question pensaient exactement le contraire. En réalité, il serait plus correct de dire, qu’ils ne pensaient rien, puisque le problème de la fixité ou de l’immobilisme des continents ne s’était jamais posé auparavant. Il n'existait pas de théorie particulière dans ce domaine. Le « fixisme » ne naquit que par réaction contre le « mobilisme » incarné par Wegener.
Avant lui, il y eut certes, quelques ébauches pour tenter d'expliquer l'apparente complémentarité des côtes océaniques, mais sans arriver à aucune conclusion satisfaisante. Déjà, en 1620, le philosophe anglais, Francis Bacon avait remarqué que les côtes de l'Afrique occidentale et celles de l'Amérique du Sud pouvaient s'emboîter pour former un continent unique. De même, deux siècles plus tard, en 1858, l'Italien Antonio Pellegrini, émit l'hypothèse que les deux continents ne constituaient qu'un tout à l'origine. Son entreprise ne fut guère couronnée de succès et il fut raillé, comme en pareil cas où la nouveauté paraissait trop surprenante aux gens, pour ses idées déplacées. En 1910, F. Taylor étaya un peu plus ce point de vue qui dès lors, commençait peu à peu à intéresser l'opinion publique. Cependant, lorsqu'on 1912, Wegener dévoila son projet, il fut vertement rabroué par les spécialistes, car le morceau était trop gros à avaler. Mais, l’intéressé persista dans son raisonnement. Il développa le sujet dans un ouvrage intitulé « Die Entstehung der Kontinente und Ozeane » (L'origine des continents et des océans), publié en 1915. Selon cette théorie, les continents reposeraient sur une sorte de radeau formé de roches granitiques légères, alors que le fond océanique était composé de basalte, plus lourd.
Désormais éparpillés, les continents constituaient à l’origine, un bloc unique la Pangée (du Grec Pan = tout et gé = terre), entouré d’un océan mondial, le Panthalass (du mot thalass = mer). Sous l'influence de la rotation de la terre, il y a 225 millions d'années, la Pangée se serait 351
fragmentée selon les lignes de moindre résistance pour donner naissance aux continents actuels, qui n’ont cessé depuis, de se déplacer et de se modifier. A l'appui de sa théorie, Wegener démontra que la flore et la faune fossiles de l'Afrique Centrale et du Brésil, étaient analogues pour la période géologique correspondant au Carbonifère et au Permien, il y a 200 et 300 millions d'années.
Au début, la Pangée se fragmenta en deux sous-ensembles appelés, la Laurasia et le Gondwana, entourés par l'Océan Thétis. La Laurasia engendra l'Amérique du Nord, l'Europe et l'Asie, tandis que le Gondwana donna naissance à l'Antarctique, l'Afrique, l'Arabie, l'Amérique du Sud, l'Australie et l'Inde. La théorie de la dérive des continents s'est vue confortée par l'observation de certains faits qui plaident en sa faveur. Notamment, la présence d’une espèce d'escargot, connue sous le nom d’Hélix pomerta se trouvait simultanément en Europe occidentale et « en face », dans la partie orientale de l'Amérique du Nord. Idem pour les vers Lumbicida. Ces bestioles ne pouvant traverser l'Atlantique par leurs propres moyens, leur présence de deux côtés de l'océan devait résulter de la séparation de l'ancien continent.
Les mêmes observations furent réalisées pour les baobabs, ces grands arbres des régions tropicales, présents tant en Afrique et à Madagascar, que de l'autre côté de l'Océan Indien, en Australie. Sans compter la découverte de pollen fossile, du Carbonifère et du Permien, aussi bien au Brésil qu'au Gabon. Toutes ces observations incitèrent les chercheurs à conclure que ces pays situés de part et d’autre des océans, étaient soudés à l'époque. Toutes ces démonstrations ont permis aux géophysiciens de prendre en considération les idées de Wegener et d'adopter le phénomène de la dérive des continents, depuis la fin de l'ère primaire. Voici leurs conclusions, qui sans être prises pour argent comptant, laissent augurer des grandes tendances à venir :
- Au Paléozoïque (- 200 millions d'années) les continents formaient un bloc unique la Pangée, entourée d'un océan mondial le Panthalass.
- A la fin du Trias (- 180 millions d'années), la Pangée se divise en deux continents, la Laurasia et le Gondwana.
- Au Jurassique (- 145 millions d'années), la séparation de l'Amérique du Nord et de l'Afrique, forme l'Océan Atlantique Nord. L'Amérique du Sud est toujours soudée à l'Afrique.
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- Au Crétacé (- 120 millions d'années), l'Amérique du Sud se sépare de l'Afrique. La dislocation donne naissance à l'Atlantique Sud.
- Au Tertiaire (- 70 millions d'années), le sous-continent indien dérive et s'accole au bloc asiatique, formant la chaîne de l'Himalaya. La séparation de l'Australie et de l'Antarctique est devenue effective. Les deux Amériques se lient entre elles. Et la mer Méditerranée se forme.
La dérive des continents se poursuit jusqu'à présent à une vitesse variable de 1 à 10 et même 20 centimètres par an en certains endroits particulièrement actifs du globe terrestre. Comment se déroule-t-elle ? Les continents et les océans reposent sur des sortes de radeaux, dénommés plaques lithosphériques, ou plaques tectoniques, qui flottent sur le manteau de densité plus forte. Il existe une vingtaine de plaques, dont les plus importantes au nombre de huit sont : les plaques africaine, eurasiatique, antarctique, nord-américaine, sud-américaine, du pacifique, australienne et la plaque de Nazca entre la côte occidentale de l'Amérique du Sud et la plaque du Pacifique.
L'ensemble des plaques et des sous-plaques dont elles sont formées, sont séparées par des frontières ou dorsales. Ces dorsales dites médio-océaniques, constituent un alignement montagneux de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de kilomètres de large, sur environ 80 000 kilomètres de long, qui ceinturent le globe à travers les fonds océaniques. L'axe des dorsales est l'endroit où le magma (constitué de roches en fusion, en provenance du manteau) est injecté dans l'écorce terrestre. Il se refroidit et les laves s'épanchent des deux côtés de l'axe, formant une couche de sédiments qui se déposent au fur et à mesure que les plaques s'éloignent les unes des autres. C'est l'image du tapis roulant ou du tapis mécanique, qui est décrite par ailleurs et qui se trouve opportunément mentionnée dans le Coran.
Les plaques sont animées de mouvements divers les unes par rapport aux autres. Elles peuvent se rapprocher, s'éloigner ou coulisser entre elles. En étudiant les multiples possibilités de déplacement, les spécialistes sont arrivés à émettre des hypothèses d'évolution des déplacements continentaux. La simulation des mouvements de dérive des plaques sur ordinateur, a permis de présager les grandes lignes du visage de la terre dans cinquante millions d'années ! Avec bien entendu, toutes les réserves d’usage.
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Selon les chercheurs soviétiques, à cette époque, le Maghreb sera soudé à l'Europe du Sud-ouest, alors que l'Angleterre et l'Irlande seront pratiquement englouties par les eaux. Le Japon s'éloignera de la côte asiatique. Les Grands lacs africains s'ouvriront et une mer séparera presque entièrement, l'Egypte de l'Ethiopie. La Mer Rouge s'élargira et la mer Méditerranée sera comblée à l'exception de quelques lacs salés. L'Atlantique s'élargira et les côtes africaines et européennes seront à quelque mille kilomètres plus loin des côtes américaines, qu'elles ne le sont actuellement. Le Golfe du Mexique donnera naissance à une mer intérieure qui sera fermée par les Antilles, dont les îles seront soudées les unes aux autres.
Les études de modélisation effectuées par d'autres pays donnent un visage légèrement différent du monde, mais la tendance est toujours à la mobilité des continents. Les simulations réalisées dans les centres de calcul prévoient dans 250 millions d'années, le schéma suivant :
L'Afrique qui avance actuellement vers le continent euro-asiatique, finira par l'emboutir, et cette formidable poussée entraînera la cassure de l'Europe, le long du profil Rhône-Rhin. Les pays boutés, formés par la France, l'Espagne et le Portugal, iront se rattacher au Groenland, alors que l'Afrique continuant sa « montée » vers le Nord, comblera la Méditerranée et la mer Noire, écrasera l'Italie et les Balkans et sera à l'origine d'une chaîne de montagnes qui s'allongera du Danemark à la mer Caspienne. En Asie, l'Inde poursuivra sa poussée vers le nord et finira par provoquer une cassure avec les pays limitrophes. Certains pays d'Afrique orientale, tels que l'Ethiopie, le Kenya, la Tanzanie et le sud de l'Afrique iront rejoindre le continent asiatique. L'Antarctique remontera vers le nord en libérant ses glaces. Puis, les continents finiront par se souder à nouveau. L'Océan Atlantique deviendra une mer intérieure, et le Pacifique reformera l'océan mondial primitif.
Bien entendu, l'histoire de la terre et son devenir ne sont pas à prendre au pied de la lettre. De nombreux aléas entachent les versions des spécialistes. La variété des modèles prouve que les chercheurs ne sont pas parvenus à coordonner leurs travaux et ils ne pourront le faire, puisqu’il s’agit de prévisions à très long terme qui ne peuvent être qu’aléatoires. Le seul point d'accord pour l'instant reste l'existence de la théorie de la mobilité des continents, qui semble être acceptée presque partout. Presque, puisque l'année 1987 a vu encore des poches de
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résistance se manifester afin d'y substituer le modèle « fixiste. » Wegener se heurta au début du 20ème siècle, à l'incrédulité des gens, car il venait d'abattre un des derniers bastions d'une forteresse forgée de toutes pièces par de certitudes inébranlables. La réaction de défiance résultait d'un sentiment de frustration, où les valeurs les plus sûres, la stabilité de la terre et sa pérennité, étaient remises en cause par les données scientifiques. Ce qui tendait à les déprécier.
A l’opposé des données bibliques, qui sont tenues de se confronter à chaque fois à la réalité scientifique, le plus souvent à leur détriment, les révélations coraniques à caractère scientifique, pourtant infiniment plus nombreuses, ne connaissent jamais cette crise de conscience puisque la réalité se trouve confirmée par les Textes Sacrés. Chaque nouvelle découverte scientifique, y compris la plus audacieuse, comme l'expansion de l'univers, par exemple ou la mobilité des plaques tectoniques, vient conforter le contenu des Révélations. Tous les grands phénomènes de la nature ont été esquissés avant même que les savants ne s'évertuent à en comprendre les mécanismes. Ainsi, pour ce qui est de la dérive des continents, le Livre Sacré ne s’oppose nullement à l'idée que les reliefs terrestres soient animés d'un mouvement propre, préfigurant ce que les géophysiciens allaient appeler la tectonique des plaques ou autre dénomination appropriée.
L’allusion au déplacement des continents, se retrouve dans les phénomènes cataclysmiques qui se produiront à la fin du monde et qui verront le monde pris de soubresauts, de tremblements de terre violents où les montagnes vacilleront avant de s’écrouler. Le Coran dit en effet : « Et tu verras les montagnes que tu croyais immobiles, se mouvoir comme des nuages. Telle est l’oeuvre d’Allah qui a façonné toute chose à la perfection... » (Coran 27.88). Dans ce verset, l'immobilisme des reliefs n'est qu'apparent, puisqu'il résulte d'une observation visuelle, où effectivement, elles paraissent fixes et immobiles. L'extrême lenteur des mouvements empêche la visualisation du phénomène, qui néanmoins existe réellement. Ainsi, les continents paraissent figés, alors qu’il ne s’agit que l’expression d’une opinion qui repose sur les apparences de l’immobilisme, mais dans la réalité, les continents ne sont pas fixes. D'ailleurs, la théorie de Wegener ne découle pas de l'observation d'un mouvement quelconque, étant donné que le géophysicien n’a jamais rien vu, ni détecté quoi que ce soit en ce sens. Elle repose seulement sur des méthodes déductives, basées sur la complémentarité des côtes, la présence d'animaux identiques de part et d'autre de l'océan, etc.
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Bien plus tard, c'est en découvrant la remontée du magma dans les dorsales et son épanchement des deux côtés de l'axe, que les missions océaniques ont pu véritablement authentifier l'existence de la dérive des continents, en mesurant même leur vitesse de déplacement. Cette réalité permet au Coran d'évoquer « les montagnes qui paraissent immobiles (alors qu'elles ne le sont pas !). » Leur mouvement imperceptible, ne s'impose à aucun observateur, pour cette raison, la théorie de Wegener fut rejetée, par les scientifiques, qui effectivement ne détectaient aucun déplacement. Et ce, sans ajouter qu’un homme ayant vécu au 7ème siècle de l’ère chrétienne, à l’image du Prophète Mohammed, que le Salut et la Bénédiction d’Allah, soient sur lui, ne pouvait connaître l’existence d’un tel mouvement.
Le Coran relie l’observation de ce phénomène de déplacement des montagnes, aux violents séismes qui se produiront à la fin du monde. La terre sera prise de soubresauts violents qui dévasteront le paysage, un volcanisme intense crachera les entrailles incandescentes du manteau, de gigantesques raz de marée déferleront sur les reliefs... Tous ces phénomènes décrits par ailleurs dans le Livre Sacré, seront la conséquence de l'augmentation du déversement magmatique, qui à son tour influera sur la vitesse de déplacement des plaques lithosphériques, multipliant le nombre de collisions catastrophiques et occasionnant des tremblements de terre majeurs aux proportions désastreuses.
Les spécialistes en géologie et les prévisionnistes savent parfaitement que toutes les grandes catastrophes naturelles (hormis celles qui sont dues aux conditions atmosphériques ou d’origine cosmique) sont directement liées à la dérive des continents et se produisent le long des bordures des plaques lithosphériques qui maillent le globe. Une accélération de la vitesse de mouvement entraîne infailliblement un accroissement du nombre de cataclysmes (sous forme de séismes, de volcanisme éruptif, de raz de marée, d’inondations, de tsunamis, etc.), et en relation directement proportionnelle, une augmentation de la fréquence et de la violence des catastrophes qui en résulteront. A travers ces descriptions, le Coran admet parfaitement l'existence des dérives continentales et précise en outre, que les mouvements en question s’effectuent si lentement, qu’ils occultent leur observation. Cependant, à la fin des temps, les formidables contraintes exerceront une pression telle que l'agitation ira en s'accélérant et le processus catastrophique deviendra alors visible. Le rapport entre la vitesse de dérive des
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continents est directement lié à la violence des phénomènes tectoniques. Le Coran a pleinement démontré cette relation, en admettant implicitement que l'immobilisme tout comme le fixisme sont des notions vides de sens et étrangères aux lois qui gouvernent l’univers au même titre que l’immortalité et l'éternité.
Le mouvement, l'évolution, l’harmonie et la finitude, sont les fondements de l’organisation du vivant, mais aussi du règne minéral. L’ensemble de la création est soumise aux grandes lois universelles, et rien ni personne, pas même une particule élémentaire, enfouie au fin fond du cosmos ne saurait échapper à leur emprise. C’est une vérité qui ne peut être occultée et qui est promue avec constance et détermination par le Coran Sacré. Car de lui, découle la Vérité Suprême.
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L'ECORCE TERRESTRE
Pendant très longtemps, l'intérieur du globe a constitué un mystère. Les anciens y situèrent tantôt l'enfer et ses ténèbres, tantôt le gouffre béant, repaire des démons et des génies malfaisants. Jusqu'à la fin du 19ème siècle, la conception du "feu central", imaginée par le physicien français Laplace était toujours en vigueur. La fournaise occupait le centre de la terre, dont le trop-plein s'exhalait à travers les éruptions volcaniques. A l'opposé, une autre variante, reposant sur l'idée de la terre creuse, connut une grande vogue au siècle dernier. De plus diverses croyances prétendaient que l'intérieur du globe était occupé par un autre univers, avec ses planètes et ses étoiles. (« La Terre et ses secrets », Georgette Barthélémy) L'évolution des idées dans ce domaine, fut fort lente, et c'est seulement au 20ème siècle que les géophysiciens, grâce à l'utilisation de nouveaux procédés, réussirent à se représenter la structure interne du globe.
Le globe terrestre est formé de couches concentriques de densités croissantes, à mesure que l'on se rapproche du centre. La couche extérieure, appelée écorce (ou croûte) terrestre est la partie vivable de la planète. De densité moyenne (2,8), elle supporte tant les océans (croûte océanique), que les continents (croûte continentale). Son épaisseur est de 5 à 10 kilomètres en moyenne pour la partie océanique, et de 50 à 70 kilomètres ou plus, pour la croûte continentale. En dépit de son étendue qui recouvre la totalité du globe, sa masse constitue moins d’un pour cent du total. Mais son utilité est considérable. C'est l’écorce terrestre qui est en contact direct avec l'air et participe activement au processus de circulation atmosphérique. C'est elle qui supporte et produit toutes les formes de vie et isole du manteau, la deuxième couche interne, dont la température est suffisante pour faire fondre les roches.
Le manteau constitue 83 pour cent du volume du globe et possède une épaisseur de 2 900 kilomètres. Sa densité moyenne serait de 4,6 à 4,7. Il est animé de courants de convection qui déplacent lentement le
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matériau dense, solide et ductile qui le compose, créant des mouvements de matière et provoquant le glissement des plaques lithosphériques à la surface. Le manteau entoure le noyau, lequel occupe le centre de la terre. Il comporte deux parties : le noyau externe et le noyau interne. Les spécialistes sont d'accord pour estimer que le fer serait, sinon l'unique, du moins le plus important constituant du noyau. L'unanimité ne s'est pas faite quant aux autres éléments qui seraient associés au fer, sauf en ce qui concerne le nickel. La température interne du noyau est estimée à 4 000/5 000 degrés centigrades et sa densité est estimée à 10,6 alors que son rayon est de 3 500 kilomètres environ.
Telle est la structure interne de la terre, qui a été grandement simplifiée, pour les besoins de cet article. Les trois couches qui sont l'écorce terrestre, le manteau et le noyau sont en réalité d'une grande complexité, mais ce problème ne peut être développé ici. Par ailleurs, les différentes entités sont séparées entre elles par des frontières que les spécialistes désignent sous le nom de discontinuités. La plus importante et la mieux connue est la discontinuité de Mohorovicic ou Moho (du nom du géologue yougoslave, qui en fit la découverte en 1909) et qui sépare l'écorce terrestre du manteau. Il existe également d'autres discontinuités dont il ne sera pas fait cas, en raison du peu d'intérêt que cela représente.
L'écorce terrestre est donc la mince couche qui recouvre la totalité du globe. Elle supporte aussi bien les continents, les océans que les banquises. Elle permet de protéger toutes les formes de vie et de les isoler de la chaleur infernale qui se dégage du manteau et du noyau. Elle possède un rôle de support physique, puisqu'elle stabilise le sol par dessus la viscosité du manteau en formant une croûte solide. Ignorant le peu qu'il convenait de savoir pour traiter des problèmes de géophysique, les orientalistes ont déformé à leurs dépens les passages du Coran correspondants.
C’est ainsi que le verset suivant qui implique la mise en oeuvre de l’écorce terrestre : « Il (Dieu) a déployé pour vous la terre (comme un tapis). » (Coran 71.19), a été ainsi traduite par Kasimirski : « Il vous a donné la terre pour tapis. » L'action de déployer n'est pas mentionnée. Or, sans elle, le Texte perd toute signification. Que signifie l’expression : « Il vous a donné la terre pour tapis ? » Juste une forme descriptive où l’action est absente. Une sorte de cliché d’une situation donnée ou tout est figé. Alors que le mot utilisé par le Coran, « biçaten », qui dérive du verbe « baçâta », signifie : déployer, étendre, étaler, etc. II vient du mot « biçât » (tapis). La relation entre les deux définitions est
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évidente. C'est celle qui a été utilisée : « La terre a été déployée comme un tapis. » En escamotant ce verbe, la phrase perd toute signification. Ce qui détonne, dans un Coran si riche de sa profusion grammaticale. Pourtant la description de l'étalement et du déploiement de l'écorce terrestre est soulignée à plusieurs reprises dans le Texte Sacré, qui n'emploie pas moins de cinq termes différents pour exprimer cette action. Après le verbe « baçâta », figure le terme « medda » dont le sens est étendre, déployer, étirer,... « C'est Lui (Dieu) qui étendit la terre. Il y implanta les montagnes, et fit couler ses eaux... » (Coran 13.3). Un autre verset tout aussi significatif (C’est Dieu qui parle) : « Nous avons étendu (étalé, déployé) la terre et implanté les montagnes, Nous avons fait croître toute chose avec mesure. » (Coran 15.19).
Dans quelques exemples, la terre est comparée à un berceau ou à une couche « mahdan ». Ce mot a une portée significative ; il est la racine du verbe « mahada », équivalent lui aussi à « étendre, aplanir, préparer une couche. » Le berceau ou la couche dont il est question symbolise l'élément protecteur qui sépare et isole le jeune enfant du sol agressif et dangereux, de la même façon que l'écorce terrestre protège la vie de l'agressivité du manteau magmatique. « C'est Lui qui a fait pour vous de la terre un berceau. ». (Coran 20.53) ou encore « N'avons-Nous pas disposé la terre (telle) une couche ? » (Coran 78.6).
La couche est l'écorce terrestre qui recouvre le manteau. Un autre terme est utilisé pour décrire le phénomène de la création de l'écorce terrestre. Il concerne le verbe « sâtâha » qui a le sens d’aplanir, mais aussi faire une terrasse. L'image de l'écorce terrestre est symbolisée par la terrasse qui constitue la partie supérieure de l'édifice. « N'ont-ils pas vu comment... la terre a été étendue (et conçue comme une terrasse) ? » (Coran 88.20). Nombre de gens ont été étonnés de voir le Coran comparer le sol à une terrasse, jusqu’au jour où les découvertes géologiques ont démontré que le globe est structuré en couches concentriques, dont la dernière, l'écorce terrestre, forme justement le dernier étage ou la terrasse du monde. Dès lors, les objecteurs ont dû ravaler leurs sarcasmes, en pensant que décidément, le Coran est un trop gros morceau, pour leurs petites combines.
Enfin, sans prétendre être exhaustif, il convient de souligner la sourate suivante : « Nous avons déployé (ou étalé) la terre, tel un tapis (ou une couche), Nous L'avons parfaitement étendue. » (Coran 51.48). Le verbe employé dans cette citation est « faracha » qui équivaut à « étaler, étendre, déployer (sur le sol) » ; Il dérive du mot « firach »,
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pluriel « fourouch », signifiant un tapis, une couche, un matelas qu'on déploie sur le sol pour isoler celui-ci du sujet. On retrouve toujours la même tendance à différencier la terre proprement dite de l'écorce terrestre qui la recouvre et qui joue un rôle protecteur, essentiel dans l’éclosion et le maintien de la vie.
Le Coran emploie cinq termes différents, pour décrire le déploiement et l'existence d'une écorce terrestre, à une époque où les hommes niaient totalement ce phénomène. Des siècles plus tard, les géophysiciens qui entreprirent des recherches pétrolières, ont eu recours à des explosions artificielles, dont les ondes étaient enregistrées et analysées par des appareils, conçus à cet effet, en vue de connaître la nature et la disposition des couches géologiques traversées, et d’avoir une image de la structure interne du globe. En combinant deux méthodes complémentaires, connues dans les milieux de la géophysique, sous le nom de sismique réflexion et sismique réfraction, ils parvinrent à se représenter assez fidèlement la structure interne des roches. Des forages ultra-profonds furent également réalisés. Les Américains creusèrent un puits de près de 10 000 mètres à Bertha Rogers, en Oklahoma, et les Soviétiques, forèrent dans la presqu'île de Kola, entre la mer de Barents et la mer Blanche, une excavation de plus de 12 000 mètres.
Les renseignements recueillis confirmèrent certaines hypothèses déjà avancées, relativement à la présence de couches concentriques, coiffées par une couche terrestre. Tout cela était conforme à la position du Coran, mais le Livre Sacré va encore plus loin, puisqu'il explique la mise en oeuvre de l’écorce terrestre. Les termes « étendre-déployer-étaler », successivement utilisés, font référence au déploiement d'un tapis (par analogie au déploiement de l'écorce terrestre) afin de rendre le message perceptible aux anciennes générations. Cependant, les données scientifiques les plus récentes sont venues confirmer ce schéma. Les prélèvements de roches effectués par les chercheurs ont permis d'évaluer l'âge des échantillons les plus anciens à 3,8 milliards d'années suries continents (Groenland, Ukraine, Sibérie), alors que l’âge de la Terre est estimé à 4, 5 milliards d’années. L’écorce océanique par contre, a révélé une "jeunesse" étonnante par comparaison. Puisque les méthodes de datation utilisant les isotopes radioactifs ont donné un âge inférieur à 200 millions d'années, soit vingt fois moins que celui de la croûte terrestre. Pourquoi cette différence ?
Des missions furent alors organisées pour découvrir la clé de l’énigme. Plusieurs navires océanographiques furent mobilisés, ainsi que
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des submersibles, afin d'observer, photographier, prélever des échantillons, etc. La plus réputée est connue sous le nom de FAMOUS (French American Océanic Udersea Survey) lancée en 1974 au large des Acores, ainsi que le Programme DSDP (Deep Sea Drilling Project) groupant autour des USA, la RFA, la Grande Bretagne, la France, l'URSS et le japon, avec le concours du désormais célèbre navire de forage « Glomar Challenger ». Des satellites furent mis à contribution, à l'image du Seasat lancé par la NASA en 1978 et pourvu d'un radar altimétrique pour dresser la carte des fonds océaniques. Des engins tractés à très grande profondeur comme le Sea Beam, sondeur multifaisceaux pour l'étude de la morphologie des fonds marins, furent également utilisés. Bref, les systèmes de détection les plus perfectionnés, furent mis en oeuvre.
Les résultats des explorations menées à grande échelle furent exploités, à partir des années 80, permettant aux spécialistes d'élaborer une nouvelle théorie, traitant aussi bien du problème de la « jeunesse » des fonds marins que du processus de formation de la croûte océanique. Ce sont les résultats de ces recherches qui sont brièvement résumés ci-dessous : Les géophysiciens sont maintenant convaincus, preuves à l’appui, que le globe terrestre est recouvert en totalité par une croûte ou écorce terrestre, laquelle repose sur le manteau, dont elle est plus ou moins isolée par la discontinuité de Moho. L'écorce est scindée géographiquement en deux parties distinctes. La première est constituée par la croûte continentale qui forme l'assise des continents et des marges continentales et couvre environ 40 pour cent de la surface de la planète. Cette croûte, très ancienne, date parfois de près de 4 milliards d'années ; elle est constamment remaniée par l'activité tectonique, le volcanisme, l'érosion et la sédimentation. La croûte terrestre et le manteau supérieur ou lithosphère forment des plaques rigides, semblables à des radeaux qui flottent sur l'asthénosphère ou couche inférieure. Les frontières entre les plaques sont connues sous le nom de dorsales.
Les dorsales océaniques, longues de 80 000 kilomètres environ incisent le globe de leur entaille. L'axe de la dorsale est l'objet d'une activité intense à l'échelle géologique et c’est là que le magma, en provenance du manteau est injecté dans l'écorce. Le magma surgit lorsque les plaques de la lithosphère s'écartent. Il s'épanche en se refroidissant des deux côtés de l'axe où il s'étale en forme de draperie. Ainsi, s'édifie l'écorce océanique qui va s'étirer, s'étaler et s'étendre à la façon d'un tapis. Puis, au fur et à mesure de son expansion, après quelques dizaines de millions d'années et quelques milliers de kilomètres
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plus loin, la couche va "plonger" (toujours à la vitesse de quelques centimètres par an) sous une plaque continentale, plus légère, pour retourner à nouveau dans le magma et fondre sous l'effet de la chaleur. Ce phénomène est connu sous le nom de subduction. Il provoque de nombreux bouleversements dans la nature. La croûte est sans cesse renouvelée, expliquant sa relative jeunesse. D'après les calculs des géophysiciens, chaque année, environ trois kilomètres carrés de croûte nouvelle sont formés, et autant sont réinjectés dans le manteau et détruits.
La similitude de l'étalement de la croûte avec le déploiement d'un tapis est si frappante, que les savants du monde entier n'ont pas hésité à désigner ce mouvement sous le terme de tapis roulant ou tapis mécanique. C'est là, le sentiment des spécialistes en géologie et il est correctement fondé. Comment en effet ne pas être étonné par l'impressionnante ressemblance qui lie la description coranique à la réalité du déploiement de la croûte terrestre ? Encore un phénomène édifiant que le Coran a su décrire parfaitement alors que ces mécanismes se déroulaient dans les fonds océaniques, sous des milliers de mètres de profondeur et hors des moyens d'investigation de l'humanité !
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L'APLATISSEMENT DES PÔLES
Il existe peu de sujets dans l'univers, qui ont été traités aussi contradictoirement que celui de la forme du globe terrestre. De très nombreux modèles ont été imaginés, qu'il n'est pas possible de reprendre dans le cadre de cet article. Ainsi pour les Indiens de l'Antiquité, le monde avait la forme d'une coquille vide, reposant sur le dos de quatre éléphants, lesquels étaient portés par une gigantesque tortue, flottant sur un océan. Les anciens Egyptiens attribuaient à la terre une surface plane et la reliait au ciel rectangulaire par quatre piliers, plantés à chaque coin. Les Grecs, admirent longtemps la figuration du monde sous forme d'une île qu'entourait l'Okéanos. Pour Thales de Milet, l'Okéanos était situé sous la terre, mais qu'y avait-il sous l'Okéanos ?
Tandis que Leucippe et Démocrite assimilaient la terre à un cube, Xénophane lui donnait l'apparence d'une souche hérissée de racines qui la maintenaient au ciel. Cependant, la forme sphérique commençait à prendre corps assez tôt chez les Grecs. Pythagore y voyait le résultat de l'harmonie musicale produite par le son de la lyre, tandis que Platon était influencé par le cercle, figure de base de toute la cosmologie. Aristote, ainsi qu'il le fit pour d'autres domaines, introduisit plus de logique dans son raisonnement. Si la terre était plate, se dit-il, elle serait éclairée simultanément dans toute sa surface. Or, le jour ne se lève pas en même temps à Athènes et sur les autres parties éloignées du monde. Si l'on imaginait la terre arrondie, l'explication devenait par contre plausible. A peine un siècle plus tard, Eratosthène réussit en déterminant l'amplitude de l'arc du méridien entre les villes égyptiennes d'Alexandrie et de Syène (Assouan), à évaluer la circonférence du globe avec une marge d'erreur d’à peine un pour cent.
Mais alors que l’humanité progressait de plus en plus sur le chemin des connaissances, l'enseignement biblique est venu remettre en cause l'héritage scientifique patiemment accumulé au cours des siècles. L'interprétation de la Bible a eu pour conséquence de favoriser à nouveau le modèle de la terre plate. L'une des raisons à cela est que personne ne
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pouvait imaginer que les hommes puissent marcher la tête en bas, sans tomber dans l'espace inférieur. Les manuscrits médiévaux étaient souvent illustrés de mappemondes fondées sur l'autorité indiscutée de l'Ecriture Sainte. Ces mappemondes étaient réalisées sur un disque rond ou ovale. Elles sont connues sous le nom de « T.O » en raison des initiales d’Orbis Terrarum (Terre) d'une part, et également du fait que la mer Noire, la mer Rouge et la mer Méditerranée, formaient un immense « T » inscrit dans l'Océan circulaire « O ». Elles comportaient trois continents : l’Europe - l'Asie - l'Afrique, attribués à chacun des fils de Noé, Sem, Cham et Japhet qui étaient réputés avoir reconstitué l'humanité à la suite du Déluge Universel.
Pour mettre les cartes en accord avec la Bible, les cartographes implantèrent la ville de Jérusalem exactement au centre du monde, et ils assignèrent au Paradis, l'emplacement actuel de l'Océan Arctique. (Alpha Encyclopédie). Au sixième siècle de l'ère chrétienne, le moine bulgare Cosmas, auteur d'un livre, intitulé : « Contre ceux qui croient et imaginent comme les païens que le ciel est sphérique », présente l'univers sous l'aspect d'un coffre, à l'intérieur duquel se trouvent deux îles entourées d'eau. La première, correspondant à la Terre, la seconde, sensiblement de même étendue, au Paradis. Une innovation importante est introduite dans ce système; pour arriver au Paradis, il devenait indispensable de traverser la mer, alors que la conception du T.O., les fidèles pouvaient aller au paradis à pied ou mieux encore à cheval ! Le tout est coiffé d'une voûte céleste semi-sphérique, au-dessus de laquelle les anges poussent les astres pour les guider à travers leur course.
Ce n'est que plus tard, que le monde reprit sa forme sphérique. Les voyages autour du globe devaient confirmer cette réalité. Les navigateurs qui partaient de l'Est pouvaient revenir par l'Ouest et vice versa. La terre devenant ronde, tout en tournant sur elle-même, elle devait nécessairement comporter un axe autour duquel elle effectuait ses rotations, ainsi que deux pôles situés aux extrémités de son axe. Apparemment le problème semblait définitivement réglé, mais il ne le fut qu’en apparence.
Car, au dix-septième siècle, un événement imprévu allait relancer le débat sur la forme de la Terre. Lors d'une expédition géographique, entreprise en 1672, en Guyane, le Français Richet constata que le balancier de son horloge oscillait plus lentement qu'à Paris, avec une différence de 2,5 secondes. Lorsque l'Académie des Sciences de Paris fut saisie de ce problème, elle conclut, hâtivement et faussement, que le
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responsable de cet état de choses était la chaleur tropicale qui dilatait le bras du balancier et ralentissait son battement. Newton, qui venait de découvrir les lois de l'Attraction Universelle (1687) réfuta ces explications. Selon lui, la chaleur tropicale, trop faible, ne pouvait influencer à ce point la dilatation du balancier. La cause unique de l'écart résidait dans l'aplatissement des pôles. Si le rayon équatorial est plus grand que le rayon polaire, cela implique que sa distance par rapport au centre de la terre était aussi plus grande. Les forces d'attraction qui s'exercent dans ce cas doivent être moins fortes à l'équateur qu'aux pôles. La variation de gravité expliquait donc les différences constatées dans le battement du balancier. Newton a même calculé l'aplatissement et trouvé un rapport de 1/230. D'autres calculs effectués par la suite permirent d'améliorer l'évaluation initiale. En 1866, Clark porte le rapport à 1/297,1, c'est-à-dire très proche de la réalité, en dépit des techniques rudimentaires mises en oeuvre (observations du pendule aux différents points de la terre, appareils de mesure basés sur la chute des corps, etc.)
A partir de l'année 1958, le lancement des satellites artificiels à usage géodésique (Spoutnik et Vanguard), a permis d'affiner avec une très grande précision les mesures de l'aplatissement des pôles. Le recours aux impulsions laser susceptibles de déterminer au mètre, puis plus tard, au millimètre près, la forme de la terre, démontrèrent que le rapport était égal à 1/298, 25, soit trois millièmes en valeur relative. Une différence aussi minime se traduit au niveau du rayon terrestre par un écart de 21,39 kilomètres entre le rayon équatorial qui mesure 6 378,16 kilomètres et le rayon polaire qui est de 6 356,77 kilomètres. Au niveau du diamètre, l'axe équatorial mesure (en chiffres ronds) 12 756 kilomètres et l'axe polaire 12 713 kilomètres, soit une différence de 43 kilomètres environ.
L'aplatissement qui est légèrement moins accentué dans l'hémisphère sud (30 mètres en plus), a fait ressembler la terre à ce que les spécialistes appellent un ellipsoïde de révolution aplati. Ce phénomène résulterait des forces de rotation de la terre autour de son axe, entraînant un "tassement" du globe. Mais cette hypothèse demanderait encore à être confirmée. Voici donc, résumée, l'évolution des idées sur la forme de la terre, depuis l'Antiquité. Du moins, comme elle est perçue par les médias occidentaux.
En dépit de ses mérites justifiés, Newton ne fut pas l'inventeur de la théorie sur l'aplatissement des pôles ! Plus de mille ans avant qu'il n'élabore ses lois sur l'Attraction Universelle, le Coran avait déjà mentionné le phénomène, tel qu'on peut le lire ci-après : (C’est Dieu qui 366
parle) : « (Les infidèles) ne voient-ils pas que Nous réduisons les extrémités de la terre (attrafiha) ? » (Coran 13.41). La même affirmation est renouvelée dans la sourate (21.44).
Le Coran emploie le terme « Naqouçou » qui signifie « Nous écourtons... Nous réduisons, etc. », Le mot « attrafiha » est synonyme des « extrémités (de la terre, dans ce cas) ». Les extrémités situées dans l'axe de rotation, désignent les deux pôles, nord et sud, lesquels sont réduits, diminués, aplatis par rapport à la configuration générale du globe terrestre, qui est sphérique. La citation se rapporte sans aucun doute possible à l'aplatissement des pôles, tel qu'il résulte des contraintes exercées par la rotation du globe. Par ailleurs, la forme verbale utilisée, le présent, semble indiquer que les effets de la rotation se poursuivent toujours, ce qui est effectivement le cas.
Ce passage a été interprété diversement par les traducteurs. Selon la majorité d'entre eux, « la réduction de la terre », n'est rien d'autre qu'une allusion aux conquêtes de l'Islam, qui diminuaient la surface de l'Arabie païenne. Ce sentiment est partagé par Blachère – Masson – Montet – Savary et Kasimirski, entre autres. Même Baïdawi souscrit à ce point de vue dans ses commentaires. En vérité, il en est le précurseur. Néanmoins, El Boukhari, dont les travaux font autorité en la matière, ne souffle mot du problème dans ses traditions. En réalité, la prise de position des commentateurs traditionalistes s'explique par le fait qu'ils ignoraient l'existence de l'aplatissement du globe. Ce qui les a amenés à émettre des hypothèses qui leur semblaient les plus adaptées.
Les orientalistes contemporains ont par contre péché par de graves lacunes. D'abord, pour avoir donné à un texte clair, se rapportant à un phénomène réel, une version qui n’était pas confirmée par les réalités historiques qui constituent la clé de l'énigme. Chronologiquement, en effet, le premier des deux versets cités, est inséré dans la sourate intitulée « Er Rouçoul » (Les Prophètes). (Coran 21.44). Cette sourate a été révélée à la Mecque durant la deuxième période de l'apostolat du Prophète (qui en compte quatre), à une époque où ce dernier était en butte à l'opposition quasi générale de ses concitoyens. En dehors de sa ville natale, Mohammed n'avait réussi à obtenir aucune conversion de fidèles. L'ensemble de l'Arabie lui était hostile et rejetait son message. A La Mecque, il n'était pas en sécurité. Les quelques croyants acquis à la cause de l'Islam ne pouvaient rien pour lui, au point qu’il dut plus tard, émigrer à Médine. Il fut menacé de mort, agressé, humilié, blessé, rejeté par sa propre communauté... Aussi, on voit mal dans ces conditions très
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pénibles pour le Prophète et dangereuses pour l'Islam, le Coran annoncer triomphalement « que le pays des infidèles était en déconfiture et réduit à ses dernières extrémités. » C'est tout le contraire qui était vrai !
Dans ce contexte, l’interprétation du verset en question ne saurait qui contredire la réalité des faits. Du coup, les motifs qui laissent croire que la Révélation avait un sens littéral et explicite se trouvent consolidés. L'aplatissement des pôles n'est pas d'ailleurs pour le Coran, un sujet tel, qu'il faille le réfuter ou le regarder avec méfiance. Bien d'autres phénomènes de la nature ont fait l'objet de développements circonstanciés similaires. Car, il est dans la nature du Livre Sacré de décrire nombre de merveilles de la Création qui échappent à l'entendement humain. Pour mieux démontrer l'infaillibilité de la Parole de Dieu.
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LA PROTECTION DE LA TERRE
Le Coran dit : (c'est Dieu qui parle) : « Nous avons fait du ciel, une voûte protégée, mais ils (les infidèles) se détournent de Nos Signes. » (Coran 21.32). La voûte est appelée « saqfan », qui veut dire aussi « toit », pour symboliser, le toit d'une maison qui protège des agressions extérieures. Un autre passage précise : « Nous avons paré le ciel le plus proche de la terre de luminaires et L'avons pourvu d'une protection. » (Coran 41.42).
Le ciel le plus proche de la terre désigne la partie du ciel qui englobe le système solaire et dont la base n'est autre que l’atmosphère qui entoure la planète. Le rôle protecteur du ciel est réaffirmé une seconde fois dans cette sourate. Pour se convaincre (et persuader ses lecteurs) que le Coran n'est qu'une imitation de la Bible, Edouard Montet, traduit ainsi le verset en question : « Nous avons fait du ciel une voûte solide. » Puis dans ses commentaires, il explique que cette « solidité » est l'étendue « qui sépare les eaux d'en haut de celles d'en bas », selon la Genèse biblique. (Chapitre 1, verset 6-7). L'amalgame vise à introduire le doute dans l'esprit des lecteurs, ignorants de la réalité et à faire du Coran Sacré un sous-produit d’une Bible déjà altérée ! Mais une telle comparaison n’existe pas. Car, si la Bible considère que le ciel est solide, le Coran ne partage pas cette conception. Si la Bible fait séparer les eaux d'en bas des eaux d'en haut, le Livre Sacré des musulmans réfute cette idée qui est incompatible avec la réalité, puisqu’à aucun moment il n’évoque « les eaux d’en bas des eaux d’en haut. »
Il n'y a pas de parallèle à établir entre la position du Coran qui attribue au ciel un rôle protecteur et celle de la Bible qui y voit une voûte solide. La conception d'un ciel matériel était d'ailleurs répandue parmi les civilisations anciennes. Les gens d’alors imaginaient le ciel sous forme d'une coupole en métal, percée de trous figurant les étoiles. Parfois, les étoiles pendaient de la voûte à la manière des lampes électriques. L'extérieur était perçu comme la partie insondable de l'univers. Une telle croyance faisait craindre aux Gaulois, qu'une partie 369
du ciel ne leur tombe sur la tête. Une autre croyance tenace, préoccupait les savants depuis l'Antiquité jusqu'au vingtième siècle, celle de l'éther. Il s’agit d’une relique de la pensée péripatéticienne selon laquelle le ciel était empli d'une matière étrange l'éther, qui présentait des qualités contradictoires, comme par exemple celles de transmettre des vibrations lumineuses, impliquant une densité supérieure à celle de l'acier, et en même temps, on supposait qu'il était transparent et que la terre et les autres planètes se promenaient au travers sans rencontrer aucune résistance. Une contradiction qui n’a jamais été résolue. (« L’espace et le temps aujourd’hui » Par Jacques Roger )
A la suite des expériences de Morley en 1887 et du mémoire d'Einstein de 1905, la théorie de l’éther fut abandonnée, au profit du vide cosmique. L’univers devint synonyme de vide, la matière étant l'exception. Cette conception venait corroborer la version coranique pour qui, le ciel est un espace vide, comportant des particules et des astres (Coran 41.11). Comment ce ciel exercerait-il une action protectrice vis-à-vis des habitants de la terre ? Pour rappel, le Coran désigne par « le ciel le plus proche de la terre », l’espace entourant le globe terrestre, dont la partie la plus active est constituée par l'atmosphère, elle-même coiffée par la magnétosphère. L'atmosphère ne possède pas de limites précises. L'air se raréfie au fur et à mesure que l'on s'élève en altitude. La masse atmosphérique qui représente cinq millions de milliards de tonnes, est concentrée à 50 pour cent dans les cinq premiers kilomètres, et à 99 pour cent dans les trente kilomètres. Toute cette masse exerce sur le sol une pression égale à 10 330 kilos, par mètre carré. L'atmosphère est composée en grande partie d'azote et d'oxygène, à raison de 99 pour cent du volume. Puis viennent l'argon, le gaz carbonique, le néon etc. La teneur en vapeur d'eau est variable, oscillant de 0 à 4 pour cent.
La première protection de l'atmosphère concerne le maintien de la vie sur terre. A la façon d'une maison qui isole et protège ses occupants contre le froid et la chaleur de l'extérieur, l'atmosphère agit au niveau de l'équilibre calorifique de la terre, en gardant la température indispensable au développement de la matière organique. Le rayonnement émis par le soleil ne parvient pas totalement et heureusement au niveau du sol. L'atmosphère absorbe 20 à 25 pour cent, et les nuages réfléchissent 35 à 40 pour cent. Le reste représente un peu plus du tiers des émissions. Malgré tout, et à cause de cela, la température moyenne de la planète varie entre 14 et 15 degrés centigrades, suffisante pour l'éclosion et le développement de la vie. La chaleur est due au rayonnement solaire direct, mais elle est aussi provoquée par l'échauffement des terres et des 370
océans, qui stockent l'énergie le jour pour la restituer la nuit sous forme de rayonnement infrarouge, qui est piégé par la vapeur d'eau et le gaz carbonique de l'atmosphère. Il en résulte un système régulateur d'énergie qui élimine les trop grands écarts entre le jour et la nuit. En l’absence d’atmosphère, les températures s'élèveraient à 100 degrés centigrades le jour, pour retomber à 150 degrés centigrades au-dessous de zéro, la nuit. Un écart de 250 degrés centigrades, qui anéantirait, bien évidemment, toute forme de vie.
La deuxième protection est constituée par le bouclier dressé contre l'émission de rayons ultraviolets nocifs. L’énergie totale du rayonnement solaire interceptée par la terre, entourée de son atmosphère, correspond à 180 milliards de mégawatts. Même si elle ne représente que la dix-milliardième partie émise par le soleil, elle reste colossale. Celle qui parvient aux couches supérieures de l'atmosphère est formée de 9 pour cent de rayons ultraviolets, 42 pour cent de lumière visible et 49 pour cent de rayons infrarouges. Si la lumière visible peut être perçue à l'oeil nu, les émissions en ultraviolet et infrarouge ne peuvent être captées que grâce à des instruments spécialement conçus à cet effet. Mais là n'est pas le plus important. Ce qu'il faut retenir, c'est que les rayons ultraviolets dont la longueur d'onde est plus petite que celle de la lumière visible (0,39 à 0,01 micron) détruisent tous les organismes primitifs, ralentissent la photosynthèse des plantes indispensable à l'élaboration de la vie, diminuant par là, le rendement des cultures ainsi que les stocks d'algues et de poissons. Par ailleurs, ils accentuent la prolifération de cancers cutanés, de troubles oculaires etc. En un mot, leurs effets sont néfastes et nocifs, lorsqu'ils bombardent massivement l'organisme.
Or, ces dangereux rayons qui pénètrent dans la haute atmosphère, sont arrêtés entre trente et vingt kilomètres de hauteur, dans la stratosphère, par la couche d'ozone entourant la terre. L'ozone, constitué par l'association de trois atomes, est un proche parent de l'oxygène, qui n'en comporte que deux. Il entre pour une infime partie dans la composition de l'atmosphère, mais son action est irremplaçable. Tout en laissant passer une faible partie des rayons ultraviolets qui, à cette dose, favorisent la pigmentation de la peau et la production de vitamine D contre le rachitisme, il arrête le surplus qui peut être mortel.
La troisième protection du « toit de la terre » est efficace contre la majeure partie des « étoiles filantes. » Ces dernières sont des poussières, des cailloux ou des blocs plus importants, en provenance du ciel, qui viennent à la rencontre de la terre (ou qui sont absorbées par la planète
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dans sa course orbitale), en s'allumant par frottement au contact de l’atmosphère. La terre absorberait quotidiennement environ mille tonnes de poussière cosmique dont une dizaine de tonnes seulement sont constituées par des météorites. Ces objets pénètrent en haute altitude à une vitesse variant entre 40 000 et 300 000 kilomètres à l'heure. Il est clair qu'à une telle vélocité, leur impact sur le sol serait catastrophique. Il n'est qu'à voir la surface grêlée du sol lunaire, parsemé de cratères de toutes dimensions pour déduire que, durant les milliards d'années écoulées, aucune partie de notre satellite, n'a pu être à l'abri de ce bombardement céleste.
Pourtant, sur terre, les choses paraissent sereines malgré le nombre plus élevé de projectiles qui se sont abattus sur le globe. La raison en est, érosion mise à part, que la lune dépourvue d’atmosphère est touchée de plein fouet par les projectiles, alors que tout autour de la planète, la couche atmosphérique constitue un écran protecteur d'une efficacité remarquable. Lorsque les météorites pénètrent dans l'atmosphère, mues par leur vitesse vertigineuse, elles sont portées, par suite de leur frottement, à une température d'environ 2 500 degrés centigrades et s'allument pour former les étoiles filantes. La combustion s'effectue généralement à une altitude de 140 kilomètres ou plus, avant de s'éteindre vers 60/70 kilomètres, quand le projectile a été désintégré et devient sans danger pour la vie. La météorite imposante par sa taille, qui n'arrive pas à se consumer entièrement subit quand même l'effet protecteur de l'écran atmosphérique, qui freine sa vitesse de rencontre avec le sol, en réduisant considérablement ses proportions par la combustion des couches externes. L’atmosphère a toujours été un véritable bouclier contre les projectiles de l'espace qui pleuvent sans cesse sur terre et qui auraient pu anéantir la vie.
La quatrième forme de protection du ciel le plus proche de la terre, se situe à un niveau supérieur, puisqu'il s'agit des effets exercés par la magnétosphère, résultant du champ magnétique terrestre. Longtemps, les spécialistes ont pensé que le champ magnétique qui enveloppe la terre comme un cocon, à une altitude comprise entre quelques centaines et plusieurs dizaines de milliers de kilomètres, était produit par le noyau terrestre formé de fer et de nickel. Cette hypothèse a été abandonnée, lorsqu'on évalua la température centrale à 4 000 degrés centigrades, alors que l'aimantation du fer disparaît à 700 degrés. Certains chercheurs et géophysiciens à l'image de Runcorn, Bullard et Elsassen, suggérèrent que le magnétisme pouvait être généré par la différence de rotation entre le manteau et le noyau, produisant un effet dynamo. Actuellement c’est 372
cette hypothèse qui se confirme de plus en plus. Le plus important est de mentionner que ce champ magnétique existe et qu’il joue un rôle très important dans la protection de la vie. La magnétosphère n’est pas sphérique, elle est déformée par les particules électriques du vent solaire qui l'attaque à près de deux millions de kilomètres à l'heure, étirant les lignes de force vers l'arrière. Elle constitue un blindage efficace protégeant la terre des dangereux rayonnements énergétiques (rayons x et gamma) qui peuvent altérer les chromosomes, modifier l'héritage génétique, introduire des mutations et des aberrations dans les espèces vivantes et éventuellement, entraîner à la longue, leur disparition.
Tous ces phénomènes confirment la version coranique, qui attribue au ciel le plus proche de la terre, un rôle protecteur et l'assimile à un toit qui écarte les dangers environnants. Dans la réalité, effectivement, sa mission est de maintenir un degré calorifique suffisant et régulier du globe, d'absorber les rayons ultraviolets néfastes, de consumer les météorites qui s'approchent, de dévier les dangereux rayonnements mutagènes etc. Et la liste risque d'être longue encore. Tant de facteurs qui, sans cette protection, auraient mis fin à toutes les formes de vie sur la planète. Encore une fois, le Livre Sacré a décrit de façon parfaitement vérifiable, des réalités physiques que personne ne saurait démentir
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LES STRATES DE LA MER
L'homme a toujours cru qu'un calme plat régnait dans les profondeurs de la mer. Les savants avaient emboîté le pas à ces croyances, en justifiant le fait que les vagues et les marées n'exerçaient leur influence que dans les couches superficielles. Même si de tout temps les grands fonds marins intriguèrent les chercheurs, il n’en demeure pas moins qu’ils restèrent mystérieux, parce qu’ils étaient situés hors des moyens d'investigation les plus ingénieux. En effet, les premiers sondages, imputés à Magellan, n’eurent lieu qu’au 16ème siècle et ne dépassèrent pas la profondeur de 400 mètres. Puis durant trois siècles, aucun autre sondage profond ne fut entrepris pour connaître les fonds marins. Cela démontre que l'esprit d'entreprise des chercheurs de l'époque ne brillait pas par ses performances.
Toutefois, bien avant le 19ème siècle, certaines conceptions virent le jour. Elles étaient étranges pour leur temps, aussi, furent-elles rejetées par la communauté scientifique. L'une d'elles pourtant s'avéra être plus tard, tout à fait conforme à la réalité. Elle émanait de Luigi Marsagli, un savant italien, qui soutenait dès 1681, que dans le Détroit du Bosphore, en Turquie, la mer été sous l’influence de courants qui exerçaient dans des directions opposées. Ainsi, les eaux de surface se déplaçaient dans un sens alors que les eaux profondes circulaient en sens inverse.
La théorie du calme plat des grandes profondeurs venait d'être remise en cause. Selon Marsagli, les eaux superficielles se déversaient de la mer Noire vers la mer Egée, et les courants profonds empruntaient la voie inverse. La découverte du Gulf Stream, puissant courant qui coule du Golfe du Mexique et traverse l'Atlantique pour atteindre les côtes norvégiennes, devait confirmer que la mer n'était pas aussi immobile que le laissait supposer la croyance populaire. Cependant, le Gulf Stream, dont la carte a été réalisée en 1770 sous l'égide de Benjamin Franklin, était un courant de surface. Il faisait gagner du temps aux bateaux qui s'engageaient dans le sens Amérique-Europe, et entravait la circulation opposée.
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Sa découverte fut la première d'une longue série, comprenant le courant de Humboldt, le courant de Kuroshio, le courant Est-Australien, pour le Pacifique, ainsi que le courant du Brésil, dans l'Atlantique, le courant de Benguela, le long des côtes occidentales du sud de l'Afrique, etc. Toutefois, l'importance des découvertes ne signifiait pas la remise en cause systématique de l'immobilisme des eaux de fond.
La véritable nouveauté fut certainement introduite par la marine de guerre allemande, durant la seconde guerre mondiale. Afin de suivre le mouvement des bateaux ennemis, et surtout repérer l'entrée des sous-marins en Méditerranée, les forces anglaises avaient installé un système de détection acoustique, dans le détroit de Gibraltar, espérant ainsi suivre le mouvement des flottes allemandes. Mais, malgré les mesures de détection, les sous-marins allemands continuaient à traverser dans les deux sens le passage surveillé, sans attirer l'attention des garde-côtes. Ils avaient su tirer profit des différences de densité existant en cet endroit. Ils pénétraient en Méditerranée, à faible profondeur, moteurs stoppés, en utilisant les eaux moins denses de l'Atlantique qui circulent en surface dans le sens Atlantique/Méditerranée. Pour ressortir, ils empruntaient, machines toujours arrêtées, les eaux plus denses de la Méditerranée, qui faisaient le trajet contraire, à grande profondeur. Ainsi, ils passaient au nez et à la barbe des Anglais, malgré le système de détection installé.
Depuis, de nombreuses recherches ont permis de balayer les conceptions simplistes, communément admises jusqu'à une date récente concernant la prétendue stagnation des eaux sous-marines. Les spécialistes ont pu détecter que les eaux intermédiaires et profondes de l'Océan mondial sont régies par les forces thermohalines. Ces forces ont leur origine dans les inégalités de densité produites par les écarts de température et de salinité. « Ces deux facteurs, conditionnent la densité de l’eau de mer; or, lorsque de grandes masses d'eau de densités différentes sont en présence, elles ont tendance à ne pas se mélanger, sauf très partiellement, au niveau de leur zone de contact. Il en résulte que celle dont la densité est la plus élevée tend à passer au-dessous de celle qui est la plus légère, engendrant ainsi un courant. Ces forces thermohalines sont le moteur principal de la circulation des eaux profondes et intermédiaires. » (« Clefs pour l’océanographie » Par Jean Marre Pérès).
Les mouvements alternés des divers courants marins forment une stratification naturelle de l'eau. « Les courants qui déplacent les masses d'eau superficielles sont relativement peu épais. Sous eux se trouvent 375
d'autres masses d'eau dont certaines sont stationnaires, et dont quelques-unes, appelées contre-courants, coulent dans une direction inverse de celle des « fleuves superficiels. » (Encyclopédie Cousteau). Bien que ce phénomène soit resté ignoré des spécialistes, il est néanmoins évoqué par le Coran Sacré, qui dépeint... « Les ténèbres d'une mer profonde (au sein de laquelle) coule un flot (lequel est) recouvert par un autre flot, au-dessus duquel se trouvent des nuages. Ce sont des ténèbres amoncelés sur des ténèbres... » (Coran 24.40).
Le Livre Sacré décrit une mer profonde que la lumière du soleil n'arrive pas à percer, et où règne l’obscurité totale. Cette réalité a été amplement démontrée depuis, par les engins de plongée, puisqu’à partir d'une certaine profondeur, les rayons du soleil ne peuvent plus pénétrer dans l'eau. Au point que les poissons abyssaux vivent dans l'obscurité la plus complète en s'adaptant à leur environnement. Au sein de la mer profonde et obscure, s'étirent des flots. Ils symbolisent un courant actif, du moment que les flots n’existent qu’à travers leurs mouvements. Sans déplacement et sans agitation, ils s'étalent et meurent.
Au-dessus de ce courant, s'étend un autre courant. Il ne se confond pas avec le premier situé plus près du fond, sans quoi il n'y aurait plus qu'un seul courant. Chaque écoulement possède son individualité propre. Les couches superposées laissent penser que les densités sont différentes et par conséquent leur salinité aussi. Elles ne peuvent se mélanger, ainsi qu’il a été démontré plus haut. Le courant inférieur possède une plus forte densité que celui qui est au-dessus, ce qui engendre un mouvement dynamique qui sera le prélude à une circulation thermohaline, créée par ces différences de température et de salinité.
La description coranique est suffisamment éloquente et reflète le phénomène tel qu’il existe. Surmontant les flots des nuages s'étendent dans le ciel, pour décrire l'atmosphère, avec ses formations nuageuses, à l'instar d'une coupe graphique qui éclaterait une image en ses multiples éléments. La stratification des courants marins est présentée comme un amoncellement de ténèbres entassées sur des ténèbres, conformément à ce que rapportent les missions d'exploration sous-marines.
Ainsi, le Coran ne cautionne pas la conception d'une mer aux profondeurs immobiles et figées. C'est un mouvement dynamique qui anime les océans, aussi bien en surface que dans le fond, même si les causes ne sont pas identiques. Et la stratification des courants marins n'est que le reflet d'une réalité que personne n'a pu observer avant ce siècle de grandes découvertes. En raison de sa similitude frappante avec
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le Coran, voici un passage d'un ouvrage scientifique qui traite de ce problème et qui dit en substance : « ...Il existe dans l'Océan Atlantique une langue d'eau profonde provenant de la mer du Labrador et de la mer de Norvège ... à une profondeur comprise entre 2 000 et 4 000 mètres. Au-dessus de cette eau, à la profondeur de 1 000 mètres, se trouve une langue d'eau intermédiaire antarctique qui se dirige vers le Nord. En outre, au-dessous de l'eau profonde de 4 000 à 5 000 mètres, existe une eau de fond d'origine antarctique, qui se répand vers le Nord. » Par ailleurs, l'action directe des forces externes modifie également le champ des densités marines, ainsi que les processus non évoqués, tels que précipitations (de pluie), etc. » (Encyclopédie scientifique de l’univers)
Une telle description aurait pu être puisée du Coran, si ce n'est les précisions géographiques qui sont mentionnées. Outre la disposition des couches océaniques profondes, le Livre Sacré fait également allusion aux nuages qui produisent les précipitations. Les strates de la mer ont une grande importance pour le développement de toutes les formes de vie existant dans les océans. Par son intérêt considérable, un tel phénomène ne pouvait rester méconnu. Aussi, le Coran s'est-il chargé de le révéler à l'humanité. Pour être une Preuve et un Signe de l'Omniscience divine.
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LES DERNIERS JOURS DE LA TERRE
En observant les étoiles de la Voie Lactée, les spécialistes ont fini par recueillir des renseignements précieux et utiles. Ils ont pu déterminer par analogie, quel a été le passé du soleil depuis sa naissance, et quelle sera sa fin dernière, avec une marge d’erreurs infime. Dans ces prédictions, il n’est fait recours à aucun art divinatoire puisqu’il s’agit surtout de recourir aux cas de similitudes comme système de référence. Les lois universelles qui régissent la création dans son ensemble, autorisent dans une certaine mesure, une telle approche. Partant de ces critères, les spécialistes ont établi une classification qui tienne compte de la position, de l'éclat, de la couleur, et d'autres caractéristiques propres à fournir les éléments de base pour étudier les populations stellaires. Puis, les données recueillies furent complétées par l'étude du soleil, qui s'avère être un astre plus facile à analyser que les lointaines étoiles, qui ont pour elles, le nombre et la diversité.
Le soleil apparaît de prime abord comme une étoile commune. Son diamètre d'environ 1 400 000 kilomètres, au niveau de la photosphère le situe dans la moyenne. Les étoiles naines blanches, par exemple n'ont que quelques milliers de kilomètres de diamètre, alors que les géantes rouges mesurent souvent plus d’un milliard de kilomètres. Pour ce qui est de la classification spectrale, le soleil se situe dans la séquence principale, en compagnie de la majorité des autres étoiles qui rayonnent dans le jaune. Sa température superficielle de 5 500/6 000 degrés centigrades, est inférieure à celle des étoiles bleues qui dépassent 30 000 degrés centigrades mais supérieure aux géantes rouges qui rayonnent entre 2 000 à 3 500 degrés.
L'énergie du soleil a longtemps été une énigme. Les anciens pensaient qu’il s'agissait d'une combustion normale, à la façon d'une bûche qui se consume, puis avec le temps certains chercheurs ont favorisé la thèse de la chaleur produite sous l'effet de la contraction gravitationnelle. Mais les différentes hypothèses n'expliquaient pas la longévité estimée à 4,6 milliards d'années. Depuis, le problème a été
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élucidé : l’énergie colossale produite par l’astre solaire proviendrait des phénomènes thermonucléaires de transformation de l'hydrogène en hélium. Chaque seconde, le soleil convertit 594 millions de tonnes d'hydrogène en 590 millions de tonnes d'hélium. La différence de 4 millions de tonnes, se transforme en énergie, dont la terre capte la dix-milliardième partie. Si la température de surface est relativement « froide », au centre, elle s'élève à 15 millions de degrés sous une pression de plusieurs milliards d'atmosphères.
La conversion de l'hydrogène est la première phase de la vie de l’astre solaire. Les spécialistes estiment qu'elle devrait durer encore quelque cinq milliards d’années. Puis l'hélium prendra le relais de l'hydrogène ; il entrera en fusion à son tour en donnant naissance au carbone, élevant à chaque fois la température. De proche en proche, le processus s'étendra aux éléments de plus en plus lourds. A un certain moment l'équilibre thermique qui assure la stabilité des différents états n'est plus assuré, c'est l'effondrement. Si l'étoile possède une masse importante, l'effondrement déclenche une formidable explosion, dont l'éclat s'élève plusieurs milliards de fois à celui du soleil, donnant naissance à une super nova. Les couches extérieures sont projetées avec une violence inouïe dans l'espace à des vitesses de plusieurs milliers de kilomètres par seconde. Quant au coeur de l'étoile, il s'effondre sur lui-même pour devenir une étoile à neutrons possédant une densité extraordinaire de plusieurs centaines de millions de tonnes par centimètre cube. L’explosion d’une super nova, observée par les astrologues chinois le 4 Juillet 1054, dans la nébuleuse du Crabe, qui continue toujours à s'étendre dans le ciel, près de mille ans plus tard, occupant désormais un volume de plusieurs milliers de milliards de kilomètres cubes, donne une idée de la violence du phénomène.
LA GEANTE ROUGE : Si la masse de l'étoile n'est pas importante, comme c'est le cas du soleil, la mort sera par euphémisme, moins violente. Après la conversion de l'hydrogène en hélium dans le centre, les couches extérieures vont se dilater en se refroidissant. La température de surface descendra à 3 000/3 500 degrés centigrades. La lumière passera du blanc/jaune à l'orange puis au rouge, la luminosité augmentera, malgré le refroidissement, du fait de la croissance considérable. Le soleil deviendra une géante rouge, dont le diamètre sera multiplié par cent, par mille ou plus. Tout l’espace environnant sera inondé par la lumière rouge qui donnera aux choses un aspect irréel, fantasmagorique. La totalité du ciel sera occupée par ce nouvel astre flamboyant, énorme, immense qui voilera la voûte céleste.
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Le Coran décrit ce phénomène que personne ne connaissait à l'époque. « Ce jour-là, précise le Coran, le ciel prendra la teinte du métal fondu. » (Coran 70.8). Ou, ce qui est encore plus expressif, lorsque les couches extérieures du soleil rougissant seront violemment expulsées, le ciel connaîtra des désordres catastrophiques : « Quand le ciel se fendra, il deviendra écarlate comme le cuir rouge. » (Coran 55.37). L'insistance avec laquelle le Livre Sacré évoque le rougeoiement céleste est en rapport avec l'importance du phénomène. La phase de la géante rouge est en effet un événement extraordinaire, désastreux. La lumière qui passera du blanc-jaune au rouge vif augmentera en raison de l'extension de la couronne extérieure. Le Coran relate l’éblouissement provoqué par ces changements dramatiques : « Quand la vue sera éblouie (par l’éclat aveuglant du nouvel astre). Quand la lune sera éclipsée ; Quand la lune et le soleil seront confondus. L’homme dira ce jour « Où fuir ? » Non ! Il n’existera point de refuge ! Ce Jour-là, le retour se fera vers ton Seigneur ». (Coran 75.7-13)
LA FIN DU MONDE: Les modifications profondes dans la structure du soleil auront d'effroyables conséquences sur la planète Terre. Il se produira de très violents tremblements de terre, affirment les spécialistes. Le Coran aussi abonde en ce sens : « Quand la terre sera violemment ébranlée ; Quand les montagnes seront désagrégées et qu’elles seront réduites en poussière. » (Coran 56. 4 à 6). Egalement : « Le cataclysme de la Dernière Heure sera terrible, prédit aussi le Livre Sacré, ce jour-là, toute femme qui allaite oubliera son nourrisson, la femme enceinte avortera et les hommes paraîtront ivres alors qu'ils ne le sont pas ». (Coran 22. 1-2).
L'ultime tremblement de terre est aussi appelé le choc terrifiant. Ses effets seront bien entendu fatals : « Les mers bouillonneront (81.6) et seront projetées hors de leurs rivages.» (82.3). Les montagnes seront désagrégées. » (56. 5). Les chocs et les fracas terribles morcelleront la terre, la réduisant en poussière. Simultanément, la rupture de l'écorce terrestre provoquera un volcanisme intense. Le déversement brutal des entrailles de la terre, sous forme de fumée, de lave incandescente et de projection diverse et épaisse est également décrit par le Coran : « Lorsque la terre sera secouée par un ultime séisme et qu'elle dégorgera ce qui alourdissait son sein. » (Coran 99.1-2)
Le bouillonnement et le débordement des mers en furie, la dislocation et la désintégration des montagnes, le volcanisme éruptif entraînant des bouleversements extrêmes, la dilatation de l'enveloppe
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extérieure du soleil, tous ces phénomènes vont s'associer pour produire une situation apocalyptique de fin de monde. L’atmosphère sera lourde, surchargée de fumée toxique, brûlante, néfaste, très opaque et le ciel rougit par un soleil pourpre de plus en plus immense, que la vue ne pourra percer. Le ciel, les étoiles, la lune seront dissipés pour toujours. « Lorsque les étoiles seront effacées. » (Coran (77.8) « Malheur, ce jour-là, à ceux qui crient au mensonge. » (Coran 77.16) Ce jour où « les hommes seront comme des papillons dispersés. » (Coran. 101.3). « Le coupable aimerait pouvoir se racheter du châtiment en livrant ses enfants, sa compagne, son frère, son clan auprès duquel, il trouvait asile, et tout le genre humain s'il le pouvait pour être sauvé. Vains espoirs, l'enfer est un brasier ardent... » (Coran. 70.11 à 15). « Ce jour-là, l'homme s'écriera : Où fuir ? Nulle part, il n'y a point d'issue. Ce jour-là, le retour se fera vers Ton Seigneur. » (Coran. 75.10-12).
LES PERTURBATIONS DANS LE SYSTEME SOLAIRE : Les effets de la géante rouge ne se feront pas sentir uniquement sur terre. Tout le système solaire sera ébranlé. La lune sera disloquée sous l'effet des forces de marée qui la déformeront jusqu'à détruire sa cohésion interne ainsi que l'affirme le Livre Sacré : « L'Heure approche et la lune s'est fendue. » (Coran 54.1). Elle sera bientôt absorbée par le soleil rouge dont le volume s'étend sans cesse : « Lorsque la lune sera éclipsée, lorsque le soleil et la lune seront confondus. » (Coran 75.8 et 9). Quand le soleil atteindra le stade de la géante rouge, son diamètre sera multiplié par mille ; Il engloutir la planète Mercure, puis Vénus, ensuite ce sera le tour de la Terre avec la lune, de Mars... Continuant toujours à s’étendre, il atteindra Les planètes lointaines et les submergera. L'astrophysicien, Hubert Reeves, prédit que « ces planètes seront désagrégées et vaporisées par le vent brûlant, transportant le gaz de la géante rouge. C'est à ce que l'on croit, précise t-il, le sort qui atteint le soleil et le système solaire dans cinq milliards d'années. (« Patience dans l’Azur » Par Hubert Reeves).
Le Coran évoque lui aussi, la destruction de l’ensemble du système solaire et la dislocation de toutes les planètes, avant de sombrer dans le chaos et l’anéantissement : « Lorsque le ciel se fendra et que les planètes seront dispersées. » (Coran 82. 1-2).
LA NAINE BLANCHE : Lorsque les couches externes du soleil évolueront vers le stade de géante rouge, le noyau résiduel, petit, extrêmement lourd et chaud s'effondrera sur lui-même, devenant une naine blanche, étoile très compacte, d'un diamètre cent fois plus faible
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que celui de l’astre solaire, dont il est issu. Sa surface dépassera 30 000 degrés centigrades, et sa densité sera de dix tonnes au centimètre cube, soit dix millions de fois celle du soleil. Ce processus est décrit par le Coran qui parle de cette agonie, quand « Le soleil sera ployé (enroulé sur lui-même). » (Coran 81.1). Le mot arabe employé est « Kouwiret » qui signifie « ployé, enroulé sur lui-même sous l’effet de la force centrifuge. » C'est bien de cette façon que la naine blanche sera soumise à des contraintes extraordinaires. Elle sera comprimée, puisque ce terme signifie : « réduire par la force. » Elle acquerra au cours des métamorphoses successives, une vitesse de rotation de plus en plus élevée afin de conserver le moment angulaire, phase essentielle en physique, ce qui explique le sens du mot « kouwiret ».
Les naines blanches sont caractérisées par l'anneau de gaz et de poussière qui les entoure et qui peut atteindre un diamètre de plusieurs milliers de milliards de kilomètres. A ce jour, plus d'un millier d'anneaux de gaz stellaire ont été répertoriés par les chercheurs dans le cosmos. Ils sont connus sous le nom de nébuleuses planétaires. Il s’agit d’autant de soleils qui sont morts en désintégrant leur système planétaire et en détruisant les formes de vie susceptibles de s'y trouver.
Le Coran Sacré est ainsi arrivé à retracer, à travers la description des derniers jours de la terre, une suite d'événements catastrophiques d'une violence inouïe et qui correspondent parfaitement, à ce qui a été observé ailleurs, à travers l’univers. Les citations coraniques constituent une référence de premier ordre, puisque ces phénomènes n’ont jamais été décrits par un autre ouvrage, en dehors du Livre Sacré des Musulmans. Ce qui laisse les spécialistes pantois, car ces événements extraordinaires correspondent effectivement aux observations réalisées par les astrophysiciens, au fin fond de l’univers. A titre de comparaison, voici le scénario imaginé par Hubert Reeves pour expliquer la fin du système solaire : « Le disque rouge aux dimensions croissantes nous enverra bien plus de chaleur que notre disque jaune familier ... Sous la chaleur accrue, les glaces polaires vont commencer à fondre, élevant progressivement le niveau des océans et exhalant dans l'atmosphère d'épaisses couches nuageuses, qui pour un temps cacheront les étoiles « Lorsque les étoiles seront effacées (Coran 77.8)...Sous l'ardeur de l'immense disque rouge… les feux achèveront de consumer tout ce que la surface terrestre contient d'éléments organiques. Des paysages lunaires feront leur apparition. Sur les continents, comme au fond des océans évaporés, le règne minéral reprendra la place qu'il avait aux premiers temps de notre planète et qu'il n'a jamais perdue sur la lune... La pierre,
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elle-même, entrera en fusion. En cascades rougeoyantes, des nappes de lave incandescente descendront des montagnes, et s'amasseront au fond des fosses océaniques. Le ventre rouge du soleil continuera son inexorable progression, projetant devant lui, issu de ses entrailles, un formidable vent brûlant. Sous l'impact, les planètes intérieures, Mercure, Vénus, la Terre (avec la lune), Mars se vaporiseront. Leur matière se joindra à cet ouragan et, en flots tumultueux, foncera vers l'espace. Plus tard encore, l'évacuation de la matière prendra une allure plus saccadée et plus violente. A leur tour, les planètes extérieures, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton, se volatiseront sous l'impact des bouffées torrides. »
Quand on évalue la somme de connaissances accumulées par les astrophysiciens pour arriver des conclusions qui se rapprochent d’une façon troublante, de celles qui sont décrites par le Coran, chacun devra alors mesurer toute l'importance et la gravité des Révélations divines. Cela permettra aussi de prendre pleinement conscience de l'ineptie des propos qui attribuaient ces connaissances, au savoir d'un homme du 7ème siècle ! Alors que toute la science de l'Occident, globalisée et unifiée aura peiné des siècles durant pour arriver à comprendre quelque peu le déroulement du phénomène dans toute sa grandeur. « Mais, seuls ceux qui ont reçu de Nous la Science, voient que ce qui t'es révélé de Ton Seigneur (ô Prophète Mohammed), est la vérité, guidant vers la voie du Tout-Puissant, du Très-Glorieux. » (Coran 34.6).
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LA VIE
LA CONCEPTION
La conception est la formation d'un nouvel être dans l'utérus maternel à la suite de la réunion d'un spermatozoïde et d'un ovule. La première cellule humaine, encore appelée neuf ou zygote résulte de la fusion des deux cellules reproductrices. Une fois constitué, l'oeuf va se segmenter, se diviser et passer par plusieurs stades. Le spermatozoïde est le point de départ d'une vie nouvelle, et depuis les temps immémoriaux, les hommes cherchent à percer le secret de l'apparition d'une existence nouvelle. Cependant, l'approche du problème est restée hasardeuse, car le sujet en lui-même est complexe.
Dans la Grèce ancienne, ce sont surtout les philosophes et les mathématiciens qui parlèrent de « biologie », car cette discipline n’existait pas. De nombreux savants, à l’image de Thalès de Milet, d’Anaximandre, d’Empédocle d'Agrigente, d’Hippocrate et autres noms célèbres essayèrent d'approfondir les mystères de la nature, mais leur apport fut insignifiant. Malgré un travail considérable, Aristote le plus marquant d’entre eux commit de graves erreurs en biologie. Il pensait que la semence mâle provenait du sang et n'apportait aucune contribution matérielle à la formation de l'embryon. Elle ne faisait que fournir la forme, alors que la femelle produisait la matière (« Biologie et biologistes » Gabriel Goheau)
Bien qu’erronée, l'une des théories les plus en vogue fut celle « de la double semence. » Des savants comme Empédocle, Aristote, Galien etc., croyaient à l'instar d'Hippocrate, à l’existence d’une semence femelle qui était mélangée au sperme dans l'utérus pour donner naissance à l'embryon. Puis durant tout le Moyen Age, période de profonde léthargie avec l’intrusion de l’Eglise dans le domaine scientifique, ce sujet comme tant d'autres, devint tabou et les conceptions philosophiques reléguées aux oubliettes.
Après la découverte de la loupe au 17ème siècle, le Hollandais Leeuwenhoek et son assistant Hamm, purent observer pour la première fois des spermatozoïdes (mot dérivant du grec, signifiant semence en
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forme d'animal). Peu à peu de nombreuses conceptions contradictoires, virent le jour, chacune défendue avec passion par ses prosélytes. Il y eut les ovistes, partisans d’un germe minuscule déjà préformé, dans l'oeuf de la femelle et destiné à sortir graduellement de ses enveloppes. Cette théorie a été élaborée par le Hollandais Swammerdam qui, après avoir observé le phénomène dans le monde des insectes, l'étendit à l'espèce humaine. Malpighi, le médecin du Pape Innocent XII, fut un oviniste convaincu.
Il y eut aussi l'école des animalculistes. L'embryon existe, il est déjà préformé à l'intérieur des spermatozoïdes. Le physicien Hartsoecker (1656-1725) revendiqua la primauté de la découverte des animalcules, qu'il n'osa publier, selon lui, en raison de son étrangeté, crut voir un petit homme (homunculus) accroupi à l'intérieur de la tête du spermatozoïde !
La troisième doctrine était une exhumation de l'antique théorie de la double semence. Elle fut cautionnée par des scientifiques d'un prestige certain, comme Ambroise Paré, Bacon, Van Helmont et Descartes. Selon le physiologiste anglais, William Harvey (1578 - 1657), médecin personnel des rois Jacques 1er et Charles 1er, la matrice conçoit l'embryon par l'effet d'une contagion que lui communique la semence, comme l'aimant communique au fer sa vertu magnétique.
Malgré la naïveté des conceptions énoncées, les chercheurs prenaient grand soin de se préoccuper de l'origine des germes. En effet, s’ils étaient préformés dans les spermatozoïdes (partisans des animalculistes ou germe paternel) ou dans l'oeuf (partisans de l'ovisme ou germe maternel), ils devaient bien venir de quelque part avant de se loger à l'intérieur du corps humain. Il fallait donc remonter la piste et découvrir l’origine de leur provenance. Là encore, deux écoles eurent leurs émules respectifs qui se contredisaient avec une égale conviction. Il y eut les partisans de la dissémination et les partisans de l'emboîtement.
Les disséminationnistes pensaient que les germes des animaux étaient incréés et dispersés à travers le monde. Ils pénètrent dans le corps par la respiration ou la nourriture, procédant à la fécondation par une infestation exogène. Leurs adversaires soutenaient la théorie de l'emboîtement respectif et se divisaient en deux camps : L'emboîtement oviste où l'ovaire de la première femme contenait les oeufs de ses propres enfants, ainsi que ceux de toute l'espèce humaine, jusqu’à son extinction ; quant à l'emboîtement animalculiste, il postulait que le premier homme renfermait en lui, des spermatozoïdes emboîtés l'un dans l'autre, de tous les hommes depuis Adam, jusqu'à la disparition de l’espèce humaine.
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Pascal et Malebranche étaient des partisans de l'emboîtement. Ce dernier généralisa même cette conception au règne animal et végétal. Une autre théorie avait aussi cours : celle de l'épigenèse soutenue par le Suisse Abraham Tremblay (1710-1784). Ayant observé que les tentacules de l'hydre d'eau douce avaient la faculté de régénérer après avoir été coupés, il conçut alors l'idée que dans l'oeuf, l'être humain pouvait prendre forme, étape par étape, jusqu’à atteindre sa plénitude. Geoffroy Saint-Hilaire, Maupertuis et Buffon appuyaient cette théorie. La semence est constituée de particules venant de toutes les parties du corps, qui s'agencent selon un certain ordre par une sorte d'instinct, qui les fait se réunir jusqu’à constituer l’être humain ou l’animal en question.
Le recensement des théories relatives à la conception et à la formation d’un nouvel être depuis l'Antiquité n'est donc pas simple. Il y eut d’abord les préformationnistes qui se divisaient en quatre groupes : les ovistes avec dissémination, les ovistes avec emboîtement les animalculistes avec dissémination et les animalculistes avec emboîtement. D’autres ordres existaient, comme les partisans de l'épigenèse (formation étape par étape), celle de la double semence, les atomistes, et divers autres courants marginaux. En dépit du nombre et de la variété des spéculations, les savants étaient pourtant loin d’élucider le phénomène. Tout ce qui a été projeté dans ce domaine s'est avéré sans fondement. C'est seulement à partir du 19ème siècle que les mécanismes de la fécondation, commencèrent à être connus.
En 1838, la théorie cellulaire végétale fut formulée par un botaniste allemand, Schleinden (1804-1881), puis Théodor Schwann l'étendit au règne animal. En 1854, le biologiste Schultze Max (1825-1874) décrivit la cellule comme une petite masse de protoplasme possédant un noyau. La division cellulaire végétale fut à son tour, mise en évidence en 1875 par Strasburger, alors que Flemming l'observa chez les amphibiens et Oscar Hertwig, sur l'oeuf d'oursin.
Dorénavant, l'embryologie allait être influencée par l'étude des cellules ou cytologie et par la découverte de la nature cellulaire des gamètes (ovules et spermatozoïdes). Désormais, l'oeuf et le spermatozoïde devenaient des cellules qui renfermaient les chromosomes à l’intérieur de leur noyau. La fécondation fut observée chez les algues, les oursins etc. Von Baer qui formula la loi biogénétique fondamentale, mit en évidence la division de l'oeuf et ses travaux, poursuivis par Remak, embryologiste (1815-1865), permirent d'approfondir les connaissances déjà importantes.
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Von Baer vit dans ses expériences, non pas la croissance synchrone d'un petit être préformé, mais une suite d'événements prodigieux. La conception devenait l'objet d'intenses recherches, émerveillant ceux qui ont eu à découvrir le degré d'organisation et de complexité de cette « insignifiante » cellule. Voici, très succinctement les mécanismes qui mènent à la constitution d'un être nouveau. Ces précisions permettront de mieux saisir la portée des révélations coraniques et leur extraordinaire analogie avec une réalité qui a été si longtemps ignorée, même par les plus grands spécialistes en la matière.
Chez l'homme la spermatogenèse où formation de spermatozoïdes s'effectue dans les testicules, de manière permanente à partir de la puberté. Les mécanismes qui entrent en jeu sont très complexes et cet article n'a pas la prétention d'entrer dans le détail. Les spermatozoïdes sont constitués d'une tête ronde qui contient le matériel héréditaire, d'une pièce intermédiaire et d'une queue qui permet de se déplacer dans les voies génitales de la femme. Sa longueur est d'environ cinquante microns (un vingtième de millimètre). Un millilitre de sperme contient quelque cent millions de spermatozoïdes et une émission peut renfermer plusieurs fois plus. La concentration augmente du premier au septième jour. Au-delà, un équilibre relatif s'établit entre la formation et la destruction, permettant ainsi, une certaine stabilité.
Si l'émission spermatique est caractérisée par la profusion des cellules mâles, le nombre de cellules sexuelles femelles est plus restreint. A la naissance, les ovaires des fillettes contiennent plusieurs centaines de milliers de gamètes non encore arrivés à maturation (ovocytes). Mais, seuls 300 à 500 seront ovulés et libérés à raison d'un oeuf tous les 28 jours approximativement, durant la période de fécondité. L'oeuf ou l’ovule qui est beaucoup plus volumineux que le spermatozoïde a un diamètre de 100 à 140 microns, soit un dixième à un huitième de millimètre ; il est donc visible, bien que difficilement à l'oeil nu.
Avec la puberté et sous l'effet d'une hormone dite folliculo stimuline (FSH), sécrétée par l'hypophyse, un ovocyte commence à se développer et s'entoure d'une couche de cellules (follicule de De Graaf). A partir du quatorzième jour, une autre hormone, la lutéo stimuline déclenche l'ovulation. L'oeuf quitte alors l'ovaire et s'engage dans la trompe de Fallope pour descendre vers l'utérus, quelque dix centimètres plus loin. Il n'a pas de mouvement propre, aussi il est entraîné par ceux de la trompe et grâce au liquide qu'elle contient. Le temps lui est désormais compté pour être fécondé par un spermatozoïde, sous peine de
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terminer sa course et sa mort, dans un cycle menstruel. Les spermatozoïdes à leur tour vont traverser l'utérus et remonter la trompe de Fallope pour aller à la rencontre de l'ovule. Après un certain temps, le contact est établi. L'oeuf est entouré de spermatozoïdes, mais un seul d'entre eux pénétrera à l'intérieur en utilisant des enzymes digestifs qui percent la paroi, et la modifient de telle façon, qu'aucun autre spermatozoïde ne puisse s’y introduire. Ce qui provoque la mort de tous les spermatozoïdes qui n'ont pas atteint leur but.
Une fois dans l’oeuf, le spermatozoïde perd sa queue, et des modifications importantes vont se dérouler pour faire fusionner les deux noyaux en une seule cellule, comportant pour moitié l'héritage héréditaire des deux parents. C'est le départ d'une nouvelle vie à travers la formation de la première cellule. Trois heures après la fécondation, l’oeuf commence à se diviser, puis il s'accroche à la paroi utérine en projetant de petits filaments qui s'enfoncent dans la muqueuse.
La simplicité de cette description ne doit pas cacher l’abîme profond qui la sépare d’une réalité, qui est prodigieuse par sa complexité et ses ressources. La description qu'en fait le Coran est évidemment moins détaillée que celle d’un ouvrage d'embryologie, cependant à sa décharge, il n’existe aucune trace des extravagances qui marquèrent l'histoire de la conception embryonnaire. Il fournit des explications édifiantes qui reflètent la réalité parfaite. Ainsi, il évoque à travers le liquide spermatique et son émission : « De quoi Dieu L'a-t-il créé ? (l'homme). Il L'a tiré d'une goutte de sperme. » (Coran 80. 17-18). Le sperme ou semence est considéré comme l'élément fécondant par excellence et le seul qui remplisse cette fonction, à travers les spermatozoïdes, à l'inverse des partisans de la double semence, qui étaient convaincus de l’existence d’une semence mâle et d’une semence femelle ! La version coranique est rappelée plus de dix fois dans le Coran et aucun doute n'est permis quant à son acceptation. Le rôle du sperme n'est plus, comme l'explique Charles Bonnet, « d'animer le coeur de l'embryon, jusque-là trop faible pour battre, afin de surmonter par son impulsion la résistance des liquides extérieurs. », mais bien de féconder l’ovule.
Le Coran précise qu'une petite quantité de semence peut posséder le pouvoir fécondant. Selon Maurice Bucaille le terme « nutfat » utilisé par le Coran, sert à indiquer une très petite quantité de liquide spermatique. Ce qui est conforme à la réalité, puisqu’une émission peut contenir plusieurs centaines de millions de spermatozoïdes. Mais l'excès
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de production n'est pas nécessaire pour obtenir la fécondation. De même que l’insuffisance empêche son déroulement. Chemin faisant, et hormis celui qui fécondera l’ovule, tous les spermatozoïdes vont mourir. Les chercheurs ont constaté qu'une petite quantité de sperme à forte concentration (100 millions d'unités par millilitre), possède un pouvoir fécondant beaucoup plus élevé qu'une plus grande quantité à faible concentration. Au-dessous d'un seuil estimé à 60 millions d'unités par millilitre, l'homme devient infécond. Néanmoins, dans la fécondation par insémination artificielle, une faible quantité, peut avoir l’effet escompté. Cette notion est en conformité avec les données coraniques qui attestent qu'une petite quantité possède déjà un pouvoir fécondant.
Pour le Coran, le sperme n'est pas seulement un liquide blanchâtre et mystérieux qui intriguait les milieux scientifiques et que Descartes décrit comme une sorte de levain, à partir duquel se constituait le corps du foetus par fermentation. Au contraire, c’est un liquide complexe formé d'un mélange de différents éléments. Le Coran précise : « Nous avons formé l'homme à partir d'une goutte de sperme constituée de mélanges de différents éléments. » (Coran.76. 2) L'analyse du sperme fait justement apparaître qu'il s'agit d'un liquide résultant du mélange du produit des testicules avec les sécrétions de la vésicule séminale, de la prostate et des glandes de Coowper. Il est constitué de 82 pour cent d'eau et renferme des spermatozoïdes, des matières albuminoïdes, de la lécithine, des sels minéraux, des phosphates, des sulfates, des carbonates et des chlorures. La concordance entre la description coranique et l'analyse scientifique du 20ème siècle est à mettre une fois de plus à l'actif du Livre Sacré.
Le sperme est surtout composé d'eau, et ceci en conformité encore avec les données coraniques : « A partir de l'eau, Nous (Dieu) avons tiré toute forme de vie. » (Coran. 21. 31). En effet, privés du précieux liquide, les spermatozoïdes ne tarderont pas à mourir. Le Coran ne prend pas à son compte les fantaisies des savants grecs, ni celles des biologistes européens jusqu'au 19ème siècle, car le liquide spermatique n'est que le support du spermatozoïde, auquel il assure le terrain nourricier qui le maintient en vie. Le Coran fait la différence entre l'élément fécondant et son milieu. « Dieu a tiré la descendance de l'homme de la quintessence d'un vil liquide. » (Coran. 32.18). La quintessence, c'est ce qu'il y de plus pur dans une substance. Dans ce cas, il est clair que ce terme vise le spermatozoïde, car tout le reste ne constitue que son environnement.
Le temps n’est pas loin où des spécialistes comme Blainville, Burdach et Von Baer, affirmaient en plein 19ème siècle, que les 389
spermatozoïdes n'étaient que les parasites de la semence ! Ou encore celui de Spallanzani qui soutenait que le pouvoir fécondant était produit par le liquide spermatique et non par les spermatozoïdes ! Ou bien, sans être exhaustif, celui de Swammerdam qui pensait que la fécondation était due à une sorte d'exhalaison de la vapeur séminale, et la version de Haller qui estimait que la puissance d'animer le germe résidait dans la partie odorante du sperme! Pourquoi le Coran n’est-il jamais tombé dans des pièges aussi sournois, auxquels adhéraient tous les spécialistes sans exception ?
La dernière citation du Coran fait référence à un « vil liquide » duquel est tirée la descendance de l'homme. Le mot utilisé est « mahiyn » ; Les commentateurs pensent que ce qualificatif est attribué du fait que la semence est émise par le même organe qui évacue l'urine. Mais c'est aussi le symbole de l'origine humaine que l'orgueil semble vouloir escamoter. Le Coran ne s'arrête pas au problème de la conception. Le développement embryonnaire est décrit avec précision durant les différentes phases de son évolution. Le problème de la nidation et de la formation de l'embryon sera examiné plus loin. Nombre d’éléments contenus dans le Livre Sacré n'ont pu être découverts par les savants que treize siècles plus tard. C'est là, une preuve évidente de l'origine divine des Révélations, car là où tous les savants du monde ne surent entrevoir la réalité, le Prophète Mohammed ne pouvait s'imposer par ses seules connaissances.
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LA DETERMINATION DU SEXE
Hippocrate pensait que dans chaque sexe, il existait deux liqueurs séminales. L'une plus forte et plus active, l'autre plus faible et moins active. La plus forte liqueur séminale du mâle, mêlée avec la plus forte liqueur séminale de la femelle, produisait un enfant mâle. La plus faible liqueur séminale du mâle, mêlée avec la plus faible liqueur séminale de la femme produisait une femelle. De sorte que le mâle et la femelle contiennent chacun, une semence mâle et une semence femelle. Mais, Hippocrate ne précise pas quel aurait été le sexe résultant de la plus forte liqueur séminale du mâle avec la plus faible liqueur séminale de la femelle, ni celui de la plus faible liqueur séminale du mâle avec la plus forte liqueur séminale de la femelle. En esquivant ces éventualités, il se dispense d'inventer un troisième et un quatrième sexe, qui découlent pourtant de sa propre logique.
Après la période du Moyen Age en Europe, les préformationnistes étaient convaincus que le sexe était créé à l'intérieur des germes disséminés dans la nature et qu’ils se logeaient d’eux-mêmes dans les parties fécondées des êtres humains. Chez l'homme, pour les animalculistes, chez la femme pour les ovistes. Ainsi la détermination du sexe était soumise aux bons soins du hasard qui se chargeait de les répartir selon les vicissitudes du temps et des occasions. Pour les disciples de l'emboîtement respectif, les germes déjà formés et sexués, étaient logés à l'intérieur du premier homme pour les animalculistes et de la première femme pour les ovistes. Adam et Eve auraient été ainsi des sortes de silos à germes, destinés à féconder l’ensemble de l’humanité jusqu’à son extinction.
La majorité des savants pensait d'ailleurs qu'il était inconcevable qu'un être humain, fut-ce un bébé, ni même un animal, pouvait surgir en si peu de temps, à partir de la rencontre des sexes masculin et féminin. Selon Malebranche, « ll n'est pas possible que l'union des deux sexes forme un ouvrage aussi admirable qu'est le corps d'un animal. » Et, jusqu'à une date assez récente, la croyance populaire imaginait que le 391
sexe était déterminé par des facteurs tout à fait exogènes, comme la qualité de l'alimentation, la corpulence du père, etc. Les gens pouvaient agir sur le choix du sexe en faisant consommer une nourriture « virile » à la femme enceinte afin d'enfanter des garçons, et des « douceurs » pour donner naissance à des filles.
En réalité, nul ne savait pas par quels phénomènes s'opérait la différenciation sexuelle, ni quels étaient les organes qui participaient à cette action et encore moins les éventuels agents qui influaient sur son développement. C'est seulement à partir du 20ème siècle que les divers mécanismes qui règlent la détermination du sexe furent connus. Avant de parler de ces découvertes, il convient d'établir d'abord le portrait chromosomique de l'être humain. Les cellules contiennent au sein de leur noyau 46 chromosomes constitués par des gènes.
Les chromosomes sont alignés par paires, au nombre de 23 pour l'être humain. Les 22 premières paires, sont appelées somatiques et ne sont pas reproductrices, elles déterminent les caractères héréditaires, tandis que la 23ème paire est dite sexuelle. Chez la femme, les chromosomes sexuées sont identiques et portent toujours le signe XX. Lors de la méiose ou division cellulaire, l’ovule hérite d'un seul chromosome, qui est dans tous les cas de signe X. Chez l'homme par contre, la méiose conduit à la formation de deux types de spermatozoïdes, les uns porteurs du X et d’autres du signe Y.
Cette caractéristique sera exploitée par tous les chercheurs, pour tenter de comprendre les mécanismes qui régissent ce fonctionnement. En 1901, Mc Lung, puis entre 1905 et 1908, E.B. Wilson, ont démontré le rôle des chromosomes dans la détermination du sexe. En 1910, l'Américain Morgan, découvrit chez la drosophile (ou mouche du vinaigre), que la femelle est porteuse d’une paire de chromosomes identiques XX, alors que le mâle possède un chromosome X et un autre Y. En 1912, les travaux de Winiwarter, complétés par ceux de T. Painter, en 1923, permirent d’observer le même phénomène chez l’être humain.
En 1956, l'inventaire des chromosomes humains est définitivement établi et en 1959, grâce à l'étude des malades porteurs d'un nombre anormal de chromosomes, l'importance du chromosome Y est mise en évidence. Enfin, en Décembre 1987, le docteur David C. Paine de l'Institut de Recherche Biomédicale de Cambridge, dans le Massachussetts, réussit à isoler le gène responsable de la différenciation testiculaire (ou TDF pour Testis Determining Factor). Il ne représente que 0,2 pour cent du chromosome Y !
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Ce petit crochet historique a pour but de montrer que toutes les découvertes liées à la détermination du sexe, on été réalisées au 20ème siècle et que ce sujet était inconnu auparavant. Comment s’effectue la différenciation sexuelle et quels sont les organes qui interviennent dans le déroulement des opérations ? Comme l'ovule de la femme renferme toujours une paire de chromosomes X, alors que chez l'homme, les spermatozoïdes, qui sont des cellules sexuelles tout comme l’ovule abritent, soit un chromosome X, soit un chromosome Y, deux possibilités peuvent se présenter lors de la fécondation :
1 - L'ovule porteur d'un chromosome X est fécondé par un spermatozoïde de même signe X, et la combinaison XX donnera naissance à une fille.
2 - L’ovule porteur du chromosome X est fécondé par un spermatozoïde de signe Y. Dans ce cas, la combinaison XY donnera naissance à un garçon.
La distinction sexuelle ne s'opère pas immédiatement, car à ce stade, les cellules ne sont pas différenciées. Ce n’est qu’entre la sixième et la septième semaine du développement de l'embryon, que le gène TDF va s'exprimer pour faire évoluer la gonade en testicule. En son absence, elle se transformera en ovaire. Le point fondamental qu'il faut mettre en exergue est que le sexe de l'enfant intervient au moment même de la fécondation. A l'instant précis où le spermatozoïde pénètre dans l'ovule et fusionne, non seulement le choix du sexe est arrêté, mais également toutes les caractéristiques futures de la personne sont définies. La nature du sexe dépend uniquement du père, car il est le seul à posséder le chromosome Y qui aboutit à la formation des enfants du sexe mâle. La mère ne joue aucun rôle actif dans le déroulement de cette opération.
Une réalité qui a été découverte tout au long au vingtième siècle, et qui est aussi résumée dans le Coran. Le Livre Sacré admet explicitement que les sexes mâle et femelle dérivent de la semence paternelle, ainsi qu’il est écrit dans le Coran : « C'est Lui (Dieu) qui a créé le couple, le mâle et la femelle, à partir d'une goutte de sperme lorsqu'elle est émise. ». (Coran 53. 45-46). La semence contient donc les éléments qui déterminent effectivement si le nouveau-né, doit être un garçon ou une fille. Tenant compte que le sperme n'est que le terrain nourricier du spermatozoïde, lequel est l'agent fécondant, comme cela est admis par le Coran, la signification du verset devient très claire. Le spermatozoïde se voit reconnaître la faculté d'engendrer le sexe male ou le sexe femelle, selon le message dont il est porteur, et ce, au moment de la conception (à
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partir d'une goutte de sperme lorsqu'elle est émise). Un attribut qui relève uniquement du père.
Les scientifiques ont fini par admettre cette réalité, au cours du vingtième siècle, après avoir exploré longtemps les secrets les plus profonds des gènes et des chromosomes. Une fois de plus, les révélations coraniques se trouvent confirmées par la science. Les croyances populaires qui attribuaient aux forces occultes le soin de procéder au sexe de l'enfant ont été sérieusement remises en cause par le Texte Sacré. En l'état actuel des connaissances, les savants ne sont pas arrivés à décrypter l'ensemble des facteurs qui influent sur la différenciation du sexe. Cependant, quand l'énigme sera résolue, ce sera encore et comme toujours, pour abonder dans le sens du Coran, car il ne saurait en être autrement, pour un Livre Sacré, qui émane du Créateur et du Seigneur de l’univers.
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LA NIDATION
La nidation est la fixation de l’oeuf fécondé dans la muqueuse de l'utérus. Trois heures après la fécondation et tout en poursuivant sa progression vers l'utérus, l’oeuf fécondé commence à se diviser, en deux, puis en quatre, en huit et ainsi de suite. Il se présente désormais sous forme d’une petite sphère mamelonnée. C'est le stade de la morula, ainsi nommée en raison de sa ressemblance avec la mûre, 1e fruit du mûrier. Après un voyage de trois jours, l’oeuf fécondé arrive dans l’utérus, mais il ne se fixe pas immédiatement, car les conditions de son implantation ne sont encore réunies. Des changements importants doivent intervenir pour rendre compatible l'adoption de l'oeuf, dont la moitié du patrimoine est étranger au corps de la femme et risque d’être rejeté. Les cellules qui se sont divisées jusque-là vont s’organiser. Il se forme un vide à l'intérieur de l'oeuf, comprenant une masse cellulaire interne qui donnera naissance à l'embryon, alors que les autres cellules repoussées vers l'extérieur formeront le trophoblaste et le placenta.
Dans un premier temps, l’oeuf et l’utérus sont charges électronégativement, provoquant un phénomène de répulsion. Par la suite, l'incompatibilité diminue jusqu’au moment où l'oeuf et la paroi de l'utérus se touchent. L'utérus réagit par une augmentation de la perméabilité des petits vaisseaux sanguins, les capillaires, en irriguant la région utérine où est venu se loger le blastocyte. Désormais, l’oeuf adhère comme une ventouse à la muqueuse et creuse un petit nid par l’intermédiaire du trophoblaste, détruisant les cellules de la cavité utérine. Le trophoblaste projette ensuite des villosités dans la muqueuse, pour s'enraciner et assurer les substances nutritives nécessaires à son développement. L'embryon est maintenant bien accroché à l'utérus. La différenciation des cellules ira en s'accentuant et les multiples ébauches d’organes commencent à apparaître progressivement.
Les phénomènes qui se déroulent à l'intérieur du corps humain mettent en jeu des organismes minuscules, qui n'ont jamais été observés avant l’invention du microscope. Car au moment où l’oeuf arrive dans 395
l'utérus, il ne mesure qu’un millimètre de diamètre ! Et, bien que ce domaine soit resté ignoré en, Europe jusqu’au 19ème siècle, le Coran n'a pas manqué de le mentionner treize siècles plus tôt. Cependant, par méconnaissance, certains passages sont restés incompris des exégètes, ainsi qu’il sera démontré ci-dessous.
Le mot «’âalaq » employé par le Coran, désigne l'embryon qui a nidé. Il est utilisé à cinq reprises par le Livre Sacré et dérive de la forme verbale «’âalaqa », qui signifie, « s’accrocher, s’attacher ». Or, l’embryon s'accroche effectivement à la paroi de l'utérus pour nider. Ce sens a été négligé par nombre d’orientalistes, qui y substituèrent étrangement, l’expression « caillot de sang », lequel ne correspond ni à la réalité, ni à l’esprit du Coran.
Le terme «’âalaq », s'apparente en outre à «’âalaqa » qui désigne aussi la sangsue, dont la particularité est de s'accrocher par l'entremise d'une ventouse, pour absorber le sang de son hôte. C'est exactement ainsi que procède l'oeuf fécondé qui a nidé, qui adhère désormais comme une ventouse à la muqueuse utérine, en projetant des racines afin d'absorber les matières nutritives dont l'embryon a besoin. Face à une telle similitude, aucun doute n'est permis. Le terme «’âalaq », décrit par le Coran, s'applique bien à la nidation de l'oeuf fécondé. En outre, ce mot est voisin d'un autre terme dont la portée est très significative, puisqu'il s'agit de «’oûlaïq » qui désigne la mûre sauvage. L'ensemble de ces arguments motivés, incite à donner au mot «’âalaq » le sens d’un « embryon qui a nidé » ou d’un « embryon en nidation ». Il n’existe pas d’équivalent en langue française, d'où la nécessité d'utiliser l'expression complète. Les différents passages impliqués dans le Coran, doivent être traduits ainsi en conséquence :
Coran 22.5 : « Nous (Dieu) vous avons formés d'une goutte de sperme, puis d'un embryon en nidation... ».
Coran 23.14 : « Nous l'avons fermé d'une goutte de sperme, puis d'un embryon en nidation».
Coran 40.67. « C'est Dieu qui vous a créé de terre, puis d'une goutte de sperme, puis d'un embryon en nidation... ».
Coran 75.38. « L'homme croit-il qu'on le laissera livré à lui-même ? N'était-il pas une goutte de sperme éjaculé, puis un embryon en nidation ? Dieu l'a créé et formé harmonieusement ».
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Les deux versets de la sourate 96 (titre de « El’âalaq ») qui est chronologiquement la première Révélation reçue par le Prophète Mohammed, doivent être traduits ainsi : « Lis au Nom de ton Seigneur qui a créé l'homme d'un embryon en nidation. ». (Coran 96.1-2).
Ces versions s’éloignent des traductions du Coran, où l'imagination semble jouer un grand rôle. La majorité des orientalistes souscrit à l'expression « caillot de sang », à l’image de Richard Bell, de Houdas et d’autres orientalistes. Ce qui est inexact ; l’oeuf fécondé, puis l'embryon et le foetus ne sont jamais passés par le stade d'un caillot de sang, et encore moins à celui de sang coagulé (!) utilisé par Kasimirski, qui parfois emploie l’expression de « grumeau de sang » et d’autre fois de « sang congelé !!! ».
Mais, la palme revient incontestablement à Savary, qui dans « Le Koran » donne quatre versions différentes. Ainsi l’embryon qui a nidé devient successivement : « du sang coagulé » (Coran. 23.14), « un peu de sang » (Coran. 75.38), « l'union des sexes » (!) (Coran.96) et même ce qui est tout à fait inattendu et surprenant, « du sang congelé » dans deux versets (Coran 22.5 et 40.67).
Il est superflu de s'interroger sur une telle diversité ; de la même façon qu’il le serait pour déterminer l'origine du sang congelé, à moins trente degrés centigrades, dans l'utérus maternel ! Savary aurait-il confondu les femmes avec des phoques, des pingouins ou des ours polaires ? Même, en commettant une telle méprise, l’existence de sang congelé dans le corps d’un être humain, restera toujours une méprise mémorable ! Régis Blachère paraît le plus proche de la réalité. Il traduit le mot «’âalaq » par « adhérence » et cela quatre fois de suite. Il explique que « le terme semble bien être à l'origine du nom verbal de «’âalaqa », qui signifie « s'accrocher, adhérer ». Et de préciser que, « La traduction « grumeau de sang ou de, sang coagulé », souvent reçue, est fondée sur une interprétation erronée des exégètes. Cependant malgré son apparente lucidité, cela ne l'a pas empêché de donner le sens de « goutte coagulée » au mot «’âalaq », qui se trouve dans sa version de la sourate 75, verset 38, contredisant ainsi son propre jugement.
Selon le docteur Bucaille le mot «’âalaq » doit être compris comme « quelque chose qui s'accroche » en faisant allusion à la nidation de l'embryon. Il écrit que « C'est là son sens primitif. Un sens dérivé de celui-ci : « caillot de sang », figure très souvent dans les traductions; c'est une inexactitude contre laquelle, il convient de mettre en garde ; l'homme n'est jamais passé par le stade de caillot de sang. Même le
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mot adhérence serait un terme impropre ; le sens primitif est « quelque chose qui s'accroche ». Cela répond tout à fait à la réalité aujourd'hui bien établie. »
La définition de Bucaille correspond mieux à la réalité ; elle reste cependant assez vaque, ainsi qu’il a été exposé plus haut. Puisque le mot en question ne signifie pas seulement « quelque chose qui s'accroche » mais « l'embryon qui a nidé ».Plus loin, Bucaille poursuit en affirmant que « l'étape fondamentale dans l’histoire de l'embryologie, fut l'affirmation par Harvey en 1651, que « tout ce qui vit, vient initialement d'un oeuf ». En réalité, le physiologiste anglais a bien formulé l'adage suivant « Ex ovo omnia » (Tous les êtres proviennent d'un oeuf), car il avait cru découvrir un oeuf, dans le corps d'une biche, alors qu'en fait, il n'avait observé que le chorion et le sac amniotique, avec un foetus de faon déjà formé. Ce fut une erreur manifeste Aussi formula-t-il une théorie sur la base d'une méprise historique.
D'ailleurs plus tard, en 1671, le médecin hollandais Kerckring revendiqua à son tour la paternité de la découverte d'oeufs dans des ovaires féminins. Hélas, une fois de plus, ce ne furent pas des oeufs qu’il avait observés, mais des kystes ovariens ! Encore, une bévue de taille ! Quant à son compatriote De Graaf, lui aussi, il remarqua les follicules entourant les oeufs (qui portent du reste son nom), et non les oeufs eux-mêmes ! L'histoire retient que c'est en 1827 que l'embryologiste russe, Von Baer réussit à découvrir l’oeuf des mammifères chez la chienne et qu'il décrivit les mécanismes complexes qui aboutissent à la formation d'un vertébré.
Au 19ème siècle, le phénomène de la nidation a pu être observé chez les animaux et n'a été correctement étudié chez la femme qu'au 20ème siècle, laissant les orientalistes, opter entre le caillot de sang, le sang coagulé et...le sang congelé ! Alors qu’il s’agissait à l’origine de décrire un processus réel qui fonctionne depuis que l’humanité existe. C’est ainsi que le Coran Sacré a pu l'évoquer alors que le reste de l'humanité s'entendait à l'ignorer. Car le terme «’âalaq » signifie bien « l'embryon qui a nidé », mais il n’existe pas dans les autres langues un mot pour résumer une réalité qui est devenue évidente.
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LA VIE UTERINE DE L'EMBRYON
Après sa fécondation, l'oeuf commence à se diviser tout en poursuivant sa descente vers l’utérus, auquel il va s'accrocher pour nider et poursuivre son développement. La nidation a pour but de procurer un emplacement à l'embryon, sans quoi, il serait expulsé de l'organisme. C’est donc une phase décisive dans la vie, destinée à maintenir la perpétuation de l'espèce humaine. Une fois enraciné, l’embryon abordera l'étape des transformations importantes qui le conduiront vers son destin. Le Coran précise que ce développement s'effectue par formations successives, étape par étape, alors que le physicien Hartsocker postulait le contraire, puisqu’il crut voir « un petit homme tout formé, accroupi à l’intérieur de la tête d’un spermatozoïde ! » Pourtant, le Livre Sacré des Musulmans précise bien que «...Dieu vous a formé à l'intérieur du corps de vos mères, création après création dans trois ténèbres. » (Coran 39.6)
Les formations successives se déroulent à l’intérieur du corps, dans les parois formées par l’abdomen, l'utérus et l’enveloppes qui protège le foetus. En outre, l'embryon qui a nidé et dont les cellules étaient indifférenciées, commence à se spécialiser en édifiant trois couches de cellules, qui vont subir des transformations et seront à l'origine de sa morphologie future. Les organes qui n’existaient pas encore et qui étaient à l’état virtuel, vont commencer à apparaitre les uns après les autres. Ces trois couches sont successivement l'ectoblaste ou ectoderme qui constitue le feuillet externe, le mésoblaste ou mésoderme qui forme le feuillet intermédiaire et l’endoderme qui est le feuillet interne.
L'ectoderme va s'incurver peu à peu et ses bords vont se rejoindre pour constituer la future moelle épinière. Il donnera naissance au cerveau, à la peau et à ses annexes, poils, épiderme, ongles et glandes cutanées, etc.
Le mésoderme ou feuillet intermédiaire sera à l'origine du derme, de la musculature, des os et cartilages, du coeur, des veines et artères, des reins ainsi que de l'appareil urinaire.
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L’endoderme quant à lui produira l'appareil digestif et respiratoire, les intestins, le foie, les glandes salivaires, les poumons, le pancréas, etc.
Ces trois feuillets formeront par créations successives, l’organisme entier ainsi que le soutient le Coran. Cette spécialisation se met en route alors que l’embryon n’a que quinze jours d’existence et qu’il mesure au plus un millimètre et demi ! Non seulement, ce phénomène extraordinaire, n’a jamais été observé auparavant, mais le monde scientifique ignorait jusqu’à son existence. Il aura fallu attendre le vingtième siècle pour qu’il soit mis en évidence par les biologistes.
Si, parmi les nombreuses conceptions qui se sont affrontées les siècles passés, les épigénistes avaient accepté l'idée que l’organisme pouvait se former par phases successives, par contre la majorité des savants optèrent pour la théorie de la préformation, selon laquelle, l’être était préexistant à l'état microscopique et était logé à l'intérieur du spermatozoïde pour les animalculistes et dans l'ovule pour les ovistes. Lorsque les conditions biologiques favorables étaient réunies, cet être minuscule se développait par un gonflement synchrone de toutes ses parties déjà constituées. C’est un peu l’image d’une souris qui serait gonflée au compresseur et qui atteindrait la taille d’un éléphant !
Les savants de l'époque, qui n’avaient pas encore découvert cet être minuscule, consacrèrent une bonne partie de leur temps et de leurs moyens à essayer de trouver ce modèle réduit de l'être humain, pour figurer dans le palmarès. Il n’était pas question de passer pour un demeuré, en échouant ses recherches. Mais, à défaut de résultats concluants, les aigris, ceux qui n’avaient rien vu, se rangèrent à l’opinion générale, pour qui les homunculus étaient décidément tellement petits, qu’ils ne pouvaient être question de les apercevoir, même avec un microscope. Le philosophe français, Malebranche qui ne doutait pas de la justesse de son point de vue, prétendait « qu'il ne faut pas que l'esprit s'arrête avec les yeux, car la vue de l'esprit a bien plus d'étendue que la vue du corps. » Cela avait l’avantage de relever le moral défaillant de ceux que tourmentaient les observations monotones et stériles. Puisque s’ils n'arrivaient pas à voir ces petits hommes, ce n’était guère faute d’avoir essayé, même avec la meilleure volonté. Heureusement, qu’il leur restait la faculté de deviner leur existence et leur présence et de spéculer mentalement sur leur morphologie et leurs caractéristiques. Ce qu’ils firent à profusion. Le Coran est évidemment opposé à ce genre de spéculations, qui si elles étaient vaseuses n’en étaient pas moins soutenues par la majorité des savants.
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Après la fécondation de l’ovule, la formation du futur enfant va s'effectuer ainsi que l'explique le Livre Sacré, création après création Effectivement, partant d'une cellule unique et indifférenciée. L’embryon va se spécialiser et acquérir tout au long de son évolution, la totalité des organes qui feront de lui un être viable. Tout se passera dans un ordre successif minutieux et magistral, reflétant fidèlement l'esprit du Coran. Voici les diverses étapes du développement de l’embryon :
Trois heures après sa fécondation et tout en progressant vers l’utérus, l’oeuf commence à se diviser. La cellule va se scinder en deux, puis en quatre, en huit, et ainsi de suite. A ce stade, il n'existe que des cellules avec leur membrane, leur noyau et leur programme génétique. Il n’est aucunement question d’organes, de membres ou de fonctions, et encore moins d’un petit être minuscule logé dans l’oeuf ou le spermatozoïde, comme le pensaient les préformationnistes. Bien au contraire, ce n’est qu’à partir du sixième dédoublement que l’embryon commencera à augmenter de volume. Il n'est visible qu'au microscope et son diamètre est de 100 à 130 microns, soit à peine un dixième de millimètre. Il continue à vivre sur ses propres réserves accumulées par l’ovule, mais qui vont en s’épuisant, d'où la nécessité pour lui de nider.
Trois jours plus tard, il commence à subir de profondes modifications. Au sixième jour apparaît l’endoderme, puis l'ectoderme et, une semaine plus tard, le mésoderme. Entre temps, sept jours après la fécondation, l'embryon aura nidé dans la paroi de l’utérus.
A deux semaines, les trois couches sont en place. Toute la spécialisation cellulaire et l’organisation prodigieuse du développement de l'embryon, sont dirigées par « un centre de commandement » situé à la jonction de l’endoblaste et de l’ectoblaste. Ce centre de décision microscopique, véritable ultra-ordinateur de coordination et de commandement, a été découvert par le biologiste allemand Hans Sperman (1869-1941), qui se vit attribuer le prix Nobel de médecine pour ses travaux, en 1936.
Les cellules qui étaient indifférenciées, vont se spécialiser pour faire émerger les divers organes. Le centre de décision microscopique, à l'instar d'un chef d'orchestre, devra agencer les cellules en leur indiquant la place qui leur est réservée dans le corps. Comme le foetus comporte quatre mille milliards de cellules, il y a de quoi s'émerveiller de la compétence de ce centre qui agence chaque pièce à l'intérieur du gigantesque puzzle humain. Encore est-il nécessaire de souligner que les cellules appartiennent à quelque trois cents variétés différentes.
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Au cours du premier mois apparaissent les somites primaires qui formeront plus tard les vertèbres, les côtes et les muscles du tronc, ainsi que l'ébauche du système nerveux et du coeur. La circulation sanguine commence à fonctionner et l’embryon produit son propre sang. La future tête se dessine peu à peu, les membres supérieurs bourgeonnent. L'embryon mesure alors cinq millimètres.
Au deuxième mois, le visage esquisse sa physionomie et les premières circonvolutions apparaissent au cerveau. L'estomac est visible. Les somites au nombre de 41 atteignent leur chiffre définitif et sont désormais au complet. L'ossification du squelette débute.
Au troisième mois les bras s’allongent, les doigts de la main se séparent, l'ossification du squelette s'intensifie. Les reins sont apparents, les muscles et les articulations se développent. Le foetus commence à remuer les bras et les jambes. Il mesure 10 à 15 centimètres.
Le quatrième mois verra le fonctionnement de nombreux organes ; le foie, l’estomac, les intestins, la vésicule, les reins, les glandes, etc., se mettent en marche. La peau est recouverte d'un duvet et les cheveux poussent sur la tête.
Au cinquième mois, les poumons s'accroissent, les ongles poussent, le coeur bat assez fort et les mouvements sont accentués.
Le sixième mois verra le développement général s'intensifier, les circonvolutions du cerveau augmentent, la musculature se renforce.
Pendant les septième et huitième mois, les circonvolutions s'accélèrent, le système nerveux se perfectionne, la connexion des divers relais entre eux s'établit. Au neuvième mois, le bébé parfaitement constitué est mis au monde.
Ce raccourci de la vie foetale aura permis de décrire schématiquement le merveilleux processus qui, de l'oeuf unique fécondé, s’est transformé en un enfant viable. L'embryon s'est d'abord spécialisé dans une première phase, avant de passer au stade de l'acquisition d'organes. Pratiquement, chaque jour, durant les quatre premiers mois, le foetus se voyait dater d'organes nouveaux qui apparaissaient les uns après les autres, ainsi qu'il est précisé dans le Livre Sacré.
Voici une autre description coranique, qui démontre la parfaite connaissance des mécanismes qui président à la formation d'une vie nouvelle : (C’est Dieu qui parle) :«… Nous avons transformé el'âalaq
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(l'embryon qui a nidé), en embryon (mudghât), puis Nous avons créé les os, et les avons revêtu de chair (lahman), produisant ainsi une nouvelle création. » (Coran 23 14). Le développement embryonnaire décrit plus haut, se trouve confirmé par ce verset qui comporte quatre phases successives.
La première étape est celle de l'embryon qui a nidé et qui ne possède pas de caractères particuliers. Elle dure quelques jours qui vont de la fécondation à la nidation (el’âalaq).
La deuxième étape correspond aux premières transformations de l’embryon, qui est encore difforme, recroquevillé sur lui-même avec des ébauches de membres bourgeonnants (chair comme mâchée).
La troisième étape coïncide avec l'apparition d'un squelette et dont l'ossification se poursuivra longtemps encore (création des os).
La quatrième étape évoque la naissance de la musculature qui se rattache au squelette et qui va permettre au foetus d'effectuer ses premiers mouvements, à partir du troisième mois (chair fraîche). Enfin lorsque l’enfant arrive à maturité, il est mis au monde. Il constitue désormais un petit être nouveau qui se différencie nettement du foetus en gestation, jusqu’alors.
Le Coran montre également le développement embryonnaire et l’évolution du corps puisque les différentes parties ne cessent de modifier leurs proportions. Pendant le premier mois, l’embryon est difforme et amorphe. Il acquiert durant le deuxième mois une apparence humaine, mais sa tête occupe le même volume que le reste du corps. Au fur et à mesure du temps, le foetus va prendre des proportions plus équilibrées. La tête n'occupe plus que le tiers de l'organisme. A la naissance, elle n'est plus que le quart, pour arriver à un huitième à l'âge adulte. Toutes les parties du corps évoluent séparément, bras, jambes, tronc, etc. A l'âge adulte, l'être humain, reçoit ses formes harmonieuses et définitives.
Voici la partie du Coran; qui traite de ce phénomène : « Ô hommes, si vous doutez de la Résurrection, sachez que Nous vous avons créés de terre, puis à partir du sperme, Nous avons créé un embryon qui a nidé, puis un foetus aussi bien formé qu’informe pour vous montrer Notre Toute-puissance. Nous déposons dans les matrices, ce que Nous voulons, jusqu’au terme fixé. Puis, Nous vous sortirons à l’état de nouveau-né, afin qu’ensuite vous atteignez votre maturité. Il en est parmi vous qui meurent avant et d’autres qui atteignent un âge si avancé, qu’ils oublient 403
leurs connaissances antérieures… (Coran 22. 5) La position du Coran vis-à-vis du développement de l'embryon est magistrale. Il faut beaucoup de détermination et une dose appréciable de ridicule, pour attribuer de telles connaissances, à un homme illettré vivant au septième siècle de l’ère chrétienne, en plein désert. Sans compter, que non content d’expliciter clairement le cycle embryonnaire, il se permet de remettre en cause les croyances erronées qui circulaient à l’époque, qui elles par contre étaient émises par des scientifiques, mais qui n’ont pu avoir aucune répercussion sur le Texte coranique. Ainsi, contrairement à ce que déclarait le philosophe Malebranche, l’union des deux sexes est bien capable d’engendrer un ouvrage aussi admirable que le corps humain. Mais il aura fallu l'intervention de la Toute-puissance Divine, pour accomplir un tel prodige, qui paraissait irréalisable aux spécialistes des sciences de la vie.
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L`INFLUENCE DE L’IMAGINATION SUR LE DEVELOPPEMENT DE L’EMBRYON
Les travaux ce Mendel sur la transmission des caractères génétiques devaient amener la découverte des lois sur l’hybridation. Même si les résultats des patientes recherches qu’il effectua furent méconnus par la collectivité scientifique d’alors, leur formulation dénotait une nouvelle approche scientifique qui rompait avec le passé. L’histoire témoigne en effet, des croyances populaires qui attribuaient l’acquisition des caractères génétiques à des phénomènes externes. La vue notamment, avait la faculté d’imprimer les sensations perçues de l’extérieur sur l’embryon, et par voie de conséquence sur le futur bébé. Ainsi, on obligeait les femmes enceintes et les femelles d’animaux domestiques en gestation, dont on désirait améliorer l’espèce, d’admirer des visions agréables et plaisantes, pour influencer favorablement la conformation du foetus. Evidemment, les spectacles affligeants leurs étaient interdits, sous peine de donner naissance à des monstruosités.
Ces croyances remontent très loin dans l'Antiquité. Elles auraient été utilisées avec succès par Jacob, selon la Bible, pour améliorer ses troupeaux de chèvres et de moutons. Voici le récit : Désireux de fuir son frère Esaü, qui projetait de le tuer, Jacob se réfugia au près de son oncle Laban. Là, après avoir épousé ses deux filles et passé des années à son service, il songea à se séparer de lui, mais ce dernier tentait de le retenir. Jacob posa alors ses conditions. Il demanda pour prix de son salaire tous les moutons et toutes les chèvres qui avaient des taches de couleur ou la toison foncée. Les autres bêtes, restant la propriété de son oncle. Laban accepta le marché, mais le jour-même, il subtilisa les animaux tachetés, rayés ou à toison foncée et les envoya mettre bas en sécurité, loin de là. Or, ceux-ci étaient les plus vigoureux et les mieux portants.
Jacob fut affligé, car désormais, il ne possédait plus rien, hormis les bêtes à toison unie qui étaient malingres et chétives. Il usa alors d'un subterfuge pour reconstituer un troupeau de bêtes bariolées. Il se procura des baguettes de peuplier, d'amandier et de platane, dont il retira de
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petites bandes d’écorce, afin de faire apparaître des rayures blanches, puis il disposa les baguettes rayées devant les abreuvoirs, bien en vue des animaux qui s'accouplaient en cet endroit. Chaque fois que ses chèvres maigrichonnes dont la toison était unie, venaient s'accoupler en ces lieux, elles donnaient naissance à des chevreaux rayés ou tachetés, forts et bien vigoureux. Quant aux moutons qui ne s'accouplaient pas devant l'abreuvoir, Jacob leur faisait regarder les autres moutons de son oncle qui avaient des rayures ou la toison foncée, et ils mettaient bas à leur tour des agneaux semblables et puissants.
De cette façon Jacob réussit à former un troupeau de qualité au détriment de son oncle. Ses bêtes étaient aussi robustes que celles de Laban, car lorsqu’elles venaient s’accoupler, il plaçait sous leurs yeux les baguettes et elles donnaient naissance à de jeunes animaux bien portants. Si les bêtes étaient destinées à Laban, il retirait les baguettes, et elles donnaient naissance à des progénitures unies et malingres. Ainsi, selon la Bible, la vue influence directement l'évolution de l’embryon dans un sers favorable ou non. Elle agirait comme un moule qui modèlerait le sujet. Une telle croyance largement répandue, est restée vivace en Occident jusqu'au 19ème siècle, ainsi qu’il sera expliqué plus loin.
Avant de poursuivre, il faut préciser que le Coran réfute la version biblique relative au comportement de Jacob qui usa également d'autres artifices pour le moins déshonorants, afin de s'attirer la bénédiction promise à son frère Esaü. Il ne sied pas à un Elu de Dieu, d’utiliser des stratagèmes indignes au détriment d’autrui. Il s’agit manifestement, d’une des conséquences des nombreuses altérations qui parsèment l'Ancien Testament. Le Coran qui s’oppose à un tel comportement dit, à ce sujet : « Nous lui donnâmes (à Abraham), Isaac et Jacob et en fîmes des hommes Justes. Nous les avons établis comme guides chargés de conduire les hommes selon Nos Ordres, Nous leur inspirâmes la pratique de la vertu, l'accomplissement de la prière et l'acquittement de l'aumône. Ils étaient Nos adorateurs. » (Coran 21-72 à 74). Les qualités d'un Elu de Dieu, sont ainsi plus conformes à ce que les fidèles sont en droit d'attendre, d'un homme qui a été honoré par le Seigneur.
Il n’est pas nécessaire de préciser que la transmission visuelle des caractères génétiques relève de la haute fantaisie. Le plus étrange c'est que, malgré son aberration, cette conception s'imposa en Europe sous l'autorité indiscutée aussi bien de l’Eglise que des scientifiques. Ainsi, le médecin et alchimiste suisse Paracelse (1493-1541), qui non seulement critiqua mais brûla publiquement les oeuvres de Galien et d’Avicenne
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(Ibn Sina) deux des plus grands médecins de l’histoire, pour montrer leur inanité, prétendait « que l’imagination féminine peut être comparée à la Puissance de Dieu. Ses désirs extérieurs se reproduisent sur l'enfant, Les sensations viennent influencer l’embryon en lui imprimant des marques indélébiles, prélevées dans l'environnement de la mère. »
Paracelse ne se contente pas de la vue. Il fait appel également à l'imagination de la mère pour former l'embryon en fonction des sensations perçues. Il suffisait à la future maman de penser à un ange pour que son bébé, naisse à son image. Aussi, il fallait se garder d’évoquer des monstres ou des démons, sous peine d’engendrer des horreurs innommables. Fernel (1497-1558), médecin du roi de France, Henri ll, que ses contemporains surnommaient le Galien moderne, était surtout marqué par l’enseignement biblique. Il concevait parfaitement qu'un oeuf recouvert d'un linge blanc soit en mesure de donner un poussin blanc, mais si l’on prenait soin de peindre la coquille, le poussin acquérait la même teinte.
Le philosophe et théologien français Malebranche (1638-1715), cite un cas concret d'une impression embryonnaire opérée par l'entremise de la vue. Dans un rapport médical, il avait écrit : « Une femme ayant considéré avec trop d’application le tableau (du pape) Saint Pie, dont on célébrait la fête de la canonisation, accoucha d’un enfant qui ressemblait parfaitement à ce saint. Il avait le visage d’un vieillard, autant qu’en est capable un enfant qui n’a point de barbe. Ses bras étaient croisés sur sa poitrine, ses yeux tournés vers le ciel. C’est une chose (extraordinaire) que tout Paris a pu voir, aussi bien que moi… ». Et dire qu’il y a encore des gens obstinés qui refusent absolument de croire, que la vue de la mère puisse exercer une influence quelconque sur son bébé. On voit bien que le monde est dirigé par des incroyants et des païens, qui ne croient ni en la religion chrétienne ni en la sainte Bible !
La vision et l’imagination ont toujours exercé un rôle déterminant dans la conformation des embryons et des futurs nouveau-nés. L'origine des monstres sans être exclusive, était nourrie en bonne partie par des apparitions soudaines et imprévisibles, d’énergumènes diaboliques, qui venaient influencer l’embryon en s’exposant impudiquement au regard des futures mères épouvantées. Les femmes enceintes devaient éviter les mauvaises rencontres et s'astreindre à ne pas laisser leurs yeux errer sans raison, au risque de croiser quelque étrangeté satanique à l'affût.
Le rôle de l’imagination est encore mis en exergue par Dionis (16631718), le chirurgien de la reine de France, Marie Thérèse
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d'Autriche, qui certifie en bonne et due forme que : « Si une blanche unie à un nègre produit un mulâtre, c'est par un effet de l'imagination de la femme, dont les organes sexuels ébranlés d’une manière singulière par cette sorte de rencontre monstrueuse, expriment des sucs séminaux capables de tels arrangements. » Le mathématicien Maupertuis (1698-1759) va plus loin dans une logique écoeurante, développée dans son ouvrage scientifique intitulé : « La Venus physique » : « On craint d'ordinaire, avance-t-il, qu'un nègre, qu'un singe ou tout autre animal dont la vue peut surprendre ou effrayer, ne se présente aux yeux d'une femme enceinte », et ne communique à l’embryon la physionomie monstrueuse tant redoutée ( L’ordre et les monstres. Patrick Tort). Il est vrai qu’à l’époque, les Européens se faisaient une bien triste opinion des « nègres », qui étaient considérés comme une sous-espèce, à mi-chemin entre les animaux et les monstres. La vision et l'imagination étaient les outils de prédilection de la sculpture embryonnaire. Elles pouvaient entraîner dans un sens généralement néfaste la conformation, bien que certains savants leur trouvaient aussi quelques avantages substantiels. Mais l'un dans l'autre, les effets négatifs l'emportaient sur les bienfaits.
Le Coran, souvent accusé par les gens insensés, d'être une mauvaise copie de la Bible, combat ces croyances peut-être naïves, mais surtout teintées d’un racisme latent. Le Livre Sacré ne mentionne jamais une quelconque contribution provenant de l'imagination maternelle ou des regards indiscrets. L'héritage héréditaire est transmis en commun par les parents au moment de la conception, et reste indifférent aux événements extérieurs. L'embryon est prémuni contre toutes les attaques de l’environnement. Il est isolé dans les profondeurs de l'utérus où et protégé par une triple enveloppe (Coran 39.6)
La protection n'est pas seulement mécanique, elle permet à l'organisme de s'opposer aux modifications malencontreuses. Les différentes transformations de l'embryon émanent de la Volonté de Dieu et s'inscrivent dans un cadre déterminé, excluant le pouvoir imaginaire d'une force quelconque. Le Coran dit : «… Nous avons transformé el'âalaq (l'embryon qui a nidé), en embryon (mudghât), puis Nous avons créé les os, et les avons revêtu de chair (lahman), produisant ainsi une nouvelle création. » (Coran 23.14). Il n'est nullement question d'une force mystérieuse qui viendrait modifie l'OEuvre du Créateur, ou introduire des caractères autres que ceux portés par le génotype.
« Ô homme, précise le Coran, comment as-tu été trompé au sujet de ton Noble Seigneur, qui t'a créé, puis modelé et constitué
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harmonieusement, et qui t'a façonné dans la forme qu'il a voulue ? » (Coran 82. 6 à 8). C'est une réalité incontestable que la physionomie du nouvel être est décidée d'une manière irrévocable au moment de la conception, lorsque les cellules reproductrices (spermatozoïde et ovule) fusionnent entre elles. Dès cet instant, le portrait futur est fixé. La forme des traits, la couleur des yeux, des cheveux, la disposition générale, le groupe sanguin, etc., tout est inscrit dans les gènes. La machinerie humaine aura pour fonction d'obéir à ces commandements, de respecter le programme et de conduire le foetus vers la naissance, sans pouvoir modifier en quoi que ce soit son patrimoine génétique.
La vision et l'imagination de la mère n'ont aucun rôle à jouer, car la fiche d'identité du nouvel être a été déjà imprimée, lors de la fécondation, à l'intérieur de l'appareil génital de la femme, ainsi que le précise le Coran à travers le verset suivant : « C'est Lui (Dieu) qui vous façonne à Son Gré (qui vous donne votre image et vos caractéristiques particulières) dans l’utérus même de vos mères. Il n'y a de Dieu que Lui, le Tout-Puissant, le Sage. » (Coran 3.6)
Le mot utilisé est « youssaouiroukoum », signifiant : (II dresse votre portrait, votre image) Et, lorsque ce portrait a été établi rien, dans les conditions normales d'une grossesse ne saurait venir modifier son aspect. Telle est la signification de l'expression : « Nous avons fixé votre portrait (alors que vous êtes encore) dans les profondeurs de l'utérus. »
Le Coran consacre d'importants développements aux problèmes de la reproduction humaine, qui vont dans le sens des connaissances scientifiques les plus établies. L'imagination et la vue n'exercent aucune influence sur l'embryon ou le foetus. Il s'agit juste de croyances engendrées par l'obscurantisme du moyen âge, qui possède d'autres «exploits» à son actif. Le Livre Sacré des Musulmans rejette ce genre de spéculations absurdes au profit d'une réalité aujourd'hui largement reconnue. Il a soutenu ce point de vue contre l'opinion populaire qui jurait du contraire. Mais c'est le propre du Coran que d'émerger au-dessus du fatras et des superstitions.
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LE REGNE ANIMAL
Le règne animal est caractérisé par une grande profusion de variétés de formes et d'individus. Dès l'Antiquité, les savants essayèrent d'établir une classification dans ce qui semblait être un désordre inextricable. Mais par un étrange paradoxe, alors qu’ils ignoraient l'existence de l'immense majorité des espèces, ils se plaisaient à inventer des animaux fabuleux afin de donner corps aux récits mythologiques que l’imaginaire et le fantastique devait les pimenter. Le chimérique et le fabuleux étaient déversés à pleines mains, car il captivait l’attention des gens crédules. L’obscurantisme et l’ignorance étaient propices pour avaler toutes sortes de couleuvres. Les conteurs et les radoteurs en rajoutaient selon les circonstances, en greffant des parties d’animaux sur d’autres, dans une sorte de monstrueux cocktail anatomique. Ainsi des animaux légendaires naissaient au gré de l’humeur et d’une inspiration débordante. Voici quelques exemples de ces animaux de ces animaux chimériques : le centaure, cheval à torse et à tête d’homme, le cerbère, chien à trois têtes et de nombreuses autres extravagances, dont l'existence était tenue pour assurée, du moins pour certains d'entre eux, jusqu'au 19ème siècle !
Leur harmonie corporelle bien que fantasmagorique, était néanmoins constituée d'un assemblage hétéroclite d'organes de plusieurs espèces bien réelles. Ce « montage » insolite a trouvé une justification chez le philosophe grec Empédocle qui prétendait que les parties d’animaux : têtes, pattes, tronc, etc., naissaient en premier dans la nature, avant de venir s'adapter à d'autres organes qui se formaient ailleurs. Les boeufs à tête d'homme, par exemple, naquirent de cette façon. De même que les sirènes, les dragons et d’autres animaux mythiques. La porte était ouverte à toutes les mystifications.
La littérature grecque n’était pas seule à emprunter ses modèles au bestiaire mythologique. La Bible prête une existence bien réelle à quelques monstres fabuleux. Plusieurs passages de l’Ancien Testament sont consacrés à ce sujet. Le Livre de Job (41) décrit « le crocodile ou grand dragon, qui fait jaillir la lumière lorsqu’il éternue et dont le
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regard est flamboyant comme l’aurore. Il est doté d’une gueule d’où s’échappent des langues de flammes, des gerbes d'étincelles... » Et le reste à l'avenant. Les psaumes (74.13) évoquent « Le dragon aux têtes multiples et le Léviathan, dragon marin, inventé pour jouer avec Dieu ! » (Dans ses moments de cafard, peut-être ?) (104.26)
Même une espèce bien réelle comme l'hippopotame est dotée d'une queue puissante comme le tronc d'un cèdre. Ce qui laisse rêveur et incite à croire que les rédacteurs en question n’avaient jamais eu l’occasion d’apercevoir les animaux qu’ils décrivent ; autrement, leurs récits auraient été plus conventionnels et surtout plus proches de la réalité. La mythologie pas plus que la Bible n'avait l'apanage des créatures fabuleuses, les scientifiques y contribuèrent aussi de leur talent. Au premier siècle, le naturaliste latin Pline l'Ancien, signalait dans sa monumentale « Histoire Naturelle » (37 volumes), l'existence du basilic, autre monstre imaginaire, issu d’un oeuf pondu par un coq et couvé par un crapaud « qui brûle les herbes et brise les pierres, tant son venin a de la force. » Les anciens lui attribuaient le pouvoir de tuer par son seul regard. Alors qu’en réalité, le basilic est un paisible saurien, semblable à l’iguane, dont les indigènes trouvent la chair succulente !
Si Aristote avait recensé plus de cinq cents espèces d'animaux et entrevu l'intérêt de la classification, par contre, le théologien et philosophe allemand Albert le Grand (1193-1280), croyait toujours, 16 siècles plus tard, à l'existence de la licorne (cheval possédant une corne). Ainsi, grâce à son prestige et à sa renommée, la licorne figurera en bonne place dans l'inventaire ces animaux et restera classée jusqu'au 17ème siècle, dans l'ordre des solipèdes avec l'âne, le cheval et le zèbre !
Il est utile de rappeler qu’Albert le Grand, avait écrit à la demande du Pape Alexandre IV, un ouvrage intitulé : « De unitate intellectus contra Averroïstas », où il s'attacha à construire un mythe sur « l'erreur des Arabes », particulièrement à travers leurs commentaires des oeuvres d'Aristote. Sous le prétexte de réfuter l'analyse et les prises de position d’Averroès (Ibn Rushd), il élargit ses attaques à l'ensemble de la civilisation arabe et musulmane. Seulement, comme le reste de l'Europe. Albert le Grand n'avait pu connaître la pensée d'Aristote qu’à 'travers les traductions et commentaires réalises par les Arabes, qui furent traduits par la suite en latin. N'ayant jamais eu accès aux sources originales, son jugement ne pouvait que refléter la médiocrité et le parti pris des sentiments qui l'animaient. En effet, sur les recommandations du Pape Alexandre, Albert le Grand visait plus à détruire l'essor de la brillante
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civilisation arabe qui subjuguait et « menaçait » l'Occident chrétien qu'à synthétiser l'oeuvre de ses penseurs. Ce qui n'était pas du reste, à la portée du premier philosophe venu, fut-il et peut-être surtout, parce qu’il est doublé d'un théologien, dont les référents laissent à désirer.
Dans le domaine de la zoologie, Albert le Grand, dont la grandeur était toute relative, puisqu’il avait déclaré que « seule l'expérience donne la certitude » a dû certainement manquer cruellement de cette précieuse qualité, dans ses descriptions. C’est ainsi qu’il avait écrit que : « La mouche, est un ver, mû par deux ailes et huit pieds, née de la putréfaction du fumier et de la putréfaction des animaux... » (« Biologie-biologistes » Par Gabriel Goheau). Or, le moins perspicace et le moins doué des enfants sait parfaitement que la mouche n'est pas un ver, qu'elle est dotée de six pattes, qu’elle n’est pas issue de la putréfaction, mais qu’elle est engendrée par la fécondation d’une autre mouche de sexe opposé. Aussi, nul ne saurait concevoir que le théologien et le philosophe, qui n'a su décrire une simple mouche, en commettant quatre erreurs grossières, soit particulièrement qualifié pour porter un jugement sur la plus brillante civilisation de l'époque ou pour dénigrer ses savants !
Jusqu'au 18ème siècle, le problème des animaux fantastiques n'avait pas été entièrement élucidé. Ambroise Paré, le chirurgien des rois de France cite encore dans son livre intitulé : « Monstres et prodiges », le cas d'un agneau à tête de porc, né du croisement d'un verrat et d'une brebis. En 1635, un ouvrage Spéculum mundi, dû à John Swan, évoque (encore !) l'existence des licornes et des tritons (divinités marines représentées à corps d'homme et à queue de poisson) La vogue des croyances erronées n'a pas épargné non plus le physicien Newton, qui était convaincu que la première sphère céleste avait été dessinée 939 ans avant l'ère chrétienne, par le centaure Chiron (cheval à tête d'homme), pour le compte des Argonautes (personnages mythologiques) !
Toutes ces superstitions ont été balayées par le Coran à son avènement. Le Livre Sacré ne reconnaît l’existence d’aucun animal mythologique ou chimérique. Pas de traces non plus, des fabuleux monstres constitués par des assemblages disparates et incompatibles entre eux. La sobriété du Texte coranique et son réalisme ne se prêtent pas aux spéculations et aux conjectures dénuées de sens. Les animaux mentionnés, comprenant plus d'une vingtaine d'espèces sont familiers pour la plupart, mais surtout bien réels. Parmi ceux vivant en liberté se trouve : l'éléphant, le loup, le singe, le serpent, le corbeau, la huppe vulgaire, la grenouille, le poisson, le corail. Les animaux domestiques
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sont représentés par le mouton, le boeuf, le chameau, le cheval, l'âne, la chèvre, le chien, le porc, etc. Les insectes comprennent l'abeille, la fourmi, le criquet, le papillon et l'araignée, pour les arachnides.
Le Coran ne cautionne ni ne reprend à son compte, aucune des erreurs de l'époque qui consistaient à incarner des animaux imaginaires. Non seulement les spécimens décrits sont bien réels, mais en outre, ils constituent des espèces distinctes les unes des autres. Chaque animal fait partie d'une espèce à laquelle il est rattaché, et au sein de laquelle il évolue. Le regroupement des individus en espèces est signalé par le passage suivant : « Il n'existe pas de bêtes sur terre, ni d'oiseaux volant de leurs ailes, qui ne forment comme vous des communautés. Rien n'a été omis dans le Livre (le Coran). Ils (les animaux) seront ensuite rassemblés vers leur Seigneur. » (Coran 6.38).
Le mot utilisé « oumamoun » (communautés au pluriel) a été parfois rendu par certains exégètes comme un regroupement d'animaux sociaux, à l'instar des abeilles, des fourmis, etc. Or, le règne animal n'est pas formé uniquement d'individus vivant en colonies. Il existe une multitude de bêtes qui, non seulement ne possèdent aucun instinct grégaire qui les pousse à se regrouper avec leurs semblables, mais qui en plus, disposent de véritables territoires dont elles marquent les frontières, selon différents procédés. Tout congénère qui s'aviserait à franchir ces limites s'exposerait à une attaque en règle.
Chez beaucoup d'espèces d'insectes et d'arachnides, l'esprit communautaire est tellement absent, que deux individus qui se rencontrent, s'entre-dévorent presque toujours. C'est le cas de la mante religieuse, du scorpion, du grillon, souvent de l'araignée, etc. Ainsi le règne animal présente une grande diversité de comportements qui vont de la société la plus organisée à l'individualisme le plus forcené, en passant par un grégarisme de circonstance, lors des périodes de migrations, d'accouplement ou autres.
En attribuant le sens de « colonie » au mot « oumamoun », la portée se trouve réduite aux seuls animaux sociaux ou grégaires, rejetant les autres formes d'organisation. Cela ne correspond nullement à l'esprit du verset coranique qui se termine par la phrase suivante : « ...Ils seront ensuite rassemblés vers leur Seigneur. » impliquant que tous les animaux seront rassemblés et non pas seulement ceux qui vivent en colonies. Autrement dit, le mot « oumamoun » n'a pas le sens de colonies mais d'espèces. La communauté peut désigner tant un groupement d'individus vivant en commun (colonie), qu'un ensemble d'individus qui
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ont des traits, des comportements et des caractères identiques, pouvant former des colonies ou au contraire s'isoler les uns des autres. En sciences naturelles, l'espèce est comprise comme étant « l'ensemble des individus d'aspect semblable, ayant, en commun des caractères qui les distinguent au sein d'un même genre, et qui sont capables d'engendrer des individus féconds. » Le regroupement ou non au sein d'une colonie, n'étant qu'un aspect secondaire.
En foi de quoi, le mot « oumamoun » est, dans ces conditions synonyme d'espèces et non de colonies. La différence entre les deux formes d’organisation est très importante ; les colonies ne constituent qu'une partie du règne tant animal que végétal, alors que les espèces englobent la totalité de ces règnes. En outre, la reconnaissance de l'espèce implique que la création est structurée et régie par une ordonnance qui regroupe entre eux les individus présentant des caractères communs. Alors que justement nombre de scientifiques de renom méconnaissaient à l’époque la classification de l’ordre naturel.
Au 18ème siècle encore, le naturaliste français Buffon, qui faisait autorité en la matière n’hésitait pas à déclarer « qu’il n existe réellement dans la nature que des individus et des genres ; les ordres et les classes n existent que dans l'imagination des gens. » (« La nature du vivant » Par François Jacob). La nature était réputée ne comprendre que des individus et par voie de conséquence, seulement des catégories individuelles. Il y avait autant de catégories que d’individus évoluant dans un désordre indescriptible. « Mais alors, écrit François Jacob, il n’y aurait plus de science possible (dans un tel capharnaüm) »
Autre sommité du temps, le naturaliste Lamarck (1741-1829) rejetait lui aussi, la notion d'espèces. « On ne trouve, écrit-il, dans la nature que des individus qui s'avoisinent, se nuancent et se confondent les uns avec les autres » sans pour autant constituer d'espèces. La nature était un vaste fouillis où les individus surgissaient sans aucun lien entre eux et s’accouplaient les uns les autres, sans aucune loi génétique. Pas étonnant, dans ces conditions, que les monstres mythologiques ne tardèrent pas à apparaître un peu partout dans l’imagination populaire. C'est encore le physiologiste Claude Bernard (1813-1878), qui refusait « absolument toute classification en disant que dans la physiologie générale, tous les caractères anatomiques des classes, des genres et des espèces devaient disparaître car ils n'étaient que des formes différentes de la vie et aucune d’elles, ne représentait une condition essentielle à la vie. » (« Physiologie et classification » Par Joseph Schiller)
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Les naturalistes qui ignoraient l'existence des espèces avaient adopté une classification fantaisiste. Guillaume Rondelet (1507-1556), qui enseignait à l’école de médecine de Montpellier, avait rangé par exemple tous les animaux aquatiques, comme le castor, le phoque, etc., dans le groupe des poissons. Albert le Grand (encore lui, avait classé les cétacés mammifères dans la catégorie des poissons et les chauves-souris parmi les oiseaux.
Classification simpliste s'il en est, où ce qui vit dans l'eau est assimilé aux poissons, et ce qui vole aux oiseaux. A sa charge ou à sa décharge, selon les points de vue, il convient de préciser qu'Albert le Grand avait été influencé par ses études théologiques, puisque la Bible enseigne en effet, et à deux reprises, que la chauve-souris, est un oiseau et non un mammifère (Lévitique 11 .18 et Deutéronome 14 18). Aussi, Albert le Grand, ne pouvait prendre le (grand) risque de désavouer l’Ancien Testament, pour imposer ses points de vue. Cela aurait été considéré comme un reniement, par l’Eglise.
Aujourd’hui, plus que jamais, la notion d'espèces est la base de la taxinomie, qui étudie les lois de la classification. Selon la définition d’Ernst Mayr : « L'espèce est une communauté de reproduction sexuellement isolée des autres communautés reproductives, qui forment les autres espèces. ») La totalité du règne animal est répartie en espèces, les espèces voisines en genres, les genres en familles, les familles en ordres, les ordres en classes, etc.
Les spécialistes pensent que le nombre des espèces vivant sur terre varie entre cinq et dix millions, dont deux tiers, animales et un tiers, végétales. C'est tout ce capital de vie exubérante, formé de millions d'espèces qui sera rassemblé vers Dieu, le Jour convenu, et non pas seulement les colonies d'abeilles, de fourmis et autres animaux sociaux. Cela serait tout à fait incompréhensible et contraire au Livre Sacré des Musulmans.
En fin de compte, le recours à la classification tel que défini par le Coran reflète un concept d'organisation du règne du vivant. Il contribue à reconnaître et à affirmer l'unité de la création et par voie de conséquence, à proclamer l'Unicité du Créateur de l’univers, qui Est la Cause première par qui, tout existe et subsiste. C’est en outre, une référence explicite à la structuration, à la hiérarchisation et à la spécialisation de la nature. Une notion aussi capitale, permet d'entrevoir l'ordre et la rigueur qui ont été déployés lors de la création de l'univers, et par contrecoup, de la planète Terre et de tout ce qu'elle porte. Tout ce qui 415
existe dans l’univers est soumis aux grandes lois physiques, qui régissent la création. Aucune particule ne saurait échapper à l’emprise de ces Lois qui s’exercent d’un bout à l’autre de l’univers.
Ainsi comprise, la plus infime des créatures, légitime son existence par un Décret divin, qui la consacre comme une entité étymologique distincte, intégrée à un système plus élaboré et entretenant des relations avec son environnement immédiat et lointain. Elle constitue une brique dans l’édifice universel. Que les écologistes et les naturalistes trouvent leur raison dans cette logique, ne fait que démontrer à l'évidence, le bien-fondé des Révélations Coraniques.
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LE LANGAGE DE LA VIE
«… C'est Dieu qui fait parler toutes choses. » (Coran 41.21). Si l’homme est la seule créature à être dotée du don d'élocution, il reste que tous les êtres vivants possèdent un langage adapté à leur besoin. Les mammifères sont particulièrement avantagés par rapport aux autres animaux. Le langage est d'autant plus étendu et diversifié, que l'évolution est développée et l'organisation sociale renforcée. Les singes, les chiens, les dauphins, les éléphants, notamment semblent particulièrement doués.
Pour comprendre le comportement des espèces animales dans leur milieu naturel, une nouvelle discipline scientifique, l'éthologie, a été créée. Parmi les nombreux spécialistes qui s'intéressent à la question, les travaux du docteur Konrad Lorenz, psychologue autrichien et prix Nobel de médecine en 1973, font autorité en la matière. Dans son ouvrage intitulé: « Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons. » l’auteur livre le résultat de ses expériences sur toutes sortes d’animaux, allant des poissons d'aquarium aux loups de Whipsnade, et des relations qui régissent leurs communautés. Le titre est significatif de l’existence d'un langage et des moyens de communication qui peuvent s’établir entre les animaux eux-mêmes, particulièrement ceux de la même espèce et entre ceux-ci et l'homme, lorsqu’il s’agit d’animaux domestiques.
Le langage dans le règne animal est très varié et présente des formes inaccoutumées et originales. Cela peut être un arrangement de sons produits par les organes vocaux et audibles dans une fréquence déterminée, (l’oreille humaine capte les sons oscillant entre 16 et 15 000 à 20 000 hertz, en moyenne). Parfois les fréquences atteignent les ultrasons et deviennent inaudibles pour l'homme, alors qu'ils restent perceptibles pour les chiens, les singes, les dauphins, les chauves souris, etc. A l’inverse, selon Katharine Paye, zoologue américaine et spécialiste du comportement, les baleines utilisent des sons de très basse fréquence, à peine audibles pour les oreilles humaines. Les signaux acoustiques, émis à une profondeur moyenne dans l’océan, peuvent traverser des distances de plusieurs centaines de kilomètres, avant d'être captés par des 417
congénères, prêts à répondre à leur tour sur une fréquence identique ; plus récemment, Payne aurait découvert que les éléphants, en plus de leur barrissement émettaient eux aussi des infrasons, d'une longueur inférieure à 20 hertz, pour correspondre sur de longues distances. L’organe d'émission est un point vibrant situé dans le front de l'éléphant, à l’endroit où les fosses nasales se raccordent au crâne. Les éléphants sont en mesure de communiquer entre eux, alors que l'oreille humaine reste insensible à leurs « propos » (Le téléphone secret des éléphants, par Georges Dupont)
Le Coran Sacré atteste que tout ce qui existe dans les cieux et sur terre, l’ensemble de l’univers, célèbre les Louanges de Dieu, mais l'homme n'est pas en mesure de comprendre ces manifestations (Coran 17.44). Une telle affirmation est parfaitement justifiée, et les chercheurs commencent seulement à déchiffrer une infime partie d'un répertoire, à première vue inépuisable.
Bien que déjà assez éloquent, le langage articulé ne constitue pas, loin de là, le seul moyen de communication. Différentes formes d'expression corporelle existent aussi, où l'attitude et la pantomime remplacent ou renforcent l'émission vocale. Ainsi, avant de se combattre, deux loups ou deux chiens procèdent à des menaces rituelles. Ils retroussent leurs babines et découvrent leurs crocs, tout en poussant des grognements d'intimidation. Si la mimique ne porte pas, ils se lancent l'un contre l'autre et se battent sans merci. Les animaux étant solidement armés, l'issue de la bataille devrait logiquement se terminer par des blessures graves ou par la mort de l'un des protagonistes. Pourtant, cela n'arrive qu'exceptionnellement. En effet, lorsqu'une des bêtes sent que le combat est prêt d'être perdu, elle adopte une position de soumission en présentant sa gorge sans défense à l'adversaire. Celui-ci s'arrête car cette attitude inhibe ses facultés agressives et le combat prend fin sans trop de dommage. Ici, le langage articulé n'aurait pas produit l’effet recherché. Dans l'ardeur de la mêlée, les grognements et les hurlements, poussés par le vainqueur auraient couverts ceux de la victime et le message n'aurait pas atteint son but.
Les loups et les chiens ne sont pas les seuls animaux à adopter un comportement similaire. Les singes, les rats, les animaux de ferme et d'innombrables autres bêtes arrivent à assurer leur sauvegarde en adoptant des positions symbolisant leur soumission. Le babouin se jette à plat ventre en regardant son adversaire par dessus l'épaule, le gorille baisse les yeux en présentant sa main ouverte, la paume en dessus, dans
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un geste d’apaisement, etc. Le langage gestuel n’est pas réservé aux seules formes d’agression ou de soumission. Il exprime des situations ou des sentiments bien diversifiées, comme l’apprentissage des jeunes, la recherche de la nourriture, les parades sexuelles, la protection, la menace, sans oublier pour les espèces évoluées, un semblant de comédie fait de jeux, de simulation et d’improvisations.
Dans l’ensemble, la communication à travers le mouvement est un complément indispensable au langage vocal, incapable de répondre à toutes les incitations de l’environnement. Lorsque le Coran affirme que les oiseaux déployant leurs ailes, célèbrent les Louanges de Dieu (24.41), il souscrit à cette forme d’expression gestuelle qui affermit les convictions intimes des créatures. Le Livre Sacré atteste du reste, que les formules d'adoration relèvent de la Connaissance Divine, qui embrasse les secrets de l'univers. Là où l’être humain ne détecte qu’un comportement qui lui paraît être sans signification particulière, réside un langage codifié et symbolique qui échappe à son entendement.
L'histoire de Caïn qui tua son frère Abel, est à ce titre significative. Caïn vit un corbeau qui grattait la terre pour lui montrer comment cacher le cadavre de son frère (Coran 5. 30-31). L'oiseau privé du don d'élocution réussit à transmettre un message sur la façon d’enterrer la dépouille d'Abel, qui fut déchiffré correctement par le meurtrier. Toutefois, le langage des animaux n'est pas limité à ces seules formes d`expression. Les bêtes qui marquent leurs territoires a l'aide de leur urine ou de leurs diverses glandes délivrent des messages olfactifs qui peuvent être remplacés par « Propriété privée-défense d'entrer », ils sont perçus comme tels par leurs semblables qui sont tenus de respecter ces avertissements, sous peine de graves conséquences. D’autres animaux réagissent à l'infrarouge à l'exemple des serpents crotales, à la lumière, comme le lampyre ou vert luisant, et à d'autres stimulants tant internes qu'externes. Les savants n'ont pas fini de recenser toutes les différentes formes d’expression des animaux. D’autres comportements, comme la faculté de s'orienter, les grandes migrations, l'autorégulation des populations restent encore au stade des hypothèses.
Les arthropodes sont connus pour leur grande diversité relativement à l'émission et la réception de signaux les plus divers. Le cas le plus célèbre reste sans doute celui de la danse de l'abeille, découvert par le zoologiste autrichien Karl Von Frisch, qui obtint le prix Nobel de Physiologie et de Médecine en 1973. Ce savant a mis en évidence la faculté que possède l'abeille à communiquer aux membres de sa colonie,
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la découverte d'un gisement de fleurs en donnant les informations utiles, telles que la distance, l'orientation par rapport à la ruche et au soleil (qui n'est pas fixe) et d'autres renseignements, comme l’importance et la qualité de la nourriture, pour leur permettre de prendre une décision. L'abeille-pilote adopte plusieurs attitudes pour indiquer la distance. Quand le gisement de fleurs est proche, de 50 à 100 mètres, elle effectue une danse dite en ronde. Si au contraire, le butin est éloigné, elle entame une danse frétillante, d’autant plus lente que la distance est importante.
Dans son ouvrage intitulé « L'étude de l'instinct ». N. Tibergen, résume ce qui intervient à la suite de la « danse du miel » : « Le stimulus émanant de l’abeille qui danse, incite les autres abeilles à quitter la ruche. Elles volent dans une direction précise, jusqu’à un distance également précise, l’une et l’autre indiquées par la danseuse et commencent à chercher des fleurs, en choisissant uniquement celles qui répandent le parfum apporté par la messagère. Elles sucent le nectar et, après avoir identifié les lieux, s’envolent pour regagner la ruche. Dans ce dernier cas, le stimulus venant de la messagère déclenche un type de comportement compliqué. »
Le comportement des abeilles n’obéit pas à un schéma unique L'organisation sociale très élaborée de leurs colonies a recours à un langage diversifié et évolué. En général, ces insectes disposent en plus de leur faculté innée de communication par le mouvement, d'autres ressources qui leur permettent de dialoguer entre eux, sur des sujets forts divers ! Les fourmis sont en mesure d'utiliser plusieurs langues en fonction des circonstances qui se présentent dans la vie. Tantôt, c'est une langue chimique qui est mise à contribution, parfois, elles ont recours à la propagation des ultrasons ou à d'autres moyens de communication. « La plupart des fourmis qui ont trouvé une source de nourriture, sécrètent sur la voie du retour à la fourmilière, des phéromones avec lesquelles elles tracent une piste chimique que vont suivre d'autres fourmis, renforçant ainsi chaque fois plus la trace. Ce « balisage » est maintenu tant que dure la nourriture, en dépit du fait que les phéromones sont de nature volatile. » (« Encyclopédie du monde actuel »)
Les fourmis sont probablement capables de combiner des mots en phrases exprimant des sens différents, admet Vitus S. Drodscher. Seulement, elles se servent d'odeurs. Elles possèdent une demi-douzaine de glandes produisant chacune une notion fondamentale, comme « Alerte ! », « Les ennemis entrent chez nous ! » ou encore : « Cette trace mène à la nourriture. » Le professeur d'entomologie américain, Edwar O.
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Wilson, a découvert des indices donnant à penser que ces insectes assemblent diverses odeurs pour disposer de plus de « vocables » que le nombre de leurs glandes sécrétrices le laisse prévoir. Il est évident qu'ils peuvent lancer ces signaux olfactifs en succession rapide avec des intensités variables également, pour obtenir une sorte d'alphabet morse.
Le docteur Hubert Markl, zoologue de Francfort a, quant à lui, mesuré les signaux de détresse des fourmis prises dans un éboulement. Dès qu'elles sont prisonnières dans un effondrement sans possibilité pour elles de sortir, elles se mettent à crier « Au secours! » « A l'aide ! » dans leur langage, évidemment. Pour cela, elles frottent l'une contre l'autre, les surfaces rugueuses de leurs segments abdominaux, produisant des sons inaudibles à l'oreille humaine, dans des fréquences comprises entre 20 et 100 kilohertz. Par contre, leurs congénères dont l'appareil auditif est constitué par des cellules du pied, sensibles aux vibrations qui leur permettent de discerner une direction, accourent sur l'emplacement de la catastrophe pour porter secours aux sinistrés.
C'est à quelque chose de similaire que s'intéresse le Coran, lorsqu'il relate l'effroi des fourmis qui s empressent de regagner leurs demeures, pour échapper aux sabots de la cavalerie de Salomon : « Quand elles (les armées de Salomon) arrivèrent à la vallée des fourmis, l’une d'elle dit : « Ô fourmis, entrez dans vos demeures de peur que Salomon et son armée ne vous écrasent, sans s'en apercevoir ! » Salomon sourit alors et dit : « Seigneur, permets-moi de te remercier pour les bienfaits dont Tu m'as comblé... » (Coran 27. 18-19)
Les spécialistes sont en mesure d'identifier une partie du vocable animal, par l’étude et l’observation. Mais leurs travaux restent marginaux en regard de l'immense diversité du langage des bêtes, et de son extraordinaire adaptation. Il n'en demeure pas moins que contre toutes les croyances de l'époque, le Livre Sacré affiche sa détermination, en soutenant l’existence de formes d'expression, propres à chaque espèce. Ce que les savants commencent seulement à découvrir. Jusqu’au début du 20ème siècle, les chercheurs réfutaient encore la thèse du langage animal. Le philosophe allemand Nietzsche, partisan de remplacer l'ordre des valeurs morales, par l'ordre des faits, n'avait-il pas enseigné que « les animaux n'ont pas de langage, parce qu'ils oublient aussitôt ce qu'ils veulent dire ? ». Le Coran s'est avéré souverain pour détruire les mythes du fondateur de la doctrine de l'immoralisme.
Même la cellule, l'unité fondamentale de la vie, dispose d'un langage propre, découvert par les biologistes au 20ème siècle. Le botaniste
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autrichien Mendel, qui avait entrepris les premières expériences systématiques sur les croisements des végétaux et ouvert la voie aux lois de l'hybridation, avait déjà laissé entrevoir l'existence d'un code génétique dans le règne du vivant. Puis, le biologiste américain Morgan, localisa l'emplacement des gènes à la suite de nombreuses expériences sur la mouche du vinaigre, et dressa la carte de répartition de ces gènes sur un même chromosome. Cela signifiait que l’on pouvait désormais déceler les caractéristiques essentielles d'un individu, par la seule ét